Centenaire du Burkina Faso : Une si longue marche…

La Haute-Volta, actuel Burkina Faso, a 100 ans ce vendredi 1er mars 2019. De la conquête coloniale à sa création en passant par l’accession à l’indépendance, la marche vers la construction de la nation burkinabè a été parsemée d’embûches.

Le Burkina Faso, ancienne colonie française, a 100 ans. Ce siècle d’histoire n’a pas été un long fleuve tranquille. Il a fallu passer par une longue période d’exploration et de conquête des territoires, marquée par de nombreuses résistances des peuples Lobi, Marka, Samo et la guerre de Bani Volta. « Avant l’arrivée des colons, nous étions déjà des Etats organisés, puissants politiquement et économiquement, avec des rois, des coutumes et des lois claires. C’est pourquoi, les blancs étaient obligés de nous coloniser à coups de canons, de fusils… », témoigne le Dima de Boussouma.

La colonie de Haute-Volta a vu le jour le 1er mars 1919. Trois raisons ont prévalu à sa création. Selon le spécialiste en histoire politique, Domba Jean Marc Palm, la première était de mieux contrôler les zones de rébellion. La seconde, plutôt d’ordre économique, était de se servir des Voltaïques pour le développement des autres colonies. La troisième consistait à imposer la domination du colonisateur français. La structuration s’était alors faite autour du groupe ethnique moaga qui devient le centre de diffusion de l’influence française. Ainsi s’explique le choix de Ouagadougou, comme la capitale de la colonie.

Le premier gouverneur, Edouard Hesling, entreprend dès lors, d’organiser le découpage des cercles constitutifs de la Haute Volta. Ouahigouya jadis rattaché à Ouagadougou, devient un cercle autonome en 1920, Tenkodogo en 1921, Kaya et Koudougou en 1922. Les cercles de Gaoua, Bobo-Dioulasso, Dédougou, Dori, Saye et Fada N’Gourma sont aussi créés. Mais, la colonie va connaitre une brève existence. En 1932, le décret du 5 septembre repartit la colonie entre le Soudan français (actuel Mali), le Niger et la Côte d’Ivoire qui obtient 56% du territoire.

Ce découpage s’explique par la non-viabilité de la Haute Volta, selon un diagnostic de l’inspecteur général des colonies, Bernard Sol. « A ce qu’on dit, le pays n’a pas de ressources connues. La colonie a été supprimée pour des raisons essentiellement économiques, parce qu’elle n’était pas viable. Mais ce n’était pas vrai, car en réalité, on a méconnu un certain nombre de choses», démontre Pr Palm.

La renaissance

Mais le 4 septembre 1947, la France revient sur cette décision sous la protestation énergique des forces politiques nationales et de la chefferie traditionnelle. La Haute-Volta est reconstituée dans ses frontières de 1932. « Les fils qui ont milité pour la reconstitution ont eu raison de mener ce combat, puisque depuis la dissolution, aucun investissement sérieux n’a été fait sur le territoire. Tout se faisait ailleurs. C’est pourquoi, beaucoup de fils ont lutté pour la reconstitution », a confirmé l’historien Palm.

En acceptant de reconstituer la Haute-Volta, l’ancienne métropole entendait aussi contrer l’influence du Rassemblement démocratique africain (R.D.A.) que les leaders du continent venaient de créer en 1946 à Bamako. L’après seconde guerre mondiale, va constituer un tournant dans la vie politique et administrative du monde colonial. Les africains deviennent des acteurs de premier plan de leur propre histoire. La conférence de Brazzaville, le 30 janvier 1944, jette les bases d’une participation des Africains à l’exercice du pouvoir politique.

Les frustrations des Voltaïques n’étaient pas seulement d’ordre politique. Le sentiment d’être asservi par le système colonial crée aussi un élan de solidarité. Les premières protestations officielles viennent du Moogho-Naaba Koom II. Il s’agissait des manifestations d’un souverain traditionnel pour maintenir l’existence de l’entité territoriale dans le monde colonial. Alliant tradition et formes d’organisation moderne, les partisans de la reconstitution forment un parti : l’Union pour la défense des intérêts voltaïques (UDIV), dont le cheval de bataille est la reconstitution du pays.

La Haute-Volta évolue dans le cadre de l’Union française en 1948. Elle élit ses conseillers généraux (sorte de parlement local), puis ses députés à l’Assemblée nationale française. La liste de l’UDIV comprend Henri Guissou et Mamadou Ouédraogo. Celle de Boni Nazi prend le dessus sur celle du RDA. La vie politique et sociale dans la colonie reconstituée a été aussi animée par des organisations syndicales et des associations politico-culturelles. Les syndicats sont apparus en Haute Volta en 1946. D’abord, à Bobo-Dioulasso puis à Ouagadougou en 1948.

C’est sous le Front populaire de 1936 en France, que les premières organisations sont nées avec l’appui des centrales syndicales françaises, telles que la CGT. Les organisations estudiantines voient le jour à partir de 1950 à Dakar avec l’association des scolaires et étudiants voltaïques (ASV) et à Paris, l’association des étudiants voltaïques en France (AVEF). Vers la fin de la colonisation, des partis politiques d’un nouveau genre sont créés : le Parti africain de l’indépendance (PAI) en 1957 et le Mouvement de libération nationale (MLN) en 1958. Ils affichent leur orientation marxiste-léniniste pour le PAI et le socialisme pour le MLN.

La loi cadre est votée le 23 juin 1956. Elle institue le suffrage universel. Un compromis est alors trouvé avec le Mogo Naba Saga II pour créer le Parti démocratique unifié (PDU), fusion du RDA et le Parti social d’éducation des masses africaines (PSEMA) de Joseph Issoufou Conombo. L’objectif est de briser la division factice du pays et des populations en deux entités. Politiquement, la Haute-Volta pouvait, pour la première fois, disposer d’un conseil de gouvernement élu par son Assemblée territoriale.

La marche vers l’indépendance

Les membres de l’Assemblée territoriale allaient avoir rang de ministre. La gestion des affaires territoriales incombe à ce conseil qui doit choisir un vice-président parmi ses membres. Le président est directement nommé par la métropole. Le RDA va remporter par une courte majorité, les élections du 31 mars 1957. Le 17 mai de la même année, Ouezzin Coulibaly forme le premier conseil de gouvernement. Yvon Bourges en est de facto, le président. Mais une crise politique éclate le 17 décembre 1957. Une motion est votée par le Groupe de solidarité voltaïque contre le gouvernement de Ouezzin Coulibaly.

Le RDA peut alors prendre pied en pays Moaga et gagner les élections du 31 mars 1957, avec le PDU. Pour accéder au pouvoir, Ouezzin prend langue avec le Mouvement démocratique voltaïque (MDV) de Michel Dorange et Gérard Kango Ouédraogo, afin de faire échec aux ambitions de certains politiciens du Centre (Joseph Ouédraogo et Joseph Issoufou Conombo), qui aspirent à la fonction de vice-président du Conseil de gouvernement. Ces personnes estiment que les Mossé étant les plus nombreux, la direction du pays leur revient.

L’alliance avec le MDV est pour Ouezzin, un moyen de combattre l’ethnocentrisme. Le 17 décembre 1957, après une motion défiance déposée par le Groupe de solidarité voltaïque (GSV), une opposition est formée à partir du PSEMA reconstruit et du MDV qui s’était brouillé avec le RDA et du PMA. Ouezzin sauve son gouvernement en s’alliant à une aille des conseillers du MDV de Koudougou, conduite par Maurice Yaméogo, en débauchant des responsables du PSEMA reconstruit de Joseph Issoufou Conombo, tels Mathias Sorgho et en ralliant un conseiller indépendant, Pathé Diallo.

Ce regroupement de parlementaires se mue en parti politique. Après la mort de Ouezzin Coulibaly, les jeux politiciens prennent le dessus et marquent durablement la vie politique de la Haute-Volta, même après les indépendances. La communauté française, proposée par référendum le 28 septembre 1958, est acceptée par 99,5 % des votants, et 75 % des inscrits. Le 11 décembre de la même année, la République voltaïque est proclamée, et adhère aussitôt à la communauté.

En 1959, la république devient autonome, et se retire dès le mois de mars du projet de Fédération du Mali qui réunissait la Haute-Volta, le Soudan français, le Dahomey (actuel Bénin) et le Sénégal. L’Assemblée territoriale de 1957 devient une assemblée constituante et élabore une Constitution, adoptée par référendum le 15 mars 1958. On observe cependant à cette occasion des divergences géographiques. Les électeurs de l’Est du pays approuvent majoritairement le projet, tandis que ceux de l’Ouest, plus intéressés par le projet de fédération, sont plus nombreux à voter « non ».

Aux élections législatives du 19 avril 1959, le RDA arrive très largement en tête avec 70% des suffrages, et occupe 65 des 75 sièges de l’assemblée puis 71 à la suite de désistements. Le PRA, très minoritaire, disparaît peu après. Le sénateur Koné Begnon est élu président de l’assemblée. Le 6 septembre 1958, Ouézzin Coulibaly meurt à Paris, et Maurice Yaméogo, ministre de l’Intérieur assurant l’intérim accède à la plus haute fonction de gouvernement. Il devient président du Conseil des ministres et président de la 1re République. Le 5 août 1960, l’indépendance de la Haute-Volta est proclamée par Maurice Yaméogo et dès le 20 septembre, le jeune Etat est admis aux Nations unies.

« Le mouvement pour l’indépendance des colonies françaises a beaucoup été marqué les populations et le RDA a fourni la quasi-totalité des cadres des nouveaux États issus des indépendances autour de 1960. Au Mali, en Haute Volta, en Guinée ou en Côte d’Ivoire, ce sont des leaders issus du RDA qui ont pris les rênes de l’État dès les indépendances. Les organisations de lutte pour l’indépendance ont organisé les populations en structures politiques très actives qui ont mobilisé les couches sociales (vieux, jeunes, femmes, travailleurs, paysans, etc.).

Les partis politiques, notamment le RDA, ont aussi importé en Afrique de l’Ouest les grandes idéologies politiques. C’est ainsi que les idées de gauche ont largement dominé les scènes politiques post-indépendances dans la plupart des pays. Certains Etats comme le Burkina Faso, conservent une opinion anti-impérialiste et égalitariste significative, en particulier après l’épisode du sankarisme entre 1983 et 1987 », détaille l’analyste politique, Siaka Coulibaly.

Un nouveau départ

Pour Jean Marc Palm, le Burkina est fait d’hommes courageux qui ont su relever de nombreux défis. La reconstitution du territoire a été un défi, vaincre la nature pas très clémente fut un autre, a-t-il dit. Le 3 janvier 1966, Maurice Yaméogo fait face à un soulèvement populaire due à une mal gouvernance (mauvaise gestion financière, politique…). Syndicats et partis politiques sont dans la rue avec la population. Sous pression, Yaméogo démissionne. L’armée s’empare du pouvoir. Et c’est le lieutenant-colonel Sangoulé Lamizana, chef d’Etat-major qui devient le président de la République. Il reste près de 15 ans à la tête du pays. Le 14 juin 1970, une nouvelle Constitution est adoptée par référendum. Elle instaure un régime parlementaire.

Les législatives organisées, le 20 décembre, sont remportées par le RDA devant le Parti du regroupement africain (PRA) et le MLN. Ainsi, le président du RDA, Gérard Kango Ouédraogo devient Premier ministre. En 1974, l’année commence avec une grave crise au sein du RDA, le parti au pouvoir. Le Premier ministre, Gérard Kango Ouédraogo et le président de l’Assemblée nationale, Joseph Ouédraogo, se disputent le leadership du parti. Une motion de censure est déposée contre le chef du gouvernement. L’assemblée refuse de voter la Loi des finances. Le 8 février, l’armée se saisit du prétexte de «blocage institutionnel» pour reprendre le pouvoir avec toujours Sangoulé Lamizana, comme chef de l’État.

Les syndicats voltaïques protestent vigoureusement et réclament un retour à l’ordre constitutionnel. Ils lancent, les 17 et 18 décembre, un mot d’ordre de grève générale qui paralyse le pays. Le pouvoir abdique. En février 1976, il forme un nouveau gouvernement et crée en avril une commission chargée d’élaborer une nouvelle Constitution. Le pays vit à l’ère de la IIIe République après son adoption par référendum le 27 novembre 1977.

Le 30 avril 1978, les élections législatives sont remportées par le RDA devant l’Union nationale pour la défense de la démocratie (UNDD) et l’Union progressiste voltaïque (UPV) de Joseph Ki-Zerbo. Le 14 mai se tient l’élection présidentielle : Sangoulé Lamizana, candidat du RDA, affronte pour la première fois dans les urnes les leaders politiques. Il est mis en ballotage par Macaire Ouédraogo, candidat de l’UNDD. C’est une première en Afrique pour un président en exercice. Mais à l’issue du second tour organisé le 28 mai 1978, Lamizana est élu.

La Haute-Volta connait de nouvelles turbulences en 1980. Depuis octobre, une longue grève paralyse le secteur de l’éducation. Le 25 novembre 1980, le général Sangoulé Lamizana est renversé par le colonel Saye Zerbo. Il crée le Comité militaire de redressement pour le progrès national (CMRPN). Le 7 novembre 1982, un nouveau coup d’État militaire : le médecin-commandant, Jean-Baptiste Ouédraogo, devient président. Il dirige le Conseil de salut du peuple (CSP).

Le 11 janvier 1983, le capitaine Thomas Sankara est nommé Premier ministre. Le 17 mai 1983, il est arrêté pour des divergences avec le président. Les élèves et étudiants descendent dans la rue pour réclamer sa libération. Le capitaine Blaise Compaoré se retranche dans le camp de Pô et organise la résistance. Celle-ci va aboutir au renversement du régime, le 4 août 1983. Ce sont les débuts de la Révolution démocratique et populaire, avec à sa tête le Conseil national de la révolution. Sous l’impulsion de Thomas Sankara, la Haute Volta devint le Burkina Faso en 1984. Le drapeau rouge, blanc et noir est remplacé par un nouveau.

Il est formé de deux bandes horizontales, de taille égale une rouge au-dessus et une verte au-dessous avec une étoile jaune à cinq branches au milieu. L’hymne national devient le Ditanyè. Les contradictions entre les dirigeants révolutionnaires (Thomas Sankara, Blaise Compaoré, Henri Zongo et Jean-Baptiste Ouédraogo) se terminent dans un bain de sang. Le capitaine Thomas Sankara est assassiné le 15 octobre 1987, avec 12 de ses compagnons. Blaise Compaoré devient le président. Il crée le Front populaire. C’est la « rectification» de la révolution du 4 août 1983.

De nouvelles aspirations

En 1991, le Burkina fait un retour à l’État de droit. Une nouvelle Constitution qui instaure la IVe république est adoptée le 2 juin. Une élection présidentielle est programmée pour le 21 novembre 2010. Selon les termes de la Constitution, c’est le dernier mandat possible pour Blaise Compaoré. Mais ses partisans appellent à une modification de la loi fondamentale pour lui permettre de rester au pouvoir après 2015. Il sera chassé du pouvoir par une insurrection populaire, en octobre 2014. Un régime de Transition mis en place et dirigé par Michel Kafando, va être momentanément interrompu par un coup d’Etat avorté du général Gilbert Diendéré.

La Transition, qui se remet en selle sous la pression populaire, va ensuite passer le pouvoir à un président démocratiquement élu, Roch Marc Christian Kaboré, le 29 novembre 2015. « Le pays a connu des leaders politiques très qualifiés en théories et stratégies politiques. Cependant force est de constater une certaine stagnation dans la construction de l’État de droit et de la démocratie. La réalité est que le potentiel politique acquis durant les vingt premières années d’indépendance n’a pas été reproduit par les générations suivantes.

Les jeunes Burkinabè qui, à partir de 2010 et les années suivantes ont voulu participer à la vie publique et politique de leur pays, y sont arrivés sans vraie préparation pour affronter les défis qui s’étaient accrus de manière exponentielle », explique Siaka Coulibaly. Sur le plan économique, diverses politiques ont été adoptées (SCADD, PAS, PNDES…), mais leurs effets sur la population se font toujours attendre. Un siècle d’histoire, s’explique par la volonté des Voltaïques, devenus Burkinabè aujourd’hui, d’exister parce que le pays n’a pas un environnement naturel clément, soutient le Pr Palm. A l’entendre, un pays sans idéal ne vit pas.

Donc, il revient à la jeune génération de savoir trouver leur chemin et de construire aussi leur pyramide. « Nous avons mené un ensemble de luttes, remporter des victoires sur le plan politique, économique… Nous avons fait des erreurs, mais je ne désespère pas. Il y a des jeunes conscients, malgré les récriminations contre eux », confie l’historien. Après les combats ratés pour l’unité de l’Afrique, notamment pour le maintien de l’AOF, avec la Fédération du Mali, il faut que les jeunes travaillent pour un idéal panafricaniste qui permettra de mutualiser les efforts pour venir à bout des problèmes que les pays du continent rencontrent.

Le Dima de Boussouma dit être satisfait de la marche de la nation en 100 ans. Aujourd’hui et demain, il faut s’inscrire dans les règles de l’Etat de droit et tous les fils de la nation doivent demeurer unis dans la construction du pays, conseille-t-il. « Nous avons toujours démontré cet amour entre nous depuis la création du pays. Voilà 100 ans, que nous vivons ensemble, donc il faut qu’on continue de vivre dans la solidarité malgré nos différences », souhaite le Dima de Boussouma.

Du bilan du centenaire, l’analyste politique Siaka Coulibaly estime que : « Plusieurs coups d’États et des soulèvements populaires, des régimes d’exceptions ou des démocraties césariennes ont été la réalité de la soixantaine d’années d’indépendance sur lesquelles on peut tenir les Burkinabè pour responsables, puisque la période précédant l’indépendance a été la colonisation. On aurait pu évoquer un bilan positif si, en 2019, le Burkina Faso n’était pas au bord de l’implosion du fait du terrorisme, de la rébellion ou de la fracture communautariste.

Très peu de partis politiques et des organisations non partisanes produisent une réflexion conséquente, mais surtout une ébauche de perspectives ». Mais, pour lui, l’heure est à la recherche de solutions. Car, la hantise des Burkinabè de nos jours, clame M. Coulibaly, c’est de savoir quand prendra fin la situation d’insécurité et de rupture de confiance entre les citoyens et les institutions et les citoyens entre eux. Pour, lui, il est plutôt attendu des dirigeants, des propositions et des mesures de correction des insuffisances actuelles, plutôt que des « règlements de compte » qui ne sauraient tenir lieu d’exutoire de responsabilités politiques.

« Une lueur d’espoir a bien été perçue avec le discours de politique générale du Premier Ministre le 17 février 2019. Mais les craintes de voir remonter au créneau les plus durs de la majorité sont très vivaces. Un seul homme ne peut conduire une action. Sans une prise de conscience de la situation actuelle par la classe politique, assortie de propositions de mécanismes et de politiques audacieuses, l’avenir ne sera pas meilleur », estime M. Coulibaly. « L’avenir du Burkina dépendra de l’attitude que les jeunes adopteront», se convainc l’historien Jean Marc Palm. Mais, en attendant que la jeunesse actuelle bâtisse prennent des défis, l’histoire suit son cours…

Abdel Aziz NABALOUM
emirathe@yahoo.fr


Quelques dates importantes

1898 : Fin de la conquête coloniale.

1919 : Création de la colonie de Haute-Volta

1932 : Dissolution de la colonie

1947 : Reconstitution de la colonie

1958 : Proclamation de la République

1960 : Indépendance de la Haute-Volta

1966 : Soulèvement populaire et fin de règne de Maurice Yaméogo

1966 : Accession du Général Sangoulé Lamizana au pouvoir

1970 : Sangoulé Lamizana est renversé par Saye Zerbo.

1980 : Saye Zerbo est renversé par le médecin-commandant Jean Baptiste Ouédraogo.

1983 : Thomas Sankara prend le pouvoir et instaure la Révolution démocratique et populaire.

1987 : Assassinat de Thomas Sankara, Blaise arrive au pouvoir.

1991 : Retour à une vie constitutionnelle normale avec l’adoption de la Constitution de la 4e République.

2015 : Insurrection populaire, Blaise Compaoré est chassé du pouvoir. Michel Kafando devient président de la Transition.

2016 : Roch est élu président du Faso.

Préparatifs du Hadj 2019 : L’Arabie Saoudite exprime sa disponibilité au Burkina Faso

Le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, a reçu en audience le jeudi 28 février 2019 à Ouagadougou, l’ambassadeur d’Arabie Saoudite au Burkina Faso, Dr Waleed Ben Abdulrahman Al-Hamoudi.

Les relations de coopération entre le Royaume d’Arabie Saoudite et le Burkina Faso s’améliorent jour à après jour. L’ambassadeur saoudien, Dr Waleed Ben Abdulrahman Al-Hamoudi l’a témoigné à sa sortie d’une audience que lui a accordée le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, le 28 février 2019. « C’est une visite de courtoisie qui entre dans le cadre de la collaboration entre nos deux Etats.

Nous en avons profité pour féliciter le Premier ministre pour sa récente nomination à la tête du gouvernement burkinabè », a confié le diplomate, après une trentaine de minutes d’échanges à huis clos. Au cours de leur entretien, les deux personnalités ont abordé plusieurs questions en lien avec la coopération. « Nous avons parlé notamment des préparatifs du Hadj 2019 qui se profile déjà à l’horizon », a précisé Dr Waleed Ben Abdulrahman Al-Hamoudi qui dit avoir réaffirmé la disponibilité de son pays à accompagner l’exécutif burkinabè sur les chantiers du développement.

Fatimah Tankoano

Chronique : La prothèse identitaire

Chez moi, je suis l’étranger en danger qui cherche le nord sur la pointe des pieds
Sur les marches de ma généalogie, je suis le rameau de la branche des estropiés
Malgré l’envergure de ma carrure de statue, je suis un immature en pleine usure
Entre les signes et les symboles, mon école perd connaissance et crie à l’imposture.

Chez moi, je suis l’intrus, le recru qui a tout appris sans rien comprendre du tout
Peu importe mon rang et mon cran, je suis le morveux qui patauge dans la boue
Dans la classe des imberbes, je rase ma barbe pour échapper à la furie des leurres
Pris au piège du petit espiègle qui joue des tours, je crie au secours sans un heurt.

Chez moi, je suis le profane qui défie les mânes pour lorgner les dieux des aïeux
Je suis de la génération dont la tradition n’a pas de restriction, l’interdit est vieux
Je suis de la ville où de viles âmes pullulent au-delà des limites des pères-repères
Au contact des miens, je rase les murs en fouinant comme un chien sans lanières.

Chez moi, je me sens ailleurs face au miroir qui me renvoie l’image du dommage
Je suis le géant qui peine à se courber pour franchir le seuil de la case des âges
Je suis l’érudit qui se méprend devant le plus simple des indices de son identité
Mes racines sont des prothèses en plastique dans un socle dépourvu de fertilité.

Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr

Mémorial Thomas Sankara : L’inauguration de la statue prévue demain 2 mars

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Le comité du mémorial Thomas Sankara a animé, le jeudi 28 février 2019 au Conseil de l’entente, site du mémorial à Ouagadougou, une conférence de presse sur ses activités en marge du festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO).

L’inauguration de la statue du père de la Révolution d’août 1983 au Burkina Faso, érigée sur le site du mémorial en chantier, aura lieu le samedi 2 mars 2019 au Conseil de l’entente, en marge du festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO). En prélude à l’évènement, le comité pour le mémorial a animé une conférence, le 28 février à Ouagadougou. Selon le secrétaire général du projet, Luc Damiba, cette inauguration marque le début réel des travaux du mémorial dont la maquette sera présentée au public par l’architecte burkinabè, Francis Kéré. Elle connaitra la présence du président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré et de l’ancien chef de l’Etat ghanéen, Jerry John Rawlings.

Le monument Thomas Sankara vise à préserver l’héritage de la Révolution et à promouvoir les idées révolutionnaires du père du mouvement, pour les générations futures à travers un ensemble d’infrastructures « cohérentes », selon les conférenciers. Le projet aura prioritairement une portée historique dans la mesure où le monument, en plus de rendre hommage au défunt président, vise à favoriser une appropriation d’un pan important de l’histoire politique du Burkina Faso à travers une production d’œuvres littéraires portant sur l’idéal révolutionnaire.

Organisation apolitique se prêtant à toutes les sensibilités et à toutes les tendances idéologiques, le comité, à en croire les conférenciers, entend jouer un rôle d’éducation. « L’ouvrage aura une portée éducative, en ce sens qu’il a pour ambition de rendre populaire et accessible tous les programmes et projets politiques initiés par le camarade Thomas Sankara dans tous les domaines », a précisé Luc Damiba.

La statue du président Sankara sera dévoilée demain au Conseil de l’Entente.

Et d’ajouter que le lieu sera également un espace de production intellectuelle pour donner à Sankara, une place parmi les théoriciens qui ont influencé les grandes pensées politiques en Afrique et dans le monde. Hormis l’inauguration, une conférence publique sur le projet se tiendra à l’université de Ouagadougou en présence de l’ancien président Ghanéen, Jerry John Rawlings.

Les journalistes ont posé des questions en lien avec le mémorial. Qu’en est-il de la polémique avec la famille Sankara sur le site devant abriter le monument? Réagissant à cette interrogation, le principal animateur de la conférence de presse s’est voulu rassurant : « Le choix du conseil pour abriter le mémorial avait effectivement fait l’objet de débat entre le comité et la famille de Thomas Sankara, mais la page de cette polémique est définitivement tournée ».

Pour Harouna Traoré, membre du comité, Thomas Sankara n’appartient plus à sa famille biologique, il est devenu le symbole des peuples combattant pour la défense de leurs droits les plus primaires. « Personnellement, je n’ai demandé l’avis de personne avant de me joindre au mouvement, parce que c’est un devoir pour nous qui avons connu l’homme de son vivant d’aider à répandre ses pensées au sein de la jeunesse », a-t-il déclaré indiquant que des monuments sont érigés partout à travers le monde à la mémoire du père de la Révolution.

Beyon Romain NEBIE
nbeyonromain@yahoo.fr

Enrôlement des Burkinabè du Niger : La délégation spéciale de Niamey prête à soutenir l’opération

Présent au Niger pour le lancement officiel de l’enrôlement biométrique des Burkinabè vivant au Niger, le ministre de l’Intégration africaine et des Burkinabè de l’extérieur, Paul Robert Tiendrebeogo, a rendu une visite de courtoisie au président de la délégation spéciale de la ville de Niamey, Mouctar Mamadou, le jeudi 28 février 2019.

Le ministère de l’Intégration africaine et des Burkinabè de l’extérieur a besoin de l’accompagnement des autorités nigériennes en général et de celles de la ville de Niamey en particulier pour la réussite de l’opération d’enrôlement des compatriotes résidant au Niger, qui va se dérouler du 28 février au 14 mars 2019.

Pour ce faire, le premier responsable du département ministériel Paul Robert TIendrebeogo a rendu une visite de courtoisie au président de la délégation spéciale de la ville de Niamey, Mouctar Mamadou dans la matinée du jeudi 28 février 2019. « Nous sommes en train de lancer une opération qui va nécessiter la mobilisation de nos compatriotes.

Ce qui va certainement poser des problèmes d’encadrement, d’occupation d’espace et de sécurité. Nous avons donc besoin du soutien des autorités nigériennes pour relever tous ces défis », a-t-il indiqué. Sa doléance a trouvé oreille attentive auprès du président de la délégation spéciale de la ville de Niamey qui a promis soutenir le processus dans la limite de ses possibilités. Il a félicité le gouvernement burkinabé pour cette initiative qui témoigne, selon lui, du haut niveau de démocratie et d’ouverture du pays.

Il s’est par ailleurs réjoui du choix porté sur sa ville pour abriter le lancement d’une telle opération. Pour lui, cela est un bel exemple d’intégration qui vient confirmer l’excellence des rapports entre le pays de Mahamadou Issoufou et celui de Roch Marc Christian Kaboré. « Le Niger est et restera un pays frère du Burkina Faso. Nous n’avons aucun problème avec la communauté burkinabé vivant ici et il n’y a pas de raison que ça change », a-t-il déclaré.

Nadège YAMEOGO
(Depuis Niamey au Niger)

Portefeuille de la Banque mondiale au Burkina : L’appui d’urgence passera de 50 à 100 milliards F CFA

Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré a reçu successivement en audience le jeudi 28 février 2019 au palais de Kosyam, l’adjointe du sous-secrétaire d’Etat américain aux affaires africaines, Withney Waird, une délégation des régulateurs de l’audiovisuel des pays membres de l’UEMOA et le directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et le Togo, Pierre Laporte.

Le chef d’Etat burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré a reçu les félicitations de la Banque mondiale pour son « leadership et la bonne conduite » de son gouvernement dans un contexte difficile. En effet, dans le cadre de sa visite habituelle dans les pays de son ressort, le directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et le Togo, Pierre Laporte a exprimé ses encouragements lorsqu’il a été reçu en audience le jeudi 28 février 2019 au palais de Kosyam.

A l’entendre, le programme de la Banque mondiale au Burkina est parmi les plus puissants, en terme de performance, dans la région Afrique. « Pour cette année, on a dépassé un taux de décaissement de 30% qui est impressionnant », a indiqué M. Laporte. Le directeur des opérations a aussi annoncé que la Banque a approuvé, en décembre dernier, un projet d’urgence de 100 millions de dollars (environ 50 milliards de FCFA) pour permettre au pays de faire face aux difficultés dans les secteurs sociaux du fait de l’instabilité sécuritaire.

Et l’enveloppe de l’appui budgétaire passera de 50 à 100 millions de dollars. D’autres formes d’appuis spécifiques sont également envisagées par l’institution de Bretton Woods afin de permettre au pays d’offrir aux populations des conditions de vie normale autant que possible. Tout comme Pierre Laporte, la sous-secrétaire adjointe américaine aux affaires africaines, Withney Waird a été reçu au palais de Kosyam.

Avec le président Kaboré, les échanges ont porté sur les différents domaines de coopération entre les USA et le Burkina Faso. « Nous avons pu renouveler notre partenariat avec le Burkina Faso dans le contexte de l’opération Flintlock 2019 et dans les autres domaines de la collaboration entre nos deux pays », a déclaré Mme Waird à sa sortie d’audience.

Concernant la collaboration au plan sécuritaire, l’ambassadeur américain, David Young, qui accompagnait sa compatriote de Washington DC a rappelé que les Etats-Unis soutiennent le G5 Sahel, une structure mise en place par la région, à hauteur de 30 millions de dollars (environ 15 milliards de FCFA). « Je pense que le G5 Sahel est la bonne structure pour le combat anti-terroriste dans la sous-région, pour apporter des réponses africaines aux défis », a-t-il laissé entendre.

A leur suite, c’est une délégation de la plateforme des régulateurs de l’audiovisuel de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) qui a échangé avec le président Kaboré. Cette délégation a fait part de ses préoccupations, en termes de ressources financières et juridiques notamment, pour la bonne conduite de ses missions.

Le président de cette plateforme, Fodié Touré, par ailleurs président de la Haute autorité de la communication du Mali, a aussi souhaité que le président du Faso soit leur porte-parole auprès de ses pairs de la sous-région pour leur exprimer la nécessité pour la commission de l’UEMOA d’avoir un cadre de concertation « réel » avec la plateforme des régulateurs de l’audiovisuel de l’institution.

Le directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et le Togo, Pierre Laporte a également été reçu par le Premier ministre Christophe Joseph Marie Dabiré, dans l’après-midi du 28 février.

Fabé Mamadou OUATTARA

4e journée Coupe CAF, Salitas –CS Sfaxien : Les «Colombes » gonflées à bloc

En match retour comptant pour la 4e journée des matches de poules de la coupe de la Confédération, Salimata et Tasséré football club (Salitas FC) croise, le dimanche 3 mars 2019 au stade du 4 ao?t le CS Sfaxien de la Tunisie.

Après sa défaite controversée (un but valable lui avait été refusé) au match aller, à Sfax, face au CS Sfaxien, Salimata et Tasséré football club (Salitas FC) entend se rattraper ce dimanche 3 mars, à l’occasion du match retour contre le même adversaire, comptant pour la 4e journée des matches de poules de la coupe de la Confédération.

Cette opposition est d’autant plus décisive car en cas défaite, le représentant burkinabè compromettra ses chances de qualification pour les quarts de finale de la compétition. Toute chose que ne veut pas entendre parler le coach adjoint de cette formation de Salitas Ambass Ouédraogo. «Notre objectif pour ce match est la victoire et rien que la victoire » a-t-il prévenu.

Coach Ambass a foi en cela à cause des retours de blessure de certains cadres qui étaient absents au match aller. Il s’agit notamment de Rachid Coulibaly, d’Hermann Nikiéma et d’Ilias Sawadogo. L’on se rappelle qu’au match aller, des erreurs arbitrales avaient privé Ambass Ouédraogo et ses poulains de regagner le bercail avec les 3 points de la victoire. Selon le coach adjoint de Salitas, ses poulains ont été préparés à rester stoïques en cas d’un quelconque dérapage du directeur de jeu.

« Les enfants ont maintenant muri. Ils sont en confiance et bien gonflés à bloc pour aller chercher cette victoire » a-t-il laissé entendre. Une victoire qui sera possible grâce au soutien du public. C’est pourquoi Ambass Ouédraogo demande au public d’effectuer massivement le déplacement du stade du 4 août pour pousser le représentant burkinabè à la victoire. Le coup d’envoi est prévu pour 16h.

Yves OUEDRAOGO

Lancement des Jeux vidéo dénommé STARPLACE

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En marge du FESPACO, le Ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat à travers l’Agence de Financement et de Promotion des Petites et Moyennes Entreprises (AFP-PME) et YULCOM Technologies, procédera ce vendredi 1er mars 2019 à 10 Heures au 1er étage du Centre Commercial Ouaga 2000, au lancement de l’incubateur panafricain d’entreprises en cinéma 3D, Jeux vidéo dénommé STARPLACE LAB.

Infos Utiles : 70672792/ 78078003

DCPM/ Ministère du Commerce, de l’industrie et de l’artisanat

COMMUNIQUE SUR LA SAISIE DE RIZ IMPROPRE A LA CONSOMMATION

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Depuis le 1er février 2019  et à l’occasion des contrôles des opérations d’importation,  il a été constaté une demande de déclaration préalable d’importation (DPI) de riz d’origine birmane. Les documents fournis par l’importateur et l’analyse documentaire faite le 8 février afin d’avoir de plus amples informations ont permis de  déceler des incohérences. Cela a conduit à faire des prélèvements le 11 février pour analyser la qualité du riz. Les résultats se sont avérés non satisfaisants, c’est à dire que le riz n’est pas propre à la consommation humaine et animale. Ainsi la centaine de tonnes de riz  25% brisure a été saisie par la Brigade Mobile de Contrôle (BMC) du ministère  du Commerce de l’industrie et de l’artisanat à Ouagadougou. Cette opération a été précédée par un contrôle documentaire et une analyse par les laboratoires compétents de notre pays. Les dispositions sont prises pour que les sanctions encourues en la matière soient appliquées conformément à la loi et que le stock soit incinéré dans le respect des règles environnementales.

Une autre saisie conservatoire de riz d’origine brésilienne dont l’analyse documentaire indique que le produit est périmé depuis 2014 est en cours de traitement. Le ministère invite les opérateurs économiques au strict respect de la réglementation en matière de commerce. Il est rappelé que les DPI doivent être faites en amont  des importations avant de convoyer les produits importés sur le territoire national. Il invite par ailleurs la population à la vigilance et à dénoncer tout cas suspect de transaction commerciale aux numéros verts suivants 80 00 11 84/ 85 à Ouagadougou et 80 00 11 86 à Bobo Dioulasso.

DCPM/ Ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat

Formation de vingt (20) journalistes sur l’enregistrement des naissances

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Ouagadougou, le 28 février 2019 – le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) en partenariat avec l’Union européenne (UE) et en collaboration avec le Ministère de l’administration du territoire, de la décentralisation et de la cohésion sociale (MATDCS) à travers la Direction générale de la modernisation de l’état civil (DGMEC) organise du 28 au 29 février 2019 un atelier de formation des journalistes pour soutenir l’enregistrement des naissances au Burkina Faso dans le cadre du Projet « Vers l’enregistrement universel des naissances » financé par l’Union Européenne et l’UNICEF.

Au total, vingt (20) journalistes seront formés sur la thématique de l’enregistrement des naissances pour mieux sensibiliser les populations et les communautés sur l’importance de l’enregistrement de l’enfant à la naissance mais aussi de mieux informer les décideurs sur les réalités vécues par les populations communautés quant à l’accès au système d’état civil.

Le Burkina Faso a réalisé d’importants progrès en matière d’état civil ces dernières années. Le taux de l’enregistrement des enfants de moins de cinq ans au Burkina est passé de 33% en 2006 à 77,8 % (EMC-MDS 2015). Pourtant, l’analyse des données montre d’importantes disparités tant au niveau géographique qu’au niveau socio-économique. Ainsi, ce taux est de 96,5% en zone urbaine, contre 74,7% en zone rurale. Il est seulement de 40,6% au Sahel et de 59,4 % à l’Est.

Les médias jouent un rôle important dans la sensibilisation des populations. Aussi, cette formation soutenue par l’UE et l’assistance technique de l’UNICEF devrait contribuer, dans le moyen terme, à inverser les tendances et permettre à tous les enfants de devenir des citoyens à part entière c’est-à-dire des personnes qui ont des droits : le droit à l’enregistrement de sa naissance et ainsi à la reconnaissance de sa personnalité juridique, le droit d’accès aux services de base essentiels comme la santé, le droit à l’éducation, le droit de participer à la vie du pays.

 

Pour en savoir plus :

 

Frédéric Guirlene, UNICEF Burkina Faso
Chef Programme Protection
gfrederic@unicef.org

 

Saran Koly, UNICEF Burkina Faso
Spécialiste en communication
skoly@unicef.org

Cathérine Baum, Délégation de l’Union Européenne au Burkina Faso

Chargée de presse, information, communication,
Catherine.BAUM@eeas.europa.eu