Journée scientifique Afrique-Brésil: Un cadre d’échange avec la diaspora africaine

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Le Comité international Joseph Ki-Zerbo pour l’Afrique et sa diaspora (CIJKAD) a organisé, en marge du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), une journée scientifique Afrique-Brésil, le mercredi 27 février 2019 à Ouagadougou.

Le comité international Joseph Ki-Zerbo pour l’Afrique et sa diaspora (CIJKAD) veut susciter  l’implication et  la mobilisation des Diasporas africaines pour la recherche de l’identité africaine dans un contexte d’insécurité grandissante, à travers des ressources endogènes nationales et panafricaines. Pour ce faire, il a, en marge de la célébration du cinquantenaire du Festival panafricain et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), organisé une journée scientifique Afrique-Brésil, le mercredi 27 février 2019 à Ouagadougou. Placée sous le thème « Religion, Identité, sécurité et Démocratie », l’objectif de la journée scientifique Afrique-Brésil est, selon le président du CIJKAD/section Burkina Faso, Moumini Tiegna, de contribuer à la recherche d’alternatives, à travers des échanges, pour un Burkina Faso et une Afrique de paix et de sécurité ; toute chose qui permettrait le développement et le vivre ensemble. « Cette journée d’échange doit sensibiliser l’opinion publique burkinabé sur la question du panafricanisme dont on parle tant pour que les noirs d’ailleurs, notamment la diaspora s’intéresse au Burkina Faso car ils constituent des ressources pour le développement », a-t-il poursuivi. Pour l’atteinte de cet objectif, deux panels ont été initiés et débattus par d’imminents panélistes. Les communications  desdits panels  ont porté sur l’Islam, citoyenneté et laïcité, Histoire sociale de l’intolérance religieuse dans le Brésil contemporain, littérature afro-brésilienne, le Burkina Faso à l’épreuve des défis et enjeux, Joseph Ki-Zerbo et la loi 10.639. A la fin de cette journée, le CIJKAD, par la voix de son président du Burkina Faso entend à une identification des dispositifs pour endiguer l’intolérance religieuse, la xénophobie et les discriminations au Brésil et en Afrique surtout quand on sait que le Brésil est considéré comme la 1ère diaspora noire du monde. Au finish, il s’est agi de faire en sorte que la coopération entre le CIJKAD et les partenaires brésiliens soit renforcée. Saisissant l’occasion, le chef de la délégation brésilienne au Burkina Faso, Jacques D’Adesky a exprimé sa gratitude au comité pour l’initiation de cette journée qui leurs a permis de tisser des liens  de fraternité avec le pays des hommes intègres.

Hadofini Clotilde BICABA  

                                                                                              Stagiaire

Industrie de cinema

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Gouvernance locale au Burkina: l’Allemagne veut mieux comprendre

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, a échangé avec des responsables de circonscriptions administratives touchées par l’insécurité, bénéficiant du soutien du Programme de gestion intégrée des espaces frontaliers (ProGEF), le mardi 26 février 2019 dans les locaux de l’Académie de police à Pabré, dans la périphérie de Ouagadougou.

Présent au Burkina Faso dans le cadre de sa tournée en Afrique de l’Ouest, le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, a annoncé une aide financière complémentaire de 46 millions d’euros en soutien à la lutte contre le terrorisme dans le cadre du Programme de gestion intégrée des espaces frontaliers (ProGEF). Il a confirmé cette annonce lors d’une rencontre d’échanges que le Programme a initiée entre le diplomate allemand et le gouverneur de la Boucle du Mouhoun, Sié Edgard Sou et les maires des communes rurales de Toéni, Issaka Djerma et de Diguel, Souaibou Dicko, toutes frappées par le terrorisme. Ces deux communes rurales ont la particularité d’être frontalières avec le Mali et donc victimes au premier plan de la menace sécuritaire. Les échanges ont porté sur les enjeux de gouvernance auxquels ces élus locaux font face. Les différentes autorités ont peint un climat d’insécurité constante marqué par la fermeture de la quasi-totalité des services administratifs, un déplacement des populations et le ralentissement de l’activité économique. Le gouverneur Edgard Sou dont la région comporte deux provinces sous Etat d’urgence a expliqué que certaines actions ont été entreprises pour juguler la situation, de sorte que les potentialités agrosylvopastorales du «grenier du Burkina» ne se dissipent pas.

A la suite de la description de la situation socioéconomique de ces différentes zones, l’appui du ProGEF pour la sécurisation de l’espace frontalier a été souligné, notamment, son soutien à la création d’un cadre de concertation transfrontalier entre les communes voisines du Burkina Faso et du Mali. C’est dans ce contexte que s’est d’ailleurs inscrite la rencontre avec l’autorité allemande dans la mesure où le Programme bénéficie du soutien financier du ministère fédéral des Affaires étrangères de l’Allemagne en plus de l’Union européenne. Le ministre Maas a indiqué que l’appui de son pays s’inscrit dans l’approche globale sécurité, stabilité et condition de vie, trois conditions pour rendre effective des actions de stabilisation. Heiko Maas a félicité les différents acteurs pour leur engagement à mieux protéger les populations.

Fabé Mamadou OUATTARA

Coopération Chine-Afrique: Des journalistes en immersion dans l’Empire du milieu

L’Association publique pour la diplomatie chinoise (CPDA), en collaboration avec le Centre international chinois de presse et de communication (CIPCC), organise une formation au profit de journalistes africains, d’Asie et du Pacifique, de février à décembre 2019 à Pékin en Chine.

La République populaire de Chine affiche une volonté de dynamiser la coopération entre ses médias et ceux d’Afrique, d’Asie et du Pacifique, à travers plusieurs initiatives. A ce titre, 34 journalistes du continent noir et 16 confrères d’Asie et du Pacifique séjournent à Pékin, la capitale, de février à décembre 2019 pour participer à une formation initiée par l’Association publique pour la diplomatie chinoise (CPDA), en collaboration avec le Centre international chinois de presse et de communication (CIPCC).

Pilotée par le Centre de presse Chine-Afrique (CAPC) et celui de Chine-Asie-Pacifique (CAPPC), tous deux sous la responsabilité du CIPCC, le programme permettra aux participants de s’approprier les contours de la diplomatie chinoise, découvrir les médias et institutions académiques et d’apprendre la langue chinoise. Ils iront également à la rencontre des premières autorités du pays, couvriront des événements d’envergure et visiteront les différentes provinces et grandes villes chinoises. Pour le directeur du CIPCC, Yu Lei, cette formation participe à une meilleure compréhension de l’Empire du milieu et à cerner davantage sa vraie réalité qui souffre quelquefois de déformations. Les hommes de médias devront, en marge de leur formation, initier des sujets de reportage sur la Chine dans plusieurs domaines. Une immersion dans les différents médias chinois leur permettra aussi de voir comment les nouvelles technologies occupent une place prépondérante dans le fonctionnement des entreprises de presse.

«Shanxi, la nouvelle transition»

Avant la cérémonie inaugurale du début des travaux, les participants ont assisté dans la soirée du lundi 25 février 2019 au ministère chinois des Affaires étrangères à une exposition sur les richesses culturelles, économiques de la province du Shanxi, située dans le Nord du pays. Intitulée «La Chine dans la nouvelle ère : Shanxi, la nouvelle transition pour un avenir partagé», l’exposition a déroulé devant un parterre de diplomates, la grande histoire de la province qui incarne l’emblème des 70 ans de la nouvelle Chine, marquée par de grandes réalisations dans divers domaines.

Pour le ministre des Affaires étrangères, conseiller d’Etat, Wang Yi, Shanxi est «un haut lieu du tourisme et pilier du développement de la Chine» qui œuvre sans relâche à l’élargissement des convergences de vues pour mieux partager les opportunités de coopération avec le reste du monde. A l’entendre, le boom économique que connait cette partie du pays est l’illustration que la Chine est résolument engagée vers le développement et la promotion de la paix à travers la planète. C’est pourquoi, il a encouragé les pourparlers sur le processus de dénucléarisation de la péninsule coréenne et appelé à l’apaisement des relations sino-américaines.

Le secrétaire du Parti communiste chinois de la province de Shanxi, Luo Huinning, a indiqué qu’une série de réformes ont été entreprises en faveur de la transition énergétique avec à l’appui, la réhabilitation du couvert végétal qui est passé de 0,6 en 1949 à plus de 50% actuellement. «Fermée avant, la province du Shanxi est résolument engagée dans la politique d’ouverture au monde. A titre d’exemple, il y a eu 49 jumelages avec des villes de 24 pays et la coopération économique est basée sur le principe gagnant-gagnant», a-t-il indiqué. Le gouverneur de la province, Lou Yangsheng, a souligné que Shanxi est une terre de grande civilisation qui a vu naître de figures majeures de l’histoire de la Chine dans les domaines artistique et militaire. De par les vestiges historiques qu’elle abrite, a-t-il précisé, la province Shanxi est un «musée de l’architecture ancienne». Des diplomates de pays amis de la Chine se sont succédé à la tribune pour louer les prouesses du génie chinois dans cette partie du pays.

Karim BADOLO
(Depuis Pékin en Chine)

Procès du putsch Des officiers de l’ex-RSP «déchargés»

L’ex-secrétaire général du ministère de la Défense nationale et des Anciens combattants pendant le coup d’Etat de l’ex-RSP, le colonel-major Alassane Moné, a donné son témoignage sur les événements du putsch, le mercredi 27 février 2019 au tribunal militaire.

Ouvert le 27 février 2018, le procès du putsch de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP) dure depuis exactement un an déjà. A l’audience d’hier mercredi 27 février 2019, l’ex-Secrétaire général (SG) du ministère de la Défense nationale et des Anciens combattants (MDNAC), Alassane Moné, a été appelé à la barre comme témoin des faits. La version du colonel-major ne diffère sensiblement pas de celle des autres membres de la hiérarchie militaire qui l’ont précédé. Il s’est souvenu en somme que les membres de la Commission de réflexion et d’aide à la décision (CRAD) ont refusé de soutenir le général Diendéré et que celui-ci est parti consulter sa base et est revenu dire leur refus d’abandonner leur mouvement.

Il a expliqué enfin, qu’une délégation composée de l’ancien président Jean-Baptiste Ouédraogo, de l’archevêque de Bobo-Dioulasso, Paul Yemboado Ouédraogo, du Chef d’Etat-major général des armées (CEMGA), Pingrenoma Zagré et lui-même, Alassane Moné l’ont suivi pour aller discuter avec les hommes. Lors de cette réunion avec les éléments, le témoin a mentionné les propos discourtois des éléments de l’ex-Régiment envers les quatre médiateurs dans un climat électrique. «Le ton avec lequel on a été accueilli dépassait toute insolence. On a été littéralement invectivé … Pour des subordonnés s’adressant à leurs supérieurs, c’était trop», a-t-il déclaré. Il a précisé qu’ils ont reçu des menaces contre leurs propres personnes de même que les otages. Invités par le parquet à identifier les personnes qui ont tenu ces propos, le colonel-major Moné a cité, sans être formel, les capitaines Abdoulaye Dao et Oussène Zoumbri comme ayant parlé des manipulations et provocations de l’ancien Premier ministre Zida et qui ont conduit au putsch. A l’entendre, ce sont les sous-officiers dont le sergent-chef Roger Koussoubé dit le Touareg, l’adjudant Jean Florent Nion, l’adjudant-chef Moussa Nébié dit Rambo, qui se sont montré les plus menaçants.

Les accusés Korogo et Zoumbri félicités

En revanche, le témoin a salué le courage du commandant Abdoul Aziz Korogo lors de l’épisode du désarmement. Le colonel-major l’a trouvé «coopératif» et «volontaire» et a reconnu être resté en contact avec le commandant pendant cette phase. Il dit l’avoir aussi encouragé à rester sur place pour contrôler les hommes et faciliter le désarmement malgré les menaces qui lui étaient faites. Selon le témoin, c’est le nom du commandant Korogo qui revenait de façon invariable, et parfois, celui du capitaine Zoumbri, comme ceux qui ont soutenu les actions de sortie de crise. Appelés en confrontation, les deux officiers cités ainsi que le colonel-major Boureima Kiéré n’ont pas démenti le témoin, actuel ambassadeur du Burkina Faso en Egypte.

Au demeurant, le capitaine Zoumbri a estimé qu’il avait pris la parole au mauvais moment puisque son intervention à cette rencontre visait, selon lui, à dénoncer les agissements de l’ancien Premier ministre Zida. Les sous-officiers pour leur part ont marqué leur étonnement que le colonel-major les cite nommément comme ceux qui ont eu des propos durs. «Le Touareg» a soutenu n’avoir pas participé à ladite rencontre. Pour l’adjudant Jean Florent Nion qui a dit avoir participé à la rencontre en qualité de vice-président des sous-officiers supérieurs de l’ex-RSP, «ceux qui ont tenu ces propos ne sont pas dans le box des accusés». De façon générale, les accusés concernés par la déposition du témoin n’ont pas trouvé grand-chose à redire. Ils ont simplement présenté leurs excuses à la délégation qui les a rencontrés dans la nuit du 16 au 17 septembre 2015 au camp, si toutefois elle a estimé leurs propos discourtois.

«L’armée a failli»

Quant au général Diendéré, il a maintenu que si l’armée avait été catégorique dès le début en condamnant le putsch, on n’en serait pas là. Il a encore assuré n’avoir pas fait plusieurs va-et-vient entre le MDNAC et le camp Naaba Koom II, mais bien un seul. «Golf» a aussi maintenu avoir présidé la réunion du 17 septembre. En réaction, le témoin a dit être formel : «c’est Zagré qui a présidé les deux rencontres de la CRAD. Parce qu’il a convoqué les deux réunions à la demande du général Diendéré, il a introduit les débats, a distribué la parole et a levé la séance». L’ex-SG du MDNAC s’est également prononcé au sujet du lieutenant Jacques Limon, sous ses ordres au ministère lors des événements, qu’il a qualifié d’agent «ponctuel», «dispo», et qui «déployait beaucoup d’initiatives», d’un point de vue strictement professionnel. De quoi faire dire au lieutenant Limon qu’il est victime de harcèlement.

Il a ressassé les «tractations» avec l’expert à l’origine de la découverte des conversations téléphoniques par SMS, le directeur de la justice militaire, Sita Sangaré et le juge d’instruction Frédéric Ouédraogo. Des tractations qui lui valent ses ennuis, a-t-il insisté. Sur ce sujet, l’avocat de la partie civile, Me Séraphin Somé lui a demandé de démontrer, preuve à l’appui, qu’il n’est pas à l’origine des messages qui lui sont attribués plutôt que de marteler la même chose. Me Adrien Nion de la défense s’est dit particulièrement satisfait de la déposition du témoin tant dans la forme que dans le contenu. Car, selon lui, elle confirme ce que son client, le capitaine Zoumbri a déclaré à la barre. Pour l’avocat, le témoin a reconnu qu’avec le recul, il a eu un sentiment abusif de penser que son client subissait une pression de la part de Diendéré pour rester dans la résistance. Des éléments qui, à son avis, sont à leur décharge. Il en est de même pour le conseil du lieutenant Limon, Me Mamadou Sombié, quand il s’est réjoui du témoignage du colonel-major Moné qui décharge son client.

Toutefois, il a fustigé l’armée de n’avoir pas pris ses responsabilités dès le 16 septembre pour stopper le putsch et éviter les morts. «L’armée n’a pas été républicaine, elle a failli», a clamé l’avocat. Et l’ambassadeur Moné de répliquer qu’il est facile pour un profane en la matière de parler ainsi, sinon l’armée est allée de sa stratégie en choisissant la voie de la négociation. L’audience reprend le vendredi 1er mars à 9h.

Fabé Mamadou
OUATTARA
Mady KABRE

Hommage au cinéaste Idrissa Ouédraogo

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La mairie de Ouagadougou a organisé le vendredi 22 février 2019, en partenariat avec le groupe VIVENDI, une cérémonie d’hommage au défunt cinéaste burkinabè, Idrissa Ouédraogo, au cours de laquelle la salle du ciné du groupe située au quartier Pissy de Ouagadou, a été baptisée au nom du regretté.

La salle de ciné Canal Olympia de Pissy prend désormais le nom «Canal Olympia Idrissa Ouédraogo». Le baptême est intervenu le vendredi 22 février 2019 au cours d’une cérémonie organisée en hommage au réalisateur burkinabè, arraché à l’affection de sa famille et des professionnels du cinéma en février 2018. Cinéaste talentueux, homme de culture, Idrissa Ouédraogo alias Maestro, qui a remporté l’Etalon d’Or de Yennenga en 1991 avec Tilaï, a marqué son époque. L’évènement qui s’est tenu à la veille de la 26e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou visait, selon ses organisateurs, à reconnaître la contribution de l’homme au rayonnement du 7e art en Afrique et dans le monde.

Il a été rehaussé par la présence d’éminentes personnalités, des sommités du monde cinématographique, du Directeur du développement et de la Stratégie de Canal Olympia, ainsi que des membres de la famille du réalisateur dont son épouse. Canal Olympia est le fruit d’un partenariat entre la commune de Ouagadougou et le groupe Vivendi ; le maire Armand Pierre Béouindé pour qui l’œuvre cinématographique d’Idrissa Ouédraogo, est immense, s’est réjoui de cet hommage «mérité». «Le Maestro entre ainsi dans le panthéon des héros du cinéma africain», a-t-il indiqué. Prenant la parole par la suite, le porte-parole de la famille du défunt, Seydou Barry, cette cérémonie de baptême, montre si besoin en était, qu’Idrissa Ouédraogo, n’appartenait plus à sa famille biologique. Ce dernier a au nom des membres, traduit la reconnaissance aux autorités municipales et aux responsables de Canal Olympia pour cet acte plein de considération à l’égard de leur proche.

Une serie de temoignages

Pour la veuve Sanata Ouédraogo, cette cérémonie de baptême va contribuer au repos éternel de son défunt mari qui, de son vivant rêvait de construire une salle de cinéma à son nom. Au cours de cette cérémonie, le public a eu droit à une série de témoignages de personnes ayant côtoyé le réalisateur à un moment donné de sa vie pendant la quarantaine d’années passées sur les plateaux de tournages. De la directrice Afrique de TV5 Monde, Denise Epoté, au professeur Odile Nacoulma, en passant par l’ancien ministre de la Culture Filippe Savadogo, par ailleurs ancien délégué général du FESPACO, tous les intervenants ont reconnu la grandeur et le talent hors pair du cinéaste burkinabè. Mme Epoté a dit avoir rencontré Idrissa Ouédarogo, pour la première fois, en 1994 à la faveur de son arrivée à TV5 Monde. Elle retient du Maestro, l’image d’un homme de cinéma qui savait se faire entourer des meilleurs pour raconter des histoires. Chaque fois qu’il avait un projet de tournage, fait-elle savoir, Idrissa n’hésitait pas à l’appeler pour des échanges parfois épiques : «combien de feuilles peux-tu me donner, me demandait-il ?», se souvient Mme Epoté.

Lorsque je lui disais qu’il connaissait bien la procédure et qu’il lui fallait adresser une correspondance au directeur général, il me disait toujours ceci : «Mais je ne le connais pas, tu ne t’occupes pas de nos intérêts, quelle sera ton importance à TV5 Monde ?». De l’avis de la journaliste, le FESPACO 2019, premier festival sans Idrissa Ouédraogo, verra l’esprit de ce pionnier du cinéma planer incontestablement sur l’événement, faisant observer que la filmographie du cinéaste si riche et variée lui a valu 37 distinctions et pas des moindres décernées en Afrique, en Europe et même en Asie. Mais Denise Epoté, a conclu sur une note d’espoir citant l’écrivain français Jean D’Ormesson : «S’il y a quelque chose de plus fort que la mort, c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants ; la salle qui porte le nom d’Idrissa Ouédraogo, en est la parfaite illustration». Le professeur Odile Nacoulma qui a semé l’amour du cinéma dans le cœur du jeune homme en 1976 à travers son enseignement parle d’un étudiant dont le souvenir restera à jamais gravé dans sa mémoire.

Entre anecdotes et exemples, celle qu’il appelait affectueusement madame la directrice, a su mettre en lumière la volonté qui habitait le «Yadéga» et sa détermination à façonner par le film la société dans laquelle il vivait. Le directeur du développement et de la stratégie de Canal Olympia, Simon Minkowski, pour sa part, s’est appesanti sur la politique du groupe Vivendi. La création de canal Olympia s’inscrit selon lui, dans la stratégie du groupe, de renforcer sa présence sur les marchés à fortes croissances avec l’émergence d’une classe moyenne consommatrice de contenus. «L’ambition du réseau canalOlympia est d’accompagner la naissance d’une nouvelle génération d’artistes en devenant la vitrine de toutes les influences culturelles du cinéma à la scène» a-t-il soutenu. CanalOlympia est un complexe composé d’une salle de projections de 300 places et d’un hall pouvant accueillir des concerts de milliers de spectateurs.

Le ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme, Abdoul Karim Sango, représentant le président du Faso a salué l’initiative de la mairie de Ouagadougou et de son partenaire Vivendi, visant à célébrer le talent d’Idrissa Ouédraogo et sa passion pour la cause du cinéma africain. Les signatures du livre d’or ont mis fin à cette soirée de fortes émotions.

Beyon Romain NEBIE
nbeyonromain@yahoo.fr
Fatimah TANKOANO
(stagiaire)

Prix Myriam Makeba: le FESPACO reçoit 46 millions F CFA

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Créé en 2017 à Alger à l’occasion du Forum des créateurs africains et doté d’un montant de près de 58 millions F CFA (100 mille dollars), le prix Myriam Makeba a été, pour sa première édition, attribué en partie au FESPACO. La remise a eu lieu hier, mercredi 27 février 2019, à Ouagadougou.

Elu pour ses efforts dans le rayonnement du cinéma et de la culture africains, le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) est récipiendaire à 80%, soit près de 46 millions F CFA (80 mille dollars), du prix international de la créativité artistique Myriam Makeba. La remise de la récompense par l’ambassadeur d’Algérie au Burkina Faso, Mohamed Ainseur, aux responsables du festival, a eu lieu hier mercredi 27 février 2019 dans la capitale burkinabè. Au cours de la cérémonie de remise, outre les remerciements au pays donateur, le ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme, Abdoul Karim Sango, et le délégué général du FESPACO, Ardiouma Soma, ont dit accueillir la récompense comme un encouragement dans la suite de la promotion du dialogue interculturel africain. Pour l’ambassadeur algérien, le prix est une marque de solidarité de son pays envers le Burkina Faso.

Jean Philibert SOME

Opération de salubrité publique !

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Les semaines se suivent et se ressemblent désormais sur le front de la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso. Du Nord à l’Est en passant par le Sahel, les «boys» du général Miningou, le Chef d’état-major général des armées (CEMGA), ne rapportent que de bonnes nouvelles à la nation. En effet, après les 146 terroristes neutralisés au Nord et dans la Boucle du Mouhoun, à la suite de l’attaque de Kaïn et après les 21 hommes armés mis hors d’état de nuire dans la zone de Oursi, les troupes ont encore fait parler d’elles. Les 19 et 20 février 2019, elles ont encore tué 29 terroristes dans la région de l’Est, avec à la clé, une grande quantité d’armes et de munitions récupérées dans les localités de Kompienbiga et de Kabonga, dans les forêts de la région de l’Est. Même si l’armée ne communique pas sur tout (ce qui est normal), il faut reconnaitre qu’au bas mot, les choses bougent et dans le bon sens sur le terrain de la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso. En tous les cas, depuis les changements à la tête des ministères en charge de la Défense et de celui de la Sécurité, avec l’arrivée respective de Chériff Sy et du colonel à la retraite, Ousséni Compaoré, les décomptes macabres des attaques meurtrières qui endeuillent les Forces de défense et de sécurité (FDS) et les civils, a vraisemblablement diminué. Et pour cause, les réajustements au niveau du haut commandement de l’armée, ajouté à l’Etat d’urgence, ont donné un nouveau souffle à cette guerre asymétrique, avec nos forces spéciales qui allient frappes aériennes et opérations terrestres. Aidés par les renseignements qui, à ce qu’on dit, «répondent» de plus en plus, nos FDS mouillent la tenue et il faut les en féliciter. La lutte contre le terrorisme est un combat de longue haleine et il serait illusoire de trop vite crier victoire. Le mal est malin et l’ennemi ne s’avouera donc pas si facilement vaincu. Par conséquent, ce ne sera pas de sitôt que les attaques et massacres vont cesser mais les récents échos du champ de guerre prouvent à volonté que le Burkina Faso est en train de prendre progressivement le dessus sur les forces du mal. Cette «progression» est d’autant plus nécessaire qu’avec la saison des pluies qui ne tardera pas à s’annoncer, de nombreuses inquiétudes surgissent. En effet, pour qui connaît les réalités de certaines zones reculées du pays, une fois l’hivernage installé. La tâche se compliquera davantage pour nos FDS, du fait de l’inaccessibilité de certaines parties du pays due à l’impraticabilité des voies. Dans les forêts de l’Est, dans le sable du Sahel ou les tréfonds de la Boucle du Mouhoun, plusieurs villages restent coupés du monde pendant quatre ou cinq mois, immédiatement après les premières pluies. Le temps presse donc dans la «reconquête des zones perdues» afin de déloger et neutraliser au plus vite les terroristes qui ont installé leur quartier dans certaines grottes et forêts du pays. Sinon, le réveil sera douloureux à la fin de la prochaine saison pluvieuse parce que ces terroristes auront eu tout le temps pour s’enraciner dans ces villages. Il urge pour les troupes de «nettoyer le coin», mais c’est surtout avec l’étroite collaboration des populations qu’elles y arriveront si l’on sait que les renseignements sont une arme aussi efficace que celles utilisées sur le champ de combat. Sur ce plan, l’espoir est permis parce qu’ayant pris conscience de cette nécessité, les populations se manifestent progressivement par des marches de soutien aux FDS et des contributions diverses à l’effort de guerre. Il reste que l’épineuse question des moyens matériels et financiers demeure. Espérons que la loi de programmation militaire (2018-2021) apportera les solutions à cette équation.

Jean-Marie TOE