Recrutement 10 225 jeunes et femmes pour des Travaux à haute intensité de main d’œuvre (HIMO) au profit de 49 communes urbaines du Burkina Faso

Recrutement 10 225 jeunes et femmes pour des Travaux à haute intensité de main d’œuvre (HIMO) au profit de 49 communes urbaines du Burkina Faso

Le Conseil des ministres s’est tenu à Ouagadougou, le mercredi 27 février 2019, en séance ordinaire, de 09 H 30 mn à 13 H 30 mn, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, Président du Faso, Président du Conseil des ministres. Il a délibéré sur les dossiers inscrits à son ordre du jour, entendu des communications orales, procédé à des nominations et autorisé des missions à l’étranger.

I. DELIBERATIONS

I.1. AU TITRE DE LA REFORME DES INSTITUTIONS ET DE LA MODERNI-SATION DE L’ADMINISTRATION, LE CONSEIL A ADOPTE SIX (06) RAPPORTS.

I.1.1. Pour le compte du ministère de l’Economie, des finances et du développement :
– un décret portant modification du décret n°2017-0049/PRES/PM/MINEFID du 1er février 2017 portant procédures de passation, d’exécution et de règlement des marchés publics et des délégations de service public.

Ce décret modificatif vise un meilleur accès des petites et moyennes entreprises (PME) aux marchés publics, une opérationnalisation des accords-cadres au regard des nombreux avantages qu’offre ce mécanisme dans la gestion de la commande publique et une dynamisation de l’économie nationale.
– un décret portant fixation des taux et des modalités d’octroi d’une indemnité forfaitaire mensuelle et d’une indemnité journalière de session applicables aux membres du Haut conseil du dialogue social (HCDS).

L’adoption de ce décret permet l’application effective de l’article 10 du décret n°2017-0261/PRES/PM/MINEFID/MFPTPS du 05 mai 2017 portant création, attributions, organisation et fonctionnement du Haut conseil du dialogue social.

I.1.2. Pour le compte du ministère
des Infrastructures :
– un rapport relatif aux mesures sociales du gouvernement.

Ces mesures sociales permettront, au titre de l’année 2019, de recruter 10 225 jeunes et femmes pour des Travaux à haute intensité de main d’œuvre (HIMO) au profit de 49 communes urbaines du Burkina Faso.

Le Conseil a instruit les ministres en charge du dossier de prendre les dispositions idoines en vue de la mise en œuvre efficiente et diligente de ces mesures sociales au profit des jeunes et des femmes.

I.1.3. Pour le compte du ministère des Mines et des carrières :
– un décret portant renouvellement de mandats des membres de la Brigade nationale anti-fraude de l’or (BNAF).
L’adoption de ce décret permet le renouvellement de mandats de quatre (04) membres de la BNAF pour un dernier mandat de trois (03) ans.
– un rapport relatif à l’organisation de la 4ème édition de la Semaine des activités minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO).

Cette édition, prévue pour se tenir du 26 au 28 septembre 2019 à Ouagadougou, a pour thème : «Exploitation des ressources minérales et opportunités d’industrialisation de l’Afrique». Elle regroupera au moins 2 000 participants du monde entier.

I.1.4. Pour le compte du ministère
du Commerce, de l’industrie et de l’artisanat :
– un rapport relatif à deux (02) décrets portant respectivement conditions d’application de la loi n°038-2018/AN du 30 octobre 2018 portant Code des investissements au Burkina Faso et création, composition, attributions, organisation et fonctionnement de la Commission nationale des investissements au Burkina Faso.
L’adoption de ces décrets permet de rendre opérationnelles les dispositions de la loi n°038-2018/AN du 30 octobre 2018, portant Code des investissements au Burkina Faso.

I.2. AU TITRE DE LA DYNAMISATION
DES SECTEURS PORTEURS POUR L’ECONOMIE ET L’EMPLOI, LE CONSEIL A ADOPTE

Pour le compte du ministère des Infrastructures:
– un rapport relatif à la conclusion d’un marché par la procédure d’entente directe pour la reprise et l’achèvement des travaux de construction des voies d’accès à l’aéroport international de Ouagadougou-Donsin.

L’aménagement des voies d’accès concerne la réalisation de 41,49 km de route, comprenant les tronçons de la route nationale N°3 (Ouagadougou-Kaya), de la bretelle Est et de la bretelle Ouest.
Le Conseil a marqué son accord pour l’attribution du marché à l’entreprise SOGEA-SATOM, pour un montant d’un milliard trois cent dix-huit millions cent quatre-vingt-quinze mille cinquante-neuf (1 318 195 059) F CFA TTC.
Le financement est assuré par l’Association internationale de développement (IDA).

II. COMMUNICATIONS ORALES

II.1. Le ministre des Affaires étrangères et de la coopération a fait au Conseil une communication relative à la visite d’amitié et de travail du Président du Faso, Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE à Berlin en Allemagne les 20 et 21 février 2019.
Au cours de son séjour, le Président du Faso a eu des séances de travail avec le Président de la République fédérale Son Excellence Monsieur Frank-Walter STEINMEIER et la Chancelière Madame Angela MERKEL, sur le renforcement de la coopération entre les deux pays et les questions sécuritaires au Sahel.
Le ministre des Affaires étrangères a également fait au Conseil, le bilan de la participation de Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, Président du Faso au sommet sous régional tenu le 22 février 2019 à Accra au Ghana. Au cours de ce sommet, le Président du Faso et ses homologues du Ghana, du Bénin, du Togo et le Vice-président de la Côte d’Ivoire, ont échangé sur les questions sécuritaires et celles liées à la lutte contre le terrorisme.

II.2. Le ministre de l’Intégration africaine et des Burkinabè de l’extérieur a fait au Conseil le bilan de la participation de Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, Président du Faso à la première Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Commission climat pour la région du Sahel, tenue le 25 février 2019 à Niamey au Niger.

Cette conférence avait pour but de répondre à l’urgence climatique au Sahel.

Il a par ailleurs fait au Conseil une communication relative au processus de délivrance des Cartes nationales d’identité burkinabè (CNIB) et de passeports, dans le cadre de la participation des Burkinabè de l’extérieur aux consultations électorales de 2020.
La cérémonie officielle de lancement de cette opération aura lieu le jeudi 28 février 2019 à Niamey, au Niger. La mission consulaire spéciale se déroulera du 28 février au 15 mars 2019.

Cette opération permet la mise en œuvre de l’engagement pris par Son Excellence Monsieur le Président du Faso de faire participer les Burkinabè de l’extérieur aux prochaines élections présidentielles.

II.3. Le ministre de la Fonction publique, du travail et de la protection sociale a fait au Conseil une communication relative à l’organisation, courant premier trimestre 2019 à Ouagadougou, d’une table ronde pour le financement du Régime d’assurance maladie universelle (RAMU).

III. NOMINATIONS

III.1.NOMINATIONS
DANS LES FONCTIONS INDIVIDUELLES
A. AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES ET DE LA COOPERATION
– Monsieur Gervais REMEN, Officier, est nommé Attaché de défense à New York (Etats Unies d’Amérique).

B. AU TITRE DU MINISTERE DE LA SECURITE
– Monsieur Seydou OUATTARA, Mle 211 710 K, Commissaire principal de police, catégorie 1, 3ème grade, est nommé Commandant de la brigade spéciale des investigations anti-terroristes (BSIAT) ;
– Monsieur Sombié Siaka DIARRA, Officier, est nommé Commandant-adjoint de la brigade spéciale des investigations anti-terroristes (BSIAT).

C. AU TITRE DU MINISTERE
DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR,
DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
ET DE L’INNOVATION
– Monsieur Mahamadou SAWADOGO, Mle 78 122 C, Enseignant-chercheur, catégorie P1, grade initiale, 1er échelon, est nommé Secrétaire général;
– Monsieur Aly SAVADOGO, Mle 110 923 A, Professeur titulaire de biochimie-microbiologie, est nommé Vice-Président chargé des enseignements et des innovations pédagogiques de l’Université Ouaga I ;
– Monsieur Billy Tuwis Mandel Josito ZONGO, Mle 119 339 W, Administrateur des services financiers, 1ère classe, 5ème échelon, est nommé Directeur des services financiers de l’Université Nazi BONI.

D. AU TITRE DU MINISTERE DE LA FONCTION PUBLIQUE, DU TRAVAIL ET DE LA PROTECTION SOCIALE
– Madame Bankpal Songtaa Stella Sylviane SOME, Mle 91 859 S, Inspecteur du travail, 1ère classe, 7ème échelon, est nommée Chargée de missions ;
– Madame Agnès SANOU/SANOU, Mle 23 853 U, Conseiller en gestion des ressources humaines, 1ère classe, 11ème échelon, est nommée Inspecteur général des services ;
– Monsieur Mamadou SERE, Mle 111 285 B, Inspecteur du travail, 1ère classe, 6ème échelon, est nommé Inspecteur technique des services ;
– Monsieur Oumarou TOE, Mle 55 170 T, Conseiller en gestion des ressources humaines, 1ère classe, 4ème échelon, est nommé Directeur général de l’Agence générale de recrutement de l’Etat (AGRE) ;
– Monsieur Sibiri Omar COMPAORE, Mle 00 255 488 K, Enseignant, 1ère classe, 2ème échelon, est nommé Directeur général du Fonds national des travailleurs déflatés et retraités (FONA-DR) ;
– Monsieur Alidou Pascal BANAO, Mle 216 836 W, Inspecteur du travail, 1ère classe, 4ème échelon, est nommé Chargé d’études ;
– Monsieur Souleymane NABASSAGA, Mle 294 367 Y, Inspecteur du trésor, est nommé Chef du département finances et logistique de l’Agence générale du recrutement de l’Etat (AGRE) ;
– Monsieur Oumarou ZEBRE, Mle 266 149 W, Ingénieur des travaux informatiques, 1ère classe, 2ème échelon, est nommé Chef de département des services informatiques ;
– Monsieur Mamadou BANDAOGO, Mle 214 672 C, Inspecteur du travail, 1ère classe, 5ème échelon, est nommé Chef de département de la règlementation et de la promotion du Guichet virtuel ;
– Monsieur Samson TRAORE, Mle 117 006 Z, Conseiller en gestion des ressources humaines, 1ère classe, 3ème échelon, est nommé Directeur régional de la Fonction publique du Plateau-Central.

E. AU TITRE DU MINISTERE DE L’EAU ET DE L’ASSAINISSEMENT
– Monsieur Jean Mathieu BINGBOURE, Mle 32 198 M, Ingénieur du génie rural, 2ème classe, 12ème échelon, est nommé Responsable du « Programme Approvisionnement en eau et assainissement».

F. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENERGIE
– Monsieur Ibrahim BELEM, Mle 231 002, Gestionnaire, est nommé Directeur général de l’efficacité énergétique ;

– Monsieur Ousmane SANKARA, Mle 219 275 Y, Administrateur des services financiers, 1ère classe, 1er échelon, est nommé Directeur de l’administration des finances.

G. AU TITRE DU MINISTERE DES MINES ET DES CARRIERES

Les personnes dont les noms suivent sont nommées Membres de la Brigade nationale anti-fraude de l’or (BNAF) pour un second mandat de trois (03) ans :

Représentants du ministère des Mines et des carrières :
– Monsieur Ousmane BARBARI, Mle 119 042 E, Economiste gestionnaire ;
– Monsieur Wendé-n’sô Abdoul Aziz WASSONGMA, Mle BUMIGEB 18 213 160, Ingénieur des mines.

Représentant du ministère de la Sécurité :
– Monsieur Ferta Bonaventure HIEN, Officier de Police.

Représentant du ministère de l’Economie, des finances et du développement :
– Monsieur Bazouwine Guy Berthin DABIRE, Mle 59 888 H, Inspecteur des impôts.

H. AU TITRE DU MINISTERE DE LA FEMME, DE LA SOLIDARITE NATIONALE, DE LA FAMILLE ET DE L’ACTION HUMANITAIRE
– Monsieur Yamba Maxime COMPAORE, Mle 18 825 P, Inspecteur d’éducation de jeunes enfants, 1ère classe, 12ème échelon, est nommé Inspecteur technique des services.
– Monsieur Abdoulaye OUEDRAOGO, Mle 25 443 W, Administrateur des affaires sociales, 1ère classe, 11ème échelon, est nommé Inspecteur technique des services.
– Monsieur Stéphane Gildas TIENDREBEOGO, Mle 245 228 N, Inspecteur du trésor, 1ère classe, 3ème échelon, est nommé Directeur des finances et de la comptabilité du Fonds national de solidarité.
I. AU TITRE DU MINISTERE DES SPORTS ET DES LOISIRS
– Monsieur Joseph POODA, Mle 46 434 B, Professeur certifié d’éducation physique et sportive, 1ère classe, 6ème échelon, est nommé Secrétaire permanent du Tour du Faso ;
– Monsieur Abraham ZOMA, Mle 35 951 V, Professeur d’éducation physique et sportive, 1ère classe, 7ème échelon, est nommé Directeur du sport de haut niveau.

III.2. NOMINATIONS DANS LES CONSEILS D’ADMINISTRATION

A. MINISTERE DU COMMERCE,
DE L’INDUSTRIE ET DE L’ARTISANAT

Le Conseil a adopté un décret portant nomination des personnes ci-après, Administrateurs au Conseil d’administration de l’Agence burkinabè de normalisation, de la métrologie et de la qualité (ABNORM), pour un premier mandat de trois (03) ans.

Au titre du ministère de l’Agriculture et
des aménagements hydro-agricoles :
– Madame Ella Inocente Monier BOUDANE/TOE, Mle 104 515 J, nutritionniste ;

Au titre de l’Agence burkinabè de normalisation, de la métrologie et de la qualité:
– Monsieur Sibidaogo Wilfrid KIEMA, Mle 200 562 Y, Conseiller des affaires économiques en remplacement de Monsieur Koudnoaga Roger ZOUNGRANA dont il achève le mandat.

B. MINISTERE DE L’URBANISME ET DE L’HABITAT

Le Conseil a adopté un décret portant nomination de Monsieur Joseph Patrice QUENUM, Mle 20 648 P, Conseiller d’administration scolaire et universitaire, Administrateur représentant l’Etat, au titre du ministère de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la cohésion sociale au Conseil d’administration de l’Agence de conseil et de maîtrise d’ouvrage délégué en bâtiment et aménagement urbain (ACOMOD-BURKINA) pour un premier mandat de trois (03) ans.

C. MINISTERE DE LA CULTURE, DES ARTS ET DU TOURISME

Le Conseil adopté un décret portant nomination de Monsieur Hadi Honoré YONLI, Mle 97 521 K, Conseiller des affaires économiques, Administrateur représentant l’Etat au titre du ministère du commerce, de l’industrie et de l’artisanat au Conseil d’administration du Fonds de développement culturel et touristique (FDCT) en remplacement de Madame Abibatou TOE/TONI dont il achève le mandat.

Le Ministre de la Communication et
des Relations avec le Parlement,

Porte-parole du gouvernement,
Rémis Fulgance DANDJINOU
Officier de l’ordre national

Burkina/Japon Pour une consolidation des liens commerciaux

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Le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF), Mahamadi Savadogo, a reçu en audience, le mercredi 27 février 2019 à Ouagadougou, l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Japon, Tamotsu Ikezaki. Les échanges ont porté sur les relations de coopération.

Dans le cadre des relations qu’entretiennent le Burkina Faso avec la République japonaise, le président de la Chambre du commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF), Mahamadi Savadogo, a reçu l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Japon au pays des Hommes intègres, Tamotsu Ikezaki en audience, le mercredi 27 février 2019 à Ouagadougou. Au cours de cette rencontre, trois points ont été abordés, selon le président de la CCI-BF.

Il s’agit notamment du bilan de la visite effectuée en novembre dernier au Japon par le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré et d’une forte délégation des hommes d’affaires. «Cette visite au Japon rentrait dans le cadre de la conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD) et l’ambassadeur est présent aujourd’hui pour que nous puissions faire le point de cette rencontre et éventuellement renouer un second contact», a-t-il expliqué. Le deuxième point a concerné la 7e TICAD, qui se tiendra du 27 au 29 août 2019 au Japon dont des bases ont été posées avec l’hôte pour la participation des hommes d’affaires burkinabè à ce forum. Le développement des activités économiques japonaises et burkinabè a constitué le dernier point abordé au cours de l’audience.

Pour le président Sawadogo, sur le terrain, il y a de grands projets en gestation, notamment dans le domaine du coton. Un point a été fait, a-t-il poursuivi, pour voir l’évolution de cet important investissement. L’ambassadeur Tamotsu Ikezaki a souligné, que le prochain contact sera une occasion pour leur gouvernement d’assister les investisseurs afin de leur permettre d’élargir les horizons. «Le Burkina Faso se trouve dans une position très importante pour le développement économique et social de la sous-région à travers son Plan stratégique (PNDES)», a-t-il dit. Pour ce qui est de la lutte contre le terrorisme, l’ambassadeur a réitéré son soutien total au peuple burkinabè.

Elélé KANTORO

TV5 Monde magnifie les professionnels du 7e art

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TV5 Monde a offert, le mardi 26 février 2019 à Ouagadougou, un cocktail aux passionnés et professionnels du cinéma africain.

Partenaire historique du FESPACO, la chaine TV5 Monde a encore respecté la tradition comme à chaque édition de la biennale du cinéma africain. Elle a convié les cinéastes africains à une soirée d’hommage, le 26 février 2019 à Ouagadougou. Le directeur général de TV5 Monde, Yves Bigot, et son équipe ont témoigné, une fois de plus, leur engagement aux côtés du cinéma africain, à travers la production et la diffusion de films africains, des séries et téléfilms. « Pour ce cinquantenaire du FESPACO, nous avons deux prix pour le scénario. Nous accompagnons financièrement aussi ceux qui œuvrent pour la vie et le développement du cinéma africain », a-t-il soutenu. C’est le cas de ‘’Les BoboDiouf le retour’’ du réalisateur Patrick Martinet, auquel TV5 Monde a apporté son appui financier. Le ministre en charge de la culture, Abdoul Karim Sango, a exprimé toute sa gratitude à cette chaîne et a interpellé son collègue de la Communication burkinabè de s’atteler à promouvoir les programmes africains sur les chaines de télévisions nationales.

Le directeur général de l’Institut supérieur de l’image et du son (l’ISIS), Soulémane Ouédraogo, a pour sa part noté que TV5 Monde accompagne l’ISIS à chaque édition du FESPACO, afin qu’il ait une immersion à la fois pédagogique et professionnelle. Il a annoncé le lancement à partir du FESPACO 2021, le prix du cinéaste Idrissa Ouédraogo, avec le soutien de TV5 Monde. Pour lui, l’esprit du prix, c’est de continuer à perpétuer la mémoire du Maestro. Il a ajouté que le prix sera accordé à un ‘‘long ‘’métrage’’, retenu dans les différentes sections du festival et qui reflétera au mieux, les attentes de la jeunesse africaine. « Il sera porté par un jury de sept membres, de sept écoles de formations différentes. Le chiffre 7 est une manière de garder la symbolique du 7e art et nous souhaitons que l’un des étudiants puisse brandir avec fierté, l’Etalon d’or de Yennenga», a-t-il signifié.

Afsétou SAWADOGO

Coopération médias africains et chinois: Le 6e programme de formation lancé

La cérémonie officielle marquant  le début du 6eprogramme de formation de journalistes africains et d’Asie-Pacifique est intervenue le mercredi 27 février 2019, à Pékin, la capitale de la république  populaire de Chine. L’initiative est de l’Association publique de la diplomatie chinoise  (CPDA) en collaboration avec le Centre international chinois de presse et de communication (CIPCC).

Les médias sont des ponts qui permettent aux peuples de différents pays de mieux se comprendre et se connaitre davantage. C’est convaincu de cette réalité que la  république  populaire de Chine (RPC) a initié un programme de formation de journalistes africains depuis 2014 à travers le Centre de Presse Chine Afrique (CAPC) et celui de presse Chine Asie-Pacifique (CAPCC) avec le soutien de l’Association publique de la diplomatie chinoise  (CPDA). La cérémonie de lancement du 6e programme a eu lieu dans la matinée du mercredi 27 février 2019, à Pékin, en présence d’autroités chinoises et de diplomates africains et asiatiques.  Ce sont 34 hommes de médias africains et 16 de leurs confrères d’Asie-Pacifique qui prennent part cette formation au cours de l’année 2019. Durant dix mois, ils vont davantage découvrir l’empire du milieu dans sa diplomatie, sa politique intérieure, le fonctionnement de ses médias, de ses institutions et les multiples facettes de la culture chinoise. A l’occasion, ils vont couvrir des événements majeurs comme les activités inhérentes au 70e anniversaire de la naissance de la Chine nouvelle et le 2e  forum sur l’initiative  « la ceinture et la route » qui porte, entre autres, sur la réalisation d’infrastructures et les opportunités d’investissement en Chine et en Afrique. Le vice-président de du CPDA, Hu Zhengyue, qui pilote l’initiative  avec le Centre international chinois de presse et de communication (CIPCC) a souligné la nécessité pour son pays et les Etats africains de mieux asseoir une coopération pratique en s’appuyant sur les médias. « La Chine et les pays africains sont tous des Etats en voie de développement. Nous avons toujours  été des  frères et des partenaires  qui se soutiennent dans toutes sortes d’épreuves. Nous avons un destin commun de partage et un important pouvoir d’œuvrer au développement du monde dans un esprit de justice », a-t- il déclaré.

Le vice-président du CPDA, Hu Zhengyue aux journalistes : « Vous irez aussi à la découverte de la Chine dans ses différentes provinces »

Pour le vice-président du CPDA, les cœurs sont connectés et les médias doivent contribuer à tisser les passerelles d’une coopération fructueuse entre la Chine et le continent africain. « Vous avez une grande responsabilité d’informer et de faciliter une meilleure compréhension des échanges entre les peuples de vos pays et ceux d’autres nations. Durant votre séjour en Chine, utilisez vos stylos et vos caméras pour enregistrer ce que vous entendez  et voyez  pour rendre compte de façon objective de la réalité », a lancé Hu Zhengyue, à l’endroit des participants.

Une photographie intégrale de la Chine

Aux dires du directeur du CIPCC, Yu Lei, qui coiffe le CAPC et le CAPCC, ce programme  vise à donner une photographie intégrale de la Chine aux journalistes africains.  Il s’agit, a-t-il confié, de montrer comment ce pays pauvre a lutté pour se hisser au rang de la deuxième puissance économique du monde. Et  de préciser  que le système politique de la Chine mérite d’être connu d’autant plus que  notre pays organise chaque année des événements d’envergure internationale. « L’objectif principal de ce programme est de promouvoir une coopération pratique entre les  médias africains et chinois. Nous voulons aider les journalistes africains à venir en Chine pour renforcer leurs acquis professionnels et découvrir le pays dans tous les domaines afin d’en avoir une image plus complète et plus compréhensive », a souligné le directeur du CIPCC. A entendre M. Yu Lei, les hommes de médias doivent être des témoins privilégiés de la réalité chinoise pour déconstruire les différents préjugés entretenus sur ce pays. Les représentants des deux promotions ont traduit leur gratitude aux autorités chinoises pour l’opportunité qui leur a été offerte d’élargir l’horizon de leurs connaissances sur la Chine et de leur métier. Au nom de leurs de leurs confrères, ils ont promis de donner le meilleur d’eux-mêmes durant leur séjour de dix mois.

Le  programme d’échanges entre médias débuté en 2014 entre la Chine et les pays africains a déjà permis jusqu’en 2018 à 187 journalistes de séjourner dans l’empire du milieu. Il s’est étendu par la suite à l’Asie-Pacifique et à l’Amérique latine. Selon le directeur du CIPCC, Yu Lei, il va être pérennisé afin de permettre aux pays en voie de développement de se mieux connaitre pour bâtir un avenir partagé.

Karim  BADOLO

(Depuis Pékin, en Chine)

Lutte contre l’insécurité : l’Allemagne promet 30 milliards F CFA

Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a reçu le mardi 26 février 2019 à Kosyam, le ministre des Affaires étrangères de la République fédérale d’Allemagne, Heiko Mass.

La visite d’amitié et de travail effectuée par le président du Faso la semaine dernière à Berlin, en Allemagne, a donné un coup d’accélérateur à la coopération entre les deux pays. Une délégation conduite par le ministre des Affaires étrangères de la République fédérale d’Allemagne, Heiko Mass, était hier 26 février 2019 au palais de Kosyam. Après des échanges à huis clos avec le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, président en exercice du G5 Sahel, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Alpha Barry et son homologue allemand ont animé un point de presse. Le patron de la diplomatie burkinabè a indiqué que les échanges ont porté sur le renforcement de la coopération bilatérale entre l’Allemagne et le Burkina Faso avec à la clé des «promesses fermes». «Le partenaire allemand a annoncé un appui financier de plus de 40 millions d’euros au Burkina Faso en 2019 destinés à financer la lutte contre l’insécurité et le grand banditisme dans les zones frontalières», a-t-il précisé.

Un mandat onusien pour le G5 Sahel

Selon le ministre Barry, les terroristes qui opèrent dans la région du Sahel passent facilement d’un Etat à un autre, lorsque des actions militaires sont lancées à leur encontre. De son avis, ce soutien de l’Allemagne aidera le Burkina Faso à lutter contre l’infiltration des assaillants dans les zones frontalières. Les échanges entre le chef de l’Etat burkinabè et l’émissaire allemand, a confié Alpha Barry, ont également porté sur la situation sécuritaire générale préoccupante dans la région du Sahel. «Nous avons discuté de l’opérationnalisation de la force conjointe du G5-Sahel ainsi que des projets de développement à mettre en œuvre pour soutenir l’action militaire», a-t-il fait savoir.
Considérée comme l’un des partenaires de premier plan dans le financement de cette force du G5 Sahel, Berlin a été sollicitée par les autorités burkinabè qui ont saisi l’occasion pour réitérer leur souhait de voir évoluer le statut de cette force conjointe. «Nous avons demandé à notre partenaire qui siège au Conseil de sécurité de l’ONU de faire le plaidoyer auprès des autres Etats membres afin de les convaincre à accorder à la force du G5 Sahel, un mandat de l’organisation mondiale. Avec le chapitre n°7 de la Charte de l’ONU, cette force aura plus de légitimité et de moyens financiers nécessaires à son opérationnalisation intégrale», foi de M. Barry.

A la suite de ce dernier, le ministre allemand Heiko Mass a d’abord remercié le chef de l’Etat pour l’accueil chaleureux qui lui été réservé depuis son arrivée à Ouagadougou. Pour lui, l’Allemagne et le Burkina entretiennent des liens d’amitié et de coopération de longue date et les deux gouvernements se sont engagés à les dynamiser depuis le changement de régime en novembre 2015. «Nous avons réaffirmé la disponibilité de l’Allemagne à soutenir le pays des Hommes intègres en vue de l’aider à faire face à la situation sécuritaire préoccupante avec la multiplication des attaques terroristes depuis ces derniers temps. Le Burkina Faso peut jouer un rôle important dans la stabilisation de la sous-région et nous allons apporter une aide financière de 46 millions d’euros, soit plus de 30 milliards F CFA, destinés à renforcer les capacités des Forces de défense et de sécurité (FDS)», a-t-il déclaré.

Les journalistes ont soulevé des préoccupations liées à l’actualité. Quelles sont les dispositions prises par le gouvernement burkinabè pour que des civils innocents ne soient touchés lors des opérations militaires ? Le ministre Barry n’a pas fait dans la langue de bois : «Dans la mise en place de la force du G5 Sahel, il est prévu une composante police chargée du volet judiciaire de toute action qu’on pourrait entreprendre à la suite d’une intervention des troupes dans une zone. Nous bénéficions de l’appui de nos partenaires européens pour le renforcement des capacités des hommes dans ce sens».
Et d’ajouter que la force opère dans le respect des droits humains et humanitaires dans les zones d’intervention.

Beyon Romain NEBIE
nbeyonromain@yahoo.fr

Lutte contre l’insécurité : l’Union européenne propose une approche plus intégrée

Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a reçu en audience, le lundi 25 février 2019, le directeur général de la coopération internationale et du développement de l’Union européenne, Stefano Manservisi.

L’Union européenne (UE) entend aider le Burkina Faso à mieux juguler ses défis sécuritaires. A cet effet, le directeur général de la coopération internationale et du développement de l’Union, Stefano Manservisi, a été reçu par le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, le lundi 25 février 2019. Pour lui, les échanges se sont attardés sur la situation sécuritaire actuelle du pays des Hommes intègres.

«Nous avons échangé sur la façon dont nous devons agir ensemble en définissant une approche plus intégrée entre intervention sécuritaire de court terme, la réforme du secteur de la sécurité et les interventions de développement», a détaillé le directeur général de la coopération internationale et du développement de l’UE. A l’entendre, les discussions ont permis de convenir d’œuvrer de sorte à disposer d’une cartographie des endroits de vulnérabilité dans lesquels l’UE pourrait soutenir les actions du gouvernement burkinabè à travers une feuille de route arrêtée de commun accord. Cela, a-t-il poursuivi, «pour être plus rapidement sur les théâtres des attaques et être plus à mesure de montrer la présence de l’Etat aux citoyens à travers les forces de sécurité, les actions de développement, la réouverture immédiate des écoles, des hôpitaux …». Pour ce faire, l’UE s’est engagée à trouver des moyens additionnels, a précisé M. Manservisi. Les échanges avec le président du Faso ont en outre porté sur la présidence du G5 Sahel, assurée en 2019 par le Burkina Faso. «Le témoignage de l’expérience du pays des Hommes intègres dans la lutte contre le terrorisme est fondamental pour orienter de manière efficace et complémentaire les actions du G5 Sahel», a-t-il fait savoir.

Et d’ajouter que cette expérience devra permettre, lors de la réunion ministérielle de juin et juillet 2019 à Ouagadougou, de mieux cibler la valeur ajoutée du G5 Sahel, ses forces, ses équipements et sa manière de travailler en connexion entre les cinq pays. Le directeur général de la coopération internationale et du développement de l’Union européenne a également annoncé pour le vendredi 1er mars, une rencontre avec le secrétaire exécutif du G5 Sahel, les chefs d’Etat-major de la Force, les ministres et autorités concernés pour trouver une meilleure cohérence dans les actions sur le terrain.

Jean-Marie TOE

Films en compétition : le public découvre «Desrances»  de Apolline Traoré

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Le film long métrage  «Desrances»  d’une durée de 1 h 45 mn en français, de la réalisatrice burkinabè, Apolline Traoré, a été suivi par le public, au ciné Neerwaya, le mardi 26 février 2019.

La salle obscure du ciné Neerwaya a été illuminée par le film  «Desrances»  de la réalisatrice burkinabè, Apolline Traoré, projeté à l’écran, le mardi 26 février 2019. Dans ce long métrage de 1h 45 mn en français en compétition pour l’Etalon d’or de Yennenga, Francis, 45 ans, quitte Haïti, il y a dix ans à la suite du décès de ses parents pour cause de guerre. Il est aujourd’hui en Côte d’Ivoire à Abidjan avec sa femme Aïssey et sa fille Haïla de 12 ans. Il attend avec impatience un héritier, dernier descendant de la famille Desrances. Pour Francis, c’est capital d’avoir un fils. Sa joie s’estompe aussitôt. Alors qu’Aïssey est sur le point d’accoucher, éclate en 2011, une guerre civile plongeant Abidjan dans le feu et le sang. Dans le tumulte de la guerre, Francis remarque que son fils nouveau-né et sa femme ont disparu. Il part à leur recherche accompagné de sa fille Haïla déterminée et courageuse, malgré qu’il ne veuille pas de sa compagnie.

Au fur et à mesure de leur itinéraire, Francis découvre le courage inébranlable de sa fille Haïla qui lui a promis d’être la digne héritière de la famille Desrances.
Pour l’acteur principal du film, Francis Desrances, de son vrai nom Jean-Louis Jimmy, étant à Hollywood, ce film lui permet d’incarner les réalités africaines.

Le directeur de la photographie du film, Ali Lakrouf, a émis le vœu que l’œuvre soit la meilleure. La cinéphile Magdalena Podsiadly, a, pour sa part, suivi la projection avec intérêt. «C’est une belle histoire d’une fille brave qui lutte pour l’amour de son papa», a-t-elle expliqué.

Boukary BONKOUNGOU

Procès du putsch : des «irrégularités» dans la déposition de l’ex-CEMGA

A l’audition de l’ex-Chef d’état-major général des armées (CEMGA), Pingrenoma Zagré, ce mardi 26 février 2019 au tribunal militaire dans le cadre du putsch manqué de 2015, les avocats de la défense ont constaté des «irrégularités» dans sa déposition.

Le feuilleton des témoignages du procès du putsch manqué de 2015 s’est poursuivi ce 26 février 2019 au tribunal militaire. Toujours à la barre, c’est l’épisode du témoin, l’ex-Chef d’état-major général des armées (CEMGA), Pingrenoma Zagré, qui est «diffusé». Les avocats de la défense ont observé des irrégularités dans sa déposition avec celles de l’ex-DG de la police, Lazare Tarpaga et de l’ancien président de l’ARCEP, Mathurin Bako. Selon Me Latif Dabo, le témoin a affirmé avoir reçu M. Tarpaga non pas sur convocation mais sur initiative personnelle. Pourtant, ce dernier a affirmé à la barre que le général Diendéré l’aurait appelé cinq fois de suite alors que celui-ci était au ministère de la Défense. Mieux, M. Bako, lui, a attesté que c’est le colonel Mahamadi Déka qui l’aurait appelé et lui aurait passé le général aux environs de 19h30. «Curieusement, aucun des témoins n’a confirmé la présence du colonel à la rencontre du 16 septembre 2015», a souligné l’avocat. L’autre fait marquant est l’attitude du témoin. A son premier jour d’audition, le vendredi 22 février 2019, il a déclaré et insisté avoir présidé la réunion du 17 septembre 2015 sans être interrogé sur la question. Cela démontre qu’il a pris connaissance de toutes les déclarations. Il serait donc venu avec des déclarations préparées pour battre en brèche les propos de l’accusé. «Or il est recommandé à chaque témoin de ne prendre connaissance des déclarations des accusés que quand il est à la barre. Nous considérons donc qu’il y a eu des divergences entre les autres témoignages», a fait observer M. Dabo. Et Me Olivier Yelkouni de poursuivre que l’ex-CEMGA serait venu juste pour une formalité. Pour lui, si la hiérarchie a marqué un refus catégorique au coup de force, alors, pourquoi le témoin ne l’a pas réaffirmé devant la troupe à la rencontre de médiation ?

A cette question de Me Yelkouni, l’ambassadeur du Burkina Faso à Accra a expliqué que les soldats lui auraient manqué du respect. «De mon rang de CEMGA, ils me doivent du respect. Malheureusement, j’ai constaté un manque de respect. C’est pourquoi, j’ai préféré ne pas m’exprimer. Mon objectif était la libération des otages, chose qui fut faite», a-t-il laissé entendre. «Alors, pourquoi avoir autorisé la mission héliportée ?», a demandé l’avocat. «Je n’étais pas au courant et je n’ai jamais donné d’ordre pour cette mission. Nous n’avions fait aucune demande de matériel de maintien d’ordre», a répondu l’ex-CEMGA. Pour l’avocat, si l’armée avait refusé le putsch, l’ex-CEMGA ne se serait pas rendu à l’aéroport pour accueillir les chefs d’Etat de la CEDEAO, le 18 septembre 2015. Mais le témoin ne cautionne pas cette version. Il aurait reçu des appels de ses collègues du Togo et du Bénin, annonçant l’arrivée des chefs d’Etat et par devoir de leur rendre des honneurs, il se serait rendu à l’aéroport.

Position confuse de l’armée

Me Idrissa Badini, lui, a fait remarquer que c’est parce que le refus n’a vraiment pas été clair. Sinon, a-t-il dit, si toute l’armée était informée de la stratégie du haut commandement, il n’y aurait pas eu l’arrivée d’autres garnisons dans la capitale. C’est d’ailleurs cette action qui a motivé le bombardement du camp Naaba Koom II, le 29 septembre 2015. Tout porte à croire, selon lui, que la hiérarchie n’était pas catégorique, sinon comment se fait-il qu’un communiqué instaurant le couvre-feu ait été signé par le CEMGA. A ce sujet, M. Zagré a rétorqué n’avoir jamais signé de communiqué. «Pourtant, le témoin Stephane Sessouma, un militaire, atteste avoir appris par voie de communiqué l’instauration du couvre-feu et tout refus de patrouiller était assimilé à une rébellion. Cet ordre émanait du CEMGA», a renchéri Me Yelkouni. Mais le témoin est resté ferme. Il a dit n’avoir pas souvenance de ce communiqué. «C’est de la fiction, il ne relève pas de moi », a-t-il contesté. L’interrogeant sur la question de l’arrestation du général, l’ambassadeur a confié qu’une arrestation était risquée et c’est pour éviter de porter atteinte à la vie des autorités séquestrées que cela n’a pas été fait. N’est-ce pas une question de rapport de force?, s’est interrogé l’avocat. « C’est votre appréciation, le tribunal appréciera», a répliqué le témoin.

Cependant à la suite de l’audition de l’ex-CEMGA et bien d’autres témoins, Me Mireille Bary a mentionné qu’il y a des éléments probants à décharge pour ses clients, le général Djibril Ypènè Bassolé, le colonel-major Boureima Kiéré, le capitaine Abdoulaye Dao et le commandant Abdoul Aziz Korogo. Car, selon elle, Kiéré n’a pu faire pression pour la mission de recherche de matériel de maintien d’ordre, Dao n’a pas été à la tête du commando qui a arrêté les autorités, car il était à Banfora et Korogo, lui a œuvré à éviter le pire comme l’a confirmé le témoin. Pour ces faits, elle a demandé au tribunal d’en tenir compte quand viendra le moment du verdict. A la suite de l’ambassadeur du Burkina au Ghana, c’est un autre diplomate, basé au Caire en Egypte, qui a livré son témoignage. Le colonel-major Alassane Moné, SG du ministère de la Défense au moment des faits, a dit avoir reçu un appel du général Diendéré, le 16 septembre 2015, aux environs de 14h30. Le contenu des échanges est précis et bref : «Nous venons de faire mouvement sur Kosyam. Le président Kafando et le Premier ministre Zida ont été mis aux arrêts. Je demande une réunion de la CRAD à 16 heures au ministère de la Défense». Au cours de ladite rencontre, Diendéré a donné les motivations du coup de force. Mais l’assistance regrette son acte et exprime «unanimement et clairement (…) son refus catégorique». Le général a alors demandé à consulter sa base au camp Naaba Koom II, qui a refusé d’abdiquer. Pour lui, l’armée s’est opposée aux putschistes, parce qu’un coup d’Etat ne fait pas partie de ses missions régaliennes.
Aussi, elle a été mise devant le fait accompli. L’audition du témoin continue ce mercredi matin.

Fleur BIRBA
Djakaridia SIRIBIE