Moustiques OGM : «Le Burkina Faso a tous les garde-fous», Roger Nébié, délégué général du CNRST

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Directeur de recherche en chimie organique, Roger Nébié est le délégué général du Centre national de la recherche scientifique et technologique (CNRST) depuis 2014. Il évoque dans cette grande interview accordée à Sidwaya, courant février 2019, les acquis engrangés, les questions liées au coton OGM, le projet Target Malaria et bien d’autres aspects relatifs à son institution.

Sidwaya (S.) : Présentez-nous le CNRST ?

Les activités de recherche ont démarré dans les années 1920 au Burkina.(Ex-Haute-Volta)

Roger Nébié (R.N) : Pour présenter le CNRST, il faut refaire l’historique. Les activités de recherche au Burkina Faso, ex-Haute-Volta ont démarré depuis les années 1920. Il y a eu d’abord la création de la station de Saria vers Koudougou en 1923, ensuite celle de Niangoloko et après Banfora en 1948 par les colons français à l’époque. Dans ces stations, on faisait des recherches adaptées sur certaines cultures, notamment les céréales traditionnelles à Saria et les oléo- protéagineux comme l’arachide, le soja, etc. Il y a eu ensuite la création en 1949, de la section Haute-Volta de l’Institut français d’Afrique noire où se menaient des recherches dans les sciences humaines et sociales. A la longue, cela a évolué pour donner naissance au Centre voltaïque de la recherche scientifique (CVRS) en 1965. Après, il y a eu une réorganisation pour donner le CNRST en 1978. Depuis 2002, le centre a le statut d’Etablissement public à caractère scientifique, culturel et technologique. Outre la délégation générale, structure dirigeante et de coordination située en face de l’Hôpital Yalgado-Ouédraogo à Ouagadougou, les recherches se déroulent dans quatre instituts. Il y a d’abord l’Institut de l’environnement et de recherche agricole (INERA) qui intervient dans le domaine agricole et les productions forestières et l’Institut de recherche en sciences de la santé (IRSS). Comme son nom l’indique, cette structure travaille beaucoup dans les domaines de la santé publique, la médecine traditionnelle et la pharmacopée. Il y a également l’Institut des sciences des sociétés (INSS) qui traite des sciences humaines et sociales, de l’anthropologie, la sociologie, le droit, etc. Enfin, il y a l’Institut de recherche en sciences appliquées et technologies (IRSAT) dont je relève. Il travaille dans les domaines de l’énergie, la mécanisation, la technologie alimentaire, les substances naturelles … Aujourd’hui, nous avons 1016 agents. Le centre est présent dans 19 localités, surtout l’INERA qui est très décentralisé. Nous avons près de 47 programmes de recherche et plusieurs laboratoires. A Ouagadougou, il y a le siège des quatre instituts et la délégation générale. L’IRSS et l’IRSAT ont deux sites.

S. : A ce jour, quels sont les principaux acquis de votre structure ?

R.N : Si nous devons tout énumérer, nous allons passer des heures. Dans le domaine de la recherche agricole et forestière, plusieurs variétés de cultures pour la production végétale ont été mises au point par l’INERA. Il y a plus de 400 variétés, dont du maïs à haut rendement. Nous faisons actuellement à travers l’Agence nationale de valorisation des résultats de la recherche (ANVAR) et le financement de l’UEMOA, la vulgarisation de ces maïs aussi bien au Burkina Faso que dans les pays-membres de l’Union, notamment le Mali et le Niger, car ce sont des variétés qui peuvent produire jusqu’à huit tonnes à l’hectare. Dans le domaine forestier, il y a le greffage de certains arbres comme le karité, le néré et le baobab pour réduire le cycle de production. Nous avons également mis au point des formules d’aliments pour bétail utilisés pour l’embouche. Au niveau de la recherche en sciences de la santé, nous avons plusieurs acquis, notamment le FACA, un produit mis au point à partir des plantes médicinales locales pour combattre la drépanocytose. Le FACA est commercialisé aussi bien au Burkina Faso que dans plusieurs pays du monde dont l’Afrique centrale, Israël et les Etats-Unis d’Amérique. En décembre passé, lors d’une session de notre conseil scientifique, les membres ont recommandé au CNRST de trouver une solution pour produire et mettre à la disposition des malades un produit comme le FACA. En dehors de cela, l’IRSS a près de six autres formulations qui sont en attente de validation clinique, car dans le domaine de la santé humaine et même animale, lorsque vous mettez au point une formulation, il faut tout un itinéraire d’essais. Vous faites des essais sur des candidats et on évalue un certain nombre de données qu’on collecte à travers des rapports. C’est à la suite de cela que le produit est autorisé ou pas par le comité d’éthique. Malheureusement, les contraintes de financements posent souvent problème pour conduire ces essais cliniques. L’IRSAT a également de nombreux résultats. On peut citer par exemple les différentes formes de biscuit mis au point à partir des céréales, des patates et des ignames locales. Il y a aussi les techniques de conservation des aliments, et celles de transformation. On montre comment on conserve l’oignon de même que la tomate. Nous formons également différents acteurs, dont des femmes par exemple, pour la production du beurre de karité à partir d’un recensement de techniques qui existent au niveau local. L’IRSAT a le premier laboratoire qui a été accrédité au niveau du Burkina Faso en matière d’analyse pour accompagner les exportateurs de denrées alimentaires. C’est un outil qui est à la disposition des exportateurs. C’est un laboratoire certifié. Une fois que les analyses sont faites, elles permettent de certifier de la bonne ou mauvaise qualité des produits. Les résultats de nos analyses ne sont pas contestés dans les laboratoires européens. Ce laboratoire a une filiale à Bobo-Dioulasso. Au niveau de l’INSS, il n’y a pas mal d’acquis. La carte linguistique du Burkina Faso a été élaborée. Elle matérialise tous les groupes sociaux linguistiques du pays. C’est un outil formidable que le ministère en charge de l’éducation peut utiliser s’il veut utiliser les langues nationales dans l’enseignement. Toujours à l’INSS, il y a des archives audiovisuelles des années 1920 à aujourd’hui qui peuvent être consultées par les chercheurs, les historiens. Cela est inédit. Il y a aussi de nombreuses productions littéraires sur l’histoire du royaume de Ouagadougou, de Boussouma, etc. Il y a donc de nombreux acquis engrangés par les instituts du CNRST.

S. : : La plupart de ces résultats sont méconnus du grand public. Qu’est-ce qui explique cela ?

R.N. : On nous fait souvent ce reproche. Pour remédier à cette situation et lever toutes ces contraintes, afin de permettre une meilleure connaissance du CNRST et de ses résultats, nous avons maintenant un chargé de communication. En plus, nous avons démarré en 2016, des journées portes ouvertes. La première édition s’est tenue au siège du CNRST à Ouagadougou. La deuxième en 2017 a eu lieu à Bobo-Dioulasso à la direction régionale de l’IRSS. En 2018, la troisième édition a eu lieu à Ouagadougou à l’IRSS sous le thème «La contribution de la recherche scientifique au CNRST pour l’atteinte des Objectifs de développement durable». L’objectif est de faire découvrir tous nos résultats, nos experts et les instituts, car beaucoup de gens pensent que le CNRST se limite à son siège sis en face de l’hôpital Yalgado-Ouédraogo.

S. : Outre l’insuffisance de la communication, il est reproché au CNRST de ne pas suffisamment impliquer les jeunes dans la recherche. Que pouvez-vous dire sur le sujet ?

R.N. : Lorsqu’en janvier 2011, il a été créé le ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation dont dépendait le CNRST, une étude a été menée pour évaluer le potentiel au niveau du centre. Les chiffres étaient alarmants. La communauté des chercheurs était très vieille et il fallait la renouveler. Mais ce qui a occasionné le vieillissement de la communauté des chercheurs n’est pas seulement inhérent au CNRST, mais également au système universitaire. Pendant longtemps, à cause des Programmes d’ajustement structurels (PAS), il n’était plus permis de recruter des chercheurs ou des enseignants- chercheurs. Par contre, les recrutements étaient autorisés au primaire et au postprimaire. Il se disait que l’enseignement supérieur et la recherche étaient des luxes pour les pays pauvres comme le Burkina Faso. Aujourd’hui, les autorités ont pris conscience que la recherche est nécessaire comme socle de développement. D’ailleurs, le Plan national de développement économique et social (PNDES) le dit clairement. Ces derniers temps, on a lancé la construction de lycées scientifiques, l’école polytechnique de Ouagadougou a été créée et il y a la préparation aux grandes écoles. Il faut qu’on revienne forcément à la science, car il faut mieux comprendre les choses, mener des expérimentations et proposer des voies de développement. En 2012, il y a eu un plaidoyer qui a abouti. A partir de 2013, Il y a eu des recrutements. Sur 100 postes ouverts, nous avons pu pourvoir 96. En 2014, 91 chercheurs ont été recrutés, puis 55 l’année suivante. En 2018, 19 chercheurs ont été enrôlés. C’est un processus qui se poursuit. Mais lorsque, les jeunes chercheurs arrivent dans les structures, les défis sont énormes. En effet, le financement de la recherche est l’une des contraintes majeures. Les statistiques montrent que les activités de recherches sont financées essentiellement à partir des réponses des appels à projets auxquelles nos équipes participent. Il y a des appels à projets qui sont faits au niveau national avec le Fonds national pour la recherche, l’innovation et le développement (FONRID) qui n’a démarré qu’en 2012. Mais avant cela, la recherche existait. Nos équipes postulent essentiellement aux appels à projets lancés par un certain nombre de bailleurs de fonds, dont la Fondation Bill et Mélinda Gate, l’Union européenne… Quand ça marche, c’est déjà une équipe constituée. S’il n’y a donc pas la possibilité d’impliquer les nouvelles recrues, c’est difficile. Nous pensions qu’avec l’adoption de la loi d’orientation de la recherche et de la politique nationale de la recherche en 2013, il y allait avoir un changement, car il y a un dispositif qui est prévu pour le financement de la recherche notamment en faisant des prélèvements de 0, 2% des recettes fiscales , des prélèvements sur les recettes liées à la téléphonie, aux mines. Malheureusement, malgré les interpellations, il n’y a toujours pas d’application de ces textes. Si cela était fait, nous aurions au niveau national, un fonds assez conséquent pour financer les activités de recherche et les priorités allaient être mieux identifiées. Si la plupart des activités de recherche sont la réponse à des appels d’offres au niveau international, ce sont les priorités du bailleur qui sont prises en compte, même si elles ne sont pas forcément en phase avec celles de votre pays. Elles ne peuvent pas être modifiées. En outre, si une équipe constitue un consortium avec l’université de Ouagadougou, de Koudougou ou Bobo-Dioulasso et que le projet marche, c’est difficile s’il n’y a pas d’ouverture pour associer d’autres. Quand on recrute, c’est parce qu’on a besoin du personnel, mais parfois l’absence de fonds pour mener les recherches fait qu’on a l’impression que certains ne sont pas impliqués.

S. : Vous avez tantôt parlé du FACA. Ce produit a fait l’objet de polémiques entre des chercheurs. La tempête est-elle passée ?

R.N. : Lorsqu’un produit est mis au point, il y a une procédure pour le mettre sur le marché. Le FACA a une autorisation. Lorsque l’alerte a été faite, le ministère de la Santé a diligenté une investigation. Le rapport montre qu’il n’en était rien. Tous les contrôles ont été faits. S’il y avait un problème, le produit allait être immédiatement retiré. Il n’y a pas de polémique. Le FACA est commercialisé de par le monde. Il permet de résoudre un problème. Maintenant, il faut passer à l’étape industrielle qui n’est malheureusement pas du ressort du CNRST. Il faut donc communiquer sur le produit et voir toutes les stratégies avec le ministère en charge de la recherche scientifique et de l’innovation pour que le FACA soit développé à l’échelle industrielle.

S. : Il y a une autre polémique qui concerne les moustiques OGM à travers le projet Target Malaria. En tant que chercheur, est-ce que vous vous reconnaissez dans les résultats engrangés ?

R.N. : Le projet Target Malaria est exécuté par l’IRSS notamment par la direction régionale de Bobo-Dioulasso. En tant que chercheur, nous travaillons toujours à proposer des solutions par rapport à une problématique donnée. Si nous prenons le problème lié au paludisme, il est majeur. En plus des moustiquaires imprégnées chaque année, des molécules antipaludiques sont développées, mais nous constatons que le paludisme continue de faire des ravages. Pour moi, le projet Target malaria est une investigation en cours avec des pays d’Afrique et d’Europe. C’est pour arriver à proposer une solution à un problème donné. A chaque fois que nous parvenons à un résultat, c’est une solution. Mais tant que ce résultat n’est pas utilisé, ce n’est pas une innovation. En tant que scientifiques, nous avons l’obligation, le devoir d’investiguer et d’offrir des solutions à un problème donné. Maintenant, il appartient aux autorités d’autoriser telle solution ou pas. Actuellement, nous sommes aux phases de laboratoires, d’investigation pour déterminer tous les paramètres du moustique avec un gène modifié, la dynamique de la population. Par rapport à Target malaria, le Burkina a tout le dispositif juridique, les garde-fous nécessaires pour veiller aux problèmes. A chaque étape, il faut aller à l’Agence nationale de biosécurité exposer le problème. Le comité d’experts évalue le risque. S’il est élevé, il ne va jamais l’autoriser. Il est obligatoire de passer par cette agence pour tout ce qui concerne les OGM. En tant que chercheur, nous n’excluons rien. Nous faisons toujours les expérimentations en respectant les garde-fous, les codes d’éthiques en la matière. Quand nous atteignons un résultat, nous nous référons toujours à notre hiérarchie. Maintenant que ce résultat soit utilisé ou pas, dépend d’une décision politique. Lorsque le Burkina Faso a décidé il y a quelques années d’aller dans la culture du coton BT, c’était une décision politique.

S. : Certains y voient un danger malgré les assurances des instituts de recherches. Les moustiques OGM présentent-ils des dangers ou non pour la santé humaine ?

R.N. : Cette question est valable pour tout ce que nous faisons. Elle équivaut à demander si avaler des médicaments n’a pas de conséquences. Bien sûr qu’il y en a. Nous sommes à une phase d’expérimentation et c’est un milieu contrôlé. Pour couper court à la polémique, il faut souligner que ce sont des moustiques mâles qui sont concernés, or ces derniers ne piquent pas l’homme.
On nous enseigne depuis l’école primaire que ce sont les moustiques femelles qui piquent et transmettent la malaria. Qu’à cela ne tienne, tout sera vérifié. A la fin, en fonction des différents rapports d’étape qui seront faits, nous nous retournerons vers l’Agence nationale de biosécurité pour voir si nous avançons ou arrêtons le processus. Pour l’instant, c’est une démarche purement scientifique.
S. : Certains paysans réclament le retour du coton BT. En tant que scientifique, pensez-vous que c’est la solution ?

R.N. : Tout dépend des contraintes observées sur le terrain qui font que des agriculteurs réclament le retour du coton génétiquement modifié. L’Association interprofessionnelle du coton du Burkina (AICB) est en concertation avec l’INERA qui a un programme coton. Des discussions sont en cours sur tous les problèmes de la filière coton et des propositions à faire pour avancer. Toutes les filières ont des contraintes qui peuvent être liées à la qualité des semences, des intrants agricoles et à la nature du sol. A un moment donné, l’AICB avait discuté avec Mossanto, le partenaire principal et ils ont décidé d’arrêter la production du coton génétiquement modifié, car il y avait des raisons vérifiables qui montraient que cette voie n’était pas suffisamment rentable sur le plan commercial. Mais pour revenir à ce qui avait été abandonné, il y a un préalable parce qu’il faut bien maîtriser à 100% la technologie au niveau national. Avant, on dépendait d’un organisme de recherche étranger qui fournissait les semences intro graissées pour la production. Il faut en plus que ce soit une décision collégiale.

S. : Mais en tant que scientifique pensez-vous que le coton BT est la meilleure option pour la filière ?

R.N. : J’ai eu l’occasion de visiter des champs de coton en Inde et au Brésil. Il y a des gens qui font du coton biologique et d’autres du coton génétiquement modifié. Au Burkina Faso, l’avantage de la culture du coton BT est qu’il réduisait le nombre de traitements. Malheureusement à un moment donné, l’interprofession a signalé, à celui qui avait intro graissée le gène BT dans des variétés mises au point par l’INERA, qu’il y avait un raccourcissement de la fibre. Cela ne permettait donc pas d’avoir les revenus escomptés.
Le problème pouvait être résolu par la recherche, malheureusement, les deux parties ne se sont pas entendues. En outre, les conditions juridiques ne le permettaient pas puisque celui avec qui nous avions la copropriété ne l’a pas autorisé. En tant que scientifique, toutes les options sont à considérer. Il y a une usine d’égrenage de coton biologique en construction, c’est une bonne chose. Ainsi, certains produiront le bio tandis que d’autres feront autre chose. Je n’ai rien contre le coton génétiquement modifié, mais il faut qu’on maîtrise tous les contours, avoir le plateau technique adéquat, qu’on puisse faire toutes les expérimentations correctement. Là, nous offrons une solution à nos autorités. Aujourd’hui, c’est sûr qu’on ne saurait se satisfaire d’une seule solution, étant donné que les contraintes sont multiples et diverses. Il faut toujours avoir une flèche dans son carquois à égrener en cas de problème.

S. : Lors de la dernière campagne, des producteurs avaient dénoncé la qualité des engrais et des pesticides. Est-ce que le CNRST s’était saisi du problème  et quel est votre point de vue sur le sujet ?

R.N. : Nous avons appris le problème à travers la presse et des partenaires. Lorsque les commandes d’engrais sont faites, les contrôles ne sont pas exécutés par le CNRST, mais par d’autres organismes. Le CNRST ne peut donc pas se prononcer sur la question, parce qu’il n’a pas été chargé des analyses de qualité. Toutefois, le rendement n’est pas exclusivement lié aux fertilisants. Il y a d’autres facteurs à prendre en compte.

S. : Actuellement, 90% du financement de la recherche sont assurés par l’Etat burkinabè et quelques partenaires extérieurs. Ne voyez-vous pas le risque que le CNRST disparaisse au cas où l’Etat viendrait à réduire drastiquement le financement?

R.N. : La part du financement de l’Etat dans le budget global du CNRST est passée de 30% à 40% en 2016 et plus de 60% en 2017. Ce financement est essentiellement utilisé pour les investissements, les infrastructures, les salaires des agents et le fonctionnement. Il ne suffit pas pour régler toutes les dépenses incompressibles. Le financement des activités de recherche se fait essentiellement à partir des appels à projets extérieurs et ceux du FONRID. A ce niveau, l’Etat a fait un gros effort l’année passée, il y a eu beaucoup d’appels à projets auxquels les chercheurs ont participé. En affichant la recherche comme un objectif stratégique à travers le PNDES, il n’y a pas de risque que l’Etat arrête de financer la recherche demain. C’est un outil de souveraineté. Ce que nous souhaitons, c’est que les fonds alloués au FONRID soient de plus en plus augmentés.

S. : Selon vous, pourquoi le secteur privé n’est pas suffisamment impliqué dans la recherche au Burkina Faso ?
R.N. : Nous avons constaté que la participation du secteur privé n’était pas à la hauteur. Cela s’explique par le fait que nous ne nous ouvrons pas assez. Le dernier Forum national de la recherche scientifique et des innovations technologiques (FRSIT) tenu en 2018 a recommandé l’organisation régulière de cadres de concertation avec le secteur privé. Nous nous y attelons à travers nos journées portes ouvertes, des sessions sur des thématiques qui intéressent les opérateurs économiques en association avec la Chambre de commerce et la maison de l’Entreprise.
Car, pour que quelqu’un s’investisse dans quelque chose, il faut qu’il la connaisse. Nous allons donc nous montrer davantage ainsi que les possibilités que nous offrons. Mais déjà, il y a des privés qui investissent dans l’innovation. Un autre problème est que le tissu industriel n’est pas développé au Burkina Faso. C’est en cela, nous saluons la création de technopôles prévue dans le programme présidentiel. Cela permettra d’améliorer la situation. Les résultats de la recherche pourront ainsi valoriser au niveau industriel.

S. : Quel intérêt une banque ou une structure privée a-t-elle à financer la recherche ?

R.N. : L’autorité politique peut leur accorder des facilités. On peut par exemple accorder des allègements fiscaux à ceux qui financent la recherche.
Un opérateur nous a dit que s’il finance la recherche à hauteur de 10 000 000 F CFA par exemple et qu’il n’y a pas de retour, il aura des problèmes lors de la conférence des actionnaires, car c’est la recherche du profit.
L’opérateur économique qui évolue dans un domaine donné peut avoir des contraintes. Il y a quelques années par exemple, l’IRSAT a fait l’audit énergétique d’une unité industrielle de la place.
Elle lui a montré à travers un rapport, comment baisser sa facture d’électricité. En finançant donc l’audit, la société gagne sur le long terme. Avec la transformation des produits locaux, une brasserie de la place peut demander de produire un jus à partir d’un produit donné comme le létharium ou Kaga en mooré. Le résultat de cette recherche appartient en ce moment à la brasserie. Le privé peut donc financer des recherches par rapport à une contrainte qu’il rencontre et disposer des résultats.

Paténéma Oumar OUEDRAOGO
Eliane SOME

On murmure : Mystérieux incendies à Koubouté

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Mystérieux incendies à Koubouté
C’est une situation quelque peu mystérieuse qui a été racontée à Kantigui. Les faits se passent à Koubouté, dans la commune de Ziou à 60 kilomètres à l’Est de Pô. De ce qui a été rapporté à Kantigui, depuis le samedi 23 février dernier, un incendie «bizarre» s’est déclenché dans la concession de la famille Ouéna dans ledit village. Pour qui connaît les concessions, elles sont formées de plusieurs ménages. Selon la source de Kantigui, l’incendie qui a démarré dans un premier ménage a été maîtrisé. «Deux heures après, il a pris un autre ménage et a été éteint. 1h30 après, le feu a encore pris un autre ménage et a été maîtrisé. Pour éviter la contagion, les bagages des autres ménages ont été entassés au milieu de la cour. Vers 15 h, le tas de bagages a pris feu», a poursuivi l’interlocuteur de Kantigui. Le lendemain dimanche 24 février, alors que les voisins, parents et amis venaient exprimer à la famille Ouéna, leur compassion, le feu s’est déclenché dans un autre ménage de la concession et le lundi 25 février, c’est un manguier de la cour qui a pris feu. Jusque dans la matinée d’hier mardi 26 février, a-t-on dit à Kantigui, le phénomène se poursuit et ne concerne que la seule concession. La situation paraît d’autant plus mystique, a dit l’informateur de Kantigui, qu’il n’y a pas d’électricité dans la concession et que les autres maisons sont à au moins 500 mètres de celle concernée. Tous les habitants du village se demandent bien ce qui arrive à la famille Ouéna.

Dédougou : 15 mois de sursis pour le préfet ?
Soupçonnés de détournement d’intrants agricoles et d’animaux de traite et incarcérés depuis le vendredi 22 février 2019 à la maison d’arrêt et de correction, le préfet de Dédougou et 9 autres personnes se sont expliqués devant les juges du Tribunal de grande instance (TGI), le lundi 25 février 2019, a appris Kantigui. Débuté aux environs de 16 heures, c’est à 00 heure 30 minutes que le dossier a pu être vidé. Pendant plus de huit heures, ils se sont étalés de long en large sur les faits à eux reprochés devant les hommes en toge. Le procureur du Faso près le TGI de Dédougou, après les débats, a requis une peine de 15 mois de prison avec sursis et une amende ferme de deux millions FCFA contre le préfet. Le procureur a aussi requis une peine de 12 mois assortie de sursis et une amende ferme d’un million de F CFA contre chacun des neuf autres prévenus. Une contrainte par corps au maximum a été requise pour tous les inculpés dans cette affaire de détournement d’intrants agricoles et d’animaux de traite qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive dans la cité de Bankuy. Aussi ont-ils été sommés de restituer les animaux détournés. Les mis en cause ont regagné leurs cellules en attendant d’être définitivement situés sur leur sort, le lundi 4 mars 2019, a conclu la source de Kantigui.

Deux trafiquants de peaux de félins à la barre
Kantigui a ouï dire que c’est, en principe, ce mercredi 27 février 2019 que des présumés trafiquants de peaux de panthères et de lions interpellés le 17 décembre 2018 par la direction des opérations du ministère de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique seront entendus par le Tribunal de grande instance (TGI) de Fada N’Gourma. Ils encourent une peine de prison de 1 à 5 ans et une amende pouvant atteindre 5 millions F CFA. En effet, conformément à la loi N°003-2011/AN du 5 avril 2011 portant Code forestier au Burkina Faso, en son article 107, les panthères font partie des espèces intégralement protégées tandis que les lions sont partiellement protégés et leur chasse est faite sous condition. Selon l’article 111 du même code : «Les espèces intégralement protégées font l’objet d’une prohibition totale de prélèvement, que ce soit par capture, chasse ou ramassage d’œufs. Cependant, la capture et la vente des espèces intégralement protégées sont soumises aux conditions spécifiques précisées par les textes d’application». Pour ce qui est de la chasse des espèces partiellement protégées, l’article 112 en donne les conditions : «les espèces partiellement protégées inscrites sur la liste B de protection sont soumises à un régime de prélèvement étroitement contrôlé, notamment par la fixation de latitudes d’abattage et de quotas». Kantigui évoque ces dispositions pour rappeler que la loi protège aussi les animaux. Même si les condamnations pour violation du Code forestier ne sont pas légion, Kantigui salue d’ores et déjà le procès qui s’ouvre ce jour. C’est par là également que les lignes vont bouger pour ce qui est de l’application effective de la loi faunique.

Les assurances de la Poste BF
Dans votre parution du mercredi 20 février 2019, dans la rubrique «on murmure» Kantigui évoquait des innovations qui alourdissent les opérations au niveau de la Caisse nationale d’épargne (CNE). La Poste BF remercie Sidwaya pour son rôle social important à travers le travail d’information et de sensibilisation. Elle remercie également les lecteurs et l’ensemble de sa clientèle pour l’intérêt et la confiance portés en ses services. La Poste BF voudrait ici, rassurer sa clientèle qu’elle est dans la dynamique de lui offrir des services innovants de qualité répondant à ses attentes. En effet, en prélude à un nouveau mécanisme très allégé de sécurisation des opérations financières au profit des clients, elle a introduit un dispositif transitoire de contrôle sur l’ensemble de son réseau. La Poste BF présente ses excuses à sa clientèle pour les désagréments éventuels causés et le remercie d’avance pour la compréhension. Elle tient à rassurer sa clientèle que ses services compétents ont bien enregistré ses interpellations et s’attèlent à apporter des actions correctives. Par ailleurs, elle reste toujours à l’écoute pour apporter des éclaircissements nécessaires.

Le Département de la Communication
et des Archives de la Poste BF
Contact : Madina COULIBALY
70 23 79 88

Le démenti de la mairie de Safané
Dans le n°8840 du 20 février 2019 de votre journal, dans la rubrique «ON MURMURE», il est indiqué que le Commissariat de police de Safané est dans l’obscurité parce que «la mairie qui devait s’acquitter du règlement des factures d’électricité du commissariat ne l’aurait pas fait depuis un bon bout de temps». Je voudrais d’office dire que cette affirmation est inexacte et pour montrer que la mairie n’a pas de responsabilité dans cette situation du commissariat de Safané, je vous demande de bien vouloir noter ce qui suit :
1) la mairie n’a jamais payé une facture du commissariat de police de Safané depuis l’électrification de ce service en 2015. Donc, dire que la mairie a failli depuis un certain temps au paiement de ces factures est une contre vérité manifeste ;
2) le Commissaire du district de police de Safané et la SONABEL peuvent bien confirmer que ce n’est pas la mairie qui paie les factures du commissariat; du reste, la mairie n’a pas souscrit d’abonnement en électricité au profit du commissariat de police ;
3) les factures d’électricité du commissariat de police, qui est une administration publique de souveraineté, ne sont pas des dépenses éligibles au budget de la commune.
La responsabilité de la mairie n’est donc pas engagée dans cette affaire. De quoi s’agit-il en fait ? Lors de l’arrivée de l’électricité à Safané en 2015, les abonnements des services publics ont été faits aux noms personnels des premiers responsables de ces services (commissariat, préfecture, gendarmerie, mairie, centre médical, etc.). Après, certains services ont pu régulariser leur situation et d’autres comme le commissariat de police pas encore ; cela fait que le paiement des factures est problématique pour ces services; mais, la situation est en cours de régularisation. Notez que la mairie et le commissariat de police sont en très bonne relation. En plus du mobilier de bureau déjà fourni à la police et à la gendarmerie, la mairie va acquérir cette année du matériel roulant pour ces deux services de sécurité. En respect du parallélisme de forme, je vous demande d’annoncer ce droit de rectification en page de couverture. Mes meilleures salutations.
Mamadou SERE
Chevalier de l’Ordre du Mérite Burkinabè
Médaille d’Honneur des Collectivités Locales

Une affaire de parcelles divise une famille
Ça grogne au sein d’une famille de propriétaires terriens. Selon les informateurs de Kantigui, une affaire de 90 parcelles serait à l’origine de leur discorde. Il a été rapporté à Kantigui que l’un des frères a été mandaté pour négocier des parcelles au ministère de l’Habitat pour la famille. Le champ familial situé dans le village de Kluirouré, dans l’ex-secteur n°10 de Ouagadougou a été alors morcelé. Aux dires des informateurs, 90 parcelles ont été alors dégagées au profit des membres de la famille. Le nommé K. S, en a pris 80 pour régulariser les documents à l’insu des autres membres de la famille. Le pot- aux-roses a été découvert, et l’affaire portée à la gendarmerie. C’est ainsi que les pandores ont proposé la solution à l’amiable. Mais les membres de la famille ne sont toujours pas parvenus à accorder leurs violons. Kantigui invite les membres de ladite famille à s’entendre.

Kantigui
kantigui2000@gmail.com
(00226) 25 31 22 89

Transport routier : les acteurs prennent langue avec le Premier ministre

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Le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré a rencontré la Fédération nationale des acteurs du transport routier (FENAT), le mardi 26 février 2019 à Ouagadougou.

Le dialogue instauré entre le gouvernement et la Fédération nationale des acteurs du transport routier (FENAT) à la suite de la crise qui a secoué le secteur en 2018 se porte à merveille. Cette assurance a été donnée, le mardi 26 février 2019 à Ouagadougou, par le président de la FENAT, Adama Tiendrébéogo à l’issue d’une rencontre de deux heures avec le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré et quelques membres du gouvernement.

« Il n’y a pas de problème particulier. Nous sommes surtout venus souhaiter la bienvenue au chef du gouvernement et l’encourager dans son travail », a-t-il fait savoir. Ce geste a été apprécié par le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Harouna Kaboré. Celui-ci a salué l’esprit de dialogue de la FENAT et relevé que le Premier ministre a honoré un engagement pris par son prédécesseur en recevant la fédération. « La rencontre a permis de faire le bilan du dialogue sur les préoccupations des transporteurs notamment les problèmes liés à la fiscalité, aux ralentisseurs, aux tracasseries routières… Les choses se passent bien. Aussi, il n’y a pas de nouvelles préoccupations », a-t-il assuré. Il a, en outre, informé que Christophe Joseph Marie Dabiré a donné des instructions aux ministres concernés pour poursuivre des dialogues constructifs au niveau sectoriel avec les acteurs du transport.

Eliane SOME

Avons-nous de la mémoire ?

Dans l’ambiance festive du plus grand rendez-vous cinématographique du continent, le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), le cri du cœur du président du comité national d’organisation, Yacouba Traoré, qui a avoué avoir été obligé de recourir à l’Institut national de l’audiovisuel (INA) de France, est passé comme un aveu d’impuissance. Mieux, un appel afin que dès maintenant, tout soit mis en œuvre pour éviter que demain, dans cinquante ans, voire plus, nous ne soyons plus obligés de courir ailleurs pour demander nos archives.

Ainsi donc, ce qui aurait pu être le moins difficile à retrouver nos propres archives ayant un lien avec la première édition du FESPACO en 1969, ni les archives nationales, encore moins la télévision nationale ou tout autre structure au plan local n’avait de trace. De sorte que pour le cinquantième anniversaire du FESPACO, il a fallu prendre l’avion pour retrouver les premières images du festival à l’INA en France. Ce parcours du combattant, que le président du comité d’organisation de la biennale a révélé durant la cérémonie d’ouverture, doit nous amener à une réflexion profonde. Pour le FESPACO 2069, avons-nous songé déjà à archiver l’édition cinquantenaire, afin d’éviter au président du CNO d’aller à Paris, où ailleurs sur la planète pour glaner les belles images de ce témoignage d’un festival en or massif comme l’a si bien écrit l’éditorialiste du hors-série que Sidwaya offre comme contribution à la fête du cinéma ?

Pour illustrer par un proverbe populaire, les archives ou la mémoire sont comme cette partie du corps humain qui n’a d’intérêt que quand vient le moment de s’assoir. Notre pays, nos pays ont saisi au bond la promesse faite par le président français, Emmanuel Macron, de rétrocéder nos objets cultuels achetés, dérobés, en tous les cas, nos objets qui renferment notre histoire, notre cheminement et qui concentrent parfois notre avenir. En attendant la rencontre proposée par le président français pour «réunir à Paris au premier trimestre 2019 l’ensemble des partenaires africains et européens» pour définir le cadre d’une «politique d’échanges d’œuvres d’art», il y va, nous le pensons, de notre engagement aussi à faire en sorte que nos images et nos valeurs soient sauvegardées sur le continent.

Comment faire pour que dans cinquante ans, parfois moins, nous puissions exhiber avec fierté ces moments historiques qui meublent notre présent, et qui ont vocation à garder le lien avec notre ascendant ? Avons-nous seulement tiré leçon, et gardé à l’esprit qu’il faut absolument mettre en bonne place, nos actions du jour ? Le pays des Hommes intègres dans sa riche histoire a des grands moments pour lesquels le peuple souhaite ne pas faire forcément le déplacement de l’Institut français d’Afrique noire à Dakar, ou de l’Institut national de l’audiovisuel à Paris pour reconstituer le fondement.

Mais, si le 6 janvier 1966, l’excuse de nos grands parents peut se retrouver dans le fait que la Haute-Volta, nouvellement indépendante, ne comptait pas vraiment un vivier dense de fils ou de filles pour songer à mémoriser cette insurrection, révolution, en tout cas ce mouvement populaire.

Cette excuse peut être édulcorée le 4 août 1983, ou l’icône de la Révolution, Thomas Sankara, a écrit les pages de la marche du peuple burkinabè dans l’histoire universelle. Que dire du mouvement insurrectionnel des 30 et 31 octobre 2014 ? Aucun évènement majeur de la vie du Burkina depuis son accession à la souveraineté nationale et internationale n’a donné droit à autant de productions intellectuelles que la récente insurrection. Sur le plan littéraire, tous les genres ont été expérimentés.

De la dramaturgie à la poésie en passant par le roman de fiction, des nouvelles. N’est-il pas temps que l’autorité, le ministère en charge de la culture, songe déjà à rassembler toutes ces productions qui constituent les mémoires de ce passé récent pour l’avenir ? Si demain, dans un quart de siècle, un siècle, voire plus, la trace de l’insurrection devra s’écrire sur le «il parait, il semble» qui marque l’oralité, alors, tous ceux qui ont fait l’insurrection où qu’ils soient en ce moment, devront tirer les leçons.

Jean Philippe TOUGOUMA

Lutte contre l’insécurité : le patronat burkinabè offre 100 millions F CFA aux FDS

Le Conseil national du patronat burkinabè (CNPB) a remis au ministère de la Sécurité, un chèque de 100 millions F CFA, le mardi 26 février 2019 à Ouagadougou, en guise de contribution à l’effort de guerre.

L’insécurité actuelle du Burkina Faso impacte «sérieusement» les activités du monde des affaires. Pour apporter sa contribution à l’effort de guerre, le Conseil national du patronat burkinabè (CNPB) a remis un chèque de 100 millions F CFA, au ministère de la Sécurité, le mardi 26 février 2019 à Ouagadougou. Au nom du président du CNPB, Apollinaire Compaoré, le vice-président, Seydou Diakité a rappelé que depuis 2016, le Burkina Faso vit une situation sécuritaire des moins enviables qui annihilent les efforts de développement du pays. Cette insécurité, a poursuivi le vice-président du patronat, nécessite l’implication de tous les filles et fils du pays, chacun selon ses capacités, pour juguler le phénomène. «Depuis sa prise de fonction le 14 décembre 2018, le président du patronat a pris un certain nombre d’engagements dont l’insertion de 8 000 jeunes dans 6 régions du Burkina Faso. Ce projet a été lancé le vendredi 22 février dernier.

L’acte de ce matin est la concrétisation de son deuxième engagement qui consistait à venir en appui aux Forces de défense et de sécurité (FDS) par la remise d’un chèque de 100 millions F CFA », a-t-il soutenu. En plus de ce chèque, a fait savoir M. Diakité, au fur et à mesure que les opportunités se présenteront, le patronat avisera. Il a d’ores et déjà exprimé tout le soutien constant des entreprises burkinabè au gouvernement et aux FDS pour un climat de travail apaisé et sécurisé, « parce que sans sécurité, il n’y a pas d’affaires ».

La lutte contre l’insécurité est une lutte de longue haleine et à entendre Seydou Diakité, les FDS pourront compter sur l’accompagnement du patronat pour créer les conditions en vue de prendre le dessus sur l’ennemi. Pour sa part, le ministre de la Sécurité, Ousséni Compaoré, a remercié
le CNPB pour son «élan patriotique combien important» qui permettra de faire face à la situation sécuritaire. «Nous sommes conscients de l’importance de la sécurité pour les Burkinabè et en particulier pour le monde des affaires. Nous sommes aussi conscients des perturbations qu’elle vous cause, et nous ne ménagerons aucun effort pour sécuriser le pays et le monde des affaires. C’est mon engagement parce que nous n’avons aucune raison de faillir à notre devoir», a lancé le ministre Compaoré. Il leur a promis de traiter avec célérité et diligence toutes les doléances que les entreprises lui soumettront.

Jean-Marie TOE

FESPACO 2019 : Les jeunes saluent la mémoire de leurs devanciers

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Dans le cadre des activités du 26e Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou, une soirée d’hommage aux anciens du cinéma a été organisée le 25 février 2019 au rond-point des cinéastes. Une initiative soutenue par la présidence du Faso et la mairie de Ouagadougou.

Célébrer les pionniers vivants du cinéma. C’est tout l’objectif de la soirée des anciens, organisée le 25 février 2019, au rond-point des cinéastes. Une initiative portée par un groupe de jeunes mordus du 7e art, piloté par le réalisateur Bernard Yaméogo. A l’occasion, producteurs, réalisateurs, techniciens de plateau, scénaristes, comédiens et musiciens ont communié pendant près de 3h d’horloge. Prestations d’artistes, témoignages et remise de médailles aux anciens ont ponctué cette nuit à laquelle ont pris part, le maire de la commune
de Ouagadougou, Armand Pierre Béouindé, l’ancien ministre de la Communication, Filippe Sawadogo, Alimata Salambéré, Issouf Compaoré et bien d’autres personnalités. Pour Bernard Yaméogo, ces retrouvailles entre ceux qui ont tracé le chemin ou qui ont marqué l’histoire du cinéma africain, constituent une reconnaissance.

« Nous sommes fiers de nos ainés qui ont permis à la culture africaine de se déporter et de contribuer au développement du continent africain. Et pour nous, si nous savons d’où nous venons, nous saurons où nous allons », a déclaré le réalisateur. Les anciens par la voix du secrétaire général de la Fédération panafricaine des cinéastes (FEPACI), Cheick Oumar Sissoko, ont salué cette activité qui les valorise davantage. « On vous sera reconnaissant pour ce que vous faites pour nous », a dit l’Etalon d’or de Yennenga en 1995. Pour le réalisateur de Guimba, un tyran, une époque (1995), Battù (2000), ou encore L’école malienne (1982) et l’Afrique bouge (1992), l’avenir du cinéma africain repose sur la jeunesse. Une jeunesse qui devra se ressourcer auprès des anciens afin de parfaire leurs œuvres et perpétuer la mémoire de l’Afrique. C’est pourquoi, le maire de la commune de Ouagadougou a souhaité que cette soirée soit maintenue pour les prochaines éditions.

Gaspard BAYALA

Incendie à DIACFA librairie : deux blessés, d’importants dégâts

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Le magasin de la librairie DIACFA, situé côté Sud du grand marché de Ouagadougou, a pris feu le mardi 26 février 2019 aux environs de 9 heures 30 minutes. Le bilan provisoire fait était de deux blessés légers et d’importants dégâts matériels.

La librairie DIACFA, située côté Sud du grand marché de Ouagadougou, a subi une grande perte. En effet, aux environs de 9 heures 30 minutes, le magasin de cette librairie, l’une des plus grandes de la capitale burkinabè, a pris feu. Le bilan provisoire fait état de deux blessés légers, le magasinier Edgar Bella et l’aide-magasinier, Alaric Zouré, tous évacués à l’hôpital et d’importants dégâts matériels. Le contenu du rez-de-chaussée est pratiquement réduit en cendre. Y étaient stockés des livres, des rames de papier, divers articles scolaires, a fait savoir le directeur général de DIACFA librairie, Joseph Fadoul. A la question de savoir combien se chiffraient les marchandises parties en flammes, il dit ne pas avoir la tête à cette évaluation des pertes matérielles.

«Pour moi, l’important c’est d’éteindre le feu et souhaiter qu’il n’y ait pas de victimes. Le matériel est secondaire par rapport à la priorité d’éteindre le feu et de sécuriser les lieux», a-t-il soutenu.
S’agissant de l’origine de l’incendie, M. Fadoul dit l’ignorer. Sauf que le premier à constater le feu, le magasinier, a crié «masse, masse, masse», a-t-il confié. Et d’ajouter que l’expertise de la police scientifique, présente sur les lieux, permettra de déterminer avec exactitude ce qui s’est passé.

Arrivés sur le site de l’incendie autour de 9 heures 50 minutes, les soldats du feu ont mis 4 heures pour venir à bout des flammes. Après une trentaine de minutes d’opération, les sapeurs-pompiers étaient à cours d’eau. 5 minutes plus tard, un troisième engin arrive en renfort, suivi d’un quatrième. Les flammes sont toujours vives. Les soldats du feu de l’aéroport international de Ouagadougou et de la SONABY sont appelés à la rescousse. Selon le commandant de la Brigade nationale de sapeurs-pompiers, le colonel Ernest Kisbedo, l’opération d’extinction de l’incendie était compliquée pour deux principales raisons.

«Il n’y a pas d’accès pour pouvoir s’approcher au plus près du feu pour l’éteindre. Deuxièmement, il y a la matière qui brûle. Ce sont des papiers, des livres mais aussi de l’encre d’imprimantes et de photocopieurs. L’encre est comme de l’hydrocarbure », a-t-il expliqué. Pour lui, les flammes engendrées par l’encre sont comme un feu d’hydrocarbure et ne peuvent pas être éteintes par l’eau simple ; il faut donc des mixeurs. Les pompiers ont dû percer le mur de l’immeuble à plusieurs endroits pour maîtriser le feu. Pour le patron de la librairie, les problèmes d’accès sont liés à la proximité du magasin avec le marché central. «Comme on est au bord du marché, l’accès est un peu difficile. Il n’y a pas de problème d’entreposage, il y a un principal accès. L’accès à l’intérieur était difficile du fait que les flammes étaient assez fortes», a souligné Joseph Fadoul. Il a, par ailleurs, témoigné sa gratitude aux soldats du feu pour le travail abattu.

«Les sapeurs-pompiers étaient présents rapidement pour éteindre le feu. Ils ont été à la hauteur de la tâche comme on le dit. C’est sûr que tout n’était pas facile pour eux », a-t-il reconnu.

Le patron de la BNSP s’est également dit satisfait de l’action des différentes unités qui a permis de venir à bout de l’incendie. «Nous saluons la collaboration entre les sapeurs-pompiers de l’aéroport, de la brigade nationale et de la SONABHY, qui nous sont venu en aide avec des mixeurs pour pouvoir éteindre ce genre de feu», s’est-il réjoui. Le maire de Ouagadougou, Armand Béouindé, son premier adjoint, le directeur général de la Chambre de commerce, le PCA de Sidwaya, Victorien Aimar Sawadogo et le directeur général des Editions Sidwaya, Mahamadi Tiégna, ont apporté leur soutien aux responsables de DIACFA.

Mahamadi SEBOGO

Burkina: Signature de convention de financement / Plan solaire 2025 – Yeleen 

Ce 26 février 2019, Monsieur Lassané KABORE, Ministre de l’Economie, des Finances et du Développement et Monsieur Stefano MANSERVISI, Directeur Général de la Coopération Internationale et au Développement de la Commission Européenne, procéderont à la signature de la convention de financement en soutien au plan solaire 2025 du Burkina Faso « Yeleen ».

Cette cérémonie de signature se fera en présence de Monsieur Jean LAMY, Ambassadeur, Chef de délégation de l’Union Européenne au Burkina Faso, de Messieurs Tanguy DENIEUL, Directeur d’agence AFD, et Pascal YEMBILINE, Country Manager de la BAD. La convention de financement d’un montant de 15 millions d’Euros en don représente la contribution de l’Union Européenne au Plan Yeleen.

Le plan Yeleen est un programme national sur 10 ans qui comprend les 3 composantes suivantes : 1) le développement de centrales photovoltaïques raccordées au réseau national pour un total de 50 MW, 2) l’extension du réseau existant afin de raccorder 100 000 nouveaux bénéficiaires (ménages et PME) et
3) l’électrification rurale pour 150 000 nouveaux ménages.

L’UE contribue aux composantes 2 et 3 de Yeleen à hauteur de 15 millions d’Euros sous forme de mixage prêt-dons en cofinancement avec l’Agence Française de Développement et la Banque Africaine de Développement.

communiqué de presse

Politique environnementale du Gouvernement : l’UPC interpelle le nouveau Premier ministre

Le peuple burkinabè a suivi avec intérêt le discours de politique générale du premier ministre Christophe Joseph Marie DABIRE prononcé le 18 février 2019 devant ses représentants à l’Assemblée nationale. Dans sa déclaration, le nouveau chef de l’action gouvernementale semble avoir pris conscience du péril environnemental que traverse le pays depuis un certain temps. A ce propos, il n’a pas manqué d’édifier les auditeurs sur la dégradation spectaculaire des terres « qui est passée de 113000 ha/an entre 1983 et 1992 à 469000 ha/an entre 2002 et 2013 ». Avant de présenter ce tableau sombre, il a reconnu « que pour garantir une amélioration soutenue et durable des conditions de vie de nos populations présentes et futures, il importe de prévenir la dégradation de l’environnement et de notre cadre de vie, dans nos modes de production et de consommation ».

Pour faire face à la situation, deux solutions ont été préconisées. La première, est  « la mise en œuvre diligente des actions et mesures spécifiques qui sont définies dans le deuxième Programme national du secteur rural (PNSR II) ». La seconde qui vise l’économie verte, est « d’améliorer la gouvernance environnementale, d’inciter à la réduction des émissions de gaz à effets de serres et de renforcer la résilience des communautés de base au changement climatique. »

L’Union pour le Progrès et le Changement (UPC) voudrait par la présente attirer l’attention du Premier ministre sur la dégradation des ressources forestières et fauniques liée à l’accroissement de l’occupation des forêts classées par les orpailleurs ainsi qu’à la destruction et l’occupation d’une bonne partie de la région de l’Est du pays. Cette région abrite plus de la moitié des aires protégées fauniques (Rapport d’exploitation faunique de la Direction de la faune, 2018) dont la zone de chasse présidentielle qui a été détruite et occupée par les terroristes. En la matière, des mesures idoines méritent d’être prises pour la sauvegarde des espaces fauniques et forestiers protégés « afin de  garantir une amélioration soutenue et durable des conditions de vie de nos populations présentes et futures »

L’UPC attire également l’attention du Premier ministre sur l’impérieuse nécessité d’améliorer les conditions de travail des ressources humaines chargées de la protection de l’espace environnemental qui constitue actuellement le principal nid des terroristes. En effet, le parti exprime son inquiétude face aux conséquences de la grogne contenue dans la déclaration du Syndicat National des Travailleurs de l’Environnement, du Tourisme et de l’Hôtellerie (SYNTETH) faite le 10 janvier 2019. Il ressort de cette conférence de presse, dont les médias ont fait largement écho, que les agents forestiers, souvent seuls ou en binôme dans les postes, ont généralement pour bureaux leurs domiciles. Ils sont nombreux à utiliser leurs propres moyens de déplacement pour les opérations de surveillance et de suivi de l’exploitation forestière. Les mêmes difficultés se posent aux environnementalistes lors des inspections où ils sont exposés à la vindicte des contrevenants. Il est également fait cas d’une insuffisance de personnel, d’armes, d’une absence de dotation en tenues, d’un manque de moyens logistiques et de renforcement des capacités pour faire face à la situation. Le syndicat dénonce également une politisation accrue du ministère de tutelle à travers l’affluence du personnel extérieur.

Ces difficultés, bien que inhérentes à plusieurs corps, méritent une attention particulière en raison de la spécificité du champ d’action du personnel forestiers et du contexte des attaques terroristes. En témoignent les 12 attaques terroristes perpétrées contre des services forestiers qui ont entrainé la mort de 3 agents au cours de  l’année 2018, et l’assassinat macabre d’un agent du poste de Tapoa-Djerma dans l’exercice de ses fonctions le samedi 12 janvier 2019 dans le Parc national W (Communiqué MEEVCC du 13/01/2019).

L’UPC invite le Gouvernement à prendre vivement en compte les préoccupations du personnel du ministère en charge de l’environnement dans sa stratégie de lutte contre le terrorisme en vue de la préservation de nos ressources naturelles et d’un cadre de vie sain.

 

Ouagadougou, le 26 février  2019

Pour le Bureau Politique National (BPN) de l’UPC,

Le Secrétariat national à l’Ecologie et au Développement Durable (SNEDD)

 

Fenêtre des pros : Amed Touré voit triple

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Le but de Préjuce Nakoulma qui a scellé la victoire des siens de Rizespor est l’information majeure des footballeurs burkinabè expatriés. Aussi, le triplé d’Amed Touré avec l’ASEC d’Abidjan est aussi un signe que les attaquants burkinabè retrouvent leur efficacité.

Deux attaquants burkinabè ont fait parler la poudre ce week-end avec leur club respectif : Préjuce Nakoulma (31 ans, 6 matches, 2 buts) et Amed Touré (31 ans). Entré en jeu à la 90 mn +3, Préjuce Nakoulma n’a pas pris plus de 5 minutes pour permettre à son équipe, Rizespor (12e), de sceller sa victoire face à Yeni Malatyaspor. C’est lui qui a inscrit le 3e à la 90e mn + 8 pour la victoire 3-0 des siens.

Cette rencontre entrait dans le cadre de la 23e journée du championnat d’élite turc. Toujours dans ce pays, Konyaspor (6e) avec Abdou Razak Traoré (30 ans, 18 matches) remplacé à la 56e mn a été surpris à domicile 0-1 par Kayserispor. Outre Préjuce, Amed Touré a lui aussi fait parler la poudre. Il a réalisé le triplé pour la victoire de son équipe l’ASEC (6e) face à l’AFAD à la faveur de la 18e journée du championnat ivoirien.

Les deux défenseurs burkinabè du Havre (7e), Yacouba Coulibaly (24 ans, 19 matches) et Steeve Yago (26 ans, 2 matches), ont été tous alignés mais cela n’a pas empêché leur équipe d’être battue 2-1 à Troyes lors de la 26e journée de la Ligue 2 française. Steeve a été remplacé à la 83e mn. C’est une défaite de 2-0 que Paris FC (4e) de Jonathan Pitroipa (32 ans, 20 matches, 2 buts) est allé concéder à Metz. En Ligue 1 (26e journée), Lyon (4e) avec Bertrand Traoré (23 ans, 24 matches, 6 buts) 90 minutes durant n’a pas eu les ressources nécessaires pour revenir au score. Elle a été battue 2-0 à Monaco.

Entré en jeu à la 90 mn +3, Préjuce Nakoulma n’a pas pris plus de 5 minutes pour permettre à son équipe Rizespor de sceller sa victoire.

Le championnat de National français a lui disputé sa 23e journée. Journée au cours de laquelle Cholet (6e) avec Alassane Sango (26 ans, 13 matches) a été défaite 3-2 par Laval. Dans le même marathon footballistique, Louckman Ouédraogo (26 ans, 3 buts) est lui entré à la 86e mn pour la victoire de son équipe Tours (14e) face au Mans. Dans la série A italienne (25e mn), l’Inter de Milan a été trop fort pour la Fiorentina (10e).

Elle a été vaincue 2-3 à domicile. Bryan Dabo (27 ans, 11 matches, 1 but) de cette formation de la Fiorentina est entré en jeu à la 79e mn. A Chypre (22e journée), le duel entre le leader Apoel et son dauphin Apollon, club de Dylan Ouédraogo (20 ans, 12 matches) a tourné à l’avantage de la première équipe citée 1-2. Le défenseur central burkinabè a disputé l’entièreté de la rencontre.

Zackaria Sanogo (22 ans, 16 matches, 3 buts) a été le passeur décisif pour le but de son équipe Hartberg (7e) en réception de St Pölten (3e) de Issiaka Ouédraogo (30 ans, 11 matches, 3 buts), lui, indisponible pour blessure. Un match nul d’un but partout a sanctionné cette rencontre entrant dans le cadre de la 19e journée du championnat autrichien.

Yves OUEDRAOGO