FESPACO 2019 : une vingtaine de prix spéciaux seront décernés

0

La commission prix spéciaux du 26e Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) a animé, le mardi 19 février 2019, une conférence de presse. Elle a annoncé, à cette occasion, la remise lors d’une soirée, d’une vingtaine de prix spéciaux à des cinéastes.

Une vingtaine de films, toutes catégories confondues, va être récompensée par des institutions à la 26e édition du FESPACO, lors d’une soirée, le vendredi 1er mars prochain, au CENASA. La cérémonie est placée sous le patronage du Premier ministre burkinabè, Christophe Marie Joseph Dabiré.

L’information a été donnée aux journalistes, le mardi 19 février 2019 à Ouagadougou, au cours d’une conférence de presse. Selon le président de la commission prix spéciaux, Brice Flavien Ouédraogo, pour cette édition, 15 structures nationales et internationales accompagnent la biennale à travers des prix qui vont de deux millions à 15 millions francs CFA. Il est également attendu, a-t-il mentionné, plus de 600 invités lors de la soirée de remise des prix. Brice Flavien Ouédraogo a, par ailleurs, relevé que l’événement a enregistré de nouveaux partenaires comme l’Organisation de la coopération islamique (OCI), l’université Aube nouvelle et Afrique campus.

« L’une des innovations de cette année est que les organisations, qui ont soutenu la production de films n’auront plus la possibilité, comme les précédentes éditions, de récompenser les mêmes films », a laissé entendre le président de la commission prix spéciaux. Les donateurs, à l’écouter, sont regroupés en quatre catégories : les institutions internationales, les Etats et missions diplomatiques, les structures privées et sociétés d’Etat et les associations. Il a souligné qu’avant la cérémonie, ces partenaires vont présenter au cours d’une conférence de presse, le 26 février prochain, les objectifs qui sous-tendent leur accompagnement au FESPACO et les critères de sélection. Institués depuis 1975, les prix spéciaux constituent une activité du festival avec pour objectif d’encourager les donateurs à soutenir la production cinématographique.

Joseph HARO

Insécurité au Burkina L’ONU échange avec le Chef de file de l’opposition

Le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Mohamed Ibn Chambas, a rendu visite au Chef de file de l’opposition politique (CFOP), le mercredi 20 février 2019, au siège de l’institution. Ils ont discuté de la situation sécuritaire du pays et des élections qui pointent à l’horizon.

Le représentant spécial du SG de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Mohamed Ibn Chambas (milieu), a indiqué que le système des Nations unies aura des rencontres avec d’autres acteurs politiques sur les mêmes questions.

Le Système des Nations unies au Burkina Faso souhaite créer un large consensus des acteurs politiques autour des enjeux sécuritaires et électoraux. Des rencontres ont été initiées dans ce cadre et la première s’est tenue, hier 20 février 2019 avec le Chef de file de l’opposition politique (CFOP). Il s’agit de prendre les perspectives de toutes les tendances politiques du pays, selon les explications données par le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en Afrique de l’Ouest et au Sahel, Mohamed Ibn Chambas, à la tête d’une délégation du système onusien au Burkina Faso. Les actes de violence et d’extrémisme ont donc été à l’ordre du jour des échanges avec le CFOP car, a-t-il relevé, la menace sécuritaire interpelle tous les Burkinabè sans considération d’opinions politiques.

« Les Nations unies veulent voir comment elles peuvent être utiles en travaillant avec les autorités et le peuple burkinabè pour faire face à ces défis sécuritaires qui ont occasionné une crise humanitaire relativement grave », a-t-il déclaré. En outre, l’année 2020 s’annonçant avec le contexte électoral, la délégation onusienne a recueilli les préoccupations du CFOP pour voir comment rapprocher les points de vue et créer un large consensus. En réaction, le Chef de file de l’opposition, Zéphirin Diabré, tout en saluant l’initiative, a dit avoir souligné « l’échec lamentable » de la majorité au pouvoir.

A propos de la situation sécuritaire, l’opposition a mis le doigt sur des aspects particuliers tels que le drame de Yirgou. « Nous avons noté des efforts de réconciliation entamés par diverses autorités, ce que nous saluons, mais il est important que le côté vérité et justice ne soit pas occulté », a déclaré M. Diabré. Les opposants se sont aussi inquiétés de ce que la situation sécuritaire ait des prolongements néfastes pour l’éducation.

Dans la perspective de 2020, l’opposition politique a fait part de ses préoccupations sur le Code électoral, le vote des Burkinabè de l’extérieur et le mode de comptage des voix lors des scrutins. « Le Code électoral a été imposé au forceps aux Burkinabè sans qu’il n’y ait un minimum de consensus entre la majorité et l’opposition. C’est une première dans l’histoire des démocraties », a-t-il soutenu.

Il s’est aussi dit inquiet des conséquences de la situation sécuritaire sur la tenue même des élections avec la multiplication des zones « inaccessibles ». En outre, Zéphirin Diabré a émis le vœu que la CENI retrouve sa sérénité, seule gage pour des élections libres, transparentes et intègres. Pour ces différentes questions, le Chef de file de l’opposition a souhaité que le système des Nations unies assiste le gouvernement et le conseille pour qu’il prenne la pleine mesure de la situation et trouve des solutions idoines.

Fabé Mamadou OUATTARA

Construction du musée et du monument de l’insurrection : l’état d’avancement du projet présenté à Bala Sakandé

Le président de l’Assemblée nationale (PAN), Alassane Bala Sakandé, a successivement reçu en audience, une délégation de l’Association mémoire et conscience ainsi que les ambassadeurs de la République fédérale d’Allemagne, Ingo Herbert et de la République populaire de Chine, Li Jian. Ces audiences ont eu lieu, le mercredi 20 février 2019.

Le président de l’Assemblée nationale (PAN), Alassane Bala Sakandé avait un carnet d’audiences quelque peu chargé, hier mercredi 20 février 2019. En effet, il a reçu, tour à tour, une délégation de l’Association mémoire et conscience, conduite par Luc Marius Ibriga, l’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne, Ingo Herbert et celui de la République populaire de Chine, Li Jian. A sa sortie d’audience, M. Ibriga a dit avoir effectué une visite de courtoisie chez le PAN, afin de lui faire part de l’état d’avancement du projet de construction du musée et du monument de l’insurrection. Luc Marius Ibriga a aussi informé Bala Sakandé du lancement du concours architectural pour la réalisation dudit monument dans les locaux de l’ex-Assemblée nationale en ruines depuis les évènements des 30 et 31 octobre 2014.

A l’écouter, il est plus que nécessaire qu’une étude soit menée dans le but de savoir l’état des bâtiments de l’ex-Représentation nationale pour permettre aux architectes de déterminer ce à quoi pourrait servir le bâtiment parti en flammes durant l’insurrection populaire. Le projet, a-t-il poursuivi, est un élément important pour la mémoire sociale. « Il faut que l’on puisse garder les luttes du peuple burkinabé surtout en ces périodes où notre intégrité territoriale et notre indépendance sont menacées », a renchéri Luc Ibriga.

Avec l’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne, Ingo Herbert, il s’est agi d’une visite officielle. « Comme ambassadeur d’Allemagne, j’ai déjà rencontré le PAN à plusieurs occasions mais jamais, je n’ai fait une visite officielle de courtoisie pour m’entretenir avec lui», a indiqué le diplomate allemand. Avec Alassane Bala Sakandé, il dit avoir évoqué la tenue prochaine d’une rencontre entre une délégation de parlementaires allemands et leurs homologues burkinabé à Ouagadougou, avec à la clé, un échange sur les systèmes parlementaires des deux pays.

Dernier à avoir été reçu par Alassane Bala Sakandé, l’ambassadeur de la République populaire de Chine, Li Jian, a affirmé être venu discuter de la visite du PAN en République populaire de Chine prévue pour fin mars 2019. A écouter le diplomate chinois, les échanges avec le président Sakandé ont porté sur le programme et l’objectif de ladite visite.

Hadofini Clotilde BICABA
(Stagiaire)

Déclaration de politique générale du Premier ministre : des Bobolais reconnaissent de la sincérité dans le message

0

A la suite de la déclaration de politique générale du Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, le lundi 18 février 2019 devant la représentation nationale, nous avons recueilli les avis de quelques citoyens à Bobo-Dioulasso. De façon unanime tous reconnaissent de la sincérité dans le message du chef du gouvernement. Mais ils pensent que malgré sa bonne volonté s’il n’a pas l’appui de toute la population, les chantiers annoncés seront difficiles à réaliser.

Keletigui Soulama, conseiller pédagogique de philosophie.
«..le problème ici, c’est la détermination du gouver-nement… »
De son discours, j’ai pu retenir de la sincérité, de la précision dans son ensemble. Son message est court par rapport à son prédécesseur, il a dit des choses qui ne sont pas impossibles à réaliser. Mais, le problème ici c’est la détermination du gouvernement, il faut que le peuple burkinabè, dans son ensemble, puisse l’accompagner. La fin du mandat, est pour quelques mois, je pense qu’il faudrait aller au-delà de cette vision des choses. C’est là que je suis d’accord avec les honorables députés Alexandre Sankara et Juliette Bonkoungou qui estiment qu’il ne doit pas travailler pour la réélection du président Roch Marc Christian Kaboré. Mais de voir ce qu’on peut faire pour sortir le peuple de la situation dans laquelle il se trouve. Il ne doit plus travailler dans le seul but électoraliste, mais pour le Burkina Faso lui-même. Il faudrait qu’il travaille à ce qu’on dise dans dix ans voir plus que le président Roch Marc Christian Kaboré n’avait pas eu tort, face à cette crise que le peuple burkinabè traverse, de porter son choix sur la personne de Christophe Dabiré. Tout le monde est interpelé, on a qu’à faire confiance à ce dernier. Sinon, les chantiers qu’il a cités ne sont pas impossibles. La réconciliation, le vivre- ensemble, le travail, c’est juste un don de soi. Ces éléments sont réalisables, mais il faut que les gens se mettent à l’idée que le pays leur appartient tous. Sinon, malgré sa bonne volonté, sa détermination ainsi que son courage, s’il est laissé à lui-même, il ne va pas s’en sortir.

Djakaria Cissé, inspecteur d’Anglais :
« Je l’ai trouvé sincère, parce qu’il a cité des maux qui minent notre administration ».
Je n’ai pas écouté l’intégralité de son discours, mais je retiens qu’il a été bref, c’est ma première remarque. J’ai l’impression qu’il a voulu être concis précis plus concret que théorique et abstrait. Il a cité des figures quand même qui ont fait l’unanimité au Burkina Faso en matière de vision politique comme Thomas Sankara et Joseph Ky-Zerbo. Cela m’a marqué. En plus, je l’ai trouvé sincère, parce qu’il a cité des maux qui minent notre administration, et il n’a pas hésité à proposer des solutions. Et je crois qu’au fond de lui, il veut changer les choses, sinon il n’allait pas accepter le poste, il pouvait aller passer ces vieux jours ailleurs.

Traoré Isaac, inspecteur d’Allemand :
« Le temps qui lui reste pour réaliser toutes ces attentes me semble insuffisant »
Mon point de vue, est qu’il ait effectivement tout l’accompagnement nécessaire pour venir à bout de toutes les préoccupations des uns et des autres. Toutes les questions posées, qu’il puisse trouver des réponses à celles-ci. Il a été à la tête du département de la santé ; ça été une réussite, même si les résultats au niveau de l’enseignement lors de son passage à la tête de ce département ont été mitigés. Il a travaillé dans les institutions sous régionales et il a une expérience de la politique burkinabè, des questions sécuritaires et de réconciliation nationale. Il y a aussi bien sûr les questions sociales notamment. A toutes ces préoccupations, il y a lieu de trouver une solution efficace avec les partenaires sociaux. Le temps qui lui reste pour réaliser toutes ces attentes me semble insuffisant. Mais je pense que s’il a tout l’accompagnement nécessaire en termes de proposition, de ressources financières, il pourra nous amener de l’avant. Pour cela le concours de tout le monde est nécessaire.

Mahamadou Herman Millogo, proviseur du lycée Ouézzin-Coulibaly :
« Je pense même que ces pleurs sont sincères » (pc_04)
Ce que j’ai pu retenir de sa déclaration, c’est surtout sa sincérité et son désir de changer les choses et contrairement aux autres, il souhaite l’accompagnement de tout le monde. C’est ce que j’ai pu retenir de sa déclaration. Quand je parle de sincérité, il a reconnu qui y avait des problèmes par endroit. Il a même fait ressortir ces problèmes-là ; ce qui témoigne de sa bonne volonté et surtout de faire bien pour que les choses changent. Je pense même que ces pleurs sont sincères.

Albert Sankara
Barkissa Bonkoungou
(Stagiaire)

Spot du FESPACO 2019

0

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=feR-94FenY8&w=560&h=315]

Procès du putsch : La stratégie anti-coup de force de la hiérarchie militaire

A la suite du colonel-major Sibdou Léonard Gambo, le tribunal militaire a entendu, le mardi 19 février 2019, la version du Chef d’état-major de l’armée de terre (CEMAT) au moment des faits, le colonel-major Raboyinga Kaboré, qui s’est aligné sensiblement sur les propos de ses prédécesseurs de la hiérarchie militaire.

Les membres de la « hiérarchie militaire » défilent à la barre du Tribunal militaire de Ouagadougou et sous réserve de quelques détails, leurs versions concordent sur le déroulé des évènements du putsch de septembre 2015. De quoi faire dire au principal accusé du coup d’Etat, le général Gilbert Diendéré, que les hauts gradés de l’armée ont eu le temps d’accorder leurs violons avant de se présenter au tribunal. Hier mardi 19 février 2019, le colonel-major Raboyinga Kaboré, Chef d’état-major de l’armée de terre (CEMAT) au moment des faits a succédé au colonel-major Sibdou Léonard Gambo.

Mais avant que l’ex-CEMAT ne passe à la barre, Léonard Gambo a fait ressortir lors de son interrogatoire que le général Diendéré et le colonel-major Kiéré ont demandé à consulter leur base lorsque la hiérarchie leur avait dit de surseoir à leur action et de libérer les autorités. Les avocats de la défense, dont l’argumentaire indique que Gilbert Diendéré et Boureima Kiéré n’ont pas fait des aller-retour entre le ministère en charge de la défense et le camp Naaba Koom II, ont voulu savoir combien de temps a duré cet intermède qu’annonce le témoin.

Dix minutes ?, trente minutes ?, ont-ils insisté. « Je ne saurais donner un intervalle de temps avec exactitude au risque de me tromper. A ce moment, l’important était de savoir quel serait le résultat de leur entrevue avec la base », a répondu le colonel-major Gambo. Mais alors, quelle a été l’attitude des participants à la rencontre pendant la période d’attente du retour du général, ont renchéri les conseils de la défense. Le témoin ne s’est pas souvenu de concertation formelle, peut-être des apartés ont eu lieu, mais il ne saurait rappeler exactement ces circonstances dans la mesure où il y avait de la somnolence du fait de l’heure avancée.

L’avocat Latif Dabo a trouvé cela illogique. Pour lui, les participants à la réunion, s’ils étaient farouchement opposés au putsch, auraient pu se concerter pour élaborer un plan B au cas où la base refuserait leur proposition. A l’entendre, la vraisemblance se trouve plutôt dans les versions du général Diendéré et du colonel-major Kiéré qui martèlent qu’ils n’ont quitté la rencontre au MDNAC que pour aller préparer l’arrivée des médiateurs au camp Naaba Koom II.

Son confrère, Me Olivier Yelkouni va opposer les déclarations du témoin aux propos du colonel Tuandanba Coulibaly dans son procès-verbal qui précise que la proposition d’aller consulter la base a été faite par l’assistance et ne provient pas du général. Par cette nuance, l’avocat a noté les contradictions entre les témoins pour en déduire qu’ils ne détiennent pas forcément la vérité. Autorisé à quitter la barre, le témoin Gambo a trouvé dommage que l’armée traverse ces péripéties au moment où elle est sollicitée sur le front.

« Il est souhaitable que les intervenants gardent un esprit de discernement pour distinguer l’institution armée de ces éléments qui ont fauté », a-t-il suggéré. Il y va de l’intégrité du territoire, selon son développement. Le colonel-major Raboyinga Kaboré qui l’a remplacé à la barre a aussi mentionné l’opposition catégorique du commandement aux sollicitations du général Diendéré pour l’accompagner dans le coup de force.

« Si ceux de l’ex-RSP étaient des terroristes… »

Son témoignage a été articulé autour des journées des 16 et 17 septembre 2015, sa présence à l’aéroport pour accueillir les chefs d’Etat de la CEDEAO, le mouvement des garnisons militaires vers Ouagadougou, sa rencontre avec les éléments de l’ex- Régiment de sécurité présidentielle (RSP) le 25 septembre et l’offensive contre celui-ci le 29 septembre.

Le CEMAT, au moment des faits, a dit avoir été informé par le Chef d’état-major général des armées (CEMGA) que l’ex-RSP a pris en otage les autorités de la transition. Il a rejoint son état-major et fait venir ses collaborateurs à qui il a relayé l’information. Ils sont restés sur place à l’état-major de l’armée de terre tout en s’informant par téléphone sur la réunion qui avait lieu au MDNAC. C’est ainsi qu’ils sauront que le mouvement enclenché est un putsch.

Le témoin a dit avoir participé à la réunion du 17 septembre en tant que membre statutaire de la CRAD. En se rendant à cette rencontre, le colonel-major a dit avoir noté les exactions des éléments de l’ex-RSP et les plaintes des populations dont il a fait cas à la réunion. Lorsqu’elle a appris le mouvement de militaires des groupements des provinces vers Ouagadougou, la hiérarchie a envoyé des émissaires à leur rencontre.

Le témoin a dit être allé au-devant des colonnes en provenance de Fada N’Gourma et de Kaya pour les encourager et leur dire d’entrer en contact avec le poste de commandement des opérations, une fois à Ouagadougou. Cette déclaration du témoin a suscité une vague de murmures dans le box des accusés. Le colonel-major a soutenu que la stratégie de la hiérarchie militaire a été d’actionner un certain nombre de leviers afin d’inverser le rapport de force en leur faveur avant de lancer l’offensive contre le camp Naaba Koom II.

La date du 29 septembre a été retenue justement lorsque le rapport de force a été jugé favorable à l’armée. Raboyinga Kaboré a laissé entendre qu’au rang des leviers actionnés par les chefs militaires, faisait partie la démobilisation dans les rangs de l’ex-RSP. Pour preuve, le témoin du parquet a noté que le chef de corps du régiment, le commandant Aziz Korogo a été coopératif et a eu un esprit de discernement pour aller dans le sens du désarmement. « Nous cherchons à gagner du temps pour préparer minutieusement la riposte », a-t-il soutenu.

Le général réfute la thèse de la ruse. « Si on a des stratèges qu’on les mette à contribution pour lutter contre le terrorisme », a rétorqué Diendéré. Réplique du colonel-major : « si ceux de l’ex-RSP étaient des terroristes, les choses n’allaient pas se passer ainsi, on allait trouver d’autres stratégies pour les neutraliser ». Mais, à la question du parquet, le témoin ne s’est pas souvenu que la hiérarchie militaire ait donné instruction au commandant de rester au camp pour les besoins de négociation.

Les capitaines Oussène Zoumbri et Abdoulaye n’ont rien trouvé à ajouter aux propos de l’ex-CEMAT. Le commandant Aziz Korogo a pris acte tout en maintenant avoir été en contact avec le colonel-major. Quant à Boureima Kiéré, il a assuré que les mouvements des garnisons sur Ouagadougou n’ont pas été encouragés par la hiérarchie militaire comme le soutient le témoin.

L’accusé a soutenu qu’au contraire, il a plutôt reçu l’assurance du témoin que la hiérarchie était contre et avait envoyé des émissaires pour dissuader leur avancée sur Ouagadougou. Diendéré est allé dans le même sens. « Golf » a rappelé également que le témoin lui avait expressément dit à la rencontre du 17 septembre : « il faut tout faire pour que l’action réussisse car un échec serait la honte de toute l’armée ».

Schéma de libéralisation des échanges de la CEDEAO : Revue des procédures et avantages avec les opérateurs économiques de Bobo-Dioulasso

0

Le ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat en collaboration avec le ministère de l’Intégration africaine et des Burkinabè de l’extérieur a organisé, le lundi 18 février 2019 à Bobo-Dioulasso, un atelier d’information au profit des opérateurs économiques de la région des Hauts-Bassins. La rencontre a porté sur le schéma de libéralisation des échanges de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Le Schéma de libéralisation des échanges (SLE) est un instrument mis en place par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Ce schéma vise, selon le directeur de cabinet du ministre en charge de l’industrie, Joseph Zerbo, essentiellement à accroître les échanges intra-communautaires, par l’élimination totale des droits de douane entre les Etats-membres.

Dans l’optique de permettre aux entreprises burkinabè de tirer davantage profit du SLE, le ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat (MCIA) a procédé, le lundi 18 février 2019 à Bobo-Dioulasso, au lancement des ateliers de sensibilisation et d’information sur ledit instrument au profit des opérateurs économiques des régions des Hauts-Bassins, de la Boucle du Mouhoun et de l’Est. Cela, grâce à la collaboration avec le ministère de l’Intégration africaine et des Burkinabè de l’extérieur.

« La libéralisation des échanges dans l’espace CEDEAO permet à une entreprise résidente dans n’importe quel pays de la CEDEAO de vendre ses marchandises dans d’autres pays membres sans les frais de droits de douane », a expliqué M. Zerbo. Et de souligner que cet instrument comporte d’importants avantages.

En effet, outre l’exonération des droits de douane, le SLE permet aux opérateurs économiques de sortir des marchés nationaux étriqués pour pénétrer le marché régional fort de plus de trois cents millions d’habitants, a-t-il poursuivi. A l’en croire, les entreprises burkinabè, comparativement aux entreprises des autres pays membres de la CEDEAO, ne tirent pas assez profit du SLE.

Faible présence des entreprises burkinabè

En effet, sur un total de plus de 6 000 entreprises agréées, le Burkina Faso ne compte qu’une vingtaine d’entreprises agréées dans l’espace CEDEAO, a déploré M. Zerbo. « Cette situation est certainement due à la méconnaissance par nos entreprises de ce dispositif et des nombreux avantages qui y sont attachés », a-t-il fait savoir.

 

Pour le directeur régional de la Chambre de commerce et d’industrie des Hauts-Bassins, Fousséni Koné (1er à gauche) l’organisation de cet atelier témoigne du souci des premiers responsables du MCIA d’accompagner les hommes d’affaires à prospecter le marché régional.

Joseph Zerbo s’est déclaré convaincu que ces ateliers permettront d’atteindre l’objectif global du MCIA qui est de : « Contribuer à la croissance des parts de marché des entreprises industrielles burkinabè dans la sous-région, par l’accès de leurs produits aux marchés ouest africain sans aucun paiement de droits de douanes et de taxes à effets équivalents ».

Les conditions d’obtention de l’agrément et d’autres mécanismes de facilitation des échanges, prévus par la CEDEAO ont été également expliqués lors de cet atelier afin de permettre aux opérateurs d’accéder sans droits de douane au marché régional. L’ambition du ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat est de couvrir l’ensemble du territoire, notamment les autres régions restantes, selon M. Zerbo.

Le directeur régional de la Chambre de commerce et d’industrie des Hauts-Bassins, Fousséni Koné, pour sa part, a salué l’initiative, qu’il a qualifié « d’intéressante et fort louable » pour le monde des affaires.

D’après lui, elle donnera aux opérateurs et opératrices économiques des outils supplémentaires en vue de leur permettre de pénétrer davantage le marché régional Ouest africain en franchise des droits de douane.

Boudayinga J-M THIENON
Barkissa BONKOUNGOU
(Stagiaire)

Panique dans le Koulpélogo

0

Kantigui a appris, de source sûre, que la journée du lundi 18 février 2019 a été troublante pour les populations de la province du Koulpélogo dans la région du Centre-Est. Ce jour, un parent d’élève serait venu, très tôt le matin à l’école primaire du village de Bobendé, dans la Circonscription d’éducation de base (CEB) de Yargatenga pour rencontrer le corps enseignant.

Les élèves, qui auraient assimilé son accoutrement à celui d’un terroriste, ont pris peur et s’en est suivie une débandade. C’est ainsi que les villageois, dans la panique totale, auraient alerté le directeur de l’école et la CEB de la situation. Comme une trainée de poudre, la rumeur a envahi toute la province entraînant la fermeture de toutes les écoles primaires et secondaires. Kantigui a ouï dire que même hier mardi 19 février 2019, certains établissements seraient toujours restés fermés.


Safané : le commissariat dans l’obscurité

C’est tout peiné que Kantigui se sent par moment obligé d’attirer l’attention de nos autorités, afin que certaines situations changent au plus vite. En effet, dans ce contexte d’insécurité, Kantigui, en séjour à Safané dans la province du Mouhoun (Dédougou) le week-end dernier, a été informé que le commissariat de police de la localité fonctionnerait sans électricité depuis le mois de décembre.

Et pour cause, a confié une source à Kantigui, la mairie qui devait s’acquitter du règlement des factures d’électricité du commissariat ne l’aurait pas fait depuis un bon bout de temps. Conséquence, la SONABEL s’est vue obligée d’interrompre la fourniture d’électricité dont les factures impayées avoisineraient la somme de 250 000 F CFA. Kantigui souhaite qu’une solution soit rapidement trouvée pour permettre aux policiers de mieux faire leur travail.


Une équipe de Telecel portée disparue

Kantigui a été informé de la disparition d’une équipe de Telecel composée de trois personnes à bord d’un véhicule 4×4 depuis le mercredi 13 février dernier dont on serait sans nouvelles jusqu’à présent. De sources concordantes, les traces de l’équipe auraient été perdues après qu’elle a quitté la localité de Guiedbila à quelques encablures de Barsalgho dans le Centre-Nord. Parmi les trois personnes, il y aurait deux agents de l’agence Telecel de Dori et un chauffeur d’une agence de location de véhicules.

Kantigui a appris que l’équipe devrait retourner à Dori pour des travaux le lendemain à Touka Bayel et Touka Korno. Kantigui est peiné par cette énième disparition qui vient rallonger la longue liste des enlèvements dans cette partie du Burkina Faso. En fin janvier 2019, une équipe de la Croix-Rouge avait disparu sur l’axe Kongoussi-Djibo.


CHU Bogodogo : Et si la pharmacie fonctionnait 24h/24 ?

Kantigui qui aime apporter sa solidarité aux personnes malades n’hésite pas à leur rendre visite et leur apporter assistance. C’est ainsi qu’il s’est rendu au Centre universitaire de Bogodogo pour rendre visite à une malade. Après consultation et vu la gravité de la maladie du patient, le docteur soignant lui prescrit une ordonnance. C’est ainsi que Kantigui et le frère du patient se sont rendus à la pharmacie du CHU-Bogodogo. Mais, à 17h16mn l’officine est fermée.

Seul le vigile est posté devant les lieux. Des renseignements pris auprès de ce dernier, elle ne sera rouverte que le lendemain. Ordonnance en main, Kantigui s’est finalement rendu au quartier Karpala pour se procurer les médicaments. Kantigui invite les responsables de ce centre de santé à prendre des dispositions pour faire fonctionner cette pharmacie 24h/24 afin de sauver des vies.


CNE : des innovations qui alourdissent les opérations

Depuis décembre 2018, la SONAPOST est devenue La Poste Burkina Faso. Cette évolution avec le temps, n’est pas du goût de tous et principalement de Kantigui, client de la Caisse nationale d’épargne (CNE). En effet, comme à ses habitudes, Kantigui s’est rendu au guichet pour effectuer un dépôt d’argent. Avant ce changement, les clients déposaient leur carnet au guichet, retiraient une fiche à remplir avant de remettre le montant qu’ils désirent verser. Les caissiers le mentionnent dans le carnet et chacun est quitte. Mais avec le changement, Kantigui s’est vu imposer une autre façon de faire.

Arrivé au guichet, on lui a demandé de déposer son carnet et d’aller s’asseoir pour attendre son tour. Par la suite, la caissière, lui a remis la fiche à remplir et le carnet (sans avoir mentionné la nature de l’opération) et a récupéré son argent qu’il voulait déposer avant de lui dire d’aller remplir la fiche. Après avoir rempli la fiche, Kantigui l’a remise en plus du carnet. Dès lors se pose mille questions. Qu’adviendra-t-il en cas de contestation du montant de l’argent remis par le client ?

En cas de longue queue, le client qui a déjà remis son argent peut-il se désister et récupérer son argent ? En tous les cas, comme Kantigui, de nombreux clients se plaignent de cette innovation qui, en plus de rendre plus lentes les opérations, risque à coup sûr de créer des gorges chaudes entre les clients et les caissiers. Tout en saluant les nombreux efforts déployés par La Poste Burkina, Kantigui, client fidèle de la CNE attire l’attention des premiers responsables à rectifier le tir sur ce point précis.

Kantigui
kantigui2000@gmail.com
(00226) 25 31 22 89

Lycée scientifique national de Ouagadougou : Vers un temple pour les « génies »

0

Le ministre de l’Education nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales, Pr Stanislas Ouaro a lancé, les travaux de construction du lycée scientifique national de Ouagadougou, le mardi 19 février 2019.

Après le démarrage des travaux de construction du lycée scientifique national de Bobo-Dioulasso, le vendredi 15 février dernier, celui de Ouagadougou est intervenu hier, mardi 19 février 2019. Lesdits travaux ont été lancés par le ministre de l’Education nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales, Pr Stanislas Ouaro.

L’infrastructure sera bâtie sur un site de 3 ha 800 m2 dans le quartier Bassinko de Ouagadougou dans l’arrondissement n°8, secteur n°8. Selon le premier responsable de l’éducation, dans six mois, vont pousser sur le site, des blocs pédagogiques composés de salles de cours, de salles informatiques, une salle de projection, une salle d’étude et de projection et des latrines.

A cela s’ajoutent des blocs administratifs abritant les bureaux des directeurs et agents, une salle de réunion de professeurs, des magasins, cafétérias et des toilettes. En plus de cela, des blocs d’hébergement avec des logements de filles et de garçon en R+ 1, ceux des enseignants et personnel administratif, une buanderie, des locaux techniques et aussi des toilettes seront érigés.

Sur ce même site, sortira bientôt un complexe sportif olympique comprenant à la fois un terrain de football, de volley-ball, de handball et une piste d’athlétisme. Il est prévu également, une infirmerie, des espaces verts, des parkings pour autos et motos, un local pour groupe électrogène de 50 KVA, un local transformateur SONABEL, etc.

La réalisation du futur lycée scientifique de la capitale est estimée à plus de 2 milliards 610 millions de F FCA et financée par la Banque mondiale. «Grâce à l’appui financier de la Banque mondiale, d’un montant d’environ 25 milliards F CFA, sous forme de don, les deux lycées scientifiques nationaux seront bientôt une réalité », a soutenu le ministre en charge de l’éducation.

Il a souligné que ces lycées qui se veulent des établissements de référence ambitionnent de donner une culture scientifique très pointue à ses pensionnaires afin de les préparer à s’orienter vers de grandes écoles de formations d’ingénieurs. Pour lui, la disponibilité des nouveaux locaux permettra d’augmenter les effectifs actuels en les faisant passer de 70 à 140 nouveaux élèves par an dans les deux établissements.

Pour la bonne exécution des travaux de construction…

C’est pourquoi, Pr Stanislas Ouaro en appelle au sens du devoir et de responsabilité des entreprises chargées de l’exécution des travaux, à respecter les clauses contractuelles afin que les présents travaux s’exécutent dans les délais impartis. Le ministre Ouaro a confié que des équipes techniques de son département et celles du maître d’ouvrage veilleront, particulièrement à imprimer une rigueur soutenue dans le suivi et le contrôle de l’exécution des travaux.

La construction des lycées scientifiques s’inscrit dans la dynamique de résolution de la carence du pays en élèves de séries scientifiques. Elle est aussi la matérialisation de la volonté politique du président du Faso, de doter les 13 régions de lycées scientifiques nationaux, inscrite dans son PNDES.

En attendant la réalisation des infrastructures, la première promotion (2017-2018) a débuté les cours le 17 octobre 2017. Le premier adjoint au maire de la commune de Ouagadougou, Moussa Belem, s’est réjoui du choix de sa ville pour abriter cet établissement de référence. Aussi, il a salué les efforts des acteurs de l’éducation pour améliorer la qualité du système éducatif et accroître l’offre éducative dans la ville. Aux partenaires au développement comme la Banque mondiale, le représentant du maire de Ouagadougou, a salué son engagement pour faire reculer l’ignorance au Burkina Faso.

Mariam OUEDRAOGO

Nigéria : Ne pas franchir le Rubicon

0

Les élections présidentielle et législatives prévues le samedi dernier au Nigéria ont été reportées pour le 23 février 2019, soit une semaine de plus. Il n’en fallait pas plus pour déclencher la colère des Nigérians et la plupart des 73 candidats en lice pour le fauteuil présidentiel.

Cette décision de la Commission nationale électorale indépendante (INEC) est intervenue à un moment où les 84 millions d’électeurs avaient déjà le regard tourné vers les bureaux de vote. En effet, c’est tard dans la nuit du vendredi 15 à samedi 16 février à l’issue d’une rencontre convoquée d’urgence que le report a été décidé, soit à quelques 5 heures des élections.

La colère des Nigérians est encore plus grande au regard du fait que la commission en charge des élections n’a pas donné plus de détails sur les mobiles du report. Elle s’est contentée de dire qu’il s’agit de garantir la tenue d’élections libres, justes et crédibles invoquant des raisons logistiques.

Il est vrai que le processus électoral a connu quelques difficultés avec un incendie qui a dévasté trois centres de l’INEC. A cela, s’est ajouté le manque de bulletins de vote dans plusieurs Etats, dénoncé par l’opposition. Du reste, ces cas avaient été minimisés par la commission elle-même rassurant que le scrutin se tiendra « à bonne date ».

Le réalisme a-t-il rattrapé les organisateurs ou est-ce une volonté du président sortant, Muhammadu Buhari, candidat du Congrès des progressistes (APC), de gagner une longueur d’avance sur ses concurrents, comme le clament certains leaders de l’opposition nigériane ? Si non, comment comprendre que le candidat du pouvoir s’est refusé de prendre part à un débat télévisé sans daigner donner les raisons de son absence au studio.

Dans tous les cas, la méfiance a déjà fait son lit au pays des « Yuruba ». Les deux principaux favoris, le président sortant et le candidat du Parti démocratique populaire (PDP), Atiku Abubakar, tous deux originaires du Nord, à majorité musulmane, s’accusent mutuellement de vouloir fomenter des fraudes. Une chose est sure, c’est la semaine de la surenchère où les joutes électorales ont fait monté d’un cran les tensions. Le président nigérian a appelé la police et l’armée à être « sans pitié » envers ceux qui voudraient truquer le scrutin électoral de samedi prochain.

« Nous n’allons pas être tenus pour responsables (…) à la place de ceux qui décident de voler des urnes ou d’utiliser des criminels pour perturber le scrutin », a déclaré Muhammadu Buhari. Cet appel a été perçu, par l’opposition comme un appel à la haine et aux crimes extra-judiciaires. Pour le candidat du PDP, les propos du chef de l’Etat ne sont pas dignes d’un démocrate. Dans ce pays instable où les violences post-électorales sont fréquentes, les acteurs ont la lourde responsabilité de ne pas franchir le Rubicon. Un tel pas serait fatal pour cette puissance économique, voire pour la sous-région.

Abdoulaye BALBONE