Fondation Bill et Melinda Gates : « Lettre annuelle 2019 : Nous ne nous attendions pas à cela »

La Fondation Bill et Melinda  a encore publié sa lettre de l’année : « Lettre annuelle 2019 : Nous ne nous attendions pas à cela », le 12 février 2019. Cette lettre annuelle  a été dédiée à leur cher ami, le co-fondateur de Microsoft, Paul Allen, qui a été emporté par un cancer en octobre dernier. Dans cette lettre structurée sous le format interview, Bill et Melinda Gates pensent qu’avec des investissements judicieux, il est possible de libérer l’incroyable potentiel du continent africain. « Les jeunes Africains façonneront l’avenir de leurs propres communautés, mais également du monde entier. Si l’Afrique subsaharienne s’engageait  à investir pour la jeunesse, cette région pourrait doubler son poids dans la population active à l’échelle mondiale d’ici 2050 et ainsi améliorer la vie de centaines de millions de personnes », disent-ils.

Télécharger la lettre annuel 2019 en intégralité

 

B.S.

Assemblée nationale : Christophe Dabiré Investit Premier ministre

Le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, était hier lundi 18 février 2019, devant l’Assemblée nationale pour décliner les grandes lignes de la politique générale de son gouvernement. Il a réussi avec brio cet exercice constitutionnel à valeur d’investiture.

Promu à la tête de l’exécutif burkinabè au moment où le pays fait face à de multiples défis, le nouveau Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, a désormais l’onction des députés. Avec un vote de 84 voix pour, 19 contre et 23 abstentions, sa Déclaration de sa politique générale a reçu l’aval du Parlement.

Le PAN, Alassane Bala Sakandé, a dirigé les travaux lors de cette plénière.

Investi de fait, il pourra remplir sa mission de plein droit en vue de conduire le Burkina vers de lendemains meilleurs. Pendant une heure environ, le chef du gouvernement, dans son exposé, a fait le tour des principaux sujets de préoccupation du peuple burkinabè, déclinant les stratégies et actions que son équipe compte déployer afin d’impulser une nouvelle dynamique dans la recherche de solutions.

A l’écouter, la feuille de route de son gouvernement s’articulera autour de cinq principaux axes, à savoir le devoir de relever les défis sécuritaires, l’exigence de pallier l’effritement de la cohésion sociale, l’obligation d’instaurer une gouvernance vertueuse, la nécessité de renforcer le capital humain et la volonté de redynamiser l’économie nationale.

Sur la question sécuritaire, Christophe Dabiré a rappelé que depuis 2015, le Burkina Faso est la cible d’attaques terroristes qui se sont accentuées ces derniers temps avec pour corolaires, assassinats lâches, prises d’otages, destructions d’édifices publics mettant en péril la paix et la sécurité des personnes et des biens dans plusieurs parties du pays. Convaincu que la paix et la sécurité sont des conditions indispensables pour la mise en œuvre d’un programme de développement, le nouvel exécutif s’est engagé à apporter des réponses « vigoureuses » et « diligentes » à la sécurisation du territoire national.

Cela doit passer, entre autres, par l’opérationnalisation rapide de la loi de programmation militaire quinquennale 2018-2022 qui permettra de doter les Forces de défense et de sécurité (FDS) en moyens logistiques et matériels adéquats. De même qu’une « présence renforcée » des FDS sur l’ensemble du pays à travers la création de commissariats de police et de postes de gendarmerie et le renforcement des effectifs déployés sur le terrain.

Mais de l’avis du Premier ministre, en plus de l’action militaire, les populations civiles ont aussi un rôle à jouer dans le combat contre le terrorisme. « Face à cette barbarie d’une autre époque, il faut l’union sacrée de tous les Burkinabè car comme l’affirmait feu Thomas Sankara, notre peuple unis et mobilisé constitue une force inébranlable, une puissance capable de prendre en main son propre destin », a-t-il cité.

Prendre en main son destin

Dans sa nouvelle stratégie, le gouvernement, tout en sollicitant l’appui de la communauté internationale pour faire face aux groupes terroristes, compte sur la capacité des hommes avec une formation de qualité à la hauteur des défis du moment.

Concernant la justice, M. Dabiré estime que l’indépendance des magistrats dans la conduite des dossiers devrait permettre de lutter contre l’incivisme, de combattre l’impunité et de protéger les droits humains. Mais le constat, a-t-il fait remarquer, est tout autre sur le terrain, précisant que les Burkinabè dans une large majorité ne sont pas satisfaits de leur justice, notamment de la lenteur observée dans le traitement de certains dossiers emblématiques.

Les réformes institutionnelles en cours devront permettre à l’appareil judiciaire de procéder à un traitement diligent des nombreuses affaires en souffrance, foi du chef du gouvernement. La situation économique qualifiée par certains de « morose » est l’un des sujets sur lesquels, le nouveau patron de l’exécutif burkinabè était très attendu. Celui-ci n’a pas fait dans la langue de bois en signifiant clairement qu’il y a une nécessité de prendre des mesures vigoureuses pour redynamiser l’activité économique.

Aux nombres de ces mesures, on note entre autres, l’amélioration du climat des affaires et des investissements, le développement des secteurs de soutien à la production, le renforcement du pilotage de l’économie et l’inversion de la tendance à la dégradation de l’environnement.

Les membres de l’exécutif ont été témoin de l’exercice.

A cela s’ajoute l’accélération de la mise en œuvre du Plan national du développement économique et social (PNDES), dont l’ambition est de contribuer à l’amélioration significative des conditions de vie des populations. Cela est d’autant plus urgent que quatre Burkinabè sur dix vivent encore en dessous du seuil de pauvreté estimé à 153 000 francs CFA par an et par personne, selon le Premier ministre, un ancien commissaire de l’UEMOA.

La question de la réduction du train de vie de l’Etat qui focalise les attentions au sein de l’opinion était au menu de l’exposé. Christophe Dabiré a affirmé son engagement à poursuivre les réformes des rémunérations des agents publics de l’Etat à travers la mise en œuvre des conclusions et recommandations de la conférence nationale sur le sujet.

Et cela passe, à l’en croire, par la redéfinition des modalités de paiement des salaires des hautes autorités investies d’une charge politique ou administrative. L’autonomisation des femmes et l’emploi des jeunes, l’énergie électrique, l’éducation, la santé sont aussi des points ayant retenu l’attention des députés. A l’occasion, Christophe Dabré a rendu hommage à son prédécesseur, Paul Kaba Thiéba.

Beyon Romain NEBIE
nbeyonromain@yahoo.fr

Déclaration de politique générale : Les réponses de Christophe Dabiré aux députés

A l’issue de sa Déclaration de politique générale, le Premier ministre, Christophe Dabiré, s’est prêté aux questions des députés. Il a apporté des éclaircissements aux préoccupations relatives entre autres à la sécurité, à l’éducation, à la santé, à la fronde sociale et à la réconciliation.

Les six groupes parlementaires de l’Assemblée nationale ont réagi chacun selon son centre d’intérêt à la Déclaration de politique générale prononcée hier, mardi 18 février 2019, à l’hémicycle par le Premier ministre Christophe Dabiré. Le chef du gouvernement a, à l’occasion, donné des réponses aux questions posées par la représentation nationale. Les députés qui n’ont pas été avares en question ont abordé presque tous les secteurs, de la sécurité en passant par l’éducation, la santé, la grogne sociale et la réconciliation nationale.

Considérant plutôt les questions comme des « contributions » qui feront l’objet d’approfondissement lors de son deuxième passage au Parlement pour son discours sur l’état de la nation, M. Dabiré a donné quelques éclaircissements sur les cinq axes de sa politique générale : les défis sécuritaires, la reconstitution du tissu social, la gouvernance administrative, économique et sociale, le développement du capital humain et la relance économique. A cet effet, il est revenu sur le fils conducteur de sa déclaration. Pour lui, il faut s’attaquer d’abord aux défis sécuritaires.

« L’insécurité est à la base de l’effritement de la cohésion sociale. Cet effritement de la cohésion sociale conduit à toutes les revendications que nous connaissons aujourd’hui et pour résoudre toutes ces questions, il faut travailler à développer l’économie nationale » a-t-il déclaré. Convaincu que pour arriver à ces résultats, il faut nécessairement une organisation nouvelle, le chef du gouvernement a invité toutes les composantes de la société à transcender les considérations politiques et autres divergences pour travailler pour le développement du pays.

« Il est vrai que le terrorisme tire ses racines dans le terreau fertile de la pauvreté mais en réalité le terrorisme et l’insécurité émanent également de l’inorganisation », a-t-il témoigné. Dans le domaine de l’éducation et face à la fermeture des écoles dans le Sahel et dans la région de l’Est, Christophe Dabiré a indiqué que l’exécutif a conçu un plan avec les forces vives des zones concernées. A l’écouter, la stratégie sera validée le 21 février prochain avant sa mise en œuvre.

140 personnes auditionnées dans le dossier Yirgou

Restant évasif sur le contenu pour des raisons tactiques, le Premier ministre a précisé que les curricula seront réadaptés afin de permettre aux élèves de rattraper le retard accusé. Sur le train de vie de l’Etat, Christophe Dabiré a relevé qu’il ne s’agit pas de réduire uniquement les émoluments des hauts fonctionnaires de l’Etat.

« Nous devons aller loin, en rationalisant la gestion du patrimoine, du matériel, les locations des infrastructures pour dégager des ressources supplémentaires pour le financement de l’économie », a-t-il expliqué. Pour ce qui est du secteur de la santé, M. Dabiré a soutenu que son gouvernement est à pied d’œuvre pour endiguer la propagation de la méningite qui a occasionné 26 décès dans la province de Diapaga.

Les députés se sont intéressés aux questions d’ordre sécuritaire, éducatif, sanitaire et socio-économique.

Dans le domaine judiciaire, l’exécutif compte sur l’indulgence des populations et rassure qu’il travaille afin qu’elle soit rapide, car la justice est l’une « des meilleures parades contre l’incivisme et la délinquance ». « Sur les événements de Yirgou, j’affirme que le procureur du Faso est à la tâche. Près de 140 personnes sont auditionnées », a-t-il signifié. La question de la réconciliation n’a pas été esquivée par le chef du gouvernement. De son avis, la problématique est inscrite en lettres d’or dans son agenda.

C’est pourquoi, il dit avoir rencontré dès sa prise de fonction le Haut conseil pour la réconciliation et l’unité nationale (HCRUN), le Haut conseil de dialogue social (HCDS) et le Médiateur du Faso. « Nous avons échangé longuement avec ces structures », a-t-il dit. Puis de rappeler que le HCRUN doit examiner 5065 dossiers dont certains remontent aux années 60. A propos du dossier des militaires radiés, le Premier ministre a avoué qu’il a déjà été traité par le HCRUN et que bientôt une « solution élégante » sera trouvée. Au niveau des infrastructures, M. Dabiré a fait savoir qu’il a demandé un point sur les chantiers en souffrance afin de prendre des mesures pour y remédier.

Le chef du gouvernement s’est en outre intéressé à certaines questions relatives au secteur minier, à l’environnement et à la corruption sans trop de détail, promettant d’y revenir lors de son discours sur l’Etat de la nation. Néanmoins, il a précisé que les rapports sur les faits de corruption qui parviennent à ses services sont transférés aux ministères concernés pour suite à donner.

Abdoulaye BALBONE

Déclaration de politique générale du Premier ministre : Convergences de vue sur la réconciliation nationale

Les présidents des six groupes parlementaires de l’Assemblée nationale ont diversement apprécié, le lundi 18 février 2019 à Ouagadougou, à la Déclaration de politique générale du Premier ministre, Christophe Marie Joseph Dabiré.

Malgré les acquis engrangés dans la mise en œuvre du programme de société du président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, le nouveau Premier ministre (PM), Christophe Dabiré, a fait cas, dans sa Déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale hier 18 février 2019, de multiples défis qui alimentent encore les craintes et provoquent les mécontentements de certains Burkinabè. Affirmant comprendre et partager ces préoccupations, il compte y répondre à travers une politique de développement bâtie sur cinq axes.

Il s’agit de relever les défis sécuritaires, pallier l’effritement de la cohésion sociale, instaurer une gouvernance plus vertueuse, renforcer le développement du capital humain et dynamiser l’économie nationale. Se disant « convaincu » par la Déclaration du PM, le président du groupe parlementaire MPP (Mouvement du peuple pour le progrès), Siguian Alexandre Tapsoba, a jugé qu’elle est claire, compréhensive et prend en compte les préoccupations objectives du moment. « Je salue l’humilité de son ton et la fermeté dans son engagement », a-t-il précisé.

A son avis, l’émotion du PM lors du discours veut dire qu’il a à cœur d’apporter un plus aux populations burkinabè. Pour Kodjo Jacques Palenfo du groupe parlementaire Renouveau démocratique, le Premier ministre est très volontariste, engagé et conscient de la mission que le chef de l’Etat lui a confié. « Le premier point qui nous satisfait dans cette déclaration, c’est l’insistance sur la réconciliation des filles et fils de ce pays », a-t-il relevé.

Le député Palenfo, pour qui le Burkina Faso est « notre seul bien », a rappelé que « rien ne doit nous diviser quelles que soient nos divergences politiques ». Toutefois, il a admis que le discours n’est qu’une intention, et attend de voir qu’il soit traduit en acte. Le président du groupe parlementaire CDP (Congrès pour la démocratie et le progrès), Kirigahon Alphonse Nombré, a accueilli avec joie la question sur la réconciliation nationale.

Selon lui, il y a bien de points cohérents mais ce dernier est fondamental. « Si l’on n’arrive pas à regrouper les Burkinabè, comment peut-on lutter efficacement contre l’insécurité, le terrorisme, entreprendre des actions de développement en faveur des populations ? », s’est-il interrogé. Il a parlé d’une rupture notable perçue dans cette déclaration par rapport à ce qu’ils ont l’habitude d’entendre en pareille situation. « Nous encourageons le PM à aller dans ce sens pour regrouper l’ensemble des Burkinabè autour de l’essentiel : le Burkina Faso », a conclu M. Nombré.

Sécurité et réconciliation

Le président du groupe parlementaire Paix, justice et réconciliation nationale (PJRN), Zilma François Bacyé, a dit avoir entendu un discours émouvant avec des points assez cohérents et pertinents. Mais le problème, à son avis, est qu’il y a encore beaucoup de littérature alors que le peuple attend la rupture. « Pour la réduction du train de vie de l’Etat, nous avons des structures faramineuses, des institutions budgétivores et on nous dit ‘’on va voir’’, ‘’on a instruit’’… », a-t-il fustigé.

Pour le représentant du président du groupe parlementaire Burkinlim, Alidou Sanfo, c’est un Premier ministre qui a traduit sa foi et toutes ses convictions et détermination par rapport à la conduite des affaires du pays pendant les 20 prochains mois. Il a indiqué que le discours est un engagement et, en même temps, un appel des Burkinabè au sursaut patriotique, à la défense du territoire national et à la collaboration. « Nous avons l’impression, a révélé Alidou Sanfo, qu’il met l’accent de sa déclaration sur la sécurité et la réconciliation ».

A part le fait que le PM ait sacrifié à une tradition constitutionnelle, le président du groupe UPC (Union pour le progrès et le changement), Koumbaterssour Nicolas Dah, n’a rien vu de nouveau dans cet exercice. « Quand il dit que sa déclaration est une feuille de route de sa contribution à la réalisation du programme du président, c’est un changement dans la continuité », a-t-il assuré.

Par conséquent, le groupe a pensé qu’il ne sied pas de donner la confiance à quelqu’un qui s’inscrit dans la même dynamique que son prédécesseur. De l’avis de M. Dah, le seul point qu’il a retenu comme innovation, c’est l’intention du PM d’aller à la réconciliation. Il a jugé que cela a été malheureusement énoncé de façon vague.

Tielmè Innocent KAMBIRE

Nous a rendu visite : Les académiciens de Pô « feuillettent » la « Maison commune »

0

La 18e promotion des élèves officiers d’active de l’Académie militaire Georges Namoano de Pô ont visité la direction générale des Editions Sidwaya, le lundi 18 février 2019.

Des militaires étaient dans les locaux de la direction générale des Editions Sidwaya (DGES) le lundi 18 février 2019. Il s’est agi d’une visite-découverte de la 18e promotion d’élèves officiers d’active de l’Académie militaire Georges Namoano de Pô.

Une soixantaine d’élèves, dont 45 de nationalité burkinabè ont ainsi passé en revue la chaîne de production de l’information au sein du journal de tous les Burkinabè. Ainsi, de la direction des rédactions à l’imprimerie, les « milo » ont découvert le fonctionnement de la salle de rédaction du quotidien, de la documentation, du secrétariat de rédaction ainsi que le processus d’impression des journaux Sidwaya.

Ce passage dans la « Maison commune » s’inscrivait dans le cadre du module connaissance du monde, dont la finalité est de permettre aux futures élites des armées, de comprendre les réalités extérieures du milieu. Les élèves officiers ont été conduits par le commandant de la promotion, le capitaine Moumouni Ouédraogo. Ce dernier s’est dit satisfait de l’accueil qui leur a été réservé et de la visite qui leur a permis de découvrir beaucoup de choses.

« Quand on est à l’extérieur on pense que c’est un travail facile. Mais après la visite, on a compris que c’est un travail minutieux, formidable et professionnel », a-t-il confié. Le capitaine Ouédraogo a aussi noté les sacrifices des femmes et hommes de médias pour tenir les Burkinabè informés. Le directeur général des Editions Sidwaya, Mahamadi Tiegna s’est pour sa part réjoui que l’école de formation d’officiers manifeste de l’intérêt à l’égard du « Journal de tous les Burkinabè ».

« Quand on prend un journal, on ne se doute pas de toute l’industrie qu’il y a eu derrière », leur a-t-il déclaré. M. Tiegna a espéré que la visite permettra à ses hôtes de faire davantage preuve de compréhension vis-à-vis du travail de journaliste. Il a affirmé sa disponibilité à répondre à d’autres sollicitations de l’école d’officiers.

Fabé Mamadou OUATTARA

Procès du putsch : « L’armée a marqué un refus catégorique », colonel-major Beremwoudougou

Devant le tribunal militaire, hier lundi 18 février 2019 à Ouagadougou, le témoin, le colonel-major, Noufou Beremwoudougou a expliqué que l’armée nationale s’est formellement opposée au putsch manqué. A sa suite, un autre témoin, le colonel-major Sibdou Léonard Gambo, a aussi donné sa version des faits.

Pour avoir participé aux réunions des 16 et 17 septembre 2015 lors du coup d’Etat de 2015, le colonel-major, Noufou Beremwoudougou, a été cité comme un témoin à comparaitre. Dans sa déclaration à la barre, le 18 février 2019, il a expliqué que le 16 septembre, c’est aux environs de 16h que l’ex-chef d’Etat-major général des armées (CEMGA), Pingrénoma Zagré, a convoqué une réunion.

Celui-ci serait venu à la rencontre avec l’ex- président, Jean Baptiste Ouédraogo et Mgr Paul Ouédraogo. « Le CEMGA a planté le décor en informant qu’il aurait reçu un appel du général Gilbert Diendéré lui indiquant que le Conseil des ministres avait été interrompu et les autorités mises aux arrêts », a-t-il raconté. Toute chose que le général Diendéré a confirmé tout en énumérant des griefs qui auraient justifié cette crise.

Il s’est agi de la situation politique délétère à l’époque, de la dissolution de l’ex-RSP et de la loi portant statut du personnel de l’armée. Pour une sortie de crise, les participants ont proposé la rédaction d’un communiqué dans lequel, il était annoncé que l’ex-RSP est l’auteur de la situation. Le communiqué demandait également la libération des autorités et appelait les populations au calme et à la retenue. Après consultation avec les soldats, « golf » serait revenu dire que ceux-ci ont refusé la proposition. « A l’unanimité, nous avons donc tous marqué notre refus catégorique à ce coup de force.

Il n’était pas question que l’armée s’implique dans cette situation. C’est en ce moment que Diendéré a décidé d’assumer la responsabilité du putsch. Dès lors, le mouvement d’humeur s’est mué en putsch », a relaté le témoin. En ce qui concerne la réunion du 17 septembre 2015, il s’était agi d’une rencontre d’information à laquelle Diendéré a informé la hiérarchie de la mise en place du Conseil national pour la démocratie (CND), d’une déclaration qui sera faite à la télévision nationale et des pourparlers entamés avec des personnalités.

Cependant, il a souhaité l’accompagnement de l’armée quant au maintien de l’ordre. Selon le témoin, celle-ci a marqué son accord en lui demandant de faire des réquisitions. « Etait-il question de trouver une solution à la énième crise du RSP ? », s’est interrogé le parquet militaire. Et M. Beremwoudougou de répondre que Diendéré serait venu en tant que représentant des putschistes.

Contradiction entre Kiéré et Diendéré

En confrontation avec le témoin, l’accusé Boureima Kiéré a soutenu que cette version corrobore la sienne et que même si l’armée s’est opposée à l’action, n’empêche qu’elle a aussi accompagné le coup d’Etat. Car, selon lui, si elle avait été ferme, on n’en serait pas à ce procès. Mais, l’ex- président du CND a battu en brèche cette déclaration de Noufou Beremwoudougou. A l’entendre, les témoignages se suivent et se ressemblent. Cela s’explique par le fait qu’il y aurait eu certainement une concertation entre eux.

Pour lui, si la hiérarchie s’était opposée, pourquoi avoir sollicité du matériel de maintien de l’ordre, mis à sa disposition un hélicoptère, signé un ordre de mission et marqué le respect à son égard à la réunion du 17 septembre (tous se sont mis au garde-de-vous à son entrée en salle) et même l’avoir accompagné à l’aéroport pour accueillir les chefs d’Etat. A ce propos, Me Pierre Yanogo de la partie civile a démontré que l’armée a un rôle républicain et quelle que ce soit la personne au pouvoir, il a le devoir de le faire.

En plus de cela, l’accusé Diendéré a expliqué qu’il n’y a jamais eu de projet de rédaction de communiqué lors de la première rencontre, sauf celle de la déclaration lue. A cet effet, Me Prosper Farama a souligné qu’il ne peut pas avoir un contrôle sur les témoins. « A l’heure des confrontations, le général refuse de parler. Votre fermeté se ramollie au fur et à mesure que les témoins viennent. C’est dommage. Mais une chose est sûre, le général ne serait pas venu à la rencontre pour trouver une solution mais pour évoquer des griefs.

Cet élément prouve la préméditation du coup de force », a fait observer l’avocat. Et Me Latif Dabo de la défense de constater qu’il existe des contradictions dans les déclarations de Noufou Beremwoudougou et du colonel-major Théodore Naba Palé. Le premier a fait cas d’un communiqué et l’autre d’un communiqué conjoint (qui a été lu le 21 septembre 2015) avec des contenus divergents. « Plus nous avançons, certains font l’amalgame entre les faits », a notifié l’avocat.

Son confrère, Me Dieudonné Bonkoungou a aussi pointé du doigt la hiérarchie militaire en l’accusant d’avoir accompagné les putschistes. A l’entendre, le général Diendéré aurait annoncé sur les antennes de la télévision France 24 qu’il avait le soutien de la hiérarchie militaire. Et le témoin de répliquer qu’il n’en a pas eu connaissance. Tout en confirmant les propos de l’avocat, l’accusé Diendéré a soutenu que l’armée n’a pas pourtant contesté ce qu’il a dit sur le média international. « Je m’étonne que le témoin ne soit pas au courant », a-t-il relevé.

Ce que l’ex-CEMGA avait dit à Diendéré

A la suite de Noufou Beremwoudougou, c’est un autre témoin, le colonel-major Sibdou Léonard Gambo qui a été invité à la barre. Celui qui était le directeur de la coopération militaire au moment des faits a indiqué qu’il n’a participé qu’à la seule réunion du 16 septembre au ministère de la Défense nationale et des Anciens combattants (MDNAC). Sur ce point, son récit a été similaire à celui de son prédécesseur. Il a surtout mentionné qu’à cette rencontre, l’ancien président Jean Baptiste Ouédraogo a longuement pris la parole pour expliquer l’inopportunité du putsch et que tous les autres participants en étaient d’accord.

Il s’est également souvenu que l’ex-CEMGA, Zagré, s’est adressé au général Diendéré en ces termes : « Gilbert, souviens-toi que quand nous étions élèves officiers à Saint Cyr, nous nous étions promis de nous tenir à distance des questions politiques ». Aux dires du témoin Gambo, ce rappel de l’ex-CEMGA a fait peser un instant de silence dans la salle. A un moment, a-t-il poursuivi, on a eu l’impression que le général allait être d’accord avec les propositions de la hiérarchie militaire. Mais celui-ci a demandé à consulter d’abord sa base comme l’a aussi soutenu le premier témoin.

De l’avis du colonel-major Gambo, c’est quand les participants à la réunion ont su à travers la lecture de la déclaration du CND qu’il s’agissait d’un coup d’Etat, qu’ils se sont dispersé, mettant ainsi fin à la rencontre aux environs de 3h. A la question du parquet militaire de savoir si l’ancien président Jean Baptiste Ouédraogo a amendé ladite déclaration, le témoin a signifié qu’il le trouve trop sage pour faire de telles choses. « Jean Baptiste Ouédraogo a dit que si c’est un putsch, il n’avait plus sa place dans la salle et il leur a dit d’assumer », a détaillé le colonel-major Gambo.

Appelé à la barre, l’accusé Kiéré a nié avoir quitté la réunion afin de consulter la base. Il est appuyé par son coaccusé, le général Diendéré qui a maintenu qu’après la réunion, ils ne sont plus repartis au MDNAC pour dire que les éléments de l’ex-RSP n’étaient pas d’accord pour arrêter le coup de force. Par rapport à l’amendement de la déclaration, il a souligné que c’est Mgr Paul Ouédraogo qui en a parlé et non lui. L’audition du colonel-major Gambo se poursuit ce matin à 9h.

Fleur BIRBA &
Mady KABRE

Projet de bitumage de la routeTougan-Ouahigouya : Le Fonds Koweitien débloque 8,25 milliards FCFA

0

Le ministre de l’Economie des Finances et du Développement, Lassané Kaboré, et le directeur général adjoint de l’administration et des finances du fonds kowétien pour le développement économique arabe, Nadhal Alolayan ont signé le lundi 18 février 2019 à Ouagadougou, un accord de prêt d’un montant de 8, 25 milliards FCFA pour la construction de la route nationale N° 10.

Le Fonds Koweitien pour le développement économique arabe (FKDEA) a concrétisé son engagement à financer la route nationale N° 10 entre Tougan et Ouahigouya dans les régions de la Boucle du mouhoun et du Nord. En effet, le directeur général adjoint du FKDEA, chargé de l’administration et des Finances, Nadhal Alolayan, a paraphé un accord de prêt d’un montant d’environ 8,25 milliards FCFA avec le ministre de l’Economie des Finances et du Développement, Lassané Kaboré, le lundi 18 février dernier.

Ce prêt remboursable en 25 ans avec un différé d’amortissement de 5 ans est une contribution saluée par le ministre Kaboré. « Je me félicite de l’aboutissement des négociations qui ont permis de conclure cet accord, dans la mesure où les ressources qui seront mobilisées représentent un apport substantiel pour le financement de la RN 10 dont le coût global est de 39,05 milliards FCFA », a-t-il déclaré.

Pour, Nadhal Alolayan, le fonds koweitien attache une importance capitale à ce projet, car il a pour but de contribuer au développement social et économique du Burkina Faso. « Il élève aussi la sécurité routière tout en réduisant les coûts de transport et de voyage. Ce projet va aussi contribuer au développement agricole dans cette région, à travers la création d’emplois et l’écoulement des productions des populations laborieuses de la zone et améliorer l’accès à l’éducation », a poursuivi le haut fonctionnaire du FKDEA.

Le ministre des infrastructures, Eric Bougouma, présent à la cérémonie de signature et dont le département assure la tutelle technique du projet de construction de la route entre Tougan et Ouahigouya, a précisé que la RN 10 a une longueur de 94 Kilomètres. Il a annoncé par ailleurs d’autres travaux connexes comme le bitumage de 10 kilomètres de voirie urbaine dans la ville de Ouahigouya, la construction de 6 marchés et 16 forages dans la région.

Le Fonds koweitien pour le développement économique arabe, intervient depuis 1983 au Burkina Faso dans les secteurs de l’eau, l’assainissement, le transport, la santé à travers des 18 prêts d’une valeur de 227 millions dollars US, des dons estimés à 12 millions dollars et une assistance technique.

Outre le FKDEA plusieurs autres partenaires techniques sont engagés dans le projet de construction et de bitumage de la route nationale Tougan-Ouahigouya, à savoir la Banque arabe pour le développement économique de l’Afrique (BADEA), le Fonds de l’OPEP pour le développement international (OFID) et le Fonds saoudien de développement (FSD). A travers cet accord le fonds koweitien pour le développement économique arabe devient le 2e partenaire à matérialiser sa participation après la BADEA.

En effet, en marge de la conférence de coordination des partenaires et bailleurs de fonds du G5 Sahel pour le financement du programme d’investissement prioritaire, le directeur général de la BADEA, Sidi Ould Tah, et le ministre des affaires étrangères et de la coopération Alpha Barry avait entériné un accord de prêt d’un montant de 11,5 milliards FCFA.

Nadège YE

Suspension de la vente du pneumorel : « Une mesure de précaution », Dr Aminata Nacoulma

Le 15 février dernier, l’Agence nationale de la régulation pharmaceutique (ANRP), a publié un communiqué pour demander aux médecins généralistes, oto-rhino-laryngologistes (ORL), pneumologues, cardiologues, pédiatres, gériatres, pharmaciens d’officine, pharmaciens hospitaliers, la suspension du Pneumorel 80 mg, comprimé enrobé et le Pneumorel 0,2 pour cent, sirop. Pour mieux comprendre cette décision, nous avons rencontré la directrice générale, Dr Aminata Nacoulma, PhD Sciences Pharmaceutiques et biomédicales, experte en toxicologie médicale à l’UFR-SDS de l’Université Ouaga1 Pr Joseph Ki-Zerbo.

Sidwaya (S.): Depuis quelques jours, un communiqué recommandant la suspension de la vente du pneumorel est en circulation. Qu’est-ce qui justifie cette directive ?

Aminata Nacoulma (A.N) : La suspension a été demandée par les Laboratoires Servier en France par mesure de précaution. Quand un médicament est autorisé pour la mise à la consommation, il est évalué régulièrement. Par exemple, tous les 10-15 ans, on refait certaines analyses pour voir si, on a les mêmes résultats que ce qu’on avait au début. Pour le cas présent, les analyses en préclinique ont été refaites.

Ce n’était pas sur des patients, ils ont donc évalué le rapport bénéfice-risque. Il est ressorti que ce médicament présentait des risques d’affection du rythme cardiaque. Cependant, ce risque n’a pas été évalué sur l’homme. Mais par précaution, il a été décidé de retirer le produit pour poursuivre la recherche avant de le retirer définitivement ou pas. Ce médicament a été suspendu d’abord en France, le 8 février 2019 par l’Autorité de régulation pharmaceutique française. Le 12 février, la décision de suspension a été rendue mondiale par ce laboratoire.

Ce qu’il faut savoir, est que le pneumorel n’est pas un médicament essentiel. Si vous prenez ce médicament et on vous dit d’arrêter, cela n’a pas d’impact sur votre état de santé. Maintenant, il y a des équivalents thérapeutiques que l’on peut donner pour la prise en charge des bronchopneumopathies. Pour les patients qui ont des encombrements, on peut repartir par exemple sur des molécules comme l’acétylcystéine pour les aider.

S. : Le pneumorel était administré à quel type de patients ?

A.N : Ce médicament est utilisé pour traiter les signes fonctionnels respiratoires (toux, expectorations) au cours des bronchopneumopathies bénignes. Il s’agit donc des personnes qui souffrent de bronchopneumopathies. Ces gens sont souvent encombrés et présentent une toux grasse.

S. : Ce médicament était-il administré aux adultes uniquement ou aux enfants ?

A.N : Les deux catégories sont concernées. Il y a le sirop pour les enfants et les comprimés pour les adultes. Et ce sont les deux produits pour adultes et enfants qui sont suspendus. Pour rappel, les études qui ont conduit à la suspension n’ont pas été faites sur l’homme. Pour l’instant, on n’a pas encore détecté ce type d’effets indésirables chez l’homme pour ce médicament. Et la suspension est une mesure de précaution.

S. : Est-ce que dans notre contexte, l’information pourra-t-elle arriver dans tous les recoins du pays ?

Le Pneumorel a initialement été enregistré en 1973 en France et est actuellement commercialisé dans 32 pays.

A.N : Le circuit de ventilation est spécifique. Quand nous avons l’information, nous donnons aux portes d’entrée des médicaments. Il s’agit des grossistes et de la centrale d’achat du médicament. Aucun médicament ne doit entrer sur le territoire national sans passer par des structures autorisées. Ces structures sont les importateurs autorisés qui redistribuent les médicaments aux autres acteurs de la chaine d’approvisionnement (les officines, les dépôts, les pharmacies hospitalières, etc.). C’est ce schéma qui est suivi pour que les professionnels de santé puissent avoir la bonne information et la conduite à tenir. Les derniers remparts, ce sont les officinaux et les prescripteurs qui sont en contact avec les patients. Ils ont, à leur tour, la charge de communiquer et d’expliquer aux patients les raisons de cette suspension pour une meilleure compréhension.

S. : Avec la problématique des faux médicaments, quelle assurance peut-on avoir que le produit ne sera pas vendu par des circuits parallèles ?

A.N : La deuxième étape de la suspension, c’est le retrait des lots. Ce qui veut dire que tout lot sur le territoire national, doit être renvoyé à l’importateur contre remboursement. Cela permet d’éviter que le produit ne se retrouve dans des circuits parallèles. Chez l’importateur le produit est mis sous quarantaine en attente de conduite définitive à tenir.

Entretien réalisé par Gaspard BAYALA
gaspardbayala87@gmail.com

Trait de plume : Jette-lui la pierre si…

0

C’est acté, le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, a le feu vert de l’Hémicycle, pour conduire la barque gouvernementale et mettre en œuvre la politique du Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, durant les 20 derniers mois qui lui restent de son mandat. Face aux députés, M. Dabiré a donné cinq grands axes censés concentrer les principales interventions de son gouvernement. Mais le véritable programme dont la réalisation lui garantirait le plein succès est celui qui a été développé dans les larmes du Premier ministre.

Les téléspectateurs ont sans doute remarqué l’émotion du chef de gouvernement au moment d’appeler les Burkinabè à faire en sorte que le Burkina Faso redevienne le « Pays des hommes Intègres ». Le patron de l’Exécutif est apparu noyé d’émotions devant les élus du peuple au moment de requérir leur confiance, synonyme de quitus pour conduire sa mission. Il n’a pas tort. Le talon d’Achille du pays réside dans le faible niveau d’intégrité des populations.

Le Burkina Faso, classé parmi les pays pauvres de la planète, a certainement pour défis de parvenir à instaurer la sécurité, la cohésion sociale, la gouvernance vertueuse, le développement du capital humain et la dynamisation de l’économie. Aucune nation, à la pointe du développement, soit-il, ne saurait d’ailleurs rechigner dans la réalisation de ces objectifs.

Seulement, la condition sine qua non pour que le pays de Thom Sank s’engage résolument sur les chantiers du développement, c’est le patriotisme. En effet, un pays dont certains de ses fils n’ont aucune honte à le dénigrer marche assurément sur les sentiers de sa ruine. Les Burkinabè ont beau crier à la mauvaise gouvernance au sommet de l’Etat, le développement serait un vain mot tant que chacun ne prendra pas conscience de ses responsabilités.

Le président du Faso et subséquemment son Premier ministre ont bon dos d’essuyer les critiques de leurs concitoyens, toutefois, il convient de se rappeler les propos du Christ : « Que celui qui n’a rien à se reprocher leur jette la première pierre ». Il est très facile de montrer à quel point on abhorre ceux qui sont à la tête de son pays.

Pourrait-on aussi, avec la même verve, avoir le courage de s’auto-flageller pour le nombre de fois que l’on a violé les règles élémentaires de la vie en société : respect des feux tricolores, assiduité et ponctualité au travail, exécution du travail pour lequel on est fier de se présenter en banque à chaque fin du mois …

Comment réconcilier des personnes pour qui l’enfer c’est les autres ? En somme, les clés de réussite pour Christophe Joseph Marie Dabiré se trouvent entre les mains des Burkinabè. Sinon, le président Kaboré aura beau changer de Premier ministre, les populations auront beau alterner les présidents à la tête du pays, le résultat restera toujours mitigé.

Maintenant, le nouveau Premier ministre, fraîchement investi, pourrait aussi aller chercher ces clés entre leurs mains de la même façon qu’il a fait pour s’assurer une plus grande confiance des députés que son prédécesseur qui a dû se contenter de 72 voix. Les Burkinabè seront peut-être sensibles à l’émotion pour que l’amour de la patrie reprenne vie et que le peuple se retrouve véritablement sur l’essentiel. Ainsi, là où le volontarisme affiché de Paul Kaba Thiéba a failli, la sagesse et l’affectivité du « Papy » Dabiré pourraient peut-être réussir.

Fabé Mamadou OUATTARA