Développement de l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest : Organisations paysannes et journalistes à la recherche de meilleures approches

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Dans le cadre de la campagne Family Farmers for Climate Action (FFCA), le Réseau des Organisations Paysannes et de Producteurs de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA) a organisé un atelier régional de dialogue entre organisations paysannes et journalistes, les 1er et 2 juillet 2026 à Saly, au Sénégal. Objectif, trouver les voies et moyens pour relayer au mieux les enjeux et défis liés au développement de l’agriculture familiale dans l’espace médiatique ouest-africain.

L’agriculture familiale occupe une place centrale dans le développement socioéconomique de l’Afrique de l’Ouest. Elle emploie plus de 60% de la population active de la région. Elle produit le tiers de la nourriture mondiale. Bien qu’ils soient les plus vulnérables au changement climatique, seulement 0,3 % du financement climatique international parvient aux producteurs familiaux. Malgré leur importance, la voix des agriculteurs familiaux et les contraintes structurelles auxquelles ils font face sont sous-représentées voire absentes dans les contenus médiatiques.

Conscient du rôle des médias dans les transformations économiques et sociales et dans l’influence des politiques publiques, le Réseau des Organisations Paysannes et Producteurs de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA) veut inverser la donne. Dans cet élan, dans le cadre de la campagne Family Farmers for Climate Action (FFCA), il a organisé un atelier régional de dialogue entre organisations paysannes et journalistes d’Afrique de l’Ouest les 1er et 2 juillet 2026 à Saly, au Sénégal. L’ambition est de trouver les options possibles pour garantir la visibilité de l’agriculture familiale dans les médias et favoriser une meilleure compréhension mutuelle entre les organisations paysannes et les professionnels de l’information. Pour ce faire, les échanges ont porté sur « agriculture et climat », « agriculture familiale et médias : état des lieux et perspectives », « comprendre les médias », « innovations paysannes et journalisme de solutions », ainsi que sur les enjeux critiques tels que le financement de l’agriculture familiale, l’adaptation au changement climatique et la souveraineté semencière.

Pour le président du ROPPA, Ibrahima Coulibaly, il est temps de redorer l’image de l’agriculture familiale, de corriger l’injustice dont elle a toujours été victime et de lui accorder la place qu’il mérite. C’est le secteur qui crée plus d’emplois, avec quatre milliards de personnes dans le monde qui vivent de cette activité. Malheureusement, il n’y a pas d’investissements dans l’agriculture familiale. A titre illustratif, seulement 6% des producteurs familiaux ont accès au crédit agricole, selon les données de la BAD, a-t-il déploré.

Pour une agriculture familiale au service de la souveraineté

Il urge donc de changer de paradigme, dans l’intérêt de la sous-région. « Nous ne demandons pas de l’aumône, mais que nos Etats créent les conditions pour que nous puissions développer une activité qui crée la souveraineté pour nos pays. Car, un pays qui est dépendant sur le plan alimentaire est un pays esclave. Dans nos traditions ouest-africaines, nourrir sa famille est une question de dignité », a souligné M. Coulibaly. Pour lui, si les médias ne comprennent pas les problèmes de cette agriculture familiale, sa place dans la stabilité politique et sociale, il est difficile de faire bouger les lignes. Il y a beaucoup de flux de financements mais qui n’arrivent pas dans les exploitations familiales, a-t-il poursuivi.

Les producteurs familiaux ont besoin de communiquer, de se faire entendre et de montrer qu’ils sont des gens dignes qui créent de la richesse tous les jours, qui ont la capacité de faire en sorte que l’Afrique, pour une fois, n’injecte pas dans les autres pays 100 milliards de dollars d’achats alimentaires qu’elle est capable de produire, a martelé le président du ROPPA.

Il a appelé les hommes et femmes de médias à une prise de conscience collective, à une co-construction pour une transformation positive de l’agriculture familiale, avec des financements conséquents. Son appel n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Tout en saluant cette initiative, les professionnels de l’information se sont engagés à porter les défis de cette agriculture dans leurs colonnes et plateaux.

« Les exploitations familiales jouent un rôle crucial dans la croissance des économies de nos pays et nous devrons véritablement aussi jouer notre partition pour le développement de cette importante couche », a confié le président du réseau des journalistes pour la promotion des système agro sylvo pastoraux et halieutiques en Afrique de l’Ouest et au Sahel (ReJPAH-AOS), Gilles Essonana Podjoley, par ailleurs directeur de publication du Journal Agricole du Togo.

Mahamadi SEBOGO

Windmad76@gmail.com (De retour de Saly, Dakar)

 

Une solidarité respectueuse de la dignité humaine

Dans un communiqué rendu public hier 7 juillet 2026, le ministère de la Famille et de la Solidarité pose désormais de nouvelles bases de la solidarité : aider les plus vulnérables sans exposer leur dignité. Et pour cause, depuis quelques années, des initiatives citoyennes d’associations, d’influenceurs et autres bénévoles prospèrent sur la toile pour soutenir les déplacés internes, les familles dans le besoin et les couches fragiles. Il s’agit certes de bels élans qui montrent la générosité légendaire du peuple burkinabè et sa capacité à se serrer les coudes dans les moments difficiles, mais ces actions ont parfois donné lieu notamment à la diffusion d’images des bénéficiaires en détresse, à des remises de dons sous les projecteurs ou encore à des collectes de fonds sans aucun contrôle.

C’est pour mettre un terme à ces manquements que le gouvernement a adopté, en Conseil des ministres du 2 juillet 2026, un décret qui encadre les interventions humanitaires. Le communiqué du ministère vient donc expliquer l’esprit de cette réforme et comment elle va s’appliquer concrètement. Le message est que tout appel public à la solidarité ou toute collecte de ressources en faveur des personnes vulnérables doit désormais obtenir une autorisation préalable du ministère. L’idée n’est pas de freiner la générosité des citoyens, mais de garantir que chaque geste de solidarité se fasse dans le respect des lois, en toute transparence, et surtout dans le respect de la dignité de ceux qu’on aide. La plateforme nationale « Dèmè Sira » a été créée dans cet esprit.

Elle offre un cadre officiel pour suivre les contributions, sécuriser les ressources collectées, et accompagner les bénéficiaires avec l’aide des services sociaux compétents. Le but est de s’assurer que chaque franc donné arrive bien à ceux à qui il est destiné, tout en respectant leurs droits fondamentaux à la dignité et à la vie privée. Au-delà de l’aspect administratif, cette réforme porte une vision profondément éthique de l’humanitaire. Elle rappelle que la pauvreté, le déplacement forcé, le handicap ou la vulnérabilité n’enlèvent jamais à une personne sa dignité. Ceux qui reçoivent de l’aide ne doivent pas être exposés sur les réseaux sociaux pour quelque raison que ce soit.

Cette nouvelle orientation est aussi un appel à la responsabilité pour les associations, les organisations de la société civile, les partenaires au développement, et même les créateurs de contenus numériques. Dans un monde où les réseaux sociaux amplifient tout, chacun est invité à adopter des pratiques éthiques et conformes à la loi. La solidarité reste l’une des plus belles expressions de notre cohésion nationale. Mais, elle gagne en crédibilité quand elle s’exerce dans un cadre organisé, transparent et respectueux des personnes. En mettant la dignité humaine au cœur de l’action humanitaire, le Burkina Faso réaffirme que la charité peut s’opérer dans la discrétion, la responsabilité et l’humanisme.

La rédaction

Guinée-Bissau : un referendum contesté

La Guinée-Bissau se reconstruit à son rythme, sous la conduite de son nouvel homme fort, le général Horta N’Tam, à la suite du coup d’Etat de novembre 2025. Ce pays d’Afrique de l’Ouest, à la recherche de stabilité, s’apprête à passer d’un régime parlementaire à un régime présidentiel. Ce changement sera opéré dans les urnes, le 30 août prochain, à la faveur d’un référendum constitutionnel. L’objectif est de renforcer les pouvoirs du président, en lui permettant de nommer le Premier ministre, jusque-là issu de la majorité parlementaire et les membres du gouvernement.

Le chef de l’Etat aura également le pouvoir de dissoudre en cas de nécessité le Parlement. Cette étape doit ouvrir la voie à l’organisation d’une présidentielle en décembre 2026 en Guinée-Bissau. S’il est censé contribuer à un retour à l’ordre constitutionnel normal, dans l’ère post Umaro Sissoco Embaló, le projet de référendum irrite l’opposition qui voit d’un mauvais œil le rôle du médiateur, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dans cette affaire. C’est l’organisation sous régionale qui a annoncé la tenue de cette consultation populaire. Ce que les opposants, dont certains contraints à l’exil, ont vite fait de considérer comme une ingérence et non un acte à mettre à l’actif de la médiation.

La facilitation de la CEDEAO est décriée par l’opposition bissau-guinéenne qui croit dur comme fer que l’institution sous régionale a pris fait et cause pour le gouvernement de Transition. La CEDEAO est accusée d’avoir choisi son camp au lieu d’élargir les discussions et de prendre en compte toutes les sensibilités, dans le processus devant conduire à un retour à la normale. Pour les opposants bissau-guinéens, le referendum reflète la seule volonté des tenants actuels du pouvoir, plus en phase avec la CEDEAO qu’avec les aspirations profondes des populations. Si le coup de force, qui a valu la chute d’Umaro Sissoco, se justifie par des élections controversées, le processus électoral en cours doit impérativement être inclusif, si on veut envisager l’avenir avec sérénité.

Il faut ratisser large. Même si elle est en difficulté et quelque peu dispersée, le point de vue de l’opposition doit être pris en compte. Les conditions de cette écoute doivent être absolument réunies. Si l’organisation du référendum a été validée par le Parlement entièrement acquis au gouvernement de Transition, l’opposition ne se sent pas concernée par le processus. Elle se considère plutôt en marge du processus et soupçonne d’ailleurs les autorités de Transition de préparer leur propre terrain. En l’espèce, de travailler à légitimer leur pouvoir dans les urnes.

De toute évidence, les Bissau-Guinéens n’arrivent toujours pas à surmonter leurs contradictions et à bâtir un pays stable et prospère, loin des bruits des armes. Depuis son accession à l’indépendance en 1974, la Guinée-Bissau a connu plusieurs coups d’Etat et tentatives d’insurrection. Il est temps de rompre avec cette instabilité qui compromet son développement. La période post Umaro Sissoco offre cette perspective, mais encore faut-il que les Bissau-Guinéens prennent véritablement leur destin en main.

Kader Patrick KARANTAO

Flash

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L’augmentation des accidents de la route impliquant des motocyclistes demeure une préoccupation majeure au Burkina Faso. Chaque jour, les centres de santé enregistrent de nombreuses victimes d’accidents, parfois mortels. Les principales causes évoquées sont l’excès de vitesse, le non-respect du Code de la route, les dépassements dangereux, l’utilisation du téléphone au guidon, le défaut de port du casque et le mauvais état de certains axes routiers. Au-delà des pertes en vie humaine, ces accidents engendrent des conséquences économiques et sociales importantes pour les familles. Face à cette situation, les autorités multiplient les actions de sensibilisation et renforcent les contrôles routiers. Elles invitent les usagers à faire preuve de prudence et de civisme. Respecter le Code de la route, c’est choisir de préserver sa vie et celle des autres.

Mouniratou OUEDRAOGO (Stagiaire)

2e session des consultations diplomatiques Confédération AES-Russie: l’équipe diplomatique de l’espace confédéral se concerte

La 2e session des consultations diplomatiques entre les ministères des Affaires étrangères de la Confédération des Etats du Sahel et le ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, se tiendra ce 8 juillet dans la capitale nigérienne.

A la veille de cette importante rencontre qui réunira les experts et les ministres des Affaires étrangères de la Confédération AES et de la Fédération de Russie, l’équipe de l’espace confédéral a tenu une réunion de restitution ce mardi. Présidée par le camarade ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, cette réunion a permis aux ministres des Affaires étrangères de la Confédération AES, de prendre connaissance du contenu des projets de documents de travail élaborés par les experts et d’y apporter les amendements nécessaires. Les documents finalisés feront l’objet de signature entre les deux parties ce 8 juillet et permettront de consolider et de renforcer le mécanisme institutionnel de concertation politique entre les ministères en charge des affaires étrangères des deux parties. La 2e session des consultations diplomatiques entre la Confédération AES et la Fédération de Russie se tient après la toute première tenue en 2025 à Moscou.

DCRP/MAE

Consolidation de la communication dans la Confédération AES: les projets de loi portant ratification de la radio et de la télévision présentés aux deputés

La Commission des affaires juridiques, de la défense et de la sécurité (CAEDS) de l’Assemblée législative du peuple (ALP) a auditionné, le mardi 7 juillet 2026, une délégation gouvernementale composée des camarades ministre chargé de la Communication, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo et ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères Bêbgnasgnan Kabré.

A l’ordre du jour de cette session, trois projets de loi portant : autorisation de ratification de l’accord entre les gouvernements burkinabè, malien et nigérien, relatif à la création de la Radio confédérale « Daandè Liptako », signé le 26 novembre 2025, à Ouagadougou, l’autorisation de ratification de l’accord relatif à la création de la Télévision de la Confédération des Etats du Sahel, dénommée « Tafouk TV », signé le 21 décembre 2025, à Bamako, l’autorisation de ratification du protocole de Montréal de 1994 sur les infractions commises à bord d’aéronef.

Cet exercice est en réalité une tribune offerte au gouvernement pour présenter à la commission, les différents textes et l’intérêt pour le Burkina Faso de les ratifier. A travers son exposé, le camarade ministre de la Communication, appuyé par la camarade ministre déléguée a expliqué que la demande de l’autorisation de ratification des accords de création des médias confédéraux, vise à permettre au Burkina Faso de se conformer au cadre juridique afin de participer pleinement à la mise en œuvre des projets de la radio et de la télévision confédérale.

Un véritable maillage de l’espace confédéral

La ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères, Bêbgnasgnan Kabré, a expliqué à la commission que le texte permettra au Burkina Faso d’harmoniser son droit interne avec les standards internationaux.

A cette séance, les membres de la CAEDS ont soulevé diverses préoccupations portant entre autres, sur le choix du siège de la Radio et de la Télévision AES, les moyens de financement, les langues de diffusion des programmes, la zone de couverture. Le camarade Pingdwendé Gilbert Ouédraogo a rassuré que toutes les dispositions ont été prises pour un véritable maillage de l’espace confédéral avec en toile de fond la promotion des valeurs endogènes et la lutte contre la désinformation.

S’agissant du projet de loi portant autorisation de ratification du protocole de Montréal de 1994 sur les infractions commises à bord d’aéronef, la camarade ministre déléguée, Bêbgnasgnan Kabré, a expliqué à la commission que le texte permettra au Burkina Faso d’harmoniser son droit interne avec les standards internationaux dans l’optique de prévenir et de sanctionner les comportements susceptibles de mettre en danger les passagers des aéronefs civils.

Pour elle, cette ratification permettra au Burkina Faso de « réaffirmer son attachement au multilatéralisme, de renforcer sa crédibilité au sein de la communauté aéronautique internationale et demeurer un acteur pleinement engagé dans les efforts internationaux de sécurisation de l’aviation civile ». A l’issue des différents exposés, la commission a jugé recevable la demande d’autorisation de ratification des trois projets de lois, qui seront soumis et examinés, le 17 juillet 2026, au cours d’une séance plénière à l’ALP.

DCRP/MAE

Enquête nationale sur la santé familiale de l’Inde : l’ambassade partage les résultats de l’investigation 2026

L’ambassadeur de l’Inde au Burkina Faso était face à la presse, le jeudi 2 juillet 2026, à Ouagadougou pour faire le point de la sixième enquête nationale sur la santé familiale de son pays.

L’Inde a publié le 26 mai 2026, les résultats de sa sixième enquête nationale sur la santé familiale. Convaincu que les progrès enregistrés par son pays en matière de santé familiale peuvent inspirer ses partenaires, l’ambassadeur de la République de l’Inde au Burkina Faso, Om Prakash Meena, était face à la presse, ce jeudi 2 juillet 2026, pour donner les grands points des résultats de cette enquête. Il a rappelé que l’enquête menée durant la période 2023-2024, constitue une base de données essentielle pour comprendre la situation sanitaire actuelle et les progrès réalisés sur les principaux indicateurs.

« Elle marque une étape importante dans le parcours de l’Inde vers l’amélioration de la santé publique », a-t-il dit. Pour lui, son pays a enregistré ces dernières années des progrès notables en matière de santé, de vaccination, de nutrition et de protection financière, reflétant ainsi l’impact de politiques publiques. « Les indicateurs de santé maternelle et infantile ont atteint des niveaux historiques avec 90,6% des naissances dans des établissements de santé et une couverture vaccinale atteignant 87,1% des enfants », a illustré Om Prakash Meena.

Et d’ajouter que l’Inde a atteint un taux d’accès à l’électricité de 98,3%, l’accès à l’eau portable de 96,5% et une assurance sanitaire atteignant 60,2%. En tant que partenaire, le diplomate indien a estimé que le développement se construit grâce à la coopération, au partage des connaissances et à l’apprentissage mutuel. Les résultats de l’enquête offrent, selon lui, des enseignements précieux qui méritent d’être partagés avec les partenaires. « L’Inde demeure résolument engagée à renforcer sa coopération avec le Burkina Faso par le partage de ses meilleures pratiques dans les domaines des soins de santé primaires, de santé maternelle et infantile, de la nutrition, de la santé numérique, de la télémédecine et de la gestion des systèmes de santé publique », a-t-il poursuivi.

D’où l’importance d’une telle rencontre avec les Hommes de médias. « Nous demeurons déterminés à accompagner les priorités de développement du Burkina Faso et approfondir davantage notre coopération dans le secteur de la santé, au bénéfice de nos peuples », a promis Om Prakash Meena. Cette rencontre a permis de présenter aux journalistes une preuve de la bonne coopération entre les deux pays. Il s’agit de Mesto Africa partenaire du groupe indien Mesto Corporation et DECO india, qui accompagne la transformation industrielle et le développement minier dans les pays de la confédération de l’AES.

A travers Mesto247 Burkina, a précisé le directeur général, Athanase Boudo, par ailleurs, directeur régional de Mesto Africa, le groupe développe des solutions destinées au secteur de mines et des infrastructures. Il a cité notamment la vente, la location et le financement d’équipements, la maintenance et la fourniture des pièces de rechange et des infrastructures minières.

Adama SEDGO

Pisciculture et transformation du poisson: Adèle Djiry et Dabouonibé Somé forcent l’admiration dans le Djôrô

Considéré jusqu’à une période récente comme un domaine réservé aux hommes, le secteur de l’élevage est depuis peu pris d’assaut par les femmes. Elles sont de plus en plus nombreuses à s’y investir, améliorant ainsi leur autonomie financière. Dans la région du Djôrô, Adèle Djiry inspire par sa production et sa vente d’alevins à Batié, tandis que Dabouonibé Somé s’impose comme un modèle dans la transformation de poisson à Bapla Birifor.

Calmes étaient les eaux des douze bassins de la ferme piscicole « Faso démè », en cette matinée du jeudi 25 juin 2026. Nous sommes à quelques cinq kilomètres de la ville de Bâtié, dans la province du Noumbiel. Immergés, les petits poissons attendent impatiemment d’être nourris. A l’heure habituelle, la promotrice, Adèle Djiry, se présente les mains chargées. Au premier bassin, dès qu’ils aperçoivent l’ombre de la jeune femme de 28 ans, les Tilapia font vibrer la surface de l’eau.

A chaque jet de nourriture, les géniteurs mâles s’empressent de sortir la tête de l’eau, comme pour dire merci à leur bienfaitrice, avant de rejoindre les femelles. Le même exercice se poursuit dans les onze autres bassins et deux grands étangs de grossissement où ondulent carpes, silures et tilapias. Installée à Bâtié depuis 2025, Adèle Djiry vit chaque jour sa passion pour la pisciculture. « C’est un rêve d’enfant. Dans les années 2005-2006, lorsque je partais en vacances chez mon père à Koumana, commune de Bondokuy, région de Bankui, j’allais au marché avec 100 ou 200 francs CFA pour acheter des poissons et les mettre dans une bassine. Mais, ils mouraient très vite. Personnellement, je ne peux pas passer devant un vendeur de poissons frais sans avoir des frissons.

Accompagnée de son père, Lansélé Djiry, la promotrice de la ferme piscicole « Faso démè », Adèle Djiry, nourrit ses poissons.

Je suis naturellement attirée par ce monde », raconte Adèle Djiry. La promotrice de « Faso démè » explique qu’après l’obtention de son diplôme du baccalauréat en filière agroalimentaire au Lycée professionnel régional Guimbi Ouattara de Bobo-Dioulasso, elle a opté pour les études universitaires en management de la qualité en industrie agroalimentaire à l’université Daniel Ouézzin Coulibaly de Dédougou. Après deux années de formation et vu les conditions difficiles, elle a sollicité l’aide de son père pour se lancer dans la pisciculture.

Ce dernier a accepté de financer sa formation, laquelle étant essentiellement théorique au Burkina. Elle dit avoir demandé à aller à la ferme piscicole Diallo Boubacar de Bamako (au Mali), en 2022, pour renforcer ses connaissances pratiques. Trois mois de stage intense et purement pratique ont suffi à Adèle Djiry pour faire éclore ses compétences en pisciculture. Son père, Lansélé Djiry, major des urgences médicales au Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) de Bâtié, témoigne : « Sa passion, elle l’a nourrie depuis toute petite. Après ses quatre années de formation en agroalimentaire et deux ans de spécialisation en management de la qualité, lorsqu’elle a émis le souhait de parfaire sa formation au Mali, je l’ai accompagnée financièrement.

A son retour, il a fallu m’endetter en garantissant mon Permis urbain d’habiter (PUH). Avec l’aide d’un ami orpailleur, nous avons pu bâtir le site et installer Adèle sur ce terrain acquis grâce à ma belle-famille ». Au-delà de la fierté légitime qu’il éprouve, Lansélé Djiry assure qu’il restera toujours aux côtés de sa fille pour l’aider à réaliser ses ambitions. Deuxième d’une fratrie de six enfants, la jeune femme se réjouit de ses débuts prometteurs, affichant un chiffre d’affaires journalier d’environ 100 000 F CFA.

« Je suis folle de joie quand je regarde mes larves. Je suis vraiment fière de moi. C’est le résultat d’années de travail et du dévouement de mon équipe. La pisciculture est une activité très rentable. Je produis 20 000 alevins par mois et, les jours de vente, je peux empocher 100 000 F CFA ou plus », confie Adèle, avant d’inviter la gent féminine à s’engager sans hésiter dans le secteur, tout en s’armant de patience.

­­Elie Djoussou, le maître d’œuvre de « Faso démè »

Recruté par la ferme « Faso démè », le technicien supérieur béninois Elie Djoussou met son expertise au profit d’une production d’alevins parfaitement maîtrisée.

Bâtie sur un terrain de plus d’un hectare à l’entrée de la ville de Bâtié, la ferme compte douze bassins, trois grands étangs et une grande salle d’écloserie comprenant plusieurs vases communicants. Sur les lieux, un jeune Béninois de 28 ans s’active depuis février 2026. Elie Djoussou, étudiant en Master II en aquaculture (spécialité pêche maritime), a attrapé le « virus du poisson » à l’Université nationale d’agriculture (UNA) du Bénin. Sa licence en poche, il a d’abord travaillé au centre pilote de production agricole du Bénin, avant d’être recruté par la ferme « Faso démè ».

Chaque mardi matin rime avec récolte pour ce technicien rigoureux, qui effectue au préalable un contrôle méticuleux de l’eau, des cycles de ponte et de l’éclosion. « Pour obtenir les larves, l’opération se déroule tous les mardis. Une fois les œufs récupérés dans la bouche des femelles, je procède au nettoyage, puis au contrôle des paramètres de l’eau (oxygène, température et pH). Une extrapolation nous permet d’estimer le nombre de larves, avant de régler les vannes d’oxygénation. 72 heures plus tard, les larves éclosent et se laissent porter par le courant jusqu’au réceptacle.

Des œufs de tilapia en incubation au sein de l’écloserie de la ferme.

Chaque larve y vide sa réserve vitelline, ce qui rend son tube digestif fonctionnel », explique-t-il. Pour lui, cette étape est cruciale pour réussir l’inversion sexuelle, qui dure 21 jours. « C’est ainsi que nous obtenons les petits poissons qui seront nourris dans les étangs extérieurs. A la ferme « Faso démè », nous produisons des monosexes, c’est-à-dire uniquement des mâles, grâce à des hormones fabriquées sur place. Nous favorisons une croissance rapide pour produire en quantité, approvisionner les cages flottantes aménagées par le gouvernement à Bapla, et surtout optimiser la rentabilité, car l’objectif premier d’un entrepreneur reste le profit», a-t-il dit. Et, c’est justement cet objectif de rentabilité que poursuit également Dabouonibé Somé, transformatrice de poissons fumés à Bapla Birifor.

Dabouonibé Somé, la reine du poisson fumé

Assis sur des bancs aux abords de la route nationale 12, reliant Diébougou à Gaoua, dans la province de la Bougouriba, des clients patientent, en ce mercredi matin du 24 juin 2026, devant l’atelier de Dabouonibé Somé, à Bapla Birifor. Chaque jour, elle transforme le poisson frais en poisson fumé ou frit. Amado Ouédraogo est un habitué. Venu acheter du poisson frit, il attend son tour avec impatience : « Je viens toujours ici parce que ses produits sont d’une qualité irréprochable et elle maîtrise la friture à la perfection. Elle se démarque des autres vendeuses de la localité qui utilisent du poisson importé », confie- t-il, les yeux rivés sur la marmite bouillonnante.

Equipée d’un four traditionnel et d’un modèle moderne à Bapla Birifor, Dabouonibé Somé maîtrise désormais toute la chaîne de fumage et de conservation. Elle traite ainsi entre 200 et 1 000 kilogrammes de poisson par jour.

Ce jour-là, Dabouonibé Somé, 31 ans, n’échappe pas à sa routine. Elle s’est approvisionnée à l’aube auprès des pêcheurs locaux et au barrage de Bapla, où l’élevage en cages flottantes est en plein essor. Ses seaux regorgent de carpes (communément appelées fausses carpes ), de mâchoirons, de silures et de poissons-dormants. Après le nettoyage, l’écaillage et l’éviscération, Dabouonibé utilise des tenailles pour sectionner les épines acérées des mâchoirons, découpe les pièces et les plonge dans une grande friteuse à gaz. Après une dizaine de minutes de cuisson, les morceaux cuits rejoignent les étals.

« J’ai choisi le poisson parce que c’est la ressource disponible ici », explique celle qui a démarré cette activité en 2017, alors qu’elle était en classe de seconde. « C’est en 2020, avec la suspension des cours due au Covid- 19, que je me suis définitivement lancée. J’étais en terminale, mais je n’ai aucun regret d’avoir quitté les bancs de l’école pour la transformation, car, cette activité nourrit aujourd’hui toute ma famille », se réjouit l’entrepreneure. Pourtant, le poisson frit n’est que la face visible de son business. Sa spécialité reste le poisson fumé, dont elle traite entre 200 et 1000 kilogrammes par jour. Equipée d’un four traditionnel et d’un four moderne à dix étagères, elle maîtrise la chaîne de fumage et de conservation.

Ce séchoir moderne peut fonctionner au gaz, au charbon ou au bois. Selon elle, le poisson fumé est bien plus lucratif : « La friture demande beaucoup d’huile et de gaz, et les clients achètent au détail. Le poisson fumé, lui, se vend en gros à 5 000 F CFA le kilogramme. C’est là que se trouvent les grosses commandes. Je construis actuellement un autre magasin à Navièlgane pour étendre mon réseau et accroître mes revenus ». Grâce à cette activité, Dabouonibé subvient à ses besoins, épaule son époux pour la scolarisation des enfants et participe aux charges ménagères.

Elle encourage vivement les femmes à investir ce créneau porteur. Son seul regret ? Le manque d’électricité stable pour conserver le poisson frais plus longtemps.

Le PRECEL, puissant levier technique et financier

Pratiquée de plus en plus par les femmes dans la région du Djôrô, la pisciculture se professionnalise à grands pas. Grâce à l’accompagnement du Projet de résilience et de compétitivité de l’élevage (PRECEL), de nombreuses actrices bénéficient de formations techniques, de matériel moderne et d’un meilleur accès aux financements, transformant une activité de subsistance en de véritables Petites ou moyennes entreprises (PME).

C’est le cas de Dabouonibé Somé qui, grâce au projet, a obtenu un magasin de stockage, des tables, des bouteilles de gaz, des glacières et son fameux four moderne. Seule productrice d’alevins de la région, Adèle Djiry salue elle aussi ce coup de pouce : « Grâce aux nouvelles pratiques acquises, mon objectif d’atteindre six millions d’alevins mâles par an se rapproche. Le chemin est encore long, c’est pourquoi je sollicite à nouveau l’appui du gouvernement via le PRECEL pour franchir un cap et attirer des investisseurs internationaux », a-t-elle confié.

Taon-yi-Pouor Somé, assistant suivi-éva-luation et capitalisa- tion du PRECEL à la Direction régionale en charge des ressources animales du Djôrô, confirme l’impact du projet : « Parmi les 50 % de femmes ayant bénéficié de l’appui du projet dans la région, Dabouonibé Somé et Adèle Djiry sont des modèles d’excellence ». Il invite les autres femmes à leur emboîter le pas : « C’est un secteur en plein essor. Le PRECEL répond présent via des appels à projets.

« Parmi les 50 % de femmes ayant bénéficié de l’appui du projet dans la région, Dabouonibé Somé et Adèle Djiry sont des modèles d’excellence », témoigne Taon-yi-Pouor Somé, assistant suivi-évaluation et capitalisation du PRECEL.

Après présélection du comité technique provincial et la validation par le comité régional, le projet subventionne les investissements à hauteur de 70 % pour les femmes et les jeunes (les bénéficiaires apportant 30 %). Pour les hommes de plus de 35 ans, la prise en charge est de 60 % contre un apport personnel de 40 %. », précise l’assistant suivi-évaluation et capitalisation du PRECEL. Harouna Zallé, chef de service des productions animales à la Direction régionale en charge des ressources animales du Djôrô, renchérit avec enthousiasme : « L’élevage se porte à merveille dans la région du Djôrô. Les femmes s’investissent massivement dans les filières porcine, ovine, caprine, avicole et piscicole. Avec l’offensive agro-sylvo-pastorale lancée par les plus hautes autorités, tous nos techniciens sont mobilisés sur le terrain pour guider les acteurs vers l’autosuffisance », a-t-il dit.

Karim DIANDA


Le vibrant hommage à la promotrice de « Faso démè »

En déplacement à Bâtié dans la matinée du jeudi 25 juin 2026, le Directeur régional de l’agriculture, de l’eau, des ressources animales et halieutiques du Djôrô, Moussa Ramdé, a tenu à féliciter chaleureusement la promotrice de la ferme piscicole «Faso démè », Adèle Djiry. Pour l’occasion, le Directeur régional était accompagné du Directeur provincial chargé des ressources animales, Yacouba Ouattara, et de plusieurs collaborateurs. Moussa Ramdé a également transmis les encouragements appuyés de la hiérarchie à celle qui s’impose aujourd’hui comme l’unique productrice d’alevins de toute la région du Djôrô. Véritable maillon fort de l’aquaculture locale, Adèle Djiry vise une production record de six millions d’alevins mâles par an. Un objectif stratégique qui permettra d’approvisionner à grande échelle les cages flottantes aménagées par le gouvernement à Bapla, dans la province de la Bougouriba.

K.D.

Interdiction de refouler des patients sans évaluation clinique préalable

Il est tombé dans l’oreille de Kantigui que conformément à leurs obligations en matière d’accueil et de prise en charge des patients dans les services d’urgence, il est désormais formellement interdit aux établissements de santé de refouler ou d’orienter un patient vers une autre structure sans une évaluation clinique préalable. Selon une circulaire du ministère de la Santé dont Kantigui a pris connaissance, la saturation des services ou l’indisponibilité de lits ne peuvent justifier ce refus. « Le transfert, lorsqu’il est nécessaire, doit intervenir après stabilisation du patient », précise la note qui estime que par conséquent, aucun patient en situation d’urgence ne doit se voir refuser des soins au seul motif qu’il ne dispose pas d’une fiche de (…)

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Kantigui

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Masculinité positive: La Côte d’Ivoire, premier pays au monde à calculer son indice à partir de données nationales

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 Le Centre de développement de l’OCDE a organisé, le 6 juillet 2026 à Paris, une table ronde consacrée aux enseignements de la Côte d’Ivoire et du Sénégal sur les normes de masculinité. Madame la Ministre Euphrasie KOUASSI YAO, titulaire de la Chaire UNESCO « Eau, Femmes et Pouvoir de Décisions » (CUEFPOD), y a porté la voix de la Côte d’Ivoire.

La Côte d’Ivoire est le premier pays au monde pour lequel l’Indice des normes de masculinité a été calculé à partir de données nationales représentatives. Une reconnaissance de l’OCDE qui consacre une avancée inédite.

Ce résultat est issu de l’Enquête nationale sur les normes de masculinité en Côte d’Ivoire (EMASCI), dont les conclusions sont présentées dans le rapport « Masculinité et égalité femmes-hommes : Perspectives de la Côte d’Ivoire et du Sénégal », rendu public à Abidjan le 30 juin 2026.

Menée par la CUEFPOD en partenariat avec le Centre de développement de l’OCDE, cette étude met en lumière un aspect longtemps resté dans l’ombre des politiques d’égalité des chances entre les femmes et les hommes : les normes qui façonnent les attentes envers les hommes. Elle révèle un écart souvent silencieux : de nombreux hommes adhèrent davantage à l’égalité des chances entre les femmes et les hommes qu’ils n’osent l’exprimer. L’étude plaide ainsi pour une approche de la masculinité positive, qui progresse avec les hommes plutôt que contre eux.

Madame la Ministre Euphrasie KOUASSI YAO, titulaire de la Chaire UNESCO « Eau, Femmes et Pouvoir de Décisions » (CUEFPOD), a souligné que ce rapport confirme l’intuition qui inspire depuis plusieurs années les programmes de la Chaire. Elle a appelé la communauté internationale à prolonger cette dynamique : « Cette étude est conçue pour servir de catalyseur de changement et de transformation sociale. Je lance un appel à l’OCDE, à ses partenaires et à l’ensemble des organisations internationales afin qu’ils se joignent à nous pour traduire ces résultats en un projet africain et en actions structurantes », a-t-elle déclaré.

Au nom de l’Ambassadeur de Côte d’Ivoire en France, le Premier Conseiller, M. Anthelm Prosper ANGUI, a réaffirmé la volonté politique du gouvernement ivoirien, sous l’impulsion du Président de la République. Il a rappelé que la mesure des normes de masculinité s’inscrit dans le cadre de la Politique nationale sur l’égalité, l’équité et le genre 2024-2030.

Il a également souligné que la Côte d’Ivoire occupe déjà le premier rang en Afrique en matière d’égalité des chances entre les femmes et les hommes, selon l’Indice Institutions sociales et genre (SIGI) 2023 de l’OCDE. Ce nouveau rapport lui offre ainsi des outils supplémentaires pour consolider ce leadership.

Il a enfin soutenu l’élaboration d’une Stratégie nationale pour la promotion de la masculinité positive 2026-2030, que la CUEFPOD pourrait conduire en collaboration avec le Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant (MFFE), en cohérence avec la Déclaration de Kinshasa de l’Union africaine sur la masculinité positive.

Forte de ce référentiel scientifique, la Côte d’Ivoire entend faire de la masculinité positive un levier majeur pour promouvoir une égalité réelle des chances entre les femmes et les hommes.

T.K.