Masculinité positive: La Côte d’Ivoire, premier pays au monde à calculer son indice à partir de données nationales

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 Le Centre de développement de l’OCDE a organisé, le 6 juillet 2026 à Paris, une table ronde consacrée aux enseignements de la Côte d’Ivoire et du Sénégal sur les normes de masculinité. Madame la Ministre Euphrasie KOUASSI YAO, titulaire de la Chaire UNESCO « Eau, Femmes et Pouvoir de Décisions » (CUEFPOD), y a porté la voix de la Côte d’Ivoire.

La Côte d’Ivoire est le premier pays au monde pour lequel l’Indice des normes de masculinité a été calculé à partir de données nationales représentatives. Une reconnaissance de l’OCDE qui consacre une avancée inédite.

Ce résultat est issu de l’Enquête nationale sur les normes de masculinité en Côte d’Ivoire (EMASCI), dont les conclusions sont présentées dans le rapport « Masculinité et égalité femmes-hommes : Perspectives de la Côte d’Ivoire et du Sénégal », rendu public à Abidjan le 30 juin 2026.

Menée par la CUEFPOD en partenariat avec le Centre de développement de l’OCDE, cette étude met en lumière un aspect longtemps resté dans l’ombre des politiques d’égalité des chances entre les femmes et les hommes : les normes qui façonnent les attentes envers les hommes. Elle révèle un écart souvent silencieux : de nombreux hommes adhèrent davantage à l’égalité des chances entre les femmes et les hommes qu’ils n’osent l’exprimer. L’étude plaide ainsi pour une approche de la masculinité positive, qui progresse avec les hommes plutôt que contre eux.

Madame la Ministre Euphrasie KOUASSI YAO, titulaire de la Chaire UNESCO « Eau, Femmes et Pouvoir de Décisions » (CUEFPOD), a souligné que ce rapport confirme l’intuition qui inspire depuis plusieurs années les programmes de la Chaire. Elle a appelé la communauté internationale à prolonger cette dynamique : « Cette étude est conçue pour servir de catalyseur de changement et de transformation sociale. Je lance un appel à l’OCDE, à ses partenaires et à l’ensemble des organisations internationales afin qu’ils se joignent à nous pour traduire ces résultats en un projet africain et en actions structurantes », a-t-elle déclaré.

Au nom de l’Ambassadeur de Côte d’Ivoire en France, le Premier Conseiller, M. Anthelm Prosper ANGUI, a réaffirmé la volonté politique du gouvernement ivoirien, sous l’impulsion du Président de la République. Il a rappelé que la mesure des normes de masculinité s’inscrit dans le cadre de la Politique nationale sur l’égalité, l’équité et le genre 2024-2030.

Il a également souligné que la Côte d’Ivoire occupe déjà le premier rang en Afrique en matière d’égalité des chances entre les femmes et les hommes, selon l’Indice Institutions sociales et genre (SIGI) 2023 de l’OCDE. Ce nouveau rapport lui offre ainsi des outils supplémentaires pour consolider ce leadership.

Il a enfin soutenu l’élaboration d’une Stratégie nationale pour la promotion de la masculinité positive 2026-2030, que la CUEFPOD pourrait conduire en collaboration avec le Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant (MFFE), en cohérence avec la Déclaration de Kinshasa de l’Union africaine sur la masculinité positive.

Forte de ce référentiel scientifique, la Côte d’Ivoire entend faire de la masculinité positive un levier majeur pour promouvoir une égalité réelle des chances entre les femmes et les hommes.

T.K.

Santé sexuelle des jeunes : les pairs convainquent davantage que les influenceurs

Malgré leur forte visibilité sur les réseaux sociaux, les influenceurs ne sont pas les principaux moteurs du changement de comportement chez les jeunes en matière de santé sexuelle et reproductive. Deux études menées par le Réseau africain d’éducation pour la santé (RAES) au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Sénégal montrent que les jeunes font davantage confiance aux pairs et aux rôles modèles. Les chercheurs plaident pour une stratégie qui combine communication numérique, dialogue communautaire et renforcement des services de santé.

Les campagnes de sensibilisation aux droits en santé sexuelle et reproductive (DSSR) investissent de plus en plus les réseaux sociaux en s’appuyant sur des influenceurs pour atteindre les jeunes. Cette stratégie permet-elle réellement de modifier les connaissances, les attitudes et les comportements ? C’est à cette question que le Réseau africain d’éducation pour la santé (RAES) a cherché à répondre à travers deux études conduites dans le cadre du programme C’est la vie !

Réalisées auprès de jeunes âgés de 15 à 24 ans au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Sénégal, les enquêtes se sont déroulées entre décembre 2023 et février 2024, puis entre juin et octobre 2025. « Toutes les approches que nous utilisons dans le programme C’est la vie ! font l’objet d’une évaluation scientifique », explique Yaye Deffa Wane, chargée de recherche au RAES, lors d’un atelier régional de synergie organisé en juillet 2026 à Toubab Dialaw au Sénégal.

Pour mesurer l’efficacité des différents modes de communication, les chercheurs ont adopté une méthodologie mixte combinant questionnaires avant et après intervention, analyses quantitatives et discussions de groupe.

Les participants ont été répartis dans des groupes privés où étaient diffusés plusieurs types de contenus : des extraits de la série C’est la vie !, des témoignages de rôles modèles ayant vécu les situations abordées ainsi que des productions réalisées par des influenceurs dans leur propre style de communication.

Avant la diffusion des contenus, les chercheurs ont évalué les connaissances des participants sur les méthodes contraceptives, les services disponibles et leurs attitudes vis-à-vis de la santé sexuelle. Deux semaines plus tard, un second questionnaire et des groupes de discussion (focus groups) ont permis de mesurer les évolutions observées.

« L’objectif n’est pas seulement de savoir si les connaissances évoluent, mais aussi de comprendre pourquoi certains contenus produisent davantage d’effets que d’autres », précise la , chargée de recherche au RAES, Yaye Deffa Wane.

Crédibilité et popularité

Les résultats mettent en évidence un constat clair : la crédibilité de la personne qui porte le message compte davantage que sa notoriété sur les réseaux sociaux.

Ainsi, les témoignages de jeunes ayant vécu une grossesse précoce ou d’autres expériences auxquelles le public peut s’identifier inspirent davantage de confiance que les publications réalisées par des influenceurs.

Les participants indiquent d’ailleurs être conscients que les influenceurs sont rémunérés pour diffuser des messages de sensibilisation. Si leur capacité à accroître la visibilité des campagnes est reconnue, leur influence apparaît limitée lorsqu’il s’agit de provoquer un changement durable des comportements.

« Les influenceurs permettent d’amplifier les messages, mais ils ne suffisent pas à provoquer un changement durable des comportements », résume Yaye Deffa Wane.

Les chercheurs estiment qu’une exposition répétée à des messages cohérents, diffusés à travers plusieurs canaux (médias, plateformes numériques, communautés et services de santé) produit des effets plus importants qu’une stratégie reposant sur un seul vecteur de communication.

Jeunes leaders, des relais plus efficaces

L’étude montre également que les groupes animés par de jeunes leaders constituent l’approche la plus performante.

Dans chacun des trois pays, ces jeunes leaders ont réuni des membres de leur communauté afin d’échanger autour des contenus du programme. Les discussions ont favorisé une meilleure appropriation des messages et une participation plus active.

Les chercheurs observent chez ces participants une progression plus importante des connaissances, une meilleure compréhension des méthodes contraceptives ainsi qu’une plus forte propension à rechercher des informations ou à fréquenter les services de santé.

Pour les chercheurs, cette efficacité s’explique avant tout par la relation de confiance qui existe déjà entre les membres du groupe. « Lorsque les jeunes connaissent la personne qui anime les échanges, ils participent davantage et s’approprient plus facilement les messages », souligne Yaye Deffa Wane.

Les enseignements de la première étude, dit-elle, ont également conduit les chercheurs à élargir leur approche. Les jeunes interrogés avaient recommandé d’associer leurs parents aux interventions. Cette suggestion a été prise en compte dans la seconde étude, qui a intégré des groupes de parents. Les résultats montrent que les difficultés de communication entre parents et adolescents demeurent un obstacle important à l’accès des jeunes à une information fiable sur la sexualité.

Le RAES poursuit par ailleurs ses recherches afin de mieux comprendre le rôle des leaders religieux, dont l’influence sur les décisions familiales apparaît déterminante dans plusieurs contextes. L’objectif est d’identifier les leviers les plus efficaces pour favoriser des changements durables en matière de santé sexuelle et reproductive.

Boureima SANGA

Dakar, Sénégal

bsanga2003@yahoo.fr

 

 

Ouahigouya : La CNSS à l’écoute des employeurs

Dans le cadre de son séjour dans la cité de Naaba Kango, une délégation de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) conduite par le directeur général Dr Herman Yacouba Nacambo est allée prêter oreille à des employeurs le lundi 06 juillet 2026 à Ouahigouya.

Dans la matinée du lundi 06 juillet 2026, le Directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), Dr Herman Yacouba Nacambo, accompagné de ses proches collaborateurs, a rendu visite à deux structures de la ville de Ouahigouya : Le Société de transport Aorema et Frères (STAF) de El Hadj Adama Boureima Ouédraogo, l’ONG EDUCO et enfin la Fédération Nationale des Groupements Naam (FNGN). Cette démarche s’inscrit dans la volonté de l’institution de se rapprocher de ses partenaires sociaux pour mieux comprendre les réalités.

Prenant la parole au nom du Président Directeur Général de STAF, Ismaël Ouédraogo, a exprimé sa joie pour cette marque de reconnaissance de la CNSS. « Nous sommes très honorés par votre présence ce matin dans nos locaux. Votre présence témoigne également des relations fraternelles entre deux partenaires, STAF et la CNSS. Nous espérons que ce type d’échange se multipliera afin de renforcer davantage notre partenariat au bénéfice de nos travailleurs ».

Après la Société de transport Aorema et Frères, c’est au tour de l’ONG Educo d’accueillir la délégation de la CNSS. La coordinatrice de Base Yaadga de Educo, Nadine Couldiati/Deme, a salué cette demarche de la CNSS qui selon elle traduit des signes de vrai partenariat entre les deux structures « La CNSS est notre partenaire depuis longtemps. La visite de la délégation va contribuer à renforcer notre collaboration. Nous nous engageons à respecter nos obligations envers la CNSS et à déclarer nos agents pour mériter la confiance et surtout renforcer notre collaboration pour le bonheur des travailleurs » a-t-elle confié.

A chacune des étapes, le premier responsable de la CNSS a rappelé le rôle essentiel des employeurs dans le système de fonctionnement de la sécurité sociale.

A la Fédération nationale des groupements Naam, le DG de la CNSS et ses collaborateurs ont eu des échanges avec le président de la FNGN, Nomwendé Joel Ouédraogo, et ses proches sur le bon partenariat les liant.

De la société de transport STAF, à la FNGN en passant par l’ONG EDUCO le DG de la CNSS a salué le travail remarquable, les efforts déjà déployés pour la protection sociale des travailleurs par leur cotisation à jour au niveau de la CNSS. « Ces rencontres lors de nos déplacements nous permettent d’échanger directement avec nos partenaires, de recueillir leurs préoccupations et attentes et de travailler à renforcer notre collaboration. Ces échanges ont été très fructueuse et nous repartons avec une note de satisfaction totale la CNSS fera de tout son possible afin de rester fidèle à son slogan » a-t-il souligné. Le DG Nacambo rappelé que cette visite de terrain a été saluée par les bénéficiaires comme une marque d’ouverture et d’écoute, traduisant la volonté de la CNSS de bâtir une protection sociale plus efficace.Et pour les efforts déjà consentis pour la protection sociale, le DG de la CNSS a remis des attestations de reconnaissances respectivement à la société de transport STAF, à l’ONG EDUCO et à la Fédération Nationale des Groupement Naam FNGN.Il a invité ses partenaires à rester dans la même dynamique pour la sécurité sociale des employeurs.

Bassirou BADINI

 

Inondations au Burkina Faso: les eaux montent, la conscience doit suivre

Le mardi 23 juin 2026 restera gravé dans la mémoire des habitants de Houndé dans la région du Guiriko. De fortes pluies se sont abattues sur la ville, provoquant des inondations meurtrières qui ont coûté la vie à onze personnes et endeuillé plusieurs familles. Les images de cette catastrophe rappellent que les effets du changement climatique doivent nous amener à revoir nos habitudes si nous voulons éviter ou du moins réduire considérablement de tels drames.

Les images des inondations spectaculaires observées dans plusieurs pays côtiers de la sous-région donnent froid dans le dos avec des routes englouties, des maisons emportées et des populations déplacées. Le Burkina Faso n’est pas épargné. Chaque hivernage apporte son lot de dégâts matériels et parfois de pertes en vies humaines. Les onze vies perdues le mardi 23 juin 2026 à Houndé dans la région du Guiriko des suites des inondations constituent un rappel important de notre vulnérabilité face aux catastrophes climatiques.

Derrière l’inondation de Houndé se cache une question essentielle : pouvions-nous éviter un tel drame ? La réponse est certainement oui, au moins en partie. Nous ne pouvons pas empêcher la pluie de tomber, mais nous pouvons réduire les risques et limiter les dégâts par des comportements responsables et une meilleure organisation de nos villes. Certes, l’Etat a entrepris plusieurs actions visant à limiter les risques d’inondation. A Ouagadougou comme dans d’autres localités, des travaux de curage des caniveaux et des barrages sont engagés afin de faciliter l’écoulement des eaux de pluie. Ces initiatives méritent d’être saluées, car elles participent à la prévention des inondations et à la protection des populations.

Des vies exposées à chaque saison des pluies

Mais il faut reconnaître que les infrastructures seules ne suffiront pas si les comportements ne changent pas. La lutte contre les inondations doit être une responsabilité collective. Trop souvent, des comportements humains aggravent les conséquences des fortes pluies.

Occuper des espaces à risque peut avoir des conséquences dramatiques.

Les caniveaux transformés en dépotoirs d’ordures empêchent l’eau de circuler normalement. Les constructions anarchiques dans les zones inondables exposent inutilement des familles entières au danger. Souvent par nécessité ou faute de moyens, des familles s’installent dans des espaces dangereux, exposant ainsi leur vie à chaque saison des pluies. A cela s’ajoute parfois le manque d’entretien des ouvrages d’assainissement dans certains quartiers.

Il devient donc urgent d’opérer un véritable changement de mentalité. Chacun doit comprendre que jeter des déchets dans les caniveaux, obstruer les voies d’évacuation des eaux ou occuper des espaces à risque peut avoir des conséquences dramatiques. Le curage régulier des caniveaux, le respect des règles d’urbanisme, la sensibilisation des populations et la vigilance communautaire doivent devenir des réflexes citoyens, car, les mesures de répression de l’autorité ne suffisent pas. Les collectivités locales, les associations et les leaders communautaires doivent également renforcer la sensibilisation des populations.

La lutte contre les inondations commence d’abord par une prise de conscience collective. Il ne suffit plus d’attendre les secours après les drames ; il faut agir avant qu’ils ne surviennent. Les drames liés aux inondations ne sont pas toujours une fatalité. Beaucoup peuvent être réduits, voire évités, si les bonnes décisions sont prises à temps et si chaque citoyen accepte de jouer sa partition. La douleur vécue à Houndé doit servir d’électrochoc national. Parce que derrière chaque saison des pluies se cache une question essentielle : sommes-nous réellement prêts à protéger des vies humaines ? Le défi climatique est immense, mais il commence aussi par de petits gestes quotidiens. Sauver des vies passe parfois simplement par un caniveau propre et une conscience citoyenne éveillée.

Paténéma Oumar OUEDRAOGO

Carnet santé: Stress, fatigue, écrans : les causes modernes des maux de tête

Le stress au travail, les nuits trop courtes, les heures passées devant les écrans, notre mode de vie moderne concentre plusieurs facteurs favorisant les maux de tête. Pour un nombre croissant de personnes, ces douleurs, appelées céphalées de tension, reviennent régulièrement, parfois plusieurs fois par semaine, au point d’impacter le quotidien. Qu’est-ce qu’une céphalée de tension ? Quels mécanismes la déclenchent ? Et que faire pour en réduire la fréquence ? Eléments de réponse.

Parmi les différentes formes de maux de tête, la céphalée de tension est de loin la plus fréquente. Elle se reconnaît à sa douleur caractérisée par une sensation de serrement ou de pression, comme un bandeau qui comprimerait la tête des deux côtés. L’intensité est habituellement faible à modérée. Lorsqu’elle survient plus de un jour sur 2 pendant plus de 3 mois, on parle de céphalée chronique. Cette forme touche 1 à 3 % des adultes et peut peser lourdement sur la vie quotidienne et professionnelle. Si la céphalée de tension est bénigne, tous les maux de tête ne le sont pas. Ils peuvent être le signe d’une cause neurologique sous-jacente. Certaines situations doivent conduire à consulter un médecin, notamment si les céphalées se répètent ou s’aggravent progressivement, présentent un caractère inhabituel ou ne cèdent pas au traitement.

Le stress, la fatigue et les écrans sont des facteurs favorisant les céphalées de tension, même si son origine exacte reste mal connue. La forme épisodique reposerait essentiellement sur des facteurs musculaires notamment une augmentation de la tension et de la sensibilité des muscles péri-crâniens.

Le stress joue un rôle central. Il provoque une contraction involontaire des muscles du cou et de la nuque. Cette tension finit par générer les maux de tête.

La surcharge cognitive liée au travail, aux réunions en visioconférence, aux notifications permanentes et à la multiplication des outils numériques génère un état de tension mentale continu qui peut contribuer à l’installation d’un stress chronique. Les écrans induisent à la fois une fatigue visuelle et une fatigue musculaire. Le travail sur écran implique l’adoption d’une posture statique prolongée des bras, des épaules et du cou, susceptible de favoriser les céphalées. En télétravail, ces risques s’accentuent. L’utilisation d’un ordinateur portable sur une table inadaptée, sans siège réglable, génère des contraintes posturales supplémentaires, en particulier au niveau du rachis cervical. La qualité de l’air intérieur constitue un facteur souvent négligé. L’exposition aux polluants intérieurs, composés d’organiques volatils et aérosols, peut provoquer des céphalées, des nausées et des irritations des muqueuses.

La fatigue et le manque de sommeil aggravent encore le phénomène, en abaissant le seuil de perception de la douleur. L’exposition importante à la lumière bleue des écrans contribue également aux troubles du sommeil.

Risques psychosociaux et surcharge numérique

Réduire la fréquence des maux de tête est ce que recommandent les professionnels de santé. Plusieurs mesures permettent d’agir sur les causes identifiées de ces maux de tête. La prise en charge peut associer une meilleure gestion du stress notamment grâce à la relaxation ou aux thérapies cognitivo- comportementales et un renforcement musculaire ciblé avec une activité physique régulière ou de la kinésithérapie.

Un poste de travail plus ergonomique, quelques réglages simples font la différence. L’écran positionné à 50-70 cm du visage, le bord supérieur à hauteur des yeux, une pause de quelques minutes toutes les heures, idéalement debout ou en marchant, permettent de relâcher les tensions musculaires accumulées.

La règle des 20-20-20 est aussi recommandée. Elle consiste à regarder toutes les 20 minutes un point situé à 6 mètres pendant 20 secondes, pour relâcher le muscle d’accommodation et réduire la fatigue visuelle. Il est aussi important de respecter 7 à 9 heures de sommeil par nuit à des horaires réguliers. Une hydratation régulière tout au long de la journée, sans attendre la sensation de soif est nécessaire.

Le traitement médicamenteux repose sur des antalgiques simples (paracétamol ou anti-inflammatoires non stéroïdiens). Dans ce cas précis, il est important de respecter les doses prescrites et de ne pas utiliser ces médicaments de manière quotidienne sans avis médical.

Les maux de tête liés au stress, à la fatigue et aux écrans peuvent souvent être évités par de petits ajustements du quotidien. Lorsque les douleurs s’installent dans la durée ou s’intensifient, une consultation médicale reste essentielle pour écarter d’autres causes et adapter la prise en charge. Noter les jours de survenue, la durée de la céphalée et les médicaments pris permettra au médecin de poser le bon diagnostic et de proposer un traitement adapté.

Adama SEDGO

Source : Santésurlenet.com

 

 

 

 

 

 

VOIR PH Carnet santé…………….MAC ZANGO

Diaspora Bonds : 85 milliards F CFA injectés dans SN BRAFASO, SOPAMIB et CIM SAHEL

Le ministre de l’Economie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, a signé quatre conventions de financement entre l’Etat burkinabè et les entreprises publiques SN BRAFASO, SOPAMIB et CIM SAHEL, lundi 6 juillet 2026, à Ouagadougou. D’un montant global de 85 milliards F CFA, ces ressources sont issues du tout premier Diaspora Bonds du Burkina Faso.

Au Burkina Faso, la volonté politique claire-ment affichée par les plus hautes autorités de financer la transformation structurelle de l’économie nationale par des ressources endogènes se matérialise au quotidien. En effet, un mois après la clôture de son tout premier Diaspora Bonds, qui a permis de mobiliser 151 milliards F CFA pour un objectif initial de 125 milliards F CFA, l’heure est à l’affectation des ressources collectées vers les investissements productifs structurants prévus dans cette opération historique.

Le ministre de l’Economie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, entouré de la ministre déléguée chargé du Budget, Fatoumata Traoré, et de ses collaborateurs, a signé quatre conventions de financement entre l’Etat burkinabè et les entreprises publiques SN BRAFASO, SOPAMIB et CIM SAHEL. La convention avec CIM SAHEL porte sur un montant de 15 milliards F CFA. Elle vise à renforcer les capacités nationales de production de ciment, répondre au mieux aux besoins du marché et soutenir la réalisation d’infrastructures, de logements et de grands chantiers de développement.

Quant à l’accord de financement signé avec la SN BRAFASO, d’un montant de 30 milliards F CFA, il va permettre la construction d’une nouvelle unité industrielle de production de boissons à Bobo-Dioulasso. Pour ce qui est de la SOPAMIB, elle a bénéficié de deux conventions de financement d’une valeur de 40 milliards F CFA pour la relance des projets miniers en arrêt depuis plusieurs années. Il s’agit de la mine de Perkoa, fermée en 2022 à la suite d’un éboulement et de la mine de Taparko également à l’arrêt.

« A travers ces deux opérations, nous poursuivons un objectif fondamental : reconquérir notre souveraineté sur nos ressources minières et faire en sorte qu’elles contribuent davantage au développement du Burkina Faso. Ces investissements permettront de relancer des sites stratégiques, d’accroître la production nationale, de créer des emplois directs et indirects, de stimuler les chaînes de sous-traitance locale et de mobiliser davantage de recettes au profit du budget de l’Etat », a confié le ministre chargé de l’Economie.

Une bouffée d’oxygène

Pour lui, l’affectation de ces 85 milliards F CFA issus du Diaspora Bonds de juin 2026, est l’expression d’un choix économique et politique majeur : celui d’orienter l’épargne de Burkinabè de l’intérieur et de la diaspora vers des investissements productifs capables de transformer durable-ment l’économie nationale.

Cette mobilisation des ressources endogènes a l’avantage de contribuer à la création d’emplois et de richesses, à la réduction de la dépendance du pays de certaines importations, au développement de la valeur ajoutée locale, à l’élargissement de l’assiette fiscale et la création d’un effet d’entraînement sur les PME, la sous-traitance, les transports, les services et les territoires. « Surtout, cette démarche crée un cercle vertueux : la confiance des Burkinabè finance l’investissement, l’investissement crée la production et l’emploi, la production génère des revenus et des recettes et ces ressources nouvelles renforcent à leur tour notre capacité à financer notre propre développement », a développé le ministre de l’Economie et des Finances.

Pour les premiers responsables des entreprises bénéficiaires, la signature de ces conventions tombe comme une bouffée d’oxygène financière. Pour le directeur général de la SOPAMIB, Lamissa Barro, remettre sur pied des infrastructures minières en arrêt pendant plusieurs années demande des investissements lourds, et partant, des ressources financières importantes. Mais l’objectif de l’Etat burkinabè, a-t-il fait savoir, est d’abord de sauver des centaines d’emplois et ensuite créer de la valeur. « Ces 40 milliards F CFA vont donc permettre de redonner vie bientôt à ces deux sociétés minières », a-t-il rassuré.

Le directeur général de la SN BRAFASO, Alain Sankara, a aussi indiqué que le financement de 30 milliards F CFA va permettre à l’entreprise de dérouler son plan de croissance, d’augmenter ses capacités de production et de répondre aux besoins des consommateurs avec des produits de qualité. Les responsables de ces entreprises publiques ont traduit leur gratitude au ministre Aboubakar Nacanabo, pour sa constante disponibilité à les accompagner dans la mobilisation des ressources nécessaires aux financement de leurs activités.

Mahamadi SEBOGO

Windma76@gmail.com

La reprise en main

En décidant de porter sur les fonts baptismaux la société d’Etat CIM-SAHEL, lors du dernier Conseil des ministres, le gouvernement entend mettre fin aux dysfonctionnements savamment orchestrés au niveau de ce secteur stratégique qu’est la production de ciment. L’exécutif envoie dans le même temps un signal fort aux opérateurs économiques tous secteurs confondus : la désorganisation économique en gestation ne passera pas, et la puissance publique mettra tout en œuvre pour satisfaire les besoins fondamentaux des masses populaires conformément aux idéaux de la Révolution progressiste populaire.

Des tentatives de sabotage, osons le dire, si tant est que la production nationale couvre la demande ; ce qui explique difficilement ces pénuries récurrentes, toutes choses restant égales par ailleurs. Et, malgré les cris d’orfraie que l’on entend çà et là, il faut convenir que cette levée de boucliers « oublie » ce qu’est l’impérialisme, ce que sont les monopoles capitalistes, ce qu’est l’Etat en période révolutionnaire. Tout le monde parle de l’impérialisme en oubliant que celui-ci n’est rien d’autre que le capitalisme monopoliste auquel l’Etat révolutionnaire doit substituer l’Etat démocratique révolutionnaire, c’est-à-dire un Etat qui détruise tous privilèges quels qu’ils soient en optant dans un premier temps pour le capitalisme monopoliste d’Etat puis pour le socialisme.

Il n’y a pas de « milieu ». Dans l’histoire en général et surtout en temps de guerre, il faut avancer ou reculer, et, reculer serait trahir dans le cas du Burkina Faso. Et, n’en déplaise aux contempteurs du mouvement du 30 septembre 2022, d’autres mesures seront prises dans d’autres secteurs d’activités aussi bien marchands que financiers pour consolider les bases de cette nouvelle économie politique. La rénovation matérielle et économique du pays est donc liée à cette rénovation politique et spirituelle.

La fin de la guerre impérialiste est à ce prix et l’enthousiasme des masses populaires est l’indicateur probant de la victoire. Dans le Burkina actuel, seule une rupture conséquente, absolue avec les pratiques du passé aussi bien en politique intérieure qu’en politique extérieure, peut sauver notre révolution et notre pays pris dans l’étau de fer de l’impérialisme. Quitte à « soulever la poussière » pour cela comme disait le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré lors d’une rencontre avec les forces vives de la région de Oubri. Oser lutter savoir vaincre !

Boubakar SY

Les pas de géant de l’AES

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La Confédération des Etats du Sahel (AES) entame sa troisième année d’existence, alors que ses détracteurs ne pariaient pas un sou sur sa survie. Sous la forme d’une alliance au départ, avant son passage au statut de Confédération, cette jeune organisation est née de la volonté du Burkina, du Niger et du Mali, de mutualiser leurs forces pour lutter contre le terrorisme et promouvoir un espace socioéconomique commun prospère. S’ils se sont engagés à libérer totalement leurs pays de l’hydre terroriste et à en faire des havres de paix, les Présidents Ibrahim Traoré, Abdourahamane Tiani et Assimi Goïta sont encore plus déterminés à conquérir la souveraineté de leurs Etats.

Ces dirigeants, dont le patriotisme et le courage séduisent au-delà des frontières de l’AES, ont décidé de bousculer l’ordre établi et d’assumer la trajectoire empruntée, peu importe le prix à payer. En tournant le dos à la France, puissance occidentale qui a longtemps gardé la mainmise sur ses anciennes colonies, les Etats de l’AES ont donné un signal fort aux impérialistes et à leurs relais sur le continent. Il n’est plus question de maintenir leurs pays dans les chaines du néocolonialisme, mais de les mettre sur le chemin de l’émancipation vraie et du développement endogène. En l’espace de deux ans, l’AES, qui fait permanemment l’objet d’une campagne de déstabilisation et de désinformation à cause de ses choix souverains, a fait des progrès remarquables. Dans les domaines de la lutte contre le terrorisme, de la politique, de la diplomatie, de l’économie, des finances, de la culture, pour ne citer que ceux-ci, les pays de l’AES témoignent d’une coopération savamment planifiée et fructueuse qui se mesure à l’aune de nombreuses avancées.

On dénombre, parmi les acquis, l’instauration d’une carte biométrique et d’un passeport, la constitution d’une force unifiée de 5000 hommes pour combattre les groupes armés terroristes, la création d’un Parlement confédéral, d’une Banque d’investissement, d’une Cour de justice et de médias pour contrecarrer la propagande impérialiste et déconstruire les narratifs infondés sur les pays de l’AES et l’Afrique en général. Malgré les défis sécuritaires et les pressions néocolonialistes, l’institution sahélienne est inébranlable et avance à pas de géant. Avec les réalisations obtenues en si peu de temps, l’AES s’affiche désormais comme un modèle d’intégration politique et économique inspirant. La voix de l’organisation porte de plus en plus, dans un monde où il faut s’affirmer ou disparaitre.

Les plus forts ont toujours travaillé à imposer leur volonté aux plus faibles qui doivent redoubler d’ingéniosité et de détermination pour rester présents dans le concert des nations. Militant pour une Afrique qui assume pleinement son destin, les dirigeants de l’AES veulent changer les mentalités dans ce sens et n’entendent pas abandonner de sitôt leur combat. Dans un message relatif au 2e anniversaire de l’AES, son président en exercice, le chef de l’Etat burkinabè, a annoncé la consolidation de l’organisation à travers divers aspects. Entre autres, l’accent sera mis sur l’autodéfense collective de l’espace confédéral, l’intégration économique et la cohésion sociale, l’industrialisation, la souveraineté énergétique et alimentaire, la transformation locale des richesses des peuples du Sahel et la mutualisation des capacités scientifiques et technologiques.

Le maitre-mot est « renforcer l’architecture AES », mais cela ne saurait se faire dans le relâchement. La vigilance et l’ardeur au travail s’imposent comme l’a signifié le capitaine Ibrahim Traoré. Dans un contexte où les forces impérialistes multiplient les plans de déstabilisation sans succès, les peuples du Sahel doivent rester en alerte maximale et être prêts à contrer toute menace contre l’AES et ses nobles ambitions. Ils doivent également faire montre d’engagement sans faille, aux côtés des guides éclairés pour la réalisation des projets structurants et impactants. Rien ne doit entraver la dynamique enclenchée. Il faut coûte que coûte gagner ce combat pour la liberté et la dignité…

Kader Patrick KARANTAO

Première édition du festival Afro renai-science: Valoriser le patrimoine capillaire africain

La première édition du festival Afro renai-science s’est tenue du 4 au 5 juillet 2026, à Ouagadougou, sur le thème « Racines et renaissance : la science au service de l’identité africaine ».

Au Burkina Faso, les coiffures traditionnelles, comme les nattes, les tresses ancestrales, les locks contemporaines, ont toujours été un langage, un marqueur d’identité et un héritage transmis de génération en génération. Pourtant, une grande partie de ces savoirs, symboles et pratiques demeure encore peu documentée et insuffisamment valorisée. Face à ce constat, le festival Afro renai-science s’est donné pour ambition de préserver et promouvoir le patrimoine capillaire africain, en mettant un accent particulier sur les réalités culturelles du Burkina.

La première édition de ce festival s’est tenue du 4 au 5 juillet 2026, sur le thème « Racines et renaissance : la science au service de l’identité africaine ». Selon la Présidente du comité d’organisation (PCO) de l’évènement, Tiphaine Malika Soubeiga, le festival vise à valoriser le cheveu naturel africain, comme élément du patrimoine culturel et identitaire et favoriser le dialogue entre savoirs traditionnels et connaissances scientifiques autour du cheveu africain. « Le festival Afro Renai- science entend également sensibiliser le public aux bonnes pratiques d’entretien et santé capillaire et renforcer l’estime de soi et la fierté culturelle », a-t-elle poursuivi.

Le festival a été marqué par des panels scientifiques et culturels, des expositions des produits naturels et d’accessoires pour les soins des cheveux et un défilé de mode alliant tenue traditionnelle et coiffure africaine.

La chevelure, une mémoire biologique

Le représentant du ministre chargé de la Culture, Dramane Konaté : « avoir des cheveux crépus ne fait pas de nous des sous-humains ».

Pour le représentant du ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Dramane Konaté, la question de la chevelure africaine intéresse à plus d’un titre le département ministériel. « Nous savons qu’il y a toute une symbolique forte qui accompagne la chevelure africaine. Un texte a même été pris pour suspendre les concours de beauté Miss. Nous estimons que les critères qui honorent la femme africaine incluent naturellement la chevelure africaine.

Avoir des cheveux crépus ne fait pas de nous des sous-humains », a-t-il déclaré. Et de mentionner que les Amazones africaines portaient des chevelues longues parce qu’elles incarnent la force, mais aussi la fureur de vaincre. La marraine du festival, l’écrivaine Bernadette Dao, a ajouté que la chevelure est un univers mystique, en référence au mouvement rastafari, ou aux récits comme celui de Samson dans la Bible, dont la longue chevelure soigneusement entretenue constituait la source de sa puissance extraordinaire. « Il a été question, durant ces deux jours, des cheveux naturels, de leur entretien, de l’usage qui en est fait dans nos pratiques traditionnelles et même occultes », a-t-elle souligné.

Quant au parrain du festival, Hadj Ismaël Bolhlaly, par ailleurs chercheur en sciences spirituelles, il a expliqué que les cheveux représentent l’antenne première d’une vie. « C’est pourquoi, l’Africain avait pu faire la simulation entre les queues des animaux et les cheveux. Les queues sont tout simplement les chapelets pour communiquer avec les ancêtres ; parce que quand l’animal est mort, toute son énergie se retrouve dans la queue », a-t-il révélé. Et d’inviter les enfants à aimer leurs cheveux naturels, car ce sont, à son avis, des paratonnerres, des antennes, des satellites. L’ambassadeur du festival, Pr Jacques Mbambaï Houroupou, est diététicien nutritionniste et psychothérapeute.

Il a fait savoir que les cheveux sont une mémoire biologique de ce que le corps vit en profondeur. « Ils parlent de notre nutrition, de notre sommeil, de notre stress, de notre santé. Ils parlent parfois même de nos émotions », a-t-il précisé. Pour lui, le cheveu crépu n’a jamais eu besoin d’être corrigé, il a seulement eu besoin d’être compris. « La véritable science ne détruit pas l’identité, elle l’explique, elle la protège, elle la valorise. Que cette première édition soit le point de départ d’une Afrique qui assume pleinement son identité, produit sa propre science et offre au monde des solutions inspirées de son génie », a-t-il souhaité.

Adama SAWADOGO

Aude Frédérique ROUAMBA (Stagiaire)

Soutenances de mémoires: Daouda Sina, double diplômé burkinabè en ingénierie d’Etat et architecture urbaine

L’étudiant Daouda Sina a soutenu les 3 et 4 juillet 2026, à Casablanca, au Maroc, ses mémoires pour l’obtention des diplômes d’ingenieur d’Etat et son master en architecture urbaine.

Daouda Sina est désormais titulaire d’un diplôme d’ingenieur d’Etat du Groupe Hautes études des sciences et techniques de l’ingénierie et du management (HESTI) du Maroc et d’un master en architecture urbaine de l’Institut national des sciences appliquées (INSA) de France. Fruits de 5 années de durs labeurs, il a soutenu ses mémoires respectivement, les 3 et 4 juillet 2026, à Casablanca, au Maroc devant amis, étudiants et parents venus de Ouagadougou pour lui temoigner leur soutien.

Le premier mémoire, réalisé au sein du bureau d’études BET NZ, à l’issue de 6 mois de stage a porté sur “l’étude complète d’un parc industriel mixte en deux blocs : hangar métallique et une zone bureautique en béton armé”. Concrètement, lors de ses travaux de terrain, Daouda Sina s’est brillamment illustré dans la maitrise des techniques de construction, à savoir, de la première esquisse jusqu’au dossier remis aux entreprises de construction.

Pour la charpente métallique, il a calculé la résistance de l’ouvrage face au poids, à l’usage et surtout au vent, en croisant calculs manuels et modélisation 3D sur logiciel spécialisé. Pour le bloc en béton, il a poussé l’analyse jusqu’à la tenue du bâtiment aux séismes et au feu. “Un travail d’ingénieur qui allie sécurité, respect des normes et maîtrise des coûts : le triple impératif de tout concepteur”, a-t-il expliqué. Après quelques heures d’échanges avec le candidat, le jury a apprecié son travail. Il lui a decerné le diplôme d’ingenieur d’Etat de l’HESTI avec les félicitations du jury. 4 juillet 2026, c’est très confiant que M. Sina s’est présenté à nouveau au jury. Cette fois-ci c’était pour défendre son mémoire de master en architecture urbaine décerné par l’INSA.

Pour l’obtention de ce diplôme, son theme a porté sur : “La main-d’œuvre marocaine dans le domaine des BTP”. Devant le jury, il a fait le diagnostic de la main-d’œuvre marocaine du BTP. Ce second mémoire, présenté en binôme, quitte le chantier pour se pencher sur ceux qui le font tenir debout : les travailleurs du Bâtiment et des travaux publics (BTP) au Maroc. “ C’est un secteur qui pèse près de 12,7 % de l’emploi national, soit environ 1,3 million de personnes”, a-t-il rappelé au jury. Selon les explication de M. Sina, derrière les grands chantiers, il existe des fragilités profondes : une main-d’œuvre souvent rurale et peu qualifiée, formée « sur le tas », un secteur miné par l’informel, un recrutement qui se fait encore au coin de la rue chaque matin, et une hémorragie de talents vers l’Europe et les pays du Golfe.

A cela, a-t-il dit, s’y ajoutent des conditions difficiles, des contrats fragiles, la couverture sociale insuffisante, les accidents de travail fréquents. Les compétences au service du Burkina “C’est un problème réel dans presque tous les pays africains”, a-t-il precisé. Face à ce constat, Daouda Sina a proposé des pistes concrètes de solutions pour remedier à cette situation. Il a preconisé la structuration et la modernisation de la gestion des ressources humaines, la valorisation de l’expérience acquise par les ouvriers et de redorer l’image du secteur auprès des jeunes générations.

De ses analyses, M. Sina voit enfin dans la Coupe du monde 2030, coorganisée par le Maroc, une occasion historique : des centaines de milliers d’emplois à créer et une vitrine pour hisser la construction marocaine aux standards mondiaux à condition de miser sur un secteur plus numérique et plus industrialisé. A l’issue de sa soutenance, le jury l’a jugé digne d’obtenir le diplôme de master en architecture urbaine. Très heureux, il a confié qu’il mettra désormais ses compétences aux services de la nation burkinabè. “Après 5 ans d’études, j’ai eu des opportunités de travailler ici. Mais, l’idéal pour moi c’est de revenir au Burkina pour mettre mes compétences, mon expérience au service de la construction de mon pays”, a affirmé fièrement, Daouda Sina.

Aux félicitations des jurys, s’est ajoutée l’émotion des proches, présents pour couronner un parcours exigeant et emprunt d’excellence. Venu de Ouagadougou, El hadj Boukary Sawadogo a dit être fier de son neveu (Daouda Sina). “Nous sommes très fiers de lui et nous souhaitons qu’il mette ses compétences au service de notre pays”, a affirmé M. Sawadogo.

Aristide NIKIEMA (Correspondance particulière)