Dans le cadre du programme 2026 du Centre international de presse et de communication de Chine (CIPCC), les participants africains ont séjourné au Xizang, la région autonome du Tibet, du 22 au 25 juin 2026.
La période du 22 au 25 juin 2025 restera gravée dans les mémoires des journalistes africains participant au programme 2026 du Centre international de presse et de communication de Chine (CIPCC). Pour cause, ils ont séjourné durant cette période au Xizang, la région autonome du Tibet surnommée « le Toit du monde » car située à plus de 3650 mètres d’altitude. Bien avant le départ, les consignes données aux participants par l’assistante chinoise donnaient déjà le ton sur la particularité du voyage qu’ils s’apprêtaient à entamer. » A Lhassa, la température varie entre 15 et 25 °C, tandis qu’elle descend jusqu’à 5 à 8 °C la nuit.
Le temple de Jokhang a été le premier site touristique à recevoir les visiteurs
Le rayonnement ultraviolet est très intense et l’air est sec. Nous vous conseillons de vous munir d’une crème solaire indice 50+, de lunettes de soleil, d’un chapeau à large bord, d’un baume pour les lèvres et d’une crème hydratante. Portez des vêtements à manches longues respirants, associés à une doudoune légère coupe-vent ou une veste de ville décontractée, ainsi que des chaussures de marche confortables. En raison de l’importante différence de température entre le jour et la nuit, prévoyez impérativement une couche de vêtements chauds pour les matins et les soirs », a-t-elle recommandé.
Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce sanctuaire a été construit en 647 sous le règne du roi Songtsen Gampo
Puis d’ajouter : « Pendant tout votre séjour au Xizang, du personnel médical accompagnera la délégation. Des bouteilles d’oxygène seront disponibles dans les véhicules, de même que des médicaments contre le mal de l’altitude et des produits de premiers secours. Un accès prioritaire aux soins d’urgence est également mis en place en cas de besoin. De légers maux de tête ou un essoufflement à l’arrivée sont des réactions d’adaptation tout à fait normales.
Chaque jour, environ 1 500 personnes visitent le temple de Jokhang
Si vous souffrez de maux de tête violents, de vomissements ou de difficultés respiratoires, prévenez immédiatement le personnel médical accompagnant ou nos responsables, et nous vous fournirons de l’oxygène d’urgence et vous aiderons à accéder aux soins médicaux ».
Ces recommandations, loin de faire peur, ont davantage aiguisé la curiosité des journalistes de découvrir cette localité. C’est pourquoi, le lundi 22 juin dès 4 heures du matin, tous étaient présents au lieu de rencontre indiqué pour embarquer dans le bus afin de migrer vers l’aéroport. Une fois à l’aéroport, les formalités de contrôle se sont déroulées sans ambages pour l’ensemble des participants. Après quelques minutes d’attente dans le hall d’embarquement, l’heure de monter dans l’avion sonna. Lorsque tous les passagers eurent embarqué, cap a été mis sur Chengdu où les voyageurs à destination de Lhassa ont fait escale avant de continuer leur périple. Après l’escale de Chengdu, ils prirent un nouveau vol qui les conduisit sur le tarmac de l’aéroport Lhassa-Gonggar, l’un des aéroports les plus hauts du monde.
Les constructions du Jokhang réalisées en terre, en pierre et en bois reflètent toute la splendeur de l’architecture traditionnelle tibétaine et chinoise
Dès leur descente d’avion, le lot de montagnes qui entourent l’aéroport attira l’attention des visiteurs. Après la collecte des bagages, cap est mis sur la sortie de l’aéroport où un comité d’accueil attendait les visiteurs. Après un chaleureux bienvenue, des écharpes faites à base de tissu local sont distribuées aux visiteurs en guise d’hospitalité. Un bus était déjà disposé pour leur transport. Mais, il a dû attendre la fin de la séance photos improvisée sur place par les journalistes qui voulaient à tout prix immortaliser leur arrivée à Xizang. Une fois l’ensemble des journalistes montés dans le véhicule, de l’eau est distribué avec la recommandation d’en consommer au maximum. « L’air est très sec ici. Donc si vous avez soif, n’hésitez pas à prendre une bouteille », conseilla le guide. Après quelques minutes de trajet, la délégation arriva au temple de Jokhang qui constitua le premier site touristique à recevoir les visiteurs.
Le miroir d’un peuple
Le Potala est l’icône du Xizang
Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce sanctuaire du VIIe siècle est un lieu vivant, où la spiritualité tibétaine bat au rythme des roues de prière. Il a été construit en 647 sous le règne du roi Songtsen Gampo. Sa statue ainsi que celles de ses deux épouses sont exposées dans le labyrinthe du temple. Jokhang signifie « Maison des Bouddhas » (divinités du bouddhisme). Ses constructions réalisées en terre, en pierre et en bois reflètent toute la splendeur de l’architecture traditionnelle tibétaine et chinoise. Nous apprenons auprès de notre guide que ni le ciment, ni le fer n’ont été utilisés pour la construction de ce temple.
Malgré la haute altitude, la plupart des journalistes ont voulu visiter le Potala qui constitue l’une des plus grandes attractions touristiques de la ville de Lhassa
Le Jokhang ne se visite pas, il se vit. Chaque jour, environ 1 500 personnes visitent le temple. Ils viennent solliciter des prières pour la résolution de leurs problèmes, la prospérité ou la santé. « Tous les jours, avant l’ouverture du temple, les moines vêtus généralement du kesa, leur célèbre tenue rouge orangé, procèdent à une prière en groupe. Avant la fermeture également, ils prient », nous apprend notre guide.
Plus qu’un monument, le Jokhang est le miroir d’un peuple. Et tant que des pèlerins viendront y brûler du beurre de yak et y faire tourner les moulins à prière, le temple restera ce qu’il a toujours été : le centre spirituel du Tibet.
Après la visite de ce premier site touristique, cap a été mis sur l’hôtel Shangri-La, l’un des plus grands hôtels de la ville où toutes les conditions étaient réunies pour permettre aux visiteurs de se reposer avant d’entamer la prochaine journée de leur séjour.
Une journée qui a été essentiellement marquée par les activités commémoratives du 20e anniversaire de l’ouverture du chemin de fer Qinghai-Tibet. Au cours de cette journée, les journalistes africains ont également visité le palais du Potala. Déjà, un passage éclair la veille sur l’avenue jouxtant le palais laissait entrevoir toute sa splendeur et son authenticité perchée sur la colline Marpo Ri à plus de 4000 mètres d’altitude. De quoi aiguiser davantage la curiosité des journalistes.
Le Potala est constitué du palais blanc qui était la zone administrative et le palais rouge qui constituait le centre spirituel
Du reste, le Potala est l’icône du Xizang. Difficile donc d’y séjourner sans y faire un tour. C’est pourquoi, en dépit des instructions strictes du guide avant la visite et de l’altitude à laquelle les journalistes faisaient des efforts pour s’adapter, la plupart décidèrent de visiter le palais lorsque la question leur a été posée : « Le Potala compte 13 étages. Le bus peut nous emmener jusqu’à la moitié, mais vous devez faire le reste du chemin à pied et vous ne pouvez pas faire demi-tour. Si vous êtes fatigués, vous pouvez retourner à l’hôtel pour vous reposer. Alors, qui est prêt pour la visite ? ». Plus de la moitié des journalistes décidèrent d’entamer l’aventure. Le Potala, qui signifie « Palais du Bouddha de la Compassion », fut l’ancienne résidence des dalaï-lamas pendant plus de 300 ans. Il est constitué de deux palais, à savoir le Palais blanc qui était la zone administrative et le palais rouge qui constituait le centre spirituel. La construction du temple a débuté au 7ème siècle sous le roi Songtsen Gampo mais l’essentiel du palais blanc et rouge a été construit à partir de 1645 sous le 5ème Dalaï-Lama.
La mémoire d’une civilisation d’altitude
Lorsque nous entamons notre marche au sein du palais blanc, une immense fresque murale nous accueille. Sur cette fresque, cinq Dalaï-Lamas ont rédigé, en écriture tibétaine, toute l’histoire du Tibet.
Les fossiles, outils en bronze de l’ère Zhangzhung exposés au musée du Xizang témoignent que le Tibet est habité depuis 2000 ans
Du palais blanc au palais rouge, notre séjour de quelques heures sur ce site emblématique du Tibet nous a permis d’admirer son architecture particulière : seulement trois matières, à savoir la pierre, la terre et le bois, ont été utilisées par la construction. Et pour l’entretien, nous apprend le guide, ce sont des sables colorés provenant de différentes montagnes de la zone qui sont mélangés au lait de yak (vache du Tibet) et au miel pour obtenir les différentes couleurs.
En tant que trône des treize Dalaï-Lamas, le Potala nous raconte tout de leur vivant jusqu’à leur décès. On y trouve jusqu’aujourd’hui leurs salles d’étude, leurs salles de réunion, leurs chambres personnelles ainsi que leurs livres soigneusement entretenus par des moines qui vivent dans le palais. On y retrouve également la sépulture de huit Dalaï-Lamas, dont celui du cinquième Dalaï-Lama qui impressionne particulièrement par son aspect. Il a été construit avec 3724 kg d’or et 15000 perles. Tout comme le Jokhang, le Potala constitue un véritable lieu de pèlerinage pour les bouddhistes tibétains.
Des reproductions de tentes nomades dans le musée renseignent sur la vie quotidienne des habitants sur le « Toit du monde »
Pendant que le Potala impressionne et que le Jokhang émeut, le Musée national du Xizang, quant à lui, explique. Il retrace 1300 ans d’histoire, d’art et de foi tibétaine sous un seul toit. Les fossiles, outils en bronze de l’ère Zhangzhung qui y sont exposés témoignent que le Xizang est habité depuis 2000 ans. Des Thangka anciens, des statuts en bronze doré ainsi que des mandalas soigneusement entreposés révèlent toute la splendeur de l’art bouddhiste tibétain. On y retrouve également des costumes ethniques ainsi que des reproductions de tentes nomades qui renseignent sur la vie quotidienne des habitants sur le « Toit du monde ». Pour ce qu’on a vu, le musée du Xizang, bien plus qu’une vitrine, constitue la mémoire d’une civilisation d’altitude.
Pour ce qu’on a vu, le musée du Xizang, bien plus qu’une vitrine, constitue la mémoire d’une civilisation d’altitude
Le secteur culturel et touristique au Tibet a connu un essor remarquable ces dernières années. À la fin de l’année 2025, la région comptait 28 000 entreprises culturelles et touristiques de divers types ainsi que 211 sites touristiques classés de niveau A. Durant la période du 14e Plan quinquennal, le nombre cumulé de visiteurs accueillis a atteint 261 millions, avec des dépenses touristiques totales s’élevant à 306,3 milliards de yuans ;
Au premier trimestre 2026, la valeur de la production du secteur culturel a atteint 2,745 milliards de yuans, en augmentation de 20,3 % sur un an, avec 6,1284 millions de visiteurs touristiques domestiques et des dépenses touristiques intérieures s’élevant à 13,023 milliards de yuans. Avec ces chiffres, on peut dire, sans risque de se tromper, que la dynamique de développement est particulièrement forte.
Le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, a accordé une audience, le lundi 29 juin 2026 à Ouagadougou, à la Directrice régionale de la Prospérité de la Banque mondiale, Yaye Seynabou Sakho.
Cette rencontre a permis aux deux personnalités de faire le point de la coopération entre le Burkina Faso et le Groupe de la Banque mondiale, tout en examinant les perspectives de collaboration dans le cadre des futurs programmes de développement du pays. Au cours des échanges, Yaye Seynabou Sakho a félicité les autorités burkinabè pour les progrès enregistrés dans le cadre du Country Policy and Institutional Assessment (CPIA), l’outil d’évaluation de la qualité des politiques publiques et des institutions.
Elle a particulièrement salué les performances réalisées dans le domaine de la gestion des finances publiques, tout en encourageant le gouvernement à poursuivre les réformes engagées afin d’améliorer davantage les indicateurs de gouvernance et de performance institution-nelle. Le ministre de l’Économie et des Finances a réaffirmé l’importance du partenariat stratégique qui lie le Burkina Faso à la Banque mondiale. Dr Aboubakar Nacanabo a insisté sur une orientation accrue des interventions vers des investissements structurants et à fort impact, en cohérence avec les priorités nationales de développement. Il a souligné la nécessité de privilégier des projets capables de soutenir durablement la transformation économique du pays et d’améliorer les conditions de vie des populations.
En plénière à l’Assemblée législative du peuple (ALP), lundi 29 juin 2026, les députés ont examiné et adopté à l’unanimité la mise en œuvre de cinq projets.
L’accord de prêt des projets de « réhabilitation des infrastructures de soutien à l’économie, du programme d’interconnexion des routes communautaires et de facilitation des transports-phase 1, du bassin d’intégration Sikasso-Korhogo-Bobo-Dioulasso, de sécurité de l’eau au Burkina Faso et du projet multisectoriel d’appui au développement des compétences pour la résilience au Burkina Faso » ont été adoptés, hier lundi 29 juin 2026 à l’Assemblée législative du peuple (ALP) par les 57 députés votants.
Devant la représentation nationale, tour à tour, le ministre de la Construction de la Patrie, Mikaïlou Sidibé, le ministre délégué auprès du ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et Halieutiques, Amadou Dicko et celui de l’Enseignement secondaire, de la Formation technique et professionnelle, Moumouni Zoungrana, ont expliqué les raisons d’accorder ces prêts. Selon le ministre Mikaïlou Sidibé, qui lui seule porte le programme d’interconnexion des routes communautaires et de facilitation des transports-phase 1, le projet de réhabilitation des infrastructures de soutien à l’économie et le bassin d’intégration Sikasso-Korhogo-Bobo-Dioulasso, les trois projets ratifiés ont un montant cumulé d’environ 353 milliards F CFA.
« Le premier projet permettra de bitumer un linéaire de 373 kilomètres et de 250 kilomètres de piste rurale dans huit régions du pays ainsi que la réhabilitation de la route nationale 7 Banfora-Niangoloko frontière de la Côte d’Ivoire avec un certain nombre de pistes rurales qui sont prévus », a -t-il souligné. Quant au deuxième projet, « réhabilitation des infrastructures de soutien à l’économie », lui permettra de financer le bitumage de la route Wo-Gaoua, la route Boussé-Nanoro-Kordié, la réhabilitation de la section Garango-Tenkodogo sur la route nationale 17 et la section Guiba-Manga sur la route nationale 29 et la route Yako-Koudougou.
« Cela va se faire avec l’accompagnement de l’Agence Faso-Mébo », a indiqué Mikaïlou Sidibé. Le bassin d’intégration Sikasso-Korhogo-Bobo-Dioulasso, le 3e projet permettra de financer des routes complémentaires notamment la route Banfora-Wo. A cela s’ajoute le renforcement des projets de la chaîne de valeurs agricoles à travers la construction d’entrepôts pour la Société nationale de gestion des stocks de sécurité (SONAGESS). « Mais également l’aménagement d’un certain nombre de kilomètres de pistes rurales pour pouvoir accompagner les productions locales et permettre l’acheminement de production des zones agricoles vers les grands centres urbains », a-t-il précisé.
Sur 900 barrages, 40 % sont en mauvais état
Le ministre délégué auprès du ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, Amadou Dicko a expliqué que la mise en œuvre du projet « sécurité de l’eau au Burkina Faso » va permettre de mobiliser plus de 60 millions de mètres cubes supplémentaires d’eau, réhabiliter 35 barrages et construire 2 nouveaux barrages.
« Il réhabilitera environ 788 périmètres irrigués. Le projet sera exécuté sur la période 2024-2030 pour un coût global de 92 milliards F CFA », a fait comprendre le ministre délégué. Pour ce qui est du projet multisectoriel d’appui au développement des compétences pour la résilience au Burkina Faso piloté par le département du ministre Moumouni Zoungrana, il va travailler à rendre 62 630 jeunes et femmes autonomes. « Il s’agit de réaliser des infrastructures éducatives, d’initier des formations ou des métiers pour les personnes vulnérables afin qu’elles ne comptent pas sur l’aide mais qu’elles puissent s’auto-déterminer par un métier », a souligné le ministre. Le projet coûtera environ 25 milliards F CFA. Le ministre de la Construction de la Patrie a relevé qu’ils vont travailler à accélérer les différentes passations des marchés pour que tous ces projets puissent démarrer cette année.
Face aux défis liés au foncier, le gouvernement burkinabè a adopté, la nouvelle la loi n°15-2025 /ALT, du 21 octobre 2025 portant Réorganisation agraire et foncière (RAF) avec à la clé plusieurs innovations majeures. Le changement le plus structurant de cette législation est qu’elle consacre la propriété pleine, entière et exclusive de l’Etat burkinabè sur le domaine foncier national. Cette décision visant à renforcer la sécurisation foncière et consolider la souveraineté foncière nationale est perçue comme un moyen pour désamorcer la « bombe sociale ».
En ce début de saison agricole, les agriculteurs préparent leurs terres pour les semis. Au matin du jeudi 18 juin 2026, de bonne heure, Amadé Semdé, résident de Kologregog, la cinquantaine bien sonnée, effectue des travaux dans son champ, à quelques encablures de la ville de Koudougou. Il exploite un domaine familial depuis son bas-âge. « Ce sont les terres de mes grands-parents », lâche-t-il. Mais, la réalité semble rattrapée le chef de famille. L’étau se resserre autour de lui, car, il n’a plus de superficies cultivables. De nos jours, son champ d’exploitation de maïs ou de sorgho est parcellé et délimité de bornes pour, dit-il, la construction d’une cité.
« Vous avez vos terres, mais il vous arrive que quelqu’un les vend sans que vous ne soyez informé. Ce qui crée les conflits », accuse M. Semdé. Toutefois, il précise que le bornage s’est effectué bien avant, sans vouloir donner plus de détails. Le phénomène de bradage des terres est réel, menaçant ainsi la sécurité foncière, alimentaire et la paix sociale. « Le foncier est devenu aujourd’hui plus qu’une monnaie de pièce. On vend la terre. Prenez la route, quel que soit l’axe, à gauche et à droite, l’on aperçoit des murs, des grillages servant de délimitation à perte de vue. Les gens s’en approprient à tel enseigne que le citoyen moyen ne peut disposer d’un lopin de terre », constate Naaba Saaga 1er, chef coutumier du quartier Issouka à Koudougou, dans le Boulkiemdé, région du Nando.
Comme Amadé Semdé, ils sont nombreux des ex-propriétaires terriens qui sont sous le coup de la nouvelle loi portant Réorganisation agraire et foncière (RAF) adoptée le 21 octobre 2025, par l’Assemblée législative de Transition (ALT, aujourd’hui ALP) puis promulguée le 28 octobre 2025 par le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré. A travers cette législation, des acteurs sont unanimes que le gouvernement a sifflé la fin de l’anarchie tout en instaurant diverses mesures strictes pour assainir le secteur du foncier.
Nécessité de la législation
L’exploitant familial, Amadé Semdé, souhaite la vulgarisation de la loi pour comprendre son contenu.
« Il faut que les gens comprennent la nécessité de cette nouvelle loi. Parce que les problèmes de terres cultivables, de parcelles reviennent régulièrement chez les chefs traditionnels », témoigne le chef de Issouka. Il dit se souvenir encore du projet d’extension de l’université de Koudougou (actuelle université Norbert-Zongo) ayant connu des difficultés. « A l’époque, j’ai un peu regretté la fébrilité de certaines autorités qui ne voulaient pas s’engager. Comment se fait-il qu’un individu puisse dire, c’est ma terre, je ne donne pas à l’Etat. Alors que ces infrastructures qui vont être construites seront au bénéfice de la population », s’offusque, Naaba Saaga 1er.
Reconnue pour son engagement en faveur de la cohésion sociale et du respect des traditions, il dit adhérer « parfaitement » à cette nouvelle législation jugée bien murie pour minimiser les affrontements entre populations. Malmené pendant de nombreuses années, le foncier est devenu source de tension sociale. « Rien que deux semaines passées (NDRL, début juin 2026) deux familles à proximité de Réo se sont affrontées pour une histoire liée à la terre. Nous n’avons pas pu les réconcilier et l’affaire est actuellement en justice », confie Balima Bassolé assurant les affaires courantes de la sécurité traditionnelle de feu Aimé Ossambié Bassolé, chef de canton de Réo. Au mois de mai 2026, poursuit-il, un jeune a vendu une portion de terre de ses grands-parents, avec une tierce personne pour acheter un véhicule et construire un magasin. « Il faut réellement mettre fin à ces conflits parfois violents, que ce soit entre agriculteurs, éleveurs et maraîchers ou encore d’autres groupes d’acteurs et surtout empêcher le bradage de la terre, l’héritage des futures générations », martèle M. Bassolé.
L’Etat est régulateur
Le Naaba Saaga 1er de Issouka est optimiste quant à l’application effective de la loi.
L’innovation majeure de cette loi est qu’elle consacre désormais la propriété pleine et entière de l’Etat sur le domaine foncier national. Il ne s’agit pas d’une appropriation de la terre par la force, mais l’Etat devient le régulateur qui organise l’accès et la gestion. Selon la Directrice générale du développement territorial (DGDT), Monique Yarga, le souhait des autorités à travers cette nouvelle loi est de trouver une solution aux récurrentes crises dans la gestion du foncier, de mobiliser les terres pour la réalisation des chantiers de développement d’intérêt général au bénéfice des populations et d’accompagner les investissements publics et privés.
Ainsi, la réalisation d’un tel vœu, apparaît nécessaire de revoir le statut des terres. La première loi sur l’organisation agraire et foncière remonte à 1984, période de la Révolution burkinabè. Elle subit plusieurs modifications en 1991, 1996 et 2012. Celle de 2012 était jusque-là le texte de référence. Dans cette loi, le Domaine foncier national (DFN) se composait du domaine foncier de l’Etat, de celui des collectivités territoriales et du patrimoine foncier des particuliers. Toutefois, cette ancienne loi comportait des insuffisances notamment l’absence d’une position centrale de l’Etat dans la gestion foncière, la multiplication des accaparements de terres…
Avec la nouvelle RAF de 2025, ces composantes ont été fusionnées en un DFN unique, propriété de plein droit de l’Etat. Cela ne signifie nullement la suppression des autres acteurs. Bien que l’Etat soit propriétaire unique, la loi reconnaît les droits coutumiers en délivrant des documents légaux tels que l’Attestation de possession foncière rurale (APFR), pour protéger les droits des occupants.
Renforcer les mécanismes
Le SE de l’ONF-BF, Issoufou Ganou, confie que sa structure est déjà sur le terrain à travers des formations au profit des agents domaniaux, entre autres, pour faire comprendre le sens de la loi.
La loi portant RAF de 2025, de l’avis de la responsable chargée des questions liées à l’aménagement du territoire, vise à renforcer les mécanismes de sécurisation foncière, clarifier les régimes des terres rurales et urbaines, encadrer davantage les occupations et améliorer les procédures de prévention et de règlement des litiges. C’est pourquoi, d’ailleurs le texte à son article 50 stipule que « les personnes de nationalité étrangères ne peuvent être titulaires du droit de propriété sur les terres rurales, sous réserve du principe de réciprocité ».
Ce choix émane d’une volonté affirmée de l’Etat de préserver la souveraineté foncière sur les terres agricoles, pastorales, piscicoles, sylvicoles, fauniques, halieutiques, minières et les espaces de conservation, qui constituent des ressources stratégiques pour la sécurité alimentaire. « Ils (étrangers) ne peuvent pas avoir le titre foncier sur certaines terres », clarifie Mme Yarga qui ajoute que les terres urbaines ne sont pas concernées. Elle renseigne que lorsqu’une personne dispose du titre foncier, elle devient propriétaire au même titre que l’Etat.Parce que, dans la nomenclature des titres de jouissance, c’est le titre le plus élevé en termes de protection juridique.
A défaut du droit de pleine propriété, les étrangers peuvent également accéder aux terres rurales dans le cadre d’un bail emphytéotique de longue durée (de 18 à 99 ans) ou d’autres titres de jouissance, dans les conditions fixées par la loi. Le principe de réciprocité évoqué dans la nouvelle vise selon elle, le fait de préserver les droits des ressortissants burkinabè établis à l’étranger. Toutefois, le législateur précise que les titres fonciers antérieurement délivrés sur les terres rurales aux personnes étrangères demeurent valides.
Déléguer aux collectivités
Dans la loi, l’Etat prévoit une possible délégation de la gestion du domaine foncier national aux collectivités territoriales, en fonction des besoins et des réalités locales. Bien entendu, qu’elle ne remet pas en cause la propriété privée. Les particuliers peuvent toujours obtenir des titres fonciers. Mais, le principe fondamental reste que la terre appartient à l’Etat. « La délégation aux collectivités territoriales ne veut pas dire que tout est permis, il est prévu des mécanismes. Et, les modalités sont précisées par un texte réglementaire », assure la DG du développement territorial.
L’exploitant agricole, Moïse Tiendrébéogo, regrette qu’aujourd’hui, certaines personnes aient vendu toute leur terre…
Pour éviter de tomber dans les mêmes travers du passé se traduisant par la spéculation foncière, le clientélisme, la marginalisation des ruraux, la responsable chargée du développement du territoire notifie que la question du gestionnaire unique est prise en compte. L’article 78 de la loi stipule que maintenant, c’est le ministre de l’Economie et des Finances qui est le seul gestionnaire unique en matière de gestion du domaine public, privé, immobilier. Le Secrétaire général (SG) de la délégation spéciale de Kordié, dans le Sanguié, Lawabien Gustave Toé, reconnaissant la nécessité de cette législation en milieu rural, estime qu’elle va donner une bonne posture aux collectives territoriales par rapport aux décisions et directives qui viendront de l’Etat central en vue de faciliter son application.
Il est convaincu que la plupart des raisons des affrontements sont liées notamment aux lotissements, à la pression sur la terre entrainant régulièrement des couacs. « Il y a des gens qui ont cédé leur terre et aujourd’hui leurs héritiers viennent réclamer. Il y a ceux aussi qui ont exploité la terre pendant des années, et à leur grande surprise, on les somme de quitter », soutient le SG de la délégation spéciale de Siby, dans les Balé, Jean Baptiste Ouédraogo. Exploitant familial à Kologregog dans commune de Koudougou, Moïse Tiendrébéogo, qui encense cette décision « judicieuse » du gouvernement est d’avis qu’elle va favoriser les personnes vulnérables. « Parce que certaines personnes ont vendu toute leur terre sans se soucier des femmes et des enfants », regrette-t-il.
Si autrefois, les personnes déplacées de forces et les victimes de catastrophes étaient brimées sur les terres, dans cette nouvelle loi l’Etat décide de prendre en compte la réinstallation de ces personnes comme motif d’expropriation pour utilité publique. Aux dires de la DGDT, cette intervention peut se faire selon deux procédures : normale et accélérée pour permettre de les reloger rapidement en vue de pouvoir mener une activité économique. C’est une avancée selon Mme Yarga qui favorise l’accès à la terre aux couches vulnérables, notamment les femmes, les personnes vivant avec un handicap tout en garantissant une accessibilité sans préjugé de leur place dans la société.
Défi de s’approprier le texte
…sans se soucier des femmes et des enfants.
Pour une application effectivité de la loi, il s’avère nécessaire que les populations surtout rurales s’approprient la loi. Plein d’optimisme, quant à l’application effective de la loi sur le terrain, Naaba Saaga 1er de Issouka, préconise d’accentuer la sensibilisation afin que les citoyens puissent découvrir le contenu de la loi. A cet effet, l’Observatoire national du foncier au Burkina Faso (ONF-BF), une organisation de la société civile de droit burkinabè dont les missions sont, entre autres, de diffuser l’information juste sur les questions foncières, mène des actions sur le terrain.
« Nous avons commencé déjà, à travers les projets et programmes que nous conduisons sur le terrain, d’organiser au niveau des régions, des communes, des formations pour les agents domaniaux pour faire comprendre le sens de la loi », confie le Secrétaire exécutif (SE), Issoufou Ganou. Il précise que ces formations dans les régions du Guiriko, du Nando, les zones d’intervention, prennent en compte les agents des collectivités, des acteurs judiciaires pour faciliter l’application du texte. Il souhaite par ailleurs une communication de masse pour atteindre le maximum de populations.
« Il ne s’agit pas forcément de traduire les textes de loi en langue mais surtout en langage simplifiée, puis d’organiser des séances avec des spécialistes pour que l’information juste puisse passer », mentionne le SE de l’ONF-BF. Le SG de la délégation spéciale de Kordié estime qu’en plus du renforcement des capacités des services fonciers ruraux à la compréhension des nouvelles innovations de la loi, il faut dynamiser les Commissions de conciliation foncière villageoise (CCFV) qui sont des organes locaux de médiation.
Aly SAWADOGO
De la limitation à une parcelle
La limitation à une seule parcelle à usage d’habitation par personne et par région est une disposition inscrite dans le cadre de la nouvelle loi portant RAF. Lors des lotissements, une même personne physique ne peut pas se voir attribuer plus d’une parcelle à usage d’habitation par région administrative. Si, vos moyens vous le permettent, vous pouvez légalement acquérir d’autres parcelles d’habitation situées dans des régions différentes. Pour la mise en valeur de ces parcelles, un décret vient préciser la prorogation du délai, qui est désormais fixé à 8 ans contre 5 ans auparavant.
A.S.
Avec la RAF, les terres sacrées intègrent le domaine public
L’une des priorités affichées par la réforme est que certains biens comme les lieux sacrés classés et les aires protégées sont désormais intégrés dans le domaine public. Ce sont des espaces qui permettent non seulement de pouvoir conserver le patrimoine mais également de les reléguer plus tard aux générations futures. Si nous voulons que ces biens puissent bénéficier à nos héritiers, il est bon qu’on puisse donner des mesures particulières en termes de protection juridique de ces espaces. Ces espaces, si un individu peut facilement les vendre, il va de soi que plus tard les enfants ne puissent pas en bénéficier. Ils sont rangés dans le principe de la domanialité public qui est le principe inaliénable, imprescriptible et insaisissable. C’est à-dire, on ne peut pas les vendre, un créancier ne peut pas saisir ce bien.
A.S.
Zakaria Minougou, inspecteur des impôts, à la direction des affaires domaniales et foncières
« La relecture de la loi sur le foncier nous a permis d’alléger les procédures »
Zakaria Minougou, Inspecteur des impôts, à la direction des affaires domaniales et foncières : « le e-cadastre nous permet d’aller vers des évaluations sans faire de sortie sur le terrain ».
La nouvelle loi portant RAF prévoit l’informatisation des procédures et actes fonciers. Dans cet entretien, Zakaria Minougou, inspecteur des impôts, à la direction des affaires domaniales et foncières, aborde les enjeux liés à la digitalisation des procédures, les défis de la Direction générale des impôts (DGI) dans la mise en œuvre de cette réforme, etc.
Sidwaya (S) : Quels sont les mécanismes de contrôle pour assurer l’application effective de la loi sur la RAF ?
Zakaria Minougou (ZM) : Pour le contrôle, la RAF a prévu plusieurs titres d’occupation. Les titres majeurs sont les titres fonciers et les autres titres de jouissance qui sont reconnus par la RAF. Il y a la digitalisation qui va nous permettre d’aller de l’avant et d’éviter beaucoup de superpositions de droits.
S : Quels sont les principaux défis identifiés par la DGI dans la mise en œuvre de cette réforme ?
ZM : Le principal défi de la DGI est la digitalisation parce que le thème même de la rentrée fiscale de cette année, c’est la digitalisation du foncier. Il y a également la délivrance des différents documents fonciers dans les délais brefs, la simplification de toutes les procédures, que ce soient les procédures de délivrance des titres, de retrait du terrain pour motifs de la non-mise en valeur et aussi la simplification surtout de l’expropriation pour cause d’utilité publique. Actuellement avec la Révolution populaire progressiste (RPP), l’objectif c’est de permettre à l’Etat de mobiliser le foncier pour réaliser les projets d’utilité publique. Et, il nous a été instruit d’alléger la procédure d’expropriation pour permettre d’aller vers les grands projets de l’Etat. Donc, la relecture nous a permis d’alléger toutes ces procédures afin de permettre aux autorités d’atteindre les objectifs.
S : Dans quelle mesure la digitalisation peut-elle permettre à la DGI de réduire les délais de délivrance et d’éradiquer la falsification des documents ?
ZM : La digitalisation va nous permettre d’avancer. Parce qu’actuellement, le e-cadastre est mis en place. Les terrains bornés sont connus. Le travail sera très facile avec les différents acteurs du foncier. Le e-cadastre et le système intégré de gestion du cadastre et des domaines vont nous permettre d’accélérer le traitement des dossiers. Parce qu’entre les administrations, le document physique ne va plus circuler. Dès que l’intéressé fait la demande, le dossier se trouve directement dans la plateforme et on peut commencer à agir. Le e-cadastre nous permet aussi d’aller vers des évaluations sans faire de sortie sur le terrain, surtout quand le terrain est nu ou bien de faire des constats à partir du bureau. Tout cela va réduire le temps de délivrance des titres. Maintenant, la digitalisation va positionner les titres existants dans la base de données. Le système ne va plus permettre de gérer d’autres titres. A ce niveau, les titres qui sont falsifiés ne seront plus reçus automatiquement par le système.
S : Aujourd’hui, quelle démarche les anciens propriétaires et exploitants doivent entreprendre pour se conformer à cette loi ?
ZM : C’est vrai que le statut de la terre a évolué, l’Etat est le propriétaire du plein droit de la terre du Burkina Faso. Mais, cela ne veut pas dire que l’Etat va exploiter toutes les terres. L’Etat va redistribuer et les exploitants auront toujours les titres en fonction des destinations de la terre. L’Etat peut céder à des personnes physique et morales pour qu’elles deviennent propriétaires comme lui. L’Etat peut aussi céder la terre à des personnes physiques et morales en titre de jouissance. Donc, si l’Etat cède pour qu’on devienne propriétaire, il va délivrer en ce moment un titre foncier. Et s’il cède à un exploitant, il va délivrer un bail emphytéotique. Si, vous utiliser la terre pour dormir, il va vous délivrer un permis d’exploiter. Pour des activités commerciales, c’est un arrêté de mise à disposition. Les démarches n’ont pas évolué, mais on les a rendues plus digestes.
S : Est-ce que cette loi, économiquement, peut profiter à moyen ou à long terme à l’État ?
ZM : L’Etat s’est placé en bon père de famille pour la relecture de la loi en se projetant dans le futur, en prenant en compte tout le monde, en mettant en avant sa souveraineté et l’intérêt de Burkinabè. C’est dans le cadre de cette relecture qu’il a été demandé d’interdire la cession définitive aux étrangers. Tout simplement pour ne pas permettre à l’Etat de donner la terre à n’importe qui, pouvant venir pour d’autres intérêts inconnus.
S : La loi consacre la propriété exclusive de l’Etat sur le domaine foncier. Comment la DGI gère-t-elle la transition des anciens baux et titres de jouissance vers ce nouveau régime ?
ZM : Le statut de la terre a évolué, l’Etat est propriétaire.Mais dans la loi, on n’a pas supprimé les titres. On a même dit que les anciens titres des étrangers qui avaient sur les terres agricoles demeurent au niveau des dispositions transitoires. Donc, il n’y a pas une transition.
S : La loi évoque également l’interdiction de céder définitivement les terres rurales aux étrangers, quel mécanisme de contrôle la DGI a mis en place pour empêcher la spéculation foncière ?
ZM : La spéculation foncière se fait avant l’administration. Puisse que ce soit après les ventes que les particuliers se présentent devant l’administration pour gérer. Je pense que les autorités sont au courant, à travers le ministère en charge de la construction de la patrie, ils sont en train de rédiger des barèmes pour mieux contrôler cet aspect. Au niveau de la DGI, la cession définitive répond à une longue procédure. C’est difficile qu’un étranger puisse avoir de terre. La demande sera automatiquement rejetée.
S : La constatation de mise en valeur des terres est désormais possible par imagerie satellitaire. Quel est l’impact de cette innovation sur les procédures et le traitement fiscal des terrains non mis en valeur ?
ZM : La procédure de constatation par imagerie satellitaire. C’est la possibilité qui permet à l’administration fiscale à partir du bureau de constater la mise en valeur ou non des terres. Lors des demandes des titres, il faut forcément avoir la preuve que les terrains sont mis en valeur ou non. Pour cela, la DGI a mis en place une commission d’évaluation.C’est elle qui se rend sur le terrain pour faire cette constatation. Avec la constatation par imagerie satellitaire les équipes n’ont pas besoin d’aller sur le terrain. Cela réduit drastiquement les demandes de traitement des évaluations. En une journée, le dossier peut être instruit.
Les Présidents des parlements de la confédération des Etats du Sahel (AES) se sont réunis, le 29 juin 2026, à Ouagadougou pour une rencontre de travail de haut niveau. Cette réunion qui s’inscrit dans le cadre du renforcement de la coopération parlementaire a permis d’examiner l’état d’avancement du protocole additionnel relatif aux sessions confédérales des Parlements de la Confédération.
Les chefs des Parlements de la Confédération des Etats du Sahel veulent s’assurer de la bonne mise en œuvre du protocole additionnel relatif aux sessions confédérales de leurs Parlements. Dans cette dynamique, le président du Conseil consultatif de la refondation du Niger, Mamoudou Harouna Djingarey, le président du Conseil national de transition du Mali, le général Malick Diaw se sont retrouvés aux côtés de leur homologue burkinabè, Ousmane Bougouma, à Ouagadougou, pour une rencontre de travail, lundi 29 juin 2026.
L’objectif principal de cette rencontre a été l’élaboration d’un calendrier opérationnel destiné à la mise en œuvre des sessions confédérales des Parlements de l’AES, conformément aux engagements pris par les Etats membres. En effet, dans le cadre du processus de mise en place des instances de l’institution sous régional, un protocole additionnel au traité portant création de la Confédération des Etats du Sahel a été signé, le 23 décembre 2025 à Bamako puis fait l’objet d’un projet de loi portant autorisation de ratification, le mardi 12 mai 2026, à l’Assemblée législative du peuple (ALP). Ce protocole, a-t-on indiqué, prévoit l’organisation régulière de sessions confédérales parlementaires, destinées à harmoniser les législations, renforcer la concertation politique et promouvoir une gouvernance concertée au service des peuples du Sahel.
La rencontre de Ouagadougou qui s’inscrit dans ce sens, marque une étape significative dans la mise en œuvre de ces engagements. Elle traduit la volonté commune des Parlements de l’AES de jouer un rôle moteur dans la construction de la Confédération, en assurant une coordination efficace et en favorisant l’intégration politique et institutionnelle. Un pilier essentiel de la gouvernance de la Confédération Après un examen approfondi des progrès accomplis depuis l’adoption du protocole additionnel relatif aux sessions confédérales des Parlements, les présidents des Parlements ont convenu d’autres actions pour l’atteinte des objectifs.
Ainsi, ils ont, à l’issue de la rencontre, selon le communiqué final lu par le 4e vice-président de l’Assemblée législative du peuple du Burkina Faso, Daouda Diallo, relevé la nécessité d’accélérer la mise en œuvre des activités prévues dans la feuille de route de l’An II relatives aux sessions confédérales des Parlements de l’AES, adopté une feuille de route actualisée assortie d’un calendrier de mise en œuvre des principales activités préparatoires et décidé de finaliser, l’ensemble des dispositions administratives, juridiques et techniques nécessaires à la tenue de la session inaugurale des sessions confédérales des Parlements de l’AES.
Condamnation ferme de la résolution de l’UE
Dans la même lancée, les chefs de Parlements de l’AES ont invité chaque Parlement national à finaliser les procédures internes de désignation de ses représentants conformément aux dispositions du protocole additionnel tout en se résolvant de renforcer le mécanisme de coordination entre les trois Parlements afin d’assurer un suivi régulier de l’exécution des décisions arrêtées. « Les présidents des Parlements ont réaffirmé que les sessions confédérales des Parlements de l’AES constituent un pilier essentiel de la gouvernance de la Confédé-ration, appelé à contribuer à l’harmonisation des législations, au renforcement du contrôle des politiques confédérales et à la promotion de l’intégration des peuples des Etats membres », a indiqué le communiqué final. Par ailleurs, les Présidents des Parlements ont adopté une motion de soutien au Burkina Faso, suite à la résolution adoptée le 18 juin 2026 par le Parlement européen sur la situation des droits humains au Burkina Faso.
Ainsi, condamnant fermement cette résolution, ils ont réaffirmé leur détermination à œuvrer, en parfaite synergie avec les chefs d’Etat et les autres instances confédérales, à l’édification d’une Confédération des Etats du Sahel forte, souveraine, intégrée et pleinement au service des aspirations de ses peuples. En plus, selon le porte-parole du groupe de travail, Ibrahim Bana du Niger, les chefs de Parlements de l’AES, dans leur motion ont, en outre, exprimé leur soutien total, leur solidarité aux autorités et au peuple burkinabè pour les efforts qu’ils déploient afin de défendre la souveraineté nationale, restaurer l’intégrité territoriale et garantir la sécurité des populations.
A l’annonce du protocole d’entente entre l’Iran et les Etats-Unis pour un arrêt immédiat des opérations militaires y compris au Liban, il y a deux semaines, certains observateurs de la crise au Moyen Orient avaient apprécié positivement cette évolution. Les répercussions néga-tives de ce conflit au plan mondial se faisaient de plus en plus sentir, qu’il fallait faire taire les armes. Grâce à la facilitation du Pakistan, cet accord a été obtenu et signé à distance, mais il faut l’apprécier avec une dose de prudence, au regard du contexte de méfiance et de défiance entre la coalition américano-israélienne et le régime des Mollahs. Les évènements de ces derniers jours confirment d’ailleurs cette retenue.
Alors que les négocia-tions devant aboutir à un accord sérieux ont été entamées à Genève en Suisse, à la suite du protocole d’entente, les tensions autour du Detroit d’Ormuz, où transite 20% de la demande mondiale de pétrole et de gaz, ont ressurgi. Dans le cadre du mémorandum d’entente, Américains et Iraniens s’étaient accordés pour mettre en place une ligne directe pour coordonner le trafic dans le Détroit d’Ormuz. Malheureusement, cette initiative ne fonctionne toujours pas. Ce blocage a visiblement irrité les Etats-Unis qui ont mené des frappes contre l’Iran, vendredi et samedi, sous prétexte que Téhéran continue d’entraver la navigation marchande dans le Detroit d’Ormuz.
La riposte iranienne n’a pas tardé et a visé des positions militaires stratégiques américaines au Bahreïn et au Koweït après avoir déterré la hache de guerre, Washington et Téhéran ont convenu de suspendre leurs attaques mutuelles. Aussi, les Etats-Unis ont-ils annoncé des discus-sions ce mardi à Doha au lieu de Genève autour de la brulante question du Détroit D’Ormuz. Ce bras de mer très important pour le trafic maritime mondial s’est retrouvé au cœur de la crise dans le Golfe. L’Iran s’en sert désormais comme un moyen de pression, ce qui irrite Washington. A Doha, on espère qu’une bonne solution sera trouvée à ce point d’achoppement de nature à mettre en péril le processus de paix.
Mais, le point le plus clivant reste le programme nucléaire iranien. Téhéran tient à se doter de la bombe atomique, au point d’en faire une obsession, alors que les Etats-Unis y voient une menace pour Israël et ses alliés du Moyen Orient. Le président américain a mis un point d’honneur à ce que Téhéran n’ait jamais la bombe atomique. Réussira-t-il à mettre la main sur l’uranium enrichi des Mollahs et à leur faire renoncer à leur projet de bombe nucléaire à la faveur des négociations ?
Personne ne peut répondre avec certitude à cette interrogation. La détermi-nation de l’Iran à posséder cette arme puissante et dissuasive incite au pessimisme. Le moins que l’on puisse dire est que le dialogue entre l’Iran et les Etats-Unis est difficile. On n’est véritable-ment pas à l’abri des regains de tensions, tant Américains et Iraniens ont des positions plus ou moins tranchées au sujet du Detroit d’Ormuz et du programme nucléaire. Les mauvais signaux sont perceptibles, mais osons encore croire qu’une paix durable est possible entre Washington et Téhéran.
Le conseil des ministres en date du 25 juin dernier a décidé au titre du mi-nistère en charge de la communication de la « poursuite de la mise en œuvre des actions de communication du Plan de travail 2026 de la Stratégie de communication de guerre ». A l’heure où la presse impérialiste fait feu de tout bois contre les pays de la Confédération des Etats du Sahel (AES) à travers des éditoriaux où le mensonge et l’esbroufe sont les choses les mieux partagées et que par ailleurs des généraux de service ne font plus mystère de leur volonté de « sauter » sur le Sahel pour rétablir « l’ordre », cette décision du gouvernement tombe comme marée en carême.
En effet, elle se présente comme une arme de destruction massive de cette cabale savamment orchestrée par les officines obscures (services secrets, médias acquis, influenceurs …) de l’impérialisme français. Une campagne relayée aussi au plus haut niveau par les esclaves de salon qui n’hésitent pas à apporter leur écot à cette campagne de propagande. Il faut donc répliquer à tous les coups en apportant une information saine et éclairée aux masses populaires et élever ainsi leur niveau de conscience patriotique. Narratifs bâtis autour de la réalité du terrain, réarmement culturel, exaltation des victoires de nos combattants de la liberté, vulgarisation des idées forces du Manifeste de la Révolution progressiste populaire (RPP), doivent figurer en bonne place de cet agenda communicationnel.
Un agenda qui se déroule du reste déjà très bien sous la houlette des autorités du département ministériel appuyées par des personnes ressources de qualité et les médias de service public. Le Burkina Faso pays prétendument « infréquentable », jouit d’une excellente réputation mondiale à travers le leadership reconnu du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré. Les actions volontaristes entreprises sur les chantiers du développement endogène donnent une assise populaire au mouvement du 30 septembre 2022. A contrario, la junte française dirigée par Emmanuel Macron, subit chaque jour des revers dont le dernier est la gestion désastreuse de la canicule qui a entraîné la mort de centaines de personnes, principalement par arrêt cardiaque.
Déjà quasiment laissées à elles-mêmes, les personnes âgées figurent en grand nombre parmi les victimes. Une France où la solidarité est la vertu la moins partagée avec une jeunesse à l’avenir bouché. La délinquance juvénile a pris des proportions inquiétantes avec des tabassages entre jeunes qui finissent souvent de façon tragique. La France est une bombe sociale avec l’asphyxie financière qui se profile à l’horizon. Et ce ne sera plus sur le dos des Africains conscients qu’elle fera son beurre. L’Afrique à papa est bel et bien terminée. A bon entendeur …
L’hypertension artérielle est l’un des principaux facteurs de risque d’accident vasculaire cérébral et d’infarctus du myocarde et touche près d’un adulte sur trois. Si le traitement médicamenteux reste indispensable pour de nombreux patients, certaines habitudes de vie contribuent réellement à faire baisser la pression artérielle.
Des habitudes de vie peuvent aider certaines personnes à faire baisser leur pression artérielle, même si le traitement médicamenteux reste nécessaire. Quel régime alimentaire adopter pour faire baisser l’hypertension ? Les recommandations 2024 de la Société européenne de cardiologie (ESC) mettent en avant le régime méditerranéen et le régime DASH (Dietary Approaches to Stop Hypertension) parmi les mesures non médicamenteuses de première intention dans la prise en charge de l’hypertension artérielle. Le régime DASH a été conçu spécifiquement pour agir sur la pression artérielle.
Il privilégie les fruits, les légumes, les légumineuses et les produits laitiers pauvres en graisses, tout en limitant le sodium et les graisses saturées. Des études montrent une réduction de la pression systolique chez les personnes hypertendues. Le régime méditerranéen repose sur les mêmes grands principes. Des végétaux en abondance, légumineuses, poissons, huile d’olive, et peu de viande rouge ou de produits ultra-transformés.
L’activité physique pour réguler la tension
Ses bénéfices cardiovasculaires globaux sont solides, même si son effet sur la pression systolique varie davantage d’un individu à l’autre. Les deux approches sont complémentaires et peuvent être adaptées aux habitudes alimentaires de chacun. Les recommandations 2024 ESC fixent l’objectif de moins de 5 g de sel par jour.
L’alcool doit être évité autant que possible et, dans tous les cas, ne pas dépasser 100g d’alcool pur par semaine. Bouger régulièrement figure parmi les mesures les plus efficaces pour réduire la pression artérielle. Mais tous les types d’efforts ne se valent pas. Les activités d’endurance d’intensité faible à modérée sont les mieux adaptées.
Les exercices de renforcement musculaire à faible charge réduisent également la tension sans effet délétère. Les efforts de résistance intense, en revanche, sont à éviter tant que la pression artérielle n’est pas contrôlée. Marche rapide, natation, vélo, danse sont des activités accessibles au quotidien et particulièrement recommandées. Il est préconisé au minimum 150 minutes d’activité modérée par semaine.
Ce qui compte avant tout, c’est la régularité, c’est-à-dire des séances courtes et fréquentes. Avant de démarrer ou d’intensifier une pratique sportive, les personnes hypertendues doivent en parler avec leur médecin.
A ne pas négliger le Stress et sommeil
Le stress chronique agit sur la tension artérielle par activation du système nerveux sympathique, le système de commande automatique de l’orga-nisme qui prépare le corps à réagir en situation d’urgence. Cette activation entraîne une augmentation de la fréquence cardiaque et une vasoconstriction, c’est-à-dire un rétrécissement des vaisseaux sanguins, qui élève mécaniquement la pression artérielle. Lorsque cette activation devient chronique, ses effets sur la tension peuvent s’installer durablement. Parmi les techniques étudiées pour contrer ce mécanisme, la cohérence cardiaque agit sur le système nerveux autonome en favorisant un retour au calme. Des données empiriques et quelques études suggèrent des effets bénéfiques sur l’anxiété et le stress, mais les mécanismes restent encore mal compris et les preuves parcellaires.
La méditation de pleine conscience et la relaxation musculaire progressive s’inscrivent dans la même logique. Ces exercices ne doivent pas se substituer aux traitements médicamenteux ou à l’activité physique. Le sommeil est un levier tout aussi concret. Dormir moins de sept heures par nuit, ou souffrir d’apnées obstructives du sommeil, perturbe le système nerveux sympathique et le métabolisme, ce qui favorise l’hypertension artérielle. Prendre soin de son sommeil fait donc partie intégrante d’une approche glo-bale de la tension.
En somme, une alimentation équilibrée, une activité physique régulière, une gestion du stress et un sommeil de qualité agissent sur la pression artérielle par des mécanismes distincts et complémentaires. Leur efficacité est reconnue par les recommandations scientifiques actuelles, à condition d’être maintenues dans la durée. Elles ne remplacent pas un traitement médical lorsqu’il est nécessaire, mais peuvent, dans certains cas, en retarder l’instauration ou en renforcer l’efficacité. Aucun médicament antihypertenseur ne doit être arrêté sans avis médical.