La Grande muraille de Chine : un site intemporel

Dans le cadre du programme de formation 2023 du Centre de communication de la presse internationale de Chine (CIPCC), les participants ont visité la section de Juyongguan de la Grande muraille de Chine.

L’un des objectifs du programme de formation 2023 initié par le Centre de communication de la presse internationale de Chine (CIPCC) est de permettre aux participants venus des quatre coins du monde de découvrir la culture chinoise. Un tel objectif ne pouvait donc être atteint sans une présentation aux journalistes de la Grande muraille de Chine qui est l’un des plus importants sites culturels et historiques du pays. L’opportunité leur a donc été offerte à un mois de leur séjour de découvrir cette merveille architecturale vieille de plusieurs milliers d’années. A leur arrivée, les journalistes ont d’abord fait une ronde guidée au pied de la muraille afin de connaitre son historique. Il en ressort que c’est vers l’an 220 av. J.-C. que Qin Shin Huang, empereur de l’époque, a entrepris de réunir des tronçons de fortifications existants pour en faire un système défensif cohérent contre les invasions venues du Nord. Poursuivis jusque sous les Ming (1368-1644), ces travaux ont produit le plus gigantesque ouvrage de génie militaire au monde.

Au pied du mur, les visiteurs ont pu également apercevoir la plateforme Cloud qui sert de porte d’entrée au site. Construite en marbre blanc, elle comporte des sculptures de quatre dieux célestes et des inscriptions historiques importantes. Après la petite visite guidée au pied de la muraille, les participants ont été invités à amorcer la marche vers le sommet afin de découvrir les tours de balises, les barrières, les postes de garnison ainsi que les forteresses qui y sont construits. Un challenge visiblement difficile pour les visiteurs du jour du fait de la longueur de la section de Juyongguan qui serait de plus de 4000 km . Même si le tronçon à parcourir n’était qu’une petite partie de la longueur totale de la section, elle semblait difficile pour certains du fait de l’architecture de la muraille qui est faite d’escaliers. Mais comme le disait l’ancien président de la République populaire de Chine, Mao Zedong, « quiconque n’a pas gravi la Grande muraille de Chine n’est pas un homme brave ». C’est certainement ce désir de bravoure qui a poussé le journaliste gambien Talibeh Hydara a tenté le pari en dépit du jeûne du Ramadan qu’il a observé. « J’étais ravi d’escalader le mur mais j’ai failli rompre mon jeûne. Titubant comme un ivrogne et haletant comme un marathonien, j’ai parcouru les marches de la muraille comme si je portais un sac de ciment », raconte-t-il.

Une expérience unique

Talibeh Hydara, journaliste gambien, était très heureux d’arriver au sommet de la muraille malgré son jeûne.  

Mais le désir de jouir de la vue panoramique qui se dégage du haut de la muraille a aidé Hydara à tenir le coup. « Mon pouls battait. Ma gorge séchait. Mon estomac se soulevait. Mais abandonner n’était pas une option. Ce d’autant plus que j’ai aperçu des enfants d’à peine 5 ans et des vieux de plus de 70 ans avec des bâtons, souriants et savourant le défi », conte-t-il. Grande donc a été la fierté de Talibeh lorsqu’au bout de plus d’une heure de marche, il est parvenu à la tour rouge située au sommet de la muraille. Même si, au retour à sa résidence à Pékin, il en a payé les frais. « Dès que je suis revenu dans mon appartement, je suis tombé dans la baignoire et j’ai failli y dormir. Mon dos, mes genoux, mes chevilles, mes cuisses, tout mon corps me faisait mal. J’avais l’impression d’avoir été percuté par un camion. J’étais statique comme un cheval mort et j’ai dormi 11 heures d’affilée. Mais le prix en valait la chandelle. J’ai vécu une expérience unique et je suis fier d’avoir relevé le défi malgré mon jeûne », a-t-il confié. Si gravir les marches de la Grande muraille a été un exercice difficile pour Talibeh Hydara, cela n’a pas été le cas pour Alain Mazda du Cameroun qui a été l’un des premiers à franchir toutes les étapes de la muraille. « Je suis un fils de la montagne.

Ma vie est jalonnée d’escalade de montagnes et de pierres. Il est vrai que je n’avais pas encore expérimenté une longueur et une hauteur aussi grande que la Grande muraille mais cela a été un bon moment de marche sportive pour moi. J’aurais été habitant de Beijing que je viendrais au moins une fois par semaine faire ce parcours », a-t-il confié. Le bienfait sportif qu’offre la montée de la Grande muraille bien qu’important n’a pas autant retenu l’attention de M. Mazda que son caractère intemporel et son importance pour le peuple chinois. « Chángchéng (nom chinois de la Grande muraille) connote l’esprit indomptable du peuple chinois. Il résume à lui seul ce qui caractérise ce peuple à savoir le travail acharné, le courage et l’unité. Cela fait des milliers d’années qu’il a été construit et c’est impressionnant de voir comment il a été conservé dans sa quasi-totalité malgré le temps qui passe et continue d’attirer des milliers de touristes aussi bien internationaux que nationaux. C’est la preuve que c’est une véritable icône du tourisme dans le monde », a-t-il estimé. A noter que la Grande muraille de Chine est classée patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1987. C’est le seul ouvrage construit par l’homme sur cette planète que l’on puisse voir depuis la lune.

Nadège YAMEOGO

A Pékin (Chine)

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