
Au procès de l’ex-ministre, Yolande Viviane Compaoré, l’accusé Wendpanga Yannick Bougouma a reconnu les faits. Alors que l’expertise psychiatrique évoque un délire chronique de persécution, possiblement lié à une schizophrénie, selon l’expert entendu à l’audience.
Malade mental ou non, schizophrène ou pas, le sieur Wendpanga Yannick Bougouma, auteur de l’assassinat de l’ex-ministre Yolande Viviane Compaoré a été condamné, le vendredi 13 mars 2026 à 25 ans de prison ferme au terme du procès en première instance de l’affaire relative à l’assassinat de l’ancienne ministre et gouverneur, Yolande Viviane Compaoré. En effet, à la reprise du procès devant le tribunal de grande instance Ouaga II, l’expert en psychiatrie, Pr Kapouné Karfo, a révélé que l’accusé de l’assassinat de Viviane Compaoré souffre d’un « délire de persécution ».
Il s’agit, selon lui, d’un trouble psychiatrique dans lequel, le patient a la conviction inébranlable d’être la cible d’hostilités (menaces, complots, espionnage). De l’analyse des experts, ce trouble, souvent lié à la paranoïa, à la schizophrénie ou à la démence, provoque de l’angoisse et des comportements d’autodéfense. Ce qui pourrait expliquer le fait que le prévenu indiquait à chaque fois que la victime lui rendait la vie impossible depuis son enfance.
Fait surprenant, l’accusé à la barre a en quelque sorte plaidé coupable. Dans son « délire », il arrive à reconstituer légèrement les faits mais n’apporte pas de réponses claires aux questions du parquet. Poursuivi également pour vol aggravé, M. Bougouma a déclaré à la barre que la victime, dont il reconnaît avoir causé la mort, est à l’origine de son chômage.
L’accusé a également reconnu avoir emporté plusieurs objets appartenant à la victime, notamment des téléphones portables de marques Samsung et Motorola, une tablette, deux chargeurs, ainsi qu’un sac à main contenant de l’argent. Il a même reconnu les objets saisis et présentés à l’audience par le parquet. Interrogé sur le montant de l’argent dérobé, le prévenu a affirmé ne plus s’en souvenir, indiquant toutefois avoir donné une partie à des mendiants et utilisé le reste pour régler certaines dettes dans une boutique.
Un franc symbolique
Au terme des débats, la partie civile, représentant les ayants droit de la victime, s’est constituée partie civile en réclamant un franc symbolique. Le ministère public a requis la réclusion criminelle à perpétuité. La défense, pour sa part, a plaidé l’irresponsabilité pénale de l’accusé. A l’issue du délibéré, le tribunal, statuant publiquement, contradictoirement en matière criminelle en premier ressort, a déclaré Wendpanga Yannick Bougouma coupable d’assassinat et de vol aggravé qui lui sont reprochés.
En répression, la cour l’a condamné à une peine d’emprisonnement ferme de 25 ans, ordonné son traitement et son suivi psychiatrique et ce à la diligence du directeur de la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO). Aussi, le tribunal a déclaré recevable la constitution de partie civile des ayants droit de feue Compaoré Yolande Viviane et l’a dit bien fondée.
Ce faisant, a condamné Wendpanga Yannick Bougouma à leur payer la somme de 1F symbolique en réparation du préjudice subi, ordonné en outre, la restitution aux ayants droit de feue Compaoré Yolande Viviane du scellé comprenant trois téléphones portables, une tablette, deux chargeurs, un sac à main. Il a ordonné également la confiscation aux fins de destruction du scellé comprenant une chemise, une clé USB, un casque de type lecteur. Et enfin, a condamné Wendpanga Yannick Bougouma aux entiers dépens.
Le tribunal a notifié au condamné qu’il dispose de 10 jours pour faire appel s’il n’est pas satisfait de la décision rendue. A savoir si l’accusé va interjeter appel, son conseil a répondu en ces termes : « nous allons aviser ». L’avocat de la famille lui, a trouvé la décision « bonne à prendre ». Le procureur lui, s’est dit également satisfait de la décision. « Du point de vue des poursuites, nous ne sommes pas moins satisfaits.
Au sujet du débat central, la santé mentale de l’accusé, nous avons démontré qu’il y avait une certaine cohérence et un malade mental ne pouvait pas donner autant de précisions. Nous avons aussi démontré que les hallucinations sont postérieures aux faits », a-t-il fait savoir.
Wanlé Gérard COULIBALY





