Récupération des terres dégradées dans le Liptako : une source de revenu fiable et de sécurité alimentaire

Quelques animaux profitant de la verdure de la nature dans la zone pastorale de Kougari.

Dans la région du Liptako (ancienne région du Sahel), durement éprouvée par les effets du changement climatique, la récupération des terres dégradées s’impose comme une réponse concrète aux défis de la sécurité alimentaire, du pastoralisme et de la cohésion sociale. Portées par les populations locales, avec l’appui des organisations non gouvernementales (ONG) et des partenaires techniques et financiers, ces initiatives redonnent vie à des espaces jadis improductifs.

La problématique des terres dégradées dans la région du Liptako s’est accentuée avec les sécheresses répétées au début des années 1970 et 1980. Depuis lors, des mécanismes de restauration des terres dégradées sont en cours pour inverser les tendances et accroitre les productions agricoles. A l’ouvrage : les populations locales et le gouvernement avec le soutien de ses Partenaires techniques et financiers (PTF) et des Organisations non gouvernementales (ONG).

C’est le cas de l’ONG A2N qui avec l’accompagnement de ses PTF a mis en œuvre deux projets pastoraux dans la ville de Dori, chef-lieu de la région du Liptako. Selon le coordonnateur de ces deux projets, Amadou Nouhou Maiga, la restauration des terres dégradées a facilité la pratique des activités agropastorales des populations bénéficiaires desdits projets, leur permettant ainsi d’assurer leur autosuffisance alimentaire et partant, améliorer la production animale. Pour lui, les deux zones pastorales ont contribué à la production fourragère pour l’alimentation des animaux dans l’optique de booster la production animale.

Dans le Liptako, l’élevage est l’activité par excellence des populations. En effet, le premier projet dénommé « Ceekol Naggé » qui signifie en langue national fulfuldé « le cours d’eau de la vache », situé au Nord-Ouest de Dori a été exécuté de 2005 à 2012 et a concerné 14 villages. Selon Amadou Nouhou Maiga, sur une superficie de 25 725 hectares aménagés, 4 618 ha de terres dégradées ont été récupérées. Quant au deuxième projet « Kougari » en langue nationale fulfuldé, signifiant en français « cours d’eau », il est situé au sud-est de Dori, regroupant aussi 14 villages et mis en œuvre de 2013 à 2023. Là également, M. Maiga a relevé que sur une superficie de 39 612 hectares aménagés, 10 996 hectares de terres dégradées ont été restaurées.

Pour la scarification ou le labour des deux sites, A2N a utilisé une méthode mécanisée notamment la charrue Delfino permettant de couvrir de grandes surfaces. Aux dires de M. Maiga, cette technique est utilisée pour retourner des sols endommagés et extrêmement secs sur plus de 50 cm de profondeur. « La charrue delfino creuse de larges sillons en forme de demi-lune (méthode de plantation qui consiste à tracer des contours pour empêcher l’eau de s’écouler et ainsi améliorer son infiltration et garder le sol humide plus longtemps) dans lesquels on peut immédiatement semer et planter.

Elle permet ainsi de collecter dix fois plus d’eau de pluie et de rendre le sol plus perméable », a-t-il expliqué. S’en est suivi, l’ensemencement des espèces herbacées et ligneuses dès les premières pluies qui a été fait par les populations bénéficiaires, particulièrement les femmes.

Plus d’une dizaine d’années après l’exécution du projet, le président du comité de gestion de la zone pastorale de « Ceekol Naggé » Hamadou Oumarou Cissé a témoigné sa gratitude à l’ONG A2N et ses partenaires parce que les éleveurs des 14 villages ne parcourent plus de longues distances pour alimenter et abreuver leurs animaux. Mieux, a-t-il indiqué, avec la mise en place de la zone pastorale, l’alimentation du cheptel s’est beaucoup améliorée et équilibrée. A l’entendre, lorsque les vaches sont bien alimentées, elles produisent du lait en qualité et en quantité et de la bonne viande pour la consommation.

La charrue delphino en plein labour.

Abondant dans le même sens, Roumar Al-Hassane Ag a révélé que les éleveurs sont à l’aise dans la conduite de leurs animaux dans la zone pastorale de « Ceekol Naggé ». « Avant il existait une brousse qui servait de zone de pâturage sans être délimitée, où les agriculteurs y cultivaient allégrement à telle enseigne que les conflits entre ceux-ci et nous étaient récurrents. Le projet a mis fin à ces genres de conflits et a beaucoup contribué au renforcement de la cohésion sociale et du vivre-ensemble », s’est félicité l’éleveur.

Sécuriser les zones pastorales

Selon l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages (EHCVM) réalisée en 2021 par l’Institut national des statistiques et de la démographie (INSD) dans l’ancienne région du Sahel (scindée en régions du Liptako et du Soum), 72,5% des ménages pratiquaient l’élevage et 68,1% s’adonnaient à l’agriculture. Par ailleurs, l’EHCVM de 2018 indique que le revenu total des ménages de l’ancienne région du Sahel provenant de l’élevage est estimé à plus de 23 milliards de FCFA.

Partant de ce constat, l’ONG A2N a associé l’agriculture aux deux projets afin d’éviter que les populations bénéficiaires ne cultivent dans les zones pastorales aménagées dans l’optique de les sécuriser. De façon concrète, elle a mis à la disposition d’un pool de formateurs endogènes composé de cinq personnes, issus de chaque village, un parquet technologique en vue d’initier les populations bénéficiaires à l’utilisation des méthodes de récupération de terres dégradées à moindre coût financier. Aux dires du coordonnateur des deux projets, la série de formations a porté sur la pratique du « zai », de la demi-lune et la fabrication de la fumure organique.

Dans ses explications, il nous apprend que le « zai » consiste à creuser des trous dans le sol pour retenir l’eau de pluie et y ajouter du compost, favorisant ainsi la croissance des cultures et améliorant la fertilité du sol. A propos de la demi-lune, il a signifié que c’est une technique qui consiste à creuser des trous en forme de demi-cercle pour capter l’eau de pluie et les sédiments, ralentir l’érosion, et créer des zones fertiles où l’eau s’infiltre et profite aux cultures, augmentant ainsi les rendements agricoles.

A l’issue de leur formation, ces formateurs endogènes ont à leur tour, partagé leurs connaissances avec les autres producteurs dans l’espoir d’augmenter la production céréalière. Autrement dit, les populations pratiquent les activités agricoles en dehors des zones pastorales. Mieux, a indiqué M. Maiga, un comité de surveillance a été mis en place dans chaque village pour informer tout transhumant d’animaux des règles en vigueur

Pour Amadou Nouhou Maiga, les deux projets de l’ONG A2N ont contribué à l’amélioration des conditions de vie des populations bénéficiaires.

d’utilisation de ces zones. Il s’agit d’éviter les défriches, l’élagage des branches d’arbres et l’interdiction des animaux malades à pénétrer les zones pastorales. En cas de difficulté, les comités villageois de surveillance avisent le Comité de gestion (COGES) de chaque zone pastorale dont la mission consiste à rechercher des partenaires et des financements pour pérenniser les acquis du projet.

La formatrice endogène de la zone pastorale de « Kougari», Awa Hamidou Maiga dit avoir partagé ses connaissances apprises sur le « zai » et la demi-lune dans son village. Hormis cela, elle-même pratique ces techniques pour cultiver du mil, du sésame, du haricot et du gombo sur une superficie de 2 hectares. « Depuis que je pratique le « zai » et la demi-lune, je constate que ma production céréalière a augmentée. Mon époux en fait de même et nous pouvons consommer les récoltes jusqu’à la période de soudure. Cela nous évite d’acheter des céréales au marché », a-t-elle raconté. Pour se conformer à la tradition peulh, la formatrice endogène élève des petits et gros ruminants.

Elle a témoigné sa satisfaction par le fait que la restauration des terres dégradées a favorisé la réapparition d’un certain nombre d’espèces d’herbes très nutritifs pour le bétail en l’occurrence les vaches qui produisent maintenant beaucoup de lait. Pour sa part, le secrétaire général du COGES de la zone pastorale de « Kougari» Amidou Abdoulaye Diallo, a estimé que la restauration des terres dégradées lui a permis en sa qualité d’agropasteur, de subvenir aux différents besoins de sa famille forte de 8 membres. En plus de cultiver le sorgho, le mil et le haricot sur une superficie de 3 hectares, il élève des petits et gros ruminants.

La zone pastorale de Bouloye, une source de survie

A l’instar d’A2N, l’Union fraternelle des croyants de Dori (UFC-Dori), une autre ONG, a également restauré 100 hectares de terres dégagées dans le cadre du projet « Jam’Borders ». Selon le chargé du projet Jean de Dieu Sermé, 60 ha ont été récupérés à Dori précisément, devenue la zone pastorale de Bouloye, 20 ha à Gorom-Gorom, chef-lieu de la province de l’Oudalan et 20 ha à Seytenga. Il a mentionné que l’ensemble des trois sites sont destinés à plus de 40 000 bénéficiaires dont des populations hôtes et des Personnes déplacées internes (PDI). A l’image d’A2N, l’UFC-Dori a utilisé la charrue Delphino pour le labour des 100 ha avant d’ensemencer des espèces ligneuses et des herbacées.

Dans la foulée, le chargé à la mobilisation communautaire du projet, Mamoudou Diallo, a noté que les ensemencements ont été faits durant la saison pluvieuse de juillet à août 2024. Plus d’une année après, la récupération des 60 ha a été une réussite en ce sens que les humains et les animaux tirent un grand profit des espèces ensemencées, s’est-il-réjoui. « Par le passé, ces terres étaient arides et aucune herbe ne pouvait y pousser mais aujourd’hui, on remarque que la végétalisation s’y est installée », s’est-il exprimé avec satisfaction. En d’autres termes, il a confié que la zone pastorale est devenue une source de survie pour les populations surtout les ménages PDI.

La zone pastorale de « Ceekol Naggé » est constituée d’espèces ligneuses et d’herbacées.

Rencontrée dans la zone pastorale de Bouloye situé à 5 km de Dori, la responsable à la mobilisation féminine au sein du COGES de ladite zone, Mariama Amadou Diallo, a confié que les femmes se sont mobilisées pour accompagner les hommes dans l’ensemencement et l’application de la fumure organique du site. Avec une voix empreinte de joie, elle a salué l’initiative. Avec cette zone pastorale, a-t-elle indiqué, les femmes, surtout les déplacées internes y viennent chercher leur pitance quotidienne en cueillant les feuilles de cassia tora pour l’alimentation familiale et la vente pendant la période de soudure sans oublier la fauche et la conservation du fourrage pour les animaux.

Elle se remémore que ces feuilles ont toujours été utilisées par les communautés de la région du Liptako pour l’alimentation en vue de faire face à la période de soudure.
Le Conseil régional des unions du Sahel (CRUS) a également restauré plus de 10 000 hectares de terres dégradées de 2012 à 2021 dans les régions du Liptako et du Soum pour la production fourragère et vivrières. De l’avis de son chargé des programmes Boubacar Diallo, la première vocation du CRUS est le pastoralisme, donc la mobilité du bétail. La seconde activité, a-t-il poursuivi, est le renforcement de l’agriculture familiale de sorte que les ménages puissent garantir leur sécurité alimentaire.

« Le premier aliment du bétail est le fourrage qui se produit sur la terre. Quand la terre est dénudée, il est évident que l’alimentation des animaux sera aussi pauvre en nutriments. Fort de ce constat, le CRUS s’est lancé dans la récupération des terres dégradées en vue d’optimiser la production fourragère pour abonnir l’alimentation du bétail », a ajouté M. Diallo. Et de préciser que, le CRUS étant une organisation paysanne, elle a initié ses 40 000 membres issus de 1987 coopératives et de 65 unions à l’utilisation du « zai » et de la demi-lune. Les populations bénéficiaires se sont appropriées ces techniques et continuent de les utiliser au quotidien.
Rappelons que ces trois ONG locales ont travaillé sur le terrain avec l’accompagnement des services techniques de l’agriculture, de l’élevage et de l’environnement.

Restaurer le couvert végétal

Concernant l’importance de la récupération des terres dégradées pour l’environnement, le directeur régional des Eaux et Forêts du Liptako, le lieutenant-colonel Dramane Fogo a soutenu qu’elle contribue à la restauration du couvert végétal, de la faune, des espèces animales et fauniques, et même des herbacées en voie de disparition. Il a en outre souligné que la restauration du couvert végétal engendre le développement de puits de carbone (grande superficie de forêts) dans le cadre de la séquestration du carbone. Sur la question, dit-il, la séquestration du carbone participe activement à l’augmentation des productions agro sylvo-pastorales, à l’atténuation des effets du changement climatique (vague de chaleur), à l’apurement de l’atmosphère, à l’assainissement du cadre de vie en améliorant ainsi l’espérance de vie.

En sus, il a annoncé que la séquestration du carbone est une source d’opportunités de

Selon le chargé des programmes au CRUS Boubacar Diallo, la majorité des terres restaurées sont à vocation pastorale.

financement de projets de développement à la faveur du marché de carbone institué par les grandes puissances industrielles.
Pour atteindre ces résultats sur le terrain, le lieutenant-colonel Fogo a noté d’un certain nombre de projets et programmes qui ont travaillé dans ce sens. Il a cité le Programme intégré de développement et d’adaptation au changement climatique qui a contribué à l’amélioration de la résilience des populations et des écosystèmes du bassin du fleuve Niger par une gestion durable des ressources naturelles.

En effet, depuis 2019, le programme récupère des terres dégradées dans la région du Liptako en utilisant des méthodes telles que la fixation mécanique des dunes, la Régénération naturelle assistée (RNA) et la demi-lune. Il en est de même pour le programme régional d’appui au pastoralisme dans le Sahel qui a aménagé des espaces pastoraux en restaurant 1 200 ha de terres dégradées dans les provinces du Séno et du Yagha de 2014 à 2019 en utilisant la charrue Delphino. Par ailleurs, il a rapporté que l’Action contre la désertification (ACD) une initiative de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et exécuté par la grande muraille verte a récupéré 80 000 ha de terres dégradées à travers les méthodes mécaniques et biologiques en vue d’accroitre les productions agricoles des populations des régions du Liptako et du Soum de 2016 à 2020.

Après plusieurs années de récupération de terres dégradées, le directeur régional des Eaux et forêts du Liptako a salué les efforts consentis avec des avancées considérables notamment une appropriation des techniques de récupération par les populations pour une gestion durables des terres. En plus, il a fait cas des micro-écosystèmes qui se sont développés avec le retour de la végétation et la restauration de la strate herbacée. « Outre ces avantages, nous avons le retour des petits mammifères, des reptiles et même la faune aviaire. Donc, l’impact est visible et ça contribue à l’amélioration des capacités productives agricoles et également à atténuer les effets néfastes du changement climatique », a conclu

Dramane Fogo.
Souaibou NOMBRE
snombre29@yahoo.fr


Le crédit carbone, un projet tombé à l’eau

Le projet Crédit carbone est né de la volonté d’un des partenaires techniques et financiers de l’ONG A2N lors de la mise en œuvre de la zone pastorale de « Kougari ». En effet, sur les 10 996 hectares de terres récupérées, 5 865 hectares ont été consacrées au projet crédit carbone. Selon les termes du contrat, les populations bénéficiaires devraient mettre en terre, au minimum 260 pieds d’arbres à l’hectare et au maximum 300, de 3 à 5 espèces différentes et les protéger de sorte qu’ils puissent survivre. A partir de la troisième année, les 5 865 hectares reboisés devraient séquestrer une certaine quantité de carbone CO2. Toute chose qui devait rapporter 80 millions F CFA à l’ONG et aux populations bénéficiaires annuellement sur une période de 10 années et ce, renouvelable jusqu’à 30 ans. Ainsi, les 40% des 80 millions F CFA devraient revenir à A2N et les 60% aux populations bénéficiaires. Notons que 80% des 60% sont reversés aux 14 villages de la zone pastorale de « Kougari » et les 20% restants au COGES. Pour cela, A2N a été mis en contact avec le plan vivo, un mécanisme de financement du crédit carbone de renommée mondial. Malheureusement, le projet crédit carbone est tombé à l’eau du fait de l’insécurité puisque la zone n’est plus accessible.

S.N


Trois questions à Tobrome Dingamtoloum, spécialiste en gestion de l’environnement

Quelles sont les vocations de la récupération des terres dégradées dans la région du Liptako ?

La récupération des terres dégradées à trois vocations dans la région Liptako dont la première est la production fourragère pour améliorer l’alimentation des animaux en vue de booster la production animale. La deuxième vocation est la production vivrière permettant aux ménages de cultiver des céréales telles que le mil, le maïs, le riz ou le sorgho pour assurer leur autosuffisance alimentaire. La troisième vocation est celle de la production forestière à travers les Produits forestiers non ligneux (PFNL) entre autres le baobab, le néré, le moringa, le tamarinier. De nos jours, nous constatons avec plaisir la contribution nutritionnelle des PFNL dans la qualité de l’alimentation des populations. Hormis cela, ils constituent une source de revenus pour bon nombre de ménages et également des produits de cueillette pendant la période de soudure.

Comment la récupération des terres dégradées contribue-t-elle à la lutte contre les effets du changement climatique dans la région ?

La récupération des terres dégradées contribue à la lutte contre les effets du changement climatique dans la région du Liptako de quatre manières. De prime abord, elle favorise la reconstitution du couvert végétal en renforcant la séquestration du carbone dans les sols et la biomasse. Ensuite, il y a la réduction de l’émission du gaz à effet de serre notamment le dioxyde de carbone CO₂. La récupération des terres dégradées s’accompagne par le développement des arbres qui, au cours de la journée, absorbent le dioxyde de carbone CO₂ produit par l’être humain et rejettent l’oxygène que celui-ci consomme. Par conséquent, les arbres contribuent à limiter la destruction de la couche d’ozone. Puis, la réalisation des techniques et méthodes de récupérations des terres dégradées telles que le « zaï », la demi-lune, la digue et diguette, etc., permet d’améliorer la résilience des communautés face aux effets du changement climatique à savoir les sécheresses et les inondations. Enfin, la récupération des terres dégradées concourt à la stabilisation des sols en améliorant leur capacité à retenir l’eau.

Quelle est l’importance de la récupération des terres dégradées dans la société ?

La restauration des terres dégradées contribue à la lutte contre la désertification par la stabilisation des sols et des écosystèmes. Elle participe aussi à la résilience climatique à travers l’adaptation aux aléas climatiques. Un autre avantage de la récupération des terres dégradées est la sécurité alimentaire qui passe par l’amélioration de la productivité agrosylvopastorale. De plus, elle favorise le développement économique. Avant l’insécurité, la majorité des terres restaurées dans les régions du Liptako et du Soum sont à vocation pastorale. Par exemple, il y a la zone pastorale de Kougari dans la commune de Dori qui regroupe 14 villages. Lorsque ces terres dégradées sont récupérées, le premier objectif est la production fourragère en quantité en vue d’améliorer l’alimentation du cheptel pour au final accroitre la production animale. L’élevage est le secteur économique clé des deux régions, du coup, la filière bétail et viande et celle du lait sont les plus porteuses. S’il y a suffisamment du fourrage pour les animaux, les populations auront de la viande et du lait en quantité et en qualité et cela contribue à renforcer le niveau économique des ménages et partant des deux régions. Donc, c’est un facteur clé de création de richesse. Enfin, la récupération des terres dégradées est un facteur de paix et de stabilité. Autrement dit, elle contribue à la consolidation de la paix, à la préservation de la stabilité et de la cohésion sociale à travers la réduction des conflits liés aux ressources naturelles.

S.N.

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