Situation nationale: que faire et vers où aller ?

Dans cette tribune parvenue à notre rédaction, Daniel Yaméogo salue les initiatives du gouvernement dans la lutte contre le terrorisme et pour le développement. Il propose, par ailleurs des pistes de solutions, pour réussir les réformes en cours.

A considérer ce qui se passe chez nous au Burkina Faso aujourd’hui, il est difficile de ne pas se poser cette question : « où étaient ces acteurs qui dirigent aujourd’hui notre pays ? ». La question s’invite de facto à la réflexion, quand on veut comparer la gouvernance d’hier à celle d’aujourd’hui.

Aujourd’hui, les mains sont sur les deux grands leviers que sont la lutte contre le terrorisme et les activités de développement. Que dire du premier levier si ce n’est que d’applaudir ? Oui, il faut le reconnaître, beaucoup de choses ont été faites. De l’équipement adéquat de nos Forces de défense et de sécurité à leur formation en passant par des batteries de mesures socio-économiques à leur profit, tout est mis en branle. A propos du levier des activités de développement, que dire ? Qui l’eût cru ? Il y a un rapport étroit entre le développement d’un pays et la sécurité qui y règne. Le président du Faso et son équipe gouvernementale sont à pied d’œuvre et actifs sur les deux leviers. Des évènements majeurs qui avaient des difficultés à se tenir ont été organisés. Revoyez-vous l’organisation réussie du Tour du Faso, de la Semaine nationale de la culture (SNC Bobo 2024, du SIAO 2024 et plus près de nous, du FESPACO 2025 ?)

Sous l’impulsion des autorités, le grand programme qu’est l’Initiative présidentielle agro-pastorale déjà, fait ses preuves sur le terrain. Dès sa première année de mise en œuvre, avec l’accompagnement des producteurs de la part du gouvernement, les récoltes au niveau des différentes spéculations ont connu des hausses. Toujours à propos des activités de développement, la liste est longue : il y a eu l’ouverture de la Banque du Trésor, de la Banque postale, d’usines de pâte de tomates ; il faut saluer la réaction positive de particuliers à l’appel du président du Faso à travers l’installation d’usines de domaines divers.

Cette année encore, la remise de nombreux tracteurs, des intrants agricoles, de motos pompes, de motoculteurs, de véhicules, de motos, etc. a été faite par le président du Faso à Bobo-Dioulasso. Sur le volet agricole, des efforts énormes ont été consentis.
Pour que les objectifs socio-économiques visés de ces initiatives soient atteints, les autorités se doivent d’ouvrir l’œil. De quoi s’agit-il ? Nous voulons parler de ceux qui veulent profiter des subventions que supporte l’Etat au niveau des intrants agricoles, de ses dons de tracteurs et de toutes les autres initiatives qu’il prend pour l’autosuffisance alimentaire, pour s’adonner à la spéculation en détournant les récoltes. Comment ? En les vendant, non pas à celui qui devrait être prioritaire ici qu’est la SONAGESS, mais à des gens qui peuvent les utiliser dans l’élevage ou dans la production de boissons.

S’agissant toujours de la production agricole dans son ensemble, il faut mettre l’accent sur la disponibilité de la terre dans notre pays. A propos, nous commencerons par applaudir la loi qui confère la propriété de la terre à l’Etat, adoptée par l’Assemblée législative de Transition qui vient à point nommé pour recadrer un domaine majeur qu’est la question foncière dans notre pays. Il fallait vite mettre fin à une inversion de rôles et de positions qui ne permettaient plus à l’Etat de jouer pleinement son rôle régalien dans un domaine où il doit être le seul et seulement le seul à donner le ton.

Avec une politique maladroite, la mauvaise gouvernance, l’Etat, alors animé par de groupuscules véreux, a laissé faire. Ce fut donc le désordre total dans le domaine du foncier et nous voilà dans une situation difficile à gérer. Des sociétés dites immobilières dépiéçaient des kilomètres carrés pour les revendre aux citoyens en glissant subtilement de leur rôle statutaire pour se substituer allègrement à l’Etat. Toujours dans le même registre, combien de kilomètres carrés sont aujourd’hui occupés et inexploités ?

L’Etat, dans son nouvel élan, doit revoir les choses ici ; ceux qui occupent inutilement la terre peuvent céder et gracieusement les deux tiers des espaces inexploités à l’Etat qui en a beaucoup besoin pour non seulement les retenues d’eau, l’agriculture, l’élevage mais aussi pour d’autres réalisations socio-économiques. La nouvelle politique agricole, sous l’impulsion des autorités, nous permettra de faire beaucoup d’économie dans le pays. En effet, avec l’augmentation de la production nationale, les importations de produits alimentaires diminueront. Avec cette nouvelle vision agricole doublée de la forte industrialisation du pays dans des domaines divers, les tendances de la balance commerciale s’inverseront au fur et à mesure que nous évoluerons dans ce sens.
Pour le développement du pays, le gouvernement peut travailler à prendre des mesures incitatives d’une part et quasi-coercitives d’autre part pour occuper la population en âge de travailler. Il ne faut pas se tromper.

L’Etat ne saurait être le seul pourvoyeur d’emplois. Il est nécessaire de faire savoir à tous que dans la lutte contre l’insécurité comme dans celle pour le développement, le mouvement d’ensemble est un impératif. Oui, ici, les pas isolés et les voix dissonantes n’ont pas droit de cité. La paresse, l’incivisme, l’individualisme, le gain facile et tous ces maux qui gangrènent le corps social sont à combattre sans relâche. Ce sont des exigences du Patriotisme, de la Sauvegarde et de la Refondation. Le peuple participe et adhère au dessin de la trajectoire. Le grand objectif recherché, c’est son bonheur.

Daniel YAMEOGO
Tél : 70 23 22 66 / 63 11 11 79

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