Le dernier rapport de la CAF après sa visite d’inspection en dit long sur l’avenir proche incertain du stade du 4-Août.

L’on ne finira pas de jaser sur le stade du 4-Août tant qu’il sera toujours en chantier. Il y a beaucoup de choses à dire sur ce mythique temple du sport qui connait une réhabilitation « forcée » au lieu d’une mise en norme. Et le dernier rapport de la Confédération africaine de football après sa visite d’inspection en dit long sur l’avenir incertain de ce joyau.

En référence à la mission d’inspection préliminaire des stades de la Confédération africaine de football au Burkina Faso, du 27 au 30 août dernier, plusieurs sites comme le stade du 4 Août de Ouagadougou, le stade Municipal Issoufou-Joseph-Conombo de Ouagadougou, le stade Naaba-Baongho de Tanghin de Ouagadougou et le stade de Ziniaré ont été inspectés. Concernant le Stade du 4-août dont plus d’un Burkinabè déplore sa suspension puisqu’il n’abrite plus les matchs internationaux des équipes nationales et des clubs burkinabè, le rapport d’inspection a conclu que le projet de rénovation est toujours en cours, et que les travaux sont avancés dans certaines zones.

Lors de la visite d’inspection, plusieurs erreurs structurelles ont été détectées et mises en évidence, qui auraient pu être évitées si la CAF avait été consultée et impliquée dès les premières étapes du projet de rénovation. La CAF souligne que suite à l’évaluation réalisée lors de la visite d’inspection, la progression des travaux, le plan architectural et certains des équipements installés ne correspondent pas à l’ampleur, ni à la qualité attendue pour un projet de rénovation de stade international de football.

Le rapport d’inspection a également conclu que la fonctionnalité, la conception, la qualité des travaux et de finition du stade soulèvent actuellement une grande préoccupation. En ce sens, la CAF recommande à la direction du stade d’arrêter brièvement les travaux en cours afin de réévaluer l’ensemble du projet pour assurer une bonne voie à suivre. En particulier, le plan de rénovation du stade doit être basé sur une architecture moderne, un design contemporain, et des matériaux de haute qualité avec un plan de projet clair et des délais précis.

La substance du rapport

La CAF dans son rapport a fait des remarques et des commentaires. Entre autres, il s’agit de changer complètement la pelouse, « car, elle ne favorise pas la pratique d’un football de haut niveau et requiert que les travaux se fassent par une entreprise certifiée » ; de la fermeture des deux côtés vides du tunnel avec une baie vitrée ; la création d’un deuxième tunnel de sortie des joueurs en face de la ligne médiane.

Selon le rapport de la CAF, le point d’entrée des joueurs participants et des officiels de match dans la zone de jeu doit être protégé au moyen d’un tunnel télescopique ignifuge. En ce qui concerne les vestiaires de l’équipe hôte et celle visiteuse pour les matchs internationaux, la CAF exige le réaménagement à l’arrière vers l’accès VIP. Les deux vestiaires des équipes doivent être dotés d’équipements modernes.

La Confédération exige l’augmentation des tailles des panneaux de l’écran géant principal pour couvrir toute la zone. Au moins une salle équipée de pupitres, de prises électriques et de prises de téléphone, connexions internet doit être mise à la disposition des représentants des médias, stipule ledit rapport, qui préconise aussi le réaménagement de la salle de conférence de presse dans la tribune principale avec un accès facile aux médias.

A qui la faute ?

Au vu de ce qui précède, quel commentaire sied ? D’emblée, l’on tendrait à blâmer les structures qui assurent le suivi et contrôle des travaux. A eux deux, leur clause contractuelle avoisinerait le milliard de FCFA (environ 800 millions de FCFA). C’est elles, qui, normalement devaient servir de guide pour éviter tous ces griefs de la faitière du football continentale.

Ce qui veut dire que le groupement d’entreprises a réalisé les travaux en fonction d’un plan architectural bien défini à elles soumettre. Au-delà de la pelouse qui demande un nouveau prestataire, certaines œuvres sont achevées ou sont en cours d’exécution. Ce sont par exemple la salle de conférence, la zone de travail des médias, les deux vestiaires des équipes (ils doivent être équipés avec des équipements modernes) etc.

Par contre, le grand souci reste ce qui n’était pas prévu par le dossier d’appels d’offres et pourtant relevés comme griefs par la CAF. Il s’agit des sites d’entraînement, la salle VAR/VOR et surtout l’emplacement des vestiaires des équipes pour les matchs internationaux en face de la tribune officielle. Avec tous ces amendements, il est clair que le public sportif burkinabè doit encore prendre son mal en patience dans l’espoir de voir son équipe fanion à l’œuvre sur ses installations.

Yves OUEDRAOGO

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