Après une phase régionale de qualification réussie, le Burkina Faso a participé du 5 au 9 novembre 2025 à Lusaka (Zambie), aux phases éliminatoires/niveau continental de la coupe du monde de baseball 5 avec pour objectif de décrocher l’un des deux tickets qualificatifs pour la coupe du monde de la discipline prévue en 2026. Dans cet entretien accordé à Sidwaya Sport, le secrétaire général de la fédération burkinabè de baseball et de softball, Issa Ilboudo, revient sur ce qui a manqué aux Etalons lors de cette ultime phase et les enseignements à tirer.

Comment se sont déroulées les éliminatoires pour la coupe du monde de baseball5 ?

Au mois de février, le Burkina Faso a pris part aux phases régionales à Abidjan où les Etalons se sont qualifiés pour le dernier niveau, celui continental en compagnie du Cap Vert et la Tunisie, rangée dans la même zone car seule représentante de l’Afrique du nord. A l’issue des phases continentales qui viennent de s’achever, deux nations devraient être qualifiées pour représenter toute l’Afrique au niveau mondial. C’est la Tunisie et l’Afrique du Sud qui ont réussi à se qualifier pour cette coupe du monde.

Quel bilan faites-vous de la participation du Burkina à cette compétition ?

C’est avec amertume que nous affirmons que le bilan est très mitigé. Le Burkina Faso n’ayant malheureusement pas obtenu le ticket qualificatif pour la coupe du monde. Après les échéances de la Côte d’Ivoire, nous croyions relever le défi de la qualification pour une première fois à cette coupe du monde pour notre fédération, pour notre pays. Ce qui allait sans doute contribuer au rayonnement de l’image du Burkina Faso. Mais au bilan, le résultat est largement en deçà des attentes parce que, nous n’avons pas, non seulement obtenu le ticket qualificatif, mais nous avons été classés 6e sur six pays à la fin. Nous allons incessamment nous réunir avec tous les acteurs concernés pour faire le point et tirer les conséquences de ce résultat insatisfaisant afin de mieux nous réorganiser pour les futures échéances.

Qu’est ce qui a manqué au Burkina dans cette dernière phase des éliminatoires pour un meilleur résultat ?

Du coté administratif, rien n’a manqué. Nous avons comme d’habitude bénéficié de l’accompagnement technique et institutionnel du ministère en charge des sports pour toute la documentation nécessaire. C’est au niveau sportif qu’il y a eu des insuffisances qui ne nous ont pas permis d’atteindre les résultats escomptés. Ce genre de compétition requiert un temps conséquent de préparation, ce qui suppose des moyens techniques et logistiques importants. C’est ce qui nous a manqué à un moment donné. Comme nous n’étions pas autonomes financièrement, nous avons demandé l’appui du Fonds national pour la promotion du sport et des loisirs. La réponse ne pouvait pas être du tic au tac car, il y a un processus à suivre, c’est au dernier moment que nous avons su que nous allions pouvoir prendre part à la compétition. Donc, psychologiquement, nous n’avons pas pu nous préparer sur le long terme.

Au plan matériel et logistique, il fallait un regroupement, ne serait-ce que de quelques jours avec la convocation de certains joueurs de l’intérieur du pays pour une meilleure sélection et un séjour en salle de gym. Ceci pour maintenir les athlètes en bonne forme car la compétition demandait une grande débauche d’énergie du fait qu’elle se déroule sur un terrain restreint où ça va à 100 à l’heure. Il faut courir et frapper quasiment en même temps. Ces aspects qui n’ont pas été au top ont fait que les Etalons ont sans doute manqué d’endurance. Mais, ce sont des choses qui arrivent lorsqu’on n’est pas fort financièrement pour se procurer ce qu’il faut en temps voulu. Nous réitérons cependant nos remerciements au ministère en charge des ports et au Fonds national pour la promotion du sport et des loisirs sans lesquels, nous n’aurions pas pu être du rendez-vous. Cela nous a également permis d’avoir de bonnes conditions durant la participation, aussi bien du côté voyage que l’hébergement et la restauration.

Quel (s) enseignement (s) tirer de cette expérience ?

La première note positive c’est la participation en elle-même. C’est déjà important en ce sens que, prendre part à une compétition d’une telle envergure nous a permis d’engranger de l’expérience, de la maturité et de la formation. Bien que l’objectif n’ai pas été atteint, cela a permis aux athlètes d’apprendre en se frottant à des adversaires d’autres horizons dans cette nouvelle variante qu’est le baseball5. Nous sommes toujours en apprentissage contrairement aux pays comme la Tunisie ou l’Afrique du Sud qui se sont spécialisés en la matière au détriment du baseball classique. Nous pensons que cette expérience nous servira pour faire de meilleurs résultats les prochaines fois.

Quelles sont les prochaines échéances pour votre fédération ?

Déjà, au plan local, il y a le championnat national séniors de baseball classique. Au niveau continental, il y a les jeux africains de la jeunesse de Dakar en 2026 que nous suivrons avec grand intérêt car, faute de moyens, nous n’avons pas pu participer aux éliminatoires. Il en sera de même pour la coupe du monde de baseball5 en 2026. Même si nous n’y serons pas, nous allons suivre la compétition de près dans la perspective de continuer à nous former.

Entretien réalisé par Voro KORAHIRE

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