Engagé pour 5 ans avec CFR Cluj, l’aventure de Ali Vital Ouédraogo avec le club roumain n’a duré qu’une saison.

Depuis 2017, Ali Vital Ouédraogo s’impose comme l’un des meilleurs milieux offensifs du Fasofoot. Agé de 26 ans, il a été plusieurs fois élu meilleur joueur du mois par l’Association des journalistes sportifs du Burkina (AJSB) sous les couleurs de SALITAS FC et de l’AS SONABEL. Technique et décisif dans les moments clés, ce talent prometteur du football burkinabè reste en quête d’une opportunité à la hauteur de son potentiel.

Formé au centre des Colombes de Ouaga 2000, le meneur de jeu se révèle très tôt. Avec SALITAS FC, Ali Vital Ouédraogo participe activement à la montée et aux premiers succès du club en première division, notamment en remportant la Coupe du Faso 2018 au stade Omnisports Sangoulé-Lamizana face à l’Association sportive des fonctionnaires de Bobo (ASJB) où il inscrit un but. Dès lors, le milieu offensif de 26 ans s’impose comme l’un des plus grands espoirs du football burkinabè. Son talent attire rapidement l’attention des recruteurs à l’international.

En juillet 2018, il est annoncé en partance pour l’Europe, avec des essais et des contacts très médiatisés avec la réserve de Manchester City. Mais avant, il lui faut un visa. Pour cela, Ali Vital prend la direction du Maroc pour l’obtention du document. Dans le royaume chérifien, le processus traine. « Je passe un mois au Maroc pour obtenir le visa alors que les U21 et U19 de Manchester City étaient en stage de présaison en Croatie. Une fois le document obtenu, je suis arrivé en Croatie trouver que l’équipe avec laquelle je devais faire le test est repartie à Manchester. Néanmoins, j’ai pu effectuer le test en participant à un match entre deux équipes croates, et j’ai été retenu au détriment d’un Croate et un Moldave.

La suite, il fallait revenir au pays pour l’obtention des documents avant de rejoindre le club anglais. Malheureusement, je ne les obtiendrais pas », a déploré Ali Vital Ouédraogo. Le deal avec Manchester City ayant capoté, le manager d’antan de SALITAS FC, Boureima Maiga, propose son poulain à des clubs belges, italiens et portugais pour des tests. Celui de Torino, en Italie, est concluant. Comme avec Manchester City, Ali Vital Ouédraogo est contraint de revenir en Afrique pour chercher le visa italien. « Après trois tentatives manquées à Abidjan, en Côte d’Ivoire, pour l’obtention du visa, je reviens à Ouagadougou. Ici aussi, je ne l’ai pas obtenu », informe le jeune milieu de terrain.

Trois saisons blanches Après toute une saison (2018-2019) consacrée à des tests non concluants, Ali Vital Ouédraogo décide de rentrer auprès de sa famille à Abidjan. Et paf, survient le COVID-19. Le milieu offensif ne joue plus au foot et passe à autres choses jusqu’en 2022. Cette année-là, il est convaincu par le manager de SALITAS FC, Boureima Maïga, à revenir se relancer dans le Fasofoot. Il effectue alors un retour remarqué au bercail pour relancer sa carrière. Ce passage est qualifié de “renaissance” par la presse locale. Il devient le moteur de l’équipe, inscrivant des buts décisifs sur coup franc. Ali Vital Ouédraogo est à nouveau élu joueur AJSB du mois en janvier 2023, prouvant qu’il a retrouvé son meilleur niveau. Ses performances lui ouvrent à nouveau les portes de l’Europe, puisqu’il signe au CFR Cluj (Roumanie) à l’issue de la saison, en août 2023. Une fois dans le club roumain, il est prêté successivement à deux clubs différents de D3. Il passe trois mois dans la première formation.

« Après trois mois, mon passeport expirait et je devais rentrer en décembre pour le renouveler. A mon retour, c’est là qu’il me prête encore au deuxième club de D3. La saison terminée, je reviens à Cluj. Après avoir confirmé, je m’attendais à rejoindre l’équipe A. Finalement, les jeunes du club ont été préférés pour compléter l’équipe première », déplore-t-il. Avant de poursuivre : « J’ai passé tout le temps à travailler en salle de gym et faire des exercices de passes et autres. Juste avant le début de la saison, je suis de nouveau proposé pour un prêt. Là, je m’oppose. Je leur signifie que si le club ne peut pas me trouver mieux, je préfère résilier mon contrat parce que j’ai signé pour cinq ans et pour jouer avec l’équipe 1re. Le club n’a pas cédé à ma requête.

J’ai tout simplement résilié mon contrat et je suis rentré après avoir passé juste un an avec CFR Cluj ». Opération relance pour la 2e fois dans le Fasofoot Il faut souligner que Boureima Maiga était contre le transfert de Ali Vital Ouédraogo en Roumanie. Pour l’ancien manager de SALITAS FC, les Colombes de Ouaga 2000 avaient un partenariat avec Cluj et que le club tenait à le faire signer. « C’était la période où je quittais mon poste de manager du club. Ali Vital ne voulait pas de cette aventure. Après nos échanges, il a finalement décidé de signer. Une fois là-bas, les conditions étaient difficiles parce que les gens n’ont pas respecté leurs engagements.

C’est ainsi qu’il a décidé de rentrer sur Abidjan », rappelle-t-il. Une fois rentré en Côte d’Ivoire, il évolue avec le Racing club d’Abidjan une saison avant de retrouver pour la 3e fois le Fasofoot grâce aux conseils de l’ancien manager de SALITAS FC. « Je lui ai conseillé de venir se relancer dans le Fasofoot, un championnat où il est connu. C’est ce qu’il a fait en s’engagent depuis le début de la saison avec l’AS SONABEL. Avec les Electriciens, il s’est imposé comme leader incontestable », se réjouit Boureima Maiga. Avant d’assurer : « Il lui a manqué de la chance. Avec Ali Vital, il faut être patient afin de mieux le connaitre. Il faut juste le mettre dans son registre. A lui seul, il peut faire gagner un match.

Il n’est pas tard. Il peut toujours rebondir. S’il a la chance de jouer la campagne africaine ou être sélectionné avec l’équipe nationale, je pense qu’il se vendra cher de nouveau et ça sera la bonne ». Dans la même veine, son ancien entraineur à SALITAS FC, Ambass Ouédraogo est confiant. « C’est un petit que je connais très bien. Depuis la catégorie cadette, il était avec nous. Il est du genre calme et très respectueux. Ce n’est pas une question de talent. Il est l’un des meilleurs au poste 10 pour ne pas dire le meilleur du Fasofoot. Avec ce qu’il a montré cette saison avec la SONABEL, Ali Vital Ouédraogo a de très bonnes chances de trouver un bon club en Afrique ou en Europe », rassure-t-il. En attendant il cravache dur ces dernières semaines avec ses coéquipiers pour maintenir les Electriciens dans l’élite du football burkinabè.

Ollo Aimé Césaire HIEN

Laisser un commentaire