Pure produit de l’Union sportive de Ouagadougou (USO), Martinien Ouédraogo n’a pas connu une carrière souhaitée à cause de blessures et de fausses promesses. Résident en Belgique depuis quelques années, il évoque le football burkinabè sans oublier d’aborder la situation difficile de son club de cœur.

Que devient Martinien Ouédraogo ?

Martinien après ses études en logistique en Belgique, ponctué d’un Master, vit toujours dans ce pays où il travaille dans la logistique. Il est aussi partagé entre le football et la culture.

Pourquoi aussi la culture ?

Qui parle de football parle de culture. Les deux vont ensemble. Depuis tout petit, j’ai toujours aimé notre culture et surtout notre musique. On a l’impression que la culture semble prendre le dessus sur le football… Pas vraiment, je suis une formation dans le domaine du management sportif, car, je pense qu’au Burkina Faso actuellement, dans ce domaine, nous avons besoin d’avoir un management de qualité si nous voulons aller vers l’excellence.

On peut dire que tu gagnes bien ta vie dans ce milieu ?

Gagner bien sa vie c’est à partir de combien ? (Rires). Je le fais par passion. Pour le moment, tout se passe bien. Tu étais un grand espoir du football burkinabè et pure produit de l’USO. Pourquoi n’as-tu pas connu une longue carrière ? Tout comme beaucoup de footballeurs, il y a des étapes à ne pas bruler. Je veux dire que pour un footballeur, on ne va pas en Europe sans plan tout en comptant sur le talent et Dieu seulement. Dans aucune institution, on ne peut intégrer sans agent ou sans une structure qui t’accompagne.

Dans la vie, il faut travailler pour t’en sortir. C’est de là que vient le piège. Après, tu rentres dans une spirale pour ensuite passer à côté. Je ne conseille pas à un joueur de tenter une expérience européenne sans au préalable obtenir une invitation d’un club pour un test. Sinon, après, on rêve plus mais, on subit le système.

Quels sont les problèmes que tu as rencontrés dans ta carrière ?

Je suis tombé sur beaucoup de fausses promesses également. Je suis tombé malade et j’ai eu recours a deux interventions également qui ne compatissaient plus avec les exigences du football.

Quel lien gardes-tu avec le football burkinabè depuis la Belgique ?

Je suis le championnat national. Je constate que les joueurs sortent beaucoup pour le professionnalisme. Ce qui n’était pas courant de par le passé. Présentement, je regarde beaucoup plus les matchs du CEFFEB, car, j’ai des anciens coéquipiers qui y jouent toujours. Dans l’ensemble, j’avoue que notre football regorge beaucoup de talents.

Quelle appréciation fais-tu du niveau du football burkinabè ?

Je me rends compte que nous sommes toujours au stade du football très physique, même s’il y a des équipes qui jouent tactique et technique et c’est très plaisant. Je crois que nos coachs doivent prioriser l’aspect technico-tactique. Je reconnais que c’est souvent difficile pour eux d’inculquer certaines connaissances pour 18 joueurs de l’effectif qui ne sont pas passés par des centres de formation.

Si tu étais un messie, qu’allais-tu opérer comme changement pour le développement du football burkinabè ?

Je ferai de telle sorte que le footballeur vive réellement de son talent, surtout sur le plan financier, car, c’est de là que les choses doivent décoller.

Ton club-formateur, l’USO, vient d’être relégué en D3. Naturellement une déception ?

Très déçu. Je dirai que c’est même très grave pour un club emblématique comme l’USO.

Pourquoi cette descente aux enfers de cette formation selon toi ?

Malgré les efforts du grand frère Achille Dabré et son staff que je salue au passage, je pense qu’il y a eu un manque d’implication des filles et fils de Larlé ainsi que les anciens joueurs.

Penses-tu que ce club va rebondir ?

C’est tout mon souhait. C’est très dur de les voir en D3.

Promets-tu apporter ton soutien pour cela ?

Si Dieu le permet, ce sera avec plaisir

Martinien Ouédraogo un jour président de la Fédération burkinabè de football ou dirigeant, est-ce envisageable ?

Je crois que le football burkinabè est jaloux. Et aujourd’hui, le Burkina souffre parce que nous n’avons pas su pour le moment donner au football ce qu’il nous a offert. Président de la Fédération ou dirigeant n’est pas un objectif mais on n’en sait jamais. Je voulais profiter de vos colonnes pour inviter les uns et les autres à la patience. Malgré notre objectif noble de remporter une CAN, ne brulons pas les étapes. Un sacre à une CAN égale au moins 10 ans de préparation. Nous sommes sur la bonne voie.

Entretien réalisé par Yves OUEDRAOGO

Laisser un commentaire