Il connait bien le championnat national d’élite du Burkina Faso pour avoir passé dans des clubs comme l’ASFA-Y, l’EFO, le RCK, etc. Entraineur diplômé A CAF, Lassina Sawadogo, se prononce sur le déroulement de la saison qui vient de connaitre son dénouement.
Quel commentaire faites-vous du championnat national de football de D1 qui vient de refermer ses portes ?
Je constate qu’il a été largement dominé par Rahimo avec 69 points. De façon générale, c’est un championnat équilibré avec beaucoup de matchs nuls et de jeunes talents. La preuve est que c’est une académie qui est championne. L’arbitrage a été mis en difficulté, mais acceptable dans la globalité. L’affluence dans les stades a été moyenne mais aussi acceptable. Sur le plan technique et tactique, il y a eu du progrès. Le constat est que les académies ont commencé à prendre le dessus sur les anciens clubs.

Comment avez-vous trouvé le niveau par rapport aux autres saisons ?
Il a été équilibré entre le 13 au 15e, avec des difficultés des anciens clubs, notamment le RCB et l’EFO relégués en D2. Il y a eu une stabilité des clubs comme l’ASFB, Majestic, la montée en puissance des académies et une lutte âpre pour le maintien. En résumé, ce fut un championnat équilibré dominé par un leader constant dans sa progression et un recul des clubs historique.
Sur quel plan pensez-vous qu’il y a eu évolution ?
L’évolution notoire est la montée des jeunes. Cette saison a été marquée par la présence de jeunes joueurs cadets et juniors. Ils sont en train de marquer leurs empreintes. A part l’USFA, vous remarquerez que ce sont des clubs jeunes qui occupent le haut du tableau.
Y-a-t-il une équipe qui vous a marqué ?
L’équipe qui m’a marqué est naturellement le champion Rahimo. Il y a également l’USCO qui a fait tomber un baobab. Et le joueur qui a retenu votre attention ? Il s’agit de Romaric Somé de l’AJEB. Par le fait que son club est rétrogradé en D2 et lui a pu terminer meilleur buteur avec un statut de milieu offensif.
Les relégations du RCB et de l’EFO vous ont-elles surpris ?
Je voyais venir ces relégations, notamment à cause des différentes crises en interne. Ce sont des clubs qui n’arrivent pas à s’adapter à la réalité du moment. C’est un avertissement pour ces clubs qui sont dans la même philosophie que le RCB et l’EFO. Leur relégation n’est pas aussi mauvaise en tant que tel. C’est une opportunité pour eux d’opter pour de nouvelles méthodes et mieux revenir.
Comment expliquez-vous que des clubs historiques tombent en division inférieure ?
Quelle que soit l’activité, il faut savoir s’adapter. C’est ce que les deux clubs et d’autres n’ont pas su faire. De nos jours, l’avenir d’un club réside dans la formation. Le club qui n’a pas compris cela, doit se préparer à disparaitre dans le développement du football.
En tant que technicien, comment jugez-vous la prestation de vos collègues cette saison ?
Chacun a fait ce qu’il peut avec les moyens de bord. Le quatuor au classement sont des clubs où il n’y a pas un problème d’argent, notamment des arriérés de salaire. Mes collègues ont fait avec ce qu’ils ont comme talent et comme moyens matériels. Je souhaite qu’il y ait plus de formations pour les dirigeants. Le dirigeant de nos jours doit être averti, qui voit loin et qui sait anticiper. Et pour avoir toutes ces capacités, il faut beaucoup de formations. Celui qui veut être dirigeant, qu’il aille de par ses relations améliorer ses connaissances.
Interview Yves OUEDRAOGO







