Nommé à la tête des Etalons du Burkina Faso, le technicien franco-comorien Amir Abdou a dévoilé, lors de sa présentation officielle à Ouagadougou, les grandes lignes de son projet pour relancer la sélection nationale. Diagnostic de l’équipe, recherche d’équilibre dans l’effectif, intégration de nouveaux talents et exigence autour du maillot national, le nouveau sélectionneur affiche sa détermination à conduire les Etalons vers de meilleurs résultats et à installer durablement l’équipe parmi les meilleures sélections africaines. Son échange avec la presse.

Vous arrivez à la tête d’une sélection burkinabè qui traverse une période difficile après son élimination en 8e de finale lors de la dernière CAN. Quelle sera votre approche pour redonner confiance et résultats à cette équipe ?

Le Burkina Faso est une grande nation de football qui a déjà participé à plusieurs reprises au dernier carré de la CAN. Il y a des joueurs de qualité et il faut y croire. Les joueurs ont besoin d’un guide. Une sélection nationale est une famille et il faut savoir composer avec ce groupe pour l’amener à dépasser ce qu’il a réalisé ces derniers temps. Les objectifs peuvent être élevés, mais je pense que cette sélection doit faire partie du top 8 africain. Nous allons travailler pour y parvenir.

Concrètement, quelles seront vos premières actions après votre prise de fonction ?

J’ai déjà commencé à travailler. La première étape consiste à faire un diagnostic de l’équipe. Il faut analyser les quatre derniers matchs afin d’identifier les forces et les faiblesses. Il y a un effectif assez pléthorique, mais certains postes ne sont pas assez équilibrés. Ce sera donc un travail de fond pour apporter plus de cohérence à l’équipe et mettre en place le projet de jeu.

Comptez-vous apporter du sang neuf dans l’effectif des Etalons ?

Oui, il sera important d’amener de la fraîcheur dans cette sélection. Il y a des anciens joueurs qui sont bien installés dans l’équipe nationale, mais il faudra aussi intégrer progressivement de nouveaux éléments. Nous allons travailler dans un esprit intergénérationnel afin de garder l’expérience tout en apportant de la jeunesse et de l’énergie.

Quelle place accorderez-vous aux joueurs binationaux et aux joueurs évoluant dans le championnat national ?

Il faudra travailler sur les deux aspects. Nous allons renforcer le travail de scouting pour suivre les joueurs binationaux susceptibles de rejoindre la sélection. Mais il ne faut pas oublier non plus les joueurs locaux. Beaucoup de talents émergent dans le championnat national avant d’aller évoluer à l’étranger. L’objectif est de disposer du meilleur réservoir possible.

L’opinion publique évoque parfois des problèmes de comportement ou d’engagement dans certaines sélections nationales. Comment comptez-vous instaurer une discipline et une mentalité fortes dans le groupe ?

Une sélection nationale est avant tout une famille. Porter le maillot national n’est pas quelque chose d’anodin. Les joueurs doivent comprendre qu’ils jouent pour un pays. L’équipe nationale est au-dessus de tout. Cela implique un esprit patriotique et un engagement total. Il faut aussi se remettre constamment en question et rester mobilisé pour atteindre les objectifs.

Le public burkinabè est très exigeant et attend rapidement des résultats. Comment comptez-vous gérer cette pression ?

La pression fait partie de notre métier. Quand il y a des résultats, c’est toute l’équipe qui est félicitée, et quand il y en a moins, c’est souvent le sélectionneur qui est pointé du doigt. J’assumerai mes choix. Le peuple burkinabè est exigeant et c’est normal. Nous allons travailler dur pour répondre à ses attentes et être prêts dès les prochaines dates FIFA.

Pensez-vous que cette génération de joueurs peut permettre au Burkina Faso de franchir un nouveau palier ?

Oui, je le pense. Il y a des joueurs de qualité dans cette sélection. Avec du travail, de la cohérence et un bon état d’esprit, tout est possible. Mon rôle sera d’accompagner les joueurs et de les amener rapidement vers la performance afin que le peuple burkinabè soit fier de son équipe nationale.

Propos recueillis par Pengdwendé Achille OUEDRAOGO

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