Le RCB traverse l’une des périodes les plus sombres de son existence.

Relégué pour la premère fois de son histoire en Ligue 2, le Racing club de Bobo Dioulasso (RCB, traverse la période la plus sombre de son existence. Entre instabilité des structures dirigeantes, valse des entraîneurs et contre-performances sportives, les Tigres de Diarradougou paient pour une saison 2025-2026 catastrophique. Ils veulent désormais tourner la page et engager une profonde restructuration basée sur l’actionnariat et la formation.

Après 79e dans l’élite, le Racing club de Bobo (RCB) est relégué pour la première fois en Ligue 2. Club mythique du football burkinabè avec quatre titres de champion du Fasofoot Ligue 1 et sept coupes du Faso, le RCB a sombré cette saison dans une spirale négative marquée par l’instabilité de ses structures dirigeantes, les changements répétés d’entraîneurs et des résultats sportifs loin de ses standards. Dès le début du championnat, les difficultés apparaissent. Le nouvel entraîneur ivoirien, Soualiho Coulibaly, impose des

Les anciens présidents, Jules Traoré….

tests aux anciens joueurs avant leur intégration dans l’effectif. Une décision peu appréciée par certains cadres qui quittent alors le club. Selon le président du comité transitoire, Amadou Bamba, cette situation a fragilisé l’équipe dès l’entame de la saison.

« Ceux qui ont accepté les tests n’ont pas donné le meilleur d’eux-mêmes. L’entraîneur a été obligé de reconstruire une nouvelle équipe », explique-t-il. À cela s’ajoute une préparation chaotique, marquée notamment par l’absence de matchs amicaux. Après 11 journées, le RCB se retrouve déjà en position de relégable. Soualiho Coulibaly démissionne et son adjoint assure l’intérim avant le retour d’un enfant du club, Albert Bambara

Trois entraineurs en une saison

Mais trois matchs seulement après sa nomination, celui-ci quitte également son poste. Un acte qui est loin d’être sportif. « Quand nous avons décidé de faire revenir Albert Bambara comme entraîneur, le choix a rapidement divisé la famille. C’est ainsi que de commun

…et Ousmane auraient été combattus pour leurs réformes.

accord, nous avons décidé de mettre fin à notre collaboration », a laissé entendre le président du comité transitoire du RCB. Les adjoints de Albert Bambara dirigent l’équipe jusqu’à la 20e journée. Dans le dur, les blanc et noir de Sya sollicitent les services de Ambass Ouédraogo avec pour mission de sauver le club. L’ancien joueur du RCB dénonce

notamment la qualité de l’effectif et le manque d’engagement de certains joueurs. « Beaucoup ne font pas du football leur priorité.

Les absences répétées aux entraînements ont compliqué notre travail », regrette-t-il. Pour le journaliste sportif Ali Sow, cette instabilité chronique a empêché une cohésion de groupe et une continuité tactique. Au-delà du banc de touche, la crise touche aussi la gouvernance du club. En deux saisons, le RCB a connu trois directions différentes. En plein mandat, Jules Traoré quitte la présidence en février 2024 malgré un projet de restructuration annoncé sur cinq ans.

Les réformes combattues

elon le supporter, Henry Ouédraogo, la relégation pourrait
finalement constituer un mal pour un bien.

Son successeur, Ousmane Coulibaly, est lui aussi écarté quelques mois plus tard. Au cours d’une assemblée générale extraordinaire en janvier dernier, Amadou Bamba est élu président du comité transitoire. Plusieurs acteurs pointent aujourd’hui du doigt le mode de gestion du club.

Pour Henry Ouédraogo, la chute du RCB a débuté, il y a plusieurs années. Pour ce supporter des Tigres, tous ceux qui ont tenté de mener des réformes au RCB ont été chassés. « La chute des Tigres a commencé depuis 5, 6 ans. Depuis que le PCA de la

compagnie de transport STAF a commencé à donner 50 millions F CFA au club, la formation n’était plus une priorité du RCB. On préférait recruter chèrement des joueurs au détriment de nos propres produits qui frappaient à la porte de l’équipe première » rappelle-t-il. Avant de poursuivre : « L’équipe n’avait plus d’identité. C’est ainsi que nous avons passé des saisons à frôler la descente jusqu’à la relégation ».

Même constat du côté de Ousmane Coulibaly, ancien président du comité directeur. « Nous avons voulu mettre en place un nouveau système de gestion pour sortir du mode associatif, mais cela a été combattu », affirme-t-il. Dans la même veine, le 2evice-président de la

A la prochaine Assemblée générale, le président du comité transitoire,
Amadou Bamba, va présenter un projet quinquennal centré sur la
formation et l’actionnariat.

Ligue régionale de football du Guiriko, a déploré que le RCB, à l’image des autres clubs associatifs, n’ait pas pu s’adapter aux réalités du moment. Pour Boureima Dembelé, le football est devenu une entreprise. « Il ne se limite pas seulement aux recrutements. Il faut former. Le RCB, depuis des années, s’est limité au

recrutement. Il faut qu’on revienne à nos anciennes amours, à savoir restructurer les petites catégories et jouer avec nos produits en équipe première. Cela nous revient moins cher et les joueurs auront l’amour du club », propose-t-il.

L’heure de la restructuration a sonné

L’équipe reléguée, le comité transitoire veut désormais engager une révolution structurelle. Une assemblée

elon le PCA, Amadou Dayo dit Baba…

générale est prévue dans la 2esemaine du mois de juin afin de présenter un projet quinquennal centré sur la formation et l’actionnariat. L’objectif affiché est de transformer le club en une véritable entreprise sportive. Le projet prévoit notamment la création d’une académie dès la saison 2026-2027 en mode externat. Le club compte également exploiter son terrain de trois hectares situés au secteur 22 de Bobo-Dioulasso pour y construire des terrains de football, des espaces de loisirs et des infrastructures marchandes.

Selon Amadou Bamba, les anciens joueurs seront les premiers actionnaires du futur modèle économique du club. « Il faut redonner une identité au RCB. Sans cela, personne ne voudra investir durablement », soutient-il. Avant de préciser : « Ce sont les actionnaires majoritaires qui vont désormais diriger le club. Je suis en contact très avancé avec eux. Au niveau de l’encadrement des futurs académiciens,

…et le sage Daouda Sanogo, l’heure de la restructuration a sonné
chez les Tigres de Diarradougou.

certains des anciens sont déjà dans le domaine. Ils auront cette charge avec d’autres encadreurs notamment ». Avant le quitus de l’assemblée générale, plusieurs personnalités adhèrent à l’idée. Du PCA, Amadou Dayo dit Baba, au sage Daouda Sanogo, tous sont unanimes que l’heure de la restructuration a sonné au RCB.

Pour de nombreux supporters également, cette relégation pourrait finalement constituer un mal pour un bien. Elle offrirait au club, l’occasion de se reconstruire sur des bases plus solides et de renouer avec ses valeurs historiques à savoir la formation, l’identité locale et une gestion plus professionnelle.

Ollo Aimé Césaire HIEN

Laisser un commentaire