Vitesse FC a marqué l’histoire du football burkinabè en remportant la première coupe du Faso de son histoire. Quelques années seulement après sa création, le club de Bobo-Dioulasso poursuit une ascension remarquable, portée par un projet axé sur la formation, la rigueur et la stabilité. Dans cet entretien, son président, Pié Malick Traoré, revient sur la portée de ce sacre, les ambitions africaines de Vitesse FC et les perspectives d’avenir des Guépards d’Accart-Ville.
Vitesse FC a remporté la première coupe du Faso de son histoire. Que représente ce trophée pour le club, ses supporters et la ville de Bobo-Dioulasso ?
Ce trophée est la récompense d’une promesse tenue. Pour le club, c’est la preuve qu’on peut réussir proprement, avec nos valeurs. Pour nos supporters, c’est leur première étoile, leur fierté retrouvée. Pour Bobo-Dioulasso, c’est tout le Houet qui est à l’honneur. Bobo-Dioulasso a montré qu’elle sait former et qu’elle sait gagner. Ce n’est pas juste une coupe, c’est un symbole d’espoir pour toute la jeunesse. Le club disputait sa toute première finale.

Quels ont été les principaux facteurs de cette réussite ?
Le travail, la discipline et la foi sont les trois facteurs qui ont fait la différence. Le travail est la source de toute réussite. La discipline, parce que notre staff a instauré une rigueur professionnelle au quotidien. Et la foi, parce que les joueurs ont cru en leurs chances jusqu’au bout. Nous n’avons jamais paniqué. Nos supporters ont également joué un rôle essentiel en étant notre 12e homme.
Quel regard portez-vous sur le chemin parcouru depuis la création du club ?
C’est un véritable marathon. Nous avons commencé en 2015 dans la poussière d’Accart-Ville avec des jeunes parfois pieds nus. Ensuite sont venues les étapes de la Ligue 3, de la Ligue 2, puis de la Ligue 1, avant ce sacre en coupe du Faso. Il y a eu des moments difficiles, des nuits sans sommeil et des doutes. Mais, nous n’avons jamais triché. Cette victoire appartient à tous ceux qui ont cru au projet dès le départ.
Comment comptez-vous capitaliser sur ce succès pour renforcer la formation des jeunes ?
Nous voulons transformer cette coupe en investissement pour notre centre de formation. Nous allons renforcer le nombre d’éducateurs qualifiés, construire un terrain d’entraînement sur notre domaine de Moamy, situé à 25 km sur l’axe Bobo-Dioulasso – Orodara et mettre en place des bourses pour nos meilleurs jeunes joueurs. Notre objectif est de former au moins un joueur professionnel par an.
Quelle est la priorité de Vitesse FC, la formation ou le maintien durable dans l’élite ?
La formation est justement le moyen de s’installer durablement dans l’élite. Notre modèle est simple. C’est de former, faire jouer, gagner et réinvestir intelligemment. Les deux objectifs vont ensemble. Quel est le secret de Vitesse FC pour obtenir autant de résultats en si peu de temps ? Il n’y a pas de secret. Il y a du travail, de la sincérité, de l’unité et une vision claire. Nous avons choisi de fonctionner avec zéro dette, zéro tricherie et cent pour cent de travail.
Où voyez-vous le club dans les prochaines années ?
Dans deux ans, nous voulons figurer parmi les meilleures équipes du championnat et atteindre au moins les demi-finales de la coupe du Faso. Dans trois ans, nous visons le titre de champion et une présence dans les phases de groupes d’une compétition africaine. Dans cinq ans, nous souhaitons disposer de notre propre centre d’entraînement.
Quelle a été votre plus grande satisfaction cette saison ?
La finale restera un moment fort, notamment notre capacité à revenir au score après avoir été menés. J’ai vu ce jour-là naître le caractère d’un grand club. Je suis également fier des transferts de Aboubacar Drabo vers l’Autriche et de Papus Nasser Ouattara vers la France, ce qui témoignent de la qualité de notre travail de formation.
Comment expliquez-vous la stabilité du club alors que de nombreuses équipes rencontrent des difficultés ?
Nous appliquons trois principes simples : vivre selon nos moyens, assurer une gestion transparente et diversifier nos sources de revenus. Vitesse FC est géré avec une vision à long terme et une organisation professionnelle.
Les préparatifs pour la compétition africaine ont-ils déjà commencé ?
Oui, immédiatement après la finale. Nous travaillons sur le recrutement de joueurs d’expérience. Cela se fera avec intelligence. Nous ne voulons pas bouleverser l’équilibre de l’équipe. Nos jeunes resteront au cœur du projet, tout en bénéficiant de l’encadrement de joueurs plus expérimentés. Aussi, nous travaillons sur les exigences administratives liées à la Licence club CAF.
Quelles seront vos ambitions pour cette première campagne continentale ?
Notre première ambition est de représenter dignement le Burkina Faso. Nous voulons également permettre à nos jeunes joueurs de progresser et de se révéler. Le rêve est d’atteindre les phases de groupes, mais nous avancerons étape par étape.
Quel message adressez-vous aux partenaires, aux supporters et aux amoureux du football burkinabè ?
Merci à tous ceux qui ont cru en nous. Ce titre est aussi le leur. Aux supporters, je leur dis de continuer à nous accompagner avec la même passion. Enfin, j’invite tous les acteurs du football burkinabè à croire en nos capacités. Vitesse FC montre qu’un club bien structuré peut réussir.
Comment se passe votre collaboration avec le fondateur et entraîneur du club ?
Elle repose sur une confiance totale. Il gère l’aspect technique tandis que je m’occupe de l’administration et des finances. Nous pouvons avoir des débats, notamment sur le recrutement, mais toujours dans l’intérêt du club. C’est cette complémentarité qui fait notre force.
ITW réalisée par Ollo Aimé Césaire HIEN







