A compter de ce 11juin 2026 et ce jusqu’au 19 juillet prochain, la plus grande compétition sportive mondiale (après les Jeux olympiques), la coupe du monde de football en l’occurrence ouvre ses portes sur le continent américain avec un nouveau format (48 équipes) et un nouveau cadre (une organisation tripartite USA-Mexique-Canada) mais toujours avec la même passion et le même engouement. S’il est de coutume pour les bookmakers et les passionnés de conjecturer sur les vainqueurs putatifs, les outsiders et les tocards, nous optons cette fois-ci de nous tenir loin de ses sentiers battus, car, le ballon est devenu rond pour tout le monde, la différence se faisant bien souvent au mental et sur la base de détails tenant surtout au retard accusé par certains pays au plan de la formation. Autrement, et au regard de la puissance athlétique des joueurs africains, le continent devait avoir au minimum trois trophées dans sa vitrine avec le Cameroun de 1990, le Nigeria de 1994 et le Maroc de 2022. Hélas, le manque d’organisation et les querelles d’intendance ont plombé les rêves des deux premiers tandis que le Maroc a manqué de maîtrise émotionnelle pour aller au bout. C’est dire que l’Afrique, toute chose restant égale par ailleurs, aura son mot à dire, et le match plein d’intensité physique et de discipline tactique de la Côte d’Ivoire face à la France, couronnée par une victoire, est là pour nous le rappeler. Quand on voit que l’Irak a contraint un autre favori à savoir l’Espagne au match nul, on se convainc davantage sur notre opinion. Il nous faut développer nos outils et croire en nous-mêmes ici comme ailleurs, pour rivaliser avec les autres. Pays pauvre très arriéré en 1949, la Chine est devenue la première puissance mondiale aujourd’hui. Quittons donc les clichés et les poncifs véhiculés à bon dos sur notre continent pour devenir en football comme en athlétisme une puissance. C’est vrai que nous partons de loin, mais avec la génération actuelle de leaders politiques tout est permis. A preuve le Cap-Vert qui a su se faire un nom en s’appuyant certes, sur sa diaspora, mais en se réorganisant à l’interne et qui s’invite à ce banquet royal pour la première fois. Avec lui, des pays comme l’Ouzbékistan, la Jordanie ou Curaçao ont effectué leur révolution progressiste et seront de la fête. Un flash-back pour dire que le Burkina Faso aurait pu y être aussi, n’eût été ce règlement (?) de dernière minute qui a éliminé la bande de Bra le Chercheur qui avait fait le boulot sur le terrain. Nos pensées vont donc au coach Bra qui a accepté son départ avec la dignité et le stoïcisme du grand joueur et du grand formateur qu’il a été et qu’il est toujours en coulisses. Le rêve est donc permis pour tout le monde au cours de cette compétition qui servira de clap de fin pour deux géants du football mondial, Ronaldo et Messi qui nous auront enchanté deux décennies durant. Quand on vous disait que la roue tournait pour tout le monde.
Boubakar SY








