Charles Kaboré : « Nous voulons faire de cette Ligue bien plus qu’un simple championnat ».

Le football burkinabè s’apprête à expérimenter une nouvelle formule pour renforcer la compétition chez les jeunes. Lancée le 24 septembre 2026 par l’ambassadeur pour le sport, Charles Kaboré, la Ligue de l’Espoir réunira 16 équipes U17 de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso. Première étape d’un projet appelé à s’étendre aux provinces, la compétition débutera le 10 octobre prochain.

Entre formation et compétition, le football des jeunes cherche encore son équilibre au Burkina Faso. C’est sur ce terrain que veut se positionner la Ligue de l’Espoir. Elle prendra son envol le 10 octobre 2026. Cette nouvelle compétition entend surtout offrir aux jeunes footballeurs ce qui leur manque souvent : des matchs réguliers pour apprendre, progresser et se confronter à la compétition. Pour sa première édition, la Ligue de l’Espoir mise sur un format relativement long. Seize équipes issues d’académies et de structures de formation ont été retenues, 8 à Ouagadougou et autant à Bobo-Dioulasso.

Dans la capitale, l’Académie Basga Jo, Focus Sport, Ad-Duha, l’Union sportive des forces armées, Tenankourou, le Real du Faso, le CEFFEB et l’AS Douanes prendront part à l’aventure. A Bobo-Dioulasso, l’AS Hakili, Jeunesse Espoir Konsa, l’Association sportive de Dafra, l’AFC GECER, Vitesse FC, l’AS Maya, l’AJEB et Rahimo FC seront en compétition. Le choix d’un championnat avec des matchs aller-retour constitue l’un des principaux intérêts de cette première édition.

Contrairement à une compétition concentrée sur quelques jours, les jeunes disposeront d’un calendrier plus étalé, avec plusieurs rencontres à disputer sur la saison. Pour les initiateurs, il s’agit de placer les jeunes joueurs dans des conditions qui leur permettent d’accumuler de l’expérience et de mieux mesurer leurs progrès. « Nous voulons faire de cette Ligue bien plus qu’un simple championnat : un véritable espace d’expression, de détection et de progression pour nos jeunes joueurs », a déclaré Charles Kaboré.

Une compétition pensée comme un laboratoire

16 équipes U17 sont en lice pour révéler les talents de demain.

La première édition de la Ligue de l’Espoir se veut également une phase d’expérimentation. Les équipes seront d’abord concentrées dans les deux principales villes concernées avant une éventuelle ouverture à d’autres localités. A l’issue des phases aller-retour, les deux meilleures équipes de chaque ville décrocheront leur ticket pour les demi-finales. Le premier de Bobo-Dioulasso affrontera le deuxième de Ouagadougou, tandis que le leader de Ouagadougou croisera le deuxième de Bobo-Dioulasso. Les deux vainqueurs se retrouveront ensuite en finale.

Pour cette édition inaugurale, les Ligues régionales du Kadiogo et du Guiriko ont désigné les formations participantes, en tenant compte notamment de leur organisation et de la gestion de leurs académies. Mais, l’ambition affichée va au-delà de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso. Charles Kaboré veut progressivement élargir le dispositif aux provinces afin de permettre à davantage de jeunes d’accéder à une compétition structurée. « Ce ne sont pas uniquement les académies, ce sont aussi les clubs. Nous sommes en phase pilote. C’est une première édition et cela va s’étendre dans les provinces », a-t-il expliqué.

Derrière cette volonté d’élargissement, se trouve une préoccupation centrale : préparer les jeunes au passage vers le football de haut niveau. Pour Charles Kaboré, l’accumulation des matches constitue un élément important dans cette préparation. « S’ils font beaucoup de compétitions, ils auront beaucoup de matchs dans les jambes et leur arrivée en Europe pour les essais sera

plus facile », a-t-il soutenu. La programmation prévoit une première phase entre octobre et décembre 2026, avant une interruption en décembre. La compétition reprendra en janvier 2027 avec la phase retour et se poursuivra jusqu’aux phases finales prévues en mai. La Ligue de l’Espoir veut donc répondre à un enjeu précis : « transformer la formation des jeunes en un parcours davantage rythmé par la compétition ». Pour cette première expérience, les 16 équipes en lice serviront de point de départ. La véritable portée du projet se mesurera toutefois à sa capacité à s’inscrire dans la durée, à toucher progressivement les autres régions et surtout à offrir aux jeunes Burkinabè un volume de compétition à la hauteur de leurs ambitions.

Yves OUEDRAOGO

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