Pour la première fois, 11 disciplines sportives, outre le football disputeront leur Coupe du Faso. Une initiative du ministère des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi saluée par les Fédérations bénéficiaires qui promettent de ne pas décevoir.

Pour la première fois dans l’histoire des sports burkinabè, onze Fédérations sportives, outre celle du football bénéficieront d’une Coupe du Faso. Il s’agit de l’athlétisme, du basketball, de la boxe, du cyclisme, du handball, du judo, du karaté-do, du volleyball, du rugby, de la pétanque. Selon la Direction générale des Sports et des Loisirs (DGSL), « l’extension de la Coupe du Faso à d’autres disciplines sportives traduit la volonté des autorités du ministère des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi de promouvoir une politique sportive plus inclusive, diversifiée et orientée vers la performance ».

Cette initiative, selon elle, répond à plusieurs objectifs stratégiques qui sont entre autres la promotion de la diversification de l’offre sportive nationale ; le renforcement de la préparation des athlètes ; l’offre des cadres d’expression aux sportifs ; favoriser la détection et l’émergence de nouveaux talents ; la promotion de l’équité entre les disciplines sportives ; le renforcement de la cohésion sociale et le sentiment d’appartenance nationale. Pour la DGSL, des critères ont prévalu au choix des 10 Fédérations. Il s’agit entre autres de la performance sportive (nombre de médailles engrangées); du niveau de gouvernance (respect des textes et de gestion) ; de la couverture territoriale (l’implantation territoriale); de la capacité organisationnelle et de l’inclusivité.

« Ces critères sont entre-autre les critères de catégorisation des Fédérations sportives. La catégorisation des Fédérations est différente de la classification des Fédérations », précise encore la direction qui gère les Sports et des Loisirs au ministère des Sports. Pour cette première édition, des exigences d’ordres administratives, techniques, organisationnelles, et financières ont été imposées aux Fédérations bénéficiaires.

Consacrer la moitié du budget pour primer les athlètes

Chaque Fédération bénéficiaire devrait disposer d’une situation administrative régulière conformément aux textes applicables ; présenter un programme technique d’organisation de la compétition ; désigner un responsable chargé de la coordination de l’événement ; transmettre au ministère de tutelle les informations relatives au calendrier, aux sites retenus et aux participants et s’engager à respecter les règlements techniques de sa discipline. Sur le plan technique et organisationnel, les Fédérations doivent notamment garantir le respect des règles de compétition en vigueur ; la disponibilité des infrastructures et des équipements nécessaires ; la présence d’arbitres et d’officiels qualifiés ; la sécurité des participants et du public ; la mise en place d’un dispositif de premiers secours et d’assistance médicale adapté ; la participation effective des clubs et des athlètes éligibles ; la prise en compte des exigences d’intégrité sportive et de lutte contre le dopage, conformément aux règles applicables.

Les Fédérations doivent également veiller à la qualité de l’organisation, à la couverture médiatique et à la valorisation des partenaires institutionnels et privés. Sur le plan financier, les Fédérations sont invitées à consacrer la moitié du budget à elles accordées pour primer les athlètes. Ce budget devrait préciser les dépenses relatives, entre autres, à la location ou à l’aménagement des infrastructures ; à l’acquisition ou à la location du matériel sportif ; à l’arbitrage et aux officiels techniques ; au transport et à l’hébergement, lorsque cela est nécessaire ; à la restauration des participants ; à la sécurité et aux secours ; à la communication et à la couverture médiatique ; aux récompenses et aux distinctions sportives. A l’issue de la compétition, les Fédérations devront produire un rapport technique et financier faisant ressortir les activités réalisées, les résultats obtenus, les dépenses engagées et les justificatifs requis.

Des Fédérations apprécient

Pour le président de la Fédération burkinabè de judo (FBJ) Pimbi Nikièma, cette initiative constitue, une avancée importante pour le développement du sport burkinabè. « Pour la Fédération burkinabè de judo, cette coupe contribuera à dynamiser notre calendrier sportif, à offrir davantage d’occasions de compétitions à nos athlètes, à détecter de nouveaux talents et à renforcer notre visibilité. Elle favorisera également la cohésion sociale, l’esprit de dépassement de soi et le rayonnement du Burkina Faso », a-t-il apprécié. D’après le vice-président de la Fédération burkinabè de karaté-do (FBK) Soumaïla Ouédraogo, le monde du karaté-do burkinabè apprécie à sa juste valeur d’être choisi pour cette 1re édition par les autorités sportives. « Cela permettre aux jeunes gens de pouvoir s’exprimer en dehors des cadres ordinaires qu’est le championnat national et nous nous évertuerons de ne pas décevoir », a-t-il promis. Promettant de respecter les exigences et les consignes énumérées plus haut, le président de la Fédération burkinabè d’athlétisme (FBA), François Vokouma, reconnait que c’est un gros enjeu vu son caractère de large consultation nationale et populaire.

Néanmoins, il s’engage à jouer sa partition pour le bonheur des athlètes. Le vice-président de la FBK déplore le timing de la coupe pour 10 Fédérations en cinq jours. Ce qui cause selon lui la disponibilité des infrastructures sportives permettant aux athlètes de donner la meilleure copie de leur talent. Soumaïla Ouédraogo conseille aux athlètes des Fédérations retenus de prendre à bras le corps cette belle initiative en démontrant leurs talents, surtout qu’au bout de l’effort, il y a des récompenses. Tout comme le président de la FBJ, ils préconisent que l’initiative s’étende à toutes les disciplines. Une doléance bien reçue par le ministère des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi. Selon la DGSL, son élargissement à de nouvelles disciplines ne devrait pas être automatique. Il devrait reposer sur une évaluation objective de la première phase de mise en œuvre et de la disponibilité des ressources financières. « Son extension à d’autres disciplines pourra être envisagée dans une perspective progressive, en fonction des résultats obtenus, des ressources disponibles et de la capacité des fédérations à satisfaire aux exigences d’organisation », a-t-il expliqué. L’ambition selon la Direction générale des Sports et des Loisirs est de faire de cette initiative un mécanisme durable de développement du sport national, sans compromettre la qualité des compétitions ni la soutenabilité financière du dispositif.

Yves OUEDRAOGO

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