La 25e édition des championnats d’Afrique de karaté s’est achevée pour le Burkina Faso avec deux médailles de bronze. Un bilan en recul par rapport à l’édition d’Abuja où les Etalons karatékas avaient décroché huit médailles, dont une en or. Au terme de la compétition d’Alger, le président de la Fédération burkinabè de karaté (FBK), Oumar Yugo, revient sur la prestation de ses athlètes, les difficultés rencontrées, la relève et les ambitions de la fédération. Il évoque également la possibilité d’organiser les Championnats d’Afrique 2028 à Ouagadougou.
Après huit médailles dont une en or, à Abuja, le Burkina Faso revient d’Alger avec deux médailles de bronze. Comment jugez-vous cette participation ?
Au regard des conditions dans lesquelles nous sommes arrivés ici et de la préparation dont nous avons bénéficié, je pense que le bilan reste satisfaisant. Il faut savoir que nous venons de loin, avec beaucoup de difficultés liées notamment au voyage et au déplacement des jeunes. Nous nous étions fixé comme objectif un minimum de cinq médailles, dont une en or. Malheureusement, nous ne l’avons pas atteint. Mais c’est aussi cela, la loi de la compétition.

Certaines équipes que nous avions battues l’année dernière sont aujourd’hui devant nous. Cela montre simplement qu’il faut continuer à travailler. Nous allons négocier avec le ministère afin de bénéficier, lors des prochaines échéances, d’une mise au vert de deux à trois semaines, avec l’appui d’experts étrangers pour renforcer la formation de nos jeunes. Nous souhaitons également participer à des tournois internationaux, au moins une à deux fois par an. Malgré les résultats d’Alger, le Burkina Faso fait partie des pays qui comptent dans le karaté africain. Nous devons donc travailler à conserver cette place et, surtout, à progresser.
Que retenez-vous de la prestation des jeunes, notamment des cadets et des juniors ?
Le focus, dans les prochains mois, sera d’identifier les pépites chez les cadets et de travailler avec elles en vue des prochains championnats régionaux, avant de viser les Championnats d’Afrique. L’idée est de les suivre sur trois ou quatre ans afin de leur permettre d’engranger de l’expérience et d’espérer obtenir de grands résultats lorsqu’ils passeront dans les catégories supérieures. Il faut être lucide. Nos seniors vieillissent, ils travaillent moins et nous devons donc préparer la relève dès maintenant. Au-delà des résultats sportifs, plusieurs officiels burkinabè ont occupé des responsabilités importantes dans les commissions de ce championnat d’Afrique.
Est-ce un motif de satisfaction ?
J’en suis très satisfait. Quand on regarde les différentes commissions de ce championnat d’Afrique, on constate que le Burkina Faso compte. Nous avons notamment Safiatou Touré, des arbitres et juges mondiaux comme Taryam Ouédraogo, le directeur technique mondial, Corneille Maré et bien d’autres acteurs importants dans la chaîne d’organisation. L’UFAK a bien noté cette présence et cette expertise burkinabè. Il faut également souligner la forte personnalité de notre vice-président, Soumaïla Ouédraogo, qui fait partie de la commission technique. C’est une véritable satisfaction pour moi et pour notre fédération.
Depuis votre arrivée à la tête de la fédération, vous accordez une place importante aux passages de grades et à la formation des cadres. Pourquoi avoir remis en cause les grades délivrés à certains Burkinabè par l’expert ivoirien Tapé Zozo ?
Ce n’est pas une suspension. Les diplômes délivrés par Tapé Zozo sont de nul effet. Il a lui-même écrit à la Fédération burkinabè de karaté pour s’excuser dans un premier temps et, dans un second temps, pour réaffirmer à la structure qui l’avait invité que ses diplômes étaient retirés. Pour notre part, nous lui avons fait comprendre que ce genre de pratiques ne devaientt plus se reproduire sur le territoire burkinabè. Du reste, il n’y aura aucune action contre lui. Mais la prochaine fois, nous ne laisserons pas passer.
Les résultats d’Alger ne vous poussent- ils pas à revoir vos ambitions à la hausse ?
Très clairement, nous avons beaucoup de projets à entreprendre. Mieux, nous allons discuter avec les premiers responsables en charge du sport afin de voir si le Burkina Faso ne peut pas accueillir les Championnats d’Afrique de karaté en 2028.
Le Burkina Faso a-t-il les capacités d’organiser une telle compétition ? Et vos athlètes pourront-ils relever le défi sur le plan sportif ?
Pour l’organisation, nous n’avons aucun doute sur les capacités du pays à relever ce défi. Mais, sur le plan sportif, vous serez surpris par le génie créateur de nos athlètes et par leur niveau de performance. Si les Championnats d’Afrique se tiennent à Ouagadougou, nous pensons pouvoir terminer avec au moins dix médailles, dont certaines
en or.
Quel est votre dernier message aux athlètes et à l’ensemble de la famille du karaté burkinabè ?
Je leur demande simplement de maintenir le cap et la dynamique de travail. Nous avons des athlètes de qualité et des dirigeants dont le mérite commence à être reconnu au niveau international. Notre karaté a un bel avenir devant lui. Je tiens donc à dire merci à tous les acteurs qui s’investissent quotidiennement pour la réussite et le développement du karaté burkinabè.
ITW réalisée par
Ollo Aimé Césaire HIEN







