Agence burkinabè de l’énergie atomique: les opportunités du droit nucléaire expliquées aux acteurs

Le directeur général de l’ABEA, Harouna Sawadogo : « l’ABEA ambitionne de faire du droit nucléaire un pilier de la gouvernance des technologies sensibles, au service du développement socio-économique du Burkina Faso ».

L’Agence burkinabè de l’énergie atomique, en partenariat avec la Société africaine de droit nucléaire, a organisé une conférence publique sur le thème : « Le droit nucléaire : enjeux, responsabilités et opportunités pour le Burkina Faso », mercredi 18 mars 2026, à Ouagadougou.

Le Burkina Faso entend s’affirmer dans l’utilisation responsable et maîtrisée des technologies nucléaires, au service du développement pacifique. Pour accompagner cette ambition, l’Agence burkinabè de l’énergie atomique (ABEA) a réuni des étudiants, des juristes et des chercheurs pour échanger sur « Le droit nucléaire : enjeux, responsabilités et opportunités pour le Burkina Faso », mercredi 18 mars 2026, à Ouagadougou. Le directeur général de l’ABEA, Harouna Sawadogo, a rappelé que la création de l’agence en 2024 répond à la volonté des « plus hautes autorités » de doter le Burkina Faso d’une structure compétente et souveraine, chargée de veiller à l’utilisation pacifique, sûre et sécurisée de l’énergie atomique.

Selon lui, les technologies nucléaires constituent aujourd’hui un levier important de développement, notamment dans les domaines de la santé, l’agriculture, l’environnement et la recherche scientifique. « La maîtrise du cadre juridique qui encadre l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire constitue une exigence fondamentale », a-t-il souligné. Le directeur général de l’ABEA a insisté sur le rôle du droit nucléaire, qu’il considère comme un outil essentiel pour garantir la sûreté, la sécurité et la responsabilité dans l’utilisation de ces technologies.

Il a précisé que les applications du nucléaire civile contribuent déjà au diagnostic et au traitement de maladies, à l’amélioration des rendements agricoles ainsi qu’à la gestion des ressources naturelles. Toutefois, a-t-il averti, ces avancées doivent impérativement s’inscrire dans un cadre juridique conforme aux normes internationales. Car, le droit nucléaire définit les règles, les responsabilités et les mécanismes de contrôle. Cette conférence a également offert l’occasion aux experts du nucléaire de partager leurs expériences. Le communicateur, Sâabèsèlè Jean Augustin Somda, a mis en lumière les spécificités de ce domaine du droit.

Soumission à une autorisation préalable

Contrairement au droit commun, a-t-il expliqué, toute activité nucléaire est soumise à une autorisation préalable. Pour M. Somda, l’enjeu est de susciter des vocations et de constituer une masse critique de juristes spécialisés capables d’accompagner les politiques publiques. « Il s’agit d’éviter que nos pays s’engagent dans des domaines qu’ils ne maîtrisent pas suffisamment », a-t-il averti. Depuis Vienne, la capitale autrichienne, le communicateur Abdelmadjid Cherf, expert en droit nucléaire, a éclairé le public sur la terminologie en droit nucléaire.

L’ABEA est un organe étatique, sous la tutelle de la Présidence du Faso, pour piloter la stratégie nationale nucléaire. Elle vise à développer l’usage pacifique de l’énergie nucléaire, notamment la construction d’une centrale, pour assurer la souveraineté énergétique. L’ABEA est chargée d’élaborer et d’évaluer les politiques et stratégies nucléaires, notamment l’étude d’un programme électronucléaire. Dans le cadre de la coopération technique, elle a pour tâche de gérer les partenariats, notamment avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et l’Accord régional de coopération pour l’Afrique (AFRA).

 

Oumarou RABO

Fatimata ZOUNGRANA

(Stagiaire)

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