La sentence est tombée hier, 5 juin 2019 à Paris ! Le Comité exécutif (ComEx) de la Confédération africaine de football (CAF), en réunion d’urgence, a décidé que la finale-retour de la Ligue des champions africaine, Espérance Sportive de Tunis-Wydad Athlétic club de Casablanca (WAC), sera rejouée sur un terrain neutre, après la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2019. Le score du match aller (1-1) est conservé et les Tunisiens devront rendre les médailles et le trophée de vainqueur. C’est la conséquence du spectacle désolant que le football africain a donné à voir le 31 mai 2019 à Radès, en Tunisie. En effet, ce jour-là, au stade de Radès de Tunis, le match entre l’Espérance sportive et le WAC a été interrompu à la 58e mn, pendant que l’Espérance menait 1-0. En cet instant précis, les visiteurs inscrivent un but, synonyme d’égalisation et qui maintenait ipso facto un suspense, puisqu’au match aller disputé le 24 mai à Rabat, la confrontation s’était soldée par un score de 1-1. Pendant que les Marocains jubilaient, coup de tonnerre, l’arbitre gambien, Bakary Papa Gassama, invalide le but, pour position avancée du buteur. Place donc au triste spectacle de joueurs qui prennent à partie l’arbitre, d’échauffourées par-ci, par-là et d’un président de la CAF, Ahmad Ahmad, himself, qui descend sur la pelouse pour parler aux arbitres. Il n’en fallait pas plus pour que les Marocains protestent énergiquement auprès de l’arbitre pour exiger la VAR, l’assistance vidéo. Mais impensable, inimaginable, pour une finale, la VAR qui était pourtant annoncée n’était pas opérationnelle. Que peut donc faire l’arbitre face à cette requête justifiée des Marocains ? Des pourparlers s’engagent, des échauffourées aussi. Le président de la CAF, Ahmad Ahmad et les téléspectateurs du monde entier sont médusés par le refus catégorique des Marocains de reprendre la partie. Celle-ci ne reprendra plus, après 1h30 d’arrêt. L’Esperance de Tunis est alors sacrée championne. Pourtant, lors de la finale-aller, disputée une semaine plus tôt, les Marocains s’étaient vu refuser deux buts, et la Fédération royale marocaine de football était montée au créneau, protestant énergiquement et déposant une réclamation auprès de la CAF contre l’arbitrage de l’Egyptien Gehad Grisha. La CAF a reconnu la pertinence de la réclamation marocaine après le visionnement des faits de jeu incriminés. Conséquence, l’arbitre a été suspendu pour 6 mois. Après la réunion du ComEx de la CAF, le WAC semble donc avoir été rétabli dans ses droits. Cependant la véritable inquiétude qui hante les acteurs du football africain est de savoir si la VAR qui sera utilisée à partir des quarts de finale de la CAN qui débute le 21 juin prochain en Egypte tiendra la route. En effet, si la CAF est incapable de faire fonctionner l’assistance vidéo en un ou deux matchs, pourra-t-elle le faire pour les matchs des quart, demi et finales de la compétition ? C’est dire donc qu’en cas de dysfonctionnement, les contestations seront légion et la CAF doit revoir sa copie puisque l’utilisation de la VAR commence à entacher sérieusement l’image du continent et de son football. Lorsque l’on veut faire appel à des technologies pour améliorer les choses, il faut se donner les moyens. Il faudra donc à l’instance dirigeante du football africain d’être réaliste et de prendre la bonne décision les jours à venir. L’image du continent a été déjà trop écornée. En attendant, la finale de la honte se rejouera après la CAN.

Barthélemy KABORE &
Jean-Marie TOE

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