Déclaration de l’UPC sur les suspensions des salaires des agents de la fonction publique

Le collectif syndical CGTB, l’intersyndicale des magistrats et des syndicats autonomes ont interpellé le 31 mars 2020 « les forces sociales et politiques à se prononcer sur les graves atteintes aux valeurs démocratiques que sont notamment le droit à, la sécurité, la santé, la liberté syndicale, la liberté d’expression et de manifestation, même dans un contexte d’épidémie ».

L’Union pour le Progrès et le Changement (UPC) a inscrit  dans ses textes et dans sa pratique depuis mars 2010, des valeurs et des normes du Burkindlim. C’est ainsi que des valeurs ccomme l’esprit de justice sociale, l’équité, le patriotisme, la liberté, la dignité, l’intégrité et la solidarité sont prônées, suivies et appliquées strictement.

L’UPC se fera toujours  pour devoir patriotique de répondre, de s’exprimer et surtout d’agir dans l’intérêt supérieur  de la nation dans toutes ses composantes socio professionnelles sans exclusive et ce, dans le respect des valeurs et normes cardinales de notre société.

L’UPC a appris que plusieurs agents de la Fonction publique ont vu leurs salaires suspendus à l’issue de la grève observée du 16 au 20 mars 2020. Cette suspension a été faite avec précipitation et sans discernement car des femmes en congé de maternité et des stagiaires dans des écoles de formation ont été frappés.

Les ministères concernés sont essentiellement l’Education et la Santé, secteurs sociaux qui devaient faire l’objet d’une attention particulière.

Le Ministère de l’Education Nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion  des Langues Nationales (MENAPLAN) compte à lui seul près de  six cent soixante-quinze (675) fonctionnaires frappés par la mesure, alors qu’à cette période les classes étaient fermées avant le début de la grève. Comment le Gouvernement peut-il expliquer à l’opinion nationale le miracle par lequel  la liste a été élaborée ?

L’Union pour le Progrès et le Changement se demande dans quel esprit le Gouvernement a décidé d’opérer ces suspensions de salaires.

Où est donc la place de la trêve sociale tant souhaitée et dont le Président du Faso fait allusion très souvent dans ses discours ?

Cette suspension des salaires intervient dans un contexte de crise sécuritaire  inquiétante et de crise sanitaire sévère du Covid-19.

De toute évidence, le Gouvernement a opté pour une logique de répression au moment où, au regard du contexte, l’accent devrait être mis sur les mesures sociales pour atténuer les angoisses qui découlent de cette situation des plus difficiles.

Un coup d’œil dans le passé et tenant compte du bourbier dans lequel se sont enlisées les récentes  négociations syndicats-gouvernement, l’UPC est à même d’affirmer que le Gouvernement a fait dans la surenchère inutile. Inutile de dire que pour le cas spécifique de la santé et au moment où le coronavirus est déjà dans notre maison, cette mesure est véritablement inopportune en ce qu’elle démoralise des agents déjà déprimés par les conditions de travail très difficiles.

Cette mesure  impopulaire de suspension massive de salaires aura des répercussions terribles sur des familles entières et est une première dans l’histoire de notre pays, appliquée par un gouvernement social-démocrate !

Tout en étant solidaire des travailleurs des villes et des campagnes, l’UPC invite le Gouvernement à engager un dialogue franc et sincère avec les syndicats en lieu et place de cette fuite en avant qui ne fait qu’entrainer notre pays dans de grandes incertitudes.  Dans le cadre de la mobilisation populaire contre la pandémie à coronavirus  et contre l’insécurité, l’UPC  recommande au Gouvernement:

– l’abandon pur et simple du prélèvement de l’IUTS;

– le reversement des salaires suspendus et le reversement des retenues dues à l’IUTS des mois passés;

– la reprise du dialogue social

L’UPC invite le  Président  du Faso à lancer un appel solennel aux forces vives de la nation pour  qu’ensemble, nous fassions face à l’ennemi commun qu’est le  Covid-19

 

Ouagadougou, le 06 avril 2020

Pour le Bureau Politique National,

  Le Vice-président chargé de l’éducation, de la formation professionnelle et de la recherche scientifique

                                                Amadou SANON

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