1re édition des journées des semences améliorées : Les acteurs satisfaits

Les Journées promotionnelles de semences améliorées certifiées (J-PROSAC) de l’Union nationale des producteurs semenciers (l’UNPSB) se sont refermées le samedi 18 mai 2019, à Ouagadougou.

Ouverte, le 16 mai 2019, à la Maison du peuple à Ouagadougou, la 1re édition des Journées promotionnelles des semences améliorées certifiées (J-PROSAC) a officiellement refermé ses portes, dans la soirée du samedi 18 mai 2019 à Ouagadougou, en présence du ministre de l’Agriculture et des Aménagements hydroagricoles, Salifou Ouédraogo.

Selon le président de l’Union nationale des producteurs semenciers (l’UNPSB), Inoussa Ouédraogo, les J-PROSAC constituent une occasion pour les acteurs de ce domaine, de mener des débats fructueux autour de différentes thématiques liées à la filière. Pour cette édition dont le thème a porté sur : «Stratégie et rôle des acteurs semenciers pour la promotion et l’utilisation efficiente des semences en vue d’une sécurité alimentaire au Burkina Faso», le président de l’UNPSB a traduit sa satisfaction au regard de la richesse des échanges.

Il a rappelé que les conférences-débats et des expositions-ventes de produits semenciers certifiés ont été les principales activités des J-PROSAC 2019. Inoussa Ouédraogo a indiqué que ces journées ont également donné l’occasion aux acteurs de l’agriculture, de réfléchir à la problématique de l’écoulement et de la planification des semences améliorées et certifiées, à laquelle sont confrontés depuis belle lurette les producteurs burkinabè.

«Pour une 1re édition, notre satisfaction est grande. Et j’ose espérer que nos conclusions vont contribuer à une utilisation efficiente des semences améliorées, pour les saisons à venir. Que 50% de notre production soit commercialisé, aux prochaines J-PROSAC», a lancé le président Inoussa Ouédraogo.

Une belle initiative selon le ministre

Les acteurs de la filière se sont donné rendez-vous pour la 2e édition des J-PROSAC.

Le ministre en charge de l’agriculture et des aménagements hydroagricoles, Salifou Ouédraogo, a salué l’engagement des producteurs semenciers pour avoir su adhérer à l’initiative. «Ces J-PROSAC se tiennent à l’orée de la campagne agricole de la saison humide dont le lancement est prévu le 25 mai 2019 à Tiéfora, dans la région des Cascades.

Je ne doute point de l’impact de ces journées dans la sensibilisation des producteurs, à l’utilisation des semences de qualité pour l’accroissement de la productivité agricole. C’est pourquoi, je vous exhorte à rester unis autour de cette faîtière pour un développement durable du secteur», a-t-il encouragé. Il a, à cet effet, laissé entendre que le gouvernement, pour la campagne 2019, met à la disposition des producteurs burkinabè, environ 400 000 tonnes de semences améliorées essentiellement fournies par les membres de l’UNPSB.

Le ministre a également annoncé que l’Union a offert des semences d’une valeur de deux millions FCFA au ministère de la Femme, de la Solidarité nationale, de la Famille et de l’Action humanitaire, pour les déplacés des crises et conflits intercommunautaires et ceux liés au terrorisme, en signe de compassion à leur douleur, a indiqué le patron du département en charge de l’agriculture burkinabè.

Mamaourou BENAO

Festival sport et culture de Kordié 2019 :  Satisfecit des organisateurs

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La 3e édition du Festival sport et culture de Kordié a refermé ses portes le dimanche 5 mai 2019. Durant 3 jours, les différents villages et secteurs de la commune ont rivalisé dans plusieurs disciplines à savoir le football, le cyclisme, la lutte et la danse traditionnelle.

 « Sport et culture, facteurs de cohésion et de développement local : contributions de la jeunesse », c’est sous ce thème que c’est déroulé la 3e édition du Festival sport et culture de Kordié (FESCUKO). Durant 72 heures, les populations se sont mobilisés pour le succès du FESCUKO 2019 placé sous le patronage du ministre en charge de la culture, de la présidence de Patrice Kouraogo, Conseiller spécial culturel du président du Faso et le parrainage de Issouf Zoungrana, DG de l’ANEREE. Il faut noter surtout la très forte présence des fils de la région notamment les autorités politiques et administratives régionales et provinciales. Les artistes originaires de la province à savoir Kindiss, Bezou et bien d’autres ont répondu présent à l’invitation du commissariat général.

Du tournoi du football inter village et secteurs à la course cycliste féminine en passant par la lutte traditionnel et l’exposition des produits locaux, le comité d’organisation de cette 3e édition a réussi le pari. Une projection de film a également permis de sensibiliser les élèves notamment les jeunes filles sur les grossesses non désirées et l’importance des études. En plus des activités ci-dessus mentionnées, un panel sur le thème a été animé par l’abbé Modéra Kinda de Réo et Olivier Bassinga, inspecteur des enseignements secondaires en service à la direction des examens et concours.  Sport et culture faisant bon ménage, les panélistes ont insisté sur le fait que toute communauté ou société dispose des traits distinctifs (coutumes, langue, religion) qui la caractérise. « Chaque individu doit maitriser car ce n’est pas tout qui peut être fidèlement traduit d’une langue à une autre », a laissé entendre Olivier Kinda. Et l’abbé Modéra Kinda de renchérir « Retenez que le liélé se distingue par sa solidarité, son intégrité et son sens de l’honneur. Aller au-delà des clivages politiques et investissez vous pour développer Kordié ».

Selon le commissaire général du Festival, Kouakou Bazongo, le FESCUKO se veut être une plateforme de valorisation et de promotion de la culture liélé. Et c’est ce qui justifie la création du Festival qui vise selon lui à mobiliser l’ensemble de la jeunesse de la commune afin d’apporter individuellement et collectivement leur contribution pour le développement de leur commune.

Les différentes compétitions organisées ont connu une forte mobilisation de la part des populations. En football, c’est le village de Ninion qui s’est hissé sur la plus haute marche du podium en venant à bout de Percoa sur le score de 1 but à 0 après un match très arraché et animé. En cyclisme réservé cette année à la gente féminine, Elélé Kantiono s’est distinguée devant ses douze autres concurrentes qui étaient sur la ligne de départ. En danse traditionnelle, la troupe Aclem de Kordié a ravi la vedette tandis qu’en danse moderne, la troupe yiguia de Poré est arrivée en tête.

La principale attraction a été la lutte traditionnelle qui tenu toutes ses promesses. Ce fut véritablement une partie de plaisir pour le public qui n’a pas marchandé sa participation. Après des combats rudes et acharnés, Joseph Bako a défié tous ses concurrents en catégorie A, tandis que Sandaogo Vilbouè en catégorie B, s’est fait respecté par ses adversaires.

Tous les lauréats ont été primés au cours de la cérémonie de clôture qui a connu la présence effective du président de la cérémonie, du parrain, ainsi que de nombreuses personnalités. « Vous pouvez être fils de paysan et devenir DG, ministre et haut cadre », a conseillé le parrain de cette 3e édition Issouf Zoungrana. C’est par un franc succès que les rideaux sont tombés sur la 3e édition et rendez-vous est pris pour la 4e édition en 2020.

Abdel Aziz NABALOUM

Education : Les enseignants lèvent leur mot d’ordre de grève

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Education : la Coordination des syndicats lève son mot d’ordre dans tous ses aspects pour compter du jeudi 23 mai 2019 à 00 heures. Elle invite ses militant(e)s à une reprise effective de l’ensemble des activités pédagogiques et administratives sur tout le territoire national.

«Street marketing weeks»

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Du 4 juin au 8 novembre 2019 les «street marketing weeks», semaines du marketing direct, se tiendront dans les quatre plus grandes villes du Burkina Faso. L’annonce a été faite par la société MARKET IMPACT TEAM International, promotrice de l’évènement, au cours d’une conférence de presse, mardi 21 mai 2019 à Ouagadougou.

MARKET IMPACT TEAM International (MIT) va offrir l’opportunité aux entreprises commerciales d’augmenter leurs chiffres d’affaires et leurs volumes de vente de l’ordre de 10% et d’améliorer leur notoriété principalement dans les villes de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Koudougou, Ouahigouya sur une période de 5 mois. L’engagement a été pris par le directeur général de la société, Jean Luc Compaoré, lors de la conférence de presse organisée pour présenter la première édition des «street marketing weeks» ou semaines du marketing direct, le 21 mai 2019 à Ouagadougou. Il a donc invité les entreprises désirant bénéficier de cette offre à soumettre des demandes spontanées de partenariat au service commercial de MIT par appel téléphonique, au 74220000/78866060/71126012, par email à l’adresse teguewende1977@yahoo.fr ou la page officielle de l’évènement.
Plusieurs activités sont prévues dans le cadre de cet évènement qui va s’étaler du 4 juin au 8 novembre 2019. Selon Jean Luc Compaoré, le panel prévu le 3 juin autour du thème : «Marketing opérationnel : quelle contribution à la relance
économique au Burkina Faso ?», marquant le lancement officiel, vise à faire connaitre le marketing direct et apporter la preuve que ce corps de métier peut être une solution à la relance économique du Burkina Faso. «Ces dernières années, les turbulences sociopolitiques ont été éprouvantes pour les entreprises. Nous pensons que la consommation doit être prise en compte pour une véritable relance économique. C’est pourquoi nous invitons les entreprises à s’orienter vers des activités promotionnelles ciblées et étalées grâce aux semaines du marketing direct», a-t-il expliqué. Dans le cadre de cet évènement, MIT va se mettre à la disposition des entreprises partenaires afin d’identifier clairement leurs besoins. Ensuite il va formaliser les contrats de prestation, puis recruter, former et déployer des vendeurs orientés dans les villes ciblées. «Enfin nos activités seront couronnées par une soirée de récompenses des meilleurs
marketeurs, partenaires et sponsors et d’un invité d’honneur, le 8 novembre 2019», a précisé le directeur général de MIT.
MARKET IMPACT TEAM International est une société
spécialisée dans le marketing, la communication et la formation, créée en janvier 2011.

Nadège YE

Echanges commerciaux :des réformes douanières pour plus de fluidité

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L’étude sur le temps nécessaire à la mainlevée des marchandises et le mécanisme de décisions anticipées ont fait l’objet d’un point de presse par la direction générale des douanes, le 21 mai 2019, à Ouagadougou.

L’administration douanière burkinabè s’est engagée dans une dynamique de réformes et de modernisation à l’effet de simplifier et de faciliter les opérations d’importation et d’exportation des marchandises. L’étude du temps nécessaire à la mainlevée des marchandises et le mécanisme de décisions anticipées font parties des mesures prévues dans l’Accord sur la facilitation des échanges (AFE).
Dans l’objectif de les faire connaître, ces deux instruments ont fait l’objet d’une conférence de presse animée par le directeur général des douanes, Adama Sawadogo, entouré de ses plus proches collaborateurs, le 21 mai 2019, à Ouagadougou. Selon M. Sawadogo, l’étude du temps nécessaire à la mainlevée des marchandises a pour objectif de mesurer le temps essentiel qui s’écoule entre la date d’entrée des camions transportant des marchandises dans l’enceinte du bureau des douanes de Ouaga-route (NDRL : Ouagarinter) et celle de la sortie physique du camion transportant lesdites marchandises. L’étude, a-t-il expliqué, a permis d’identifier les goulots d’étranglements, les redondances, les lourdeurs et les procédures informelles qui entourent les processus de dédouanement et de mainlevée.

Efficacité et transparence

Par exemple, pour chaque opération d’importation, l’importateur a 87 étapes à franchir. Il ressort également de l’étude, que le temps moyen nécessaire à la mainlevée des marchandises est de 5 jours 2 heures 5 minutes. Un délai jugé «énorme» par la douane burkinabè, qui envisage de le ramener à un jour d’ici 5 ans ; avec un objectif intermédiaire d’un jour par an, a fait savoir le directeur général des douanes.
S’agissant du mécanisme de décisions anticipées, il est défini par le conférencier comme étant «une décision écrite communiquée par les services douaniers compétents à un requérant à la suite de sa demande avant l’importation ou l’exportation d’une marchandise et qui indique le traitement que l’administration douanière accordera à la marchandise au moment de l’importation ou de l’exportation en ce qui concerne son classement tarifaire ou son origine». La décision anticipée a l’avantage de participer à la fluidité des échanges et à la transparence des opérations, a-t-il souligné. Elle réduit également le coût et le temps des transactions commerciales ; ce qui permet aux opérateurs économiques de fructifier leurs affaires, a ajouté le patron de la douane burkinabè. Pour lui, ces réformes sont capitales pour un pays enclavé comme le Burkina Faso. Et il n’y a pas que ceux qui ne veulent pas travailler dans la transparence et le respect de la règlementation qui peuvent s’en méfier, a-t-il insisté.
Pour la réalisation de cette étude, la direction des douanes a bénéficié de l’appui technique de l’Organisation mondiale des douanes (OMD) et financier de partenaires locaux comme la Chambre des mines, la Société Nantou Mining, Bolloré Transport Logistique, la Société Burkina Mining Company et le Conseil burkinabè des chargeurs.

Mahamadi SEBOGO
msebogo@yahoo.fr

Burkina – Brésil 10 ans de coopération «fructueuse»

Le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, a reçu
en audience, le mardi 21 mai 2019 à Ouagadougou, l’ambassadrice du Brésil au Burkina Faso, Régina Bittencourt.

L’ambassadrice du Brésil en poste au Burkina, Régina Bittencourt, s’est rendue hier 21 mai 2019 dans les locaux du Premier ministère. Après quelques minutes d’échanges avec le chef du gouvernement, Christophe Joseph Marie Dabiré, la diplomate s’est confiée : «C’est une visite de courtoisie au Premier ministre. En tant que représentant du gouvernement brésilien, nous devons avoir régulièrement des concertations avec les autorités du Burkina Faso». Selon la diplomate, elle a mis à profit la rencontre avec le Premier ministre pour échanger sur la coopération. «Nous avons profité de cette rencontre pour parler des relations d’amitié et de coopération entre nos deux Etats. Vieille de dix ans, cette coopération déjà fructueuse ne cesse de s’élargir», a-t-elle indiqué. Cette coopération, foi de Mme Bittencourt, concerne entre autres domaines, l’agriculture, la formation technique, la transformation des produits laitiers, et pourra s’étendre au secteur de la sécurité. Elle a fait savoir que des missions ont permis à des experts brésiliens de séjourner au Burkina Faso dans le cadre de recherche conjointe avec l’Institut national de l’environnement et la recherche agricole (INERA), en vue d’accroître la production du coton dans le cadre d’un projet avec d’autres pays de la sous-région comme le Mali, le Tchad, le Togo et le Bénin. Dans le cadre de la coopération bilatérale, des étudiants sont en formation pour la spécialisation dans divers domaines de la vie active. Les difficultés que traversent chacun des deux pays n’ont pas été occultées par les personnalités. «Nous avons évoqué la situation, qui prévaut au Brésil où un nouveau gouvernement a été mis en place. Les nouvelles autorités travaillent à ramener le calme dans le pays. Des mesures ont été prises pour aider l’économie nationale à se redresser. Sans oublier le cas du Burkina Faso, qui est durement éprouvé par les attaques terroristes qui compromettent son développement», a mentionné Régina Bittencourt. De l’avis de la diplomate, malgré ces moments difficiles de part et d’autre, les deux gouvernements doivent rechercher des stratégies pour développer davantage leurs relations de coopération au grand bonheur des peuples burkinabè et brésilien.

Beyon Romain NEBIE
nbeyonromain@yahoo.fr

Sexualité précoce L’éducation des jeunes, une solution

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La caravane intégrée de sensibilisation contre le mariage d’enfants, organisée par le sous-projet «Sukaabè rewlè» du projet d’autonomisation des femmes et dividende démographique dans le Sahel (en anglais SWEDD) a parcouru, les communes rurales de Faramana, Bama, Léna et Koti, du 13 au 15 mai 2019 où des actions de plaidoyer ont été posées et des engagements pris.

Myriam Gao, 15 ans en classe de CM2 et Sali Gao, 17 ans, élève de 5e, vivent actuellement des moments difficiles dans leur famille à Koti, un département des Hauts-Bassins situé à 175 km environ de Bobo-Dioulasso. L’équipe de journalistes engagés dans la caravane intégrée de sensibilisation organisée par le ministère en charge de la solidarité nationale en collaboration avec les départements en charge de l’éducation et de la santé, dans le cadre du projet SWEDD, a constaté la situation de ces deux adolescentes lors de leur passage, le 15 mai 2019 dans la commune rurale de Koti. Myriam et Sali ont raconté avoir été séquestrées par deux frères qui avaient l’intention de les prendre pour épouses. «Nous étions parties pour acheter de l’attiéké et ils nous ont invitées à prendre du thé. Après, ils ont refusé de nous laisser rentrer», a relaté Myriam. Les deux cousines sont restées dans la cour de leurs «maris-ravisseurs» durant environ deux semaines, pendant lesquelles, elles ont été les épouses des frères Mounia, également mineurs. Il aura fallu les démarches de leurs parents auprès des services du département de la solidarité nationale à Koti, puis à Founzan avec le concours de la police pour que les filles retournent à la maison. Malgré ce retour obtenu, les cousines ont adopté une attitude de défiance vis-à-vis de leurs parents, pire, leur scolarité est actuellement en jeu, puisqu’elles refusent désormais de retourner à l’école sans aucune explication, ni raison apparente. Leurs parents se disent désemparés et reprochent aux filles leur frivolité.

La sexualité précoce des jeunes

Ce cas pourrait sembler anecdotique, mais il n’est pas extraordinaire à Koti. Les cas d’enlèvement de filles aux fins de noces sont monnaies courantes dans cette commune rurale, selon les chiffres déclarés par le chef de service départemental de la Femme, de la solidarité nationale, de la Famille et de l’Action humanitaire (FSNFAH) de Koti, Koumeyarma Dabiré, présent dans la localité depuis 2016. «Pour l’année 2018, les cas que j’ai enregistrés vont au-delà de 50», a-t-il soutenu, confiant du même coup sa difficulté à suivre toutes ces situations car dépourvu de soutien en termes de ressources matérielles et humaines.
Aussi, est-il souvent incapable de suivre correctement certains cas de mariages précoces, laissant donc la voie à des récidives. A propos des causes des rapts de filles mineures, l’éducateur social y voit une pratique traditionnelle perpétuée par une jeunesse pressée de rentrer vite en union. «Les jeunes ici sont sous l’emprise du mariage. Mais, ils s’y adonnent
de façon précoce. Malheureusement, les parents ne sont pas prompts à intervenir parce qu’ils ont procédé, eux aussi, de la même manière pour se marier», a détaillé M. Koumeyarma. C’est pourquoi, il a loué le cadre de plaidoyer initié dans le cadre de cette caravane et qui a réuni des représentants de toutes les sensibilités religieuses ainsi que les chefs traditionnels du département pour informer que la loi pénale interdit de marier les enfants avant l’âge de 18 ans et présenter les risques inhérents à la pratique. Tout comme à Koti, les parents d’enfant du village de Yabasso, à une soixantaine de km de Bobo-Dioulasso se disent «débordés» par la sexualité précoce des enfants, principale cause des mariages avant l’âge selon eux. Le septuagénaire, Jean-Christophe Millogo en est dépité et pointe du doigt les nouvelles technologies, les téléphones portables notamment qui extirpent les enfants de l’autorité parentale.

Des engagements collectifs

«J’ai épousé ma femme alors qu’elle avait plus de vingt ans. Mais de nos jours, à peine les seins des jeunes filles commencent à pousser qu’elles sont convoitées par les jeunes garçons et finissent par emménager ensemble lorsque les parents tentent de les ramener à l’ordre», a-t-il expliqué. Si le patriarche met l’entière responsabilité des mariages précoces sur les enfants, sa fille, Félicité Millogo, agent de santé à base communautaire y a mis un peu de bémol. A la faveur des informations dont elle a bénéficiées, l’aide-soignante a déploré l’absence de dialogue entre parents et enfants sur le plan de l’éducation sexuelle, ce qui, à l’entendre, fait le lit de la sexualité précoce et partant, du mariage précoce. C’est d’ailleurs aux mêmes conclusions qu’est parvenu l’atelier de plaidoyer contre le mariage d’enfants dans la commune rurale de Faramana, à 120 de kilomètres de Bobo-Dioulasso, à la frontière du Mali. Au terme des travaux, la présidente de la coordination des femmes de Faramana, Tiapri Sako et les présidents des différentes communautés religieuses (musulmane, catholique et protestante) ont, à tour de rôle, pris la parole pour lire leurs engagements à sensibiliser contre la pratique du mariage précoce.
Les musulmans ont par exemple affirmé que dorénavant, l’âge de la fille sera exigé et le mariage sera annulé si jamais cet âge n’excède pas les 18 ans légaux. Des engagements qui seront scrutés à la loupe par le chef de service départemental de la FSNFAH, Arna Ouattara. En effet, présent dans la localité à peine une année, il a dénombré une dizaine de cas de mariages précoces. Mais dans cette zone, ce sont les parents qui sont présentés comme les premiers acteurs. Pour chaque situation qui se présente à lui, M. Ouattara écoute l’ensemble des protagonistes, les sensibilise à la législation avant d’actionner le réseau communal de protection de l’enfance qui regroupe les acteurs de la santé, de l’éducation, les religieux et les forces de sécurité. «Généralement, les gens ne refusent pas ce qu’on leur dit. Mais dès que vous leur tournez le dos, ils feront ce qu’ils veulent», a confié l’agent social. En ces cas de récidive, les services de sécurité sont alors mis à contribution et la fille est placée dans une famille d’accueil en attendant un retour dans sa famille d’origine dans de bonnes conditions, a ajouté M. Ouattara. A la fin de l’étape des Hauts-Bassins, le directeur régional de la FSNFAH, Moussa Ouattara, s’est dit satisfait des actions menées par la caravane.

Fabé Mamadou
OUATTARA

Grève du SYNTSHA Des services vitaux fonctionnent

Le mot d’ordre de grève du Syndicat des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA) a pris effet hier mardi 21 mai 2019 dans les établissements sanitaires publics de Ouagadougou. Une mission du ministère de la Santé a fait le constat du dispositif mis en place pour faire fonctionner des services vitaux.

Le calme régnait au Centre hospitalier universitaire pédiatrique Charles-de-Gaulle, dans la matinée du mardi 21 mai 2019, premier jour de grève du Syndicat des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA). Aux urgences, des malades couchés, attendaient impatiemment des soins, pendant que leurs accompagnants étaient assis dehors sous des arbres ou sous le hall. Des agents de santé titulaires et quelques stagiaires étaient présents pour assurer le service minimum.
Au laboratoire où il y avait habituellement de longues files d’attente, pour des examens ou des retraits de résultats, il n y avait pas grand monde lors de notre passage aux environs de 9h30 mn. A l’unité des nourrissons, Blaise Samné s’impatientait. Il nous a confié que son enfant hospitalisé, le 19 mai, attendait toujours un agent de santé pour les dernières formalités avant d’être
libéré. «Il y’a une dame qui est passée nous dire ce matin de nous patienter, que l’infirmier va venir pour les dernières visites, mais il n’est toujours pas là», a-t-il affirmé. La directrice générale de Centre hospitalier universitaire Pédiatrique Charles-de- Gaulle, Cyrille Priscille Kaboré, a remercié, tous les agents ainsi que les stagiaires, qui ont accepté rejoindre la structure, afin de redonner le sourire aux malades en consultation, en hospitalisation et également dans les services médicotechniques.
La deuxième escale a conduit le secrétaire général du ministère de la Santé, Wilfried Ouédraogo et son équipe, au Centre hospitalier universitaire de Bogodogo. Là-bas, le constat est le même. Aux urgences médicales et chirurgicales, le service minimum est aussi assuré par des stagiaires en compagnie de quelques titulaires. Mais certains malades se sont plaints, de n’avoir pas eu de soins depuis le matin. Aux urgences de la pédiatrie, une accompagnante d’une jeune femme, qui a voulu garder l’anonymat tenait un bébé de trois jours. Elle a signifié que de l’hôpital de Tengandogo, le nouveau-né a été transféré d’urgence au Bogodogo depuis minuit.
Des examens ont été faits mais elle a tout de même déploré la lenteur des résultats du fait que des agents sont en grève. «Il est bien vrai que les services fonctionnent, mais il n’y a pas beaucoup de titulaires pour mieux prendre en charge les malades. La preuve est que nous attendons les résultats pour commencer les soins, mais jusqu’à présent rien», a-t-elle regretté. Une des stagiaires nous a lancé que, bien qu’ils ne peuvent pas prendre part à cette lutte, ils soutiennent tout de même leurs devanciers, car ils sont convaincus qu’elle leur profitera dans les années à venir. Et d’ajouter qu’avec la grève, dès qu’il y aura des cas graves, le seul recours serait de transférer les malades dans des cliniques privées.
La directrice générale du Centre hospitalier universitaire de Bogodogo, Diane Kaboré, a pour sa part précisé qu’au niveau de sa structure, le minimum est fait, malgré toutes les difficultés qu’on rencontre. «Les agents ont respecté leur mot d’ordre de grève. Au niveau de la pédiatrie d’urgence, une seule personne assure la consultation externe avec un certain nombre d’internes», a-t-elle souligné.
Le secrétaire général, M. Ouédraogo, a salué la participation des agents soucieux de la santé des malades dans les hôpitaux et dans les centres périphériques.

Afsétou SAWADOGO