Prévention des conflits communautaires au Sahel

L’ONG Equal Access international Burkina Faso en collaboration avec l’ONG A2N a organisé, les 7 et 8 mai 2019 à Dori, à travers son projet «Voix de paix», un forum régional sur la cohésion sociale et la cohabitation pacifique

C’est sous le thème : «Cohésion sociale et renforcement de l’unité nationale et sous régionale dans un contexte d’extrémisme violent», que l’ONG Equal Access international Burkina Faso, à travers son projet, «Voix de paix», a organisé, le forum régional sur la cohésion sociale et la cohabitation pacifique les 7 et 8 mai 2019 à Dori. Pour ce faire, les 25 participants venus du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont eu droit à plusieurs communications. Il s’agit, entre autres, de l’instrumentalisation des communautés, la parenté à plaisanterie comme système de résolution des conflits, la typologie des conflits et du partage d’expériences entre les participants du Burkina Faso, du Mali et du Niger.
Le directeur pays de l’ONG Equal Access international Burkina Faso, Lamoussa Robgo, a fait savoir que depuis quelques mois, il y a un effritement du tissu social, avec notamment les événements de Yirgou et d’Arbinda. «En tant que Voix de paix travaillant dans le cadre de la promotion de la cohésion sociale, on s’est dit qu’il était important de réunir les autorités nationales, locales, les responsables d’OSC ainsi que les leaders coutumiers et religieux pour réfléchir à cette problématique», a expliqué M. Robgo. Selon lui, au regard de l’expertise, de l’expérience et de la notoriété des participants, la rencontre axée sur la cohésion sociale, l’unité nationale et sous-régionale, devrait asseoir les bases d’un retour aux valeurs culturelles et historiques de coexistence pacifique.
Pour la ministre déléguée chargée de la décentralisation et de la cohésion sociale, Madiara Sagnon, la question de la paix et de la cohésion sociale est plus que d’actualité au regard de la montée du terrorisme et des conflits sociaux aux conséquences souvent désastreuses. En effet, a-t-elle poursuivi, le Burkina Faso et particulièrement la région du Sahel est de plus en plus en proie à des conflits opposants plusieurs groupes sociaux qui, jadis, vivaient en parfaite symbiose. Elle a, en outre, ajouté que cette dégradation des relations sociales s’est exacerbée avec l’avènement de groupes terroristes qui instrumentalisent certains groupuscules ethniques, religieux contre d’autres groupes à des fins inavouées. «Face aux défis sécuritaires qui se présentent à nous, il devient impérieux pour nos Etats, notamment les autorités locales et les personnes de ressources représentant les différentes communautés, de mettre en synergie les efforts afin d’apporter des réponses idoines aux problèmes de coexistence pacifique entre communautés», a suggeré la ministre. C’est pourquoi, elle a salué l’initiative de Equal Access international à travers son projet «Voix de paix» et de l’ONG A2N qui ont décidé de s’unir pour l’organisation de cette rencontre à dimension sous régionale.

L’engagement des participants

A propos des perspectives après la tenue du forum, Lamoussa Robgo a souhaité que les participants puissent prendre un engagement qui les amène à s’investir dorénavant dans la prévention des conflits et la résolution des problèmes intercommunautaires. Il a en plus émis le vœu de voir toutes les recommandations issues du forum formalisées dans un cadre pour leur mise en œuvre. «Nous allons créer toutes les conditions pour que le cadre qui sera mis en place puisse travailler d’abord au niveau du Burkina Faso pour la prévention et la promotion de la cohésion sociale», a-t-il dit. Et d’espérer que le cadre travaillera avec ceux du Mali et du Niger qui ont déjà une expérience en la matière. Concernant l’espace Liptako N’Gourma, M. Robgo a émis l’idée d’une fédération en vue de résoudre les conflits qui sont vécus de part et d’autre des frontières.
Le projet «Voix de paix» lancé en 2016 au Burkina Faso, Mali, Niger, Cameroun et au Tchad est une initiative de renforcement de la communication en s’appuyant sur les médias traditionnels et les nouveaux médias pour promouvoir la démocratie, les droits humains, la bonne gouvernance et la cohésion sociale. Il s’agit de renforcer les discours positifs dans les différentes communautés, mais aussi de favoriser le dialogue entre tous les acteurs afin d’accrîitre la résilience des populations face à l’extrémisme violent.

Souaibou NOMBRE
Snombre29@yahoo.fr

Venance Konan, DG de Fraternité Matin : «Nous allons organiser un forum anti-terroriste de haut niveau»

En séjour au Burkina Faso dans le cadre des préparatifs du forum du Groupement des éditeurs de presse publique d’Afrique de l’ouest (GPPAO) sur la lutte contre le terrorisme, prévu du 20 au 22 juin 2019 à Ouagadougou, Venance Konan, directeur général de Fraternité matin indique dans cet entretien, les objectifs et les perspectives de la rencontre.

Sidwaya (S) : Qu’est-ce que le Groupement des éditeurs de presse publique d’Afrique de l’ouest (GPPAO) ?
Venance Konan (V.K.) : Le Groupement des éditeurs de presse publique d’afrique de l’ouest (GPPAO) créé il y a de cela quelques années, dénote de la volonté des responsables de médias, de se mettre ensemble afin de relever les défis de l’heure. On a constaté que dans les médias publics de notre région, les problèmes que nous vivons sont identiques. Ainsi, nous avons compris qu’en mutualisant nos efforts, nous irons de l’avant, d’où la création de cette instance.

S. : Quels peuvent être les objectifs et les perspectives du GPPAO ?

V. K. : Via le GPPAO, nous réussissons les échanges de prestations, la formation et les stages de nos journalistes etc., il y a aussi la collaboration mutuelle dans les missions de nos reporters. Cette union favorise des fora et débats d’idées et bien d’autres actions communes de part et d’autre pour rapprocher davantage nos différentes rédactions.

S. : Quel est l’objet de votre séjour au Burkina Faso ?
V. K. : Je suis en tournée dans le cadre de la tenue du 20 au 22 juin 2019 à Ouagadougou du forum international du GPPAO. Une grande rencontre qui va permettre de débattre des questions de terrorisme, de délinquance et de criminalité transnationale. Une rencontre dont le but est de sensibiliser et informer les populations à la nécessité de se donner la main pour accompagner les dirigeants dans la lutte anti-terroriste.

S. : Quel est le thème retenu pour cette rencontre ?
V. K. : Le forum a pour thème «Le rôle des médias dans la lutte contre le terrorisme dans l’espace UEMOA». En tant qu’homme de média, notre travail ne se limite pas à donner simplement des informations sur des attaques mais plutôt à participer à la lutte aux côtés de nos gouvernements. Pour se faire, le traitement des informations terroristes, le timing, la collaboration entre journalistes, gouvernants, forces de défense et de sécurité sont une nécessité pour informer utile.

S. : Quelles sont les grandes figures attendues à ce forum ?
V. K. : D’abord, nous avons le président du Faso qui s’engage à assurer le patronage du forum. On ne pouvait pas rêver mieux. Nous avons eu une audience avec lui au cours de laquelle il a salué le travail qui est fait par le GPPAO et a promis d’être des nôtres lors de cette rencontre.
Il y a également des membres de gouvernement de divers pays africains (Mali, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Niger etc.) Il y a aussi l’ancienne première responsable de l’ONU en Côte d’Ivoire qui a annoncé sa participation à la conférence inaugurale. Nous avons aussi l’ancien Premier ministre du Mali qui interviendra. Notre tournée se poursuit afin de rallier d’autres leaders politiques, la société civile etc.

S. : Quelle place accordez-vous à ce forum dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ?
V. K. : Ce forum est d’une importance capitale pour les décideurs politiques, les forces de défense et de sécurité, les populations, entre autres. Aujourd’hui, le terrorisme est devenu l’actualité de toute l’Afrique. Personne n’est épargné. C’est pourquoi cette rencontre des hommes et femmes des médias va permettre à travers les exposés, d’attirer l’attention sur certains faits sociaux et de sensibiliser aux bonnes pratiques en temps de guerre asymétrique.

S. : Qu’est-ce qui fait la particularité de ce forum?
V. K. : Ce forum est sans doute une première dans notre sous-région. Il n’est pas organisé par un seul groupe de presse mais pour la première fois, c’est tous les médias de la zone UEMOA qui vont unir leurs efforts pour organiser ce grand rendez-vous du donner et du recevoir. De par le passé, nous avons eu à organiser deux fora en Côte d’Ivoire, mais, pour cette fois, l’envergure que nous voulons donner à la rencontre de Ouagadougou est bien plus grande. D’où notre tournée afin de ratisser large. Et dans ce périple, nous avons échangé avec des homologues du Maroc qui envisagent de prendre part au forum.

S. : Comment avez-vous choisi les animateurs du forum ?
V. K. : Ce n’est pas un forum folklorique et pour cela nous avons opté pour les meilleurs en matière de communication, de renseignement. Des spécialistes dans le domaine de la criminologie et de du terrorisme. Parmi eux, nous avons le procureur de Paris que nous avons contacté, des responsables de lutte antiterroriste en Côte d’Ivoire, au Mali et ailleurs qui seront de la partie.

S. : Quelles sont les attentes ?
V. K. : Nous voulons qu’au sortir de cette rencontre, des décisions sous forme de recommandations soient prises en vue de servir de ligne de conduite vis-à-vis des attitudes à observer en période de terrorisme. A terme, toutes les populations doivent être conscientisées sur le perpétuel danger qui nous côtoie. Que chaque citoyen puisse mesurer sa part de responsabilité et cherche à poser des actes qu’il faut pour être utile à la préservation de la paix et la cohésion sociale. La lutte contre les forces du mal n’est pas réservée aux seules FDS ni aux gouvernants, mais chaque individu a sa partition à jouer.

S. : Vous avez eu une audience avec le Président du Faso : de quoi était-il question ?
V. K. : Je remercie du fond du cœur le président Roch Marc Christian Kaboré pour l’entretien qu’il a bien voulu nous accorder. Mieux nous le saluons pour son engagement à nos côtés afin que le forum soit un succès. Nous lui avons fait le point actuel des préparatifs et recueilli ses conseils pour aller de l’avant dans la tâche que nous menons. Je suis aussi reconnaissant au Directeur général des Edition Sidwaya, par ailleurs secrétaire général du GPPAO grâce à qui, nous avons pu rencontrer le chef de l’Etat et nous apercevoir qu’il accorde du prix à notre forum à venir.

S. : A un mois du forum, est-ce que votre budget est déjà bouclé ?
V. K. : Bonne question. Nous sommes encore à la recherche de fonds. Il y a eu beaucoup de promesses mais nous attendons la concrétisation de ces dons. Pour cela, nous lançons un appel aux opérateurs économiques et autres investisseurs qui nous ont fait des promesses, de bien vouloir passer à l’acte.

Entretien réalisé par Wanlé Gérard COULIBALY

Déclaration du Collectif Justice pour Salifou Nébié

A l’occasion du cinquième anniversaire de l’assassinat du juge constitutionnel Salifou Nébié le collectif justice pour Salifou Nébié a fait la déclaration ci-dessous.

24 mai  2019.  Voilà déjà cinq (05) ans que le corps sans vie du juge constitutionnel Salifou Nébié, a été retrouvé sur la route de Saponé. Sa mort cruelle et soudaine était intervenue dans un contexte national trouble marqué par la volonté du pouvoir d’alors de réviser l’article 37 de la constitution. Alors qu’une certaine opinion tentait  de vendre la thèse de l’accident, notre conviction était faite qu’il s’agissait d’un assassinat pur et simple. Le Collectif Justice pour Salifou Nébié a ainsi    vu le jour dès le lendemain de cet assassinat en vue d’exiger toute la lumière sur cette ignoble forfaiture.

A l’occasion du cinquième anniversaire de ce crime odieux, le Collectif tient une fois de plus à s’incliner devant la mémoire de ce digne et chevronné magistrat.

Il n’a eu de cesse de dénoncer le rapport d’autopsie truqué, produit par le médecin-légiste français Stéphane Chochois, commandité et fabriqué pour brouiller les pistes.

Le juge Théophile Nana qui avait été commis à l’instruction a malheureusement et brutalement disparu le 3 décembre 2015 dans des circonstances qui demeurent obscures. Le collectif salue également la mémoire de cet autre juge qui vraisemblablement avait abattu un immense travail dans le cadre de l’affaire Nébié.

L’on se demande aujourd’hui où en est le dossier au plan judiciaire ? Le collectif s’inquiète de ce silence et exprime son étonnement et sa déception face à ce désintérêt manifeste.

Nous nous interrogeons légitimement si cet énième assassinat perpétré sous le régime Compaoré restera sans assassin, à l’instar des nombreux autres crimes de sang.

Le Collectif exprime d’autre part sa perplexité face à ce qu’il considère comme un manque de volonté des confrères de Salifou Nébié de faire aboutir l’affaire et en appelle à la conscience des juges pour que cette affaire ne soit pas enterrée.

Comme nous l’avions annoncé dans notre déclaration de l’année dernière, dans le but de perpétuer la mémoire de l’illustre juge constitutionnel, le Collectif a entrepris un plaidoyer pour que le palais de justice de Léo soit rebaptisé « Palais de justice Salifou Nébié ». De même nous plaiderons auprès des autorités municipales de Ouagadougou et de Léo pour qu’une rue porte le nom de Salifou Nébié dans chacune des deux villes.

A Léo, le collectif provincial prévoit les activités suivantes : 07h00: Course cycliste des fillettes de 12 à 14 ans

09h30: Conférence sur le thème : Crimes et impunité au Burkina Faso à la Maison des Jeunes et de la Culture

15h00: Match de football au stade Zio Abdoulaye

 Tous unis contre l’oubli et l’impunité

 

Fait à Ouagadougou le 21 mai 2019.

 

Pour le Collectif Justice pour Salifou Nébié

 

                        Issaka Luc Kourouma

 

Tél. : 70 80 12 12/ 70 12 10 00

 

 

 

Venance Konan, DG de Fraternité Matin : «Nous allons organiser un forum anti-terroriste de haut niveau»

En séjour au Burkina Faso dans le cadre des préparatifs du forum du Groupement des éditeurs de presse publique d’Afrique de l’ouest (GPPAO) sur la lutte contre le terrorisme, prévu du 20 au 22 juin 2019 à Ouagadougou, Venance Konan, directeur général de Fraternité matin indique dans cet entretien, les objectifs et les perspectives


de la rencontre. Sidwaya (S) : Qu’est-ce que le Groupement des éditeurs de presse publique d’Afrique de l’ouest (GPPAO) ?

Venance Konan (V.K.) : Le Groupement des éditeurs de presse publique d’afrique de l’ouest (GPPAO) créé il y a de cela quelques années, dénote de la volonté des responsables de médias, de se mettre ensemble afin de relever les défis de l’heure. On a constaté que dans les médias publics de notre région, les problèmes que nous vivons sont identiques. Ainsi, nous avons compris qu’en mutualisant nos efforts, nous irons de l’avant, d’où la création de cette instance.

S. : Quels peuvent être les objectifs et les perspectives du GPPAO ?
V. K. : Via le GPPAO, nous réussissons les échanges de prestations, la formation et les stages de nos journalistes etc., il y a aussi la collaboration mutuelle dans les missions de nos reporters. Cette union favorise des fora et débats d’idées et bien d’autres actions communes de part et d’autre pour rapprocher davantage nos différentes rédactions.

S. : Quel est l’objet de votre séjour au Burkina Faso ?
V. K. : Je suis en tournée dans le cadre de la tenue du 20 au 22 juin 2019 à Ouagadougou du forum international du GPPAO. Une grande rencontre qui va permettre de débattre des questions de terrorisme, de délinquance et de criminalité transnationale. Une rencontre dont le but est de sensibiliser et informer les populations à la nécessité de se donner la main pour accompagner les dirigeants dans la lutte anti-terroriste.

S. : Quel est le thème retenu pour cette rencontre ?
V. K. : Le forum a pour thème «Le rôle des médias dans la lutte contre le terrorisme dans l’espace UEMOA». En tant qu’homme de média, notre travail ne se limite pas à donner simplement des informations sur des attaques mais plutôt à participer à la lutte aux côtés de nos gouvernements. Pour se faire, le traitement des informations terroristes, le timing, la collaboration entre journalistes, gouvernants, forces de défense et de sécurité sont une nécessité pour informer utile.

S. : Quelles sont les grandes figures attendues à ce forum ?
V. K. : D’abord, nous avons le président du Faso qui s’engage à assurer le patronage du forum. On ne pouvait pas rêver mieux. Nous avons eu une audience avec lui au cours de laquelle il a salué le travail qui est fait par le GPPAO et a promis d’être des nôtres lors de cette rencontre.
Il y a également des membres de gouvernement de divers pays africains (Mali, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Niger etc.) Il y a aussi l’ancienne première responsable de l’ONU en Côte d’Ivoire qui a annoncé sa participation à la conférence inaugurale. Nous avons aussi l’ancien Premier ministre du Mali qui interviendra. Notre tournée se poursuit afin de rallier d’autres leaders politiques, la société civile etc.

S. : Quelle place accordez-vous à ce forum dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ?
V. K. : Ce forum est d’une importance capitale pour les décideurs politiques, les forces de défense et de sécurité, les populations, entre autres. Aujourd’hui, le terrorisme est devenu l’actualité de toute l’Afrique. Personne n’est épargné. C’est pourquoi cette rencontre des hommes et femmes des médias va permettre à travers les exposés, d’attirer l’attention sur certains faits sociaux et de sensibiliser aux bonnes pratiques en temps de guerre asymétrique.

S. : Qu’est-ce qui fait la particularité de ce forum?
V. K. : Ce forum est sans doute une première dans notre sous-région. Il n’est pas organisé par un seul groupe de presse mais pour la première fois, c’est tous les médias de la zone UEMOA qui vont unir leurs efforts pour organiser ce grand rendez-vous du donner et du recevoir. De par le passé, nous avons eu à organiser deux fora en Côte d’Ivoire, mais, pour cette fois, l’envergure que nous voulons donner à la rencontre de Ouagadougou est bien plus grande. D’où notre tournée afin de ratisser large. Et dans ce périple, nous avons échangé avec des homologues du Maroc qui envisagent de prendre part au forum.

S. : Comment avez-vous choisi les animateurs du forum ?
V. K. : Ce n’est pas un forum folklorique et pour cela nous avons opté pour les meilleurs en matière de communication, de renseignement. Des spécialistes dans le domaine de la criminologie et de du terrorisme. Parmi eux, nous avons le procureur de Paris que nous avons contacté, des responsables de lutte antiterroriste en Côte d’Ivoire, au Mali et ailleurs qui seront de la partie.

S. : Quelles sont les attentes ?
V. K. : Nous voulons qu’au sortir de cette rencontre, des décisions sous forme de recommandations soient prises en vue de servir de ligne de conduite vis-à-vis des attitudes à observer en période de terrorisme. A terme, toutes les populations doivent être conscientisées sur le perpétuel danger qui nous côtoie. Que chaque citoyen puisse mesurer sa part de responsabilité et cherche à poser des actes qu’il faut pour être utile à la préservation de la paix et la cohésion sociale. La lutte contre les forces du mal n’est pas réservée aux seules FDS ni aux gouvernants, mais chaque individu a sa partition à jouer.

S. : Vous avez eu une audience avec le Président du Faso : de quoi était-il question ?
V. K. : Je remercie du fond du cœur le président Roch Marc Christian Kaboré pour l’entretien qu’il a bien voulu nous accorder. Mieux nous le saluons pour son engagement à nos côtés afin que le forum soit un succès. Nous lui avons fait le point actuel des préparatifs et recueilli ses conseils pour aller de l’avant dans la tâche que nous menons. Je suis aussi reconnaissant au Directeur général des Edition Sidwaya, par ailleurs secrétaire général du GPPAO grâce à qui, nous avons pu rencontrer le chef de l’Etat et nous apercevoir qu’il accorde du prix à notre forum à venir.

S. : A un mois du forum, est-ce que votre budget est déjà bouclé ?
V. K. : Bonne question. Nous sommes encore à la recherche de fonds. Il y a eu beaucoup de promesses mais nous attendons la concrétisation de ces dons. Pour cela, nous lançons un appel aux opérateurs économiques et autres investisseurs qui nous ont fait des promesses, de bien vouloir passer à l’acte.

Entretien réalisé par Wanlé Gérard COULIBALY

Exactions supposées contre une ethnie : «Il n’en est rien», selon le CEMGA Miningou

Le député Emmanuel Sawadogo dit «Koti» de la province du Bam, a fait un don de produits alimentaires le lundi 20 mai 2019 aux militaires basés à Kongoussi et engagés dans la lutte contre le terrorisme à travers l’opération Doofu (déraciner en langue nationale peulhe).

C’est un don composé de café, de thé, de sucre et de boissons en cannettes que le député du Bam, Emmanuel Sawadogo, a remis officiellement à la hiérarchie militaire pour soutenir l’opération Doofu (déraciner en langue nationale peulhe, enclenchée la semaine dernière dans les régions du Nord, du Centre-Nord et du Sahel dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Selon le donateur, son action s’inscrit dans un cadre patriotique. «J’ai voulu à travers ce geste symbolique, non seulement en tant que Burkinabè mais surtout en tant qu’élu national, traduire le soutien de la population du Bam aux forces de défense et de sécurité qui se battent jour et nuit pour nous protéger», a-t-il expliqué. Le député Sawadogo a aussi lancé un appel aux populations à collaborer avec les militaires et à respecter scrupuleusement les consignes que ceux-ci viendraient à donner dans le cadre de leur opération.

Le chef d’état-major général des armées, le général de brigade, Moïse Miningou, a, pour sa part remercié le député pour son geste et l’a rassuré que l’armée fait son travail de sécurisation des zones affectées par le terrorisme. «Nous sommes à la recherche des terroristes. Si un citoyen les renseigne ou collabore avec eux, nous le considérons comme tel. Contrairement à certaines voix qui dénoncent des exactions contre une certaine ethnie dans le cadre de l’opération Doofu, il n’en est rien. L’armée regroupe toutes les ethnies du Burkina Faso et ne saurait mener une action contre une communauté dans le cadre d’une opération», a-t-il rassuré.

 Asmado RABO

Prévention de l’extrémisme violent : le Conseil de l’Entente en quête de solutions

Les pays-membres du Conseil de l’Entente tiennent, du 20 au 22 mai 2019 à Ouagadougou, leur 2e atelier d’échanges d’expériences et d’analyses sur la prévention de l’extrémisme violent.

Les terroristes usent de tous les stratagèmes pour semer la discorde entre l’Etat et les citoyens, mais aussi entre les communautés, les religions … avec des conséquences parfois désastreuses pour le vivre-ensemble et le développement socioéconomique. Pour éviter de pareilles situations, le Conseil de l’Entente a adopté une stratégie de la prévention qui se tient du 20 au 22 mai 2019 à Ouagadougou, le second atelier d’échanges d’expériences et d’analyses sur la prévention de l’extrémisme violent. Organisé sous le thème : «Dialogue inclusif, dialogue entre le centre et la périphérie et dialogue transfrontalier comme outils de prévention de la violence», ladite rencontre abordera les défis de la pacification, de la sécurisation et du développement des zones périphériques au sein des Etats et des espaces transfrontaliers, en mettant l’accent sur la prévention. «Il s’agit donc de créer un espace de dialogue inclusif entre les acteurs au sein des Etats», a expliqué le ministre de l’Intégration africaine et des Burkinabè de l’extérieur, Paul Robert Tiendrebéogo. Selon le Secrétaire exécutif (SE) du Conseil de l’Entente, Patrice Kouamé, les espaces frontaliers apparaissent aujourd’hui comme le maillon faible de l’action publique. «Il nous appartient de mener des réflexions approfondies, trouver les causes du mal et proposer des solutions aux gouvernements.

Pour ce faire, le Conseil de l’Entente est en train d’élaborer un programme intégré de développement de ces espaces et invite les organisations régionales, sous régionales et les partenaires au développement à une plus grande synergie pour faire des frontières, des pôles de développement en vue d’inverser les tendances», a-t-il souligné. D’ores et déjà, l’institution, de son avis, a inscrit trois mesures dans son plan de prévention. Il s’agit de l’institution d’une réunion annuelle des ministres chargés de la Sécurité et de la mise en place d’un mécanisme entente de renseignements, lequel a été approuvé par les ministres en charge de la Sécurité et le conseil des ministres de l’espace. «Il (mécanisme) sera, d’ailleurs soumis à la prochaine conférence des chefs d’Etat», a indiqué M. Kouamé.

Ramener la cohésion sociale

Il est également question de la mise en place d’un mécanisme-entente de prévention, de médiation et de gestion des conflits en relation avec la CEDEAO. A ces trois mesures, il faut ajouter le renforcement des capacités des forces de défense et de sécurité par la duplication des bonnes pratiques.

«Ces dispositifs ont pour but de faciliter et d’encourager le dialogue entre les différents acteurs impliqués dans la mise en œuvre des politiques publiques dans le domaine de la paix et de la sécurité», a soutenu le secrétaire exécutif. Quant au ministre en charge de l’intégration africaine, il a indiqué que les moyens d’éliminer les causes profondes de l’extrémisme violent et du terrorisme sont, entre autres, la lutte contre la pauvreté et les inégalités, le partage équitable des richesses et des fruits de la croissance entre les individus et les régions, la création d’emplois pour les jeunes, la bonne gouvernance et le dialogue social permanent.

«C’est une responsabilité individuelle et collective et chacun doit accepter et assumer la sienne», a précisé M. Tiendrebéogo. Cette rencontre se tient après celle de mai 2018 à Abidjan. «Nous avons choisi Ouagadougou au Burkina Faso, pour marquer notre solidarité avec le peuple burkinabè face à cette agression permanente dont il est victime au quotidien», a expliqué le SE du Conseil de l’Entente.

Fleur BIRBA
fleurbirba@gmail.com

Sit-in des avocats : pour la défense de l’Etat de droit

Dans leur mouvement de dénonciation de la paralysie de l’appareil judiciaire, les avocats, avec leur tête le bâtonnier, Me Paulin Marcelin Salambéré, ont organisé, le lundi 20 mai 2019, un sit-in devant la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO). La manifestation a été suivie d’une conférence de presse.

Les avocats continuent d’exiger de l’Etat, le respect des droits des personnes détenues dans tout le pays, notamment d’être jugés dans des délais raisonnables, d’être gardés à vue dans les délais légaux, et d’être visités par leurs proches. Répondant à l’appel de leur Assemblée générale (AG) tenue le 6 mai dernier, ils étaient, hier lundi 20 mai 2019 devant la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO).

Pendant plus d’une heure, les défenseurs de la veuve et de l’orphelin ont dénoncé une «justice grippée, au ralenti, sélective», disant non aux conséquences des revendications sociales sur les détenus. «Oui au droit d’accès à la justice dans les délais respectueux des droits humains, oui à la continuité de la justice, à une justice efficace», ont-ils crié. «Ils pensent que ça n’arrive qu’aux autres jusqu’à ce que ce soit leur tour», ont lancé les manifestants à l’endroit des dirigeants. La suite du mouvement de l’Ordre professionnel a été une conférence de presse animée par le bâtonnier, Me Paulin Marcelin Salambéré et ses collaborateurs.

Constatant que les actions engagées jusque-là n’ont pas été suivies d’effet, l’AG des avocats, d’après Me Salambéré, a initié le sit-in, le point de presse, la saisine d’institutions internationales d’avocats et la dénonciation de la violation des droits humains auprès des commissions et Cours internationales. Au sujet du bien-fondé du mouvement, le bâtonnier a expliqué qu’il ne s’agit pas pour le barreau, d’arbitrer un différend ni de prendre parti dans un conflit entre l’Etat et ses agents, mais de dénoncer la «paralysie totale» du système judicaire, dysfonctionnement «générateur» de violations de droits humains et «véritable négation» de l’Etat de droit. «Il ne s’agit pas d’une lutte ni syndicale, ni pour des intérêts corporatistes, ni de chapelle politique», a soutenu le principal conférencier pour qui les acquis de la lutte ne bénéficieront qu’aux citoyens et à l’Etat de droit.

«Les lignes bougent difficilement»

Par ailleurs, en attendant de voir la reprise effective du travail dans les greffes, les avocats ont salué l’esprit de dialogue ayant permis au gouvernement et au syndicat des greffiers de parvenir à un accord dans ce sens. Ils n’oublient pas pour autant le blocage de la chaîne pénale qui, au regard de la situation sécuritaire actuelle, crée une véritable menace pour le Burkina Faso, en ce qu’il instaure un «sentiment d’impunité généralisé» pouvant ouvrir la voie à l’accroissement de la délinquance. Espérant également une entente entre le gouvernement et les agents de la Garde de sécurité pénitentiaire (GSP), le bâtonnier a informé que l’AG souveraine de la profession décidera de la suite de la lutte, le 27 mai prochain. «Votre action ne bloque-t-il pas davantage l’appareil judiciaire ?», s’est inquiété une journaliste. Me Salambéré a répondu qu’au lancement du débrayage, l’activité juridictionnelle était à l’étape zéro.

Concernant le tribunal militaire empêché de fonctionner, les conférenciers ont confié qu’on ne peut faire des omelettes sans casser des œufs. S’agissant de la «faible» mobilisation des avocats lors des manifestations, le responsable du barreau a rassuré qu’il n’y a aucune fracture entre les Hommes en robe noire et que c’est la première fois qu’un mouvement de la profession mobilise autant. En termes d’acquis de la lutte, les hommes de droit ont dit que «les lignes bougent difficilement» et que les ministres du secteur judicaire, interpellés par correspondance, n’ont pas réagi. Quid du soutien des organisations de défense des droits humains à l’action en cours ? «Beaucoup de structures ont voulu nous soutenir, mais nous leur avons fait comprendre que le mouvement est professionnel et ne concerne que les avocats», a expliqué le bâtonnier.

Jean Philibert SOME