Lutte contre la violence au Burkina : des universitaires veulent apporter leur contribution

Les responsables du Laboratoire langues, discours et pratiques artistiques (LADIPA) de l’Université Joseph-Ki-Zerbo était face à la presse, le vendredi 17 mai 2019, à Ouagadougou pour annoncer la tenue d’un colloque international sur le thème : «La violence dans les langues, les littératures et les arts du Sahel» du 23 au 25 mai prochain.

Bien que n’étant pas des spécialistes des armes, des universitaires peuvent, par leur réflexion, contribuer à la lutte contre le terrorisme et la violence en Afrique en général et au Burkina Faso en particulier. C’est la conviction des premiers responsables du Laboratoire langues, discours et pratiques artistiques (LADIPA) de l’Ecole doctorale Lettres, sciences humaines et communication (LESHCO), de l’Université Joseph-Ki-Zerbo qui organisent un colloque international sur le thème : «La violence dans les langues, les littératures et les arts du Sahel» du 23 au 25 mai 2019. L’information a été donnée aux hommes de médias au cours d’un point de presse, le vendredi 17 mai 2019 à Ouagadougou. Aux dires du président du comité d’organisation, Pr Albert Ouédraogo, ce colloque vise à réunir les scientifiques de toutes les spécialités des sciences du langage et de la littérature pour réfléchir, échanger les idées, les expériences et structurer un discours scientifique autour de la violence dans les langues, les littératures et les arts.

Il s’agira pour la centaine de participants attendus, de «mettre en débats le motif de la violence dans un contexte où l’extrémisme violent, le terrorisme, les replis identitaires, les velléités sécessionnistes constituent des défis émergents auxquels le continent doit désormais faire face». Pour le Pr Ouédraogo, la violence n’est pas accidentelle mais elle est d’abord imaginaire. «Nous allons donc au cours de ces trois jours de travaux, interroger les productions littéraires et artistiques d’Afrique et de notre pays, pour voir quelle est la place qui est accordée à la violence», a-t-il indiqué. Pour ce colloque, sept principaux axes de réflexion ont été retenus pour meubler les échanges.

Il s’agit de la violence dans les textes littéraires, les littératures en langues nationales et la violence, les langues nationales et langues officielles en Afrique, les usages langagiers et expression de la violence, le cinéma et l’expression de la violence, les littératures et le terrorisme au Sahel et enfin les conflits dans les arts du Sahel. L’analyse de tous ces thèmes va permettre, foi du président du comité d’organisation, de mettre en évidence les sources et les perceptions de la violence dans les langues, les littératures et les arts. A la fin de la rencontre, un ouvrage scientifique sur la problématique sera produit et remis aux autorités pour les aider à bannir la violence hors des frontières du «pays des Hommes intègres».

Nadège YAMEOGO

Province du Shaanxi en Chine : le territoire des espèces protégées

Des journalistes africains en formation en Chine ont séjourné dans la province du Shaanxi, située au centre du pays, du 11 au 16 mai 2019 où ils ont découvert un pan de l’histoire du pays.

La province du Shaanxi occupe une place prépondérante dans l’histoire de la Chine. Sa capitale Xian est le point de départ de la Route de la soie en Chine. Dans le cadre de leur formation, des journalistes africains ont parcouru ladite localité, du 11 au 16 mai 2019. Couvrant une superficie de 205 600 km² avec plus de 38 millions d’habitants, Shaanxi est un berceau important de la nation chinoise. Treize dynasties ont établi leurs capitales dans la province au cours d’une période de 1 180 ans, dont les célèbres dynasties Zhou, Qin, Han et Tang. Xian, la capitale, est une ville historique et culturelle de renommée mondiale. La province du Shaanxi s’étend sur une zone climatique tempérée, chaude et subtropicale nord, avec le fleuve Yangtze et le fleuve Jaune qui la traversent. Le site archéologique de l’armée de terre cuite et de chevaux de l’empereur Qin Shihuang est situé à une heure de route du centre-ville de Xian. Découverte en 1974 par des villageois qui creusaient un puits, le site figure sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO et est régulièrement pris d’assaut par des touristes nationaux et étrangers.

La province du Shaanxi se distingue également en matière de protection des espèces en voie de disparition. Il abrite quatre animaux rares en Chine, à savoir l’ibis à crête, le panda géant, le singe d’or et le takin. Située dans le comté de Foping, à une centaine de kilomètres de Xian, la réserve sauvage abrite 345 pandas et près de 4 500 singes d’or. La réserve naturelle de Guanyinshan de cette région pittoresque recèle d’abondantes ressources animales et végétales rares.
Avec ses sommets montagneux et ses ruisseaux clairs, la réserve qui abrite les pandas offre aux visiteurs une étendue de forêt luxuriante.

Territoire du panda

Le panda jouit d’une grande réputation en Chine. Symbole de bon augure et d’amitié, messager de paix et d’amitié, 23 pandas géants ont été envoyés dans neuf pays par la Chine de 1958 à 1982, sous le nom de «diplomatie du panda». Depuis 1984, la Chine loue des pandas géants à des pays étrangers au prix d’un million de dollars par panda géant et par an sur une période de dix ans. Le panda consacre 55% de son temps à manger, 43% à dormir et 2% à se détendre. Dans la réserve, ils sont au centre de toutes les attentions. Un peu plus loin de Foping, se trouve le parc écologique d’élevage de l’ibis à crête dans le comté de Yangxian. En 1981, lorsque les autorités locales découvrent les sept derniers ibis à crête dans le monde, elles prennent la décision de créer un parc afin de préserver l’oiseau menacé de disparition.

Grâce à cette action salutaire, l’espèce se perpétue dans le parc et quelques couples ont été offerts à des pays comme le Japon et la Corée du Sud.
Bien avant cette excursion, les journalistes ont assisté dans la ville de Xian à l’ouverture de la 4e exposition internationale de la Route de la soie et le Salon de la coopération et des investissements entre l’Est et l’Ouest de la Chine. Des produits qui transitent par l’historique corridor de la Route de la soie ont été exposés à l’occasion.

Karim BADOLO
(Depuis Pékin en Chine)

Malnutrition infantile : «On note une évolution positive des prévalences», Estelle Bambara

Au Burkina Faso, la malnutrition constitue un problème de santé publique. La situation est toujours préoccupante dans certaines régions notamment l’Est, le Sahel, les Cascades, le Centre-Est, selon l’OMS. Une preuve que la sensibilisation aux meilleures pratiques nutritionnelles est une nécessité. Nous avons rencontré pour la circonstance, Estelle Bambara, nutritionniste, chef de service surveillance et prise en charge de la malnutrition à la direction de la nutrition du ministère de la Santé.

Sidwaya (S.) : Qu’est-ce que la malnutrition ?
Estelle Bambara (E.B.) : C’est un état pathologique résultant d’un déséquilibre entre les apports et les besoins ou dépenses de l’organisme. Ce déséquilibre est dû à la carence ou à l’excès relatif ou absolu d’un ou de plusieurs nutriments essentiels. Chez l’enfant, on rencontre la malnutrition aigüe ou maigreur qui correspond à un faible poids par rapport à la taille, la malnutrition chronique qui est un retard de croissance. C’est-à-dire une petite taille par rapport à l’âge, l’insuffisance pondérale (faible poids par rapport à l’âge), la surcharge pondérale (surpoids et/ou obésité) et les carences spécifiques en micronutriments. Les plus fréquentes sont
les carences en iode, en fer et en vitamine A.

S. : Comment la reconnaître ?
E. B. : La malnutrition peut se manifester cliniquement ou n’être décelable que par des analyses biochimiques, anthropométriques ou physiologiques. Les signes visibles sont l’amaigrissement (peau sur les os), les œdèmes sur les deux pieds, jambes ou généralisés, une petite taille, le goitre, la pâleur des muqueuses, la cécité nocturne, etc. Cependant, il y a des manifestations qui ne sont pas visibles. En ce moment, il faut prendre les paramètres anthropométriques (mesures sur le corps) et faire des analyses au laboratoire pour pouvoir la détecter. On peut également reconnaître la malnutrition en prenant le poids et la taille, en mesurant le périmètre brachial, en recherchant les œdèmes au niveau des deux pieds et des tests sanguins par exemple le taux d’hémoglobine.

S. : Quelles sont les causes de la malnutrition ?
E. B. : Les causes sont multiples, interdépendantes et situées à trois niveaux. Il s’agit des causes directes qui se situent au niveau de l’individu et comprennent les maladies et les pratiques d’allaitement et d’alimentation inadéquates (qualité et quantité). Les causes sous-jacentes se situent au niveau des ménages et comprennent l’insécurité alimentaire des ménages, le faible accès aux soins de santé, l’insuffisance de soins aux enfants et l’insuffisance d’hygiène et assainissement. Les facteurs fondamentaux sont représentés, entre autres, par les faibles niveaux d’éducation et de développement économique des populations, la forte croissance démographique, la pauvreté générale de la population et le statut de la femme (faible niveau d’instruction, faible pouvoir de décision, faible pouvoir d’achat, etc.).

S. : Quelle est la situation de la malnutrition au Burkina Faso ?
E. B. : Depuis 2009, on note une évolution positive des tendances des prévalences des différents types de malnutrition avec une situation en-deçà des seuils d’urgence de l’OMS qui sont de 10% pour la malnutrition aigüe, 30% pour la malnutrition chronique et 20% pour l’insuffisance pondérale. En effet, en 2018, les prévalences de la malnutrition aiguë, de la malnutrition chronique et de l’insuffisance pondérale chez les enfants de moins de 5 ans sur le plan national, étaient respectivement de 8,5%, 25% et 17,8%. 1% des enfants de moins de 5 ans présentaient une surcharge pondérale dont 0,3% d’obésité. Cependant, ces prévalences cachent des disparités entre régions et à l’intérieur des régions avec des régions et des provinces qui ont des prévalences dépassant ces seuils d’urgence.

S. : Comment prévenir la malnutrition ?
E. B. : Les causes de la malnutrition étant multifactorielles, la lutte contre la malnutrition doit être multisectorielle et nécessite l’engagement et l’implication de tous les secteurs (santé, agriculture, eau et assainissement, ressources animales, environnement, éducation, protection sociale, collectivités, etc.). Il faut également une bonne communication sur le sujet pour permettre aux bénéficiaires d’avoir l’information exacte.

S. : Quels sont les aliments à conseiller pour prévenir la malnutrition ?
E. B. : Pour répondre aux besoins nutritionnels de l’enfant et préserver sa santé, l’alimentation de l’enfant à partir de six mois doit répondre à certains critères. Elle doit être saine, facile à manger, digeste, nourrissante, équilibrée et suffisante. Selon le calendrier saisonnier, elle doit comporter les trois groupes d’aliments. Les aliments constructeurs (protéines) qui servent à la construction de nouvelles cellules et réparation, la défense de l’organisme et la production d’enzymes et hormones. On les retrouve dans la viande (bœuf, mouton, porc, chèvre, lapin, poule, pintade, dinde, canard,), poisson, lait, yaourt, fromage, œufs, légumineuses (haricot, lentille, arachide, pois de terre, sésame, soja, soumbala)…Les aliments énergétiques (glucides et lipides). Ils apportent de l’énergie et contribuent également à la construction de nouvelles cellules et réparation de cellules endommagées, à l’absorption et l’utilisation des autres nutriments. On les trouve dans le mil, sorgho, maïs, riz, fonio, blé, patate, igname, manioc, taro, pomme de terre, sucre, huile, beurre de karité…Les aliments protecteurs constitués par les minéraux et les vitamines. Ils rentrent dans la structure des cellules (fer et calcium), la constitution des hormones (iode), le fonctionnement des organes, la croissance, la digestion (vitamine C et fer), la réparation et la protection. On les retrouve dans l’orange, mangue, ananas, liane-goïne, pain de singe, jujube, karité, néré, detarium, tamarin, goyave, légumes-feuilles (baobab, bulvaka, oseille, patate, épinard…), tomate, gombo, poivron, carotte, chou, aubergine, sel iodé, etc.

S. : Quels conseils aux parents ?
E. B. : Pour enrayer le cercle vicieux intergénérationnel de la malnutrition, il est primordial que les interventions nutritionnelles vitales soient axées sur les 1000 premiers jours (de la conception jusqu’ à l’âge de 2 ans) encore appelé fenêtre d’opportunité. Ces actions sont essentiellement les bonnes pratiques d’alimentation de la femme enceinte, la prévention contre les maladies chez la femme enceinte, le suivi de la grossesse et l’accouchement dans un centre de santé, la mise au sein précoce dans l’heure qui suit la naissance de l’enfant, la pratique de l’allaitement maternel exclusif jusqu’à six mois, l’introduction de l’alimentation de complément en quantité et en qualité à partir de six mois tout en poursuivant l’allaitement jusqu’à deux ans, la prise en charge et la prévention des maladies de l’enfant (paludisme, diarrhée, pneumonie, malnutrition aigüe, etc.). La période des 1000 jours est une période de forte croissance de l’enfant et une bonne nutrition procure des avantages pour toute la vie. Ces avantages sont la croissance saine et le développement cérébral, des systèmes immunitaires plus forts, un quotient intellectuel plus élevé, de meilleures performances éducatives et une espérance de vie plus longue. La nutrition adéquate est la clé du développement humain et économique durable.

Entretien réalisé par Gaspard BAYALA

Passage de Sidwaya au statut de Société d’Etat : les enjeux expliqués aux agents

Le directeur général des Editions Sidwaya, Mahamadi Tiégna, a fait le point de l’avancement du dossier de passage du «journal de tous les Burkinabè», un établissement public de l’Etat, au statut de société d’Etat, le vendredi 17 mai 2019 à Ouagadougou.

Le rapport du cabinet d’études sur le passage des Editions Sidwaya au statut de société d’Etat, selon son Directeur général (DG), Mahamadi Tiégna, pourrait être introduit en Conseil des ministres dans la deuxième quinzaine du mois de mai. En vue de mieux faire comprendre aux agents les enjeux de ce processus, une assemblée générale a été tenue, le vendredi 17 mai 2019 dans l’enceinte de l’établissement. Au cours de la rencontre, le DG Tiégna a livré le contenu du rapport du cabinet d’études. De son exposé, il ressort que les experts commis à la tâche d’évaluer les capacités de Sidwaya, estiment que le personnel actuel peut être maintenu.

Mieux, un recrutement supplémentaire sera nécessaire pour satisfaire le besoin en ressources humaines dans certains services. De même, il a ajouté que le rapport a relevé une condition sine qua non pour que Sidwaya en société d’Etat puisse être viable: que l’Etat consente des efforts pour accompagner le processus. Il s’agit d’une exonération fiscale sur cinq ans et des investissements de plus de sept milliards F CFA, pour renforcer le dispositif de production de la structure entre autres. Son exposé a été suivi de questions relatives au nouveau cadre de travail, au détachement de l’AIB, etc. Le premier responsable des Editions Sidwaya a précisé que les investissements dont il est question prennent en compte la construction d’un nouveau siège, l’acquisition d’une imprimerie, notamment une rotative. L’étude a recommandé la séparation de Sidwaya d’avec l’Agence d’information du Burkina (AIB) dans le souci d’une maîtrise des coûts de la future société d’Etat. Opinant sur le sujet, le DG a laissé entendre qu’il faut mûrir davantage les réflexions sur la faisabilité d’une nouvelle AIB. Déjà, a-t-il relevé, les partenaires sociaux ne semblent pas enchantés de cette recommandation issue de l’étude.

Une période transitoire de cinq ans

D’autres inquiétudes sur la situation des chefs de services régionaux et des correspondants provinciaux, la rémunération des agents et le reclassement des contractuels ont également été soulevées. Pour le DG, le sort des chefs de services régionaux sera le même que celui des autres agents. La tendance, a-t-il révélé, est plutôt au renforcement du personnel de ces services pour en faire des directions régionales comme celle de Bobo-Dioulasso. Concernant les correspondants, il a rappelé que pour l’instant, l’on ne peut compter que sur leur bonne volonté car les textes ne permettent pas un contrat avec des fonctionnaires de l’Etat. Au chapitre des divers, le DG a promis l’effectivité des avancements 2018 au cours de cette année, l’ouverture prochaine de la direction régionale du Centre-Ouest des Editions Sidwaya, les démarches pour celles du Sahel et la construction de celle de Tenkodogo, de même que la direction commerciale de Koupéla.

Pour le plan de carrière des contractuels, il a précisé que le concours de reclassement sera organisé en novembre-décembre prochains et l’incidence financière en début 2020. Avant de clore la rencontre qui a réuni également les unités déconcentrées de Sidwaya, le DG a demandé l’accompagnement de tous, surtout les partenaires sociaux, pour l’essor de « la maison commune »

Tielmè Innocent KAMBIRE

L’ambassadeur français aux Editions Sidwaya

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FEMAB 2019:  L’expression des masques à Bagassi

Les masques étaient en fête à Bagassi. Cette commune rurale de la province des Balé a abrité la deuxième édition de son festival des masques, avec la participation d’une dizaine de sociétés de masques.

La deuxième édition du festival des masques de Bagassi (FEMAB), tenue du samedi 11 au dimanche 12 mai 2019, a tenu toutes ses promesses. Pendant deux jours, cette localité, située à une quarantaine de kilomètres de Boromo, a connu une animation singulière. Plusieurs sociétés de masque étaient à l’honneur, à savoir  les masques de Vy, Kaho, Haho, Dousi , Bagassi.

C’était essentiellement deux types de masques (fibre et feuille). Comme l’exige la tradition, ces deux variétés de masques ne devant pas se croiser, il a fallu un programme bien ficelé pour les faire prester sur la même scène. Pour ce faire, les quartiers de Bagassi que sont Biètoumounièyio et Piénièyio ainsi que les villages de Kaho et Vy, détenteurs des masques de fibre se sont exprimés les premiers. Leurs prestations ont donné de voir de belles chorégraphies de flûtistes et joueurs de tam-tams qui accompagnent le masque dans son expression. La cadence des masques, ponctués de pirouettes, arrachaient des you-you du public. Un intermède de danse du Lambéyoro a permis à ces masques de fibre de se retirer pour faire place à ceux en feuille. Trois quartiers de Bagassi (Wongonièyio, Sinyio, Yakuyio) et les villages de Haho et Doussi possèdent ce type de masques. La communion avec le public commence par un tour d’honneur de la scène où les masques sont suivis de leurs accompagnateurs.  Après le tour d’honneur, les sociétés de masques se succèdent sur la scène, animées par des griots très habiles. Le public exulte et certains spectateurs quittent la foule pour rejoindre les masques afin d’esquisser quelques pas de danse. Ces scènes de danse de masques ont occupé le public dans la matinée et aussi dans la soirée.

Le FEMAB, une attraction

Si à la première édition, des observateurs avertis déploraient l’ignorance des pas de danse de certaines sociétés de masques, cette année, le constat est que toutes ont bien presté. Un fait que le président de l’association Waban Benoît YE, organisatrice de l’évènement, n’a pas manqué de souligner. Pour lui, cela est à l’honneur de l’association qui se donne pour mission, de faire revivre nos valeurs culturelles en déperdition.

Il est à noter que le FEMAB 2019 a connu la présence de deux ministres (Urbanisme et de Habitat, et  celui de l’Agriculture et des Aménagements Hydrauliques). Pour le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, Maurice Dieudonné Bonanet, président de la cérémonie, l’homme peut tout oublier sauf sa culture. « Par conséquent, toute action tendant à valoriser et à perpétuer notre culture afin qu’elle soit connue des générations futures est à saluer et à encourager », a-t-il soutenu. Et d’insister « Dans un contexte où notre pays fait face à une fronde sociale, je vous invite à faire de la paix et de la cohésion sociale votre préoccupation quotidienne. Rappelez-vous à cet effet que les masques et les danses populaires que nous célébrons ce jour ont toujours été à travers les âges, des canaux de résolutions de conflits et du vivre ensemble ».

A.K

L.Y

Nuit de reconnaissance, les Kankambsé : 15 détenteurs de savoirs traditionnels primés

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La première édition de la nuit de reconnaissance sociale des conservateurs de savoirs traditionnels et culturels locaux dénommée les «Kankambsé» a eu lieu le vendredi 17 mai 2019 à Ouagadougou.

L’association Kankanga pour la culture, l’environnement et le développement durable, s’est fixé pour objectif de récompenser les détenteurs de savoirs médicaux traditionnels, les garants des coutumes et les citoyens exemplaires. Elle a, à cet effet, organisé le vendredi 17 mai 2019, la première édition de la « Nuit de reconnaissance les Kankambsé ».

Plusieurs leaders coutumiers et religieux ont été primés au cours de la cérémonie.

Selon le promoteur de l’événement, le Kamsaonghin-Naaba, cette soirée a été initiée pour reconnaître le mérite de toutes les personnes qui œuvrent dans la conservation de savoirs culturels et traditionnels locaux à titre humanitaire et non lucratif. L’objectif de cette cérémonie de distinction, a-t-il souligné, vise à promouvoir et à conserver nos valeurs culturelles. Une dizaine d’autorités coutumières et religieuses se sont vu remettre, chacune, une attestation de reconnaissance et un trophée.

Rachelle Zio a été l’une des lauréats dans la catégorie des « détenteurs des savoirs médicaux traditionnels à but non lucratif ». « Grâce à ce savoir transmis de génération en génération au sein de ma famille, nous avons pu sauver de nombreuses vies avec la médecine traditionnelle », a-t-elle confié. Avant la proclamation des résultats, le jury, présidé par Kadidiatou Tapsoba, a émis plusieurs recommandations.

Le ministère en charge de la culture a été, entre autres, exhorté à soutenir sur les plans technique et financier, l’association Kankanga dans son élan de promotion des valeurs traditionnelles pour une culture de paix et de cohésion sociale. Les membres du jury ont, par ailleurs, suggéré aux responsables de ladite association, l’élaboration d’un statut et un règlement intérieur qui précisent l’organisation et le fonctionnement du comité d’organisation et du jury. Ils ont, en outre, préconisé l’élargissement de la reconnaissance aux autres acteurs des régions, départements et communes du Burkina Faso.

Valentin KABORE
(Collaborateur)


Palmarès Nuit de reconnaissance Kankamsé 2019

1re catégorie: détenteurs de savoirs médicinaux traditionnels
1er : El Hadj Oumarou
2e : NANA Moussa
3e : El Hadj Ilboudo Mohamoudou
4e : Tapsoba Boukary
5e : Zio Rachelle
2e catégorie: garants spécifiques locaux culturels et traditionnels
1er: Naasar Moaga
2e : Mankougoudou Tengsoaba
3e : Bendré Nakaseng
4e : Sanfo Boukary
5e : Radio Ikra
3e catégorie: les modèles de citoyens exemplaires locaux
1er: Tamboura Souleymane
2e : Zerbo Harouna
3e : Zongo Alain
4e : Zongo Martin
5e : Badolo Augustin

Opération de ratissage à Yako : Des lieux suspects inspectés, des engins saisis

La direction provinciale de la Police nationale du Passoré en collaboration avec le commissariat central de la police de Yako, a effectué, le mercredi 15 mai 2019, une opération inopinée de ratissage, dans la ville de Yako.

Une semaine après l’attaque perpétrée au péage de Ouahigouya, occasionnant la mort d’un policier, la population de Yako et ses villages environnants vivent dans une grande inquiétude, paralysant ainsi les activités socioéconomiques. A en croire le commissaire central de la police de Yako, Boukaré Bonkoungou, des citoyens auraient dénoncé des individus suspects dans la forêt communale.

C’est pour enrayer la peur et instaurer la quiétude dans la ville afin de permettre à la population de mener sereinement ses activités quotidiennes que la direction provinciale de la Police du Passoré en collaboration avec le commissariat central de la police de Yako, a organisé, le mercredi 15 mai 2019, une opération de ratissage de grande envergure dénommée : «Yako Propre».

Cette opération visait initialement à dépouiller la forêt communale de la ville, de tout ce qui pouvait semer la terreur au sein de la population. Le Directeur provincial de la Police nationale du Passoré (DPPN), Pascal Yaméogo, qui a autorisé l’activité de ratissage et du contrôle des engins a déclaré que l’opération a permis de retirer plus d’une centaine d’engins composés essentiellement de motos et de tricycles sans cartes grises, de visite technique ainsi que des motos volés.

Des engins ont été saisis.

Suivant les explications de M. Yaméogo, ce contrôle inopiné intervient aussi à la suite du constat que la plupart des maquis et bien d’autres prestations de commerce de Yako se vidaient précocement de leurs clients pour cause d’une rumeur faisant état d’irruption des individus de moralité douteuse dans la ville. «En ce qui concerne la saisie des motocycles, nous sommes partis d’un constat que la ville de Yako avait enregistré un important cas de vols.

C’est dans l’espoir de retrouver ces motos volées, que nous avons mené cette opération de grande envergure», a révélé Pascal Yaméogo. Et le commissaire central de la police de Yako, Boukaré Bonkoungou qui avait conduit les troupes venues d’autres commissariats de Police du Passoré pour renforcer l’opération, de préciser que le ratissage de la forêt communale a consisté à boucler toute la zone ciblée afin de passer aux fouilles minutieuses.

Au terme de l’opération, M. Boukoungou a conclu que, hormis les engins saisis, les résultats de l’opération de ratissage ont été satisfaisants et rassurants. Car, s’est-il réjoui, aucun cas suspect n’a été détecté au cours de l’opération de ratissage de la forêt qui a duré plus de 2 heures. Il a, tout de même demandé plus de collaboration avec la population.

Zézouma Elie SANOU

Afrique du Sud : Malema, «fils» de Hani et de Biko

Les élections générales du 8 mai 2019 en Afrique du Sud, qui ont vu la victoire de l’ANC avec un peu plus de 57% des suffrages exprimés, ont confirmé un fait d’importance pour l’Afrique du Sud de demain (fait passé sous silence par les médias occidentaux et pour cause) à savoir la percée remarquable du parti de Julius Malema, les combattants de la liberté économique qui s’ en tire avec 10,7% des voix, alors que lors du scrutin passé, celui de 2014 Malema et les siens étaient au ras des pâquerettes.

Si les médias occidentaux n’en ont pas fait leurs choux gras, c’est bien parce que le « petit » et des militants constituent la menace la plus sérieuse pour la suprématie blanche dans l’Afrique du Sud postapartheid, une menace jadis incarnée par Steve Biko et Chris Hani deux leaders de la communauté noire, qui n’avaient pas la même vision que la direction de l’ANC dans la dévolution puis la gestion du pouvoir dans la Nation Arc-en-ciel (?).

Chris Hani d’abord (né Martin Thembisile Hani), secrétaire général du parti communiste Sud-africain et chef militaire de Umkhonto we Sizwe, branche armée de l’ANC, n’était pas clairement avant son assassinat en 1993, favorable à l’association au plus haut niveau de l’establishment blanc dans la gestion du pouvoir fraîchement dévolu aux noirs.

Instruit par une période d’apartheid pendant laquelle il avait vu ses frères noirs souffrir le martyre dans les townships (ghettos Sud-africains dont Soweto est le plus emblématique) et de son parcours personnel fait de misères de privations et d’exil (en Angola notamment où il a combattu auprès d’Agosthino Neto et le MPLA contre Jonas Savimbi), Hani avait compris que son peuple ne pouvait être défendu par un pouvoir «multicolore».

Il prônait donc à bon droit, l’insurrection généralisée contre le gouvernement blanc ce qui lui vaudra d’être assassiné le 10 octobre 1993 par Janusz Salis, à l’instigation d’un député du parti conservateur blanc, Cline Derby Lewis.Steve Biko ensuite, qui avait porté sur les fonts baptismaux le Mouvement Conscience Noire qui préconisait une émancipation des noirs par eux-mêmes.

Ledit mouvement s’ opposait donc au fait qu’une « minorité de colons impose un système entier de valeurs aux peuples indigènes » et préconisait « la libération psychologique avant celle physique », une philosophie qu’il avait héritée des penseurs Williams Du Bois, Marcus Garvey et plus près de nous Franz Fanon le «docteur haïtien» de la révolution algérienne.

Malgré sa stratégie non violente (plus par réalisme que par conviction au vu de la réalité du terrain) son mouvement est persécuté, et, lui-même finira par être arrêté avant de mourir en détention le 12 septembre 1977 dans des conditions troubles. Comble du cynisme, le ministre de la Justice d’alors, le boer Jimmy Kruger dira sans sourciller que sa mort le laissait «froid» (sic).

Et, comble de malheur, ce sont ses propres frères qui l’assassineront une seconde fois en 2003, avec une décision de justice qui «éteignait» les poursuites contre les policiers poursuivis dans ce crime odieux, «pour manque de preuves».

Un disciple de Mugabe

C’est que cette justice sud-africaine, tout comme de nombreux autres secteurs notamment celui de la finance, de l’agriculture et des mines est jusque-là aux mains des Blancs, plus de vingt ans après la fin de l’apartheid. Le fait le plus illustratif étant que cette communauté et « assimilées » (indiens notamment) détient 80% des bonnes terres alors qu’elle ne représente que 20% de la population.

Affaibli et «attendri» par 27 années de prison et «saoulé» d’honneurs et de prévenance par la communauté internationale à sa sortie de prison (on se rappelle son accueil princier à Londres par la Reine Elizabeth II) Nelson Mandela n’a pas su ou pu s’attaquer à cette inégalité emblématique alors qu’il avait le magistère et la légitimité pour le faire.

Une position qui avait déjà à l’époque divisée l’ANC entre durs et modérés, les premiers étant incarnés par Thabo Mbeki et les seconds par Jacob Zuma qui se posait ainsi en héritier de l’Amazoulou Chaka, le brasseur de peuples du XIXe siècle. On comprend du reste rétrospectivement pourquoi le règne de Zuma a été émaillé de scandales de corruption et de faits divers sur lesquels la décence nous interdit de revenir sauf pour dire que l’Occident est prête à s’asseoir sur ses propres principes chaque fois qu’il s’agit de «dégommer» un nègre récalcitrant.

Toute chose qui nous permet de «déboucher» sur un autre rebelle, Julius Malema, ancien poulain de Zuma entré en dissidence et qui se réclame entre autres de Thomas Sankara dont il n’a pas cependant la même retenue devant l’argent -roi.

Peu importe, le jeune «trublion» ancien président de la ligue de jeunesse de l’ANC dont il fut exclu pour indiscipline et propos incendiaires (il avait entre autres tirades, traité un journaliste blanc de cafre et de bâtard à la solde des exploiteurs du peuple) se veut un disciple de Mugabe dont il ne cesse de vanter la politique de réforme agraire et foncière tout en partageant son discours de «complot néocolonialiste».

Une politique agraire et foncière qu’il a qualifiée de «courageuse, correcte et réussie» et qu’il s’est promis de mettre en œuvre une fois qu’il accédera au pouvoir. Une hypothèse que nombre d’observateurs qualifiait de fiction et qui tend vers le réel au fil des différents scrutins.

Alors donc qu’il avait engrangé peu de voix en 2014, voilà son parti troisième force politique du pays à l’issue des élections du 8 mai avec 10,7% des suffrages.
Quand on sait que le parti démocratique du «nègre de service» Mmusi Maimane (c’est le parti des Blancs qui l’ont mis à sa tête pour rogner une partie de l’électorat noir) a peu de chances d’évoluer au-delà des 20% des voix, on peut affirmer sans risques que Malema constitue la plus grande menace pour l’ANC dans les années à venir.

En effet, l’impatience et la colère montent au sein de la population noire, face à un chômage de masse et aux inégalités sociales qui persistent. Conscient de cela, Cyril Ramaphosa a promis que le parti ferait sa révolution pour répondre aux aspirations des masses populaires, mais, la trop grande connexion de ses cadres avec les milieux bancaires et d’affaires incitent à la prudence.

Dans tous les cas, que ce soit l’ANC ou Malema, l’Afrique du Sud ne saurait faire trop longtemps encore l’économie de cette «révolution démocratique et populaire» qui doit suivre toute lutte d’émancipation. L’histoire des peuples nous l’enseigne, et, ce n’est pas pour rien que Malema se fait appeler Sankara. Vision et pragmatisme, la marque des grands hommes politiques et des fondateurs de Nations. Chaka le Conquérant doit se retourner de plaisir dans sa tombe.

Boubakar SY