Situation de la Nation: L’intégralité du discours du Premier ministre

Monsieur le Président,
Honorables Députés,
Mesdames et messieurs,


Le 18 février dernier, vous m’avez fait l’honneur de me recevoir à l’occasion de
l’exposé de ma Déclaration de Politique Générale à l’issue duquel vous m’avez
accordé votre confiance pour la conduite de l’action gouvernementale.

En ce jour 16 mai 2019, j’ai une nouvelle fois l’honneur et le privilège de me
présenter devant vous pour vous exposer la Situation de la Nation
conformément aux dispositions de l’article 109 de notre constitution.
Par cet exercice, je me fais le plaisir de rendre compte à votre auguste
Assemblée, de l’état de la nation afin que vous ayez connaissance des acquis
de l’action gouvernementale, mais aussi que vous preniez conscience des défis
à relever et des perspectives relatives à la mise en oeuvre des politiques
publiques.
L’action du gouvernement vise à réaliser le programme du Président du Faso,
Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, dont la vision est « Bâtir
avec le peuple, un Burkina Faso de démocratie, de progrès économique et
social, de liberté et de justice ». Ce programme a été décliné en Plan national
de développement économique et social (PNDES) dont l’opérationnalisation se
fait à travers les instruments de planification sectorielle et territoriale.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,
C’est dans un contexte national particulièrement difficile que l’action du
gouvernement a été conduite au cours de l’année 2018 par mon prédécesseur
Monsieur Paul Kaba THIEBA, dont je salue l’engagement patriotique. Ce fut,
nous l’avons tous vécu, une année où la sécurité des biens et des personnes a
été durement éprouvée. En effet, au cours de l’année 2018, notre pays a connu
de nombreuses attaques terroristes ayant occasionné plusieurs victimes. A ces
actes barbares que je condamne avec force, s’ajoutent des prises récurrentes
d’otages portant à la fois sur des personnalités nationales et étrangères.
Le terrorisme, au-delà des attaques aux symboles de l’Etat, a mis en oeuvre sa
stratégie de diviser pour mieux régner par le biais des conflits communautaires
à caractère ethnique et à travers des attaques ciblées contre des édifices et manifestations religieux. Nous avons bien perçu ce projet de déstabiliser le pays
en provoquant le chaos. Mais nous n’allons pas baisser les bras ni fermer les yeux
devant le déroulement d’un dessein aussi funeste.
Je voudrais, en ce moment solennel, saluer la mémoire de toutes les personnes
tombées, victimes du terrorisme et des affrontements communautaires. Dans le
même temps, je tiens à dire toute mon admiration et à encourager les agents
de l’administration déconcentrée et des collectivités territoriales qui sont restés
à leur poste de travail pour assurer la continuité du service public et la présence
de l’Etat dans les zones difficiles.

Honorables Députés,

L’année 2018 fut également jalonnée de nombreux remous sociaux qui ont
affecté l’efficacité de l’action publique. Les manifestations se sont souvent
inscrites dans la légalité ou ont pris des formes quelques fois plus pernicieuses.
Je comprends l’impatience des travailleurs, surtout du secteur public, parce
que dans l’histoire du Burkina Faso, l’Etat a eu à prendre des engagements qui
ont souffert dans leur mise en oeuvre, provoquant ainsi un climat de méfiance
et parfois de défiance vis-à-vis de l’autorité.
Dans ce contexte d’ébullition sociale qui s’est durcie, le gouvernement, sur
instructions du Président du Faso, fidèle à ses engagements, est resté constant
dans sa démarche de privilégier les concertations de même que les
négociations afin d’apurer le passif et d’envisager sereinement l’avenir.
En effet, dans son Discours à la Nation du 31 décembre 2017, le Président du
Faso avait annoncé que le gouvernement engagerait une réforme du système
de rémunérations, en concertation avec les partenaires sociaux et les autres
composantes de la Nation, pour donner naissance à une fonction publique
moderne, dynamique, tournée vers le développement et au service exclusif des
usagers du service public.
La volonté politique du Chef de l’Etat, guidé par les principes de justice et
d’équité, s’est matérialisée par la tenue, du 12 au 14 juin 2018, de la conférence
nationale sur le système de rémunérations des agents publics de l’Etat qui a
réuni les forces vives de la nation. A son issue, il a été mis en place des comités
chargés de la mise en oeuvre et du suivi des recommandations résultant des
travaux.

Les frappes terroristes ont changé nos priorités sans nous faire renoncer à nos objectifs


Je mesure l’ampleur des attentes des agents publics ainsi que de nos
compatriotes et je voudrais rassurer les uns et les autres que la quête du gouvernement, à travers ces démarches, est de préserver la paix sociale en
réparant les injustices, souvent graves, entre travailleurs ayant un même niveau
de qualification et, quelque fois, au sein d’un même corps.
Je réitère l’appel du Chef de l’Etat à une trêve sociale, lancé le 31 décembre
2018, en vue de créer un climat de sérénité favorable à la mise en oeuvre des
différentes réformes entreprises. Le gouvernement recherche l’amélioration du
bien-être de tous les Burkinabè sans exclusion aucune et ce n’est que justice
sociale que chaque acteur fasse des concessions dans l’intérêt national.
C’est pourquoi, j’invite solennellement toutes les composantes de notre société
à l’unité pour que tous ensemble, au-delà de nos divergences légitimes, nous
réalisions l’objectif commun de la prospérité du Burkina Faso, qui seul, peut
justifier tout engagement.

Monsieur le Président,
Honorables députés,

Malgré les adversités que je viens de citer, le gouvernement n’a pas failli à ses
missions essentielles qui sont celles de :
1) préserver l’intégrité du territoire et l’unité nationale et ;
2) assurer le progrès de notre pays sur le sentier de la consolidation des valeurs
fondamentales de liberté, de démocratie, de justice et des droits humains.
Le contexte difficile de l’année dernière n’a pas non plus entravé la réalisation
de l’objectif de création de richesses en vue d’améliorer les conditions de vie
des Burkinabè.
Prenant appui sur les acquis majeurs en matière de gouvernance, de
dynamisation de l’activité économique et d’accès aux services sociaux de
base par l’ensemble de la population, il m’a paru logique d’insister sur trois
points essentiels, à savoir :
1) réformer les institutions et moderniser l’administration ;
2) développer le capital humain et enfin ;
3) dynamiser les secteurs porteurs pour l’économie et les emplois.
Aussi, voudrais-je rappeler que mon intention n’est pas de présenter un bilan
détaillé de l’action gouvernementale, mais de relever les aspects les plus
saillants sur l’état de la nation. Les détails sont contenus dans le document
annexe qui vous a été transmis.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,


Réformer les institutions et moderniser l’Etat pour plus de sécurité, de justice, de
démocratie et de liberté a été la boussole de l’action gouvernementale au
cours de ces dernières années. La réforme en vue de moderniser, de s’adapter
à l’évolution du temps sont une obligation pour une nation soucieuse de
garantir à sa jeunesse un avenir radieux. A ce titre le gouvernement a poursuivi
quatre objectifs majeurs :
1) promouvoir la sécurité des biens et des personnes ;
2) améliorer la gouvernance politique et administrative ainsi que la gestion de
l’économie nationale ;
3) renforcer la décentralisation et enfin ;
4) dynamiser les économies locales dans la perspective de réduire les
disparités régionales de développement.
L’histoire n’a jamais été ce cours tranquille de l’évolution des sociétés ou des
nations. Elle est souvent faite de secousses, de turbulences, voire de drames qui
donnent à voir parfois un dérèglement inquiétant de l’ordre de la société. Elle
donne des enseignements et invite à la vigilance, aux efforts conjugués pour
forger le destin national. Le terrorisme, qui apparaissait il y a quelques années
comme une menace à nos frontières, est aujourd’hui une réalité brutale et
cruelle qui tisse sa toile dans tout le pays et dans d’autres espaces qui
éprouvaient, j’en suis convaincu, l’illusion de la sécurité. Les frappes terroristes
ont changé nos priorités sans nous faire renoncer à nos objectifs. Nous avons dû
renforcer les capacités opérationnelles et organisationnelles de nos forces
armées nationales et nos forces de sécurité intérieure. Nous avons dû intensifier
les opérations de sécurisation du territoire à l’issue desquelles, les forces armées,
grâce à leur capacité de résilience ont fort heureusement neutralisé des
groupes terroristes qui endeuillaient et endeuillent encore trop fréquemment
notre nation. Elles ont aussi interpelé de nombreux suspects, suite aux opérations
de ratissage de grande envergure effectuées dans les zones criminogènes.
C’est le lieu pour moi de rendre un vibrant hommage à toutes nos forces armées
nationales et à nos forces de sécurité intérieure pour le combat difficile qu’elles
mènent contre la barbarie.

Contrairement à une certaine opinion qui nous prend à partie dans cette lutte
inlassable contre le terrorisme, je voudrais rappeler que nos forces armées
nationales et nos forces de sécurité intérieure interviennent dans un cadre régi
par la loi. Et notre pays respecte et entend respecter toutes les conventions qu’il
a signées en matière de droits humains. C’est pourquoi, depuis l’éclatement du
phénomène de l’extrémisme violent en Afrique de l’Ouest, nous avons prouvé
notre hospitalité légendaire en accueillant des dizaines de milliers de réfugiés.
Notre pays abrite encore aujourd’hui plus de 25 000 réfugiés et enregistre près
de 5 000 demandeurs d’asile ainsi qu’environ 150 000 déplacés internes dus à
l’insécurité et aux conflits communautaires. Nous traitons les réfugiés et les
déplacés venus de l’extérieur selon les conventions internationales relatives aux
réfugiés et aux apatrides.
En ce qui concerne le cas particulier des déplacés internes, ils sont accueillis et
protégés dans les sites d’accueil du Sahel, du Centre-Nord, du Nord, de l’Est et
du Centre conformément aux conventions internationales relatives à la
protection et à l’assistance aux personnes déplacées internes.
En perspectives, le gouvernement poursuivra les efforts d’équipement des
unités de nos forces armées et des forces paramilitaires en moyens stratégiques
et spécifiques, assurera leur formation, accroîtra les effectifs, renforcera et
mutualisera enfin les systèmes d’information grâce au partenariat avec les pays
de la sous-région et avec les pays amis hors d’Afrique.
Le Burkina Faso, entend poursuivre ses efforts pour assurer son rayonnement sur
la scène internationale. Il s’agit de jouer son rôle en prenant une part active au
processus d’intégration régionale et sous-régionale et de nouer des relations
bénéfiques au développement de notre économie et à l’épanouissement de
notre peuple. C’est fort de cette vision que Son Excellence Monsieur le Président
du Faso a fait le choix de la Chine de Pékin afin de nouer un partenariat
gagnant-gagnant. L’axe Ouagadougou-Pékin est prometteur sur le plan de la
réalisation d’infrastructures nationales et sous régionales.
La lutte contre le terrorisme nous a permis d’apprécier la solidité de nos liens de
coopération avec la France et l’Union Européenne qui accompagnent notre
stratégie de réponse à l’extrémisme violent et participent au financement de
notre développement. La récente visite d’Etat de la chancelière allemande
Angela Merkel a donné lieu à un sommet du G5 Sahel et constitue un pas
important dans le renforcement de nos relations de coopération.
De même l’axe Ouagadougou-Washington se consolide avec l’éligibilité en
décembre 2016 du Burkina Faso pour un second Compact du Millennium
Challenge Corporation (MCC) et son éligibilité en décembre 2018 pour le Compact régional. Les études de faisabilité sont en voie d’achèvement, ce qui
atteste de la confiance que nous accordent nos partenaires américains.
Notre rayonnement diplomatique se mesure également par notre capacité à
attirer des financements au profit de notre économie. En 2018, nous avons signé
88 conventions pour un montant de 1 176 milliards de FCFA. Elle se mesure
également à l’aune de l’élection de Son Excellence Monsieur le Président du
Faso à la tête du G5 Sahel, soutenu par la communauté internationale, aux
nombreuses accréditations de chancelleries dans notre pays et aux visites
effectuées par le Président du Faso notamment en Europe, au Proche-Orient et
en Chine.


Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,


Au cours de l’année écoulée, le gouvernement a oeuvré à consolider la bonne
gouvernance politique et administrative, c’est-à-dire, à promouvoir la
démocratie, les droits humains et la justice, et à moderniser l’administration
publique.
Je me félicite du bon déroulement du procès du putsch du 16 septembre 2015,
débuté le 27 février 2018 et toujours en cours. Tout démocrate peut se réjouir du
stade atteint dans ce jugement car bien de personnes étaient sceptiques
quant à sa tenue et à la capacité du tribunal de conduire le dossier. Le temps
de la justice n’étant pas celui des hommes, encore moins celui des hommes
politiques, le gouvernement, respectueux du sacro-saint principe de la
séparation des pouvoirs, encourage fortement le pouvoir judiciaire à assumer
ses responsabilités afin que la justice demeure un instrument qui renforce l’unité
nationale et préserve la paix sociale.

Drame de Yirgou :  la justice suit son cours avec plus de 160 personnes auditionnées.


Bien plus que la tenue de ce procès, le gouvernement a également consolidé
la performance de la justice tant du point de vue de ses capacités techniques
et opérationnelles que de son accessibilité tant géographique que financière
à travers le fonds d’assistance judiciaire.
Par ailleurs, la spécialisation de la justice est en marche. En effet, après leur mise
en place en 2017, les pôles judiciaires spécialisés de lutte contre les infractions
économiques et financières ont jugé 12 affaires et enregistré 125 dossiers en
2018.
S’agissant du cas particulier du drame de Yirgou, les enquêtes ont évolué sur le
terrain, et le gouvernement reste attentif aux sollicitations des acteurs judiciaires chargés du traitement de ce dossier, en leur apportant les appuis logistiques et
financiers nécessaires.
A ce jour, la procédure suit son cours avec plus de 160 personnes auditionnées.
Par ailleurs l’enquête préliminaire relative à l’attaque terroriste ayant entrainé
la mort du chef du village et de ses compagnons a été bouclée.
Au plan législatif, l’adoption en mai 2018 du code pénal qui introduit des
avancées en matière de fonctionnement du système judiciaire, est un gage
d’amélioration des sanctions et de renforcement du respect des droits humains.
Des efforts importants ont été déployés afin de promouvoir les activités
pénitentiaires qui préparent les détenus à la réinsertion professionnelle et
sociale. Certaines maisons d’arrêt et de correction ont été normalisées, dans le
but d’améliorer les conditions de détention.
A côté de la justice, des progrès notables ont été enregistrés dans la mise en
place effective des démembrements de l’Observatoire national de prévention
et de gestion des conflits communautaires. L’opérationnalisation de cet outil
puissant de prévention et de promotion de la paix devrait permettre de prévenir
les conflits intercommunautaires tels que ceux qui ont défrayé la chronique
nationale.
La bonne gouvernance politique et administrative implique de moderniser
l’administration publique afin de la rendre efficace dans l’accomplissement des
missions régaliennes de l’Etat. Nous poursuivons à travers la modernisation de
l’administration les objectifs d’améliorer son fonctionnement, de renforcer son
efficacité et la qualité de la gestion publique et enfin d’améliorer ses
performances pour rompre avec les pratiques routinières et les lourdeurs, source
de lenteur dans le traitement des dossiers.
Dans le processus de la modernisation de l’administration publique, nous
accordons une importance capitale à la transition numérique qui offre des
possibilités infinies de traitement et de gestion des dossiers. C’est fort de cette
orientation que nous nous sommes engagés à promouvoir l’e-gouvernance et
à améliorer le processus de recrutement des agents de la fonction publique au
travers de la plateforme de l’e-concours. En effet, la plateforme du guichet
virtuel de l’administration publique a été lancée en 2018. Ce guichet permet
au citoyen d’accéder directement en ligne aux informations, procédures,
formulaires et services de l’administration publique. A ce jour, plus de 500
procédures administratives des Ministères et Institutions y figurent.
La gouvernance politique et administrative consiste aussi à travailler à lutter
contre les mauvaises pratiques, les déviances au regard de la déontologie et
de l’éthique.
La revue spéciale sur l’état de mise en oeuvre des recommandations de l’ASCELC,
organisée par le comité de suivi au sein du Premier Ministère a noté qu’une
cinquantaine de rapports d’audits et investigations menées en 2018 par l’ASCELC
ont été transmis officiellement à mon attention. En vue de renforcer les
actions de lutte contre la fraude et la corruption, toutes les recommandations
faites ont été adressées aux départements ministériels concernés. En particulier,
j’ai instruis le gouvernement de revisiter les procédures, de renforcer le contrôle
interne et de dynamiser les conseils de discipline, afin d’éradiquer les fléaux qui
minent le fonctionnement de notre administration.
Par ailleurs, le gouvernement travaille à améliorer les missions de l’ASCE/LC en
matière d’instructions des dossiers, pour lui permettre de jouer pleinement son
rôle d’officier de police judiciaire.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,
L’accès des citoyens à l’information est un droit inaliénable dans les
démocraties contemporaines. A ce sujet, Madame Audrey Azoulay, Directrice
Générale de l’UNESCO disait à juste titre, je cite : « Tout Etat de droit,
respectueux des libertés individuelles, notamment des libertés d’opinion, de
conscience et d’expression, repose sur une presse libre, indépendante, à l’abri
de toute censure et de toute coercition ». Cette assertion traduit l’intime
conviction du gouvernement de promouvoir une presse plurielle et
professionnelle dont la responsabilité s’accroit constamment. Les importants
progrès réalisés dans la promotion de la liberté de presse ont valu à notre pays
d’être classé, selon Reporter Sans Frontières, au 36ème rang mondial sur 180 pays,
au 4ème rang au niveau africain, en termes de liberté de la presse. Il occupe
selon ce classement la première place parmi les pays d’Afrique francophone.
Le gouvernement félicite l’ensemble des acteurs qui ont oeuvré à une telle
performance. Il entend garder le cap en travaillant à renforcer la contribution
des médias à la consolidation de l’Etat de droit et de l’unité nationale.
Pour ce faire, l’accessibilité des citoyens aux médias a été accrue grâce à
l’installation de 35 stations de diffusion de la Télévision Numérique de Terre (TNT)
dont 29 sont opérationnelles, au renforcement des plateaux techniques de la
Télévision Nationale et des Editions Sidwaya en divers matériels et outillages techniques et à l’octroi d’une subvention de 400 millions à 96 entreprises de
presses.
Par ailleurs, une ligne de crédit a été ouverte dans une banque de la place et
dotée d’un montant de 667 millions de FCFA pour financer les entreprises de
presse désireuses de réaliser des investissements. Le gouvernement reste ouvert
à toutes les discussions qui viseraient à poursuivre la relecture des différentes lois
dans le sens de les débarrasser de toutes les insuffisances qui pourraient
entraver l’activité des médias. En même temps, il oeuvrera à ce que
l’information diffusée soit juste et transparente de sorte à éviter que la
désinformation et la diffusion de fausses informations ne portent atteinte à
l’ordre public et à la dignité humaine.
Monsieur le Président,
Mesdames et messieurs les députés,
LA GOUVERNANCE ECONOMIQUE
Améliorer la gouvernance de notre économie a constitué la deuxième
composante majeure de notre politique de réforme des institutions et de
modernisation de l’administration.
Dans ce domaine, la reprise de l’activité économique que nous avons
observée depuis 2016 s’est renforcée en 2018. Le taux de croissance
économique est ressorti à 6,6% contre 6,3% en 2017 ; 5,9% en 2016 et 3,9% en
2015. Certes, la progression observée est faible, mais elle est révélatrice de notre
capacité de résilience qui nous permet de maintenir un environnement
macroéconomique assez stable caractérisé par une inflation bien maitrisée (2%
en fin 2018), un déficit budgétaire contrôlé (4,7% du PIB en 2018) et un taux
d’endettement faible (38,4% du PIB en 2018).
L’espoir d’un lendemain meilleur est permis puisque le taux d’investissement
public est passé de 8% en 2017 à 10% du PIB en 2018, mais nous avons besoin
de stabilité pour renforcer cette tendance.
Le gouvernement poursuivra avec fermeté les actions porteuses d’une
croissance suffisamment forte et soutenue pour favoriser le développement du
secteur privé et subséquemment la création d’emplois.
Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,
L’évolution globalement positive des principaux indicateurs
macroéconomiques de notre pays témoigne de la capacité du gouvernement
à piloter l’économie nationale et à assurer la rentabilité des investissements.
Nous disposons désormais à ce sujet de référentiels pour un pilotage plus
efficace de l’économie nationale. Il s’agit de la loi N°034-2018 du 27 juillet 2018
concernant le pilotage et la gestion du développement qui renforce la
cohérence du système national de planification, et permet aux politiques
publiques de générer plus intensément les impacts attendus. Il s’agit également
de la loi n°024-2018 du 28 mai 2018 portant orientation sur l’aménagement et le
développement durable du territoire au Burkina Faso qui procède du besoin
d’assurer à la fois la cohérence spatiale des investissements, l’exploitation
optimale de l’espace et l’harmonie dans le développement du territoire.
Il s’agit enfin de la Stratégie nationale de promotion des pôles de croissance
assortie d’un Plan d’actions qui sert de boussole à la mise en place des
différents pôles de croissance et de compétitivité.
Toujours en lien avec le développement harmonieux du territoire national, la
conception et le début de mise en oeuvre des instruments de réduction des
disparités régionales et de dynamisation des économies locales que sont le
Programme d’Urgence pour le Sahel au Burkina Faso (PUS-BF) et le Programme
d’appui au développement des économies locales (PADEL) constituent
également de véritables acquis.
A travers le Programme d’Urgence pour le Sahel au Burkina Faso, au total 154
projets d’investissement, d’un montant de 111 milliards de francs CFA dans les
domaines socioéconomiques, de la gouvernance et de la sécurité ont été
exécutés pour la plupart entièrement en 2018.
En application de la recommandation formulée par votre auguste Assemblée
siégeant en session extraordinaire le 12 septembre 2018 sur la situation
sécuritaire, le gouvernement s’attèle à étendre ce programme aux différentes
régions touchées par l’extrémisme violent.
Quant au Programme d’appui au développement des économies locales
(PADEL) dont l’objectif est de lutter contre la pauvreté, il a déjà permis dans la
région du Sahel d’investir un montant total d’environ 3 milliards de francs CFA
en faveur de 797 promoteurs d’unités de production informelles, de réaliser des
infrastructures socio-économiques et de financer 617 microentreprises promues
par les femmes et les jeunes.

Ce programme exécuté dans le Sahel, a été étendu en 2018 aux 06 régions
suivantes : l’Est, le Centre-Nord, le Centre-Est, la Boucle du Mouhoun, le Centre-
Sud et le Nord. Il sera déployé en 2019 dans les six autres régions restantes.
Monsieur le Président,
Mesdames et messieurs les députés,
Toutes ces actions en faveur de la réduction des disparités spatiales en termes
de progrès économique sont complétées par une forte volonté du
gouvernement à promouvoir la bonne gouvernance locale et à renforcer la
décentralisation. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre les efforts de
rénovation des cadres législatif et d’orientation de la décentralisation, à travers
la vision prospective de la décentralisation à l’horizon 2040 et la politique
nationale de la décentralisation assortie de sa stratégie décennale.
Ces nouveaux référentiels introduisent des innovations majeures qui permettront
au processus de décentralisation :
1) d’améliorer l’accès des collectivités territoriales aux financements du
partenariat public-privé, aux emprunts classiques et aux financements de la
diaspora ;
2) d’élargir l’assiette de la fiscalité locale et de la fiscalité partagée à de
nouveaux impôts et taxes de l’Etat ;
3) enfin de réformer la réglementation des marchés publics, spécifique aux
collectivités territoriales afin d’assurer une célérité dans la passation des
marchés publics en leur sein.
La volonté de créer un environnement favorable à l’éclosion d’un secteur privé
dynamique a amené le gouvernement à agir sur le levier de la législation pour
favoriser le financement de l’investissement à travers :
1) l’opérationnalisation du nouveau dispositif de suivi de l’amélioration du
climat des affaires afin d’améliorer le rang du Burkina Faso dans le
classement Doing Business ;
2) la Création de l’Agence Burkinabè des Investissements (ABI) en mai 2018 en
remplacement de l’Agence pour la Promotion des Investissements du
Burkina Faso (API-BF) dans le but d’instituer un cadre organisationnel
adapté, à même d’attirer le maximum d’investissements directs nationaux
et étrangers au Burkina Faso ;

3) l’adoption, le 30 octobre 2018, du nouveau code des investissements pour
permettre, d’une part, au secteur privé de jouer pleinement son rôle de
moteur de la croissance économique et, d’autre part, d’accroître le niveau
des investissements dans les secteurs porteurs et innovants.
Monsieur le Président,
Mesdames et messieurs les députés,
Le développement du capital humain comme le prévoit le PNDES est le moyen
pour le gouvernement de développer les secteurs sociaux de l’éducation et de
la santé pour en faire à long terme des facteurs de croissance du PIB. En effet,
une population en bonne santé et bien formée dispose d’un potentiel
d’individus plus productifs, capables de s’adapter aux innovations
technologiques et aux mutations dans le temps. C’est pourquoi la politique du
gouvernement visant à mettre en oeuvre le PNDES insiste sur le développement
harmonieux de notre système de santé.
Dans ce domaine et en vue de l’accélération de la transition démographique,
le gouvernement a :
1) poursuivi la construction des infrastructures sanitaires sur toute l’étendue du
territoire national ;
2) amélioré les offres de prestations des structures de santé à travers le
renforcement des plateaux techniques. Il en a été ainsi avec l’acquisition
d’unités de dialyse pour les Centres Hospitaliers Universitaires (CHU) Sourô
Sanou et de Tengandogo ;
3) normalisé 270 formations sanitaires en Centre de Santé et de Promotion
Sociale (CSPS) sur un total de 304 soit 88,8% et ;
4) transformé 30 CSPS de chefs-lieux de communes rurales en centres
médicaux.
De même, le gouvernement s’active pour achever très prochainement des
chantiers en cours. Ils concernent la transformation de 32 autres CSPS en centres
médicaux, l’ouverture de l’Institut spécialisé de médecine traditionnelle et des
soins intégrés de Ouagadougou réalisé à 98%, et enfin l’achèvement du projet
de construction du centre de cancérologie de Ouagadougou exécuté à
hauteur de 57% et dont le volet radiothérapie devrait être fonctionnel dans 14
mois.

L’accès au service de santé a également été facilité grâce à une politique
vigoureuse de recrutement, de formation et de déploiement des personnels en
vue d’améliorer le ratio nombre d’habitants par médecin pour se rapprocher
des normes de l’OMS.
En termes de perspectives, il est envisagé pour l’année 2019 le démarrage de
la construction du nouveau CHU de Bobo-Dioulasso et de l’Unité de dialyse du
CHU de Ouahigouya.
Monsieur le Président,
Honorables députés,
L’état de santé de la population dépend également de son accès à l’eau
potable et à l’assainissement de son cadre de vie. Dans la poursuite de
l’objectif zéro corvée d’eau, le gouvernement a multiplié la mobilisation des
ressources en eau. Le volume d’eau de surface a été accru en 2018 pour
atteindre 6 143 millions de m3 grâce à la réalisation de 11 nouveaux barrages
et à la réhabilitation de 17 autres. Nous poursuivons le programme
d’hydraulique villageoise et d’adductions d’eau potable simplifiées (AEPS) sur
l’ensemble du territoire à travers la réalisation de forages.
Avec l’achèvement d’ouvrages importants de traitement d’eau et
d’adductions d’eau potable en milieu rural et urbain, nous avons de 2017 à
2018 accru la capacité de stockage d’eau de l’ONEA de 6 450 m3 et porté le
taux d’accès à l’eau potable au niveau national à 74% en 2018.
Pour ce qui est de l’assainissement du cadre de vie, le Gouvernement a
entrepris des efforts concernant le traitement des eaux usées et excréta en
faisant évoluer le taux d’assainissement de 18% en 2015 à environ 22% en 2018
avec l’objectif d’atteindre 34% en 2020.
Dans le domaine du logement, je me limite à mentionner deux actions majeures
engagées par le gouvernement, notamment :
1) la construction, en 2018, de 1 712 logements sociaux et économiques et la
mise en oeuvre du programme d’investissement au profit de la diaspora
dans le cadre du programme 40 000 logements ;
2) le démarrage des opérations d’aménagement et de viabilisation des
communes rurales.

Mais, je précise que le gouvernement poursuit ses efforts pour l’élaboration des
documents de planification et de gestion des villes, l’aménagement des villes,
notamment l’opération de lotissement de 80 chefs-lieux de communes rurales,
la conduite du programme 40 000 logements sociaux et économiques ainsi que
l’apurement du passif du foncier urbain conformément aux recommandations
du Parlement.
Monsieur le Président,
Mesdames et messieurs les députés,
En matière d’éducation et de formation, le gouvernement, conformément aux
orientations du PNDES, a poursuivi l’objectif d’accroître l’offre dans tous les
ordres d’enseignement tout en améliorant la qualité. Il a poursuivi cet objectif
en 2018 dans un contexte particulièrement difficile marqué par des remous
sociaux dans le monde de l’éducation, mais surtout par l’insécurité qui a
occasionné, dans les régions du pays les plus éprouvées par les attaques
terroristes, la fermeture de nombreux établissements scolaires et la destruction
de nombreuses infrastructures éducatives et de matériel pédagogique.
Pour faire face à cette situation, le gouvernement a pris des mesures pour
regrouper les élèves des classes d’examen des écoles fermées, afin de leur
dispenser des cours d’appui et d’organiser un examen spécial.
Dans le souci d’accroître l’offre éducative en diversifiant les domaines de
formation, le gouvernement a agi sur les deux paliers de la construction
d’établissements et de la formation du personnel enseignant. Il a surtout mis
l’accent sur le développement de l’enseignement technique et professionnel
par le lancement de la construction de 6 lycées scientifiques, de 2 lycées
techniques, de 5 lycées professionnels et de 5 Centres d’enseignement et de
formation technique et professionnelle (CEFTP). Il a recruté et placé en stage
200 étudiants destinées à l’enseignement technique et professionnel, dont 163
en Tunisie.
Dans le cadre de la réforme du système éducatif, le gouvernement a engagé
l’expérimentation de nouveaux curricula dans 06 régions.
Le renforcement de l’enseignement supérieur et de la recherche vise à le
placer au coeur de nos stratégies de développement. C’est un défi à relever.
Nous nous attelons d’abord à les développer, donc à améliorer leur accès et à
en accroître la qualité tant du point de vue pédagogique que dans les offres
de services sociaux. A cet effet, le Gouvernement a fait le choix d’allier la

création de Centres universitaires polytechniques (CUP) dans les régions et celle
de l’Université virtuelle qui nécessite la mise en place d’espaces numériques
ouverts. Le développement de la carte universitaire s’est accompagné
logiquement du recrutement de cent enseignants et de 89 attachés
temporaires d’enseignement et de recherche, la construction d’amphithéâtres
de 1 000 et de 1 500 places pour rendre fonctionnel le site de l’Université Ouaga
II.
La promotion de la recherche et de l’innovation n’a pas été en reste dans la
conduite de l’action gouvernementale. A ce niveau, les acquis les plus
importants en 2018 sont entre autres :
1) le renforcement des capacités du Fonds national de recherche scientifique
et de l’innovation qui a financé 60 projets de recherche ;
2) le recrutement de 37 chercheurs et ;
3) la conduite d’études préparatoire à la mise en place de projets structurants
du secteur de la recherche et de l’innovation tels que les technopôles en
TIC, en énergie renouvelable, et en technologie agroalimentaire.
Monsieur le Président,
Honorables députés,
L’un des objectifs majeurs de la politique gouvernementale est de lutter contre
le chômage et le sous-emploi en facilitant l’accès de tous à des emplois de
qualité et à la protection sociale, de réduire les inégalités sociales et de genre,
et de promouvoir la femme comme actrice dynamique du développement.
Dans ce cadre, et en vue de favoriser l’insertion socioprofessionnelle des jeunes
et des femmes, nous avons amplifié et diversifié la capacité de l’Etat à financer
les projets d’entrepreneuriat en lançant, dès 2017, le Programme
d’autonomisation économique des jeunes et des femmes (PAE/JF) et le
programme Burkina Start up. Ces instruments ont accordé des prêts à environ
20 000 microprojets portés par les jeunes et les femmes.
Dans le cadre de l’autonomisation économique de la femme et par
l’intermédiaire du Programme intégré d’autonomisation de la femme au
Burkina Faso (PIAF-BF), nous avons soutenu l’immatriculation de 875 entreprises
informelles de femmes, doté 500 associations de femmes de fonds de
roulement, de crédits d’investissement et de technologies. En outre, entre 2016
et 2018, près de 438 000 femmes ont bénéficié de crédits pour le financement
de leurs activités génératrices de revenus.

Afin d’assister les personnes en situation de vulnérabilité sociale, le
gouvernement a renforcé ses actions :
1) en mettant en place le Projet d’appui à la formation professionnelle, à
l’emploi et à l’entrepreneuriat des personnes handicapées doté de crédits
budgétaires d’un montant de 220 millions de FCFA en 2018 ;
2) en retirant de la rue 2 465 enfants pour les placer dans des familles d’accueil
ou dans des centres de formation professionnelle ;
3) en transférant directement des crédits de subsistance à près de 82 000
ménages vulnérables et ;
4) en apportant une prise en charge intégrée à environ 4 300 ménages
vulnérables.
L’organisation du forum national des personnes vivant avec un handicap, le 21
juin 2018, a été l’occasion pour le Président du Faso de s’engager à mettre en
place des structures publiques d’accueil et de prise en charge des enfants
déficients intellectuels et mentaux, à pérenniser ce forum et à renforcer la mise
en oeuvre de la politique sectorielle « Travail, emploi et protection sociale ».
Monsieur le Président,
Honorables députés,
Les quelques indices du progrès social que je viens d’exposer ont été possibles
grâce aux bonnes performances de l’activité économique observées au cours
de 2018. Ces avancées en termes de création de richesse ont été générées
dans les secteurs de production, mais également grâce aux efforts constants
que le gouvernement a fournis pour développer les secteurs de soutien à la
production. C’est pourquoi, le troisième pilier de mon intervention est centré sur
les réalisations que nous avons faites au niveau de ces secteurs.
Dans le sens de créer un climat favorable aux investissements privés, le
gouvernement a augmenté considérablement l’investissement public afin de
développer des infrastructures résilientes et de qualité pour impulser la
transformation structurelle de l’économie.
A ce titre, au niveau du secteur des infrastructures de transports, le
gouvernement a poursuivi au cours de l’année écoulée ses efforts de
développement du réseau routier et ferroviaire et de la sauvegarde de ce
patrimoine. Il a achevé la construction ou le renforcement d’environ 591 km de
route et de voirie urbaine et poursuivi l’exécution des chantiers de 664 autres
km de route et de voirie. Il a construit ou entretenu environ 1 829 km de pistes

rurales et achevé la réalisation d’ouvrages de franchissement importants tels
que le pont du Mouhoun sur la route nationale n°1.
Quant aux projets d’infrastructures routières en difficulté, le gouvernement a
déjà pris contact avec les partenaires d’exécution dans le but de trouver des
solutions idoines à leur bonne exécution. A titre illustratif, je citerai les projets de
bitumage des routes Kongoussi-Djibo (lot 2), Didyr-Toma-Tougan et Kantchari-
Diapaga-Tansarga-Frontière du Bénin.
Dans le domaine de l’infrastructure ferroviaire, les pourparlers sont très avancés
avec la République soeur du Ghana pour réaliser diligemment une
interconnexion ferroviaire entre les deux pays et offrir ainsi une alternative
supplémentaire d’accès au port de Tema par le rail.
Je voudrais enfin évoquer le projet de construction de l’aéroport de Donsin,
dont l’importance sur l’évolution future du transport aérien de notre pays n’est
plus à démontrer. Pour sa réalisation, le gouvernement a fait le choix stratégique
d’un Partenariat Public-Privé pour son financement.
Monsieur le Président,
Honorables députés,
Comme vous le savez, l’énergie est un intrant indispensable à la production des
biens et services et à l’amélioration des conditions de vie des populations.
Aussi, au cours de l’année 2018, dans le but d’accroître l’accès et
l’approvisionnement du pays en énergie et de faire évoluer le système vers les
énergies vertes et renouvelables, la couverture électrique du pays a été
améliorée de façon significative avec l’électrification de 287 nouvelles localités
rurales. Le gouvernement a construit et mis en service des mini-centrales solaires
photovoltaïques pour alimenter 14 Centres médicaux avec antenne
chirurgicale.
Pour la promotion de l’efficacité énergétique le gouvernement a remplacé des
lampadaires énergivores par des lampes LED, pour l’éclairage public dans les
grandes villes et pour l’éclairage des centres de santé, des écoles et centres
d’alphabétisation en milieu rural. Nous avons également initié l’opération
« backups solaires » au profit de 6 000 ménages abonnés du réseau de la
SONABEL. Cette opération vise à libérer l’offre d’énergie électrique pour la
grande industrie et à augmenter le taux d’accès des populations rurales à
l’électricité.

En matière d’approvisionnement du pays en énergie électrique, nous avons
accru l’offre de 50 MW grâce à l’achèvement des travaux d’interconnexion
électrique avec le Ghana sur l’axe Ouagadougou-Bolgatanga. Nous avons
aussi oeuvré au rehaussement et au maintien de l’importation auprès de la Côte
d’Ivoire d’un niveau moyen de 70 MW.
Au cours de cette année, il est attendu un accroissement de la production
électrique de 57,5 MW dès les achèvements de la centrale thermique de Fada-
Ngourma et de la centrale thermique commandée pour juguler le pic de
demande de la période de forte chaleur.
Nous poursuivrons également la construction de plusieurs centrales solaires
photovoltaïques, dont certains sont en cours de réalisation. Les transactions
sont conclues ou en cours de préparation pour d’autres.
Monsieur le Président,
Honorables députés,
En ce qui concerne les technologies de l’information et de la communication
(TIC), l’ambition du gouvernement est de garantir l’accès des citoyens, des
entreprises et de l’administration à des services de communication
électronique de qualité permettant de profiter pleinement du potentiel du
numérique.
Pour renforcer les infrastructures de communications électroniques, il a été
entrepris depuis 2016, la construction d’un réseau backbone national à travers
plusieurs projets. Ainsi, il ressort en 2018 qu’un réseau de 891 km au total a été
construit. Un tronçon de 307 km de ce réseau connecté aux câbles sous-marins
via le Ghana a été rendu opérationnel depuis juillet 2018.
Par ailleurs, l’adoption de la licence technologiquement neutre en 2018 a
favorisé le déploiement de la 4G par nos opérateurs de téléphonie pour
améliorer l’accès et la qualité de l’Internet.
En vue de développer le tout numérique dans notre administration, l’extension
du Réseau national informatique de l’administration (RESINA) a permis de
couvrir 57 localités avec environ 1 500 sites de l’administration publique
interconnectés.
Des actions fortes telles que la mise en oeuvre du Projet Régional des
Infrastructures de Communication en Afrique de l’Ouest (PRICAO-BF) et la mise
en place d’un point d’atterrissement virtuel à Bobo-Dioulasso pour augmenter

la bande passante internationale et désenclaver l’ouest de notre pays, etc.,
sont envisagées pour favoriser la transition numérique au Burkina Faso.
Monsieur le Président,
Mesdames et messieurs, les députés,
C’est l’ensemble de ces efforts en matière de création de conditions favorables
à l’activité économique qui a permis d’enregistrer des acquis importants au
niveau de tous les secteurs de production.
En matière de production agro-sylvo-pastorale, les efforts du gouvernement ont
porté sur le développement des aménagements hydroagricoles et la
promotion d’une agriculture plus résiliente aux aléas climatiques pour accroître
la production agricole.
Dans cette optique, nous avons aménagé plus de 19 000 ha de bas-fonds, de
périmètres irrigués et de périmètres maraichers sur 35 000 attendus et réhabilités
environ 6 200 ha de bas-fonds et périmètres.
Nous poursuivons également notre politique d’accompagnement des
producteurs en pourvoyant à prix subventionnés, leurs exploitations avec des
semences améliorées, des engrais et autres intrants, des équipements de
traction animale et des animaux de traits.
La production animale et sa valorisation ont tout autant besoin d’un
accompagnement du Gouvernement. Nous avons achevé la réalisation de
l’abattoir moderne de Pouytenga et construit celui de Kaya à hauteur de 90%
et avons à ce jour lancé le projet de développement du Bassin laitier de
Ouagadougou. Le gouvernement a également amélioré la santé animale en
renforçant les interventions de prévention et de riposte contre les maladies
animales prioritaires.
A propos de la production halieutique, je suis heureux de vous informer que
l’objectif de produire chaque année au moins 25 000 tonnes de poisson est déjà
atteint. Et cela a été possible grâce à la mise à disposition d’alevins et
d’aliments pour poisson à prix subventionné, à la construction d’étangs et à
l’empoissonnement de plans d’eau.
L’accompagnement du gouvernement se mesure surtout au degré de
mécanisation des productions agricoles. Nous nous sommes engagés à mettre
en place la Centrale d’achat des intrants et du matériel agricole. Nous devons

en plus réussir la mise en oeuvre du projet de construction de l’Unité de montage
des tracteurs et motoculteurs.
De même, nous devons réaliser les projets structurants du développement des
productions animales et halieutiques ci-après :
1) la Centrale d’achat de médicaments vétérinaires ;
2) la mise en place du Bassin laitier de Bobo-Dioulasso ;
3) l’Unité de production de vaccins pour animaux ;
4) la réhabilitation des abattoirs modernes de Ouagadougou et Bobo-
Dioulasso ;
5) la construction des abattoirs modernes de Fada N’Gourma, Banfora et
Ouahigouya.
Monsieur le Président,
Honorables députés,
L’industrie a été l’un des secteurs les plus dynamiques au cours de l’année 2018.
En effet, l’accélération de la croissance économique résulte du dynamisme de
l’activité industrielle dont la valeur ajoutée a augmenté de 5,7%.
En la matière, le gouvernement a engagé des réformes et des actions
opérationnelles visant la transformation sur place de nos produits. Ainsi, nous
sommes bien avancés dans l’exécution de certains projets qui nous permettront
de transformer sur place une part importante de notre coton. En effet, les projets
tels que l’unité de transformation intégrée du coton de Koudougou, le parc
industriel textile à Bobo-Dioulasso sont au stade de mémorandum d’entente
entre l’Etat et les partenaires privés intéressés. Celui de la reprise et de la
réouverture de l’ex-usine FASO FANI à Koudougou est au stade de préparation
du chantier de reconstruction. Au total, des progrès tangibles sont enregistrés
dans :
1) la mise en place de l’usine d’égrainage de coton biologique de
Koudougou, exécuté à hauteur de 50% ;
2) l’implantation de complexes industriels de transformation de coton au
Burkina Faso dans les localités de Ouagadougou, Koudougou et Bobo-
Dioulasso.

Par ailleurs, pour relancer les unités de production en difficulté, le
gouvernement a créé un Fonds de restructuration des entreprises en vue de
soutenir le Programme de restructuration des entreprises en difficulté. Dans ce
cadre, 11,2 milliards de francs CFA ont été cumulativement engagés pour
soutenir les entreprises au titre desquels, 20 plans de restructuration ont été
financés.
Aussi, les efforts en termes d’aménagement des zones industrielles ont été
poursuivis en 2018. Je voudrais mentionner ici la mise en oeuvre du projet
d’aménagement (phase II) de la zone industrielle de Bobo-Dioulasso dont la
moyenne du niveau d’avancement est supérieure à 50%.
Dans le domaine de l’industrie extractive les résultats enregistrés sont
remarquables. A titre illustratif, la production de l’or a atteint 51,63 tonnes en
2018 contre 46,39 tonnes en 2017 ; soit une hausse de 11,3%. Cette
augmentation de la production de l’or s’est traduite par la hausse de sa
contribution au budget de l’Etat de 226 milliards de FCFA en 2017 à 266,4
milliards FCFA en 2018.
La part de ce sous-secteur dans le PIB a évolué de 7,9% en 2015 à 11,4% en 2017
puis à 10,6% en 2018 dépassant ainsi l’objectif de 10,2% visé en 2020 dans le
PNDES. Les flux d’investissements directs dans le secteur ont atteint 1 462 milliards
de FCFA en 2018 contre 1 388 milliards de FCFA en 2016.
Ces performances traduisent les acquis engrangés en termes d’amélioration du
dispositif institutionnel et organisationnel qui résultent de la mise en oeuvre des
recommandations de l’enquête que le Parlement a menée sur le secteur, dont
77% ont été, à ce jour, déjà traduites en actions. En particulier, les capacités
opérationnelles de la Brigade nationale anti-fraude de l’or et de l’Agence
nationale d’encadrement des exploitations minières artisanales et semimécanisées
(ANEEMAS) ont été renforcées. Ces structures ont assuré en 2018
de nombreuses missions de contrôle pour l’une et de sensibilisation pour l’autre.
L’ANEEMAS a même ouvert, en 2018, son premier bureau d’encadrement à
Gaoua. L’année 2018 a vu enfin l’opérationnalisation du Fonds minier de
développement local, suite à la finalisation des textes le réglementant et à son
alimentation par l’Etat et par certaines sociétés minières.
Monsieur le Président,
Honorables députés,

L’artisanat constitue un chaînon important de notre économie. Dans ce
domaine, le gouvernement a renforcé la promotion et l’accompagnement des
artisans au moyen d’actions dont les plus importantes sont :
1) l’organisation de l’édition 2018 du SIAO qui a connu un grand succès ;
2) le lancement de l’initiative de renforcement des capacités des tisseuses par
la mise à leur disposition de 1 000 métiers à tisser ;
3) les appuis à la formalisation des artisans ;
4) le financement, à des conditions souples, de 106 artisans pour un montant
de 511 millions et ;
5) l’engagement des travaux de construction de la deuxième phase du Village
Artisanal de Bobo-Dioulasso (VAB).
Monsieur le Président,
Honorables députés,
L’accroissement de production dans l’agriculture, l’élevage et le secteur des
industries de transformation ne saurait être durable sans un développement
conséquent des différentes branches du secteur de services. C’est pourquoi,
dans le cadre de la promotion du commerce et l’expansion des industries de
services, le gouvernement a engagé des réformes et poursuivi la mise en oeuvre
d’importants investissements.
Pour le commerce, le gouvernement a opérationnalisé le Fonds d’appui aux
exportations, renforcé son assistance aux acteurs pour la participation aux foires
et salons internationaux. Sur le marché domestique, il a renforcé le contrôle des
activités de commerce avec l’opérationnalisation de la Brigade Mobile de
Contrôle (BMC) dont l’action dans le secteur particulier des huileries a permis
d’identifier et de fermer 44 unités clandestines.
Dans le domaine des transports et de la mobilité urbaine, nous avons progressé,
notamment sur les chantiers de la modernisation des titres de transports, du
rajeunissement du parc automobile et de la relance d’Air Burkina.
Au chapitre de la sécurisation des titres de transports, nous avons pu délivrer en
2018, 42 700 permis de conduire modernes et prévoyons de porter la capacité
de production de 120 000 à 160 000 en 2019. De même, la production des
cartes grises et plaques d’immatriculation sécurisées a débuté au mois d’avril,
avec une capacité de production de 537 000 cartes grises par an.
Dans le cadre du projet de rajeunissement du parc automobile des Poids lourds,
556 véhicules neufs ont été importés à la date du 31 décembre 2018, tandis que
dans le cadre de la dynamisation de la compagnie Air Burkina, le
gouvernement a soutenu cette compagnie à accroître sa flotte par
l’acquisition de 3 avions en 2018. L’objectif de la relance est de permettre à la
compagnie de reconquérir sa place dans le ciel ouest-africain et d’ouvrir des
perspectives vers l’Afrique centrale en 2019. La concrétisation de son Plan de
reconquête vise à l’atteinte de l’équilibre financier d’ici à 2020, pour ensuite la
positionner sur une trajectoire de croissance pérenne.
Monsieur le Président,
Honorables députés,
Il n’est point besoin de rappeler le leadership de notre pays en matière de
culture ainsi que sa vocation à devenir une destination touristique majeure dans
la sous-région. Pour accompagner cette dynamique, le gouvernement a agi
dans le sens de développer la culture, les arts et le tourisme en améliorant
l’organisation des acteurs et en soutenant les industries culturelles et touristiques.
Aussi, pour le développement culturel et artistique, le gouvernement a-t-il
poursuivi et renforcé ses actions de promotion en organisant l’édition 2018 de
la Semaine nationale de la culture (SNC) du 24 au 31 Mars 2018 à Bobo-
Dioulasso sous le thème « Sauvegarde des valeurs culturelles enjeux et défis ».
Cette SNC a enregistré près de 600 000 visiteurs. Il a aussi apporté un appui
financier et technique à 47 projets d’opérateurs culturels pour un montant de
357 millions FCFA et une subvention à 9 projets de production
cinématographiques à hauteur de 01 milliard de FCFA.
Pour relancer du tourisme interne et promouvoir la destination Burkina Faso, le
gouvernement a apporté son appui financier et technique à la mise en oeuvre
de 17 projets d’opérateurs touristiques pour un montant d’environ 472 millions
FCFA.
Je me dois ici de vous rappeler que le sport et les loisirs jouent un rôle central
dans le rayonnement international de notre pays.
Les actions engagées par le gouvernement pour accompagner la formation
de nos sportifs, renforcer les capacités des fédérations et développer les
infrastructures sportives, ont contribué à faire briller notre pays dans les
compétitions interafricaines et internationales.

Je citerai ici quelques-unes des performances enregistrées : en cyclisme,
l’équipe nationale a remporté les tours du Togo, du Benin, du Mali et de la
Guinée. En karaté-do, le Burkina Faso a remporté le tournoi de la zone 3 avec
un total de 29 médailles, dont 12 en or. Je voudrais faire une mention spéciale
à Monsieur Cheick Ahmed Al-Hassan SANOU dit Iron Biby, champion du monde
du Logt lift.
J’adresse mes vives félicitations à l’ensemble des sportifs et des fédérations pour
ces performances qui nous honorent tous et portent très haut le drapeau du
Burkina Faso.
Monsieur le Président,
Honorables députés,
Les progrès socio-économiques que je viens d’exposer ont été réalisés en
respectant les règles portant sur la préservation de l’environnement. Ce faisant,
le gouvernement a pris à bras-le-corps la problématique du changement
climatique et la dégradation de l’environnement à travers la promotion de
l’économie verte.
En matière de gestion durable des ressources forestières et fauniques, les
principaux acquis de l’action publique, se rapportent :
1) à la mise en terre de 4,2 millions de plants et à la récupération de 7 600
hectares de terres dégradées ;
2) à l’aménagement de 750 mille hectares de forêts ;
3) au financement, à travers le Fonds d’intervention pour l’environnement, de
197 microprojets d’aménagement forestiers et 32 Programmes de
développement intégrés communaux, etc.
Au niveau des centres urbains, les principales réalisations se résument à :
1) la finalisation de la construction de 05 centres de traitement et de
valorisation des déchets plastiques à Gaoua, Manga, Dédougou, Dori,
Tenkodogo et à l’équipement de 02 d’entre eux en matériels techniques ;
2) le suivi de 323 Plans de gestion environnemental et social (PGES) ;
3) l’appui aux communes urbaines pour l’aménagement de 20 hectares
d’espace vert et la réalisation de 114 kilomètres de plantations
d’alignements.

Le développement de l’économie verte et la mise en oeuvre des stratégies
d’adaptation et d’atténuation des effets du changement climatique ont
permis d’engranger les acquis et innovations majeurs suivants :
1) l’adoption de la stratégie nationale de création des éco-villages, le
démarrage des investissements dans les éco-villages pilotes et
l’identification de 271 autres villages à transformer et ;
2) la mise à la disposition de 300 organisations féminines évoluant dans les
filières de produits forestiers non ligneux, d’équipements et d’intrants pour un
montant de 1,5 milliards de FCFA.
Monsieur le Président,
Honorables députés,
Les acquis de la mise en oeuvre du PNDES que je viens de décliner devant votre
auguste Assemblée sont indéniables. Ils auraient été certainement meilleurs si le
contexte sécuritaire et l’agitation sur le front social n’avaient pas obérer ces
résultats somme toute satisfaisants.
Ces résultats ont été atteints grâce à l’engagement d’un peuple déterminé à
se battre contre l’adversité et à fédérer toutes ses énergies autour d’une vision,
celle de bâtir un Burkina Faso de progrès et de justice sous le leadership de Son
Excellence Monsieur le Président du Faso.
J’ai conscience que les défis à relever sont encore nombreux et les moyens
pour les relever limités. Toutefois l’espoir est permis et comme l’Espoir fait vivre,
c’est ensemble unis et réconciliés avec nous-même que nous construirons un
Burkina Faso nouveau.
Le dialogue politique initié par le Président du Faso et son Appel à la
Réconciliation nationale, répondent à cet impératif et à cette nécessité.
Monsieur le Président,
Au regard du bilan que je viens de vous présenter, le constat est établi qu’en
dépit de toutes les tentatives de déstabilisation auxquelles fait face notre pays,
le Burkina Faso reste débout.
Ce constat fortifie définitivement ma détermination et celle de mon
gouvernement à poursuivre le combat pour la prospérité économique et
sociale de notre peuple avec le concours et le soutien constant des pays amis
et des partenaires techniques et financiers que je salue et remercie.

J’appelle l’ensemble des burkinabè à redoubler de vigilance et d’ardeur au
travail pour vaincre toute adversité, car en 100 ans d’existence de notre patrie,
notre peuple a toujours fait preuve de courage et d’unité dans la sueur et le
sang.
Monsieur le Président,
Honorables Députés,
Je vous remercie pour votre attention soutenue qui m’honore et je me tiens à
votre disposition pour vos contributions éventuelles à l’amélioration de l’action
de mon gouvernement.
Merci

 

Assassinats à caractère communautaire : «Nous n’allons pas céder à la tentation», Simon Compaoré

Le président par intérim du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), Simon Compaoré, a livré le point de vue de son parti sur deux questions de l’actualité nationale, le mercredi 15 mai 2019 à Ouagadougou lors d’un entretien qu’il a accordé à Sidwaya. Il a également fait le point d’une mission qu’il a conduite aux Etats-Unis d’Amérique et en Europe.

Dans la lutte contre le terrorisme, le président par intérim du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), Simon Compaoré, s’est dit optimiste, avant de demander aux Burkinabè de cultiver l’audace, lors d’une interview accordée à Sidwaya, le mercredi 15 mai 2019. Pour lui, il ne s’agit pas d’avoir un optimisme béat, mais d’avoir une capacité de résilience et une volonté de vivre ensemble en dépit des clivages religieux et ethnique que les terroristes tentent d’imposer aux Burkinabè. «Nous allons résister parce qu’il y a une volonté commune qui anime les uns et les autres. Nous n’allons pas céder à la tentation du diable. C’est dur, mais il faut serrer les dents», a-t-il déclaré. M. Compaoré a affirmé que son parti s’associe à toutes les voix qui se sont élevées pour condamner la dernière trouvaille des terroristes. Il a assuré qu’on ne peut jamais traumatiser un peuple indéfiniment, convaincu que cette unité nationale qui se dessine est un signe de victoire.

L’ex-ministre de la Sécurité a trouvé le mouvement d’humeur à La Poste Burkina Faso inacceptable. Il a affirmé que son parti ne peut pas cautionner l’expulsion d’un directeur général de son bureau. «Nous sommes dans un Etat de droit avec ses règles et ses principes», a rappelé le responsable du parti au pouvoir. A son avis, lorsqu’il y a des problèmes, il existe des voies de recours. «Même si le DG de La Poste Burkina avait commis des malversations, les principes voudraient que l’autorité compétente soit avisée», a-t-il estimé. Simon Compaoré s’est toutefois réjoui qu’il y ait toujours des possibilités de dialogue. «La preuve, la question de statut du personnel a été réglée», a-t-il révélé. Le président par intérim du MPP a affirmé que dans ce cas de figure, il ne faut pas avoir des positions tranchées, parce que personne n’a intérêt à ce que La Poste Burkina disparaisse.
M. Compaoré a, par ailleurs, fait le point d’une mission qu’il a conduite aux USA et en Europe où, à l’entendre, la délégation a évoqué trois points de la situation nationale. Ainsi, a-t-il signifié, il s’est agi de donner des informations sur le volet sécuritaire et «corriger les fausses informations», rappeler les efforts que fournit l’Etat avec les acteurs de la société civile, les communautés religieuses et coutumières et les politiques pour plus de cohésion face au terrorisme. Ensuite, M. Compaoré a dit avoir exposé la situation économique du pays en lien avec le niveau de réalisation du Plan national de développement économique et social (PNDES) et du programme du président du Faso.

Il a confié qu’au cours de ce périple, il a également été de la fronde sociale marquée de nombreuses grèves et ayant des répercussions sur la réalisation du PNDES et les actions pour l’amélioration des conditions de vie des populations. Le président par intérim du MPP s’est réjoui du bilan global de cette mission qui a permis aussi d’aborder les défis futurs tels que le référendum, les élections présidentielle, législatives et municipales.

Tielmè Innocent KAMBIRE

Conseil des ministres du 15 mai 2019

Le Conseil des ministres s’est tenu à Ouagadougou,  le mercredi 15 mai 2019, en séance ordinaire, de 09 H 15 mn à 14 H 50 mn, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, Président du Faso, Président du Conseil des ministres. Il a délibéré sur les dossiers inscrits à son ordre du jour, entendu une communication orale, procédé à des nominations et autorisé des missions à l’étranger.

I. DELIBERATIONS

I.1. AU TITRE DE LA REFORME DES INSTITUTIONS ET DE LA MODERNISATION DE L’ADMINISTRATION, LE CONSEIL A ADOPTE SEPT (07) RAPPORTS.

I.1.1. Pour le compte du ministère de la Santé :
– un décret portant approbation des statuts particuliers de l’Agence nationale de gestion des soins de santé primaires (AGSP).
L’adoption de ce décret permet à l’AGSP de se conformer aux dispositions de la loi n°010-2013/AN du 30 avril 2013 portant règles de création des catégories d’établissements publics et du décret n°2014-615 / PRES / PM / MEF / MS du 24 juillet 2014 portant statut général des établissements publics de santé.

I.1.2. Pour le compte du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation :
– un décret portant modalités de notification de la demande et de délivrance de l’accusé de réception pour des activités de biotechnologie moderne.
L’adoption de ce décret permet à l’Agence nationale de biosécurité (ANB), d’assurer au mieux sa mission de régulation et de veille en matière de biosécurité à l’échelle nationale, à travers la mise en place d’un cadre juridique adéquat, conformément à l’article 33 de la loi n°064-2012/AN du 20 décembre 2012 portant régime de sécurité en matière de biotechnologie.

I.1.3. Pour le compte du ministère de la Fonction publique, du travail et de la protection sociale :
– un rapport annuel sur le fonctionnement des conseils de discipline des institutions et départements ministériels.
A la date du 31 mars 2019, trente-deux (32) institutions et départements ministériels sur une quarantaine ont transmis leurs rapports de fonctionnement de conseils de discipline pour l’année 2018.
Il ressort de ce rapport des difficultés de fonctionnement tels que l’insuffisance ou l’absence de crédits budgétaires alloués aux conseils de discipline pour la tenue de sessions, la mobilité et/ou l’indisponibilité des membres des conseils de discipline, le laxisme ou la complaisance de certains responsables vis-à-vis de leurs agents de sorte que le conseil n’en ait jamais été saisi, la non application des sanctions prises par certains conseils de discipline à l’encontre d’agents fautifs.
Le Conseil a instruit le ministre en charge du dossier de mener une réflexion pour une dynamisation des conseils de discipline. Un décret devra être présenté à cet effet.
– un décret portant modalités de gestion des personnels nommés et détachés auprès des ministères et institutions.
Ce décret vise la mise en place d’un instrument juridique permettant de prendre en charge la situation administrative et salariale des personnes nommées ou détachées auprès des ministères et institutions.
L’adoption de ce décret permet de disposer d’un texte régissant les conditions de séjour du personnel détaché auprès des ministères et institutions.

I.1.4. Pour le compte du ministère de la Jeunesse et de la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes :
– un décret portant approbation des statuts de l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE).
L’adoption de ce décret permet l’approbation des statuts de l’ANPE afin de  permettre à cette structure de remplir pleinement ses missions conformément au décret n°2014-613/PRES/PM/MEF du 24 juillet 2014 portant statut général des Etablissements publics de l’Etat à caractère administratif (EPA).

I.1.5. Pour le compte du ministère de l’Urbanisme et de l’habitat :
– un rapport relatif à quatre (04) décrets portant sur les actes de construire au Burkina Faso.
Il s’agit :
– du décret portant procédure d’obtention du permis de construire ;
– du décret portant procédure d’obtention du permis de démolir ;
– du décret portant procédure d’obtention du certificat de conformité ;
– du décret portant procédure d’obtention du certificat d’urbanisme.
L’adoption de ces décrets permet un meilleur encadrement des dispositions en matière d’urbanisme et de construction afin de réduire les coûts et les délais d’obtention des actes de construire ainsi que le nombre de procédures. Ces nouvelles dispositions répondent aux attentes des populations et visent à améliorer le climat des affaires au Burkina Faso.

I.1.6. Pour le compte du ministère de l’Environnement, de l’économie verte et du changement climatique :
– un rapport relatif à trois (03) décrets d’application de la loi n°063/2015/CNT du 15 septembre 2015 portant statut du personnel du cadre paramilitaire des Eaux et Forêts.
Il s’agit :
– du décret portant conditions et modalités d’organisation des stages de spécialisation et de perfectionnement du personnel du cadre paramilitaire des Eaux et Forêts ;
– du décret portant règlement de discipline générale et code de déontologie du cadre paramilitaire des Eaux et Forêts ;
– du décret portant composition, attributions et fonctionnement de la conférence annuelle des cadres de l’administration des eaux et forêts.
L’adoption de ces décrets permet une meilleure organisation du cadre paramilitaire des Eaux et Forêts, en application de la loi n°063/2015/CNT du 15 septembre 2015 portant statut du personnel du cadre paramilitaire des Eaux et Forêts.

II. COMMUNICATION ORALE

II. Le ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la cohésion sociale a présenté au Conseil le projet des tournées de sensibilisation des forces vives de la nation sur la cohésion sociale.
Le Conseil a apprécié cette initiative et a instruit la mise en place d’un comité interministériel pour une réussite de ces tournées qui visent à renforcer la culture de la tolérance entre les populations, l’esprit de solidarité intercommunautaire et à promouvoir les valeurs de patriotisme.

III. NOMINATIONS

III.1. NOMINATIONS DANS LES FONCTIONS INDIVIDUELLES
A. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ADMINISTRATION TERRITORIALE, DE LA DECENTRALISATION ET DE LA COHESION SOCIALE
– Monsieur Issaka SOURWEMA, Mle 25 482 B, Conseiller de presse et technique de l’information, est nommé Chargé de missions ;
– Madame Nandy SOME/DIALLO, Mle 59 720, Administrateur civil, est nommée Chargée de missions ;
– Monsieur Issoufou KONGO, Mle 59 761 M, Administrateur civil, est nommé Conseiller technique ;
– Madame Clarisse BAYALA/KAMBIRE, Mle 22 521 S, Administrateur civil, est nommée Inspecteur technique des services ;
– Monsieur Justin  Omer BALIMA, Mle 59 709 N, Administrateur civil, est nommé Inspecteur technique des services ;
– Monsieur Siaka OUATTARA, Mle 119 744 J, Maître assistant, est nommé Directeur de la cohésion sociale ;
– Madame Maimouna Pessanma Yiri OUEDRAOGO/TRAORE, Mle 111 303 A, Administrateur civil, est nommée Chef de département de la prospective et des reformes de la décentralisation au Secrétariat permanent de la Conférence nationale de la décentralisation (SP/CONAD) ;
– Madame Awa COMPAORE / ZOURE, Mle 108 470 L, Administrateur civil, est nommée Directrice des affaires générales à la Direction générale de l’administration du territoire ;
– Monsieur Wendpanga Télesphor MARE, Mle 212 291 K, Conseiller en aménagement du territoire, est nommé Directeur de la cartographie des entités administratives à la Direction générale de l’administration du territoire ;
– Madame Fatoumata Myriam des Toé SY/KABORE, Mle 229 297 V,
Administrateur civil, est nommée Directrice du suivi des centres d’Etat civil des juridictions et des statistiques à la Direction générale de la modernisation de l’Etat civil ;
– Madame Iness Pascaline TOE/YAMEOGO, Ingénieur en réseaux et systèmes informatiques, est nommée Directrice de l’identifiant unique et de la sécurisation des documents d’Etat civil à la Direction générale de la modernisation de l’Etat civil ;
– Monsieur Issa DEME, Mle 116 978 V, Administrateur civil, est nommé Directeur de la prévention et de gestion des conflits à la Direction générale de la promotion de la cohésion sociale ;
– Monsieur Yala DAHOUROU, Mle 25 669 G, Administrateur civil, est nommé Conseiller technique du Gouverneur du Centre.

B. AU TITRE DU MINISTERE DE LA SECURITE
– Madame Maîmouna OUATTARA / THIOMBIANO, Mle 23 537 C, Administrateur civil, 1ère classe, 12ème échelon, est nommée Secrétaire générale ;
– Monsieur Akim Adéwalé ADEGUEROU, Capitaine de gendarmerie, est nommé Chargé de missions ;
– Monsieur Bienvenu Claude Valéry BADO, Mle 130 317 X, Magistrat, 1er grade, 2ème échelon, est nommé Coordonnateur national de contrôle des forces de police, cumulativement avec ses fonctions de Conseiller technique ;
– Monsieur Amado OUEDRAOGO, Mle 24 489 M, Commissaire de police, catégorie I, 3ème grade, 4ème échelon, est nommé Contrôleur à la Coordination nationale de contrôle des forces de police ;
– Monsieur Yacouba SANON, Mle 22 843 J, Commissaire de police, 13ème grade, 3ème échelon, est nommé Contrôleur à la Coordination nationale de contrôle des forces de police ;
– Monsieur Ousmane ZONGO, Mle 24 409 A, Commissaire principal de police, catégorie I, 2ème classe, 1er échelon, est nommé Contrôleur à la Coordination nationale de contrôle des forces de police ;
– Monsieur Yembi Salif SOUDRE, Mle 24 372 H, Commissaire de police, catégorie I, 1ère classe, 5ème échelon, est nommé Contrôleur à la Coordination nationale de contrôle des forces de police ;
– Monsieur Aboubakar COMPAORE, Mle 57 721 W, Commissaire divisionnaire de police, catégorie I, 3ème classe, 3ème échelon, est nommé Contrôleur à la Coordination nationale de contrôle des forces de police ;
– Monsieur Vincent TAPSOBA, Mle 17 935 K, Commissaire divisionnaire de police,  catégorie I, 14ème grade, 3ème échelon, est nommé Contrôleur à la Coordination nationale de contrôle des forces de police ;
– Madame Pascaline COMPAORE, Mle 239 816 Z, Commissaire de police, catégorie I, 12ème grade, 3ème échelon, est nommé Contrôleur à la Coordination nationale de contrôle des forces de police ;
– Monsieur Ousseini OUEDRAOGO, Mle 112 031 P, Officier de police, catégorie II, 2ème grade, 2ème échelon, est nommé Contrôleur à la Coordination nationale de contrôle des forces de police.
C. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET DE L’INNOVATION
– Monsieur Emmanuel BOUDA, Mle 78 661 H, Conseiller en sciences et techniques de l’information et de la communication, 1ère classe, 8ème échelon, est nommé Directeur de la communication et de la presse ministérielle.

D. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENERGIE
– Monsieur Ismaël Somlawendé NACOULMA, Gestionnaire, est nommé Directeur général de l’Agence burkinabè de l’électrification rurale (ABER).

E. AU TITRE DU MINISTERE DE LA JEUNESSE ET DE LA PROMOTION DE L’ENTREPRENEURIAT DES JEUNES
– Monsieur Eric Roland Sidnoma YAMEOGO, Mle ANPE 233, Ingénieur en génie industriel, 1ère classe, 13ème échelon, est nommé Directeur général de la formation professionnelle ;
– Monsieur Alssani COULIBALY, Mle 212 369 C, Conseiller en emploi et en formation professionnelle, 1ère classe, 5ème échelon, est nommé cumulativement Directeur général de l’insertion professionnelle et de l’emploi et Responsable du « Programme Insertion professionnelle »;
– Monsieur Larba PILGA, Mle 211 773 C, Conseiller de jeunesse et d’éducation permanente, 1ère classe, 5ème échelon, est nommé Directeur général de la jeunesse et de l’éducation permanente ;
– Monsieur Boureima NABALOUM, Mle 117 336 K,  Conseiller de jeunesse et d’éducation permanente, 1ère classe, 8ème échelon, est nommé Directeur général du Groupement d’intérêt public Programme national de volontariat au Burkina Faso (GIP-PNVB).

F. AU TITRE DU MINISTERE DES DROITS HUMAINS ET DE LA PROMOTION CIVIQUE
– Monsieur Fadel Abdel Aziz SEREME, Conseiller en questions juridiques et en organisation d’entreprise, est nommé Directeur de cabinet ;
– Madame Hadjaratou ZONGO / SAWADOGO, Mle 212 336 G, Conseiller en droits humains, 1ère classe, 5ème échelon, est nommée Directrice générale de la promotion civique, cumulativement responsable du « Programme  Civisme et citoyenneté » ;
– Monsieur Bénéwendé Camille TAPSOBA, Mle 212 338 U, Conseiller en droits humains, 1ère classe, 5ème échelon, est nommé Directeur général de la promotion des droits humains ;
– Monsieur Yakouma Jean de Dieu BAMBARA, Mle 53 345 E, Conseiller en droits humains, 1ère classe, 5ème échelon, est nommé Directeur général de la défense des droits humains, cumulativement responsable du « Programme Droits humains » ;
– Madame Louise Anne GO, Sociologue, est nommée Secrétaire permanent de l’Observatoire national de prévention et de gestion des conflits communautaires (SP/ONAPREGECC) ;
– Madame Julie Francine YONLI/YAMEOGO, Mle 225 899 P, Conseiller en droits humains, 1ère classe, 3ème échelon, est nommée Secrétaire permanent du Comité interministériel des droits humains et du droit international humanitaire ;
– Monsieur Bertin NYAMBA, Mle 104 298 T, Administrateur des services financiers, 1ère classe, 7ème échelon, est nommé Directeur général des études et des statistiques sectorielles ;
– Monsieur Iliassa ROUAMBA, Mle 212 418 F, Conseiller en gestion des ressources humaines, 1ère classe, 5ème échelon, est nommé Directeur des ressources humaines ;
– Monsieur Roland KI, Journaliste, est nommé Directeur de la communication et de la presse ministérielle.

G. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENVIRONNEMENT, DE L’ECONOMIE VERTE ET DU CHANGEMENT CLIMATIQUE
– Monsieur Joachim OUEDRAOGO, Mle 25 831, Inspecteur des eaux et forêts, est nommé Chargé d’études ;
– Monsieur Passolognaba Ismaël ROUAMBA, Mle 42 863 J, Inspecteur des eaux et forêts, 1ère classe, 1er échelon, est nommé Directeur provincial de l’environnement, de l’économie verte et du changement  climatique de la Bougouriba.

H. AU TITRE DU MINISTERE DE LA CULTURE, DES ARTS ET DU TOURISME
– Madame Aline CARAMA / FARMA, Mle 78 268 N, Administrateur des services touristiques, 1ère classe, 6ème échelon, est nommée cumulativement Chargée de missions en remplacement de madame Rosalie BALIMA et Responsable du « Programme tourisme » ;
– Monsieur Rasmané KAMBA, Mle 27 819 T, Conseiller des affaires culturelles, 2ème classe, 10ème échelon, est nommé Conseiller technique ;
– Monsieur Valentin Hervé Sanyan KAMBIRE, Mle 35 146 T, Professeur certifié, 1ère classe, 15ème échelon, est nommé cumulativement Directeur général du livre et de la lecture publique et «  Responsable programme culture » ;
– Monsieur Baguibié BADO, Mle 117 271 S, Conservateur restaurateur de musée, 1ère classe, 2ème échelon, est nommé Directeur du Centre national d’artisanat d’art (CNAA) ;
– Monsieur Lambert ZOUNGRANA, Mle 36 557 K, Professeur certifié des lycées et collèges, 1ère classe, 9ème échelon, est nommé Chargé d’études ;
– Monsieur Mathias ZANTEA, Mle 48 101 G, Conseiller des affaires culturelles, 1ère classe, 4ème échelon, est nommé Chargé d’études en remplacement de Monsieur Eustache OUEDRAOGO ;
– Monsieur Sibidé Geoffroy LEMAN, Mle 238 117 N, 1ère classe,    4ème échelon, est nommé Chargé d’études en remplacement de Monsieur Brice Flavien OUEDRAOGO ;
– Monsieur Augustin KAHOUN, Mle 76 157 G, Assistant  des affaires culturelles, 1ère classe, 3ème échelon, est nommé Directeur provincial de la Culture, des arts et du tourisme du Tuy;
– Monsieur Marcel NIKIEMA, Mle 303 417 T, Technicien supérieur de musé, 1ère classe, 1er  échelon est nommé  Directeur provincial de la culture, des arts  et du tourisme du Yagha.

III.2. NOMINATIONS DANS LES CONSEILS D’ADMINISTRATION

A. MINISTERE DE LA SANTE
Le Conseil a adopté neuf (09) décrets.
Le premier décret nomme les personnes ci-après, Administrateurs au Conseil d’administration du Laboratoire national de santé publique (LNSP), pour un premier mandat de trois (03) ans.

Administrateurs représentant l’Etat
Au titre du ministère de la Santé :
– Monsieur Ferdinand TIENDREBEOGO, Mle 53 722 G, Administrateur des hôpitaux et des services de santé, en remplacement de Monsieur Mété BONKOUNGOU, admis à faire valoir ses droits à la retraite.

Au titre du ministère de la Fonction publique, du travail et de la protection sociale :
– Monsieur Idrissa OUEMA, Mle 216 175 H, Inspecteur du trésor, en remplacement de Madame Adèle N’PERE, appelée à d’autres fonctions.
Le deuxième décret nomme Monsieur Ferdinand TIENDREBEOGO, Mle 53 722 G, Administrateur des hôpitaux et des services de santé, Président du Conseil d’administration du Laboratoire national de santé publique, pour un premier mandat de trois (03) ans.
Le troisième décret nomme Madame Blandine THIEBA/BONANE,    Mle 35 859 T, Professeur titulaire hospitalo universitaire, Administrateur représentant l’Etat au titre du ministère de la Santé au Conseil d’administration de l’Ecole nationale de santé publique, pour un premier mandat de trois (03) ans.
Le quatrième décret nomme Madame Blandine THIEBA/BONANE, Mle 35 859 T, Professeur titulaire hospitalo universitaire, Présidente du Conseil d’administration de l’Ecole nationale de santé publique, pour un premier mandat de trois (03) ans.
Le cinquième décret nomme Madame Mariam NACANABO / KALANDJIBO, Mle 237 998 E, Conseiller en gestion des ressources humaines, Administrateur représentant l’Etat au titre du ministère de la Fonction publique, du travail et de la protection sociale au Conseil d’administration du Centre hospitalier universitaire Yalgado OUEDRAOGO, pour un premier mandat de trois (03) ans.
Le sixième décret nomme Monsieur Sidzabda Christian Bernard KOMPAORE, Mle 111 398 U, Médecin de santé publique, Administrateur représentant l’Etat au titre du ministère de la Santé au Conseil d’administration du Centre hospitalier régional de Dédougou, pour un premier mandat de trois (03) ans, en remplacement de Monsieur Robert KARAMA appelé à d’autres fonctions.
Le septième décret nomme Monsieur Sidzabda Christian Bernard KOMPAORE, Mle 111 398 U, Médecin de santé publique, Président du Conseil d’administration du Centre hospitalier régional de Dédougou, pour un premier mandat de trois (03) ans.
Le huitième décret nomme Monsieur Souleymane TARNAGDA,  Mle 233 956 F, Médecin spécialiste en ORL et chirurgie cervico-faciale, Administrateur représentant la Commission médicale d’établissement au Conseil d’administration du Centre hospitalier régional de Koudougou, en remplacement de Monsieur Moussa KAGONE appelé à d’autres fonctions.
Le neuvième décret nomme les personnes ci-après, Administrateurs au Conseil d’administration du Centre hospitalier régional de Kaya, pour un premier mandat de trois (03) ans.

Administrateur représentant l’Etat
Au titre du ministère de la Santé :
– Monsieur Arzouma OUEDRAOGO, Mle 46 932 T, Médecin, en remplacement de Monsieur Youwaoga Isidore MOYENGA, appelé à d’autres fonctions.

Administrateur représentant la Commission médicale d’établissement :
– Monsieur Aimé Désiré Pingdéwindé BILGO, Mle 104 193 N, Médecin pédiatre, en remplacement de Monsieur Arnaud TOE, appelé à d’autres fonctions.

B. MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET DE L’INNOVATION
Le Conseil a adopté six (06) décrets.
Le premier décret nomme les personnes ci-après, Administrateurs au Conseil d’administration de l’Agence nationale de biosécurité (ANB), pour un premier mandat de trois (03) ans.

Administrateurs représentant l’Etat
Au titre du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation :
– Madame Pauline BATIONO / KANDO, Mle 0028 019 X, Enseignant-chercheur.
Au titre du ministère de l’Agriculture et des aménagements hydro-agricoles :
– Monsieur Abdel Wahab SAWADOGO, Mle 33 783 G, Ingénieur d’agriculture.
Au titre du ministère de la Sécurité:
– Monsieur Missa MILLOGO, Mle 111 492 U, Commissaire principal de police.
Le deuxième décret renouvelle le mandat des personnes ci-après, Administrateurs au Conseil d’administration de l’Agence nationale de biosécurité (ANB) pour une dernière période de trois (03) ans.

Administrateurs représentant l’Etat
Au titre du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation :
– Monsieur Badiori OUATTARA, Mle 22 622 G, Maître de recherches en agro pédologie.
Au titre du ministère de l’Economie, des finances et du développement :
– Monsieur Vivien Casimir Larba BOURGOU, Mle 91 267 K, Inspecteur du trésor.
Au titre du ministère de l’Environnement, de l’économie verte et du changement climatique :
– Monsieur Moussa OUEDRAOGO, Mle 26 861 G, Inspecteur des eaux et forêts.
Au titre du ministère de la Santé :
– Monsieur Ferdinand TIENDREBEOGO, Mle 53 722 G, Administrateur des hôpitaux et des services de santé.
Au titre du ministère des Ressources animales et halieutiques :
– Madame Thérèse Roseline Sidpayété NANA, Mle 52 113 H, Docteur vétérinaire.
Au titre du ministère de la Justice :
– Madame Maïmouna DERME / TRAORE, Mle 130 183 Z, Magistrat.
Administrateur représentant l’Observatoire national de biosécurité :
– Monsieur Albert DJIGMA, Mle 77 24, Chargé de recherche, Représentant la chefferie coutumière.

Administrateur représentant le personnel scientifique de l’Agence nationale de biosécurité :
– Monsieur Massouroudini AKOUDJIN, Mle 258 251 S, Ingénieur de recherche.

Administrateur représentant le personnel :
– Madame Waïda KOROGO / NIKIEMA, Mle 246 681 X, Assistant des affaires culturelles.

Administrateur représentant les syndicats :
– Madame Mounyratou RABO, Mle 249 893 S, Ingénieur de recherche en biologie.
Le troisième décret nomme Monsieur Badiori OUATTARA, Mle 22 622 G, Maître de recherche en agro pédologie, Président du Conseil d’administration de l’Agence nationale de biosécurité (ANB), pour un dernier mandat de trois (03) ans.
Le quatrième décret nomme les personnes ci-après Administrateurs au Conseil d’administration de l’Université de Dédougou pour un premier mandat de trois (03) ans :
Au titre du ministère du Commerce, de l’industrie et de l’artisanat :
– Monsieur Laurent KINDA, Mle 212 305 N, Conseiller des affaires économiques.

Administrateur représentant les syndicats des enseignants de l’Université de Dédougou :
– Monsieur Nabèrè OUATTARA, Mle 257 237 D, Enseignant-chercheur.
Le cinquième décret nomme les personnes ci-après administrateurs au Conseil d’administration de l’Université de Fada N’Gourma pour un premier mandat de trois (03) ans :
Au titre du ministère du Commerce, de l’industrie et de l’artisanat :
– Madame Haoua SORGHO / SOKOUNDO, Mle 212 621 U, Conseiller des affaires économiques.
Au titre du ministère de l’Economie, des finances et du développement :
– Monsieur Adolphe OUOBA, Mle 30 666 N, Inspecteur du trésor.

Administrateur représentant la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso :
– Monsieur Sammuel OUOBA, Elu consulaire de la région de l’Est.
Le sixième décret nomme les personnes ci-après Administrateurs au Conseil d’administration de l’Université de Ouahigouya pour un premier mandat de trois (03) ans :
Au titre du ministère du Commerce, de l’industrie et de l’artisanat :
– Monsieur Hamado BAMOGO, Mle 212 296 N, Conseiller des affaires économiques.
Au titre du ministère de l’Economie, des finances et du développement :
– Madame Germaine KAFANDO, Mle 33 991 C, Administrateur des services financiers.

C. MINISTERE DU DEVELOPPEMENT DE L’ECONOMIE NUMERIQUE ET DES POSTES
Le Conseil a adopté un décret portant nomination de Monsieur Issaka TAO, Mle 19 99, Inspecteur des services postaux et financiers, Administrateur représentant le personnel au Conseil d’administration de la poste Burkina Faso, en remplacement de Monsieur Romanos BARO pour un premier mandat de trois (03) ans.

D. MINISTERE DES TRANSPORTS, DE LA MOBILITE URBAINE ET DE LA SECURITE ROUTIERE
Le Conseil a adopté un décret portant nomination des personnes ci-après, Administrateurs au Conseil d’administration de la Société Air Burkina, pour un premier mandat de trois (03) ans.

Administrateur représentant l’Etat et ses démembrements
Au titre du ministère des Transports, de la mobilité urbaine et de la sécurité routière :
– Monsieur Azakaria TRAORE, Mle 98 060 B, Ingénieur en études/exploitation de l’aviation civile ;
– Monsieur Thomas Hyacinthe COMPAORE, Docteur en sciences de gestion.
Au titre du ministère de l’Economie, des finances et du développement :
– Monsieur Zwadeyi Martial Wilfried Boa BASSOLE, Mle 54 631 B, Administrateur des services financiers.
Au titre du ministère du Commerce, de l’industrie et de l’artisanat :
– Monsieur Daouda OUEDRAOGO, Mle 32 71 P, Economiste-gestionnaire.

Au titre du Fonds burkinabè de développement économique et social (FBDES) :
– Monsieur Mamoudou GNADA, Cadre supérieur de banque.

Administrateur représentant le personnel de la Société Air Burkina :
– Monsieur Franck Eric SOW, Mle 00 238, Steward.

Le Ministre de la Communication et
des Relations avec le Parlement,
Porte-parole du gouvernement,

Rémis Fulgance DANDJINOU
Officier de l’ordre national

Championnat ouest-africain de motocross de Lomé : les jeunes Etalons avec leurs 8 trophées chez le ministre Azoupiou

Revenus de Lomé où ils ont remporté le championnat ouest africain de motocross, les Etalons motoclub ont été reçus, le mercredi 7 mai 2019, par le ministre des Sports et des Loisirs, Daouda Azoupiou.

Les Etalons motoclub du Burkina Faso ont regagné le bercail, les valises pleines de trophées, après leur participation au championnat ouest africain de motocross, le 21 avril 2019 à Lomé, au Togo. Ce sont au total huit médailles que les jeunes burkinabè ont ramené de leur périple togolais. Des lauriers qui ont fait du Burkina Faso le champion de cette compétition.

De retour au pays, ils ont été reçus par le ministre des Sports et des Loisirs Daouda Azoupiou. Faisant le point de la compétition, le directeur technique des Etalons motoclub Stéphane Balkouma a informé que chez les séniors, beaucoup dans cette catégorie ont pris d’autres directions après leur BAC. «Du coup, nous sommes un peu pauvres en pilotes dans cette catégorie. Nous nous sommes alors rabattus sur les plus jeunes, entre 10 et 12 ans qui roulent en 85 cm3. Ces jeunes ont fait forte impression à Lomé. Le Burkina a occupé les trois premières places.

A notre étonnement, on les a même alignés avec des adultes qui roulent sur des 125, 250, 350 cm3. Ce qui veut dire que les jeunes burkinabè ont un niveau supérieur aux autres enfants de la même catégorie de la sous-région», a-t-il relaté. M. Balkouma a apprécié positivement le comportement des jeunes à Lomé. Il a cité comme exemples Malick Kanazoé, «un extra-terrestre qui a un pilotage d’une fluidité incroyablement beau à voir», Zizou Traoré, «moins chanceux qui, malgré des chutes et des faux départs, a quand même pu monter sur le podium». Le capitaine de cette jeune équipe des Etalons motoclub Isidine Kanazoé a occupé la 2e place. Il a près de trois ans de pratique du motocross : «cela grâce à mon oncle Harouna Kanazoé, ancien pratiquant du motocross».

Il a avoué avoir tiré plein d’enseignements de cette compétition au Togo. Lui qui concourt avec des grands de souvent plus de 10 ans son âge a pour objectif de «bien représenter le Burkina à l’international», tout en poursuivant ses études (il est présentement en classe de 4e au lycée Saint Exupéry).

Le championnat ouest africain au Burkina, en juin prochain

Séduit par la jeunesse des lauréats de Lomé, le premier responsable des Sports burkinabè Daouda Azoupiou a évoqué son intérêt pour un tel sport «qui se pratique souvent avec de grands risques». Il a également salué la stratégie de l’association Etalons motocross (en attendant de s’ériger en fédération) qui forme très jeune ses adhérents, «une meilleure formule», selon M. Azoupiou. Il s’est félicité de l’engagement de ces enfants qui s’adonnent à un tel sport dès le bas âge. «Ce qui entre en droite ligne avec la politique de mon département», a laissé entendre le ministre des Sports et des Loisirs. Il y a un peu plus de deux décennies, le motocross burkinabè se faisait respecter dans la sous-région et même au de-là. A l’époque, au milieu des expatriés, il y avait un jeune Burkinabè nommé Stéphane Balkouma qui excellait.

Il était une star à l’époque. Ce sport qui a connu une période d’hibernation est en train de se réveiller de sa léthargie. Sous l’impulsion de l’association Etalons motoclub conduite par Hamidou Traoré, elle a procédé il y a trois ans, au renouvellement de ses instances et de ses circuits. Depuis lors, le constat est que le niveau de ce sport mécanique va crescendo. La preuve avec les résultats engrangés en Côte d’Ivoire en décembre dernier et tout récemment au Togo. Et tous sont unanimes à reconnaître que le motocross qui a vu le jour au Burkina depuis 1979 a un bel avenir. L’association dispose de toutes les catégories (minime, cadet, junior, senior). Et pour atteindre ses objectifs, elle a réussi à débaucher un coach, jusque-là concessionnaire au Togo, Michel Nanga.

Il est le premier Burkinabè à faire le rallye Paris-Dakar. L’association dispose également d’un terrain de compétition de 5 hectares à Saaba, en périphérie Est de la capitale. Un terrain qui répond aux normes internationales. C’est d’ailleurs sur cette aire de compétition que l’association s’apprête à accueillir en juin prochain, le championnat ouest africain. Cette compétition regroupera le Bénin, la Côte d’Ivoire, la France, le Ghana, le Mali, le Maroc, le Togo et le Burkina Faso.

 Yves OUEDRAOGO

Crise à La Poste Burkina Faso : le gouvernement invite les agents à reprendre le travail

L’hebdomadaire Conseil des ministres s’est tenu, le mercredi 15 mai 2019, à Kosyam sous la présidence du chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré. Le mouvement d’humeur à La Poste Burkina Faso et la cohésion sociale sont, entre autres, les sujets qui ont intéressé les ministres au cours de cette rencontre.

Le mouvement d’humeur ayant conduit à l’exfiltration du Directeur général (DG) de La Poste Burkina Faso n’est pas du goût du gouvernement. Le Conseil des ministres du mercredi 15 mai 2019, tenu sous la présidence du chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré, a condamné les actes posés par des travailleurs de ladite structure. Pour le ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement, Porte-parole du gouvernement, Rémis Fulgance Dandjinou, le gouvernement a rappelé un certain nombre de principes en ce qui concerne le fonctionnement des sociétés d’Etat. A cet effet, il a appelé l’ensemble des acteurs à la retenue et invité les travailleurs à reprendre le travail dans le cadre des discussions entamées par la ministre en charge des postes, Hadja Fatimata Ouattara. M. Dandjinou a, toutefois, indiqué que de tels actes ne seront plus tolérés à quelque niveau que ce soit.

Autre sujet sur la table du gouvernement: la cohésion sociale. La question a fait l’objet d’une communication orale du ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Cohésion sociale, Siméon Sawadogo. Celui-ci a présenté au conseil un programme de tournées de sensibilisation des forces vives de la nation à la problématique. Le gouvernement, de l’avis de son porte-voix, a favorablement apprécié le canevas et suggéré de mettre en place une structure interministérielle afin d’impliquer tous les acteurs concernés par la question. Outre les questions orales, le gouvernement a adopté une série de décrets. Au titre du ministère de la Santé, le conseil a adopté un décret portant approbation des statuts des agences nationales de gestions des soins de santé publique.

Dynamiser les conseils de discipline

A ce propos, le ministre Dandjinou a relevé un aspect important à son avis. «Au titre des mesures transitoires, le décret précise que le ministère de la Santé a la charge d’assurer la gestion administrative et salariale du personnel détaché dans l’agence et reversé dans le classement indiciaire de la Fonction publique hospitalière», a-t-il expliqué. Le conseil a également adopté un décret portant approbation des statuts de l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE) et quatre décrets pour le compte du ministère en charge de l’habitat. Ces textes concernent les actes de construire au Burkina Faso, la procédure d’obtention de permis de construire et de permis de démolir, de l’obtention du certificat de conformité et un décret portant procédure d’adoption du certificat d’urbanisme.

Au titre du ministère de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique, trois décrets d’application de la loi 063/2015/CNT du 15 septembre 2015 portant statut du personnel du cadre paramilitaire des eaux et forêts ont, en outre, été adoptés. Le conseil a, par ailleurs, adopté, au titre du ministère de la Fonction publique, le rapport annuel sur le fonctionnement des conseils de discipline des institutions et départements ministériels. Il ressort que sur la quarantaine de ministères et institutions, 32 ont mis en place leur conseil de discipline.

Et sur ce nombre, peu d’entre eux ont tenu une session en 2018. «Cela s’explique en partie par une insuffisance des moyens et l’absence de crédit alloué à la bonne tenue des conseils de discipline ou la complaisance de certains responsables vis-vis de leurs agents et à la non application des sanctions», a reconnu le porte-parole du gouvernement. Puis de préciser que l’exécutif a instruit le ministre en charge du dossier d’approfondir la réflexion pour l’adoption d’un décret en vue de dynamiser les conseils de discipline.

Abdoulaye BALBONE

Autopsie d’une nation en guerre

Nommé le 21 janvier dernier à la tête du gouvernement, le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, sera aujourd’hui 16 mai 2019, devant la Représentation nationale, pour son Discours sur la situation de la nation (DSN). Après s’être soumis à l’exercice républicain du 18 février, sa Déclaration de politique générale (DPG), le chef du gouvernement sacrifie à une autre tradition constitutionnelle. En effet, selon l’article 109 de la Constitution burkinabè, «Le Premier ministre expose directement aux députés la situation de la Nation lors de l’ouverture de la première session de l’Assemblée nationale. Cet exposé est suivi de débats et ne donne lieu à aucun vote».

L’exposé des grandes lignes de la politique générale de son gouvernement ayant été fait «30 jours après sa nomination», comme le stipule la loi fondamentale, Christophe Dabiré revient donc à la charge pour faire un diagnostic sans complaisance d’un Burkina, assailli de toutes parts par des «individus armés non identifiés». Le pays est en guerre contre un ennemi inconnu depuis maintenant trois ans et de toute évidence, la préoccupante situation sécuritaire, marquée par les attaques terroristes, sera le plat de résistance du premier discours du genre du chef du gouvernement.

Dans sa feuille de route dévoilée en février devant les députés, le Premier ministre signifiait clairement que la paix et la sécurité sont des conditions indispensables à la mise en œuvre d’un programme de développement. Il s’était donc engagé à apporter des réponses «vigoureuses et diligentes» à la sécurisation du territoire national. Si le front de l’Est, où les attaques étaient quasi-quotidiennes, semble visiblement connaître une accalmie avec l’opération «Otapuanu», ce n’est pas le cas dans la Boucle du Mouhoun, le Centre-Nord, le Nord et le Sahel. C’est en somme un tableau quelque peu assombri par les assassinats, enlèvements, affrontements communautaires, destructions d’édifices publics, privés et confessionnels, mettant en péril la paix et la sécurité des personnes et des biens dans plusieurs parties du pays, que le Premier ministre dépeindra à l’Hémicycle.

Convaincu comme Thomas Sankara, que «notre peuple uni et mobilisé constitue une force inébranlable, une puissance capable de prendre en main son propre destin», Christophe Dabiré devra appeler les Burkinabè au dialogue, à l’union sacrée dans un contexte national également caractérisé par une fronde sociale toujours en ébullition. Après la «baisse de la tension» au Ministère de l’Economie, des Finances et du Développement (MINEFID), de nombreux partenaires sociaux du gouvernement, notamment les greffiers, les avocats, les GSP, le personnel des ministères en charge de l’éducation et de la santé ont recommencé à donner de la voix. Tous exigent de l’équipe gouvernementale, qu’elle mette la main à la poche pour satisfaire leurs revendications. Alors que la situation sécuritaire fragile du pays ne facilite déjà pas la tâche aux gouvernants.

Symbole de la gravité de la situation nationale, le Premier ministre en était arrivé même à verser des larmes devant les parlementaires lors de sa DPG. Jusque-là, la mise en œuvre annoncée à compter de janvier 2019 des conclusions de la remise à plat de la rémunération des fonctionnaires, censée être la panacée aux revendications tous azimuts, n’est pas encore effective. Mais le gouvernement a rassuré que le processus, remis en cause depuis le récent accord avec les financiers, ira à son terme.
Sur le «front» politique, les prémices de dialogue engagé par le gouvernement avec les différents partis politiques, témoignent de sa prédisposition et sa conviction que la réconciliation nationale serait d’un apport inestimable à la stabilité, à la paix et au développement économique du pays.

Même si les débats qui suivront le DSN ne donneront pas droit à un vote, Christophe Dabiré devra trouver des réponses aux préoccupations liées, entre autres, à la date de début effectif du dialogue, au retour des exilés et à la main tendue de l’ancien président Blaise Compaoré pour résorber la question sécuritaire. Reste aussi la question de la justice, dont les Burkinabè ont soif avec, en premier plan, le procès du putsch qui piétine depuis peu, en raison du mouvement d’humeur des avocats qui dénonçent un des dysfonctionnements sans précédent du système judiciaire.
En un mot comme en mille, c’est l’autopsie d’une nation en guerre que le Premier ministre fera aujourd’hui. Et là-dessus, son diagnostic, tout comme ses propositions à remettre le pays sur les rails, sont fortement attendus du peuple burkinabè.

Jean-Marie TOE

Biodiversité végétale : des espèces “se meurent’’ au Sud-ouest

Au Burkina Faso, selon une étude du ministère en charge de l’environnement, des milliers d’hectares de forêts sont détruits chaque année. Dans la région du Sud-Ouest, zone riche en flore, la pérennité des espèces végétales est mise à rude épreuve par leur surexploitation, les aléas climatiques et l’orpaillage.

Le directeur régional en charge de l’environnement, Evrard Kibsi Ouédraogo : «La surexploitation compromet la pérennité des différentes espèces».

Située à 25 kilomètres de la ville de Batié, dans la province du Noumbiel, la forêt de Koulbi est bordée à l’Est et à l’Ouest, par les frontières du Ghana et de la Côte d’Ivoire. En cette mati-née du mercredi 27 mars 2019, elle affiche un calme plat, perturbé, par intermittence, par les cris des oiseaux et autres reptiles. Insécurité oblige, l’équipe de Sidwaya est escortée par deux forestiers. D’une superficie de 45 mille hectares (ha), la forêt de Koulbi est depuis quelques années, le refuge de nombreux malfaiteurs.
En dépit de sa végétation luxuriante, elle subit régulièrement des agressions anthropiques (recherche de sols fertiles, coupe du bois de chauffe, orpaillage, etc.). Ces activités frauduleuses martyrisent, lentement mais sûrement, cette biodiversité protégée. De nombreuses espèces sont, en effet, en voie de disparition.

Il s’agit du Faca (l’une des composantes du Zanthoxylum zanthoxyloides) ou ‘’Rapoko’’ en mooré, utilisé pour soigner la drépanocytose, du karité du ‘’génie’’ (Trichilia emetica), indiqué pour le traitement des hémorroïdes, et du ‘’Peelga’’ (Securidaca longepedunculata) en langue locale, efficace contre les morsures de serpents. La forêt de Bontioli n’est pas, non plus, à l’abri des actions illégales de l’Homme.
Le chef de site de la réserve totale de Bontioli, Antoine Tiemtoré, soutient que les besoins en bois des orpailleurs des zones environnantes sont “énormes”. La réserve partielle de faune est située à quelques encablures de celle de Bontioli. «Ces deux réserves, d’une superficie de 42 500 ha, sont riches de plus de 200 espèces végétales très diversifiées», précise-t-il.

Selon M. Tiemtoré, les animaux jouent un rôle important dans la régénération des espèces dans l’espace. Malheureusement, déplore-t-il, leur action est “gravement” entravée par les activités de braconnage. “Les producteurs de coton affectent également le développement des espèces végétales. Car, ils occupent anarchiquement de vastes étendues de terre”, relève-t-il. L’agent forestier souligne, par ailleurs, que le Faca, un puissant aphrodisiaque, que l’on retrouve encore dans le Sud-Ouest, n’existe plus dans les régions du Plateau central, du Nord et du Sahel. Il en est de même du caïlcédrat (Khaya senegalensis) et le Pterocarpus erinaceus (Noïga). Cette dernière espèce à l’entendre est “surexploitée” par les éleveurs et les tradipraticiens.

Le président de l’association régionale des tradipraticiens du Sud-Ouest, Sansan Kambou, révèle que les racines, les feuilles et les écorces du caïlcédrat sont très prisées pour leurs vertus thérapeutiques. Il regrette, cependant, que les techniques de coupe et de protection ne soient pas maîtrisées par la plupart des acteurs. De plus, ajoute-t-il, certaines personnes ne disposent pas d’un permis de récolte délivré par les services des Eaux et Forêts. “Notre association a conscience de cette menace qui pèse sur les espèces. C’est pourquoi, nous disposons en notre sein de deux jardins botaniques”, affirme-t-il.

Des espèces en voie de disparition

L’Inspecteur général des Eaux et forêts, Dr Lassina Sanou, par ailleurs chercheur, indique que le Code forestier protège environ 23 espèces, qui bénéficient d’un statut particulier de protection. A l’entendre, ‘’L’Atlas de biodiversité du Burkina Faso’’ du Pr Adjima Thiombiano (actuel président de l’université Ouaga II) présente environ une soixantaine d’espèces aux vertus diverses en voie de disparition. C’est dans l’optique de “prévenir que guérir”, que depuis 1999, le projet Pharmacopée va-lorisée (PHAVA), financé par la Coopération française, sensibilise les tradipraticiens aux bonnes pratiques de récoltes, de séchage, de culture et de préservation.

Le directeur régional de l’environnement du Sud-Ouest, Kibsi Evrard Ouédraogo, demeure optimiste. Pour lui, une prise de conscience des populations permettra de restaurer et de préserver les espèces “précieuses” en voie de disparition, notamment le Kangalga (Afzelia africana), classée vulnérable par l’Union internationale de conservation de la nature (UICN). Les agriculteurs Bertrand Somé de Diébougou et Sanwoulo Da de Batié, reconnaissent que la plupart des paysans détruisent des arbres ou utilisent des pesticides nocifs. Ils estiment, qu’avec un appui technique des agents des ministères en charge de l’environnement et de l’agriculture, ces comportements peuvent cesser. Le premier adjoint au maire de Kpueré, Dah Sié, dans la province du Noumbiel et ses administrés préfèrent prendre en main leur destin environnemental. A ses dires, des séances de reboisement sont annuellement organisées. En outre, des formations aux techniques de cueillette des fruits forestiers sont régulièrement initiées au profit des femmes de la commune.

Les feuilles des arbres et leurs écorces occupent une place de choix dans de nombreux rituels. De l’avis du chef de terre de Diébougou, Sié Félix Ouattara, si toutes les plantes venaient à disparaître des forêts, il y en aura toujours dans les bosquets sacrés. «Nous disposons de toutes sortes d’espèces végétales pour nos rituels. Certaines d’entre elles ne doivent pas être cueillies. Si jamais un fraudeur viole cette règle coutumière, il peut avoir de sérieux ennuis», avertit-il. Le directeur des forêts et de la reforestation, Mamadou Baïle, souligne que le Burkina Faso est un pays sahélien avec de faibles ressources forestières.

Au regard de la menace grandissante, il estime donc que ces mesures coutumières peuvent toujours être mises à contribution, pour renforcer les dispositions administratives et techniques, en vue de pérenniser les espèces. Le Programme d’investissement forestier (PIF) mène des actions de police forestière pour mettre fin à toutes les formes d’irrégularités dans les forêts. Selon le directeur régional en charge de l’environnement, des écoles, des dispensaires, un marché baptisé ‘’Hong-Kong’’, auparavant construits à l’intérieur de la forêt de Koulbi, ont été délocalisés.

Six agents pour protéger 40 000 ha de forêt

Aux dires du directeur provincial de l’Environnement du Noumbiel, Jean De Dieu Da Sié, des individus des deux côtés de la frontière avec le Ghana pénètrent nuitamment dans la forêt de Koulbi pour s’adonner au braconnage et à l’exploitation du bois. Le chef d’unité de la forêt classée de Koulbi, Soumaïla Guiré, raconte qu’en 2014-2015, un incident survenu dans la localité a entraîné la mort d’un orpailleur.

A la suite de cet événement regrettable, se souvient-il, tous les forestiers ont été déguerpis. «Depuis notre arrivée sur le site, nous faisons des patrouilles de dissuasion avec nos propres motos. Le carburant est à nos frais. Nous ne sommes que six agents pour une forêt de plus de 40 mille hectares. Des doléances ont été soumises à la hiérarchie mais jusque-là, rien n’est encore fait», déplore-t-il. Le manque d’agent est également évoqué à Bontioli par le chef de site, Antoine Tiemtoré. Celui-ci souhaite que l’Etat dote les forestiers de moyens financiers et matériels, pour préserver les ‘’patrimoines’’ du Burkina Faso. «Si le colon a pu comprendre depuis 1956 que la réserve de Bontioli a un intérêt national et international pour notre pays, il faut que l’Etat prenne des mesures adéquates pour que la forêt soit libérée des activités frauduleuses», préconise-t-il.

Et de s’interroger: «Comment un très petit nombre de forestiers peut-il faire face à des milliers de personnes prêtes à mourir pour l’or ou pour autre chose?». Par ailleurs, le directeur provincial de l’Environnement du Noumbiel relate que chaque année, au moins 90% de ladite forêt part en fumée, avant l’arrivée des premières pluies. Le directeur provincial en charge de l’environnement de la Bougouriba, Joachim Zongo, assure, pour sa part, que dans le domaine de la recherche, des possibi-lités de récupération des espèces en voie de disparition existent à travers la création de pépinières à grande échelle. Il dit avoir également foi en la méthode de sensibilisation qu’est l’éducation environnementale. Ces deux idées ont été déjà mûries par le Centre national des semences forestières (CNSF) qui dispose, d’une part, d’une pépinière où sont expérimentées la propagation et la régénérescence de ces espèces, d’autre part, d’une banque de semences. L’Inspecteur des Eaux et Forêts, Ali Daboné, de la division production et promotion des semences, souligne que les forêts régressent considérablement.

Le souci majeur du centre, poursuit-il, est de promouvoir les espèces locales. Son rêve est de revoir un “Burkina Faso verdoyant”. Mais, l’avènement de cette “révolution verte” dépend, soutient-il, d’une volonté politique. Elle passe, fait-il savoir, par la mise à la disposition des acteurs, de moyens techniques et financiers conséquents. Dr Sanou annonce d’ores et déjà la création d’un jardin botanique de plantes médicinales à Tengandogo, à la périphérie de Ouagadougou. Ce jardin pédagogique permettra de sensibiliser les tradipraticiens aux possibilités de régénérer les espèces en voie de disparition au Burkina Faso. «Dans le cas contraire, nos petits-fils n’auront pas la chance de connaître certaines espèces végétales», prévient-t-il.

Afsétou SAWADOGO

Terrorisme dans le G5 Sahel : les mines, l’agriculture, le tourisme, … affectés

L’impact économique du terrorisme dans les pays du G5 Sahel a fait l’objet d’une étude dont les résultats d’étape ont été présentés au cours d’un panel le lundi 13 mai 2019, à Ouagadougou.

En sus de nombreuses pertes en vie qu’il engendre au quotidien dans les pays du G5 Sahel, le terrorisme a des effets ravageurs sur les économies des pays de la région. Pour mieux appréhender l’impact économique de l’hydre terroriste dans le Sahel et y apporter des solutions de résilience endogènes, des chercheurs des pays de la zone (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad) ont mené une recherche sur le sujet. Les résultats partiels de cette étude, toujours en cours, ont été présentés au public ouagalais lors d’un panel, animé par lesdits chercheurs, le lundi 13 mai 2019, à l’espace Thomas-Sankara, de l’institut FREE Afrik, coordonnateur de l’étude.

Selon les auteurs de la recherche, la quasi-totalité des secteurs d’activités économiques souffrent de la nouvelle guerre imposée par les terroristes. Au Burkina Faso, le manque à gagner dans le secteur de l’hôtellerie et du tourisme de la ville de Ouagadougou se chiffre à 3,9 milliards F CFA entre 2016 et 2017, a indiqué Dr Yarri Kamara de Free Afrik. Le tourisme mauritanien qui venait d’éclore a aussi été étouffé par les premières attaques terroristes, a fait savoir Hamed Moussa du centre 4S.

Concernant l’industrie minière, la production n’a pas encore enregistré de perte mais pourrait l’être les années à venir. La prospection qui permet de créer les mines de demain est fortement handicapée par les attaques terroristes récurrentes, a fait savoir le directeur exécutif de Free Afrik, Dr Ra-Sablga. Quant à la production minière artisanale, elle a connu une forte baisse, même s’il est difficile de l’attribuer à l’insécurité ou à la fraude. Autre impact, il y a le surcoût lié à la sécurisation des mines à travers le recrutement de nouveaux agents de sécurité, l’acquisition d’équipements et d’infrastructures sécuritaires. Les sociétés minières peinent également à trouver de ressources humaines qualifiées venant d’autres pays, a-t-il ajouté.

Dans les autres pays, le secteur agricole est fortement ébranlé. Au Niger, l’arrêt de la pêche et de la culture du poivron, dans la région de Diffa, imposée par le gouvernement, dans l’objectif de couper l’approvisionnement alimentaire aux marchands de la mort, a fait perdre plus de 35 milliards F CFA à la région, a confié Dr. Ahamadou Maichanou de l’université de Tahoua du Niger.

Risque d’insécurité alimentaire

Au Tchad, le secteur de l’élevage, qui représente 15 à 20 % du PIB, a pris un grand coup, les routes pastorales étant occupées par des bandes terroristes, a indiqué Dr Aristide Mabali.

Au regard des menaces, le risque d’une insécurité alimentaire n’est pas loin. Par ailleurs, les secteurs de la microfinance et bancaire, qui sont alimentés par ces différents secteurs d’activités, «voient rouge», engendrant une sorte de «désert
financier».

Les budgets des Etats du G5 Sahel ont également connu une réorientation vers les dépenses de sécurité. Au Tchad par exemple, les dépenses sécuritaires sont passées de 1% à 8% du PIB, entre 2005 à 2015. La situation est plus complexe pour le Mali qui vit une récession économique  depuis 2012, a souligné Dr Boubacar Bougoudogo. Pour faire face aux effets pervers du terrorisme, les chercheurs ont invité les Etats à mettre l’accent sur le développement local, à renforcer la résilience socioéconomique des localités d’accueil des populations déplacées. Ils préconisent que la commande publique soit prioritairement orientée vers les producteurs locaux. Quant au secteur privé, les chercheurs lui recommandent de s’organiser pour occuper le vide laissé par les investisseurs privés étrangers.
L’étude a été financée par l’ONG américaine, Center for international private enterprise (CIPE)

 Mahamadi SEBOGO
Msebogo@yahoo.fr

Nouveau statut de l’ASCE-LC : plaidoyer pour l’adoption des décrets d’application

Le Conseil d’orientation de l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) a ouvert sa première session ordinaire de l’année, le mercredi 15 mai 2019, à Ouagadougou.

La non-adoption des décrets d’application des lois portant «prévention et répression  de la corruption» et «attributions, composition, organisation et fonctionnement de l’Autorité supérieure du contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC)», inquiète aujourd’hui le Conseil d’orientation (CO) de l’institution. Pourtant, selon le président du CO, Dieudonné Yaméogo, cet arsenal juridique qui figure parmi les meilleurs en Afrique avait suscité beaucoup d’espoir.

«Chers membres du Conseil d’orientation, grande doit être votre déception et profonde votre inquiétude de constater que sept mois après nos travaux et trois ans et demi après l’adoption de la loi organique, qu’aucun des décrets apprêtés n’a été adopté par le Conseil des ministres», a déploré le président du conseil lors de sa première session ordinaire de l’année, le mercredi 15 mai 2019, à Ouagadougou. Une situation bien gênante, à l’écouter, au regard de l’article 67 de la loi organique adoptée en 2015 et qui fait obligation au gouvernement, dans un délai d’un an, pour conformer les attributions, la composition, l’organisation et le fonctionnement de l’ASCE-LC aux dispositions de ladite loi. Parmi les textes en attente d’adoption, figurent ceux relatifs à la mobilisation des ressources afin de permettre à l’institution de remplir les missions qui lui sont confiées, a fait savoir le président Yaméogo.

L’ASCE-LC dans un inconfort juridique

De l’avis du contrôleur général d’Etat, Luc Marius IBriga, l’absence des textes règlementaires place l’ASCE-LC dans un inconfort juridique. «Nous ne pouvons pas demander aux gens de travailler conformément aux lois alors que nous-mêmes ne sommes pas en phase avec nos propres textes», a-t-il déploré.

Né de la restructuration de l’ASCE-LC en 2014-2015, le Conseil d’orientation, en tenant la présente session, veut jouer sa partition pour le renforcement des capacités d’action de l’institution. Au cours des travaux, les neuf membres du CO vont se pencher sur le rapport d’activités 2018 de l’ASCE-LC et son programme d’activités de 2019, a indiqué Dieudonné Yaméogo. Le conseil va également examiner et adopter les projets de textes devant régir l’institution publique de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption au Burkina Faso, a-t-il ajouté. Il s’agit notamment du projet de décret fixant le quantum sur les avoirs recouvrés à la suite des procédures initiés par l’ASCE-LC et son arrêté d’application portant modalités d’utilisation desdits avoirs. Le projet de décret portant procédure de recrutement du Contrôleur général d’Etat (CGE) et le projet d’avis d’appel à candidature seront aussi examinés durant la session, a précisé M. Yaméogo.

Mahamadi SEBOGO
msebogo@yahoo.fr