Gestion de la commune de Bobo-Dioulasso: le PDS Laurent Koutoukou Kontogom au rapport

La délégation spéciale de la commune de Bobo-Dioulasso a présenté, le mardi 30 juin 2026 à Bobo-Dioulasso, le bilan de sa gestion sur la période allant de janvier 2025 à juin 2026. Son président, Laurent Koutoukou Kontogom, a détaillé aux forces vives présentes à la journée de redevabilité organisée à cet effet, les réalisations faites pendant les 18 mois d’exercice.

L’exercice de redevabilité auquel s’est soumis le Président de la délégation spéciale (PDS) de la commune de Bobo-Dioulasso, Laurent Koutoukou Kontogom, est une recommandation du code général des collectivités territoriales. Ce code demande aux responsables des collectivités de rendre compte de leur gestion aux populations. Devant les forces vives de la commune, le mardi 30 juin 2026, le président de la délégation spéciale, Laurent Koutoukou Kontogom, a fait un état des lieux des domaines de compétences transférées à la commune. Ces compétences, à l’entendre, sont mises en œuvre grâce aux ressources propres de la commune, aux reliquats des transferts antérieurs et l’accompagnement des partenaires et des forces vives.

Du bilan de janvier 2025 à juin 2026 qu’il a alors présenté, l’on retient des réali-sations dans les domaines de l’aménagement du territoire, de l’assainissement, de l’environnement, de la santé, de l’éducation, de la culture, de la gouvernance locale et des infrastructures. Ces réalisations s’étendent également à l’actua-lisation, au Plan communal de développement (PCD) 2026-2030, à la construction et à la réhabilitation de plusieurs infrastructures sanitaires et scolaires. L’ouverture de nouveaux marchés communautaires, le renforcement des actions de salubrité à travers l’opération « Bobo Sanya sira », et la poursuite des travaux d’entretien de la voirie urbaine sont à mettre au compte de ce bilan. Le président de la délégation spéciale a également présenté la situation administrative et financière de la commune.

Le budget de 6 milliards à 7 milliards de francs CFA

Les forces vives ont assisté nombreux à la journée de redevabilité de la délégation spéciale de la commune de Bobo-Dioulasso.

Laurent Koutoukou Kontogom a relevé une amélioration de la mobilisation des recettes communales, faisant passer le budget primitif de 2025 de 6 458 208 286 CFA à 7 313 535 378 F CFA en 2026. Le bilan a été jugé positif par les participants. Ils ont néanmoins émis, à l’instar de Blaise Hien, de Mamadou Traoré ou de l’ancien maire Célestin Koussoubé, des préoccupations. Ces préoccupations sont relatives notamment à l’amélioration de la voirie urbaine, au renforcement des actions d’assainissement et de la gestion des déchets, à la gestion des cimetières et à l’emploi des jeunes. En réponse aux différentes préoccupations, le PDS a rassuré les populations quant à la volonté de l’exécutif communal de poursuivre les investissements prioritaires, malgré les difficultés auxquelles la commune fait face. Il s’agit de l’insuffisance des moyens financiers et logistiques, la vétusté de certains équipements communaux, le déficit en personnel qualifié, l’occupation anarchique du domaine public ainsi que l’incivisme fiscal.

En dépit de ses contraintes, le PDS a rassuré que la commune va poursuivre ses actions de développement en renforçant la mobilisation des ressources propres, en poursuivant des investissements structurants, et en intensifiant la sensibilisation citoyenne à travers l’opérationnalisation de la télévision numérique communale. Il a alors appelé la population à jouer sa partition en faisant preuve de civisme, de responsabilité et d’une participation citoyenne afin d’accompagner les efforts de développement de la commune. « C’est à ce prix qu’on va pouvoir réaliser cette ambition collective, celle de faire de Bobo-Dioulasso à l’horizon 2030,une commune résiliente, inclusive, compétitive, et prospère, capable d’offrir à ses habitants un cadre de vie agréable et durable, des services sociaux de qualité, des infrastructures modernes et des opportunités économiques diversifiées dans une gouvernance locale transparente et participative », a conclu le président de la délégation spéciale de la commune de Bobo-Dioulasso, Laurent Koutoukou Kontogom.

Adaman DRABO

Amadou OUEDRAOGO (Stagiaire)

Quand un homme refuse, il dit NON !

L’indépendance vraie ! C’est ce à quoi s’attèle le Burkina Faso depuis qu’il a compris qu’aucune liberté ne s’acquiert les mains liées. Les illusions des années 1960 avaient fait de nous des mythes de la caverne qui prenaient des lanternes pour des vessies, des silhouettes pour la réalité. Après nous avoir soumis à l’esclavage, ils sont revenus nous coloniser pour nous rendre moins « sauvages » et plus dociles. Leur religion, celle de la lumière a bouté hors de nos têtes nos propres croyances.

Nos traditions et nos habitudes culturelles ont été foulées au pied et taxées de diaboliques. L’indépendance vraie ! C’est le combat que la Confédération des Etats du Sahel entend mener jusqu’à la dernière perle de sueur ; jusqu’à la dernière goutte de sang ; jusqu’au dernier souffle de dignité s’il le faut. Pendant ce temps, le reste de l’Afrique pseudo démocratique regarde le spectacle dans son petit coin de confort chronométré. Pendant ce temps, des pays africains travaillent à saborder le projet d’unité des trois « mauvais élèves de la démocratie ».

Pendant ce temps, l’Union africaine joue au camouflage en feignant de voir se réaliser les projets phares de ses discours de troubadours. Pendant ce temps, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest se complait dans son douillet fauteuil de rancune inopportune contre le trio de claqueurs de porte insoumis. Pendant ce temps, la France orpheline se morfond dans un vain baroud d’honneur entre les jambes d’une Union européenne aux prises avec les canulars de Gomart. Mais trêve de bobards ! Ce n’est plus une résolution qui va entamer la détermination d’un Burkina déjà résolu.

Ce n’est plus cette théorie anachronique de l’intimidation qui va nous faire bouger d’un iota. Et il suffit de bien regarder chaque lettre de notre devise pour se rendre compte que même la mort n’est plus une fatalité pour un peuple qui en a fait une banalité de sa finalité. Il faudra donc redéfinir le mot Burkinabè en tenant compte de notre allergie à la condescendance et de notre dégoût prononcé pour la soumission, la félonie et la couardise. Parce que l’indépendance vraie ne se murmure pas, elle crie, mieux, elle s’écrie ! Et pour paraphraser Almamy Samory Touré, Sékou Touré et Ahmadou Kourouma, « quand un homme refuse, il dit NON » !

Clément ZONGO

clmentzongo@yahoo.fr

Conseil des Ministres du 02 juillet 2026 : Création de l’Académie technologique du Faso, de CIM-SAHEL et Clarification des horaires des Journées de travail continu

L’hebdomadaire Conseil des ministres s’est tenu ce jeudi 2 juillet 2026, sous la présidence du Camarade Capitaine Ibrahim TRAORÉ, Président du Faso, Chef de l’État. Selon le Ministre Porte-parole du Gouvernement, le Camarade Pingdwendé Gilbert OUÉDRAOGO, le Conseil a examiné plusieurs dossiers et adopté d’importantes décisions pour la bonne marche de la Nation et pour le plein épanouissement des Burkinabè, conformément à la vision de la Révolution Progressiste Populaire.
Pour le compte du ministère des Serviteurs du Peuple, le Conseil a adopté deux décrets, portant respectivement, Horaires de travail dans les administrations du secteur public et Conditions et modalités d’instauration de la Journée de travail continu dans les administrations du secteur public et privé au Burkina Faso.
Le Ministre des Serviteurs du Peuple, Camarade Mathias TRAORÉ, a précisé que le décret portant Conditions et modalités de la Journée de travail continu dans les secteurs publics et privés fixe les horaires de 7h30 à 14h
Le Ministre des Serviteurs du Peuple, Camarade Mathias TRAORÉ, a précisé que le décret portant Conditions et modalités de la Journée de travail continu dans les secteurs publics et privés fixe les horaires de 7h30 à 14h
Selon le Ministre des Serviteurs du Peuple, le Camarade Mathias TRAORÉ, « le gouvernement a procédé à la relecture des textes de 2015 et 2017 afin de corriger des lacunes réglementaires constatées dans l’application de la Journée de travail continu ».
Le premier décret clarifie les horaires de travail dans l’Administration publique sans les modifier. Ces horaires sont fixés de 7h30 à 12h30 et de 13h00 à 16h00 du lundi au jeudi, et de 7h30 à 12h30 puis de 13h30 à 16h30 le vendredi. Le second décret dispose que la Journée de travail continu, liée à certains évènements, qui visait le privé, s’applique désormais clairement aux deux secteurs (public et privé), fixant cette journée de 7h30 à 14h.
CIM-SAHEL pour contrer la spéculation sur le ciment
Face au boom des infrastructures et à la forte demande de matériaux de construction, notamment le ciment, le Conseil des ministres a acté la création et l’adoption des statuts de la société CIM-SAHEL, une société d’économie mixte à participation publique majoritaire, selon le Ministre chargé de l’Industrie, le Camarade Serge Gnaniodem PODA.
Selon le Ministre en charge de l’industrie, Camarade Serge Gnaniodem PODA, la mise en place de la société CIM-SAHEL permettra de rendre plus accessible le ciment, afin de soutenir la dynamique de construction accélérée des infrastructures publiques et privées au Burkina Faso
Selon le Ministre en charge de l’industrie, Camarade Serge Gnaniodem PODA, la mise en place de la société CIM-SAHEL permettra de rendre plus accessible le ciment, afin de soutenir la dynamique de construction accélérée des infrastructures publiques et privées au Burkina Faso
Pour réguler le secteur et protéger les consommateurs, l’État a décidé de la création de CIM-SAHEL, dotée d’un capital de 5 milliards FCFA détenu à 60 % par l’État et à 40 % par des partenaires privés. Il s’agit, selon le Ministre PODA, de garantir la disponibilité du ciment sur toute l’étendue du territoire, casser la spéculation en imposant des coûts raisonnables et soutenir le rythme accéléré des chantiers d’infrastructures publics et privés.
Aide humanitaire, l’État impose des règles et protège la dignité des populations
La Camarade Lieutenant-colonel Passowendé Pélagie KABORÉ, Ministre de la Famille et de la Solidarité : « Désormais, l'assistance humanitaire se fera au Burkina Faso dans le strict respect de la dignité des personnes vulnérables »
La Camarade Lieutenant-colonel Passowendé Pélagie KABORÉ, Ministre de la Famille et de la Solidarité : « Désormais, l’assistance humanitaire se fera au Burkina Faso dans le strict respect de la dignité des personnes vulnérables »
Pour le compte du ministère de la Famille et de la Solidarité, le Conseil a adopté un décret portant réglementation des interventions dans le domaine humanitaire au Burkina Faso. Le nouveau décret impose désormais une accréditation pour les organisations humanitaires, ce qui va permettre à l’État « d’avoir un regard particulier sur leur répartition sur le territoire national et surtout sur leurs zones d’intervention », a déclaré la Ministre de la Famille et de la Solidarité, la Camarade Lieutenant-colonel Passowendé Pélagie KABORÉ.
En outre, 60% des financements devront obligatoirement être fléchés vers le relèvement précoce et l’autonomisation afin de « réduire la dépendance des personnes vulnérables face à l’aide et l’assistance prolongée ». Le nouveau décret interdit désormais l’exposition des images des personnes vulnérables à côtés des dons offerts. Le décret consacre également le principe du consommons local dans l’acquisition des dons destinés aux personnes vulnérables.
Naissance de l’Académie technologique du Faso
Pour le compte de la Présidence du Faso, le Conseil a adopté un décret portant Création de l’Académie technologique du Faso, une institution d’élite rattachée directement à la Présidence du Faso en raison de son caractère hautement stratégique. Selon le Ministre Porte-parole du Gouvernement, le Burkina Faso ne veut plus seulement former des théoriciens, mais aussi des bâtisseurs qui « savent utiliser leur intelligence et leurs doigts pour concevoir, créer, fabriquer et ainsi accompagner la dynamique d’industrialisation en marche ».
Le Ministre Porte-parole du Gouvernement, Camarade Pingdwendé Gilbert OUÉDRAOGO : « La création de l'Académie technologique du Faso est conforme à la vision du Camarade Capitaine Ibrahim Traoré, fondée sur une volonté de doter le Burkina Faso d'un capital humain hautement qualifié, dont les compétences intellectuelles sont en parfaite adéquation avec un savoir-faire pratique »
Le Ministre Porte-parole du Gouvernement, Camarade Pingdwendé Gilbert OUÉDRAOGO : « La création de l’Académie technologique du Faso est conforme à la vision du Camarade Capitaine Ibrahim Traoré, fondée sur une volonté de doter le Burkina Faso d’un capital humain hautement qualifié, dont les compétences intellectuelles sont en parfaite adéquation avec un savoir-faire pratique »
L’infrastructure, dont le chantier a débuté en décembre 2025, est en phase de finition et s’apprête à accueillir ses premières promotions dans des filières hyper-spécialisées comme la métallurgie, le nucléaire, l’aéronautique, la cybersécurité, les métiers miniers.
Direction de communication de la Présidence du Faso

Santé au Burkina Faso : un plaidoyer pour accélérer l’accès aux innovations contre l’hémorragie du post-partum

Réduire les décès maternels liés à l’hémorragie du post-partum (HPP) et accélérer l’accès aux innovations médicales étaient les objectifs principalux d’un atelier de plaidoyer organisé le mercredi 1er juillet 2026, à Ouagadougou, à l’initiative de la Société des Gynécologues et Obstétriciens du Burkina (SOGOB).

La rencontre de plaidoyer a réuni une trentaine de députés burkinabè. Dès l’ouverture des travaux, il a été rappelé aux parlementaires que l’hémorragie du post-partum demeure la première cause de mortalité maternelle au Burkina Faso, représentant près de 30 % des décès maternels enregistrés dans le pays.Malgré les progrès enregistrés au cours des deux dernières décennies, avec une réduction d’environ un tiers du ratio de mortalité maternelle, le Burkina Faso enregistre encore environ 198 décès pour 100 000 naissances vivantes. Un niveau qui reste largement éloigné de la cible des Objectifs de développement durable (ODD), qui visent à ramener ce taux à moins de 70 décès pour 100 000 naissances vivantes d’ici 2030.À l’échelle mondiale, la situation reste également préoccupante. Près de 45 000 femmes meurent chaque année des suites d’une hémorragie du post-partum, alors qu’une grande partie de ces décès pourrait être évitée grâce à des interventions efficaces et disponibles à temps.Face à ce constat, les organisateurs ont placé les échanges sous le signe des solutions concrètes et des innovations médicales, parmi lesquelles la carbétocine thermostable occupe une place centrale.

Selon le professeur Charlemagne Ouédraogo, la mortalité liée aux hémorragies du post-partum demeure un défi majeur

 

Cette molécule, présentée comme une avancée majeure dans la prévention de l’hémorragie du post-partum, se distingue de l’ocytocine par sa stabilité à température ambiante, sans nécessité de chaîne de froid continue. Un avantage particulièrement important dans un contexte où plusieurs formations sanitaires du pays, notamment dans les zones difficiles d’accès ou touchées par l’insécurité font face à d’importantes contraintes logistiques.Selon les experts, cette innovation pourrait améliorer de manière significative la prise en charge obstétricale au Burkina Faso, à condition qu’elle soit intégrée dans les politiques nationales de santé et rendue effectivement accessible sur le terrain.Au-delà de l’innovation scientifique, les discussions ont mis l’accent sur la nécessité de traduire ces avancées en mesures concrètes, notamment l’inscription de la carbétocine thermostable sur la liste nationale des médicaments essentiels, son intégration dans les protocoles de soins, ainsi que l’allocation de ressources budgétaires spécifiques pour sa disponibilité dans les districts sanitaires.Les députés ont été appelés à jouer un rôle central dans ce processus. La députée Esther Bamouni Kansono, coordinatrice du réseau des parlementaires burkinabè en santé, population et développement, a souligné que « aucune femme ne doit mourir en donnant la vie », estimant que ce thème interpelle fortement les décideurs publics.Elle a ajouté que les parlementaires, en tant que législateurs et contrôleurs de l’action gouvernementale, ont la responsabilité d’accompagner les efforts en cours afin que la mortalité maternelle devienne un souvenir au Burkina Faso.

La députée Esther Bamouni Kansono estime qu’aucune femme ne doit perdre la vie en accouchant

Dans la même dynamique, le professeur Charlemagne Ouédraogo a salué l’initiative du réseau parlementaire et rappelé que, malgré les progrès réalisés par le Burkina Faso en matière de santé maternelle et infantile, la mortalité liée aux hémorragies du post-partum demeure un défi majeur.Il a indiqué que des efforts importants ont déjà été consentis pour améliorer la santé des mères et des enfants, tout en appelant à poursuivre et renforcer les actions afin de réduire durablement ces décès évitables.Durant les travaux, plusieurs autres solutions reconnues pour leur efficacité dans la prévention et la prise en charge de l’hémorragie du post-partum ont été également examinées, notamment le misoprostol, l’acide tranexamique, les kits de quantification objective des pertes sanguines ainsi que les protocoles standardisés de prise en charge rapide.À travers cette initiative, la SOGOB entend mobiliser les décideurs autour d’une ambition commune : faire en sorte qu’aucune femme burkinabè ne perde la vie en donnant naissance, alors que des solutions médicales efficaces existent pour prévenir ces décès.

Diane Alix Ouédraogo

Centre d’hémodialyse de Dori : 14 générateurs pour soulager les patients

Le secrétaire général de la région du Liptako, Auguste Kinda, a constaté l’effectivité du démarrage des activités du centre d’hémodialyse de Dori, le mardi 30 juin 2026.

C’est dans la matinée du mardi 30 juin 2026 que le secrétaire général de la région du Liptako, Auguste Kinda, accompagné des corps constitués et des forces vives, a constaté l’effectivité du démarrage des activités du centre d’hémodialyse de Dori. La délégation a visité les locaux avant d’échanger avec les premiers patients pris en charge et le personnel soignant. Selon le chef de service du centre d’hémodialyse de Dori, le néphrologue Sebastien Saidou Ouédraogo, le centre compte 14 générateurs de dernière génération dont 12 fonctionnels de manière simultanée et 2 en attente de maintenance pour une prise en charge optimale de plus de 100 patients par semaine.

En dehors de la prise en charge des patients souffrant de maladies rénales chroniques, a-t-il ajouté, beaucoup d’autres patients seront soulagés des insuffisances rénales aigues pour éviter l’évolution vers le stade terminal. A propos des différentes étapes de prise en charge, Dr Ouédraogo a indiqué que tout débute par les consultations et le diagnostic. « S’il y a des complications et en fonction du stade, la dialyse va être proposée en vue d’épurer les déchets du sang. En temps normal, ce sont les reins qui font ce travail mais lorsqu’ils ne fonctionnent plus, c’est la dialyse qui soulage le malade.

En phase terminale, ce sont des malades qui ont beaucoup de complications telles que le problème de respiration et la pression artérielle très élevée », a expliqué le médecin néphrologue.

Un soulagement pour les patients

Grâce à la dialyse, il a rassuré que les patients seront soulagés et pourront réintégrés la société pour occuper leur poste et être utiles à la nation. Hospitalisée en service de médecine du Centre hospitalier régional (CHR) de Dori depuis plusieurs semaines, Mme Diandé, souffrant d’une insuffisance rénale chronique fait partie des tout premiers patients du centre d’hémodialyse.

Accompagnée de son époux Ousmane Diandé qui a exprimé toute sa gratitude aux plus hautes autorités du Burkina pour la réalisation du centre. Avec une voix emprunte de joie, il a fait savoir que le centre lui permet d’éviter les longs voyages à Ouagadougou pour bénéficier de la dialyse. A l’issue de la visite des locaux, Auguste Kinda a confié que l’ouverture de ce centre d’hémodialyse constitue une avancée majeure pour les populations de la région qui n’ont plus besoin de parcourir de longues distances pour accéder à ce traitement vital.

De son avis, ce centre rapproche les soins spécialisés des populations et contribue à réduire les charges financières et sociales supportées par les malades et leurs familles. « Nous constatons avec satisfaction que les équipements sont fonctionnels, les équipes sont à pied d’œuvre et les premiers patients bénéficient déjà des services du centre. Cette réalisation traduit la volonté des plus hautes autorités de garantir un accès équitable aux soins de santé sur toute l’étendue du territoire national », s’est-t-il félicité.

Avant ce centre, de nombreux patients étaient obligés de rejoindre Ouagadougou dans des conditions particulièrement difficiles notamment le contexte sécuritaire. De ce fait, il a rappelé que certains patients ont été obligés de s’installer à Ouagadougou pour les raisons de dialyse. S’adressant aux populations du Liptako, M. Kinda a estimé que c’est un mauvais souvenir parce qu’elles disposent désormais d’un centre moderne qui leur permet d’accéder à la dialyse dans leur propre région.

Souaibou NOMBRE

snombre29@yahoo.fr

Prise en charge sanitaires des FDS et VDP: quatre hôpitaux mobiles remis au ministère de la Guerre

Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, représentant le président du Faso, a remis le mercredi 1er juillet 2026 à Ouagadougou, quatre hôpitaux mobiles au ministère de la Guerre et de la Défense patriotique.

L’Armée n’aura plus de difficulté à prendre en charge les Forces de défense et de sécurité (FDS), les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), ainsi que les populations civiles touchées sur le théâtre des opérations de reconquête du territoire. Ce mercredi 1er juillet 2026, le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, représentant le président du Faso a remis quatre hôpitaux mobiles au ministère de la Guerre et de la Défense patriotique, à cet effet.

Chaque hôpital est composé entre autres de deux camions équipés, d’un groupe électrogène, d’un autoclave de stérilisation de 150 litres, de quatre tentes d’une capacité de 10 lits d’hospitalisation, de 40 lits d’hospitalisation pliables et de dix extracteurs d’oxygène portable de 5 litres. Quant aux camions, le premier sert d’exploration comportant deux modules, notamment en imagerie et laboratoire. L’autre camion, qui compose l’hôpital, est un bloc opératoire équipé de dispositif de production et auto-dispensation d’oxygène médical, d’une table opératoire polyvalente, d’un chariot d’anesthésie et autres dispositifs nécessaires à la chirurgie.

Le coordonnateur technique de l’initiative présidentielle pour la santé, le médecin commandant, Daouda Sawadogo, a rassuré que ces équipements sont de qualité exceptionnelle et répondent aux besoins des FDS. « Ces équipements peuvent être déployés en cas d’urgence ou de catastrophes pour porter un secours ou participer à la prise en charge chirurgicale et médicale des différents patients », a-t-il précisé. Daouda Sawadogo a rappelé qu’une première dotation avait été faite et les spécialistes l’ont expérimenté sur le terrain et formulé des recommandations à l’endroit du fabricant.

utiliser de façon optimale

Ces hôpitaux mobiles sont prêts à être déployés sur le terrain aux cotés des FDS et VDP.

« Le constructeur a pris en compte ces recommandations pour nous livrer cette fois-ci, un outil qu’on peut manier à l’aise.

Les instruments et tous les équipements à l’intérieur du bloc ont été améliorés », a-t-il rassuré. Quant au Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, il a indiqué que ces hôpitaux modernes doivent apporter une amélioration significative dans la prise en charge des combattants sur le champ des opérations. « L’objectif de disposer d’hôpitaux de type mobile est de pouvoir les déployer plus près des théâtres d’opérations pour réduire significativement les délais de prise en charge de nos combattants blessés. Ce qui va leur assurer une plus grande chance de survie », a-t-il laissé entendre.

Au-delà des combattants, a relevé le Premier ministre, ces hôpitaux mobiles sont destinés à la prise en charge de l’ensemble des populations qui sont dans un besoin d’intervention. Il a invité le ministre chargé de la guerre, à faire en sorte que ces hôpitaux mobiles, fruits du labeur du peuple burkinabè, puissent être utilisés de façon optimale et servent le plus longtemps possible les FDS et la population en général.

Adama SEDGO

Autonomisation économique: quand le relèvement au féminin affranchit les ménages de l’assistanat

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Face à la crise humanitaire, le gouvernement burkinabè a amorcé, dans ses actions, un virage décisif : substituer l’assistanat permanent à l’autonomisation économique. A travers le maraîchage, l’artisanat ou la transformation agroalimentaire, l’entrepreneuriat des femmes s’impose comme le moteur de résilience des personnes vulnérables. De Boulsa à Kongoussi, en passant par Kaya et Barsalogho, dans la région des Koulsé, ces initiatives endogènes brisent le cycle de la précarité de la femme rurale et cimentent la solidarité, la fraternité, la cohésion sociale et la cohabitation pacifique entre Personnes déplacées internes (PDI) et populations-hôtes. Voyage au cœur du relèvement communautaire au féminin, véritable gage d’une coexistence pacifique et d’un retour durable de la paix au pays des Hommes intègres.

Boulsa, jeudi 21 mai 2026. Il est 11h18mn. Une pluie bienfaisante cède sa place au beau temps. La cité de Naaba Namendé grouille de monde. Nous sommes sur le site maraicher du 8-Mars des femmes de Boulsa, à un jet de pierre de la colline sacrée Tanyilé. Ici, une centaine de productrices dont 70 Personnes déplacées internes (PDI) exploitent plus de 200 planches. Depuis mars 2026, elles produisent le chou, la salade, l’oignon, la tomate, le gombo, le concombre, le haricot, l’oseille, le maïs, l’aubergine et l’amarante. D’une superficie de 0,733 hectare et entièrement clôturé par un grillage, ce périmètre maraicher est offert par le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, dans le cadre de sa vision : célébrer le 8-Mars autrement. Une initiative qui renforce l’autonomisation économique et la résilience de la femme rurale. Le site est équipé d’un château d’eau connecté à un forage d’un débit de 10,5m3/heure alimenté par un système solaire. 14 bassins de 3m3 connectés à quatre robinets reliant le château d’eau pour l’irrigation. Les cultures, en phase de maturité, présentent une bonne physionomie. C’est l’heure de la deuxième récolte après celle d’avril. Elles espèrent encore tirer leur épingle de jeu. Ici, l’ambiance est bon enfant. Pendant que certaines productrices tentent d’honorer les commandes des clientes, d’autres procèdent au semis de diverses spéculations. Le tout, dans un climat de fraternité, de solidarité et d’union sacrée.

La présidente-adjointe du site du 8-Mars des femmes de Boulsa, Alizèta Kafando : « Grâce à ce site, nous sommes devenues une seule famille ».

Le relèvement bat son plein. Selon la présidente-adjointe des femmes du site, Alizèta Kafando, ce site promeut la cohésion sociale, la paix, l’entente, l’entraide et la coexistence pacifique entre PDI et populations hôtes. « On ne se connaissait pas. Mais grâce au site, nous sommes devenues les membres d’une seule famille », se réjouit-elle. Mamounata Kanazoé, 31 ans, PDI, mère de quatre enfants, soutient qu’elles se partagent les mêmes peines et joies lors des mariages, baptêmes et décès. « Il est difficile de distinguer PDI et hôtes ici », renchérit Mariam Pafarnam, 40 ans, originaire de Zambanga. La multipare de huit enfants affirme que ce brassage entre PDI et hôtes, source de résilience, est une richesse sociale favorisant la paix, la cohésion sociale et l’amour du prochain.

Banque d’approvisionnement de condiments frais, ce site, selon dame Pafarnam, est aussi une source de revenus permettant d’assurer les charges liées aux soins, à l’alimentation, à l’habillement et à la scolarité de leurs progénitures. A les écouter, le site permet de s’affranchir de l’assistanat permanent pour une véritable autonomisation économique. Selon la présidente des femmes, Marie Bibiane Sandwidi, à la date du 27 mai 2026, les recettes de deux récoltes se chiffrent à 321 450 F dont 153 200 F dépensés pour l’achat des intrants agricoles, soit une économie actuelle de 168 250 F. Guy Marie Sandwidi est le propriétaire-terrien du site. Son espace était bien avant exploité gracieusement par les PDI pendant les campagnes humides. L’esprit patriotique est sa seule motivation de céder gratuitement son seul terrain pour l’érection de ce périmètre maraicher. « Le site était déjà exploité par les PDI depuis le début de la crise. Et, lorsque les autorités m’ont approché pour solliciter le site pour aménager, je n’ai trouvé aucun inconvénient. C’est ma façon d’aider les personnes en détresse à avoir des vivres pour nourrir leurs familles », justifie-t-il.

Avec le soutien des autorités provinciales du Namentenga, un projet s’est aussi engagé à réaliser des bassins piscicoles au profit de ces productrices. L’autre projet toujours en quête de financement est l’élevage de petits ruminants ou de la volaille. Le manque d’arrosoirs freine leur élan entrepreneurial. En termes de doléances, elles sollicitent la construction d’un magasin de stockage, une formation en compostage, production de foins et métiers porteurs, la dotation en tricycle, vivres et matériels agricoles.

« Le site a vraiment reconstruit notre vie »

A Mogodin, commune de Kongoussi, 30 producteurs dont 27 femmes (9 PDI et 18 hôtes) exploitent un site maraicher de 1,5 hectares, aménagé en 2025 par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Entièrement clôturé par un grillage, ce périmètre est équipé d’un forage d’un débit de 5m3/heure et d’un château d’eau en cuve métallique d’un volume de 10 m3 alimenté par un système solaire de 2230 Wc. Le château d’eau est connecté à six robinets qui desservent six bassins destinés à l’irrigation d’une soixantaine de parcelles. Pour faciliter une culture permanente des produits maraîchers, chaque producteur, pour les deux campagnes sèches (2024-2025 et 2025-2026), a reçu du CICR, deux arrosoirs et 14 kg de semences (tomate, chou, salade, oignon, aubergine, poivre et amarante), pour un total de 60 arrosoirs et 420 kg de semences. Cette assistance facilite leur autonomisation économique, gage d’un relèvement des populations affectées par la crise. Multipare de huit

La PDI Esther Sawadogo : « Je gagne bien ma vie dans la couture ».

enfants, 66 ans, native de Sorgho-Yarcé, Risnata Zoanga dispose de deux planches où elle produit l’oignon, l’oseille, le haricot, le gombo et le maïs, depuis 2025. Elle est à sa troisième récolte. « L’année passée, j’ai eu seulement 30 000 F CFA du fait de l’aménagement tardif du site. Cette année, j’ai été la première à vendre mes cultures. J’ai eu au moins 50 000 F CFA. Je peux encore vendre le reste à plus de 20 000 F CFA. Je suis en train de repiquer des plants avant l’installation de la campagne humide », se frotte-t-elle les mains. Selon Mme Zoanga, en plus d’assurer sa ration alimentaire, son activité lui permet de se procurer de vivres, de bois de chauffe, du savon, du sel, etc.

50 ans, mère de sept enfants, native de Mogodin, Haoua Kouanda est aussi bénéficiaire de deux planches. Elle cultive exclusivement de l’oignon. « J’ai déjà vendu de l’oignon à 14 000 F CFA. Le reste peut atteindre 10 000 F CFA. Je compte repiquer encore », ambitionne-t-elle. Mme Kouanda dit n’avoir plus de soucis de condiments frais pour sa famille. « Aujourd’hui, ce sont les citadins de Kongoussi qui viennent acheter nos cultures et non le contraire comme les années antérieures », sourit la native de Mogodin. Depuis l’érection du site, la quinquagénaire a abandonné l’orpaillage pour se consacrer à la culture maraichère. « Le site a vraiment reconstruit notre vie socioéconomique en plus de créer la solidarité, l’entente et la fraternité entre nous », avoue-t-elle.

Kadidjata Sankara, originaire de Zimtanga, a trouvé refuge à Kongoussi depuis quatre ans. Elle aussi « rescapée » des sites d’orpaillage, dame Sankara dispose de deux planches où elle exploite la tomate, l’oignon et la salade. Elle a déjà empoché 10 000 F CFA comme recettes de son oignon alors que sa tomate et sa salade estimées à 40 000 F CFA ont été déjà commandées par des commerçantes de condiments. « Depuis que je participe aux dépenses familiales, l’entente et la paix règnent entre moi et mon mari », soutient-elle, sourire aux lèvres. Et de poursuivre : « Avant, on n’était même pas capable de payer du savon pour se doucher et pour la lessive. Aujourd’hui, nous remercions Dieu et le donateur pour cette assistance valorisante qui nous permet d’acheter de la bouillie, du savon et des habits pour nos enfants. Avec ce site, nous préservons notre dignité ».

Issa Sankara, éleveur de profession, est le propriétaire-terrien dudit site. A l’écouter, soulager la souffrance des personnes en détresse a été la source de motivation qui a guidé son geste d’humanité. Il apprécie positivement le dévouement de ces femmes battantes qui ont pris leur destin en main. Véritable outil de résilience, selon lui, le site a développé un sentiment de solidarité, de fraternité, d’entraide et d’union sacrée entre les PDI et

Depuis leur installation en juillet 2024, Nebyinga Sawadogo (gauche) et Edith Bamogo arrivent à scolariser convenablement leurs enfants grâce à leur métier.

populations-hôtes de Mogodin. « Avant, les femmes du village se rendaient autour du lac Bam pour se procurer des condiments. Aujourd’hui, elles les paient ici à un prix abordable. Même pendant la saison sèche, le maïs frais est disponible. Des commerçantes de Kongoussi s’approvisionnent régulièrement en condiments ici », témoigne M. Sankara. Chaque soir, poursuit-il, elles récoltent leurs cultures pour les vendre en ville et paient, à leur tour, de quoi satisfaire leurs besoins comme le cube magie, le sel, le savon, le riz, le spaghetti pour leurs familles permettant ainsi d’améliorer leur alimentation.

De l’orpaillage au maraichage

Le site maraicher est situé à proximité d’un site d’orpaillage. Et, sa mise en place a permis d’extirper plusieurs femmes de ce tombeau à ciel ouvert, source de Violences basées sur le genre (VBG). « 7% des femmes de ce site d’orpaillage travaillent actuellement ici. Elles ont même réussi à retirer leurs époux de ce site pour qu’ils les rejoignent ou travaillent dans d’autres sites maraîchers », se satisfait Issa Sankara.

Cependant, la principale difficulté de ces productrices est la baisse du débit de l’eau du forage, rendant difficile l’irrigation permanente des cultures. Outre le renforcement du débit du forage, elles souhaitent une dotation en semences, pesticides, engrais et une formation en compostage. Selon le CICR, au cours de la campagne sèche 2025-2026, le comité, en collaboration avec les services techniques de l’Etat, a soutenu 19 900 ménages maraichers des régions des Koulsé, du Gulmu, de la Sirba, de la Tapoa, du Yaadga, du Liptako et du Soum en intrants et matériels agricoles et encadrement technique. Il s’agit de 5,9 tonnes de semences maraichères composées de chou, d’oignon, de tomate, d’aubergine, d’amarante, de poivre, de piment, de laitue, de la carotte et de 11 700 outils agricoles constitués d’arrosoirs, de binettes et de dabas. Le comité a également réalisé des sites maraichers et des forages au profit des producteurs dans plusieurs localités telles que Boulsa, Mogodin, Gorom-Gorom, Dori, Ouagadougou, etc. Cette assistance vise à autonomiser la femme rurale, afin qu’elle puisse se prendre en charge et assurer l’éducation de ses enfants.

L’usine de Barsalogho, un antidote de la misère

Outre les sites maraichers, des unités de transformation agroalimentaires ont été construites au profit des personnes vulnérables. C’est le cas de l’usine de production de soumbala à base de graines de néré des femmes de Barsalogho. Inaugurée le 8 mars 2026, par la ministre de la Famille et de la Solidarité, Pélagie Kabré, cette unité est pilotée par 50 femmes dont une dizaine de PDI. Elle comprend un bâtiment administratif, un autre bâtiment abritant la machine décortiqueuse et un forage. Après la formation de cinq jours, ces productrices ont été dotées de 10 sacs de 100 kg de néré, d’un tricycle équipé d’un

Zarata Sawadogo a un revenu mensuel d’environ 300 000 F CFA.

poly-tank de 1000 litres et de matériels de production de soumbala. A la date du mardi 19 mai 2026, sept sacs de 100 kg de graines de néré ont été déjà transformés en soumbala pour 600 000 F CFA après déduction des charges liées à la production. Un fonds entièrement réutilisé pour l’achat de graines de néré. Rakiéta Ouédraogo, 59 ans, mère de quatre enfants, présidente des femmes, informe que leur soumbala est prisé par les populations de Barsalogho, Kaya, Boulsa, Kongoussi, Ouagadougou, etc. Elle voit en cette usine un antidote de leur misère.

Amsètou Bamogo, 40 ans, ressortissante de Bagmiougou et Safiata Ouédraogo, 54 ans, native de Barsalogho, toutes multipares de 5 enfants, soutiennent que leur unité de production est venue unir les femmes de Barsalogho autour d’un idéal commun : s’auto-prendre en charge. Rakiéta ajoute que cette activité, étant un travail associatif, leur permet de se partager les expériences de vie et de se soutenir lors des évènements sociaux, renforçant ainsi la paix, la cohésion sociale, le vivre-ensemble et la résilience entre PDI et hôtes. Cependant, leur machine est à l’arrêt depuis un certain temps. « A peine installée, la machine n’a pas décortiqué plus d’un demi sac de néré. Les mailles du tamis qui sert à séparer les cotylédons décortiqués des coques et des déchets sont très étroites. Ce qui fait qu’elles ne laissent pas passer les graines de néré. Nous avons essayé avec une machine d’un particulier qui décortique normalement notre néré. Depuis lors, nous pilons les graines de néré pour produire le soumbala », déplore la présidente Ouédraogo. Pour consolider leur autonomie, ces transformatrices des Produits forestiers non ligneux (PFNL) souhaitent la clôture de leur site, l’électrification de l’usine, la formalisation de leur association et la formation en métiers porteurs.

Des enfants rescolarisés

En 2024, grâce au Projet d’autonomisation des femmes et familles déplacées internes des camps de réfugiés de la région du Centre-Nord au Burkina Faso financé par l’Organisation de la coopération islamique (OCI), le Ministère de la Famille et de la Solidarité (MFS) a formé 200 femmes déplacées internes et hôtes en tissage, teinture, couture, saponification, transformation de céréales et production de soumbala. A l’issue de cette formation, chaque bénéficiaire a reçu un kit complet d’installation et un fonds de roulement à hauteur de 100 000 F CFA. Rencontrées le 28 avril 2026, Nebyinga Sawadogo et Edith Bamogo en ont été bénéficiaires. Formées en tissage durant deux semaines et installées depuis juillet 2024, ces ressortissantes de Basnéré, commune de Kaya, avec une dizaine de pagnes tissés mensuellement, arrivent à se prendre en charge et subvenir aux besoins élémentaires de leurs enfants. « Dans le mois, je peux avoir en moyenne 50 000 F CFA. Je participe aussi aux tontines des femmes. J’ai environ 100 000 F CFA dans mon compte », se réjouit Nebyinga Sawadogo. Et Edith Bamogo de renchérir : « Nous ne faisons plus de porte-à-

Malgré son âge avancé (66 ans), Risnata Zoango fait preuve de résilience pour son autonomisation.

porte pour laver des linges sales. Avant, on avait des difficultés pour scolariser nos enfants. Mais avec ce métier, cette année scolaire, tous nos enfants ont repris le chemin de l’école. Nous arrivons aussi à manger à notre faim ». Leur souhait est d’avoir un certificat de formation pour pouvoir former d’autres femmes vulnérables.

Esther Sawadogo, 27 ans, mère de deux enfants, originaire de Dablo, a trouvé refuge au secteur 4 de Kaya, depuis 2019. Rencontrée le 25 avril 2026, elle exerce la couture, depuis 2021, après avoir bénéficié d’une formation de six mois, suivie d’une dotation en kit complet de couture. Installée dans la cour familiale, elle reconnait que cette assistance a facilité son autonomisation économique. « Actuellement, je peux coudre tous les modèles des femmes. Je gagne bien ma vie dans ce métier. Les dépenses liées à l’achat des condiments, du savon, du bois de chauffe et certains besoins de mes enfants sortent dans la couture. Je peux économiser par mois 25 000 F CFA», rassure-t-elle, toute confiante. Grâce aux bénéfices engrangés, Esther Sawadogo a développé d’autres activités parallèles à la couture. « Je prépare et vends des gâteaux et ça marche bien. Je pratique aussi l’élevage de la volaille. Je suis dans une tontine et je viens de prendre mes 9 mois de cotisation qui s’élèvent à 65 000 F CFA», liste-t-elle, très ravie, pédalant sa machine à couture.

Un revenu mensuel de 300 000 F CFA

Elle projette de construire son atelier dans sa cour. Employant deux femmes PDI dans son atelier, Esther Sawadogo ambitionne se spécialiser dans la broderie. Notre interlocutrice souhaite la mise à l’échelle ces initiatives de relèvement au profit des personnes vulnérables afin de sortir la femme rurale de la pauvreté.

Agée de 30 ans, mère de deux enfants, Zarata Sawadogo, résidant au secteur 4 de Kaya, cumule diverses compétences : plomberie, électricité-bâtiment, froid-climatisation, énergie solaire, installation d’antennes paraboliques et réparation de forage. En l’espace de six ans et sans formation professionnelle de base, elle a su s’imposer au point qu’elle dirige aujourd’hui une entreprise qu’elle a créée en 2023 dénommée : Faso Energie Kaya (FEK). En effet, en 2020, grâce à un projet, elle bénéficie d’une formation en électricité-bâtiment pour une durée de trois mois, suivie d’une dotation en kit minimum.  Trouvant le métier intéressant, elle poursuit son stage pour perfectionner les connaissances acquises. En 2022, Zarata Sawadogo est encore retenue pour une formation en plomberie pour une durée de six mois. A l’issue de cette formation, elle bénéficie d’un kit complet en

L’aménagement du périmètre maraicher de Mogodin a permis d’extirper ces femmes d’un site d’orpaillage.

plomberie. Les soutiens s’enchainent. En 2026, d’autres projets la dotent d’un tricycle et deux échelles 12 pieds et 20 pieds. Toutes ces assistances lui ont permis de développer ses métiers pour être financièrement autonome. « Aujourd’hui, si je tends la main à mon mari c’est par plaisir sinon je peux me prendre en charge et assurer l’éducation de mes enfants », rend-t-elle grâce. A l’entendre, son revenu mensuel est estimé à 300 000 F CFA. Avec la formalisation de son entreprise, dame Sawadogo décroche des marchés auprès des projets et particuliers. « Mon premier marché venu d’un projet à consister à former quatre stagiaires en électricité-bâtiment. J’ai aussi eu un autre marché de livraison de matériels et de main-d’œuvre en électricité-bâtiment de 2 millions F CFA d’un celibatérium de trois portes. Je gagne aussi des marchés auprès des populations », se frotte-t-elle les mains. Elle dit avoir également formé au moins 17 apprenants dont des PDI venues de Dori, Arbinda, Dablo et qui se sont installés à leur propre compte.

La présidente des femmes de l’usine de Barsalogho, Rakiéta Ouédraogo : « La production de soumbala renforce notre résilience face à la crise sécuritaire ».

Rencontrée au secteur 6 de Kaya, dans la soirée du 26 avril 2026, sur un chantier d’installation d’un climatiseur, Zarata Sawadogo est positivement appréciée par ses clients pour son professionnalisme. « L’installation a été bien faite. Je suis satisfait de son travail. En tant qu’éducateur, nous prônons l’excellence des femmes et filles dans les métiers techniques et professionnels », déclare Issaka Sawadogo, économe au CEG de Wemtenga A de Kaya. Même son de cloche pour son maitre de stage, Harouna Tontorogbo. Zarata

Sawadogo a été placée dans son entreprise pour son premier stage de trois mois en électricité-bâtiment avec 26 stagiaires.  A l’écouter, pour le stage, seuls Zarata et deux hommes ont pu tenir jusqu’au bout. « Si elle travaille dans un chantier pour la première fois, la prochaine fois le client la réclame, parce qu’elle fait un bon travail », témoigne M. Tontorogbo.

Aujourd’hui épanouie dans ses différentes activités, la technicienne traduit toute sa reconnaissance au ministère en charge de la solidarité et ses partenaires pour cette autonomisation. Son projet est de construire un centre de formation. Elle invite donc les femmes à plus de détermination et de volonté dans leurs activités.

Emil SEGDA

Segda9emil@gmail.com


Karim Diallo, directeur régional de la Famille des Koulsé

« Aider les ménages à quitter leur statut de vulnérabilité »

Le ministère de la Famille et de la Solidarité et ses partenaires mettent dorénavant l’accent sur l’autonomisation des personnes vulnérables à travers des formations en métiers porteurs. Pourquoi ce changement de paradigme ?

Avec la rareté des ressources, l’Etat ne peut pas indéfiniment continuer à aider les gens dans l’assistanat. Un adage dit qu’au lieu de donner du poisson à quelqu’un, apprend lui à pêcher. C’est pourquoi, le ministère oriente ses actions vers les activités impactantes qui touchent un grand nombre de personnes pour leur permettre d’être autonomes et de se prendre en charge. Il faut apprendre aux personnes vulnérables à entreprendre, à être autonomes sur tous les plans pour qu’elles puissent accompagner aussi leurs familles ou employer d’autres personnes vulnérables. L’objectif est d’amener ces ménages à quitter leur statut de vulnérabilité en les rendant économiquement autonomes.

En termes de formation, qu’est ce qui est fait sur le terrain ?

En 2025, nous avons formé et installé 3 637 personnes vulnérables dans divers métiers porteurs tels que l’agriculture et l’élevage (2048 bénéficiaires), la transformation agroalimentaire (256 personnes), l’artisanat : coupe-couture et tissage (476 bénéficiaires), les petits commerces et diverses (857 personnes). Majoritairement des femmes, les bénéficiaires sont des personnes retournées, des déplacés internes et des populations-hôtes vulnérables. Nous avons aussi mis en place des mécanismes de suivi des personnes formées et installées à travers des visites régulières à domicile ou dans leurs lieux de travail pour s’assurer que les matériels et les animaux reçus sont utilisés au bénéficie de la famille. Et, les résultats sont encourageants. Par exemple, plus de la moitié de ceux qui ont été accompagnés dans les petits commerces et diverses, en 2025, sont devenus aujourd’hui économiquement autonomes, se prennent en charge et emploient même d’autres personnes vulnérables. C’est pourquoi, j’invite les bénéficiaires à travailler à ce que leurs activités soient un succès et qu’ils soient des exemples dans leurs sociétés et surtout rendre visibles les efforts consentis par l’Etat et ses partenaires pour leur autonomisation. Je profite remercier les partenaires humanitaires pour leur accompagnement dans ces activités impactantes.

Dans ce processus de relèvement et d’autonomisation des personnes vulnérables, les femmes sont majoritairement bénéficiaires. Pourquoi cette discrimination positive ?

La femme est le pilier de la famille. Lorsqu’elle est autonome, elle accompagne et appuie le mari dans la gestion de la famille. Avec ce contexte actuel d’insécurité, beaucoup d’hommes se retrouvent sur les sites d’orpaillage ou sont partis en exil laissant leurs femmes avec les enfants. De même, beaucoup d’hommes sont restés dans des attaques terroristes, obligeant certaines femmes à devenir des cheffes de ménage. En autonomisant donc la femme, on est sûr que la famille va en profiter. Dans tous les cas, nous accompagnons le ménage pour qu’il puisse quitter son statut de vulnérabilité.

Interview réalisée par E.S.


Une synergie d’actions entre ministères

Pour plus d’efficacité dans le relèvement et l’autonomisation économique des personnes vulnérables, les ministères en charge de la Famille et de l’Agriculture conjuguent leurs efforts sur le terrain à travers la distribution gratuite des intrants agricoles (semences, engrais, matériels), des animaux et des vivres au profit des personnes retournées. Cette synergie d’actions encourage non seulement les déplacés internes à rejoindre leurs villages reconquis et consolidés par les forces combattantes, mais aussi, facilite leur résilience et relèvement pour leur reconstruction socioéconomique.

E.S.

Réformes des Nations unies: la vision du Burkina trouve un écho favorable à New-York

La vision du Burkina Faso sur les réformes nécessaires à engager au sein des Nations unies pour un multilatéralisme véritablement au service des peuples vient d’obtenir l’attention des premiers responsables de cette organisation.

Cette vision qui est portée par les plus hautes autorités et qui prône des réformes courageuses, profondes et réalistes au niveau de l’architecture, du mode de désignation des acteurs et du financement dans le système onusien, a convaincu les premiers responsables de l’ONU qui viennent de désigner notre pays, pour la phase pilote de mise en œuvre des nouvelles réformes de cette organisation. Sur l’ensemble des 193 Etats membres, le Burkina Faso fait partie des 12 pays dont les visions ont trouvé l’adhésion des premiers responsables de cette organisation, et c’est le résultat de l’engagement de tous les acteurs chargés de défendre les intérêts de notre pays sur la scène internationale.

L’information a été donnée par le Coordonnateur-résident par intérim du système des Nations unies au Burkina Faso, camarade Maurice Azonnankpo, à l’occasion d’un panel organisé ce 1er juillet à Koudougou, en marge de l’atelier de restitution des travaux de la 80e session de l’Assemblée générale de l’ONU. Tout en félicitant le Burkina Faso pour avoir su faire entendre sa vision, le Coordonnateur -résident par intérim du système des Nations unies encourage notre pays à continuer dans cette dynamique avec courage et audace, pour imprimer durablement sa marque dans l’initiative ONU 80 qui vise à réinventer cette organisation.

Avec le camarade ancien ministre des Affaires étran-gères Moussa Nebié, à la modération, le camarade ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a co-animé ce panel, à travers une communication sur le thème : « Quelles réformes pour un multilatéralisme au service des peuples ? ». Pour le chef de la diplomatie burkinabè, le multilatéralisme doit se rééquilibrer et offrir des espaces d’expression à tous les acteurs, afin que certains Etats ne subissent plus le diktat d’autres Etats dits puissants, notamment ceux membres du Conseil de sécurité. Il a aussi relevé la nécessité d’un changement de paradigme dans l’architecture ainsi que les outils et mécanismes de financement pour éviter que le désen-gagement d’un Etat membre n’impacte pas la bonne marche de l’organisation ainsi que les actions au profit des populations bénéficiaires des programmes des Nations unies.

Au regard de la pertinence des thématiques abordées et de la qualité des communications, le panel a été suivi avec beaucoup d’intérêt par les participants. Entre contributions, suggestions et questions-réponses, les panélistes et les participants ont eu des échanges fructueux, dans le sens de faire davantage entendre la voix et la vision du Burkina Faso à l’ONU et d’aligner les interventions du système des Nations unies au Burkina Faso sur les priorités nationales. Recommandation a été faite de tenir ce cadre d’échanges de façon régulière pour rendre les interactions encore plus dynamiques entre acteurs étatiques et onusiens. En attendant, rendez-vous a été pris pour une participation réussie du Burkina Faso et des deux autres pays de la Confédération AES à la 81e session de l’AG des Nations unies en septembre prochain.

DCRP/MAE

Gayéri : Lourde débâcle terroriste face à la riposte foudroyante des Forces combattantes, un arsenal de guerre saisi

Les Forces combattantes ont infligé un revers cinglant à un groupe armé terroriste qui a tenté, le mardi 30 juin 2026, de s’attaquer au détachement militaire de Gayéri. La contre-offensive immédiate et les opérations de ratissage vigoureuses ont mis les assaillants en déroute, permettant de neutraliser de nombreux terroristes et de mettre la main sur un impressionnant butin de guerre.

Selon des sources sécuritaires, l’attaque désespérée a visé le Bataillon d’intervention rapide (BIR 20) basé dans la ville de Gayéri. La réaction du bataillon ne s’est pas fait attendre : acculés par la puissance de feu des Forces de défense et de sécurité (FDS) et des VDP, les assaillants ont été littéralement balayés. Les opérations de ratissage qui ont suivi ont permis de neutraliser plusieurs dizaines de combattants ennemis en fuite. Preuve de la panique qui s’est emparée des terroristes face à la fureur de la riposte, ces derniers ont abandonné derrière eux la quasi-totalité de leur logistique.

Les Forces combattantes ont ainsi récupéré un véritable trésor de guerre comprenant des motos, des armes lourdes, des munitions et des équipements de télécommunication. On dénombre également des plaques solaires, d’importants lots de produits pharma-ceutiques, du matériel de couchage, des ustensiles de cuisine, des exemplaires de livres saints et divers équipements mécaniques des-tinés à l’entretien de leurs motos. Les opérations de sécurisation et de nettoyage se poursuivent avec détermination dans toute la zone afin de traquer les derniers fuyards, de consolider le retour absolu au calme et de garantir la sécurité des populations.

Agence d’Information du Burkina

Un sexagénaire abat son frère croyant que c’était un chat

S.S a comparu devant la chambre criminelle du TGI de Dédougou, le jeudi 25 juin 2026 pour des faits de meurtre sur la personne de B.S, son petit frère germain, et de détention illégale d’arme à feu et des munitions. Les faits se sont déroulés dans la nuit du 21 au 22 septembre 2023 à Yankasso, localité de la commune rurale de Safané dans la province du Mouhoun, région de Bankui. Cultivateur, dozo et récemment incorporé dans les rangs des supplétifs de l’armée, l’accusé a expliqué qu’il rentrait ce jour-là d’un mariage aux environs de 21 heures. Il avait sur lui une arme de calibre douze avec quatre munitions. Arrivé à son domicile, il a dit avoir ouvert la grande porte et soudain, il a aperçu un chat qui fonçait sur lui. « J’ai alors fait usage de mon arme et j’ai tiré sur l’animal », a-t-il confié à la (…)

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Yacouba BELEM

BADINI Bassirou