Présidence du Faso: Le Conseil d’orientation de l’IPN-Farafina à l’écoute du Président du Faso

Le Président du Faso, le Camarade Capitaine Ibrahim TRAORÉ a reçu en audience, le 03 juillet 2026 les membres du Conseil d’orientation de l’Institut des Peuples Noirs-Farafina, conduits par le président, Camarade Claude Aimée TASSEMBEDO.

Les 13 membres du Conseil d’orientation de l’IPN-Farafina et les quatre membres observateurs sont venus recueillir les orientations et les conseils du Président du Faso après leur installation le mardi 30 juin dernier et la tenue de leur première session ordinaire.

Pour le Président du Conseil d’orientation de l’IPN – Farafina, Camarade Claude Aimé TASSEMBEDO, la première session du Conseil a permis de mettre en place les outils nécessaires au fonctionnement de l’institut

« Nous sommes venus pour recevoir les orientations du Chef de l’État, car vous connaissez le positionnement de l’IPN-Farafina dans le contexte national et international d’aujourd’hui. Nous avons la lourde mission de sensibiliser, de construire, et à la fois de contribuer à la renaissance des Peuples Noirs », a indiqué le Président du Conseil d’orientation, Camarade TASSEMBEDO à l’issue de l’audience.

La première session du Conseil d’orientation, tenue du 30 juin au 2 juillet 2026 a permis, selon son président, de « travailler sur les statuts, l’organisation, le règlements intérieur, et également tout ce qu’il faut comme accompagnement pour mettre l’IPN-Farafina en route ».

Direction de la communication de la Présidence du Faso

105ᵉ anniversaire de la fondation du Parti communiste chinois : Un siècle de marche ouvre une nouvelle voie, la coopération sino-burkinabè écrit un nouveau chapitre

Le 1er juillet 2026 marque le 105ᵉ anniversaire de la fondation du Parti communiste chinois. Depuis plus d’un siècle, le Parti communiste chinois conduit le peuple chinois dans une transformation historique. Il a renversé les forces de l’impérialisme, du féodalisme et du capitalisme bureaucratique, fondé la République populaire de Chine où le peuple est maître de son destin, et mis définitivement fin à l’histoire de la Chine semi-coloniale et semi-féodale. En quelques décennies seulement, la Chine a accompli un processus d’industrialisation qui avait nécessité plusieurs siècles aux pays développés. Elle a créé les deux grands miracles que sont une croissance économique rapide et une stabilité sociale durable, réalisé un bond historique en faisant passer le niveau de vie de sa population de la simple satisfaction des besoins essentiels à une société de moyenne aisance, puis à une société de moyenne aisance intégrale. Elle a ainsi ouvert avec succès la voie du socialisme à la chinoise, transformant profondément les dynamiques et les équilibres du développement mondial. La modernisation à la chinoise a donné naissance à une nouvelle forme de civilisation humaine. Elle a élargi les voies permettant aux pays en développement d’accéder à la modernisation et offre à ces derniers une approche chinoise ainsi que de nouvelles opportunités de développement.

Premièrement, persévérer dans l’indépendance et l’autonomie. Depuis sa fondation, le Parti communiste chinois s’attache à adapter les principes fondamentaux du marxisme aux réalités concrètes de la Chine. Il s’est toujours appuyé sur les conditions nationales du pays, sans reproduire mécaniquement un quelconque modèle étranger, et a suivi avec détermination une voie de développement adaptée aux réalités chinoises, ouvrant avec succès la voie du socialisme à la chinoise. La pratique a pleinement démontré qu’il n’existe pas de modèle universel de modernisation applicable à tous les pays. Chaque nation doit partir de sa propre réalité et explorer de manière indépendante une voie de développement conforme à ses conditions nationales. Ces dernières années, le Burkina Faso s’est attaché à préserver sa souveraineté, sa sécurité, sa stabilité ainsi que son autonomie économique, tout en faisant progresser l’industrialisation et la modernisation de son agriculture. Cette démarche, fondée sur les réalités nationales et l’exploration autonome d’une voie de développement propre, traduit une convergence de vues avec la Chine sur l’importance de l’indépendance, de l’autonomie et de la confiance en ses propres forces dans le processus de développement.

Deuxièmement, placer le peuple au centre du développement. Le Parti communiste chinois a toujours adhéré à une philosophie de développement centrée sur le peuple. Il œuvre de tout cœur au service de la population, fait de l’aspiration du peuple à une vie meilleure son objectif et considère l’amélioration du bien-être de la population comme la finalité fondamentale du développement. Depuis la résolution du problème de l’alimentation et de l’habillement grâce à la politique de réforme et d’ouverture, jusqu’à l’édification intégrale d’une société de moyenne aisance, l’élimination historique de l’extrême pauvreté, puis la promotion constante de la prospérité commune, la Chine s’est toujours attachée à faire en sorte que le développement soit au service du peuple, repose sur le peuple et bénéficie au peuple. Elle s’emploie ainsi à renforcer sans cesse le sentiment d’accomplissement, de bonheur et de sécurité de sa population. Cette philosophie trouve également un écho dans la pratique du Burkina Faso visant à promouvoir la « Révolution populaire progressiste ». Le gouvernement burkinabè s’appuie étroitement sur le peuple pour faire avancer la révolution et le développement social, s’attache à améliorer les conditions de vie de la population et œuvre continuellement à l’élévation de son niveau de vie. La partie chinoise est disposée à poursuivre l’approfondissement de sa coopération avec la partie burkinabè dans les domaines de l’agriculture, de la santé, de l’éducation et de la réduction de la pauvreté, tout en renforçant les échanges humains ainsi que l’apprentissage mutuel entre les civilisations de nos deux pays, afin de mieux apporter des bénéfices tangibles aux deux peuples.

Troisièmement, persévérer dans l’ouverture et la coopération. La Chine demeure attachée au multilatéralisme et s’emploie activement à promouvoir la coopération Sud-Sud. Les initiatives proposées par la Chine, notamment l’Initiative « la Ceinture et la Route », l’Initiative pour le développement mondial, l’Initiative pour la sécurité mondiale, l’Initiative pour la civilisation mondiale ainsi que l’Initiative pour la gouvernance mondiale, apportent des solutions chinoises à l’amélioration de la gouvernance mondiale et à la promotion du développement commun. Récemment, la Chine a accordé un traitement tarifaire de zéro droit de douane sur 100 % des lignes tarifaires aux produits en provenance des 53 pays africains entretenant des relations diplomatiques avec elle, permettant ainsi aux pays africains, y compris le Burkina Faso, de partager les opportunités offertes par le développement de la Chine. S’appuyant sur l’immensité de son marché, l’intégrité de son système industriel et ses avantages technologiques, la Chine est disposée à partager avec le Burkina Faso les opportunités de son développement, à renforcer les capacités de développement autonome de la partie burkinabè, à favoriser le passage d’une assistance ponctuelle à un développement fondé sur l’autonomisation, ainsi que d’une aide matérielle à la transmission de savoir-faire, à intensifier les transferts de technologies et le renforcement des capacités, afin de réaliser ensemble un développement et une prospérité partagés et de promouvoir la construction d’une communauté d’avenir partagé pour l’humanité.

Quatrièmement, persévérer dans une planification scientifique. La Chine a toujours fait de la planification scientifique un moteur essentiel de sa modernisation. Du premier Plan quinquennal au 15ᵉ Plan quinquennal, elle poursuit avec constance une même vision de développement, en assurant une articulation harmonieuse entre les objectifs par étapes et la stratégie de développement à long terme, tout en garantissant la continuité des politiques et la stabilité du développement. Cette approche constitue une garantie importante du développement économique et social durable du pays et offre des enseignements utiles aux autres pays en développement dans leur marche vers la modernisation. Cette année marque le lancement du 15ᵉ Plan quinquennal de la Chine. De son côté, le Burkina Faso a élaboré son « Plan National de Développement (PND) 2026-2030: RELANCE ». Les stratégies de développement des deux pays, fondées à la fois sur une vision de long terme et sur des actions concrètes adaptées aux réalités présentes, présentent une forte convergence. La partie chinoise est disposée à renforcer l’articulation entre le 15ᵉ Plan quinquennal chinois et le Plan quinquennal de relance du Burkina Faso, à mettre en œuvre les acquis du Sommet de Beijing du Forum sur la coopération sino-africaine, à approfondir la coopération pragmatique dans tous les domaines et à contribuer davantage au développement autonome ainsi qu’au redressement économique du Burkina Faso.

Cinquièmement, persévérer dans l’auto-réforme. Le courage de se réformer soi-même constitue l’une des principales raisons qui expliquent le développement continu et la vitalité durable du Parti communiste chinois. Depuis l’entrée dans la nouvelle ère, le Parti communiste chinois s’attache à renforcer sa capacité de gouvernance à long terme, à préserver des liens étroits avec le peuple, à mener avec détermination une lutte globale, résolue et de longue haleine contre la corruption, à faire de son auto-réforme le moteur de l’approfondissement intégral de la réforme, à perfectionner continuellement le système institutionnel, à moderniser la gouvernance et à améliorer sans cesse l’environnement du développement, offrant ainsi une solide garantie à la modernisation à la chinoise. La pratique montre que la capacité d’un pays à se perfectionner en permanence, à approfondir les réformes et à promouvoir l’innovation constitue un fondement essentiel pour préserver son dynamisme de développement et assurer une stabilité durable. À l’heure actuelle, le Burkina Faso s’emploie activement à renforcer ses capacités de gouvernance, à poursuivre la lutte contre la corruption, à approfondir les réformes et à améliorer l’efficacité de l’action publique, contribuant ainsi à la préservation de la stabilité nationale et au développement économique et social. La partie chinoise est disposée à renforcer les échanges avec la partie burkinabè en matière de gouvernance de l’État, à promouvoir ensemble la modernisation des systèmes et des capacités de gouvernance, et à demeurer des partenaires et des frères partageant les mêmes idéaux sur la voie de la modernisation.

Alors que les changements inédits depuis un siècle s’accélèrent et que le monde entre dans une nouvelle période de turbulences et de transformations, l’humanité se trouve une nouvelle fois à la croisée des chemins. Dans cette nouvelle étape de développement, la Chine est prête à continuer d’enrichir avec le Burkina Faso le contenu de leur partenariat stratégique, à renforcer l’articulation de leurs stratégies de développement, à mettre en œuvre les acquis du Sommet de Beijing du Forum sur la coopération sino-africaine, à approfondir la coopération pragmatique dans les domaines de l’agriculture, de la santé, de l’énergie, des infrastructures et des échanges humains, ainsi qu’à assurer la mise en œuvre effective des politiques telles que la coopération de haute qualité dans le cadre de l’Initiative « la Ceinture et la Route » et le régime de zéro droit de douane, afin de promouvoir ensemble la modernisation. La Chine est également disposée à travailler avec le Burkina Faso pour porter haut les valeurs de paix, de développement, de coopération et de bénéfices mutuels, promouvoir les valeurs communes de l’humanité, favoriser l’édification de nouvelles relations internationales, et devenir ensemble des bâtisseurs de la paix mondiale, des contributeurs au développement mondial et des défenseurs de l’ordre international.

Monsieur ZHAO Deyong,

Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire

de la République populaire de Chine au Burkina Faso

 

 

Soutenance de thèse unique Zalissa Semdé obtient la mention très honorable avec les félicitations du jury

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Zalissa Semdé a soutenu sa thèse unique de doctorat en Lettres modernes sur le thème : “Esthétique et symbolique des figures féminines sur bois au musée national du Burkina Faso : approche ethno-esthétique “, jeudi 2 juillet 2026 à l’université Joseph-Ki-Zerbo.

L’univers scientifique accueille une nouvelle contribution à la recherche. En effet, la doctorante Zalissa Semdé a soutenu avec brio sa thèse unique de doctorat en Lettres modernes le jeudi 2 juillet 2026 à l’université Joseph-Ki-Zerbo, sous la présidence du professeur Madeleine Konkobo. Le thème qui a guidé son travail de recherche est : “Esthétique et symbolique des figures féminines sur bois au musée national du Burkina Faso : approche ethno-esthétique “. Ce thème a identifié une problématique relative aux représentations féminines au musée national du Burkina Faso.

A travers un corpus de 35 sculptures conservées dans ledit musée, Zalissa Semdé a analysé les formes, les fonctions et les significations des représentations féminines des objets sculptés, en interrogeant leurs valeurs esthétiques et leurs portées symboliques. La présentation de sa thèse était structurée en neuf chapitres répartis en trois grandes parties. Dans la première partie, la candidate s’est donné pour mission d’identifier la nature et la typologie des figures féminines dans les collections du musée national. Dans la deuxième partie, elle s’est intéressée aux milieux socioculturels des figures féminines sur bois du musée national. Et dans la troisième partie, elle s’est focalisée sur l’art des figures féminines sur bois dans les collections du musée national, notamment l’esthétique et la symbolique.

Il est ressorti de son travail de recherche que les figures féminines du musée national regroupent entre autres des poteaux sculptés, des statuettes, des poupées traditionnelles, des masques (…). D’après ses propos, ces œuvres utilisent un langage formel puissant pour incarner des concepts spirituels liés à la féminité, à la création et à la lignée. Les résultats de sa recherche scientifique ont également démontré que ces figures ne sont pas de simples représentations mais des objets rituels puissants dont la forme esthétique est indissociable de sa fonction religieuse de médiation, de protection et d’expression des valeurs sociétales. Il est aussi ressorti, que l’esthétique des formes féminines sur bois célèbre une beauté fonctionnelle symbolique et spirituelle intrinsèquement liée à la culture et aux valeurs des sociétés qui les ont créés.

Elle célèbre selon elle, la femme à travers des thématiques diverses relevant du naturel et du surnaturel. A l’issue de la présentation, la thèse de Zalissa Semdé a été sanctionnée par une mention très honorable, avec les félicitations du jury. La directrice de thèse, Professeur Saré Honorine a indiqué que ce travail s’inscrit dans l’ère du temps, en ce sens qu’il s’intéresse aux expressions et objets culturels du Burkina Faso. Pour elle, les résultats de cette recherche contribueront à renforcer l’identité culturelle du pays des Hommes intègres. Pr Saré a salué, par ailleurs, la pertinence ainsi que la qualité du document en formulant des recommandations afin de permettre à l’impétrante d’améliorer sa thèse. – Nadège YE

Lydia Esther BILLA (Stagiaire)

Cérémonial militaire : « Thomas Sankara demeure une lumière pour notre avenir », le ministre Aboubakar Nacanabo

Le cérémonial militaire solennel d’hommage au père de la Révolution et à ses compagnons, organisé chaque premier jeudi du mois, au Mémorial Thomas-Sankara a été présidé par le ministre de l’Economie et des Finances, Aboubakar Nacanabo le 2 juillet 2026.

Les hommages en la mémoire du capitaine révolutionnaire Thomas Sankara se poursuivent au Mémorial qui porte son nom. Ainsi, le jeudi 2 juillet 2026, à Ouagadougou, les populations ont répondu présent au traditionnel cérémonial militaire d’hommage qui se tient chaque premier jeudi du mois. Cette fois ci, c’est le ministère de l’Economie et des Finances, avec à sa tête son premier responsable, Aboubakar Nacanabo, qui était à l’honneur. La cérémonie a connu la mobilisation du personnel du département, du président de l’Institut des Peuples Noirs (IPN-FARAFINA), Apollinaire Joachimson Kyelèm de Tambèla, ainsi que des membres de son conseil d’orientation.

Comme à l’accoutumée, les participants à cette cérémonie d’hommage ont assisté au protocole de relève de la garde militaire, présenté par la Garde rouge et de la Cavalerie du groupement d’escorte et d’honneur de la Gendarmerie nationale. Le président de la cérémonie du mois, le ministre chargé des Finances, Aboubakar Nacanabo, a fait savoir, dans un hommage vibrant, que plus les années passent, plus le souvenir de Thomas Sankara s’affirme et plus les décennies s’écoulent, plus son message trouve des héritiers. Cette permanence, a-t-il souligné, n’est ni le fruit du hasard, ni celui de la nostalgie.

Les autorités présentes à la cérémonie d’hommage ont eu droit à un hommage vibrant au capitaine Thomas
Sankara.

« Elle trouve sa source dans la force d’une vision, la puissance d’un engagement et la portée universelle d’un message que Thomas Sankara avait lui-même résumé avec une remarquable lucidité : On peut tuer un homme, mais on ne peut pas tuer ses idées », a fait savoir le ministre chargé des Finances. Il a ajouté que Thomas Sankara demeure l’une des figures les plus lumineuses de l’histoire contemporaine de l’Afrique et dont le combat pour la souveraineté nationale, la justice sociale, la promotion de la femme, la protection de l’environnement, la lutte contre la corruption et la défense des plus vulnérables demeure une source d’inspiration qui dépasse largement les frontières du Burkina.

« Son message traverse les décennies sans perte de sa force. Il continue de nous interpeller, inspirer et obliger. A bien des égards, la Révolution progressiste populaire traduit cette volonté de poursuivre le combat pour la souveraineté nationale, pour la défense des intérêts du peuple et la construction d’un Burkina Faso libre, résilient, digne et prospère », a soutenu Aboubakar Nacanabo. Le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a souligné que le Mémorial Thomas-Noël-Sankara est désormais le haut lieu de mémoire et d’hommage régulièrement rendu au père de la Révolution d’Août 1983 et à ses compagnons d’infortune.

« Le camarade Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a instruit depuis l’inauguration du Mausolée intervenue le 17 mai 2025, qu’à chaque premier jeudi du mois, nous puissions nous retrouver là avec les dignes Burkinabè, les dignes fils d’Afrique et du reste du monde qui adhèrent à l’idéal sankariste », a-t-il dit. Par ailleurs, le ministre chargé de la Culture a rappelé que la contribution de tous est attendue à l’initiative « Ma brique pour Sankara ». C’est par une visite guidée, dans l’ensemble des pans du Mémorial Thomas-Sankara que la cérémonie d’hommage qui lui est dédiée a pris fin.

Soumaïla BONGOUNGOU

Assami TIENDREBEOGO (Stagiaire)

Lutte contre le terrorisme : le FSP, un symbole de patriotisme et de résilience des Burkinabè

Mis en place en 2023 par le gouvernement pour centraliser les contributions financières destinées à soutenir les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) et les forces armées dans la lutte contre le terrorisme, le Fonds de soutien patriotique (FSP) cumule une mobilisation d’environ 660 milliards F CFA au 28 juin 2026. Cette mobilisation qui, à chaque fois, dépasse les prévisions, témoigne d’une confiance solidement établie entre les plus hautes autorités du pays et les populations, l’efficacité des mécanismes de mobilisations et la transparence qui entoure sa gestion.

Trois ans après son lancement (2023), le Fonds de soutien patriotique (FSP) est devenu l’un des principaux symboles de la résilience et de la solidarité des Burki-nabè face aux défis sécuritaires. Créé pour soutenir les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) et les Forces de défense et de sécurité (FDS), il traduit l’engagement d’un peuple à participer activement à la reconquête du territoire national et au retour de la paix. En effet, les perfor-mances du Fonds témoignent d’une mobilisation exceptionnelle des populations au service de la reconquête totale du territoire et de la souveraineté.

Ainsi, sur une prévision de 100 milliards F CFA en 2023, plus de 99 milliards FCFA soit un taux de 99,04 % ont été collectés pour le Fonds de soutien patriotique (FSP). En 2024, plus 175 milliards F CFA ont été mobilisé sur 150 milliards F CFA attendus, soit un taux de 117,12 %. Au titre de l’année 2025, plus de 222 milliards F CFA ont été recouvrés sur une prévision de 150 milliards FCFA (plus de 148 %). Pour 2026, le premier semestre montre déjà des signaux positifs avec 162,388 milliards F CFA mobilisés au 28 juin 2026, soit 81,19 % de l’objectif annuel fixé à 200 milliards F CFA.

Comparativement à la même période en 2025, les encaissements enregistrent une progression de 66,73 %, ainsi qu’une hausse de 258,49 % par rapport au premier trimestre 2026. Ces chiffres reflètent la confiance des Burkinabè envers un mécanisme dont les effets sont perceptibles sur le terrain. Malgré un contexte économique difficile, citoyens, entreprises, organisations de la société civile et Burkinabè de la diaspora continuent d’apporter leur contribution, convaincus que chaque franc versé participe au renforcement des capa-cités des combattants engagés pour la défense de la patrie.

La transparence

Les ministres de la Communication, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo (droite) et des Finances, Aboubakar Nacanabo, ont salué les efforts des populations pour venir à bout du terrorisme.

« Grâce à ce fonds, les blindés, les armes, les munitions, ont été acquis au profit des forces de défense et de sécurité », avait précisé le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Porte-parole du gouvernement, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, en début d’année 2026. Et le ministre de l’Economie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, de préciser que trois hélicoptères ont été acquis en 2025 avec des moteurs d’hélicoptères sans oublier les travaux de bitumage du tronçon Kaya-Barsalogho. L’adhésion croissante des populations au FSP repose sur la transparence qui caractérise la gestion du Fonds. « Tout se passe dans la transparence totale parce que nous avons mis en place un conseil d’orientation présidé par le Premier ministre, qui se réunit chaque trimestre.

En sus, il y a un comité de gestion chargé de la collecte, de la centralisation et de la gestion des fonds, il se réunit chaque mois pour faire le point. Aussi, le fonds est soumis à des audits de l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption », a rassuré le ministre des Finances. Des exercices de redevabilité ont également été orga-nisés dans plusieurs chefs-lieux de régions au cours du premier semestre 2026.

Une grande chaine de patriotisme

Saluant cette mobilisation, le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a invité les Burki-nabè, le mardi 30 juin 2026, à poursuivre leurs efforts afin de consolider les acquis et de renforcer davantage ce mécanisme de financement souverain.« Plus que jamais, la synergie d’actions entre les institutions publiques, le secteur privé, les organisations de la société civile et l’ensemble des citoyens doit être consolidée et renforcée avec davantage d’audace, de responsabilité et de détermination », a-t-il déclaré.

Le Premier mi-nistre a ainsi invité chaque compatriote à continuer d’apporter sa contribution à cette « grande chaîne de solidarité, de patriotisme et d’engagement citoyen », qu’il considère comme l’une des principales forces du peuple burkinabè. Au nom du président du Faso et du gouvernement, il a traduit sa gratitude aux Bur-kinabè de tous âges et de toutes catégories socioprofessionnelles, pour les contributions qui traduisent leur engagement dans la lutte pour la restauration de la paix dans notre pays.

La rédaction

1ère obligation islamique de l’Etat burkinabè sur le marché financier régional : « Un investisseur chrétien, musulman, d’une autre confession ou sans appartenance religieuse peut souscrire à un Sukuk », Issa Malgoubri, PDG de SGI-IFI

En quête de diversification de ses sources de financement et de sa souveraineté financière, le Burkina Faso, après le succès de son premier Diaspora Bonds, poursuit sa dynamique d’innovation à travers sa première obligation islamique ou Sukuk qu’il lance sur le marché financier régional. Cette opération historique est conduite par la Société de gestion et d’intermédiation Image Finances Internationales (SGI-IFI), en tant qu’arrangeur principal et chef de file de placement de ce tout premier Sukuk souverain de l’Etat burkinabè. D’un montant nominal global recherché de 75 milliards de FCFA, la période de souscription va du 26 juin au 17 juillet 2026. Dans cette interview, le Président-Directeur Général de la SGI-IFI, Issa Malgoubri, aborde les enjeux et les procédures de souscription de cette première opération d’obligation islamique du pays des Hommes intègres sur le marché financier régional. Pour M. Malgoubri, le défi n’est donc pas seulement de lever 75 milliards de FCFA, mais surtout d’installer une nouvelle classe d’actifs dans la culture financière burkinabè. Et le succès de cette opération créerait un précédent considérable et ouvrirait la voie à d’autres Sukuk, aussi bien pour l’Etat que pour les entreprises.

Sidwaya (S) : A travers votre Société de gestion et d’intermédiation Image Finances Internationales (SGI-IFI), pour la première fois, le Burkina Faso lance son premier Sukuk sur le marché financier régional. Pour commencer, pouvez-vous présenter cet instrument financier islamique pour les non-initiés ?

Issa Malgoubri (I.M) : Le Sukuk est souvent présenté comme une obligation islamique. Cette expression a l’avantage de simplifier, mais elle ne suffit pas. Une obligation classique repose généralement sur une relation de dette : un investisseur prête de l’argent à un émetteur, et l’émetteur lui verse des intérêts. Le Sukuk repose sur une logique différente : l’investisseur souscrit des parts représentatives de droits économiques adossés à des actifs réels, à un usufruit, à un service ou à une activité identifiable.

Autrement dit, dans un Sukuk, l’argent n’est pas rémunéré simplement parce qu’il est prêté. Il est rémunéré parce qu’il est rattaché à un actif, à un usage, à une location ou à un flux économique réel. C’est là toute la philosophie de la finance islamique : relier la finance à l’économie réelle, éviter la spéculation pure, réduire l’incertitude excessive, exclure l’intérêt usuraire et privilégier la transparence contractuelle.

Pour le grand public, je dirais les choses simplement : un Sukuk permet à un investisseur de participer au financement d’un actif ou d’un programme de développement, en recevant une rémunération conforme aux principes de la finance islamique. Pour les experts, il faut ajouter que le Sukuk est aussi un instrument sophistiqué de marché, structuré juridiquement, validé réglementairement, organisé autour d’un véhicule dédié et soumis à une discipline de flux, de documentation, de gouvernance et de transparence. La finance islamique n’est donc ni une finance folklorique, ni une finance réservée à une communauté religieuse. C’est une finance de contrat, d’actifs, de responsabilité et de traçabilité.

S : Pouvez-vous présenter ce premier Sukuk de l’Etat burkinabè ?

I.M : Ce premier Sukuk porte le nom de FCES Sukuk Burkina Renaissance 6,80% 2026-2035. Il s’agit d’une opération souveraine par appel public à l’épargne, autorisée dans le cadre du marché financier régional, avec le visa FCES/2026-01/CO-01-2026.

Le montant nominal global recherché est de 75 milliards de FCFA. Les parts prioritaires ont une valeur nominale unitaire de 10 000 FCFA et le prix d’émission est fixé à 100% de cette valeur nominale, ce qui rend le ticket d’entrée accessible aussi bien aux institutionnels qu’aux particuliers. La marge de profit annuelle est de 6,80%, distribuée selon une périodicité semestrielle. La maturité est de 9 ans, de 2026 à 2035, avec une période de grâce en principal de 2 ans. La date ultime d’amortissement prévue est le 22 juillet 2035.

L’utilisation du produit de l’émission est clairement définie : financer des projets de développement économique et social inscrits au budget de l’Etat. C’est un élément important, car il rattache l’opération à une finalité de développement et non à une simple logique de collecte financière. La notation de long terme indiquée dans la documentation est BB+(wu)(IR), sur échelle régionale, avec perspective stable. L’opération réunit enfin une architecture institutionnelle complète : l’Etat du Burkina Faso, à travers le Trésor public, SGI-IFI comme arrangeur principal et chef de file, la Banque islamique du Sénégal comme co-arrangeur et dépositaire, TAIBA Titrisation comme société de gestion, CICE Burkina SA comme commissaire aux comptes, et les SGI agréées par l’AMF-UMOA comme membres du syndicat de placement.

S : Concrètement, comment ce Sukuk est-il structuré ?

I.M : La structure retenue repose sur une logique d’actifs et d’usufruit. Concrètement, l’Etat du Burkina Faso cède l’usufruit d’actifs identifiés au Fonds commun d’émission de Sukuk, pour une durée prévue dans les documents de l’opération. Ce fonds, appelé FCES, est le véhicule qui reçoit les souscriptions des investisseurs et porte les droits économiques attachés à l’opération.

Ensuite, l’Etat intervient comme locataire ou débiteur au titre des biens objets de l’actif Sukuk. Les flux versés par l’Etat permettent au FCES de servir les distributions périodiques aux porteurs de parts, puis d’assurer l’amortissement du principal selon le calendrier prévu.

Pour simplifier : l’investisseur apporte des fonds au FCES ; le FCES acquiert des droits économiques sur des actifs ou usufruits ; ces actifs génèrent des flux contractuels ; ces flux servent à payer la marge de profit et à rembourser progressivement les investisseurs. La différence fondamentale avec une obligation classique est là : on ne rémunère pas de l’argent prêté contre intérêt ; on organise des flux économiques rattachés à un actif, à un droit réel ou à un usufruit. C’est ce qui donne au Sukuk sa cohérence avec les principes de la finance islamique.

Cette structuration est également encadrée. Les actifs admissibles du compartiment émetteur sont les actifs Sukuk, les créances découlant des contrats avec l’Etat et les liquidités détenues ou placées dans les investissements autorisés. Le compartiment ne peut pas acquérir librement d’autres actifs ni procéder à de nouvelles émissions hors du cadre défini. C’est cette rigueur qui protège la lisibilité de l’opération.

S : Quelle est la période de souscription et qui peut ou non souscrire à ce Sukuk ?

I.M : La période de souscription est ouverte du 26 juin au 17 juillet 2026. Pendant cette fenêtre, les investisseurs intéressés peuvent souscrire auprès de SGI-IFI ou auprès des SGI agréées membres du syndicat de placement.

Peuvent souscrire les personnes physiques et morales éligibles : particuliers, entreprises, banques, compagnies d’assurance, caisses de retraite, fonds d’investissement, institutions, associations, investisseurs de la diaspora, investisseurs régionaux et internationaux, sous réserve du respect des règles applicables. Le Sukuk est un instrument de marché ; il est donc accessible à tout investisseur remplissant les conditions réglementaires, documentaires et financières de souscription.

Ne peuvent pas souscrire les personnes ou entités qui ne satisfont pas aux exigences d’identification, de conformité et de traçabilité des fonds. Sont également exclues les personnes frappées d’interdiction légale ou réglementaire, les investisseurs dont la juridiction de résidence interdit ce type de souscription, ou toute souscription effectuée en dehors des canaux autorisés. Ces limites sont indispensables. Un appel public à l’épargne n’est pas une collecte informelle. Il doit obéir à des règles strictes : protection de l’épargnant, lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, identification du souscripteur, traçabilité des fonds, respect des procédures de marché et conformité aux textes de l’AMF-UMOA. Dans un marché moderne, la confiance ne se décrète pas ; elle se documente.

S : Autrement dit, le Sukuk, obligation islamique, n’est pas destiné aux musulmans ?

I.M : Exactement. Le Sukuk n’est pas réservé aux musulmans. Le terme islamique renvoie ici aux principes de structuration financière : adossement à des actifs réels, interdiction de l’intérêt usuraire, transparence contractuelle, exclusion de la spéculation excessive et recherche d’une utilité économique.

Un investisseur chrétien, musulman, d’une autre confession ou sans appartenance religieuse peut souscrire à un Sukuk. Une banque conventionnelle peut en acheter. Une compagnie d’assurance peut en acheter. Un fonds d’investissement peut en acheter. Une entreprise peut en acheter. Ce qui compte, ce n’est pas la religion du porteur, mais la nature de l’instrument.

Il faut sortir d’une lecture réductrice. La finance islamique est certes inspirée par des principes juridiques et éthiques de l’islam, mais elle parle aujourd’hui un langage universel : celui de la finance responsable, de l’actif réel, de la transparence et de la discipline contractuelle. Dans le monde, de nombreux investisseurs non musulmans achètent des Sukuk parce qu’ils y voient un instrument de diversification, de rendement, de stabilité relative et d’adossement économique. Le Burkina Faso, avec cette opération, s’inscrit dans cette même logique d’ouverture.

S : Pour les investisseurs intéressés par cette opération, comment souscrire à ce Sukuk ?

I.M : La démarche est simple, mais elle doit être faite dans les règles. L’investisseur doit s’adresser à SGI Image Finances Internationales ou à toute autre SGI agréée par l’AMF-UMOA membre du syndicat de placement.

S’il dispose déjà d’un compte titres, la procédure est plus rapide. S’il n’en dispose pas, il doit ouvrir un compte titres et fournir les pièces d’identification nécessaires : pièce d’identité pour une personne physique, documents juridiques et fiscaux pour une personne morale, ainsi que les éléments requis au titre de la conformité.

Ensuite, il remplit un bulletin de souscription, indique le nombre de parts souhaité, effectue le paiement correspondant et reçoit, après traitement, les titres inscrits dans son compte. Les distributions futures de marge de profit et les remboursements se feront selon le calendrier prévu, à travers les circuits financiers habituels du marché. Pour l’opération actuelle, SGI-IFI peut être contactée à Ouagadougou, derrière la mosquée de KANAZOE. Contacts : +226 03 37 77 25 / 04 00 00 46 / +226 25 66 78 78 ; contact@image-finance.com. L’essentiel reste de souscrire par un canal agréé, de lire la documentation, de poser les questions nécessaires et d’agir pendant la période officielle de souscription.

S : Quels sont les avantages pour un investisseur d’investir dans un Sukuk, comparativement aux obligations classiques ?

I.M : Je commencerai par une précision importante : le Sukuk n’est pas supérieur par nature à une obligation classique dans tous les cas. Un bon investisseur compare toujours le rendement, la maturité, la liquidité, le risque de crédit, la structure juridique, la fiscalité, le calendrier de remboursement et ses propres objectifs. Mais le Sukuk apporte des avantages spécifiques.

Le premier avantage est l’adossement à des actifs réels. Dans une obligation classique, l’investisseur détient essentiellement une créance sur l’émetteur. Dans un Sukuk, il participe à une structure économique rattachée à des actifs, des droits ou des flux identifiés. Cette logique renforce la lisibilité de l’opération.

Le deuxième avantage est la conformité éthique. Pour les investisseurs sensibles à la finance islamique ou à la finance responsable, le Sukuk offre une solution compatible avec leurs principes. Il évite l’intérêt conventionnel et privilégie des flux contractuels liés à une utilité économique.

Le troisième avantage est la diversification. Un portefeuille bien construit ne doit pas dépendre d’une seule classe d’actifs. Le Sukuk permet aux investisseurs de diversifier leurs placements tout en restant sur un instrument souverain, structuré, documenté et encadré.

Le quatrième avantage est l’impact. Ici, l’épargne collectée vise le financement de projets de développement économique et social inscrits au budget de l’Etat. L’investisseur ne place pas seulement de l’argent ; il participe à une trajectoire de développement.

Enfin, il y a l’accessibilité. Avec une valeur nominale de 10 000 FCFA, ce Sukuk ouvre la possibilité à un grand nombre d’investisseurs de participer à une opération souveraine. C’est un message fort : la finance de marché peut être institutionnelle, mais elle peut aussi être inclusive.

S : Quel est le rôle de la SGI IFI dans cette opération ? Quels sont les autres acteurs impliqués dans la structuration, la conduite de cette opération ?

I.M : SGI-IFI intervient comme arrangeur principal et chef de file de placement. Cela signifie que nous avons un rôle central dans la structuration, la coordination, l’organisation et la mobilisation du marché.

Notre mission consiste à bâtir l’architecture financière de l’opération, coordonner les conseils et les intervenants, préparer la documentation de marché, organiser le dispositif de placement, dialoguer avec les investisseurs, accompagner les étapes réglementaires, vulgariser l’instrument et veiller à la cohérence globale entre les besoins de l’Etat, les exigences du marché et les principes de la finance islamique.

Les autres acteurs sont essentiels. L’Etat du Burkina Faso, à travers le Trésor public, est le porteur souverain de l’opération. Il est au centre de la structuration, bénéficiaire des ressources et engagé dans les flux contractuels prévus. La Banque Islamique du Sénégal intervient comme co-arrangeur et dépositaire. Son expérience dans la finance islamique régionale constitue un apport important. TAIBA Titrisation intervient comme société de gestion du FCES et assure le rôle technique lié à la gestion du véhicule d’émission. CICE Burkina SA intervient comme commissaire aux comptes. Les SGI agréées par l’AMF-UMOA sont membres du syndicat de placement, ce qui permet de toucher un large réseau d’investisseurs dans l’espace régional.

Enfin, l’AMF-UMOA assure le rôle de régulateur du marché financier régional. Elle veille à la protection de l’épargne, au respect des règles et à la qualité de l’information fournie au public. Une opération de cette nature n’est jamais l’œuvre d’un seul acteur. C’est une chaîne de confiance. Et dans une chaîne de confiance, chaque maillon compte.

S : Qu’est-ce qui a motivé l’Etat burkinabè à lancer ce Sukuk ?

I.M : La motivation première est la diversification intelligente des sources de financement. Un Etat moderne ne peut pas dépendre exclusivement des mêmes instruments, des mêmes guichets, des mêmes bailleurs ou des mêmes formes d’endettement. Il doit diversifier ses sources, ses investisseurs, ses maturités et ses instruments.

Le Sukuk permet au Burkina Faso de mobiliser des ressources longues, en monnaie régionale, auprès d’un large public d’investisseurs. Il permet aussi d’attirer une catégorie d’épargne qui peut être sensible à la finance islamique, à la finance éthique ou aux instruments adossés à des actifs réels.

L’intérêt est également budgétaire et économique. Les ressources mobilisées sont destinées au financement de projets de développement économique et social inscrits au budget. Cela signifie que l’opération n’est pas conçue comme une simple opération de trésorerie ; elle est liée à une ambition de développement.

Il y a enfin un intérêt stratégique : en lançant ce premier Sukuk, le Burkina Faso envoie un signal fort au marché régional et aux investisseurs. Il montre qu’il est capable d’innover, de structurer, de respecter les standards du marché et d’ouvrir de nouvelles voies de mobilisation de l’épargne. Cette opération n’est pas seulement financière. Elle est institutionnelle, pédagogique et souveraine.

S : En tant que spécialiste de la finance islamique, comment avez-vous accueilli ce choix des autorités burkinabè de lancer ce premier Sukuk, de faire recours à la finance islamique pour financer son développement ?

I.M : Je l’ai accueilli avec satisfaction, mais aussi avec un grand sens de responsabilité.

Satisfaction, parce que ce choix est cohérent avec les besoins du moment. Le Burkina Faso a besoin de ressources longues, de mécanismes innovants, de confiance de marché et d’instruments capables de mobiliser l’épargne nationale, régionale et diasporique. La finance islamique répond à cette logique, parce qu’elle parle à la fois de financement, d’éthique, d’économie réelle et de gouvernance.

Responsabilité, parce qu’une première opération donne toujours le ton. Un premier Sukuk souverain doit être irréprochable dans sa pédagogie, rigoureux dans sa structuration, clair dans sa documentation et crédible dans son exécution. Lorsqu’on ouvre une porte pour la première fois, il faut l’ouvrir correctement, car d’autres opérations pourront suivre.

Je considère donc cette décision comme une décision visionnaire. Elle ne relève pas d’un effet de mode. Elle traduit une volonté de rechercher des instruments mieux alignés avec les réalités économiques, culturelles et financières de notre pays. Elle montre que la souveraineté ne consiste pas seulement à proclamer une ambition, mais à construire les outils qui permettent de la financer.

S : Peut-on dire que ce Sukuk correspond à la politique de diversification de ses sources de financements du gouvernement burkinabè ? Participe-t-il à la souveraineté économique, financière du Burkina Faso ?

I.M : Oui, pleinement. Diversifier les sources de financement ne signifie pas abandonner les instruments classiques. Cela signifie élargir la boîte à outils de l’Etat. Cela signifie pouvoir recourir, selon les besoins, aux obligations classiques, aux bons du Trésor, aux financements bancaires, aux partenariats, aux Diaspora Bonds, aux instruments de marché et désormais aux Sukuk.

Le Sukuk participe à la souveraineté économique parce qu’il permet de mobiliser de l’épargne à travers le marché régional, dans un cadre maîtrisé, avec des acteurs agréés, une documentation réglementée et une finalité de développement. Il participe aussi à la souveraineté financière parce qu’il réduit la dépendance à une seule forme de financement et élargit la base des investisseurs.

Mais je veux insister sur un point : la souveraineté économique ne veut pas dire isolement. Elle veut dire capacité de choix. Elle veut dire capacité de négocier, de structurer, de mobiliser et d’orienter les ressources vers ses priorités. En ce sens, le Sukuk Burkina Renaissance est un instrument de souveraineté concrète. Il permet à l’épargne nationale, à l’épargne régionale et à l’épargne de la diaspora de devenir une force productive au service du pays. C’est cela, à mes yeux, le véritable enjeu.

S : Après le succès de son premier Diaspora Bonds, ce premier Sukuk constitue-t-il un autre challenge pour le Burkina Faso ?

I.M : Oui, c’est un autre challenge, et il est d’une nature différente. Le Diaspora Bond parle d’abord à un lien affectif, patriotique et territorial. Il mobilise une communauté qui veut contribuer au développement du pays. Le Sukuk ajoute une dimension plus technique : structuration d’actifs, conformité aux principes de la finance islamique, documentation spécifique, pédagogie de marché, calendrier de flux, relation avec des investisseurs parfois très sophistiqués.

Le PDG de SGI-IFI, Issa Malgoubri : « la finance islamique n’a pas vocation à remplacer toute la finance conventionnelle ; elle a vocation à compléter l’offre de financement, à l’élargir, à la rendre plus inclusive et parfois plus cohérente avec certaines valeurs économiques et sociales ».

Le défi n’est donc pas seulement de lever 75 milliards de FCFA. Le vrai défi est d’installer une nouvelle classe d’actifs dans la culture financière burkinabè. Il faut expliquer ce qu’est un Sukuk, ce qu’il n’est pas, comment il fonctionne, qui peut souscrire, quels sont les risques, quels sont les flux et quels sont les droits des porteurs.

Un succès sur cette opération créerait un précédent considérable. Il ouvrirait la voie à d’autres Sukuk souverains, mais aussi à des Sukuk d’entreprises, à des financements structurés conformes à la finance islamique et à une nouvelle profondeur du marché financier régional. Donc oui, c’est un challenge. Mais c’est précisément le type de challenge qu’un pays ambitieux doit accepter.

S : Pour le succès de cette opération, une première pour le Burkina Faso, la mobilisation de tous est-elle nécessaire ?

I.M : Absolument. Une opération de cette nature ne réussit pas seulement grâce à une bonne structuration. Elle réussit lorsque l’écosystème se mobilise.

L’Etat doit porter la vision. Les intermédiaires de marché doivent faire leur travail de pédagogie et de placement. Les banques, les assurances, les caisses de retraite, les fonds et les entreprises doivent analyser l’opération avec rigueur. Les particuliers doivent comprendre qu’ils ont désormais accès à un instrument souverain structuré. La diaspora doit voir dans ce Sukuk une opportunité d’investissement, et non simplement un geste patriotique. Les médias, comme C’Finance, ont également un rôle majeur : expliquer, vulgariser et éclairer.

La finance islamique reste encore mal connue. Quand un instrument est mal connu, il peut être mal compris. Et lorsqu’il est mal compris, le marché hésite. Notre responsabilité collective est donc de transformer l’inconnu en compréhension, la compréhension en confiance, et la confiance en mobilisation. Ce premier Sukuk est une opération nationale par sa portée, régionale par son marché, et internationale par le langage financier qu’elle utilise. Elle mérite une mobilisation à cette hauteur.

S : Avez-vous un appel à lancer ?

I.M : Oui. Mon appel est simple. Aux Burkinabè, je dis : ce Sukuk est une occasion de faire travailler votre épargne dans un cadre structuré, transparent et orienté vers le développement du pays. Ce n’est pas un don. Ce n’est pas une contribution symbolique. C’est un investissement.

A la diaspora, je dis : vous avez toujours soutenu le Burkina Faso par les transferts, par la solidarité familiale, par les initiatives entrepreneuriales. Voici une nouvelle possibilité : soutenir le développement du pays à travers un instrument de marché, encadré, documenté et rémunéré.

Aux investisseurs institutionnels, je dis : analysez l’opération avec exigence, mais regardez aussi ce qu’elle représente pour la profondeur du marché régional. Les grands investisseurs ont un rôle d’entraînement.

Aux particuliers, je dis : ne vous auto-excluez pas de la finance de marché. Avec une valeur nominale de 10 000 FCFA, l’opération a été conçue pour être accessible. Informez-vous, posez vos questions, approchez les SGI agréées.

Enfin, aux professionnels du marché, je dis : nous avons le devoir de faire réussir cette première avec sérieux, pédagogie et exemplarité. Une première opération réussie ne bénéficie pas seulement à un émetteur ; elle bénéficie à tout un marché.

S : Bien qu’elle se développe de plus en plus, la finance islamique reste peu connue. Pourtant certains soutiennent qu’elle constitue une alternative pour le financement des Etats, des entreprises et les particuliers. Etes-vous de cet avis ?

I.M : Oui, je suis de cet avis, à condition de bien comprendre le mot alternative. La finance islamique n’a pas vocation à remplacer toute la finance conventionnelle. Elle a vocation à compléter l’offre de financement, à l’élargir, à la rendre plus inclusive et parfois plus cohérente avec certaines valeurs économiques et sociales.

Pour les Etats, le Sukuk permet de mobiliser des ressources longues, souvent auprès d’investisseurs sensibles à l’éthique, à l’actif réel et à la diversification. Pour les entreprises, la finance islamique offre des solutions comme l’Ijara, la Mourabaha, la Moucharaka, la Moudaraba ou la Wakala, selon les besoins : acquisition d’équipement, financement de stocks, investissements productifs, partenariat, crédit-bail compatible avec les principes islamiques. Pour les particuliers, elle peut soutenir le financement immobilier, l’équipement, l’épargne, l’investissement ou encore l’assurance participative à travers le Takaful.

Sa force est de rappeler une vérité que la finance moderne oublie parfois : l’argent n’est pas une fin en soi. L’argent doit être lié à une activité réelle, à un actif, à un service, à un risque assumé, à une utilité économique.

Mais je le dis avec la même clarté : la finance islamique n’est pas une baguette magique. Elle exige un cadre juridique adapté, une neutralité fiscale, des compétences techniques, une gouvernance de conformité, une bonne documentation, une notation crédible, une information transparente et des acteurs sérieux. Lorsqu’elle est bien conçue, elle peut devenir un puissant levier pour financer les Etats, les entreprises et les particuliers. Lorsqu’elle est mal comprise ou mal structurée, elle perd sa substance. Notre responsabilité est donc de la développer avec rigueur.

S : Avant le Burkina Faso, d’autres pays de l’UEMOA ont lancé des Sukuk sur le marché financier régional. Pouvez-vous nous en dire plus sur ces opérations précédentes ?

I.M : Oui. Le Burkina Faso n’arrive pas dans un vide. La région UEMOA dispose déjà d’une expérience en matière de Sukuk souverains, et cette expérience est précieuse.

Le Sénégal a joué un rôle pionnier avec le Sukuk Etat du Sénégal 6,25% 2014-2018, d’un montant de 100 milliards de FCFA, souvent cité comme une opération fondatrice dans l’espace UEMOA. Le Sénégal a ensuite poursuivi cette dynamique avec le Sukuk Etat du Sénégal 6% 2016-2026, dont le montant effectif a atteint 200 milliards de FCFA.

La Côte d’Ivoire a également émis des Sukuk souverains, notamment le Sukuk Etat de Côte d’Ivoire 5,75% 2015-2020, d’un montant effectif de 150 milliards de FCFA, puis le Sukuk Etat de Côte d’Ivoire 5,75% 2016-2023, dont le montant effectif s’est établi à 160 milliards de FCFA. Le Togo a eu recours à ce mode de financement avec le Sukuk Etat du Togo 6,50% 2016-2026, pour un montant effectif de 156 milliards de FCFA. Le Mali a également lancé le Sukuk Etat du Mali 6,25% 2018-2025.

Ces expériences nous enseignent trois choses. Premièrement, le marché régional sait techniquement accueillir des Sukuk souverains. Deuxièmement, les investisseurs comprennent progressivement cet instrument, surtout lorsqu’il est bien expliqué. Troisièmement, chaque opération a sa propre vérité : son succès dépend de la qualité de l’émetteur, de la conjoncture de liquidité, du rendement proposé, de la notation, de la pédagogie, du calendrier et de la confiance.

Le Burkina Faso entre donc dans une voie déjà ouverte par d’autres, mais avec sa propre identité, son propre contexte et sa propre ambition. Le Sukuk Burkina Renaissance n’est pas une imitation. C’est l’appropriation burkinabè d’un instrument éprouvé, au service d’une stratégie nationale de financement.

Interview réalisée par

Mahamadi SEBOGO

Windmad76@mail.com

Flash

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Dans les grandes villes, certains espaces verts sont devenus des lieux de défécation à l’air libre. Surtout, en cette saison des pluies, la défécation à l’air libre constitue un enjeu majeur de santé publique et de salubrité. La loi portant code de l’hygiène publique interdit à toute personne de rejeter des déchets (y compris humains) dans des conditions qui portent atteinte à la santé de l’homme, de l’animal ou à l’environnement. Donc, c’est le lieu d’interpeller ces personnes à arrêter cette pratique, car les excretas humains laissés à l’air libre contaminent l’environnement, le sol et les réserves d’eau. Elle favorise également la propagation de maladies hydriques graves, telles que le choléra, la dysenterie et la typhoïde. Ces individus sont invités à adopter de meilleurs comportements en construisant et utilisant de latrines adaptées comme le stipule le décret n° 2019-0320 sur les normes d’assainissement qui obligent les ménages à posséder et à utiliser des systèmes d’évacuation adéquats (latrines).

Aly SAWADOGO

Création de l’Académie technologique du Faso en abrégé « ATF »

Le Conseil des ministres s’est tenu à Ouagadougou, le jeudi 02 juillet 2026,
en séance ordinaire, de 09 H 00 mn à 12 H 51 mn, sous la présidence du
Camarade Capitaine Ibrahim TRAORE, Président du Faso, Président du Conseil des ministres. Il a délibéré sur les dossiers inscrits à son ordre du jour, entendu des communications orales,
procédé à des nominations
et autorisé des missions à l’étranger.

Lire le conseil des ministres en cliquant sur le lien ci-dessous:

Conseil des ministres

Résultat du Baccalauréat au lycée Nelson Mandela: des taux satisfaisants pour les jurys 146 et 147

Une fois de plus, l’émotion était au rendez-vous lors de la proclamation des résultats du 1er tour de la session 2026 du Baccalauréat, jeudi 2 juillet 2026 aux jurys 146 et 147 du lycée Nelson Mandela.

Après une attente sous le soleil, les candidats au Baccalauréat 2026 au jury 146 option série D et 147 série technique option D, E et F1, tiraillés entre peur, joie, doute, ont assisté à la proclamation des résultats du 1er tour. Les jumelles Anaëlle et Anaïs Traoré, toutes admises, avec la mention assez bien, ont laissé exploser leur joie. « Nous sommes très contentes, parce que nous avons travaillé dur.

Nous nous sommes sacrifiées pour atteindre ce résultat avec l’assistance de Dieu et l’accompagnement de notre famille », ont-t-elle dit. Anaëlle et Anaïs Traoré ont confié vouloir poursuivre leurs études en médecine une fois inscrite à l’université. Difficile pour la nouvelle bachelière Mariam Tondé qui compte également faire des études de médecine et sa mère de retenir leurs larmes. Le candidat, Styves Tougouma de l’école internationale de l’amitié, visiblement satisfait de ses efforts, a remercié Dieu de lui avoir permis de réussir à cette session. « Ça n’a pas été facile pour moi, vu la pression à l’école et à la maison. J’ai vraiment bossé et je me suis donné à fond », a-t-il déclaré.

Après l’obtention du BAC, il envisage de se relancer dans le football dans son club Salitas, pour espérer rattraper son retard après deux années blanches. L’immersion patriotique, un moment attendu par les bacheliers Le nouveau bachelier du lycée Bogodogo, Wendkouni Dominique Yaméogo est très content d’avoir réussi à son examen avec mention pas-sable. Passionné de la chimie, il compte poursuivre ses études en bio-analyse. « Je trouve que l’immersion patriotique est une bonne initiative qui va nous former, car nous sommes les futurs dirigeants du Burkina », a-t-il estimé.

Quant à Aymar Soungalo Traoré, anciennement élève au collège Saint Jean Baptiste de la Salle et nouveau bachelier avec la mention assez bien, il envisage de devenir un data scientiste, une spécialité de l’informatique. « J’espère que l‘immersion patriotique ne sera pas trop dure pour nous. J’ai confiance à nos futurs encadreurs car c’est pour notre bien », a-t-il dit. La nouvelle bachelière, Fleur Wendkouni Astrid Zongo du lycée Bogodogo compte s’inscrire en agronomie après avoir réussi à son examen. « Je suis prête pour l’immersion patriotique. Si la première promotion a pu tenir, nous aussi allons réussir », a-t-elle indiqué.

La future étudiante, Exaucer Zangré, se sent soulagée après avoir décroché son premier diplôme universitaire avec la mention assez bien, elle aussi. « C’est comme si on m’enlevait un poids sur mes épaules. Je vais poursuivre mes études en chimie », a-t-elle déclaré. Le président du jury 146 option série D, Drissa Sidibé a expliqué que ce jury, sur 274 candidats, a enregistré 122 admis au premier tour et 63 au second tour. Selon lui, dans l’ensemble, tout s’est bien passé, même si les résultats ne sont pas si fameux. « Le taux de réussite au 1er tour est de 46% », a-t-il précisé.

Quant au président du jury 147 série technique option D, E et F1, Windinkonté Jean Marie Vianney Yelkuni, il a jugé que les résultats sont satisfaisants au 1er tour. « Sur 274 candidats, nous avons noté 155 admis, soit un taux de succès de 57,20% avec 73 candidats admis au second tour », a-t-il commenté. Les deux présidents de jury ont invité les candidats du second tour à s’armer de courage, car le succès vient au bout de l’effort.

Gbetcheni Constantin Bertrand KAMBIRE (Collaborateur)

Gestion de la commune de Bobo-Dioulasso: le PDS Laurent Koutoukou Kontogom au rapport

La délégation spéciale de la commune de Bobo-Dioulasso a présenté, le mardi 30 juin 2026 à Bobo-Dioulasso, le bilan de sa gestion sur la période allant de janvier 2025 à juin 2026. Son président, Laurent Koutoukou Kontogom, a détaillé aux forces vives présentes à la journée de redevabilité organisée à cet effet, les réalisations faites pendant les 18 mois d’exercice.

L’exercice de redevabilité auquel s’est soumis le Président de la délégation spéciale (PDS) de la commune de Bobo-Dioulasso, Laurent Koutoukou Kontogom, est une recommandation du code général des collectivités territoriales. Ce code demande aux responsables des collectivités de rendre compte de leur gestion aux populations. Devant les forces vives de la commune, le mardi 30 juin 2026, le président de la délégation spéciale, Laurent Koutoukou Kontogom, a fait un état des lieux des domaines de compétences transférées à la commune. Ces compétences, à l’entendre, sont mises en œuvre grâce aux ressources propres de la commune, aux reliquats des transferts antérieurs et l’accompagnement des partenaires et des forces vives.

Du bilan de janvier 2025 à juin 2026 qu’il a alors présenté, l’on retient des réali-sations dans les domaines de l’aménagement du territoire, de l’assainissement, de l’environnement, de la santé, de l’éducation, de la culture, de la gouvernance locale et des infrastructures. Ces réalisations s’étendent également à l’actua-lisation, au Plan communal de développement (PCD) 2026-2030, à la construction et à la réhabilitation de plusieurs infrastructures sanitaires et scolaires. L’ouverture de nouveaux marchés communautaires, le renforcement des actions de salubrité à travers l’opération « Bobo Sanya sira », et la poursuite des travaux d’entretien de la voirie urbaine sont à mettre au compte de ce bilan. Le président de la délégation spéciale a également présenté la situation administrative et financière de la commune.

Le budget de 6 milliards à 7 milliards de francs CFA

Les forces vives ont assisté nombreux à la journée de redevabilité de la délégation spéciale de la commune de Bobo-Dioulasso.

Laurent Koutoukou Kontogom a relevé une amélioration de la mobilisation des recettes communales, faisant passer le budget primitif de 2025 de 6 458 208 286 CFA à 7 313 535 378 F CFA en 2026. Le bilan a été jugé positif par les participants. Ils ont néanmoins émis, à l’instar de Blaise Hien, de Mamadou Traoré ou de l’ancien maire Célestin Koussoubé, des préoccupations. Ces préoccupations sont relatives notamment à l’amélioration de la voirie urbaine, au renforcement des actions d’assainissement et de la gestion des déchets, à la gestion des cimetières et à l’emploi des jeunes. En réponse aux différentes préoccupations, le PDS a rassuré les populations quant à la volonté de l’exécutif communal de poursuivre les investissements prioritaires, malgré les difficultés auxquelles la commune fait face. Il s’agit de l’insuffisance des moyens financiers et logistiques, la vétusté de certains équipements communaux, le déficit en personnel qualifié, l’occupation anarchique du domaine public ainsi que l’incivisme fiscal.

En dépit de ses contraintes, le PDS a rassuré que la commune va poursuivre ses actions de développement en renforçant la mobilisation des ressources propres, en poursuivant des investissements structurants, et en intensifiant la sensibilisation citoyenne à travers l’opérationnalisation de la télévision numérique communale. Il a alors appelé la population à jouer sa partition en faisant preuve de civisme, de responsabilité et d’une participation citoyenne afin d’accompagner les efforts de développement de la commune. « C’est à ce prix qu’on va pouvoir réaliser cette ambition collective, celle de faire de Bobo-Dioulasso à l’horizon 2030,une commune résiliente, inclusive, compétitive, et prospère, capable d’offrir à ses habitants un cadre de vie agréable et durable, des services sociaux de qualité, des infrastructures modernes et des opportunités économiques diversifiées dans une gouvernance locale transparente et participative », a conclu le président de la délégation spéciale de la commune de Bobo-Dioulasso, Laurent Koutoukou Kontogom.

Adaman DRABO

Amadou OUEDRAOGO (Stagiaire)