Beijing Tongrentang: Une icône de la médecine traditionnelle chinoise

À l’occasion de la journée internationale de la famille, les participants au CIPCC 2026 ont participé à une série d’activités organisées en l’honneur des familles sur le site de Beijing Tongrentang dans le district de Daxing le samedi 16 mai 2026.

 Proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1993 avec la résolution A/RES/47/237, la Journée internationale des familles est célébrée le 15 mai de chaque année.

Au Burkina Faso, en plus d’être consacrée aux familles, cette journée est aussi celle des coutumes et des traditions. Elle est donc ainsi consacrée à la célébration du culte ancestral.

En Chine, la journée des familles est aussi marquée par plusieurs activités.

Cette activité visait à encourager les familles à mieux s’imprégner de la médecine traditionnelle chinoise afin de promouvoir une bonne santé au sein des foyers

Le samedi 16 mai 2026, nous avons eu le privilège en tant que participant au programme 2026 du Centre international de presse et de communication de Chine (CIPCC) de prendre part à une série d’activités organisées en l’honneur des familles sur le site de Beijing Tongrentang situé dans le district de Daxing.

Sur place, plusieurs enfants, accompagnés de leurs parents, prenaient plaisir à pratiquer plusieurs expériences culturelles telles que le tressage de nœuds Pan Chang, la confection de carnets familiaux , la création de fleurs artificielles, la cuisson de biscuits pentachromiques, la fabrication de sachets aux plantes médicinales, etc. Des jeux ludiques en famille étaient également organisées.

Cette activité, organisée par l’Association des femmes de Pékin avait pour objectif de favoriser les liens entre familles que ce soient celles chinoises ou étrangères. Nous avons d’ailleurs rencontré sur place plusieurs familles africaines qui prenaient plaisir à participer aux activités.

Tout en favorisant les interactions entre les familles, l’organisation de cette activité visait également à encourager les familles à mieux s’imprégner de la médecine traditionnelle chinoise afin de promouvoir une bonne santé au sein des foyers. D’où le choix du site de Beijing Tongrentang.

Accompagnés de leurs parents, certains enfants prenaient plaisir à pratiquer plusieurs expériences culturelles telles que la création de fleurs artificielles

Fondée en 1669, Beijing Tongrentang est une marque chinoise de renommée mondiale et un patrimoine culturel immatériel national. Elle est affiliée à la Beijing State-owned Assets Supervision and Administration Commission.

J’ai été impressionnée d’apprendre que cette entreprise est vieille de plus de 300 ans. Elle adhère à des maximes anciennes d’artisanat strict et défend la philosophie de bienveillance et de service de santé. Elle est spécialisée dans les médicaments chinois brevetés, les tranches à base de plantes et les toniques. Elle exporte des produits dans le monde entier comme une icône de la médecine traditionnelle chinoise.

Nadège YAMEOGO

(Depuis Pékin en Chine)

 

 

 

 

 

Journée des coutumes et traditions: le Keoogo, une école traditionnelle du royaume de Boussouma

En prélude à la journée des coutumes et traditions célébrée chaque 15 mai, le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a assisté dans la nuit du 14 mai 2026, au palais royal de Boussouma, aux contes et prestations des troupes musicales de l’école traditionnelle dénommée : « Keoogo ».

Le royaume de Boussouma a encore sacrifié à la tradition lors de la Journée des coutumes et traditions (JCT) célébrée le 15 mai 2026. Instituée depuis 2024, cette édition de la JCT a été couronnée par plusieurs activités telles que l’éducation culturelle des enfants à travers l’école traditionnelle dénommée : « Keoogo», l’accomplissement des rites traditionnels pour le retour de la paix au Faso, la sortie du roi de Boussouma, le Naaba Sigri, accompagnée d’allégeance de ses ministres et les manifestations populaires avec l’exposition des valeurs et cultures que possède le royaume.

Ainsi, la soirée du 14 mai a été marquée par le Keoogo à travers des prestations des troupes musicales et des contes, cette manifestation culturelle d’éducation des jeunes en présence du ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, accompagné d’une délégation des autorités régionales des Koulsé ainsi que le Dima de Boussouma et ses notables. Durant deux heures d’horloge, les artistes traditionnels, conteurs, tambouriers, etc. ont abordé plusieurs thèmes tels que la restauration de la paix, la non-maltraitance de l’orphelin, l’importance du rakiré, les conséquences négatives du gain facile. Institué en août 2021, le Keoogo est une école où les enfants apprennent des proverbes, récits historiques, prestations de troupes musicales, instruments traditionnels, contes africains abordant des thématiques sur le vivre-ensemble, la cohésion sociale, la paix, l’entente, l’amour du prochain et le patriotisme, selon le Busum Keoog Naaba Koobo.

« C’est un complexe culturel qui est dispensé chaque dernier samedi du mois à toute la communauté (jeune et vieille). C’est une éducation holistique puisée de nos traditions, coutumes, cultures, comme cela se faisait dans les camps d’initiation et dans les familles au Burkina », a-t-il indiqué. A entendre, le Busum Keoog Naaba Koobo, il s’agit de réactiver l’éducation traditionnelle qui se faisait dans les camps d’initiation dans un contexte d’insécurité qui nécessite des sensibilisations, messages forts puisés des valeurs traditionnelles, afin de construire la fraternité, la complémentarité, la solidarité et donner aussi du courage aux populations et en même temps préparer les jeunes à faire face aux épreuves et difficultés, en les éduquant dans les valeurs ancestrales.

Le Keoogo a été institué par le Dima de Boussouma depuis août 2021
et se tient dans la soirée de chaque dernier samedi du mois.

A l’issue du spectacle, le chef du département en charge de la culture, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, s’est dit satisfait de la transmission des valeurs endogènes positives à la jeune génération. « Je suis très content de passer une soirée au sein du palais royal pour vivre les réalités en termes de préservation et valorisation de notre patrimoine culturel. Ce soir, nous avons vécu des moments fabuleux qui nous ont permis de nous replonger dans un passé très lointain parce que nous avons personnellement eu la chance de vivre les soirées de contes auprès des vieillards et des sages de notre village », s’est-il réjoui. La JCT coïncide avec le mois du patrimoine burkinabè.

Et, pour le ministre Ouédraogo, ces moments historiques de contes et de conseils qui tendent à disparaître doivent être perpétués et même mis à l’échelle nationale. « Le Keoogo n’est rien d’autre qu’une immersion culturelle qui permet d’enseigner aux enfants et jeunes des valeurs et pratiques ancrées fortement dans nos traditions et coutumes », a-t-il insisté. Après avoir traduit sa reconnaissance au Dima de Boussouma et le Busum Keoog Naaba Koobo pour la réussite de cette manifestation culturelle, à la veille de la JCT, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a souhaité bonne fête à tous les garants des valeurs traditionnelles, savoirs et savoir-faire. « Nous devons leur rendre hommage et ensemble travailler à valoriser ce que nous avons comme richesse et diversité culturelle », a estimé le ministre de la Culture. Il a mis l’occasion à profit pour remettre des exemplaires du Manifeste de la RPP et du livre ‘’Le capitaine Ibrahim Traoré a dit’’ aux pensionnaires du Keoogo.

Emil SEGDA

Segda9emil@gmail.com

Journée des coutumes et traditions : le Moogho Naaba Baongo prône l’éducation aux valeurs ancestrales

Le Moogho Naaba Baongo a présidé, la cérémonie de commémoration de la Journée des traditions et des coutumes placée sur le thème : « justice traditionnelle et spiritualité dans le Moogho », vendredi 15 mai 2026, à Ouagadougou.

Célébrée chaque 15 mai, la Journée des coutumes et traditions, a été effective au palais royal (Panghin) du Moogho Naaba Baongo. Elle s’est déroulée au cours de deux cérémonials dans la journée du vendredi 15 mai 2026, à Ouagadougou. Il s’agit de la sortie du roi suivie de la remise des éléments sacrificateurs et de la cérémonie de commémoration suivie d’une conférence publique. Après avoir reçu très tôt dans la matinée, les salutations de ses tantes et sœurs « Pougtonpa », le Moogho Naaba Baongo a fait une sortie spéciale à l’arrière de sa cour royale pour remettre des béliers et coqs aux chefs de terre et maitres sacrificateurs.

Cette remise a pour but de faire des sacrifices aux ancêtres afin de demander une bonne pluviométrie, la paix, la sécurité et un bon vivre-ensemble au Faso. Au cours du second cérémonial, le Moogho a fait une sortie publique devant ses ministres, quelques membres du gouvernement, des autorités administratives et religieuses et le public mobilisé pour la circonstance. Après s’être installé sur son fauteuil royal, il a reçu une série d’allégeances. Il s’agit des salutations de ses ministres « Kougziindba », de ses princes et petits-fils. Ce fut un moment précieux pour le Moogho Naaba, de livrer un message à l’endroit de ses convives. C’est son ministre, le Ouidi Naaba Kiiba qui a transmis son message.

Il a souhaité que la paix et le vivre-ensemble règnent au Faso et insisté sur l’éducation des enfants selon les valeurs ancestrales dans les familles à travers le respect des ainés. « Les parents doivent être des exemples pour leurs enfants. Car, un enfant imite toujours ce que font ses parents », a-t-il dit. Tout en remerciant l’assistance pour avoir honoré de leur présence à la cérémonie de commémoration, il a souhaité que la Journée des coutumes et traditions soit pérennisée pour la sauvegarde de la tradition burkinabè.

« Respecter ses coutumes, ce n’est pas refuser la modernité »

A l’occasion de la symbolique de la journée, le Moogho Naaba Baongo a traduit sa reconnaissance à certains membres du gouvernement et acteurs des coutumes et traditions pour leur contribution dans la promotion de la culture et des traditions. A cet effet, il leur a remis des attestations et ornements vestimentaires. Le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, porte-parole du gouvernement, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo a, au nom du président du Faso, transmis un message au public en langue nationale mooré. En relatant le processus de l’instauration de la journée du 15-Mai par le gouvernement, il a donné la vision attendue.

Le Pr Charlemagne Ouédraogo, homme de tradition, a soutenu, qu’un peuple qui oublie ses traditions, finit par perdre son identité. « Nous devrons rendre hommage à notre patrimoine ancestral, à nos valeurs culturelles et à la richesse de nos pratiques coutumières », a-t-il signifié. Pour lui, respecter ses coutumes, ce n’est pas refuser la modernité. « Cela signifie qu’il faut avancer sans perdre son âme. Notre jeunesse doit comprendre que la tradition n’est pas un frein au développement mais une boussole qui nous relie à nos racines, histoires et dignité collective », a-t-il déclaré. La cantatrice de la musique traditionnelle, Bibata Nana, a salué la tenue de la Journée des coutumes et traditions. Une conférence publique sur le thème : « justice traditionnelle et spiritualité dans le Moogho » a mis fin à la commémoration de la Journée des coutumes et traditions au palais royal du Moogho Naaba Baongo.

Gbetcheni Constantin Bertrand KAMBIRE

Journée des coutumes et traditions: le ministre Mathias Traoré communie avec la population de Bandougou

Bandougou a abrité la 3e Journée des coutumes et traditions dans la province du Kénédougou, région du Guiriko, le vendredi 15 mai 2026. Cette célébration a été faite dans l’unité et dans la valorisation du patrimoine culturel.

Bandougou, secteur 7 de la ville de Orodara, a été le point de convergence des coutumiers et traditionalistes, le vendredi 15 mai 2026, à l’occasion de la 3e Journée des coutumes et traditions. Placée sur le thème « Diversité culturelle, une richesse précieuse et une arme puissante », cette journée a connu la participation du ministre des Serviteurs du Peuple, Mathias Traoré, venu partager ce moment de communion avec les habitants. Les activités ont débuté dans la matinée par des rites traditionnels et des invocations conduites par les détenteurs des savoirs ancestraux.

A travers ces cérémonies spirituelles, des bénédictions ont été formulées pour la paix, la stabilité et le renforcement de la cohésion sociale au Burkina Faso. La seconde phase de la journée a été consacrée aux manifestations culturelles. Danses traditionnelles, expositions d’objets patrimoniaux, prestations artistiques et démonstrations de savoir-faire locaux ont permis aux visiteurs de découvrir la richesse culturelle de Bandougou et des communautés environnantes. Pour le président du comité d’organisation, Seydou Traoré, cette initiative vise avant tout à préserver et à transmettre les valeurs culturelles aux jeunes générations. « Nous voulons créer un cadre où les anciens et les jeunes peuvent échanger autour de nos traditions. Cette journée permet aussi de mieux faire connaître notre patrimoine culturel et nos pratiques ancestrales », a-t-il indiqué.

Le parrain de la cérémonie, Oumar Traoré, chargé de mission à la Présidence du Faso pour le Guiriko, a salué l’organisation de cette rencontre culturelle qu’il considère comme un moyen de promotion de l’identité culturelle nationale. Prenant la parole à cette occasion, le ministre des Serviteurs du Peuple, Mathias Traoré, a rappelé que l’institution de la Journée des coutumes et traditions traduit la volonté des autorités burkinabè de promouvoir les valeurs endogènes et de consolider le vivre-ensemble. Il a également félicité les organisateurs pour la réussite de l’événement et la mobilisation des populations. « Nous sommes porteurs du message de Son Excellence le capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso, et du Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo.

Ils nous ont mandatés pour venir partager cette célébration avec les populations de Bandougou. Cette forte mobilisation démontre l’attachement des communautés à leurs traditions et à leurs valeurs culturelles », a déclaré le ministre. Il a invité les populations à continuer d’œuvrer pour la paix, l’unité et la solidarité entre les différentes communautés. La célébration s’est achevée par un défilé traditionnel mettant en avant les spécificités de l’organisation sociale des Siamou de Bandougou, avant une visite des stands d’exposition culturelle.

Apollinaire KAM (Collaborateur)

Le nouvel ordre mondial

Tout comme le sommet de Yalta au lendemain de la seconde Guerre mondiale avait marqué l’avènement de l’URSS sur la scène internationale (Staline avait « convoqué » Roosevelt et Churchill au bord de la Mer noire pour discuter des affaires du monde), le récent tête-à-tête entre Donald Trump et Xi Jipeng à Pékin prouve si besoin était, que la Chine est devenue le « navire amiral » du monde, entraînant les autres pays dans son sillage et leur imposant sa volonté chaque fois que de besoin.

C’est vrai que cette rencontre au sommet était inscrite dans l’agenda des deux hommes depuis belle lurette, mais la crise au Moyen-Orient et la tournure qu’elle a prise ont modifié profondément la donne si tant est que l’Amérique en est sortie très affaiblie. C’est donc un Donald Trump dans la peau de leader d’un Occident vaincu (quoiqu’en disent les médias occidentaux) qui s’est présenté à Pékin face au vainqueur de ce conflit, la Chine ayant apporté un appui discret et efficace à Téhéran face à l’armada militaire déployée par Israël et les USA durant cette guerre. Vaincue dans les mers eurasiennes, l’Amérique ne peut plus peser conséquemment en mer de Chine méridionale où la question de Taiwan constitue le principal point d’achoppement entre les deux géants mondiaux. Xi Jipeng a ainsi clairement indiqué à Trump que ce dossier était « non négociable », entendez par là, que Pékin envisageait dans un terme plus ou moins long de faire revenir l’île dans son giron, « au nom de l’histoire et de la géographie ».

Trump n’a pas pipé mot, espérant en retour des compensations économiques, mais, là aussi, il aura été payé en monnaie de singe. Au lieu des 500 Boeing qu’il voulait vendre à Pékin, il n’aura obtenu qu’un contrat portant sur une deux-centaine de ceux-ci. Idem sur la question des semi-conducteurs américains que la Chine a refusé catégoriquement d’acheter, le pays de Mao ayant fait un bond qualitatif dans ce domaine depuis que le même Trump, sur un coup de tête dont lui seul a le secret, avait décrété un embargo vis-à-vis de la Chine dans ce domaine sensible. Et, comme la vengeance surtout chinoise est un plat qui se mange froid, le voilà désormais gros jean comme devant. Dans le domaine agricole, le bilan est tout aussi peu reluisant, la Chine n’ayant pas là aussi acheté le tonnage d’orge escompté par Washington.

Il ne reste plus à la Chine qu’à précipiter la chute des USA au plan économique avec la création d’un système financier et économique de concert avec la Russie qui ne tournera plus autour du « dieu dollar ». Une aubaine pour les Etats souverainistes du Sahel qui en profiteront pour lancer leur monnaie au change flottant, arrimée au Yuan et au rouble russe. Plus généralement c’est tout le Sud global qui profitera de cette nouvelle donne pour s’émanciper de la tutelle de l’Occident. Le nouvel ordre mondial se dessine progressivement sous nos yeux et avec lui, l’espoir d’un réel développement de nos pays. Comme quoi, l’or ne se purifie qu’à l’épreuve du feu.

Boubakar SY

Au nom du Burkina Faso

Le vendredi 15 mai 2026, les adeptes des traditions ancestrales ont célébré, au Burkina Faso, la journée qui leur est dédiée, à travers immolations d’animaux, rites coutumiers, libations et autres pratiques de valorisation du patrimoine ancestral. Depuis l’institution de cette Journée des coutumes et traditions par la Révolution progressiste populaire (RPP) en 2024, certains l’ont applaudi avec enthousiasme, d’autres l’ont observée avec prudence, mais de plus en plus, elle s’impose comme une fête religieuse au même titre que les autres, permettant à de nombreux Burkinabè de pratiquer désormais leurs coutumes et traditions, sans complexe.

Et pour cause, pendant longtemps, certains Africains ont eu honte d’eux-mêmes, de leurs masques, de leurs langues, de leurs noms, de leurs spiritualités ancestrales qualifiées par endroit de pratiques rétrogrades. Les autres civilisations sont passées par là. Pourtant, les autres peuples assument leur héritage spirituel avec fierté comme le Judaïsme, l’Hindouisme, le Bouddhisme et le Confucianisme. Pourquoi donc l’Africain devrait-il toujours choisir entre progrès et tradition ? Pourquoi devrait-il abandonner ses symboles pour paraître civilisé ? Un peuple peut-il durablement avancer en tournant le dos à ses racines ?

Loin d’une guerre contre les religions révélées, la Journée des coutumes et traditions est une invitation à mieux savoir d’où l’on vient, à renouer avec les valeurs ancestrales de solidarité, de respect de la parole donnée, du culte de la dignité humaine, de la sagesse des anciens. Dans un monde fracturé par l’extrémisme, les guerres identitaires et les replis communautaires, le Burkina Faso envoie, par la célébration du 15-Mai, un signal important : celui de la coexistence des croyances, de la liberté de culte, du respect mutuel. De plus en plus, des lieux de cultes différents se jouxtent, des frères d’une même famille pratiquent des religions différentes. En somme, on peut vivre sa foi dans le pur respect de celle de l’autre. Parce que c’est cela le Burkina Faso réel.

Une terre où les spiritualités cohabitent. Où les croyances se frottent sans se détruire. Une terre qui trouve son équilibre dans la diversié. Ce qui frappe cette année, c’est la proximité des célébrations le 14-Mai de l’Ascension, le 15-Mai de la Journée des coutumes et des traditions et dans quelques jours, la fête de la Tabaski. Trois rendez-vous spirituels et héritages distincts en deux semaines, comme si la providence envoyait un message discret aux Burkinabè. Au nom de Dieu, d’Allah ou des Ancêtres, le défi reste le même : faire de cette diversité spirituelle, une force pour bâtir un Burkina Faso plus tolérant, plus enraciné et plus humain.

Par Assetou BADOH

Révolution démocratique populaire et Révolution progressiste populaire: A l’unissons pour plus d’efficacité

Les acteurs de la Révolution démocratique et populaire (RDP) et ceux de la Révolution progressiste populaire (RPP) ont animé, du 15 au 17 mai 2026, à Ouagadougou, une conférence internationale sur le thème : « Comment raviver, ancrer et transmettre l’esprit et les valeurs révolutionnaires à la jeunesse de l’AES ». C’est le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, qui a lancé les travaux de ladite conférence.

Comment former idéologiquement une jeunesse sahélienne qui baigne dans les flux d’une information mondialisée et manipulée ? Comment construire des organisations révolutionnaires durables dans un contexte de guerre asymétrique ? Comment transmettre l’esprit révolutionnaire sans le fossiliser ? Comment ancrer la Révolution progressiste populaire (RPP) dans les pratiques quotidiennes de notre peuple ?

Des réponses à ces questions ont été données durant une conférence internationale, tenue du 15 au 17 mai 2026, à Ouagadougou. Placée sur le thème : « Comment raviver, ancrer et transmettre l’esprit et les valeurs révolutionnaires à la jeunesse de l’AES », c’est le ministre des Affaires étrangères, par ailleurs co-parrain de l’évènement, Karamoko Jean Marie Traoré, qui a lancé les travaux le vendredi 15 mai dernier. Il s’est agi, selon le président du comité d’organisation, Luc Damiba, de faire rencontrer deux générations de révolutionnaires, ceux qui ont conduit la révolution sous Thomas Sankara et ceux qui conduisent la RPP du capitaine Ibrahim Traoré, pour dialoguer, transmettre l’esprit révolutionnaire, les luttes, les expériences et aussi la résistance.

Ainsi, par des panels, les acteurs de la Révolution démocratique et populaire (RDP) et ceux de la RPP ont partagé leurs expériences. Pour être un bon révolutionnaire, ils ont exigé de la jeunesse, une rigueur intellectuelle, une honnêteté autocritique et une créativité politique. RDP et RPP forment la jeunesse Le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré a indiqué que cette conférence est un cadre pour les camarades révolutionnaires de 1983 à 1987, de faire leurs témoignages, de transmettre leurs mémoires vivantes à celles et ceux qui, aujourd’hui, poursuivent le combat.

« Car, vous avez transformé un territoire appauvri en un laboratoire vivant de la souveraineté africaine, vacciné deux millions d’enfants en 15 jours, planté 10 millions d’arbres pour arrêter le désert, redonné aux paysans leur dignité. La présente conférence est donc une veillée de mémoire, un pont vivant tendu entre deux révolutions, celle d’août 1983 et celle de septembre 2022. Deux flammes d’un même feu historique qui brûlent aujourd’hui plus intensément que jamais », a-t-il souligné. Et de poursuivre que les camarades révolutionnaires de 2026 ont renoué avec l’esprit de Sankara qui est de servir et non se servir, construire et non coloniser, résister et non se soumettre.

« La RPP est l’héritière légitime de la RDP. Ce que nous construisons ensemble n’appartient pas à une élite politique. Cela appartient à nos millions de paysans, d’éleveurs, de femmes, de jeunes qui méritent un avenir de dignité », a-t-il indiqué. A l’écouter, il marque aussi le début d’une nouvelle phase de l’engagement révolutionnaire africain, d’une Afrique qui assume pleinement son histoire, sa souveraineté et sa destinée. Des délégations venues de la Chine, du Venezuela, de l’Iran, de Cuba, du Ghana, du Tchad, de la République démocratique du Congo, du Cameroun, de l’Inde étaient présents.

Fleur BIRBA

Région du Nazinon: le Nahouri se mobilise pour soutenir la RPP

Les populations de la province du Nahouri ont organisé, le samedi 16 mai 2026, une grande marche de soutien à la Révolution progressiste populaire (RPP).

Pour cette grande marche de soutien au Président du Faso, les organisateurs ont mis les petits plats dans les grands. Venus de toute la région du Nazinon, les populations, avec à leur tête les chefs coutumiers et les autorités administratives, ont pris part à cette manifestation qui poursuivait un double objectif : dire un grand merci au président du Faso et à son gouvernement pour les actions entreprises en faveur du Nahouri et, plus largement, de la région du Nazinon, et réaffirmer leur engagement à accompagner fermement la RPP, a souligné le ministre de l’Enseignement de base, Jacques Sosthène Dingara.

Cette forte mobilisation a connu la présence d’une importante délégation gouvernementale conduite par le ministre de la Sécurité, Mahamoudou Sana, accompagné du ministre de l’Enseignement de base, Jacques Sosthène Dingara, de la ministre chargée de la Famille, Pélagie Kaboré, et du ministre chargé de l’Enseignement secondaire, Moumouni Zoungrana.

Le ministre de la Sécurité, Mahamoudou Sana, a également félicité
les populations pour cette gigantesque mobilisation.

Une forte délégation venue du Ghana, conduite par le chef coutumier de Kayoro, est également venue soutenir les autorités burkinabè dans leur vision et leur combat contre l’hydre terroriste. Par ailleurs, tous les intervenants à la tribune ont félicité les populations pour la forte mobilisation et salué la vision du président du Faso. Ils se sont engagés à sensibiliser davantage les populations afin qu’elles adhèrent à cette vision.

Prenant la parole, le patron de la cérémonie, le ministre de la Sécurité, Mahamoudou Sana, a également félicité les populations pour cette gigantesque mobilisation. Il a invité la jeunesse à entretenir l’arbre de la RPP afin qu’il porte des fruits. «Je vous invite à vous départir des manipulations et des fake news, à porter la RPP dans vos cœurs et à défendre le territoire national par tous les moyens, dans l’ordre et la discipline », a lancé le ministre Sana. Une forte délégation venue du Ghana, conduite par le chef coutumier de Kayoro, est également venue soutenir les autorités burkinabè dans leur vision et leur combat contre l’hydre terroriste.

A la fin de la cérémonie, les autorités coutumières ont remis deux carquois : l’un destiné au président du Faso et l’autre au ministre de la Sécurité. Le carquois symbolise la victoire sur l’ennemi. Après la marche, la délégation gouvernementale s’est rendue à Dakola, localité située à la frontière entre le Burkina Faso et le Ghana pour inaugurer un rond-point baptisé « capitaine Ibrahim Traoré ».

Mamadi OUENA (Collaborateur)

Sortie détente et culturelle des Editions Sidwaya : la mutuelle renforce la cohésion sociale et célèbre le patrimoine national

A la faveur du mois du patrimoine culturel, la Mutuelle des travailleurs des Editions Sidwaya (MUTRASID) a offert à ses membres une journée de détente et de découverte dans la province du Bassitenga. Entre immersion au parc animalier de Ziniaré et visite du site de sculpture sur granite de Laongo, cette initiative a permis aux travailleurs de resserrer leurs liens tout en redécouvrant une partie du patrimoine burkinabè.

Le quotidien des professionnels des médias est souvent rythmé par l’urgence, les délais de production et la pression des bouclages. Dans une chaine de production non-stop, les occasions de se retrouver en dehors du cadre strictement professionnel restent rares. Consciente de cette réalité, la MUTRASID a décidé d’offrir à ses membres une parenthèse de détente et de convivialité. Ainsi, le jeudi 14 mai 2026, une trentaine d’agents de la « Maison commune » ont pris la route de la province du Bassitenga pour une sortie touristique placée sous le signe du partage, de la découverte et du vivre-ensemble. Pour cette première édition, le choix s’est porté sur deux sites emblématiques du patrimoine national que sont, le parc animalier de Ziniaré et le site de sculpture sur granite de Laongo.

Dès les premières heures de la matinée, l’ambiance donnait le ton. Loin de l’atmosphère laborieuse des bureaux, les sourires, les plaisanteries et les échanges informels traduisaient déjà l’esprit de cette journée particulière. Pour beaucoup, cette sortie représentait bien plus qu’une simple excursion. Elle offrait l’occasion de découvrir des collègues sous un autre visage, dans un cadre détendu et sans contraintes professionnelles. La première escale a conduit la délégation au parc animalier de Ziniaré.

Devant les œuvres monumentales du site de Laongo, les participants ont découvert un pan majeur
de l’expression artistique et patrimoniale burkinabè.

Dans ce sanctuaire naturel, les participants ont pu observer plusieurs espèces animales (autriches, lionnes, tortues de terre, singes, hippopotames…) et apprécier la richesse de la biodiversité locale. Entre émerveillement, curiosité et séances de photos souvenirs, chacun a trouvé matière à profiter pleinement de l’instant.

Les échanges se sont multipliés, les barrières liées aux fonctions et aux responsabilités semblant s’effacer naturellement. Pour le président de la mutuelle, Nouhou Sawadogo, cette activité répond à une vision plus large de l’action mutualiste. Selon lui, la mutuelle ne saurait se limiter aux actions d’entraide sociale ou aux soutiens ponctuels accordés aux membres. Elle doit également être un cadre de rapprochement humain et de renforcement des liens entre collègues. « La mutuelle, ce n’est pas seulement l’entraide sociale, c’est aussi une famille. Et une famille doit se retrouver, partager et apprendre à mieux se connaître », a-t-il confié. Il a expliqué que cette initiative poursuit également un objectif citoyen.

En choisissant des sites touristiques nationaux en pleine célébration du Mois du patrimoine culturel, la mutuelle entend contribuer à la promotion des richesses culturelles et naturelles du Burkina Faso. Nouhou Sawadogo a, par ailleurs, annoncé la volonté de faire de cette sortie un rendez-vous annuel, avec une rotation des destinations à travers les différentes régions du pays. Cette initiative a bénéficié du soutien de la Direction générale des Editions Sidwaya. Présente aux côtés des travailleurs, la directrice générale, madame Assetou Badoh a tenu à saluer une activité qui contribue à l’épanouissement du personnel et au renforcement de la cohésion interne.

Elle a rappelé que dans une entreprise de presse comptant près de deux cents collaborateurs, répartis entre plusieurs directions et soumis à des horaires souvent différents, les occasions de se retrouver restent limitées. Certains travaillent de jour, d’autres de nuit, tandis que plusieurs agents sont régulièrement en déplacement. Dans ce contexte, ces moments de partage prennent une importance particulière. Pour la première responsable de la « Maison commune », ces initiatives participent pleinement à la vie de l’entreprise. Elles permettent aux travailleurs de se découvrir autrement, de renforcer le respect mutuel et de consolider l’esprit d’équipe indispensable au bon fonctionnement de la structure. Elle a assuré que la direction continuera d’accompagner toutes les actions visant le bien-être du personnel. Après cette immersion au cœur de la faune, la délégation a mis le cap sur le site de Laongo.

Véritable musée à ciel ouvert, ce lieu emblématique rassemble des œuvres monumentales réalisées par des artistes venus de plusieurs horizons. Entre admiration et découverte, les participants ont parcouru les différents espaces, prenant le temps d’apprécier la créativité et la richesse symbolique des sculptures gravées sur le granite. Pour plusieurs agents, cette étape culturelle a constitué l’un des moments forts de la journée. Certains ont découvert le site pour la première fois, d’autres y revenaient avec un regard nouveau. Tous ont salué la pertinence du choix opéré par la mutuelle.

Bélem Nogodo, agent à la direction des ressources humaines, s’est réjoui de cette initiative qui, selon lui, permet aux travailleurs de mieux se connaître dans un cadre différent. Même satisfaction chez Mme Nitiéma née Zouma Adéline, secrétaire à la direction des finances et de la comptabilité, qui a salué une journée enrichissante marquée par de belles découvertes. La sortie s’est achevée autour d’un repas communautaire, dans une ambiance chaleureuse et fraternelle. Entre anecdotes, éclats de rire et souvenirs partagés, chacun semblait mesurer l’importance de ces instants simples mais précieux.

Pengdwendé Achille OUEDRAOGO

FESTIMA 2026: une vingtaine de sociétés de masques en fête à Dédougou

Le gouverneur des régions de Bankui et du Sourou, Babo Pierre Bassinga, représentant le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme a présidé l’ouverture officielle de la 17e édition du Festival international des masques et des arts de Dédougou (FESTIMA), le jeudi 14 mai 2026, à Dédougou.

La ville de Dédougou, dans la région de Bankui, a vibré au rythme des prestations et danses des masques de toutes sortes entrant dans le cadre de la 17e édition du Festival international des masques et des arts de Dédougou (FESTIMA). Une vingtaine de sociétés de masques venues des régions du Guiriko, du Nando, de Bankui et du Sourou ont pris part à cet événement culturel. La cérémonie officielle de cette 17e édition de la fête des masques à Dédougou a eu lieu le jeudi 14 mai 2026, sous la présidence du gouverneur des Bankui et du Sourou, Babo Pierre Bassinga.

La présente édition se déroule sur le thème « FESTIMA, 30 ans au service de la tradition du masque : bilan et perspectives ». C’est une thématique qui exprime, à en croire le secrétaire exécutif de l’Association pour la sauvegarde des masques (ASAMA), organisation promotrice du festival, Dr Léonce Ki, une volonté d’observer une halte pour apprécier le parcours de cette manifestation lancée en 1996 afin de mieux préparer son avenir. Le parrainage et le coparrainage du FESTIMA 2026 sont assurés respectivement par le ministre de la Construction de la Patrie, Mikaïlou Sidibé, et le co-fondateur de l’équipementier sportif Sonkoa, Drissa Traoré.

Porte-parole des parrains, ce dernier a confié que la préservation et la valorisation du masque participent à l’édification d’une nation enracinée dans ses valeurs et ouverte sur le monde. Pour lui, le festival demeure un cadre d’échanges interculturels et un moyen de développement local. Le FESTIMA rime avec retour aux sources Le secrétaire exécutif de l’ASAMA, Dr Léonce Ki, aussi président du comité d’organisation de cette édition, s’est souvenu qu’il y a de cela trois décennies que le FESTIMA existe dans la sphère culturelle. Depuis lors, le festival a réalisé un parcours de « luttes, de passions et d’engagement au service de la sauvegarde, de la promotion et de la transmission du patrimoine que représente le masque », a-t-il fait remarquer. Patrimoine vivant, symbole d’unité et levier local et touristique, tels sont le credo du FESTIMA dont l’ASAMA s’est engagée à hisser à un plus haut niveau sur la scène mondiale.

Pour ce faire, elle se fixe pour mission de renforcer la sauvegarde des traditions liées au masque, promouvoir la recherche et la documentation culturelle et impliquer la jeune génération. Représentant le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, le gouverneur Bassinga, a laissé entendre que le FESTIMA met en évidence le patrimoine culturel matériel et immatériel. « C’est une manifestation qui s’allie sur la vision des plus hautes autorités qui prônent le retour aux sources », a-t-il salué. Au-delà des prestations des masques, le FESTIMA 2026 a connu la tenue, du 12 au 13 mai dernier, d’un colloque international et pluridisciplinaire sur le masque. Il y a aussi la foire commerciale qui s’est ouverte depuis le 11 mai à la place Melon gare de Dédougou. Cette dernière activité, à l’instar des prestations des masques, va se poursuivre jusqu’aujourd’hui.

Yacouba BELEM