Procès en appel des magistrats et des douaniers : Le verdict attendu le 22 mai prochain à Fada N’Gourma

Le dossier dit « des magistrats, douaniers et avocats », jugé en première instance par le Tribunal de grande instance (TGI) de Koupéla, a été réexaminé par la Cour d’appel de Fada N’Gourma. Ouvert le lundi 11 mai 2026, le procès s’est poursuivi, hier mardi 12 mai 2026. Le verdict est attendu le 22 mai prochain.

Condamnés en février 2026 par le TGI de Koupéla pour des faits de corruption, de complicité de corruption, de révélation illégale de l’identité d’un témoin protégé et de complicité de révélation illégale de l’identité d’un témoin protégé, quatre magistrats et trois agents des douanes ont contesté la décision rendue en première instance en interjetant appel devant la Cour d’appel de Fada N’Gourma. Durant deux jours d’audience, les 11 et 12 mai 2026, le procureur général, les conseils de la défense ainsi que l’Agent judiciaire de l’Etat (AJE) ont successivement exposé et argumenté sur les différents points contestés du dossier. Chaque partie a tenté de convaincre la juridiction soit de confirmer les condamnations prononcées en première instance, soit de les alléger, voire de les annuler.

Les quatre magistrats et les trois douaniers seront situés sur leur sort le 22 mai Prochain.

En fait, en première instance, les magistrats M.A.U. et K.S.A. avaient été condamnés chacun à 15 mois d’emprisonnement dont deux mois fermes, assortis d’une amende de 5 millions F CFA dont 3 millions fermes. Leur collègue T.M. avait écopé de 24 mois d’emprisonnement dont 12 mois fermes et d’une amende de 4 millions F CFA dont 2 millions fermes. Quant au magistrat S.A.B., il avait été condamné à 36 mois d’emprisonnement dont 18 mois fermes et à une amende de 5 millions F CFA dont 3 millions fermes. Les douaniers Y.W. et Y.O. avaient, pour leur part, été condamnés chacun à 15 mois d’emprisonnement dont deux mois fermes et à une amende de 3 millions F CFA dont 2 millions fermes. Le douanier N.Z.D. avait écopé d’une peine de 36 mois de prison dont 18 mois fermes ainsi que d’une amende de 5 millions F CFA dont 3 millions fermes.

 

Selon le procureur général près la Cour d’appel de Fada N’Gourma, Barnabé Compaoré, la décision rendue en première instance mérite d’être confirmée.

« L’image de l’Etat affectée »

Selon le procureur général près la Cour d’appel de Fada N’Gourma, Barnabé Compaoré, les recours formulés portent aussi bien sur la forme que sur le fond du dossier. Sur la forme, il a indiqué que les conseils des prévenus ont soulevé des exceptions d’incompétence, de nullité de procédure et de prescription de l’action publique. Des exceptions que le parquet général estime irrecevables. « La procédure pénale a été suivie et respectée de bout en bout. Aussi, vu la situation et les objectifs que nous visons, il fallait nécessairement aller rapidement et passer par le flagrant délit », a soutenu le procureur général. Sur le fond, Barnabé Compaoré a précisé que les débats portent essentiellement sur les points relatifs à la corruption, à la complicité de corruption ainsi qu’à la révélation de l’identité d’un témoin protégé. Pour le procureur général, la décision rendue en première instance mérite d’être confirmée. « Le premier juge a fait un travail de fond appréciable. Le ministère public défend l’intérêt de la loi. Ce dossier est particulier parce qu’il met en cause des acteurs de la justice eux-mêmes. C’est l’occasion pour la justice de démontrer qu’elle est capable de juger et de sanctionner ses propres acteurs lorsqu’ils commettent des infractions », a-t-il déclaré. Du côté de la défense, Me Paul Kéré a plaidé la relaxe pure et simple des prévenus.

Selon lui, les faits reprochés à ses clients ne sont pas établis et les peines prononcées à Koupéla sont « inadaptées et inappropriées ». « Dans une affaire de corruption, lorsque le corrupteur affirme n’avoir pas remis d’argent et que la personne présumée corrompue soutient n’avoir rien reçu, cela crée un doute. Or, le doute doit profiter aux prévenus », a-t-il soutenu. L’Agent judiciaire de l’Etat, Désiré Bado, a, pour sa part, maintenu les réclamations formulées au nom de l’Etat burkinabè. L’AJE réclame la réparation des préjudices financiers à hauteur de 1,2 milliard et du préjudice moral à 1 franc symbolique. Quant aux frais non compris dans les dépens, il réclame 10 millions F CFA. Pour Désiré Bado, cette affaire affecte l’image et la crédibilité de l’Etat. « Ce sont des acteurs judiciaires et des agents publics qui sont mis en cause. A travers ces infractions. C’est la crédibilité même de l’Etat qui se trouve atteinte », a-t-il estimé. Après les débats et les différentes plaidoiries, la Cour a mis l’affaire en délibéré pour le 22 mai 2026.

Joanny SOW

Développement local : Boussouma dispose d’une cartographie des intervenants et interventions

La délégation spéciale de la commune de Boussouma, en partenariat avec ENABEL, a tenu, le mardi 12 mai 2026, à Boussouma, sa troisième session ordinaire du cadre de concertation communal de l’année en cours, afin de présenter son rapport provisoire de la cartographie des intervenants et des interventions dans ladite commune. 

La commune de Boussouma disposera bientôt d’un document cartographiant l’ensemble des intervenants et des interventions. Le rapport provisoire de cet outil technique a été présenté, amendé et validé, le mardi 12 mai 2026, à Boussouma, par l’ensemble des acteurs de développement local.  Selon la cheffe de service en charge des statistiques et de la prévision économique à la Direction régionale de l’économie et de la planification (DREP) des Koulsé, Mouniratou Sanou, la commune de Boussouma enregistre 235 acteurs composés, notamment des associations, des ONG, une fondation et des coopératives avec pour sièges les villes de Boussouma, Kaya et Ouagadougou. 

Ces acteurs, a-t-elle ajouté, portent 29 projets et programmes qui interviennent dans divers domaines majoritairement orientés vers le secteur de la production agro-sylvo-pastorale suivi des secteurs de la planification, de l’éducation et de la formation, de l’eau, de l’assainissement, de la santé, de la cohésion sociale, de l’environnement, de la sécurité, du sport. Pour elle, la cartographie des intervenants et des interventions permet une synergie d’actions entre les intervenants et une répartition juste et équitable des actions de développement.

Saluant l’initiative, le Président de la délégation spéciale (PDS) de Boussouma, Madjoa Lompo, a indiqué que l’institution d’un Cadre de concertation communal (CCCo) vise à améliorer la gouvernance locale à travers l’inclusion de toutes les parties prenantes dans la session de la chose publique. Toutefois, pour une meilleure efficacité des actions de développement local, il a soutenu qu’il est indispensable de disposer d’une vision claire et partagée des interventions menées sur le territoire communal. Ainsi, Madjoa Lompo a estimé que ce cadre est donc une tribune formelle permettant aux membres d’apporter leurs contributions au renforcement de la gouvernance à travers la validation essentielle dudit rapport provisoire.

C’est pourquoi, M. Lompo a traduit sa reconnaissance à ENABEL pour son accompagnement financier et à la DREP des Koulsé pour son soutien technique. « C’est en avril 2025 que nous sommes entrés en contact avec la délégation spéciale de Boussouma pour essayer de réunir l’ensemble des acteurs de développement autour d’un cadre communal élargi pour discuter et harmoniser nos interventions. Un an après, ce rêve devient une réalité avec ce CCCo », a détaillé le chef de portefeuille bilatérale à ENABEL, Sondema Kologo. Il a remercié le PDS pour la concrétisation de ce cadre de concertation tout en rassurant la disponibilité du directeur-pays ENABEL pour les accompagnements futurs en matière de bonne gouvernance locale.

Emil SEGDA

Segda9emil@gmail.com

Célébration du 15-Mai : « Chacun doit faire ses sacrifices dans la discrétion et le respect des traditions », Yabré Juliette Kongo, promotrice du musée de la femme de Kolgonguéssé.

La journée nationale des coutumes et des traditions sera célébrée pour la troisième fois ce 15 mai 2026 au Burkina Faso. A cette occasion, Sidwaya a rencontré la princesse moaga, Yabré Juliette Kongo, promotrice du musée de la femme de Kolgonguéssé, dans la commune de Ziniaré, région d’Oubri. Dans cet entretien, elle salue la décision du gouvernement d’accorder une journée aux coutumes et aux traditions pour, selon elle, « réparer une injustice ». La descendante de Moogho Naaba Koom 2 appelle les femmes à occuper la place qui est la leur pour que la société soit meilleure.

Sidwaya (S) : En tant que femme politique et traditionnaliste, quel regard portez-vous sur la célébration de la journée du 15-Mai ?

Yabré Juliette Kongo (Y.J.K.) :  Nous avons salué la date du 15 mai.  Quoi qu’on dise, les religions traditionnelles sont des autochtones. Les autres sont venues et les autochtones les ont reçues à bras ouverts, à cœur ouvert, souvent aussi dans la douleur. Au départ, il y a eu des tortures, des situations qui étaient vraiment inhumaines et intraitables. Malgré tout, nos ancêtres ont reçu les autres et ils leur ont donné leur terre. Quand tu reçois quelqu’un et tu lui donnes ta terre, cela veut dire qu’il y a un minimum de confiance.

La religion traditionnelle est tolérante. Elle a accepté de recevoir les autres religions. Il faut que les autres respectent la religion traditionnelle. Et nous, nous sommes contents que le Président visionnaire, Ibrahim Traoré, ait donné une journée pour les coutumes et les traditions. C’est comme s’il réparait une injustice quelque part.

 S : Etes-vous d’avis avec la manière de célébrer la journée du 15-Mai ? Certains exhibent les fétiches sur les réseaux sociaux ?

 Y.J.K : Je suis peinée de voir que ceux pour qui le président se bat n’ont pas compris très bien la notion du 15-Mai. En fait, le 15-Mai, il ne s’agit pas de sortir les fétiches pour montrer à qui que ce soit, mais c’est une journée qui a été donnée pour que nous puissions nous asseoir avec nos enfants, leur parler de nos valeurs traditionnelles, de nos coutumes pour leur permettre de connaître nos valeurs ancestrales. Je voudrai interpeller ceux qui font des sacrifices bizarres sur les réseaux sociaux d’arrêter parce que cela ne construit pas. Au contraire, cela crée des problèmes. Chacun doit faire ses sacrifices dans la discrétion, dans le respect des traditions et faire ce qui peut profiter à nos communautés.

Dans nos valeurs traditionnelles, il y a des périodes, par exemple, pour faire les sacrifices, pour dire merci aux ancêtres. On peut demander aux ancêtres de nous aider pour une bonne saison. A la fin de la saison également, on fait des sacrifices pour dire merci aux ancêtres qui ont écouté nos prières. Et ça, on ne peut pas changer ces rituels, ni les dates. Maintenant, il y a aussi d’autres rituels en pays moaga où on donne un nom à un enfant. Cela se fait toujours dans certaines familles.

Moi, je ne peux pas renier mes racines. Je suis née moaga. Je suis née princesse. Je n’ai pas choisi d’être née dans la famille royale. C’est la nature qui m’a amenée dans cette famille royale. Et pour rien au monde, je ne vais abandonner ce que nos parents ont institué et ce que les parents nous ont donné comme instructions, ce qu’ils nous ont tracé comme chemin à suivre.

Cela n’empêche pas qu’on soit chrétien. J’ai été baptisée à l’âge de 4 ans. C’est moi-même qui ait réclamé le baptême. Parce que je suis née dans une famille chrétienne. Ma famille maternelle est chrétienne. Mon papa est chef traditionnel. Mais comme je suis née dans ma famille maternelle j’ai vu que tous les enfants partaient à la messe et prenaient la communion. A un moment donné, j’ai réclamé d’être baptisée. Et, on m’a baptisée. J’ai évolué dans la vie chrétienne pendant toute ma vie. Il y a des valeurs chrétiennes que j’ai et des valeurs traditionnelles qui font partie de moi. A un moment donné de ma vie, j’ai voulu être religieuse mais c’est une affaire de vocation.

Et j’ai fait mon expérience. J’ai beaucoup aimé parce que j’ai reçu une formation humaine et chrétienne qui m’a permis aujourd’hui d’être épanouie. Je respecte toute la hiérarchie catholique qui m’a permis à un moment donné de bénéficier de cette formation humaine et intellectuelle. Mais aujourd’hui, il y a parfois des gens qui m’interpellent pour me dire : « on ne te comprend pas ». Mais vous ne pouvez pas me comprendre puisque je suis une personne qui ne renie pas sa source. Je ne vais jamais renier mes racines.

Est-ce que je peux effacer le nom Kongo qui est en moi ?  C’est du sang qui coule dans mes veines.  J’ai eu l’avantage d’être née dans une famille où il y a des coutumes, où on respecte les coutumes, où on est ancré dans les valeurs traditionnelles. La seule chose que je peux faire aujourd’hui, c’est la promotion de nos coutumes. Si cela ne va pas m’ouvrir les portes du paradis, alors je préfère rester à côté de mes ancêtres.

S : Pour vous, quel est le rôle que la femme devra occuper dans la société traditionnelle pour continuer à être une source d’inspiration ?

Y.J.K : De nos jours, il y a des gens qui réclament une place pour les femmes. Pourtant, ce sont les femmes qui ont quitté leur place, qui ont laissé cette place vide aujourd’hui. Je ne vois pas ce que les femmes réclament comme place dans notre société, puisque dans le monde traditionnel, la femme a déjà une place de choix. Est-ce que vous savez que pour certains rituels, si la femme n’effectue pas le premier pas, l’homme ne peut rien faire. La femme a donc une place prépondérante dans la société traditionnelle.

Maintenant, si la modernité a amené certaines à quitter leurs places qu’elles cherchent aujourd’hui, revenez à la maison pour vous faire rééduquer, pour vous faire reformater, pour que vous puissiez avoir votre place, et vous asseoir tranquillement, éduquer vos enfants, pour que la fracture sociale qui est là aujourd’hui puisse être corrigée. Dans la société africaine, il y a une place que la femme doit accepter et le rôle sociétal que la femme a, si elle l’accepte de façon humble, et qu’elle le fait avec humilité et avec joie, la société sera meilleure.

S : A la Semaine nationale de la culture (SNC Bobo 2026), des femmes ont défilé torse nu. Quel est votre avis ?

Y.J.K : Je ne comprends pas pourquoi, les gens sont choqués parce que dans l’expression d’une culture, des femmes sortent nues ? Moi-même, quand je suis à la maison, je mets un pagne seulement et je me balade avec mes seins dehors. Nos mamans marchaient nues. Quand vous allez dans la cour royale, vous n’allez pas voir une femme porter un habit des pieds à la tête. Les mamans n’ont que des pagnes, et quand il fait froid, elles mettent sur l’épaule pour se protéger. N’exagérons donc pas. Oui, on a évolué. Mais on n’a pas dit à quelqu’un aussi de ne pas exprimer sa culture. Ces jeunes filles à la SNC, c’est leur façon d’exprimer leur culture. Et, je suis très fière de leur expression culturelle. Il faut qu’on arrive à accepter nos différences, pour vivre mieux dans notre société.

S : Alors pour terminer, pensez-vous que la culture comporte des aspects à améliorer ?

Y.J.K : Il y a certains aspects même qu’il faut éliminer. Je prends le cas de l’excision des femmes. C’est un problème de santé publique. Je pense que si on arrive à mettre cela de côté définitivement, on peut donner beaucoup plus de chance à la femme de mettre au monde sans perdre la vie. L’excision est coutumière. Mais si elle n’arrange pas la femme, si elle amène des problèmes de santé, si on voit que coutumièrement, il n’y a pas d’impact sur la société, c’est mieux qu’on laisse tomber pour que la femme ait au moins la santé. A une occasion, on m’a fait parler du lévirat. J’ai dit, le lévirat c’est un mécanisme que la société traditionnelle a mis en œuvre pour protéger la femme. C’est juste pour protéger la femme, ce n’est pas autre chose.

Entretien réalisé par Karim DIANDA et Sylvie SAWADOGO

Bomavé Konaté, Trésor humain vivant: « La faute nous incombera si nous disparaissons avec ce savoir sans le transmettre à la nouvelle génération »

Bamavé Konaté est forgeron, née en 1958 à Ouri dans la province des Balé (Boromo), région de la Boucle du Mouhoun. Il est sculpteur et taille le bois pour en faire des masques, des statuettes … A travers les plantes, il a la magie de soigner plusieurs maladies. Dans cette interview, celui qui a été élevé au rang de Trésor humain vivant (THV) en 2015 fait une appréciation positive des initiatives des autorités pour promouvoir le patrimoine culturel burkinabè.

Sidwaya (S) : Quelle appréciation faites-vous de ce Mois du patrimoine burkinabè voulu par les autorités du Burkina ?

Bomavé Konaté (B.K.) : Quand j’ai appris l’instauration de ce Mois, j’étais très content parce que je me suis dit que le Burkina Faso se réveille enfin. La culture était presque cachée et maintenant, elle est dévoilée. Donc, tout le monde a le courage de revenir dans la tradition. On taxait d’anormales, certaines personnes qui pratiquaient leurs traditions. Maintenant, chacun doit revenir à la culture.

S : Quelle appréciation faites-vous du 15-Mai, instituée comme Journée des coutumes et des traditions ?

B.K. : Faire comprendre la tradition est très important pour un Burkinabè. Les traditions étaient de plus en plus négligées. Mettre en avant les traditions constitue un bonheur pour nous qui les pratiquons depuis longtemps. Ceux qui négligeaient nos pratiques vont forcément y revenir.

S : Quelle autre initiative, pensez-vous être nécessaire pour promouvoir les traditions du Burkina ?

B.K. : Je pense qu’il faut inciter les jeunes à apprendre les traditions et les coutumes. Sinon, après le départ de l’ancienne génération qui les pratique, il y aura un vide. Il nous faut montrer le chemin aux enfants. La faute nous incombera si nous disparaissons avec ce savoir sans le transmettre à la nouvelle génération. Pour cela aussi, la presse a un rôle à jouer à travers les écrits.

S : Quelles sont les actions à votre niveau pour transmettre votre savoir-faire aux générations futures ?

B.K. : La tradition n’est pas méchante. Tout dépend de comment on la transmet aux enfants. Nous sommes dans cette pratique depuis des années. Si nous allons vers les enfants, ces derniers viendront forcément vers nous pour apprendre. A mon niveau, je les encourage à suivre ce que je fais. Je sais qu’après moi, il faut la pratiquer comme je le souhaite. Je les éduque d’une manière à ce qu’ils deviennent mieux que moi dans l’avenir. Pour promouvoir la culture burkinabè, il faut faire en sorte que les gens aient envie de la pratiquer. Et avec les initiatives en cours, l’envie va naitre au sein de la population. A l’extérieur du pays, quand je dis que je suis forgeron, les gens me respectent. Dans certains pays, le mot est perdu. Mais, des gens te diront que leurs grands-parents étaient des forgerons. Les couteaux des rois, les charrues …, toutes ces créations étaient l’œuvre des forgerons. Les forgerons existaient partout dans le monde. Maintenant, tout est fabriqué à la machine, mais à l’origine, c’était la forge. C’était une tradition.

S : Est-ce qu’on peut penser à un monde sans tradition ?

B.K. : Ce n’est pas possible. Seulement, tout le monde n’était pas pour la promotion de la culture. Maintenant que le ton est donné, c’est très bien pour tout le monde. A travers les presses, nous voyons tous les jours des initiatives de promotion de la culture de telle ou telle localité, des danses traditionnelles, des sorties de masques traditionnelles. J’invite les Burkinabè à la cohésion sociale, au respect des valeurs culturelles de l’autre. Nous devons préserver cet héritage culturel qui nous est légué.

Interview réalisée par

Obkiri MIEN

Tadaano Oyienbiga Oyenboiro Nassoulibiga, porte-parole du roi du Gulmu : « Certains traditionalistes se sont éteints avec leurs connaissances, mais nous pouvons encore sauver ce qui peut l’être »

La IIIe édition du Mois du patrimoine culturel burkinabè se tient du 18 avril au 18 mai 2025, sur le thème : « Patrimoine culturel et développement économique ». Aussi, le pays des Hommes intègres s’apprête à célébrer le 15 mai prochain, la Journée des coutumes et des traditions. Deux évènements qui visent à promouvoir les valeurs culturelles endogènes. Dans cet entretien qu’il nous a accordé, le jeudi 8 mai 2025, à Fada N’Gourma, Tadaano Oyienbiga Oyenboiro Nassoulibiga, porte-parole du roi du Gulmu, a donné sa lecture de l’initiative gouvernementale et expliqué les enjeux de la préservation du patrimoine culturel.

Sidwaya (S) : Qui est sa Majesté Tadaano Oyienbiga Oyenboiro Nassoulibiga ?

Tadaano Oyienbiga Oyenboiro Nassoulibiga (T.O.O.N.) : Je suis une autorité morale, un homme de culture, un traditionaliste et un environnementaliste. J’ai des prérogatives bien définies au palais royal. J’ai, au total, neuf responsabilités que j’assume à la chefferie. Je suis le porte-parole du roi Untaanba et ministre à la cour royale, entre autres. J’ai été lauréat de deux trophées lors des Trésors du Faso, une cérémonie qui récompense les meilleurs acteurs de la culture, des arts et du tourisme dans les régions. A la première édition en 2015-2016, j’ai reçu le trophée de la meilleure révélation littéraire de l’Est et à l’édition 2016-2017, j’ai reçu le trophée du meilleur guide de tourisme.

S : Comment êtes-vous parvenus à vous hisser à un tel niveau de responsabilité dans le Gulmu, mais aussi à décrocher tous ces trophées alors qu’à ce qui se dit, vous n’avez pas fait de longues études ?

T.O.O.N. : Dieu, dans sa conception de la chose, a permis à chacun d’avoir des facultés propres à lui et qui lui permettent de s’affirmer dans la communauté. C’est ainsi que je me retrouve avec ces qualités sans pour autant faire de longues études ou aller suivre des formations à l’extérieur. Je n’ai même pas eu la chance d’obtenir le Certificat d’études primaires (CEP), mais comme je l’ai toujours dit, on naît intelligent, on ne le devient pas. En fait, j’ai eu le privilège d’avoir été choisi par nos devanciers, nos ancêtres et nos divinités. Ils sont certainement passés par moi pour exprimer des choses qu’ils n’ont pas eu la possibilité de faire quand ils étaient encore dans le monde physique. C’est une sorte de réincarnation.

S : Depuis le 18 avril dernier, le Burkina Faso célèbre la IIIe édition du Mois du patrimoine culturel. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

T.O.O.N. : Le patrimoine culturel c’est l’ensemble des valeurs endogènes que nos ancêtres, la nature et Dieu nous ont permis d’avoir. Ce sont des valeurs intrinsèques qui constituent le socle fondamental de toute civilisation. Le patrimoine est matériel et immatériel. Il relève de la nature, de la culture, de l’innovation, de la créativité, de la matérialisation, de la langue … Il englobe beaucoup de choses. La chefferie coutumière est un patrimoine matériel et immatériel. Nous nous retrouvons pleinement donc dans ce mois dédié à la culture. Dans la région de l’Est, nous avons un immense potentiel. En tant que traditionaliste, cette initiative gouvernementale est salutaire même si elle intervient un peu tard. Car, beaucoup de patriarches et de traditionalistes ont rejoint le monde invisible avec leurs connaissances. Mais, je me réjouis tout de même parce qu’il existe encore des talents de la tradition.

S : Pensez-vous qu’on peut encore réhabiliter tout ce patrimoine culturel ?

T.O.O.N. : Je rappelle que lors du programme du Patrimoine culturel immatériel (PCI) organisé par le ministère en charge de la culture du Burkina Faso, l’Est a battu le record à l’époque en engrangeant 406 éléments. C’est pour dire qu’il y a du potentiel dans cette région. Il est vrai que certains traditionalistes se sont éteints avec leurs connaissances parce que nos traditions sont basées sur l’oralité, mais je pense que nous pouvons colmater les choses auprès de ceux qui sont toujours de ce monde, les matérialiser et les réhabiliter. Nous pouvons sauver ce qui peut l’être encore. Cela passe d’abord par une volonté politique. Et, heureusement, le gouvernement actuel s’est inscrit dans cette dynamique. C’est pourquoi, en tant qu’autorité morale, il est de notre devoir d’accompagner ce Mois, de soutenir la dynamique du gouvernement et d’apporter notre touche de sorte que le patrimoine culturel soit sauvegardé et pérennisé pour les générations futures.

S : Des excursions touristiques, des ateliers pédagogiques et des soirées de promotion culturelle constituent le menu du Mois du patrimoine culturel. Qu’en pensez-vous ?

T.O.O.N. : Si j’étais près de ceux qui proposent les choses, j’aurais apporté ma touche pour améliorer le fond. Je ne remets pas en cause le travail fait par les acteurs, mais je dis que si nous avions été impliqués véritablement dans l’organisation de l’évènement, nous aurions pu ajouter de la terre à la terre et améliorer les choses. Je m’attendais vraiment à ce que nos autorités de tutelle à l’échelle régionale dans ce Mois du patrimoine aillent à la rencontre des traditionalistes pour leur donner l’occasion de parler. Malheureusement, il n’existe pas, pour l’instant, un cadre qui puisse permettre aux acteurs culturels de s’affirmer en tant que trésors vivants.

S : Selon vous, la jeune génération est-elle disposée à incarner les valeurs culturelles gourmantché ?

T.O.O.N. : Les jeunes commencent à s’intéresser à la culture. Depuis un certain temps, ils ont compris qu’il faut repartir à la source. Mais, nous avons l’impression que les conditions ne leur permettaient pas de se sentir concerner. Quand je prends l’initiation, par exemple, nous sommes les seuls à la pratiquer de façon authentique dans la sous-région. Même si depuis le début de l’insécurité, nous l’avons suspendue. Je rappelle qu’au cours du dernier camp en 2017, nous étions à plus de 1800 initiés répartis dans huit camps. Ce sont des pratiques que nous allons reprendre bientôt. En plus, le contexte politique y est favorable et les communautés sont aussi engagées à transmettre les connaissances immatérielles à la jeune génération dès le bas âge. C’est justement en inculquant ces valeurs aux jeunes que nos sociétés auront des modèles et des hommes dignes.

S : En votre qualité de personne morale, avez-vous entrepris des initiatives dans ce Mois du patrimoine culturel ?

T.O.O.N. : Je compte organiser une conférence publique pour parler du patrimoine culturel. Nous allons expliquer la notion de patrimoine culturel, nous reviendrons sur les éléments constitutifs du patrimoine de cette région qui a un potentiel culturel énorme. Au-delà, avec le potentiel que je détiens, le savoir et le savoir faire, j’ai en projet d’animer des panels à l’université sur plusieurs thèmes en lien avec le patrimoine culturel. Je reçois régulièrement à domicile des élèves, des étudiants, des doctorants, des chercheurs, des professeurs pour parler de nos traditions.

S : Vous êtes visiblement engagé dans la promotion de la culture gourmantché. Avez-vous, sur le long terme, d’autres projets dans ce sens ?

T.O.O.N. : Je suis porteur d’un projet qui entre dans le cadre de la sauvegarde du patrimoine culturel. Il s’agit de la création d’un centre dénommé Centre culturel initiatique pour la transmission massive et la réhabilitation du patrimoine gourmantché. J’ai soumis le projet à l’appréciation du ministère et j’attends de voir s’il sera validé. L’objectif, c’est de donner la chance à tous les gourmantché de se ressourcer. Aujourd’hui, il y a des gourmantché qui ne savent pas comment faire un sacrifice, des jeunes filles qui ne savent pas comment s’habiller, s’entretenir, se coucher, marcher et se comporter devant les gens. Sur cette question de l’initiation féminine, il faut reconnaître que nous avons tout abandonné alors que tout n’était pas mauvais. En son temps, on inculquait des valeurs à la jeune fille avant qu’elle ne se marie.

C’est pourquoi il y avait moins de problèmes dans les couples. Mais aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Que ce soit la jeune fille ou le jeune garçon, nous allons les inciter à s’approprier ces valeurs pour leur permettre de devenir des hommes et des femmes dignes. C’est un projet qui va concerner les jeunes, les enfants, les adultes, les chercheurs, les étudiants, les doctorants, tout le monde. Au-delà de l’ethnie gourmantché, il y a des ethnies qui ont eu l’occasion de côtoyer les gourmantché pendant deux ou trois siècles, notamment les haoussa, les peuls, les djerma, les moba au Togo, les bimoba au Ghana et qui se retrouveront tous dans le projet.

Déjà, j’ai l’avantage de détenir de la documentation sur toute l’histoire anthropologique du gourmantché depuis le temps précolonial jusqu’à nos jours. Je connais la fondation de toutes les dynasties dans la région de l’Est. Je parle en connaissance de cause.

S : Quel est votre message aux autorités à propos de ce projet ?

T.O.O.N. : Lors du centenaire marquant l’arrivée du colon, il y a eu des conférences régionales dans toutes les régions. Et à l’Est, l’invité d’honneur était l’historien Magloire Somé et nous avons insisté sur ce projet. Je pense que je me suis libéré de cette charge morale en proposant quelque chose qui entre en droite ligne de la politique actuelle en matière de promotion de nos valeurs endogènes. La balle est dans le camp de l’autorité et nous attendons de voir. Je tiens à féliciter le gouvernement burkinabè qui fait la part belle à la promotion du patrimoine culturel. Nous espérons qu’il continuera sur cette lancée.

S : Quel est votre dernier mot ?

T.O.O.N. : L’Afrique a un potentiel culturel inestimable. Nous sommes dans un continent laïc. Malheureusement, les gens portent atteinte au principe de la laïcité. Nous devons comprendre une chose, soyons nous-mêmes, préservons nos traditions, faisons la promotion de nos valeurs. Faisons-en sorte de les transmettre intégralement aux jeunes générations. C’est une responsabilité individuelle et collective. Pour ce qui est du cas spécifique du Gulmu, j’appelle tous les acteurs à l’union autour de nos valeurs culturelles. Car, la culture est le socle fondamental de toute civilisation.

Interview réalisée par Joanny SOW

Joannysow1803@gmail.com

Chronique

Associations et ONG au Burkina Faso : A l’ère de la discipline

Le 17 juillet 2025 a marqué un tournant décisif dans le milieu associatif burkinabè et des Organisations non gouvernementales (ONG) exerçant sur le territoire national. L’Assemblée législative de transition (ALT) a, en effet, adopté à l’unanimité, la loi n°011-2025/ALT portant liberté d’association au Burkina Faso, promulguée suivant décret n°2025-0959/PF du 23 juillet 2025. Elle a abrogé la loi de n°064-2015/CNT du 20 octobre 2015, qui a laissé voir des limites face aux réalités et des dérives notoires ces dernières années dans ce milieu.

Ce nouveau cadre juridique, dans son fondement, vise à assainir le milieu des organisations associatives et ONG qui, face au laxisme en leur sein, étaient devenues un vaste champ aux lignes floues, où le social côtoie parfois l’électoralisme. Certaines multiplient les domaines d’intervention rien que pour capter des financements de tout genre au profit d’intérêts personnels plutôt que pour servir une cause commune impactante.

Plus de 30 000 structures, un recentrage opportun

Le pays compte plus de 30 000 associations, fondations et ONG, dont environ 500 de droit étranger autorisées au Burkina Faso. A première vue, ce foisonnement pourrait traduire la vivacité d’un engagement citoyen et humanitaire bien actif au service du peuple. Mais, à l’analyse et à l’épreuve des défis du moment, notamment sécuritaire qui, du reste, exige encore plus d’engagement à tous les niveaux, un recentrage de ses organisations associatives s’est avéré impératif. Cela, d’autant plus que certaines d’entre elles n’ont pas pris la mesure de ce changement de paradigme en accumulant, malheureusement, manquements et irrégularités préjudiciables à l’Etat burkinabè et ses partenaires sincères.

C’est pourquoi, dans une dynamique de transparence et de bonne gouvernance, l’Exécutif burkinabè a engagé, en toute souveraineté, des réformes structurelles audacieuses dont la mise en œuvre se traduit par des actes forts inédits : suspensions temporaires pour certaines organisations associatives, révocations d’autorisations d’exercer pour d’autres, notamment parmi les organisations étrangères qui ont failli au respect de l’obligation de signer une Convention d’établissement, pourtant un préalable pour exercer légalement au Burkina Faso.

Pour ce qui est de la suspension, elle est limitée dans le temps et est de trois (03) mois, en général. Au terme de la loi portant liberté d’association, l’organisation suspendue peut reprendre ses activités si elle satisfait les conditions de levée de la suspension.

La révocation, elle, s’applique aux organisations associatives de droit étranger. Après s’être conformée et alignée aux priorités nationales, elle peut également demander à nouveau l’autorisation d’exercer, auprès du département en charge des libertés publiques.

Des mesures qui valent leur pesant d’or

Au-delà des sanctions, la loi portant liberté d’association au Burkina Faso s’inscrit dans le pilier 2 du Plan RELANCE : « Refonder l’Etat et améliorer la gouvernance ».

Par ailleurs, la nouvelle réglementation confie aux Chefs de circonscription administrative (CCA) un rôle plus accru dans le suivi des associations et prescrit la mise en place d’une cartographie nationale des organisations associatives actives. Un autre enjeu majeur, qui sous-tend la nouvelle loi, est le renforcement de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme en ce sens que certains organismes à but non lucratif peuvent, de gré ou malencontreusement, servir de relais dans ces pratiques.

Certes, les mesures prises peuvent susciter crispations et débats. Mais, au regard des dérives constatées, il n’est pas trop d’affirmer qu’elles relèvent moins de la répression que de la salubrité publique au service du peuple. Car, dans un contexte où chaque acteur doit contribuer à la sécurité et au développement, chaque adhérent à une association doit faire du respect des statuts et règlement intérieur et de la loi, une exigence patriotique, de l’autofinancement une priorité permanente.

En somme, la clarification des règles et l’exigence de leur respect valent son pesant d’or.

DCRP/MATM

Lutte anti-terroriste au Burkina: 1161 sergents prêts à aller au front

Les jeunes sergents de la 17e promotion, au nombre de 1161 stagiaires formés à l’Ecole nationale des sous-officiers d’actives (ENSOA), ont effectué leur sortie officielle de fin de formation le mardi 12 mai 2026, à Ouagadougou.

Pour mettre fin à la crise sécuritaire et remporter la lutte contre le terrorisme engagé par le Burkina Faso et la Confédération AES, les recrutements militaires se succèdent et des formations adaptées sont dispensées. Le mardi 12 mai 2026, une nouvelle cuvée de l’Ecole nationale des sous-officiers d’active (ENSOA) a effectué sa sortie de fin de formation. Il s’agit de la 17e promotion baptisée : « Promotion sergent-chef, Ouédraogo Kiswendsida Noel ». Elle est forte de 1161 stagiaires.

Pour le ministre de la Guerre et de la Défense patriotique, le général de division Célestin Simporé, ces jeunes sergents seront immédiatement déployés sur les théâtres d’opération. Il a indiqué que des combattants continuent la libération progressive du Burkina et la lutte contre le terrorisme est plus que jamais d’actualité dans les pays de l’AES. Du coup, le patron du département de la Guerre a invité les sortants à plus d’engagement, de sacerdoce et de discipline.

A sa suite, le chef d’état-major de l’armée de terre, le colonel Hermann Roamba, a interpellé les jeunes sous-officiers sur le rôle qu’ils seront désormais appelés à jouer au sein des forces armées.  Cheville ouvrière du commandement militaire en garnison comme au combat, le sous-officier, selon lui, est le maillon central qui relie le chef à la troupe, le premier relai du chef et celui-là qui traduit les ordres du supérieur à la troupe, rassure de leur bonne exécution et rend compte.

Des éléments bien forgés et aptes

Selon le commandant l’ENSOA, le chef de bataillon Ali Bikienga, ce contingent de 1 161 stagiaires, compte 21 femmes et 11 ressortissants de six pays amis. La formation dans ses phases théoriques et pratiques a duré 17 mois. Il a rassuré que les sortants ont été forgés dans le corps et conformément à l’esprit militaire et que l’ENSOA va poursuivre ses missions de centre d’excellence pour le sous-officier d’active.

Mais, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Face au flux incessant de stagiaires à l’ENSOA, son commandant pointe du doigt des insuffisances. Il a cité, entre autres, le manque de moyens roulants, d’armes et de munitions nécessaires pour l’apprentissage et les stages pratiques. Aussi, l’insuffisance du personnel d’encadrement d’autant plus que les effectifs et la fréquentation de l’école vont crescendo. Aux stagiaires sortants, le commandant de l’ENSOA a prodigué des conseils pour réussir leur carrière militaire.

« Vous avez choisi un métier dont les principes fondamentaux sont l’ordre, la discipline, la rigueur, l’honneur, le dévouement et le don de soi. Veuillez à ce que ces valeurs vous guident tout le long de votre carrière et dans les missions que vous serez appelé à accomplir », a-t-il déclaré. Les stagiaires eux, ont décrit leur séjour comme enrichissant, en termes de formation reçue. L’aguerrissement, le stage commando, les manœuvres conjoints avec les stagiaires officiers d’active de l’Académie militaire Georges-Namoano (AMGN) ont été présentés comme de belles expériences militaires. Ils ont promis d’être des soldats « révolutionnaires » prêts à défendre la Nation partout où de besoin.

Wanlé Gérard COULIBALY

Olympiade nationale de mathématiques et physique chimie: les grandes actions dévoilées lors du lancement

L’association des sciences et développement, de concert avec le réseau des professionnels en gestion des ressources humaines du Burkina Faso et le ministère en charge de l’enseignement secondaire, a animé une conférence de presse pour lancer la 1re édition des Olympiades nationales de mathématiques et sciences physiques « YOUKI’ MATHS-PC », mardi 12 mai 2026, à Ouagadougou.

L’Association des sciences et développement (ASD), en collaboration avec le Réseau des professionnels en gestion des ressources humaines du Burkina Faso (REP/GRH-BF) et le ministère de l’Enseignement secondaire et de la Formation professionnelle et technique, a animé une conférence de presse, mardi 12 mai 2026, à Ouagadougou pour lancer les activités de la 1re édition du projet les Olympiades nationales de mathématiques et sciences physiques « YOUKI’ MATHS-PC ».

C’était en présence du sponsor officiel, SODIBO BRAKINA à travers sa marque YOUKI.  Le thème retenu  pour la première édition de YOUKI’ MATHS-PC est : « Préparer les ingénieurs de demain ». Selon les initiateurs, la tenue des Olympiades de mathématiques et des sciences physiques au profit des élèves des classes de terminale vise à susciter des carrières d’ingénieurs, de scientifiques et de techniciens, utiles à la transformation structurelle et à la souveraineté du Burkina Faso.

Le chef du projet, Ousmane Sandwidi, a noté que les candidats éligibles doivent être parmi les meilleurs élèves en mathématiques et en sciences physiques des classes de terminale C, D et E. « les candidats doivent être inscrits régulièrement dans un établissement public et privé reconnu », a-t-il précisé. M. Sandwidi a confié que les listes d’inscription doivent être établies par les chefs d’établissement. « Ces listes doivent être transmises à la direction régionale des curricula, de l’innovation et de la formation du personnel de l’enseignement général de chaque région », a-t-il informé. Ousmane Sandwidi a en outre expliqué que le concours aura lieu au niveau régional et les premiers de chaque région vont compétir au niveau national.

les journalistes sur la tenue de la 1re édition du concours national YOUKI’ MATHS-PC.

« La composition régionale se déroulera le samedi 16 mai 2026 », a-t-il signifié.  Quant-à-celle nationale, elle aura lieu le samedi 30 mai 2026 à Ouagadougou. Ousmane Sandwidi a annoncé que plus de 40 prix en espèces et en nature seront décernés aux lauréats. Les 3 premiers lauréats nationaux recevront des prix.  « Le 1er aura 2 500 000 FCFA/an sur 3 ans, 2 250 000FCFA/an sur 3 ans pour le 2e lauréat et 2 000 000 FCFA/an sur 3 ans pour le 3e », a-t-il détaillé.  Au niveau régional, les 3 premiers lauréats recevront respectivement 100 000 FCFA, 75 000 FCFA et

50 000 FCFA.  L’inspecteur de l’enseignement secondaire, Aboubacar Paré, a confié que le ministère de tutelle se chargera de la sélection des sujets et de la composition des membres du jury et correcteurs. 

Gbetcheni Constantin Bertrand KAMBIRE

(Collaborateur)

RDC : un revirement significatif

La situation sécuritaire demeure volatile dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), malgré la signature, en décembre 2025, d’un accord de paix entre le Président Félix Tshisekedi et son homologue du Rwanda, Paul Kagamé, sous une médiation américaine. Les armes continuent d’y crépiter, fragilisant davantage l’espoir d’un retour à la paix, attendu depuis belle lurette. C’est dans ce climat d’incertitude que le mouvement rebelle M23, soutenu par le Rwanda voisin, a posé un acte  de  nature à laisser espérer  un début de  sortie de crise  dans l’Est de la RDC, où il occupe des localités entières.

Sous la pression de Washington, qui n’a de cesse d’appeler à une désescalade, le M23 a consenti à quitter, en ce début de semaine, plusieurs localités de  la  province du Sud-Kivu, y compris son chef-lieu, Sangé. Le mouvement rebelle retourne à sa position, avant la prise d’Uvira, autre ville du Sud-Kivu, évoquant un repositionnement, un acte de bonne foi dans le cadre du processus de paix.  Cette situation tient lieu de revirement important sur le théâtre des combats et intervient  étrangement après les sanctions américaines contre l’ancien Président Joseph Kabila, présenté comme un soutien de l’ombre du M23.

La décision de Washington  à l’égard de l’ex-chef  de  l’Etat  congolais a-t-il  inquiété le groupe rebelle, au  point  de l’amener à reculer de sa position, ce qui confirmerait du reste  ses  liens avec  Joseph Kabila ?  En tous les cas, la posture du M23 surprend agréablement tous ceux qui militent pour un retour durable de la paix dans l’Est de la RDC. Il faut se rendre tout de même à l’évidence, que le  chemin à parcourir est encore long  pour une pacification de cette partie du pays en proie à l’insécurité depuis quasiment  trois décennies. 

Le M23 a tissé des racines dans l’Est de la RDC où d’autres localités sont encore sous son autorité, au détriment de l’armée congolaise, équipée mais en manque d’organisation. Il va falloir poursuivre les négociations pour amener ce groupe, qui a repris du service depuis 2021 après une période d’inaction, à libérer les  villes occupées et  à déposer  définitivement  les armes.  Le défi est de taille, à un moment  où  un problème de  confiance est en train de se poser dans le camp du M23. Le groupe armé  commence à mettre en doute la médiation des Etats-Unis, accusés d’être plus tolérant envers le gouvernement congolais, avec qui  des  accords sur les minerais critiques ont été signés. Cette récrimination pourrait compromette cette nouvelle marche difficile vers la paix, que l’on espère toujours dans l’Est de la RDC. 

On en est arrivé à un point où  la conquête de la paix est devenue un idéal dans cette  partie  du  pays, mais  gardons espoir.  Les populations ont tant souffert des affres  de cette interminable guerre, qu’il  faille mettre tout en œuvre  pour  pacifier l’Est de la RDC. Au regard des avancées diplomatiques considérables qu’il a pu obtenir sur le dossier, Washington pourrait réussir là où la communauté internationale, dans son ensemble, a échoué.  Voir le bout du tunnel dans l’Est de la RDC  est  bien possible, pour peu  que  les  rebelles et leur supposé  parrain, le Rwanda, se résolvent  à aller au-delà de leurs intérêts égoïstes, pour privilégier le retour à la paix.

Kader Patrick KARANTAO