Coutumes et traditions : Une campagne de promotion des prénoms locaux lancée

Le mouvement culture-action a lancé une campagne de promotion des prénoms locaux, le samedi 09 mai 2O26 à Ouagadougou.

Le mouvement culture-action veut promouvoir les prénoms locaux dans la société burkinabè. C’est dans ce sens qu’il a lancé une campagne de promotion des prénoms locaux, notamment mossé, le samedi 09 mai 2026 sur le site historique de Komber-Pademba, un bois sacré, situé au quartier Zogona de Ouagadougou.

Portée par l’onomasticien traditionnel Vèneg-b-yam H. ka-Boré, l’initiative entend replacer les prénoms mossé au centre de l’identité culturelle et spirituelle des citoyens à l’orée de la  Journée des coutumes et traditions (JCT). Les initiateurs de la campagne ont invité les citoyens à renouer avec leurs racines culturelles. A les entendre, l’objectif est de remplacer les prénoms d’origine étrangère (arabes, français, anglais, juifs etc.) par des appellations authentiques issues des langues et traditions locales notamment mossé.

Le processus de réhabilitation, selon  Vèneg-b-yam H. ka-Boré,   comprend  trois étapes : le remplissage d’une fiche de renseignement, un entretien avec l’expert en onomastique, puis une validation symbolique par les ancêtres à travers un rituel. Pour le gardien de la tradition, le prénom est le premier acte d’identité. « Le promouvoir, c’est restaurer notre dignité culturelle et spirituelle », a-t-il soutenu.

L’initiative a été saluée par certaines personnes qui ont décidé de suivre le processus de réhabilitation. Les initiés du jour ont chacun apporté un poulet blanc, signe de pureté et d’offrande, renforçant la dimension spirituelle et communautaire de l’événement.  Lassana Kaboré est un baptisé. Il s’appelle désormais Kaboré Som-loug-yan. Il s’est réjoui de prendre un nom mossi du terroir. « Som-loug-yan signifie le bienfait culmine, c’est-à-dire la hauteur du bienfait. Je suis noir, je suis africain, donc avec ce nom du terroir, je me sens authentique », a-t-il affirmé.

L’événement a été marqué par des échanges riches et une forte mobilisation, s’inscrivant dans une dynamique de révolution culturelle. Les organisateurs ont rappellé que la quête de la souveraineté ne se limite pas aux structures politiques, mais s’étend à la mémoire et à la parole.

La campagne de réhabilitation des prénoms locaux s’inscrit dans l’esprit du Mois du patrimoine, consacré à la valorisation des traditions et des savoirs endogènes. A travers ce geste symbolique, le mouvement culture-action rappelle que le patrimoine ne se limite pas aux monuments ou aux sites historiques, mais englobe aussi l’héritage immatériel tels que les noms, les langues et les pratiques culturelles qui façonnent l’identité collective.

Sylvie SAWADOGO

Concours sur la santé bucco-dentaire: Gbetcheni Constantin Bertrand Kambiré, lauréat dans la catégorie presse écrite

La direction de la prévention et du contrôle des maladies non-transmissibles du ministère de la Santé a organisé une cérémonie de remise de prix à l’occasion de la journée mondiale de la santé bucco-dentaire, jeudi 30 avril 2026, à Ouagadougou.

La Direction de la prévention et du contrôle des maladies non-transmissibles (DPCM) du ministère de la Santé avec le soutien de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a commémoré en différé la journée mondiale de la santé bucco-dentaire, célébré chaque 20 mars. A l’occasion de cette commémoration, elle a organisé un concours sur la santé bucco-dentaire en vue de reconnaitre le mérite des meilleures productions des journalistes et influenceurs à l’issue d’une formation.

Après la proclamation des résultats, les lauréats ont reçu leurs distinctions au cours d’une cérémonie de remise des prix, jeudi 30 avril 2026, à Ouagadougou. Gbetcheni Constantin Bertrand Kambiré, collaborateur aux Editions Sidwaya, a remporté le 1er prix dans la catégorie presse écrite pour ses œuvres « Santé bucco-dentaire : Prévenir ou subir le mal et les conséquences au quotidien » et « Quand la santé du corps dépend de la santé bucco-dentaire ». Maxime Ilboudo de la chaine privée BF1 et Gisèle Tirogo de Radio Omega ont reçu les premiers prix dans les catégories télévision et radio, respectivement. L’influenceuse Dora Gueye quant-à-elle s’est adjugée le 1er prix dans sa catégorie.

Chacun des lauréats a reçu un trophée et une enveloppe de 100.000 FCFA. Un sketch de sensibilisation par le club des étudiants bucco-dentistes a mis fin à la célébration de la journée mondiale de la santé bucco-dentaire. Accompagné du nouveau Secrétaire général des Editions Sidwaya, Jean Marie Toé et du Rédacteur en chef, Abdel Aziz Nabaloum, le lauréat a présenté son trophée à la directrice générale des Editions Sidwaya, Assétou Badoh. Elle a félicité M. Kambiré pour avoir honoré l’image de la « Maison commune ». Mme Badoh lui a prodigué des conseils et l’a encouragé à maintenir ce dynamisme dans les productions.

La Rédaction

Kaya : 10 bus de la SOTRACO pour renforcer la mobilité

La ville de Kaya, région des Koulsé, a officiellement réceptionné, mercredi 6 mai 2026, 10 bus de la Société de transport en commun (SOTRACO), destinés à améliorer la mobilité des populations et à fluidifier les déplacements dans la cité du Cuir. C’est l’information parvenue à Kantigui, la semaine dernière. Selon des sources locales, ces nouveaux bus desserviront cinq lignes urbaines stratégiques ainsi qu’une ligne intercommunale reliant Kaya à Boussouma et (…)

Retrouvez On murmure sur https://www.sidwaya.info/numerique/

Kantigui

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Coopération culturelle : le Burkina Faso valorise son patrimoine artistique auprès du corps diplomatique

Le Ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert OUEDRAOGO a pris part, ce mardi 12 mai 2026 à Ouagadougou, à la cérémonie officielle d’ouverture de la deuxième édition de l’exposition d’œuvres d’art burkinabè organisée dans la salle de conférences du Ministère des Affaires étrangères.
La cérémonie s’est tenue en présence de la Ministre déléguée auprès du Ministre des Affaires étrangères, Bebgnasgnan Stella KABRE/KABORÉ, ainsi que des représentants du corps diplomatique, des organisations internationales, des artistes et des acteurs culturels.
Initiée par le Ministère des Affaires étrangères en collaboration avec le ministère en charge de la Culture, cette exposition s’inscrit dans le cadre de la 4ᵉ édition du Mois du patrimoine burkinabè. Elle vise à promouvoir la richesse des arts plastiques nationaux et à renforcer la diplomatie culturelle du Burkina Faso.
Dans son allocution, le Ministre Pingdwendé Gilbert OUEDRAOGO a salué une initiative qui constitue « un cadre privilégié de promotion du patrimoine culturel burkinabè et de valorisation du génie créateur de nos compatriotes ». Il a également souligné que la culture demeure « un ambassadeur de notre identité, de notre diversité et de nos valeurs ».
Le Ministre a rappelé que, malgré les défis actuels, les artistes burkinabè continuent de magnifier les valeurs d’intégrité, de fraternité et de vivre-ensemble à travers leurs créations. Selon lui, cette exposition offre une opportunité exceptionnelle de faire découvrir aux missions diplomatiques et au public la diversité des arts plastiques burkinabè ainsi que le potentiel économique des industries culturelles et créatives.
Prenant la parole à son tour, la Ministre déléguée a indiqué que la culture constitue aujourd’hui un puissant levier de souveraineté, de dialogue et de coopération entre les peuples. Elle a affirmé que cette exposition représente à la fois « une vitrine du talent burkinabè, un espace de dialogue interculturel et un instrument d’affirmation culturelle ».
Au nom du corps diplomatique, Son Excellence Youssef SLAOUI, Ambassadeur du Royaume du Maroc au Burkina Faso, a salué cette initiative qui met en lumière la vitalité de la création artistique burkinabè et contribue au rapprochement des peuples à travers l’art et la culture.
Cette exposition se déroule les 12 et 13 mai 2026 et rassemble plusieurs œuvres d’artistes burkinabè.
DCRP/ MCCAT

Troubles du sommeil chez les personnes de plus 60 ans: l’alimentation, une cause à ne pas sous-estimer

Les personnes âgées de plus de 60 ans ont parfois des troubles du sommeil. Cette situation inconfortable n’est pas uniquement liée à l’âge. Elle est souvent due à une alimentation et à une certaine habitude de vie. La diététicienne, Coura Yasmine Sandrine Zerbo nous donne, dans cette interview, plus de précision.

Sidwaya (S) : Pourquoi certaines personnes ont souvent des troubles de sommeil après 60 ans ?

Coura Yasmine Sandrine Zerbo (C.Y.S.Z) : Après 60 ans, les troubles du sommeil sont fréquents chez certaines personnes. Contrairement aux idées reçues, ils ne sont pas uniquement liés à l’âge. En effet, un constat revient souvent à l’issue des consultations. Il ressort que l’alimentation et les habitudes de vie influencent fortement la qualité du sommeil. Ainsi, les difficultés à s’endormir, les réveils nocturnes et la fatigue au réveil sont, entre autres, signes que présentent bon nombre de sexagénaires. 

S : Comment l’alimentation peut-elle impacter la qualité du sommeil ?

C.Y.S.Z : Le rôle de l’alimentation est souvent sous-estimé, si bien que certaines personnes âgées adoptent des habitudes alimentaires qui leurs sont préjudiciables. Il arrive souvent que les repas sont pris tard le soir et en sus, des aliments lourds ou gras. Certaines personnes ont aussi l’habitude de consommer le café ou le thé en fin de journée. Ces habitudes perturbent directement le sommeil et favorisent les réveils nocturnes. A cela s’ajoute la consommation d’alcool et l’excès de sucre le soir. Les siestes trop longues, le manque d’activité physique, les stress et les angoisses peuvent également être à l’origine de troubles de sommeil. 

S : Pourquoi est-il déconseillé de prendre le café le soir ?

C.Y.S.Z : Des personnes commettent l’erreur de prendre du café ou du thé après 16 heures. En effet, la caféine peut agir pendant 6 à 8 heures dans l’organisme. Cela peut entrainer des difficultés à s’endormir, des sommeils légers ou des éveils nocturnes. Il est donc conseillé d’éviter le café et le thé après 16h.

S : Certaines personnes ont l’habitude de consommer l’alcool les soirs. Quel impact cela peut avoir sur leur organisme ?

C.Y.S.Z : Il y a des personnes qui consomment de l’alcool le soir pensant qu’il favorise le sommeil. Cette conception est erronée. En réalité, l’alcool perturbe la qualité du sommeil avec des réveils nocturnes plus fréquents, une fatigue au réveil et une déshydratation. Chez les personnes âgées, l’alcool peut également augmenter le risque de chutes, les malaises nocturnes et les interactions avec certains médicaments. Il est préférable d’éviter l’alcool le soir, surtout en cas de troubles du sommeil.

S : Pourquoi, il est conseillé de limiter le sucre le soir ?

C.Y.S.Z : Les aliments et boissons très sucrés consommés le soir peuvent perturber le sommeil chez certaines personnes. Ils peuvent stimuler l’organisme, favoriser les réveils nocturnes, provoquer des variations de la glycémie pendant la nuit. Il est préférable de limiter les boissons sucrées et les desserts très sucrés.

S : Le tô et le riz sont très présents dans nos habitudes alimentaires le soir. Comment appréciez-vous ces repas ? 

C.Y.S.Z : Le tô et le riz peuvent être difficiles à digérer chez certaines personnes, lorsqu’ils sont consommés en grande quantité, ou très tard le soir. Ils peuvent entrainer une digestion lente, des ballonnements, un inconfort digestif et perturber le sommeil. Il est recommandé de réduire les portions le soir et privilégier des repas plus légers.

S : Quels sont les repas légers qui sont recommandés ?

C.Y.S.Z : Le repas du soir doit être simple, léger et facile à digérer. Les aliments adaptés sont, entre autres, la bouillie légère de mil, maïs ou sorgho, la soupe de légumes, de la salade de légumes, des pommes de terre bouillies, de la patate douce ou des pâtes alimentaires. Certains fruits peuvent être consommés le soir mais en petite quantité comme la banane, la papaye, la pomme ou une petite portion de mangue. Il est recommandé de les consommer idéalement 1 à 2 heures avant le coucher.

S : Quels sont les aliments qui peuvent favoriser le sommeil ?

C.Y.S.Z : Certains aliments contiennent naturellement des nutriments utiles au sommeil, comme le magnésium, le tryptophane et certaines vitamines du groupe B. il s’agit notamment de la banane, les produits laitiers nature, le mil et sorgho, les arachides en petite quantité, le sésame, les légumineuses… Consommés avec modération et dans le cadre d’un repas léger, ces aliments peuvent contribuer à la détente et à un meilleur sommeil.

S : Quand faut-il consulter lorsque l’on présente des troubles de sommeil ? 

C.Y.S.Z : Les troubles du sommeil peuvent parfois révéler un problème de santé nécessitant une prise en charge.  Il est important de consulter un professionnel de santé en cas de fatigue importante dans la journée, de ronflements importants, d’arrêts respiratoires pendant le sommeil, d’insomnie persistante, de perte d’appétit ou amaigrissement et de troubles anxieux ou dépressifs

Interview réalisée par Abdoulaye BALBONE

Coopération bilatérale: le Burkina Faso invité au 4e  Sommet Inde-Afrique

Le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a reçu en audience, le lundi 11 mai 2026, l’ambassadeur de la République de l’Inde, Om Prakash Meena.

Le diplomate indien est venu transmettre officiellement l’invitation des premières autorités de son pays adressée à celles du Burkina Faso, pour prendre part au sommet Inde-Afrique prévu à la fin du mois de mai à New Delhi. Cet fut également l’occasion pour l’ambassadeur de faire le point des préparatifs du sommet et de partager avec Karamoko Jean Marie Traoré, quelques informations relatives à la participation du Burkina Faso à ce grand rendez-vous.

Om Prakash Meena a indiqué que le Burkina Faso est particulièrement attendu à ce Sommet, au regard du leadership du Président du Faso et au regard des bonnes relations de coopération qui existent et se renforcent de jour en jour entre les deux pays. Le ministre des Affaires étrangères dit avoir pris bonne note des informations sur le Sommet dont le programme est « motivant », ce qui annonce de belles perspectives dans la coopération entre l’Inde et les Etats africains. Il a rassuré le diplomate indien de la participation du Burkina Faso à cette rencontre majeure qui permettra, dans le volet bilatéral, de consolider le partenariat entre l’Inde et le pays des Hommes intègres.

DCRP/Ministère des Affaires étrangères

Fédération des tisseuses du Burkina Faso: le bilan de 2025 satisfaisant

La Fédération des tisseuses du Burkina Faso (FENATI/BF) a réuni ses membres pour une assemblée générale ordinaire, le vendredi 8 mai 2026 à Ouagadougou. Au cours de cette rencontre, les congressistes ont dressé le bilan 2025.   

La livraison de 1 200 pagnes d’une valeur de 12 000 000 F CFA, la mise à disposition des tissus Faso Dan Fani pour la confection de tenues scolaires, la participation à la compétition aux motifs du pagne du 8-Mars 2026, la participation aux foires et salons tels que le FESPACO, la foire de l’AES au Mali, Fidak au Sénégal…ce sont, entre autres, le bilan dressé par la Fédération des tisseuses du Burkina Faso (FENATI/BF), réuni en AG ordinaire, le vendredi 8 mai 2026 à Ouagadougou.

La secrétaire générale de la FENAFI /BF, Germaine Compaoré a fait savoir que les acquis de janvier à décembre 2025 sont énormes. Elle a fait cas de l’acquisition d’une subvention à coût partagée avec le projet Bave women d’un montant de 24 000 000 F CFA. Cela a permis, selon ses dires, de réaliser une boutique d’exposition en construction métallique, d’acquerir de la matière première (fil, colorant et produits de teinture), des métiers à tisser grandes largeurs et petit à deux pédales, du matériel de teinture (bassines, seaux, bois, bols, balances), etc. Elle a révélé que tout ce matériel a concouru à la réalisation des activités de la fédération au cours de l’année 2025.

Selon la présidente de la FENAFI/ BF, Pauline Bafiogo, dans l’exécution du programme d’activités 2025, plusieurs acquis ont été engrangés. « Vu la situation sécuritaire que traverse notre pays et qu’une organisation comme notre faitière arrive à réaliser autant d’activités, nous pouvons remercier nos partenaires et les plus hautes autorités de notre pays avec à sa tête, le capitaine Ibrahim Traoré pour son engagement, sa vision et sa détermination pour la reconquête du territoire, la restauration de notre pays ainsi que le retour de la paix”, a-t-elle signifié.

Pour elle, malgré ces péripéties, il a également une vision éclairée pour le développement endogène et surtout à l’endroit des tisseuses par les prises de décisions nobles sur le port généralisé du Faso Dan Fani ainsi que la lutte contre le fil importé et la contrefaçon. A l’en croire, malgré les difficultés sécuritaires que traverse notre pays, le chef de l’Etat et son gouvernement à un grand regard sur le développement endogène avec des prises de décisions importantes allant dans le domaine de l’amélioration de la transformation du coton et du textile burkinabè.

A son tour, selon Mme Bafiogo, la FENATI/BF s’engage dans cette lutte pour le retour de la paix et participer vaillamment au développement endogène par les créations d’emplois, le recul de la pauvreté et l’amélioration des conditions de vie des femmes exerçant l’activité de teinture et de tissage.   

Pour ce faire, les congressistes ont fait des recommandations. Elles ont souhaité une meilleure organisation des tisseuses dans les 13 régions suivant la nouvelle loi 11 de juillet 2025 et le décret de 2018 portant organisation des artisans suivant le code communautaire de l’UEMOA, la poursuite de la sensibilisation dans les regions a forte utilisation du fil importe pour une conscientisation a l’utilisation du fil 100% burkinabe FILSAH, la mobilisation de fonds pour une vaste campagne de formation de masse en techniaue de teinture artisanale durable en technique de tissage normalise dans toutes les regions afin d’accroitre la qualite et la quantite du Faso Dan Fani, l’acquisition d’un terrain pour la construction du siege de la FENATI/BF…

Valentin KABORE

(Collaborateur)

Lutte contre l’incivisme et restauration de l’ordre public: « Alerte Laabal », une trouvaille numérique pour interagir avec la brigade

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Le Ministère de la Sécurité a officiellement lancé la plateforme numérique de la brigade civique Laabal intitulée : « alerte Laabal » qui vise à assurer les dénonciations en toute discrétion, le lundi 11 mai 2026, à Ouagadougou.

Les autorités en charge de la sécurité publique du Burkina Faso veulent rehausser le niveau de la capacité de dénonciation des faits criminels. Pour mieux associer les citoyens à la mission d’ordre de discipline et de sécurité, le ministre de la Sécurité, le commissaire divisionnaire de police, Mahamoudou Sana, a présidé le lundi 11 mai 2026, à Ouagadougou, la cérémonie de lancement de la plateforme numérique « alerte Laabal ».

Il s’agit, selon ses concepteurs, d’une application numérique mobiles téléchargeable sur Play store et qui ouvre une fenêtre sur les missions de la brigade civique Laabal. L’objectif, selon les acteurs est de permettre aux citoyens de participer à la vie sécuritaire de la Nation, via des dénonciations sur les comportements ou autres actes suspects à brigade Laabal. Selon ministre de la Sécurité, il s’agit d’une nouvelle trouvaille, une innovation pour renforcer la sécurité publique et œuvrer à la droiture, à l’ordre et la discipline dans la société.

« C’est un outil de protection des citoyens, une création numérique pour renforcer la mission de la brigade Laabal et consolider les acquis engrangés. La plateforme est un nouveau mécanisme entre les mains du grand public pour participer à travers des dénonciations, à bâtir un Burkina Faso meilleur et une révolution patriotique populaire solide axée sur l’ordre, le patriotisme, la discipline », a fait savoir M. Sana.

Un rôle de sensibilisation des citoyens

La plateforme alerte labaal, selon lui, a trois principales options à savoir « l’option message écrit » qui consiste à rédiger un message à partir d’un smartphone pour dénoncer un acte répréhensible, puis « l’option vocal » qui permet de dénoncer à travers l’envoie d’un audio et enfin « l’option combinée » qui ramène à associer message écrit, vocal et même photo ou vidéo d’un acte qui mérite d’être dénoncé et dont le citoyen est témoin oculaire. En plus des dénonciations, le ministre de la sécurité a fait savoir que la plateforme assure également un rôle de sensibilisation des citoyens.

Il a également mis en garde les individus mal intentionnés qui se font passer pour des agents de la brigade Laabal, dont certains ont été mis aux arrêts et envoyés devant le procureur du Faso. Ce faisant, il a invité à plus de vigilance des populations tout en insistant sur le fait que la brigade Laabal est dédiée à la lutte contre l’incivisme et à la restauration de l’ordre public, de la salubrité et de la discipline sociale. Le commandant de la brigade Laabal, le lieutenant Frank Octave Kabré, a invité à la vigilance collective, au civisme et à la responsabilité. Pour lui, la plateforme est la bienvenue et va booster les actions et intervention de son unité.

Wanlé Gérard COULIBALY

La fin du paternalisme français

Repenser le partenariat entre la France et le continent africain. C’est l’objectif clairement affiché par le sommet Africa Forward :« Partenariats Afrique-France pour l’innovation et la croissance », organisé les 11 et 12 mai 2026, à Nairobi au Kenya. Cette rencontre, qui connait la présence d’une trentaine de chefs d’Etat et de gouvernements africains, se tient à un moment où l’Hexagone a perdu considérablement de son influence en Afrique francophone, voire sur l’ensemble du continent. Réputé faire et défaire les régimes à son gré ou se tailler de grosses parts de marché pour ses entreprises en Afrique, l’ancienne puissance coloniale n’est plus à son heure de gloire.

Le paternalisme de la France vis-à-vis du « berceau de l’humanité », entretenu par une génération d’hommes politiques, ne fait plus effet, dans un contexte où les Africains veulent des relations décomplexées et empreintes de respect d’égal à égal. La réalité est d’autant plus saisissante que les peuples d’Afrique francophone et du Sahel ont pris conscience de la nécessité de briser les chaines de la domination et de l’exploitation française. En la matière, le Burkina Faso, le Mali et le Niger, regroupés au sein de la Confédération des Etats du Sahel (AES) tiennent le lead, en menant un combat pour une véritable souveraineté, malgré l’adversité.

En plus d’avoir mis fin à la présence des bases françaises sur leurs territoires, les dirigeants de ces trois pays ont pris leurs distances avec la France et les institutions censées être placées sous ses ordres, à l’image de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) et du G5 Sahel. Malgré la présence des forces françaises au Sahel, pendant dix ans, les groupes armés terroristes sont restés actifs et nuisibles, ce qui interroge sur leur efficacité à lutter contre le phénomène. Fallait-il continuer à composer avec l’armée française, soupçonnée parfois d’être de mèche avec les ennemis qu’elle est censée combattre ? Les dirigeants de l’AES ont vite fait leur choix. Même s’ils sont moins frontaux face à la France, des pays comme le Tchad et le Sénégal ont également « vidé » les forces françaises présentes sur leurs sols.

Ces actions témoignent du rejet de la politique française en Afrique, de plus en plus décriée. Perçue comme une puissance prédatrice, la France a fort à faire pour se refaire une image sur le continent africain. L’Afrique de l’Ouest n’étant plus son terrain de jeu favori, elle semble avoir opté de miser sur l’Afrique anglophone pour maintenir d’une manière ou d’une autre sa présence stratégique. Le sommet de Nairobi donne cette lecture, mais suffira-t-il à recoller les morceaux ? Ce n’est pas évident. Au-delà des discours politiques, il faut remettre véritablement à plat les relations franco-africaines, sans complexe et sans hypocrisie, car l’heure n’est plus à la condescendance. Quand le Président français, Emmanuel Macron, affirme avec vigueur, que l’ère du « pré carré » français en Afrique est terminée, depuis son accession au pouvoir en 2017, on reste de marbre. Quand il dit aussi croire à un partenariat équilibré avec les pays africains, la même posture s’impose. S’il faut afficher des intentions bienveillantes et travailler ensuite en sous-main, pour téléguider ou déstabiliser des régimes en Afrique, cela pose problème.

Les accusations de connivence entre Paris et les séparatistes touaregs au Mali ou le groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Quaîda, reviennent avec récurrence, qu’on ne saurait y voir de la simple délation. Il n’y a pas de fumée sans feu, dit l’adage. Si la France veut redorer son blason sur le continent, il lui faut aller au-delà des rencontres et donner des gages de sincérité et de considération mutuelle dans ses relations avec les pays africains. Des partenaires comme la Russie, la Turquie et la Chine s’inscrivent dans ce créneau, ce qui les fait gagner en influence en Afrique. C’est la seule façon pour l’Hexagone de garantir sa présence stratégique sur le continent. Continuer à envisager les relations avec les Etats africains sous l’angle colonial est totalement dépassé et contreproductif.   

Kader Patrick KARANTAO

Opérationnalisation des reformes judiciaires: Me Edasso Rodrigue Bayala salue l’engagement des acteurs de la Cour d’appel de Fada

Le ministre de la Justice, Me Edasso Rodrigue Bayala, a rencontré les acteurs judiciaires du ressort de la Cour d’appel de Fada N’Gourma, le vendredi 8 mai 2026, en marge des journées portes-ouvertes de la justice, organisées du 7 au 9 mai dernier. Il les a félicités pour les résultats enregistrés dans la mise en œuvre des réformes judiciaires, tout en les exhortant à maintenir la dynamique.

Le ministre de la Justice, Me Edasso Rodrigue Bayala veut une cadence plus soutenue dans la mise en œuvre des reformes. Il l’a dit lors d’une rencontre avec les acteurs du ressort territorial de la Cour d’appel de Fada N’Gourma, tenue le vendredi 8 mai 2026, en marge des journées portes-ouvertes de la justice. A l’entame des échanges, le ministre Bayala a rendu un vibrant hommage à ses collaborateurs du Goulmou, de la Sirba, de la Tapoa et du Nakambé pour leur résilience et leur engagement quotidien au service de la justice. Selon lui, les performances enregistrées dans le ressort de la Cour d’appel de Fada N’Gourma traduisent la volonté réelle des acteurs de s’approprier pleinement les réformes engagées dans le secteur.

« Qu’il s’agisse de la digitalisation des actes judiciaires, de l’apurement du passif judiciaire, de l’application des mesures alternatives aux poursuites, du recouvrement des amendes ou encore du Travail d’intérêt général (TIG), le ressort de la Cour d’appel de Fada N’Gourma a engrangé des résultats forts appréciables », a-t-il reconnu. Pour ces performances « exceptionnelles » obtenues au prix d’efforts considérables malgré l’adversité, Me Edasso Rodrigue Bayala a félicité, de vives voix, les acteurs judiciaires. Par ailleurs, l’hôte du jour a rappelé que ces réformes s’inscrivent dans la vision impulsée par le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, en vue de bâtir une justice plus performante, efficace, efficiente, résiliente et accessible aux populations. Il a ainsi invité les acteurs à accélérer le rythme. « Il faut redoubler d’effort. Nous sommes tous appelés à consentir des sacrifices aux côtés des Forces de défense et de sécurité dans le combat pour la restauration de la souveraineté et de la sécurité », a-t-il lancé.

Piqûre de rappel aux débiteurs de l’Etat

Me Edasso Rodrigue Bayala, entouré de ses plus proches collaborateurs, a recueilli les doléances des acteurs judiciaires, portant essentiellement sur les conditions de travail et l’insuffisance des effectifs. En réponse, le ministre de la Justice s’est voulu rassurant. « Nous sommes conscients des difficultés auxquelles les acteurs sont confrontés au quotidien. Le gouvernement fera de son mieux, dans la mesure du possible, pour améliorer les conditions de travail», a-t-il dit, tout en appelant les acteurs à demeurer unis et solidaires autour des objectifs communs. Depuis la cité de Yendabli, Me Edasso Rodrigue Bayala a lancé un appel aux débiteurs de l’Etat à régulariser leur situation. Il a indiqué que depuis le lancement de l’opération, près de 400 millions F CFA ont déjà été recouvrés.

Le ministre a toutefois dénoncé l’attitude « sournoise » des débiteurs qui ont émis des chèques sans provision. « Ce ne sont pas de simples dettes. Il s’agit de chèques impayés émis en toute connaissance de cause. C’est à la limite une mafia », a-t-il déploré, avant de prévenir que l’Etat prendra toutes ses responsabilités face aux débiteurs indélicats. Par ailleurs, le ministre Bayala a salué les performances des comités de recouvrement des amendes judiciaires. Il a indiqué que plus de 280 millions F CFA ont été recouvrés pour le seul mois d’avril 2026. En 2025, a-t-il rappelé, près d’un milliard F CFA a été mobilisé, de juillet au 31 décembre. « Pour l’année 2026, l’objectif est fixé à un milliard F CFA, mais à fin avril. Nous sommes déjà à plus de 700 millions F CFA recouvrés », s’est-il réjoui. Ces résultats jugés « exceptionnels » ont valu au département en charge de la justice une lettre de félicitations du ministère chargé des Finances.

Joanny SOW