Investir en toute confiance

Le Comité de pilotage du dispositif de suivi de l’amélioration du climat des affaires et du cadre de concertation public-privé a tenu, le vendredi 10 avril 2026 à Ouagadougou, sa session ordinaire 2026, sous la présidence du Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo. Cette rencontre, au-delà de son caractère institutionnel, traduit un engagement politique à faire du dialogue entre l’Etat et le secteur privé, un levier stratégique de la transformation économique du Burkina Faso. En effet, l’évaluation des réformes engagées, l’adoption de nouveaux plans d’action et l’accélération de la digitalisation des procédures administratives témoignent d’une volonté du gouvernement de moderniser l’écosystème des affaires.

Dans un monde où la compétitivité des économies repose sur la fluidité des procédures, la transparence et la sécurité juridique, le Burkina Faso entend se positionner comme une terre d’opportunités crédibles et durables. Mais cette ambition ne peut se concrétiser sans une synergie d’actions entre les secteurs public et privé.

Déjà, en novembre 2025 à Bobo-Dioulasso, lors de la 22e Rencontre gouvernement/secteur privé, les bases d’un dialogue franc et constructif avaient été consolidées autour du thème : « Développement des infrastructures : enjeux, défis et engagements patriotiques pour une économie durable ». Les préoccupations exprimées par les acteurs économiques portaient notamment sur le coût élevé et l’insuffisance de l’énergie, le manque de zones industrielles adéquates, les lenteurs administratives ou encore les retards dans certains paiements.

Face à ces défis, le gouvernement a apporté des réponses et, surtout, pris des engagements. L’adoption de recommandations structurantes, telles que la mise en place d’un fonds de garantie pour le financement du secteur privé, la création d’un guichet unique numérique pour les partenariats public-privé ou encore le renforcement de la lutte contre la fraude, marque une avancée notable.

Cette volonté de rassurer les investisseurs s’est également illustrée le 10 octobre 2025, lorsque le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, recevait une délégation d’investisseurs à l’occasion du premier Forum international « Investir au Burkina Faso ». Dans un discours de vérité et d’engagement, le chef de l’Etat a rappelé que l’arsenal juridique national garantit la protection des investissements et que le pays regorge d’opportunités réelles. Il a surtout insisté sur un principe fondamental de la RPP : la rupture avec les pratiques de corruption et l’instauration d’une gouvernance fondée sur la transparence et l’équité.

Ce triptyque « réformes, dialogue, probité » constitue aujourd’hui le socle de l’amélioration du climat des affaires au Burkina Faso. Toutefois, il ne saurait porter ses fruits sans une responsabilité partagée. Si le gouvernement a le devoir de créer les conditions optimales pour sécuriser les investissements, simplifier les procédures et garantir un environnement stable, les opérateurs économiques, eux aussi, doivent jouer leur partition. L’appel du chef de l’Etat à la probité et à la franchise dans les affaires est donc un impératif. La fraude fiscale, la corruption et les pratiques déloyales sapent les fondements de l’économie nationale, réduisent les ressources publiques et compromettent la création d’emplois. Dans un contexte de quête de souveraineté économique, chaque acteur doit faire preuve de patriotisme économique.

Déjà, le taux de croissance de 6,3 % enregistré en 2025, contre 5,1 % en 2024, témoigne que les signaux sont encourageants. Il appartient désormais aux acteurs, gouvernants et investisseurs, d’œuvrer, dans la confiance et la responsabilité, pour consolider cette dynamique de développement endogène enclenchée par la Révolution progressiste populaire (RPP).

Par Assetou BADOH

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