
Le ministre de l’Enseignement de base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales, Jacques Sosthène Dingara, a échangé, le 2 février 2026, à Tenkodogo, avec les acteurs du système éducatif de la région du Nakambé sur les réformes en cours et la rupture à opérer afin d’être en phase avec la Révolution progressiste populaire.
C’est un message de rupture, en phase avec la Révolution progressiste et populaire que le ministre de l’Enseignement de base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales (MEBAPLN), Jacques Sosthène Dingara, a livré aux acteurs de l’éducation, le 2 février 2026, à Tenkodogo, dans la région du Nakambé. « Le sacrifice est indispensable pour que nous puissions rester debout. La révolution signifie rupture », a-t-il lancé d’entrée de jeu. Pour lui, on ne peut pas continuer à travailler de la même manière et espérer des résultats différents. Pour cela, il a invité le personnel de son département au changement de cap.
La première rupture à opérer est, selon lui, celle du développement de l’enseignement préscolaire. « Il faut faire en sorte que le préscolaire ne soit plus un luxe réservé à une classe sociale donnée », a-t-il dit.
La deuxième rupture est celle de la réforme curriculaire de sorte à ce que celle-ci soit bâtie sur les valeurs endogènes burkinabè. Cela implique, foi de M. Dingara, l’introduction des savoirs endogènes. Dans cette dynamique, il a annoncé le « mois culturel et artistique » qui va se dérouler probablement du 15 juin au 15 juillet 2026. Cette réforme curriculaire prend aussi en compte, a-t-il expliqué, les langues nationales. « L’année prochaine, toutes les écoles du primaire vont faire le bilingue », a-t-il annoncé. Aux enseignants qui attendent, d’après lui, d’être formés en langues nationales et bénéficier de 15 000 F CFA par jour, Jacques Sotshène Dingara s’est voulu clair : « Il n’y a plus de réquisition. Le temps, où chacun prenait sa part est révolu ».
Le financement des réformes est également un point inscrit dans la rupture. « Pendant longtemps, nous avons été le laboratoire des réformes », a-t-il rappelé. Puis d’ajouter : « On ne peut pas être financé par quelqu’un pour faire des réformes ».
La rupture doit aussi être opérée dans la gestion des carrières. Ainsi, le ministre de l’Enseignement de base a appelé les agents et responsables dans les bureaux à procéder à un changement de paradigmes, de sorte à rassurer ceux qui sont sur le terrain qu’ils peuvent travailler sereinement.
Dans le but de motiver le personnel de l’éducation, il a souligné que le nombre de médailles, accordé au secteur de l’éducation, il y a 3 ans, est de passé de 200 à 600 voire 800, si l’on prend en compte l’enseignement secondaire. « C’est une rupture pour motiver le personnel », a-t-il déclaré.
Haro sur les doubles réquisitions
En ce qui concerne l’organisation des examens scolaires de fin d’année, le ministre a invité les responsables des régions de son département à mettre un terme aux doubles réquisitions. « La liste des personnes réquisitionnées doit être affichée dès fin mars », a-t-il instruit.
Le directeur régional de l’Education préscolaire, primaire et non formelle du Nakambé, Bourbila Pierre Silga, a estimé que la mise en œuvre des différentes réformes est satisfaisante dans sa circonscription. Selon lui, 164 structures du préscolaire sont fonctionnelles avec 132 CEEP publics et privés. L’enseignement de l’Anglais est jugé acceptable avec 937 structures et concerne les classes de CE1 jusqu’au CM2, soit un taux de 82%. M. Silga a précisé que 144 structures mettent en œuvre l’enseignement des technologies de l’information et de la communication.
En ce qui concerne les métiers, il a cité, entre autres, le jardinage, le tissage, l’élevage, pratiqués dans 608 structures. Les langues nationales, quant à elles, sont enseignées dans 745 structures, soit 65%. A ceux-là, le directeur régional a ajouté, la cantine scolaire endogène pratiquée dans 1047 entités et le port de tenue traditionnelle en vigueur dans 953 structures éducatives, soit un taux de 83, 37%. Si la mise en œuvre de ces réformes est jugée satisfaisante, Bourbila Pierre Silga a relevé des difficultés qui se résument en l’insuffisance de formation des différents acteurs et l’insuffisance d’équipements.
Un des participants a estimé que, faute d’engagement communautaire, lui et ses collègues se sont vu obligés de se transformer en jardiniers tous les matins avant d’entamer les cours. Il a aussi pointé du doigt l’absence de forages, de grillages et divers autres petits équipements pour que ces jardins et champs scolaires soient une réalité. Un autre a dit ne pas comprendre les notes venues du ministère qui, tantôt, invitent à retenir le Ditanyè à l’examen du certificat, tantôt à avoir plusieurs chants au choix alors qu’un autre encore a plaidé pour la dotation en carburant afin de faciliter le travail aux encadreurs pédagogiques.
Répondant aux préoccupations, le secrétaire général du ministère, Ibrahima Sanou, a invité les enseignants à poursuivre l’encadrement des enfants à condition de ne pas les soumettre à des cours pendant des jours fériés légalement reconnus. Il a précisé que pour l’examen du CEP 2026, seul l’hymne national est retenu en chant.
Anselme KAMBIRE





