Afin de renforcer la contribution communautaire à la réduction de la mortalité maternelle liée à l’hémorragie du post-partum, principale cause de mortalité maternelle au Burkina Faso, la Société des Gynécologues et Obstétriciens du Burkina (SOGOB) a réuni les 8 et 9 avril 2026, à Ouagadougou, des acteurs de la société civile et des professionnels des médias. Deux jours durant, la trentaine de participants a procédé à la mise en place d’une cellule de veille citoyenne et à l’élaboration d’une feuille de route pour l’animation du dispositif.
« Au Burkina Faso, l’hémorragie du post-partum occupe la première place des causes de décès maternels depuis plus de 30 à 40 ans », alerte le Pr Charlemagne Ouédraogo, président de la Société des Gynécologues et Obstétriciens du Burkina (SOGOB). Pour renforcer la mobilisation autour de la prévention de l’hémorragie du post-partum, la SOGOB multiplie les initiatives pour fédérer l’ensemble des acteurs engagés dans la santé maternelle au Burkina Faso. Après un plaidoyer auprès des partenaires techniques et financiers (PTF), la SOGOB et les représentants d’associations engagées dans la lutte contre l’hémorragie du post-partum ainsi que les professionnels des médias, ont échangé sur la nécessité d’intensifier les actions pour aider à épargner des vies perdues au moment de l’accouchement.
Selon le président de la SOGOB, le Pr Charlemagne Ouédraogo, cette initiative vise à renforcer le plaidoyer auprès des pouvoirs publics et de la société civile pour parvenir à une action concertée, avec en ligne de mire les Objectifs de Développement durable à l’horizon 2030.
« La SOGOB a engagé une démarche de plaidoyer envers les pouvoirs publics et la société civique afin que nous puissions agir ensemble et de façon synergique, pour accélérer la réduction de la mortalité maternelle et être au rendez-vous de 2030. Pour examiner les progrès qui ont été accomplis, le seuil fixé est de moins de 70 pour 100 000 naissances vivantes. Nous avons donc entrepris une démarche pour accompagner le ministère de la Santé et le gouvernement afin qu’au soir de 2030, nous puissions dire qu’au Burkina, on ne meurt plus en voulant donné la vie », indique le président de la SOGOB.

Au cours des travaux, les capacités des participants ont été renforcées sur l’hémorragie du post-partum et ses conséquences. Ils ont également pris connaissance des initiatives existantes en matière de participation communautaire dans le domaine de la santé maternelle et identifié les rôles et responsabilités des différents acteurs impliqués dans la veille citoyenne. Les échanges ont également porté sur la consolidation des acquis et les innovations. Parmi ces innovations, figure l’introduction de nouveaux produits, notamment la carbétocine thermostable.
« La carbétocine thermostable est un médicament stratégique qui permettra de réduire l’incidence des hémorragies du post-partum. Car celui que nous utilisons jusque-là, l’ocytocine, est un produit qui a atteint presque le niveau supérieur au maximal de ses capacités. Et c’est un produit qui est thermosensible et qui ne résiste pas à la chaleur. Et l’innovation nous permettra d’amener une nouvelle molécule qui résiste à la chaleur, qui peut être redéployée sur l’ensemble du territoire et surtout dans les zones d’adversité là où la chaîne de froid n’est pas possible régulièrement », précise Pr Ouédraogo.
À l’issue des travaux, des mécanismes de collecte et de diffusion des informations ont été définis par les participants. Ils ont également élaboré une feuille de route pour la mise en place et l’animation du dispositif de veille citoyenne.
Pour l’un des participants, Etienne Koula, responsable de SOS jeunesse et défis : « en tant que société civile, c’est la veille citoyenne. Mais il faut d’abord informer, sensibiliser pour que les gens comprennent d’abord la thématique. Nous avons des réseaux de travail qui pourront être mis à contribution pour mobiliser d’autres partenaires locaux qui soutiennent la thématique et qui pourront sans doute apporter un accompagnement pour la lutte contre les hémorragies du post-partum », a laissé entendre M. Koula.

La SOGOB prévoit élargir ces cadres de renforcement de compétences à d’autres acteurs, parmi lesquels l’Association des Sage-Femmes et Maïeuticiens du Burkina (ABSFM), dont l’implication est plus qu’importante pour une bonne synergie d’actions.
Karim DIANDA






