
La Société sucrière de la Comoé (SOSUCO) a mis à la disposition de Faso Yaar à Banfora, une vingtaine de tonnes de sucre pour répondre au besoin des consommateurs en ce mois de carême et de jeûne. Outre cet effort, la SOSUCO développe des initiatives, tant dans les champs de canne à sucre qu’à l’usine, pour améliorer sa production et satisfaire la demande des populations. C’est ce qui ressort de l’entretien que son directeur général, Ouattara Djakaridja Héma nous a accordé.
Sidwaya (S) : Vous avez signé le 5 février 2026, un partenariat avec Faso Yaar. Quels sont les contours de ce partenariat ?
Ouattara Djakaridja Hema (ODH) : Ce partenariat avec Faso Yaar vient combler un vide qui existait. C’est vrai qu’on a des commerçants habituels qui étaient nos clients depuis la création de la SOSUCO, mais, Faso Yaar vient, non pas comme un concurrent, mais il vient jouer sa partition dans la distribution du sucre au niveau de notre pays.
S : Cette distribution du sucre dans les boutiques Faso Yaar, ne va-t-elle pas impacter le circuit habituel de distribution du sucre ?
O.D.H : Non ! La distribution du sucre dans les boutiques Faso Yaar ne va pas impacter le circuit de distribution. Comme je le disais tantôt, Faso Yaar vient comme un client de la SOSUCO. Donc, les autres clients habituels existent toujours. Ils sont en train d’être approvisionnés. Faso Yaar vient également compléter la liste des clients habituels de la SOSUCO. Mais, Faso Yaar est une structure d’Etat, tout comme la SOSUCO, donc un partenaire.
S : Quelle différence y a-t-il pour un client qui achète le sucre dans une boutique ordinaire et celui qui l’achète à Faso Yaar ?
O.D.H : Celui qui va dans une boutique de Faso Yaar trouvera le sucre au prix réglementé. Donc, c’est peut-être à ce niveau qu’on peut avoir une différence. Mais, il y a des commerçants habituels aussi qui appliquent effectivement les textes en vigueur. Je pense qu’ils se complètent. Parce que Faso Yaar va permettre aux commerçants qui exagèrent les prix d’être dans l’obligation de respecter les textes. Donc Faso Yaar vient pour la réglementation des prix, ce qui va avoir un effet d’entraînement pour les commerçants qui exagèrent sur les prix de vente de ces produits de grande consommation.
S : Quel est le tonnage du sucre qui sera mis à la disposition de Faso Yaar ?
O.D.H : Faso Yaar n’est pas ponctuel, ça continue dans le temps. Les boutiques Faso Yaar ont exprimé leurs besoins. Nous avons essayé de les approvisionner, tout comme nous approvisionnons les autres clients et les autres fournisseurs. Les prix de vente de ces sucres sont édictés par les textes réglementaires. L’Etat dit que pour ce qui concerne les morceaux, c’est 800 F CFA. Pour le granulé, le prix fixé est de 650 F CFA le kilogramme. Pour les autres régions, on peut ajouter le différentiel du transport. Il ne faudrait pas que le différentiel du transport soit aussi exagéré afin de permettre à la population d’avoir accès à ces produits de grande consommation. Je pense que Faso Yaar vient réglementer tout ça.
S : Les commerçants sont-ils obligés de s’aligner sur ces prix ?
O.D.H : On dit qu’un Etat est fort lorsque chacun s’aligne sur sa décision. Mais lorsque l’on sabote ce dont l’Etat a décidé, cela affaiblit son autorité. Notre objectif est que les commerçants s’alignent sur les décisions de l’Etat. Il y a un autre circuit de distribution qui vient s’ajouter à celui habituel, à savoir Faso Yaar qui est en train de faire un effort pour satisfaire toutes les régions du Burkina Faso. Nous demandons aux populations de respecter dans l’ordre, la distribution du sucre. Le mois de Ramadan et de carême qui coïncident cette année, est un mois de grande consommation. Il faudra que chacun puisse avoir accès au sucre. Si le gouvernement a pris la mesure de créer Faso Yaar, c’est pour que chaque Burkinabè, là où il est, ait accès à ces produits de grande consommation. Nous demandons donc à la population de se référer aux boutiques Faso Yaar mais également aux commerçants habituels qui respectent la réglementation pour s’approvisionner en sucre.
S: Dans ce mois de carême et de jeûne, quelles sont les dispositions que vous avez prises pour garantir la disponibilité du sucre au consommateur quand on sait que ce mois est un mois de grande consommation ?
O.D.H : La SOSUCO est en pleine production. Nous essayons de satisfaire au maximum nos clients et nos fournisseurs habituels, mais également Faso Yaar qui vient d’être créé dans l’optique que chaque Burkinabè puisse avoir du sucre là où il est. Le sucre de la SOSUCO est beaucoup prisé. Il fait la fierté des Burkinabè. Même à l’extérieur, il est demandé tout simplement parce que c’est un produit bio, de qualité, sans produit chimique. Quand quelque chose est bien, naturellement, cela crée la rareté. Je pense que la reprise de la SOSUCO par l’Etat a pour objectif de permettre à la société de satisfaire au maximum le besoin national. Nous sommes dans cette vision. Nous espérons que pour ce mois de carême et de jeûne, le sucre sera disponible. Il sera encore plus disponible pour les années à venir. Je rappelle que les prix autorisés pour Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso sont de 800 F CFA pour le sucre en carreau et de 650 F CFA pour le kilogramme de sucre granulé.
S : Vous venez de le dire : l’Etat a pris en main la SOSUCO. Dites-nous ce qui change fondamentalement dans la gestion de la société ?
O.D.H : Le processus de la nationalisation de la SOSUCO a commencé en 2023. C’est en 2024 que l’Etat a repris en main et c’est en fin 2025, que les textes ont été réellement pris. Nous avons commandité une étude pour proposer un rapport afin de voir les difficultés de la SOSUCO et également proposer un plan de relance et de développement. Ce rapport est disponible. La vision est grande. Elle est très grande d’ailleurs parce que nous avons en perspective de doubler notre production en allant jusqu’à environ 50 000 tonnes, voire 60 000 tonnes avec la même superficie qu’on a. Nous avons également la vision d’étendre nos champs en dehors même de la région. Si je prends la superficie actuelle, on peut l’étendre jusqu’à 5 000, voire 6 000 hectares. Mais il faut travailler à nourrir le sol parce que c’est un sol qui a été exploité depuis 1974. En plus, il faut d’autres types de variétés.
L’augmentation de la production rime aussi avec l’usine parce qu’il ne suffit pas d’avoir une très grande quantité de cannes produites et avoir des difficultés de broyage. Les deux vont ensemble. En plus des champs, nous avons en perspective la transformation ou l’innovation de cette unité qui existe. Mais, cela doit se faire avec du personnel dévoué et de qualité. Aujourd’hui, l’Etat a repris la SOSUCO. Les chantiers sont énormes. Les agents de la SOSUCO doivent travailler avec le minimum qu’ils ont. Ensuite, l’Etat apportera un concours pour un bon investissement. En attendant que l’investissement ne vienne, on est obligé de faire avec les moyens de bord. Le maintien de la production doit se faire avec des

gens convaincus. C’est un appel que je lance aux travailleurs de la société. La SOSUCO a deux compartiments à savoir le champ et l’usine. L’usine ne marche que si le champ donne. Si le champ ne donne pas, l’usine ne peut pas bien marcher. Donc l’essence même de la SOSUCO, c’est le champ. J’appelle donc tous les travailleurs, là où ils sont, de donner le meilleur d’eux-mêmes pour qu’on puisse maintenir la production, la doubler et même la tripler.
S : Vous avez été nommé directeur général de la SOSUCO en février 2004. En deux ans, qu’est-ce que vous avez fait pour la société, différemment de ce que vous êtes venus trouver.
O.D.H : Au moment où nous prenions la destinée de la SOSUCO, c’était une période difficile. Une période d’inter-campagne où il fallait faire face à l’acquisition du matériel pour la maintenance de l’usine. Nous étions endettés et les fournisseurs avaient refusé pratiquement de nous servir ce matériel-là. Mais, avec des négociations, certains ont accepté de le faire et nous avons pu démarrer l’usine. Je pense qu’il y a quand même à reconnaître ce mérite-là, celui de maintenir l’usine fonctionnelle jusqu’à aujourd’hui.
Ensuite, nous avons pu maintenir effectivement constante la rémunération salariale jusqu’à la date d’aujourd’hui.
C’est pourquoi, je lance un appel pour que les agents redoublent d’effort parce que pour redresser une société comme nous l’avions prise, il y a plusieurs méthodes. Mais à la longue, je pense que pour aller vite, il n’est pas exclu qu’une méthode soit appliquée, celle de la rationalisation des ressources humaines, qui est un point très important. Lorsque vous avez deux personnes à un poste, le travail peut être bien fait. Mais, quand on ajoute une troisième personne, cela peut créer des problèmes. Mais quand vous avez cinq ou dix personnes pour un poste, vous voyez un peu ce que ça fait. C’est un facteur à ne pas exclure. Et aujourd’hui, la SOSUCO est en production.
Le fonctionnement est un peu difficile parce que la campagne qui s’est écoulée a commencé avec deux mois de retard et on a commencé pratiquement en janvier. Si nous devons observer ces retards, les cannes vont atteindre la maturité. Cette année, on a essayé de faire un sacrifice parce que la canne fait douze mois. Mais nous avons commencé deux mois plus tôt. Par conséquent, les cannes n’ont pas atteint leur maturité et cela va jouer sur la rentabilité. L’année prochaine, on commencera à la même période de production pour rattraper pratiquement toutes les parcelles parce que cette année, il y aura des parcelles qu’on ne pourra pas couper.
La canne est très jeune et on va laisser poursuivre la maturité et l’année prochaine, on commencera la campagne avec ces cannes pendant que les cannes que nous avons coupées cette année puissent atteindre la maturité. Avec des chercheurs, nous sommes en train d’envisager des cannes à sucre qui ne font pas forcément douze mois pour atteindre la maturité. Nous avons un grand chantier et le redressement d’une usine ne se fait pas peut-être en un an ou deux ans, surtout quand l’impact est énorme. C’est pourquoi le plan de relance que nous avons élaboré va sur 5 ans. Et c’est à partir de ces 5 ans qu’on commencera à voir effectivement l’impact des investissements.
S : La SOSUCO avait encaissé des clients et n’avait pas pu leur livrer le sucre. Est-ce que ce problème est résolu ?
O.D.H : Lorsque nous prenions la SOSUCO, il y avait une dette de 5 000 tonnes, dont les ressources avaient déjà été versées. Cela a été mon premier challenge. Quand on a commencé la production, nous avons travaillé à éponger cette dette parce que le client avait déjà versé l’argent. Nous avons travaillé à satisfaire cette dette avant de commencer notre propre vente. Quand vous prenez 5 000 tonnes multipliées par 720 000 F CFA, ça tourne autour de 3 milliards F CFA. J’avais fait l’option de rentrer dans l’année 2026 sans crédit d’un client à travers un protocole. Et ce protocole a été satisfait à 100%.
S : Quels sont vos rapports avec les banques parce que ce n’était pas le parfait amour entre vous ?
O.D.H : Avec les dettes que la SOSUCO avait envers les banques, celles-ci étaient réticentes à accompagner la SOSUCO. Mais nous avons repris avec les banques. Les gens

ont un peu peur de tout ce qui est nouveau. L’Etat a repris la SOSUCO et nous avons engagé des négociations avec les banques. Il faut dire que nous n’avons pas eu des problèmes avec certaines institutions financières. C’est là où on avait des dettes qu’il y avait effectivement des difficultés. Mais aujourd’hui, elles sont rassurées. Nous avons eu des échanges avec certaines d’entre elles, et elles sont disposées à nous accompagner. Nous avons même introduit ce qu’on appelle la pré-campagne, qui est en bonne voie. Je peux dire aujourd’hui que les institutions financières sont maintenant disposées à nous accompagner pour le devenir de la SOSUCO.
S : Au vu de tout ce que vous avez dit, est-ce qu’il y a espoir que dans les années à venir, la SOSUCO puisse satisfaire la demande nationale, et même exporter le sucre ?
O.D.H : Notre objectif premier est que la SOSUCO puisse satisfaire le besoin national. Cela va demander la mobilisation de plus de terre, d’autres types d’espèces de cannes et une modernisation de notre unité industrielle. Le vrai problème qui se pose, c’est le facteur terre. Ce que la SOSUCO a déjà mobilisé a impacté certains villages qui font des réclamations depuis 1974. On remet encore le problème sur la table, tout simplement parce que c’est l’Etat qui a repris la SOSUCO. Le problème ne date pas d’aujourd’hui, mais j’estime qu’il faut qu’on avance. Il ne faudrait pas qu’on revienne encore sur les problèmes de 1974. La SOSUCO est en train de chercher à aller de l’avant.
Il ne faut pas ramener encore l’histoire dans son parcours, dans son élan. Il faut que tous les villages voisins puissent s’associer pour pouvoir travailler. Quand vous prenez les travailleurs de la SOSUCO, ils ne viennent pas d’ailleurs. Ce sont les riverains. C’est aussi notre politique de responsabilité sociale. Dans le document que nous avons élaboré, il y a aussi les actions que la SOSUCO doit mener envers ces villages pour la réalisation de certains ouvrages et ainsi de suite. C’est pour que les habitants des villages touchés par les champs de la SOSUCO puissent bénéficier des ressources de la société. Nous avons cette obligation morale de le faire.
S : Parlant effectivement des terres, les villages touchés par la SOSUCO ont fait certaines réclamations à l’endroit de la SOSUCO. Qu’en est-il exactement ?
O.D.H : Comme vous l’avez dit, ce problème de réclamations qui date des années 70 s’est encore réveillé. C’est vrai que certaines personnes en parlent, mais il n’y a pas trop de revendications des riverains sur les périmètres occupés en tant que tels. Ils demandent que leurs enfants puissent travailler à la SOSUCO. Mais à la date d’aujourd’hui, je pense que les enfants de ces villages travaillent à la SOSUCO. Mais ce qui est un peu complexe, c’est peut-être la fidélisation de tous les enfants des villages à la SOSUCO comme employés. Sinon, tous les enfants des villages impactés travaillent à la SOSUCO, à des postes différents avec même des permanents. Mais ils demandent toujours à ce que la SOSUCO fasse un effort. Nous sommes dans cette dynamique.
S : Qu’en est-il des revendications des travailleurs qui, à un certain moment, réclamaient des augmentations de salaire ?
O.D.H : Je suis un agent public de l’Etat. Pour ce qui concerne la rémunération salariale, la carrière d’un agent, c’est le facteur avec lequel je ne m’amuse pas. C’est peut-être la manière que c’est fait, qui me pose problème. Je suis un homme de justice. Je suis juste dans mes décisions. Je ne regarde pas la tête de quelqu’un pour agir. Les travailleurs même le savent. Certains sont à leur 12e, 16e, 20e ou 30e année. Ils ne sont pas devenus des permanents. Mais d’autres sont rentrés à la SOSUCO et sont devenus permanents en un laps de temps parce qu’ils sont venus par connaissance ou par personne interposée. C’est cette inégalité que je n’aime pas.
J’ai demandé des explications sur certaines choses et ce sera l’un des premiers dossiers qui sera soumis au Conseil d’administration qui est en train d’être mis en place. Je ne veux pas

continuer dans cette injustice. Donc, je vais demander aux travailleurs de la SOSUCO d’attendre parce que si je veux traiter tout de suite ce dossier, je vais encore marcher dans certaines inégalités. S’il le faut, on mettra en place un comité qui va vider ce dossier et je serai plus à l’aise en tant que directeur. Mon souhait est que les acteurs soient mieux traités. L’Etat a pris aussi un décret qui recadre la rémunération des travailleurs des sociétés d’Etat. Je crois qu’au besoin, ça sera encore mis sur table pour le reversement de chaque acteur dans la nouvelle grille.
S : Le périmètre de la SOSUCO est environ 10 000 hectares. Quelles sont les innovations que vous avez introduites pour profiter au maximum de cet espace ?
O.D.H : Le périmètre de la SOSUCO fait au total 10 000 hectares. Mais dans les 10 000 hectares, il y a des villages, des routes et des périmètres qui sont exploités et d’autres non. Nous avons entrepris d’augmenter le périmètre cultivable. Je pense que c’est un coup d’essai depuis 2025. C’est une nouvelle parcelle qui n’a jamais été cultivée. Nous y avons déchaussé des roches, fait la mise à niveau du sol et installé un nouveau pivot. Mais pour les mettre en valeur, il faut le système d’irrigation, parce que sans eau, il n’y a pas de canne. Dans le plan de relance, il y a le projet d’acquisition du système d’irrigation. Nous avons élaboré aussi un autre plan parallèle que j’ai appelé le projet de renforcement de la chaîne de production de la SOSUCO.
Pour ce plan parallèle, nous avons pas mal d’acquisitions, avec comme objectif le remplacement ou l’intégration du système solaire dans l’irrigation des champs. Les pivots nous prennent énormément de ressources dans l’acquisition du DDO et du gasoil alors que nous avons le soleil. Donc, nous avons fait une étude et avons demandé le remplacement ou l’intégration du système solaire sur tous les pivots, y compris les nouvelles acquisitions. Les pivots vont fonctionner en hybride. Nous allons garder à côté le système habituel, mais le soleil va prendre le dessus. Il y aura même des accumulateurs de telle sorte que la nuit, les batteries vont dégager de l’énergie pour que les pivots puissent fonctionner. Cela va nous faire moins de dépenses en hydrocarbure. Donc, les chantiers sont énormes. Nous avons de la vision et nous sommes en train de discuter avec les institutions financières pour voir dans quelle mesure elles peuvent nous accompagner à réaliser ces investissements. Ça peut être réalisé en 2 ou ans, mais le remboursement, se fera à long terme. Nous sommes sur ce chantier.
Nous sommes aussi en train de voir dans quelle mesure apporter vraiment des éléments nutritifs au sol pour booster la rentabilité de la canne à sucre. Nous sommes également en train d’envisager la mécanisation de la coupe des cannes par l’acquisition de coupeuses de canne pour aller plus rapidement. Ces coupeuses seront munies de remorques de telle sorte que la canne verse directement dans la remorque pour l’usine. Nous envisageons également un bulldozer propre à la SOSUCO qui va permettre d’étendre les champs non cultivés, parce que la location coûte chère. Nous voulons également des bennes et des remorques pour nous-mêmes pour qu’en cas de besoin, elles puissent prendre la route pour servir le sucre dans les localités. Nous avons un chantier énorme.
S : Les chantiers sont énormes. Mais est-ce que l’usine répond actuellement à vos attentes ?
O.D.H : Si nous avons une vision pour les champs, il faut avoir une vision aussi pour l’usine. C’est une usine qui date de 1975. Les travailleurs font un effort pour maintenir la production. Dans nos recherches, nous nous sommes rendu compte qu’il y a des usines dans d’autres pays qui avaient une durée de vie plus que la SOSUCO. Ces usines ont été modernisées et digitalisées. Je me dis qu’on peut aller dans cette lancée, et permettre à l’usine de nous faire peut-être 4 000 tonnes de broyage par jour. Actuellement, on est autour de 1 800 tonnes. Donc si on va à 4 000 tonnes, ça veut dire que la quantité de cannes produites au champ est aussi énorme. Donc par jour, il faut au minimum 4 000 tonnes, si non plus, pour maintenir l’usine fonctionnelle durant des jours. Donc voilà encore une vision qui est inscrite dans le plan de renforcement budgétisé. Elle sera reversée au cabinet qui a fait l’étude afin qu’on ait un seul document de référence qui sera la bible de la société.
S : La SOSUCO est implantée dans la commune de Bérégadougou, mais les impôts et les taxes sont reversés dans la commune de Banfora. Est-ce que ce n’est pas une injustice qu’il faut réparer ?
O.D.H : Je pense que cette question relève plutôt de l’administration. On est en bon terme avec toutes les communes qui nous entourent. Moi, je ne dirai pas que la SOSUCO appartient à une commune, mais plutôt à la Nation. Mais pour cette question précise, je préfère que l’autorité administrative puisse vous donner le découpage réel des différentes communes autour de Banfora. Et là, vous saurez où est implantée exactement la SOSUCO. Moi, je vais lancer un appel pour que chacun comprenne qu’il soit proche de Bérégadougou,

de Takalédougou, ou autres, que toutes ces entités relèvent d’une Nation. J’ai lancé un appel pour que chacun puisse contribuer, pour que le dernier Burkinabè qui se trouve derrière Fada N’Gourma puisse savoir que la SOSUCO lui appartient. On doit travailler pour que le bénéfice de la SOSUCO soit pour la Nation entière.
Dans le cadre de la responsabilité sociale de l’entreprise, nous travaillons à ce que tous ceux qui entourent la SOSUCO puissent bénéficier des retombées du sucre et que l’Etat lui-même puisse en bénéficier à travers le paiement des impôts et des taxes. C’est cela le plus important.
S : Êtes-vous confiant quant à l’avenir de la SOSUCO ?
O.D.H : Je suis très confiant que la SOSUCO va renaître de ses cendres et devenir même une unité d’exportation du sucre. Le sucre de la SOSUCO est prisé. Les études qui ont été faites montrent que le sucre de la SOSUCO est un sucre bio. Travaillons à ce que la SOSUCO ne disparaisse pas. Il faut travailler pour que la SOSUCO puisse être une unité industrielle très forte. Notre objectif est de se placer parmi les meilleures unités industrielles du Burkina Faso. On vient de très loin et aujourd’hui, la SOSUCO fait partie des meilleures unités industrielles du pays. C’est pour cela qu’on devait se sentir aussi heureux et fiers.
S : Un procès vous a opposé à un jeune par rapport à une vente aux enchères de matériel usagé de la SOSUCO. Où en est-on avec cette affaire ?
O.D.H : La justice a donné le verdict dans cette affaire et le prévenu a été condamné. Il a même demandé pardon dans la salle. Si ce pardon est sincère, il n’y a pas de souci. Mais si c’est un pardon qui n’est pas sincère et qu’il continue toujours dans cette lancée, je pense que le temps nous donnera raison. Si je fais des erreurs, ils peuvent aller poser plainte. Mais lorsque, à un moment donné, je vais sentir que c’est des propos diffamatoires qui impactent le développement de la SOSUCO et démoralisent les travailleurs, je serai dans l’obligation de porter plainte à mon tour. Quand tu es responsable, c’est aussi ça. C’est pourquoi j’appelle l’ensemble des travailleurs de la SOSUCO à faire fi de tous ces écrits et à travailler vraiment dans la légalité.
Les enfants des autres pays utilisent les réseaux sociaux pour se développer et y passent leur temps pour faire des recherches. Malheureusement, nous l’utilisons comme étant un outil de déstabilisation. Je lance un appel à une bonne utilisation de ces réseaux sociaux et à une bonne utilisation de l’intelligence artificielle. On peut l’utiliser pour conscientiser et même fabriquer des choses qui vont inspirer des gens à proposer quelque chose qui peut être utile pour le développement du pays. Mais, on ne doit pas l’utiliser pour détruire X ou Y. En le faisant, c’est votre pays que vous détruisez.
S : Quels appels avez-vous pour les autorités et la population pour un bon fonctionnement de la SOSUCO ?
O.D.H : Je pense qu’il y a des efforts qui sont en train d’être faits au niveau de nos autorités. Aujourd’hui, nous avons nos statuts et le conseil d’administration est en train d’être mis en place. Nous bénéficions également d’un appui institutionnel qui nous donne des conseils, et je pense que c’est très important. Les autorités nous mettent en contact avec d’autres opérateurs pour voir dans quelles mesures on peut impacter la production de la société. Toutes ces démarches font partie d’un appui institutionnel qui est vraiment à saluer. Au niveau local, nous avons un soutien des premiers responsables de la région et de la commune. Je lance encore un appel à tous ceux qui ne sont pas encore dans la dynamique en cours afin qu’ils changent leur manière de faire en participant à la construction de cette unité industrielle.
Personnellement, je donne le meilleur de moi-même dans l’explication, mais également dans la production de certains documents de plaidoyer. Notre objectif est que la SOSUCO devienne la plaque tournante du sucre au Burkina Faso.
S : Nous sommes au début de l’année 2026. Quels sont vos vœux ?
O.D.H : Le premier vœu est un vœu de santé parce que si vous êtes en bonne santé, vous pouvez réaliser vos projets. Je formule ensuite mes vœux de paix pour la Nation et que le Burkina Faso retrouve sa sérénité, sa sécurité pour que chaque Burkinabè puisse parcourir les contrées sans crainte. Je souhaite que ceux-là qui ont pris les armes comprennent que le Burkina Faso ne disparaîtra pas. Qu’ils comprennent leur erreur et déposent les armes. C’est à ce prix que le Burkina Faso pourra être souverain et amorcer son développement.
Je saisis l’occasion pour lancer un appel à nos partenaires, que ce soit financiers ou techniques, de croire à la SOSUCO. Qu’ils acceptent d’accompagner la SOSUCO et je pense que les difficultés pourront finir et nous pourrons rembourser toutes les dettes. Nous lançons un appel également pour que le soutien du gouvernement et de l’Etat soit maintenu et que la SOSUCO, dans les années à venir, puisse être l’une des sociétés meilleures payeurs des impôts, et qu’elle puisse briller pour le Burkina Faso.
Entretien réalisé par Adaman DRABO
La SOSUCO est à la recherche de solutions pour que le temps de maturité du sucre n’atteigne pas 12 mois (Drabo 2)
C’est une vingtaine de tonnes de sucre que la SOSUCO a remis à Faso Yaar à Banfora. (Drabo 3)
Le sucre granulé est vendu à 650 FCFA le kilogramme tandis que celui en carreau est de 800 F CFA. (Drabo 4)
La SOSUCO, à entendre son directeur général, a entrepris un vaste chantier pour augmenter son périmètre cultivable. (Drabo 5)
Voir ph dossier les pages de l’ouest du 20-2-2026………………mac adama





