En dépit du contexte d’implémentation de la Révolution progressiste populaire (RPP) qui appelle, entre autres, au patriotisme et à la probité, des Burkinabè continuent de sombrer dans la cupidité. Le désir immodéré de se faire de l’argent, parfois au mépris des règles de la République, habite encore de nombreux commerçants. Alors que la structure des prix leur garantit généralement une marge bénéficiaire, ils trouvent encore moyen d’augmenter les prix pour satisfaire leur soif d’argent.
La relative pénurie de ciment, due à des contraintes énergétiques qui ont amené les cimenteries à réduire leurs productions, a permis une fois de mesurer l’avidité d’argent de certains commerçants. Malgré cette situation, les prix ont été maintenus aux plafonds réglementaires, à raison de 5 000 F CFA pour le sac de CPJ 35 et 5 750 F CFA pour le sac de CPA 45, mais c’est sans compter avec les spéculateurs. Des augmentations de l’ordre de 250, 500, 750, voire 1750 F CFA ont été pratiquées sur le prix du sac de ciment, à Ouagadougou ou à l’intérieur du pays au mépris, de la réglementation en vigueur.
Fort heureusement, la brigade Laabal, lors d’une opération de contrôle des prix, menée le week-end écoulé, a pu mettre la main sur plusieurs commerçants pour délit de surfacturation. Des factures établies pour des clients ont été exhibées pour confondre les fautifs qui, malgré tout, voulaient nier les accusations de surfacturation. A l’heure où nous sommes, et si ce n’est déjà fait, les commerçants, tombés dans les mailles des filets de la brigade Laabal sont soumis à des travaux d’intérêt général, pour prévenir toute récidive de leur part. Ils vont rendre témoignage.
L’attitude de ces vendeurs de ciment est inadmissible. Pendant que l’Etat burkinabè fait de gros sacrifices pour un encadrement strict des prix de cette matière, indispensable à la construction de maisons et autres infrastructures, eux ils font dans la spéculation. C’est ramer à contre-courant des politiques publiques. Les « hors-la-loi » retiennent-ils pour autant la leçon du passé ? La question se pose légitimement, en considération des épisodes antécédents relatifs à la vente des bouteilles de gaz et des mobylettes. Le grappin a été mis sur plusieurs spéculateurs dans ces domaines.
Les intéressés ont d’ailleurs vu leurs biens saisis et revendus au profit du Trésor public, pour dissuader d’autres commerçants de leur emboîter le pas. Les vendeurs de ciment auraient dû tirer leçon du sort réservé à ces Burkinabè, avides d’argent, et ne pas succomber à la tentation. Hélas ! Comme on le dit, l’habitude est une seconde nature. Les commerçants véreux s’exposent à la volonté et à la détermination des autorités de faire respecter les prix sur le marché, afin de protéger le consommateur qui, au royaume de l’argent-roi, se retrouve dans les mains de toutes sortes de prédateurs.
Si des vendeurs persistent à trouver des subterfuges pour gonfler les prix et se remplir les poches, ils auront toujours en face d’eux, la Brigade mobile de contrôle économique et de la répression des fraudes (BMCRF) et la redoutable brigade Laabal qui abat un travail formidable pour instaurer l’ordre et la discipline. Ces valeurs cardinales sont promues par le capitaine Ibrahim Traoré, dans le cadre de la mise en œuvre de la RPP, en vue de construire un nouveau type de Burkinabè dont l’intégrité ne sera plus mise en doute. On ne peut pas se dire patriote et contribuer à renchérir le coût de la vie par des pratiques commerciales malsaines. Il est temps pour les commerçants sans foi ni loi de se ressaisir, pour ne pas continuer à faire négativement la Une de l’actualité.
Kader Patrick KARANTAO






