
La direction générale de l’Office national de l’eau et de l’assainissement a tiré la sonnette d’alarme sur l’ampleur des impayés liés aux factures d’eau auprès des gros débiteurs estimés à près de 35 milliards FCFA au 31 janvier 2026. C’était au cours d’une conférence de presse, mardi 3 février 2026 à Ouagadougou.
L’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA) fait face à un défi de taille au regard des factures impayées des gros débiteurs. Cette ressource manquante compromet directement la capacité à entretenir les infrastructures, étendre le réseau et garantir la qualité du service pour tous. Face à l’ampleur des impayés, l’entreprise publique s’est engagée dans une nouvelle dynamique du recouvrement fondé sur un suivi rigoureux des créances, la responsabilisation accrue des consommateurs et la contribution de la Brigade Laabal. L’information a été donnée lors d’une conférence de presse, mardi 3 février 2026 à Ouagadougou.
En effet, le Directeur général (DG) de l’ONEA, Flandion Idrissa Sourabié a déploré une situation jugée critique avec un manque à gagner estimer à près de 35 milliards de francs CFA d’impayés enregistrés au 31 janvier 2026. Pourtant, pour accomplir sa mission de service public afin de rendre l’eau disponible et de réaliser des infrastructures structurantes, l’entreprise a besoin de ressources financières. C’est pourquoi, a soutenu le DG, l’ONEA, doit renforcer ses dispositifs et mobiliser les ressources nécessaires pour faire de l’accès de l’eau, une réalité pour tous. « Au regard de son caractère social, l’ONEA a toujours privilégié le dialogue et la flexibilité. Mais cette approche ne peut justifier l’accumulation d’arriérés aussi importants. C’est pourquoi, avec les orientations des structures de tutelle, l’ONEA opte désormais pour un changement de posture », a-t-il souligné.,
Par ailleurs, a relevé le DG, des entreprises et des institutions ayant sollicité et obtenu des travaux de l’ONEA n’ont pas honoré leurs engagements financiers, malgré l’exécution effective des prestations. Il a insisté donc sur le caractère citoyen du paiement des factures d’eau. « Payer sa facture permet à l’ONEA d’investir, de réaliser des ouvrages, d’assurer la maintenance du réseau et de garantir la disponibilité de l’eau de façon constante. Le non-paiement fragilise la capacité de l’institution à remplir ses missions de service public », a-t-il souligné.
Une semaine pour régulariser
A l’approche de la période de canicule, a annoncé M. Sourabié, l’ONEA prévoit la mise en œuvre d’un plan d’urgence afin de prévenir les coupures et les pannes d’eau. Ce dispositif nécessite d’importantes ressources financières. A ce titre, il a lancé un appel pressant à ces usagers pour qu’ils s’acquittent de leurs factures.
Cet appel à la responsabilité, selon le commandant de la Brigade Laabal, le lieutenant Wendpanga Frank Octave Kabré s’inscrit dans la dynamique de développement portée par le gouvernement. Les clients concernés, a-t-il prévenu, disposent d’un délai d’une semaine pour régler leurs arriérés. Interrogé sur les mesures à venir, le commandant de la Brigade Laabal a indiqué que la démarche engagée commence par une phase de sensibilisation. Toutefois, après cette étape, des actions plus fermes seront engagées.
« Les personnes et structures en situation d’impayés s’exposeront à des mesures de réquisition jusqu’au paiement intégral des sommes dues. En attendant de solder leurs dettes, elles pourront être amenées à contribuer par un travail au profit de la collectivité, afin de compenser le préjudice causé. La levée de ces mesures interviendra après règlement complet des montants dus et appréciation des autorités compétentes », a-t-il affirmé. Le lieutenant Wendpanga Frank Octave Kabré a par ailleurs dénoncé les stratégies de contournement de certains débiteurs, notamment des entreprises qui cherchent à faire traîner les procédures en multipliant les démarches auprès des institutions. « Le message est passé », a-t-il martelé, tout en rappelant que la phase de sensibilisation vise justement à prévenir toute contestation ultérieure.
Oumarou RABO





