La lutte contre la fraude a franchi un tournant décisif au Burkina Faso. C’est, d’ailleurs, l’une des ambitions des plus hautes autorités du pays des Hommes intègres, engagés plus que jamais à implémenter une nouvelle dynamique de gouvernance. Il suffit de jeter un coup d’œil sur les résultats rendus publics par la Coordination nationale de lutte contre la fraude (CNLF) et la diffusion de vidéos du KORAG relatant des faits de corruption, pour s’en convaincre. Très récemment, la CNLF a annoncé avoir recouvré 276 millions F CFA pour le seul mois de janvier 2026. Ces performances, si besoin en est, traduisent l’efficacité accrue des actions menées sur le terrain. Au-delà du chiffre et de ce qui nous a été donné de voir, c’est la prise en main de la problématique de la fraude et la riposte de l’Etat qui mérite d’être salués.
En vérité, la fraude et la corruption sous leurs multiples formes, depuis des lustres, ont la peau dure au pays des Hommes intègres. Elles constituent une véritable hémorragie pour les finances publiques, privant l’Etat de ressources indispensables au financement des services sociaux de base, fragilisant l’économie formelle et créant une concurrence déloyale au détriment des opérateurs respectueux des règles. C’est connu que la corruption reste l’un des principaux obstacles à l’efficacité de l’action publique. Elle affaiblit la confiance des citoyens, ralentit les procédures administratives et compromet l’utilisation des ressources publiques. Or, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et humanitaires, chaque franc recouvré prend une dimension stratégique.
Le tandem CNLF et KORAG devrait donner des résultats encourageants. Il serait désormais difficile pour les délinquants à col blanc de pouvoir passer entre les mailles des filets. En communiquant sur leurs résultats, le gouvernement contribue à restaurer la confiance des citoyens dans la capacité de l’Etat à défendre l’intérêt général. Cette transparence est essentielle. Elle permet non seulement de valoriser le travail des agents sur le terrain, souvent exposés à des pressions et à des risques, mais aussi d’envoyer un message clair : la corruption et la fraude sont des actes préjudiciables à plus d’un titre à la collectivité. Toutefois, la traque contre ces fléaux ne doit pas se reposer uniquement sur la répression. Elle doit s’inscrire aussi dans une approche globale, combinant contrôle, prévention et réforme structurelle. La simplification des procédures administratives, la digitalisation des services, la traçabilité des flux commerciaux et financiers, ainsi que l’éducation fiscale des citoyens s’inscrivent dans cette dynamique qui, tous, sont autant de leviers indispensables.
Par ailleurs, la question de l’équité demeure centrale.
La lutte contre la fraude et la corruption devrait pouvoir frapper à tous les niveaux, sans distinction et résister aux influences de toutes sortes qu’elles soient politiques, économiques ou sociales. Dans le Burkina Faso d’aujourd’hui, engagé dans une quête de souveraineté économique et de résilience, la lutte contre la fraude dépasse le simple cadre financier. Elle est un acte de patriotisme économique, car chaque ressource récupérée renforce la capacité de l’Etat à investir, protéger les plus vulnérables et bâtir une économie plus juste. Les résultats annoncés par le KORAG et la CNLF constituent donc une avancée notable. Ils sonnent comme un point de départ, ce d’autant plus que c’est un combat de longue haleine qui exige constance, rigueur et engagement collectif dans les actions. C’est pourquoi, l’engagement de tous les citoyens est crucial pour permettre au Burkina Faso de vaincre, ad vitam aeternam, ce mal pour accompagner la construction d’un Faso nouveau. A l’Etat, de maintenir la pression, aux institutions de rester exemplaires et aux citoyens de comprendre qu’en combattant la fraude, c’est l’avenir commun du Burkina Faso qui est défendu.
Kamélé FAYAMA






