Situation de la Nation : Près de 74% du territoire sous contrôle

Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo : « le Burkina Faso avance vaillamment sur le chemin de son développement et la restauration de l’intégrité de son territoire ».

Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a sacrifié au traditionnel exercice constitutionnel de rendre compte de la gestion du gouvernement au peuple, à travers l’exposé sur la situation de la Nation devant la Représentation nationale, vendredi 30 janvier 2026, à Ouagadougou. Il ressort qu’au cours de l’année 2025, le Burkina Faso a déployé d’énormes actions et initiatives développement ayant abouti à des avancées significatives dans tous les segments de la vie de la Nation.

De la défense de la patrie à l’économie, en passant par l’éducation, la santé la diplomatie, la justice, la culture, le Burkina Faso a enregistré des avancées significatives au cours de l’année 2025 et cela grâce aux sacrifices consentis, aux actions et initiatives de développement socioéconomiques déployés par le peuple et le gouvernement burkinabè. Cette cartographie quasi exhaustive de la vie nationale, dans un contexte de Révolution progressiste populaire (RPP), a été présentée par le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo à l’Assemblée législative de transition (ALT), à travers l’Exposé sur la situation de la nation (ESN), vendredi 30 janvier 2026, à Ouagadougou.

« Alors que le monde s’enfonce dans un cycle d’instabilités, que le contexte géopolitique mondial est caractérisé par des foyers de tensions et de conflits qui déstabilisent l’économie mondiale et remettent en question les ordres établis, le Burkina Faso avance, vaillamment, sur le chemin de son développement et la restauration de l’intégrité de son territoire », a souligné le chef du gouvernement, à l’entame de son exposé.

Après un hommage appuyé aux Forces de défense et de sécurité (FDS) et aux Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) dont l’engagement, la bravoure et la détermination constituent le socle de la reconquête et de la sécurisation du pays, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a salué les progrès réalisés sur le terrain de la restauration de l’intégrité territoriale.

« L’intensification des actions de reconquête à travers plusieurs opérations militaires emblématiques a permis de détruire plusieurs bastions terroristes et de mettre l’ennemi en déroute dans de nombreuses localités, favorisant ainsi le contrôle intégral de près de 74% du territoire. Les exploits de nos vaillants combattants ont favorisé la réouverture de 73 Préfectures et Mairies, plus de 600 structures éducatives, 38 formations sanitaires, ainsi que la libération et la réinstallation de 442 villages », a-t-il confié. A cela s’ajoutent le retour et la réinstallation de 1 160 935 personnes réparties dans 871 localités d’origine. Les réformes majeures et le renforcement des effectifs se sont également poursuivis avec le recrutement et la formation de 16 000 militaires tous profils confondus, 2 000 policiers et près de 15 000 VDP.

Dans le domaine de la lutte contre le grand banditisme, plus de 98 000 patrouilles de sécurisation ont été menées par les FDS. Tous ces acquis sont à mettre à l’actif du peuple burkinabè qui a mobilisé plus de 222 milliards F CFA au compte du Fonds de soutien patriotique (FSP) et au total plus de 496 milliards F CFA depuis sa mise en œuvre en 2023.

1 450 milliards F CFA, soit 40% du budget consacrés à l’éducation et à la santé
Dans le domaine de la solidarité nationale et de la cohésion sociale, 2025 a été marquée par des résultats appréciables. A titre illustratif, plus de 22 000 tonnes de vivres et plus de 290 tonnes de médicaments ont été acheminées dans les zones à défis sécuritaires, des articles ménagers essentiels offerts à près de 59 000 ménages déplacés internes, y compris les retournés, des abris d’urgence à plus de 18 000 ménages, des bourses et des soutiens à des milliers d’élèves et d’étudiants déplacés internes.

De plus, plus de 16 300 noyaux reproducteurs de petits ruminants, près de 6 400 tonnes de semences améliorées de plusieurs spéculations, près de 900 tonnes d’engrais, de fertilisants et divers autres matériels et équipements de production agropastorale ont été mis à la disposition des populations réinstallées.

Au niveau du développement du capital humain, les investissement consentis grâce à une allocation budgétaire de 1 450 milliards F CFA, soit plus de 40% du budget consacrés à l’éducation et à la santé, dont 11,79% pour la santé et 28,34% pour l’éducation, ont permis d’engranger d’importants résultats. On peut citer, entre autres, plus de 2 500 000 kits du cartable minimum mis à la disposition des établissements préscolaires et du primaire, près de 1 900 000 nouveaux manuels scolaires et d’appuis spécifiques au profit de plus de 25 000 élèves vulnérables et en situation de handicap, près de 3 500 000 rations servies à travers les cantines endogènes.

Au nombre des résultats dans le secteur de l’éducation, il faut compter la mise en place de 45 programmes de formation aux métiers, l’élaboration de 20 référentiels de formation et de certification et 49 manuels de l’enseignement et la formation techniques et professionnels, le lancement des travaux de construction de 40 amphithéâtres modernes, la réhabilitation de la bibliothèque universitaire centrale de l’université Joseph-Ki-Zerbo, l’achèvement des travaux de construction de deux espaces numériques ouverts à Ouagadougou.

Il y a eu également la dématérialisation complète des procédures d’orientation et d’inscription des nouveaux bacheliers, la mise en place de la Banque nationale de gènes phylogénétiques, l’adoption de la carte universitaire, la réforme du cahier des charges des institutions privées d’enseignement supérieur et l’institution de l’examen classant national en science de la santé et de l’examen probatoire, la normalisation des années académiques pour 92,52% des filières…

Dans le cadre de l’Initiative présidentielle pour la Santé, 25 centres de santé et de promotion sociale ont été transformés en Centres médicaux communaux et les travaux de construction de cinq services d’anesthésie réanimation ont été lancés. Le « Plan 1000×5 » a aussi permis le recrutement de plus 2 000 paramédicaux et de plus de 1 700 médecins généralistes pour la spécialisation dans 53 spécialités médico chirurgicales, 171 pharmaciens dans 16 spécialités pharmaceutiques et 40 chirurgiens-dentistes dans 15 spécialités de chirurgie dentaire.

126,6 % de couverture des besoins céréaliers

Au niveau de la justice, les acquis ont pour noms : l’adoption de la loi « Faso Bu-kaoré » pour le renforcement des mécanismes traditionnels et coutumiers de règlement des différends, l’assistance judiciaire accordée à 1 806 personnes vulnérables ou indigentes dont 429 femmes et 35 mineurs, l’opération « Casiers vides » ayant permis de juger plus de 8 000 dossiers correctionnels en seulement 55 jours, contre une moyenne annuelle de 7 000 dossiers, la réduction de la surpopulation carcérale de 7,96 % grâce à la loi sur le Travail d’intérêt général (TIG).

L’année 2025 a également été celle des acquis tangibles en matière de progrès vers la souveraineté économique, à commencer par le secteur agricole. Grâce à l’Offensive agropastorale et halieutique et l’Initiative présidentielle pour la production agricole et l’autosuffisance alimentaire, pour la campagne agropastorale 2025-2026, le Burkina Faso a enregistré une production céréalière excédentaire historique estimée à plus de 7 000 000 tonnes, correspondant à un taux de couverture des besoins céréaliers à 126,6 %. ; la production de riz s’est établie à plus de 1 000 000 de tonnes, en hausse 49,34 % par rapport à la campagne 2024-2025, s’est réjoui le chef du gouvernement.

Loin d’être le fruit du hasard, ces performances résultent d’actions structurantes portées par l’exécutif burkinabè. Il s’agit de l’aménagement et de la réhabilitation de plus de 35 000 hectares de périmètres irrigués et de bas-fonds, du labour gratuit ou à prix subventionné de plus de 51 000 hectares, d’un encadrement renforcé des producteurs, de la subvention de près de 70 000 tonnes d’engrais, entre autres.

Il y a eu aussi la vaccination de 7 millions de bovins et de petits ruminants ainsi que plus de 18 millions de têtes de volailles, l’immatriculation de plus de 5 600 hectares de zones pastorales, l’aménagement de 200 hectares de cultures fourragères, la mise en place de 1 185 cages flottantes, la production de plus de 104 millions d’alevins et l’installation de 500 promoteurs privés de production piscicole ayant permis une production de plus de 53 000 tonnes de poissons… « Notre objectif est clair : nourrir durablement les Burkinabè par leurs propres efforts et faire de l’agriculture, un moteur de croissance, d’emplois et de souveraineté », a martelé Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo.

776 milliards de FCFA de recettes générées par le secteur minier

Dans le secteur minier, les réformes visant à renforcer la participation de l’Etat, le contenu local et la transparence ont permis de porter la production aurifère nationale en 2025 à plus 94 tonnes, dont 43 tonnes issues de l’exploitation artisanale et semi-mécanisée. « Ces performances ont généré des recettes budgétaires de plus de 776 milliards FCFA au 31 décembre 2025. Le secteur a contribué à hauteur de plus de 85 milliards de FCFA au Fonds minier de développement. La lutte résolue contre la fraude et l’exploitation illicite a permis de sécuriser des recettes supplémentaires estimées à plus de 100 milliards FCFA », a-t-il souligné. En parallèle 34 carrières industrielles dont 22 de granites, 4 de tuf et 6 de calcaires dolomitiques, ont été mises en service.

Pour ce qui du secteur de l’énergie, il a noté le renforcement de la capacité nationale par la mise en service de centrales thermiques et solaires dans plusieurs localités, l’électrification de 125 nouvelles localités rurales par le réseau national Interconnecté et de six localités par des mini réseaux solaires, le raccordement de plus de 160 500 nouveaux abonnés et la poursuite du processus en vue de la construction de la centrale nucléaire.

Pour le désenclavement du Burkina, près de 102 km de routes nationales bitumées ont été réalisés en 2025. On enregistre également plus de 66 km de voiries urbaines bitumées, 92 km de routes réhabilitées, 697 km de pistes rurales et plusieurs ouvrages de franchissement, le lancement des travaux de construction de l’autoroute Ouaga-Bobo-Dioulasso, l’acquisition d’un nouvel aéronef au profit de « AIR BURKINA » … En matière d’urbanisme et d’habitat, il y a eu la production de plus de 18 800 parcelles à Fada N’Gourma, Bobo-Dioulasso, Ouagadougou, Orodara, Garango, Saaba et Komsilga et la construction de plus de 1 300 logements dans plusieurs villes.

Plus que résiliente, l’économie burkinabè a poursuivi sa transformation structurelle au cours de 2025. « Le renforcement de notre tissu économique a été marquée par une offensive industrielle importante avec l’inauguration de 11 nouvelles unités industrielles, parmi lesquelles la SN-BRAFASO, la société Burkina Cajou, la SOFACOB pour la production de coton hydrophile, FASO GUULGO, FASO KOSSAM et la mise en place de 4 parcs industriels thématiques (textile, cuirs et peaux, anacarde et karité). Ces investissements structurants, qui se chiffrent à plus de 66 milliards F CFA, ont permis la création de plus de 660 emplois permanents », a fait savoir le Premier ministre. Il annoncé que l’année 2026 sera celle de la consolidation et de l’innovation avec l’opérationnalisation des nouvelles entreprises comme le complexe industriel ferroviaire intégré, FASO RAILS, l’unité textile TEXFORCES et la société d’État FASO-YAAR.

Au niveau des communications électroniques, les efforts ont permis le déploiement et l’activation des services de téléphonie et d’Internet dans 441 sites dont 126 réalisés en zone rurale, le lancement du déploiement et de l’activation des services de téléphonie et d’Internet dans 750 nouvelles localités en zone rurale.

Une année d’indicateurs macroéconomiques au vert

Sur le plan touristique et culturel, le pays des Hommes intègres a conservé son attractivité. « Les arrivées dans les établissements touristiques d’hébergement ont connu une hausse de 1,3% par rapport 2024, avec une part importante de touristes nationaux, à savoir 78%. Quant à la fréquentation des sites touristiques, elle a enregistré une hausse de 177% en 2025 », a-t-il fait savoir.

En somme, le Burkina Faso a bouclé 2025 avec des indicateurs macroéconomiques au vert : un taux de croissance d’environ 6,5% en 2025 contre 4,8% en 2024, une déflation de 0,5% contre une inflation de 4,20% en 2024, un excédent historique de sa balance commerciale de plus de 1975 milliards de francs CFA en 2025, plus de 3 309 milliards F CFA de recettes mobilisées au profit du budget de l’Etat contre 3019 milliards en 2024, un déficit budgétaire en baisse, passant de 568,3 milliards de F CFA en 2024 et à 462 milliards en 2025.

Sur le plan diplomatique, l’affirmation de la souveraineté nationale et internationale repose sur ce principe essentiel : « plus jamais le Burkina Faso ne sera un terrain d’expérimentation ou un Etat sous tutelle ». « Avec conviction, nous avons décidé de rompre avec le modèle néolibéral qui se nourrit de la prédation de nos ressources. Nous avons tourné dos à ces partenariats à sens unique pour construire un Burkina Faso souverain, ancré dans ses valeurs endogènes et maitre de son destin », a martelé le Premier ministre Ouédraogo.Une vision portée et partagée au sein de l’AES.

Pour le chef du gouvernement, la voie empruntée par Burkina Faso est exigeante, mais elle est celle de la souveraineté retrouvée, de la justice sociale et du développement endogène. C’est pourquoi, il a appelé au sursaut patriotique. « J’invite tous les Burkinabè de l’intérieur et de l’extérieur, à mériter l’héritage de nos devanciers et à poursuivre le combat, à rester mobilisés et engagés. Continuons ensemble, avec confiance, courage et détermination, la lutte légitime pour la reconquête de notre territoire et la construction de notre Nation », a-t-il lancé.

Mahamadi SEBOGO
Windmad76@gmail.com

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