Déclassement de la forêt de Kua: Des écologistes s’opposent
La Coalition citoyenne pour la protection de l’environnement a animé une conférence de presse, le vendredi 31 mai 2019 à Ouagadougou, en vue de lancer une lutte contre l’invasion «illégale» de la forêt classée de Kua pour construire un hôpital.
Depuis l’annonce de la construction d’un hôpital de référence à Bobo-Dioulasso plus précisément sur une partie de la forêt classée de Kua, des voix se lèvent pour protester contre le déclassement de cette zone. Le vendredi 31 mai 2019, c’était au tour de la Coalition citoyenne pour la protection de l’environnement, de donner sa lecture de la situation, à Ouagadougou. Selon le porte-parole de la Coalition, Cléophas Zerbo, la partie délimitée comporte la plus grande densité de pieds de karité (vitellaria paradoxa) une espèce protégée au Burkina Faso, de néré et cinq sources d’eaux dont une pérenne.
«L’alimentation en eau potable de la ville de Bobo-Dioulasso et ses localités environnantes est assurée à partir d’eau de source dont la plupart se retrouvent dans les forêts de Kua, Dinderresso et Kuinima. Une étude menée en 1993 a montré que ces nappes sont reliées. Donc s’attaquer à une des forêts, c’est compromettre la disponibilité et la qualité des ressources en eau, à des risques de pollution», a-t-il expliqué. Alors, pourquoi compromettre le devenir d’un tel site écologique ? S’est interrogée la Coalition. Pour les membres de l’organisation, il y a une volonté manifeste d’amener la population à choisir entre l’infrastructure et la forêt classée, une violation des textes régissant les forêts, l’environnement, un écocide contre la forêt de Kua et un risque de perte de la biodiversité. «Or, on peut bien avoir les deux. Il suffit d’en appeler à notre bon sens communautaire et à la préservation de l’avenir de la nation et des générations futures, car une forêt n’est seulement pas les arbres, mais aussi l’écosystème», a indiqué le porte-parole. Après cette conférence de presse, la coalition compte entreprendre des démarches auprès des autorités, élargir son cercle, rencontrer des représentants diplomatiques, mener des actions afin de faire entendre sa voix pour dérouter ce projet de déclassement et mener une veille citoyenne sur les préoccupations environnementales. En rappel, la coalition est née de la polémique de déclassement d’une partie de la forêt de Kua. Elle compte treize organisations. Ce sont, entre autres : l’Amicale des femmes forestières du Burkina (AMIFOB), le Balai citoyen, Bital com, le Centre d’étude et de recherche sur le droit de l’environnement et le Groupe de recherche action pour la gouvernance forestière
Fleur BIRBA
fleurbirba@gmail.com
Air Burkina Vers des Airbus pour conquérir le ciel européen
Le ministre des Transports, de la Mobilité urbaine et de la Sécurité routière, Vincent T. Dabilgou, a signé le mercredi 5 juin 2019, à Ouagadougou, un mémorandum d’entente avec le groupe américain African global development, pour doter Air Burkina d’une nouvelle flotte et construire des infrastructures aérospatiales au profit du Burkina Faso.
Le gouvernement burkinabè entend développer son secteur aérien. Pour ce faire, il s’est attaché les services d’un partenaire américain spécialisé dans le secteur aéronautique et aérospatial, African global development. Afin de matérialiser cet accord, le ministre des Transports, de la Mobilité urbaine et de la Sécurité routière, Vincent T. Dabilgou et les premiers responsables de l’entreprise ont signé un mémorandum d’entente, le mercredi 5 juin 2019 dans l’enceinte de la compagnie Air Burkina, à Ouagadougou. Dans la présentation faite par le directeur d’African Global development, Phil Smartt, il y aura de profonds changements à Air Burkina. Ainsi, l’entrepreneur américain a proposé une nouvelle flotte composée de six Airbus, dont trois A320 NEO avec une portée de 6 300 Km et trois A321 NEO avec une portée de 7 400 km, trois Embraers ERJ145 de 2873 km de portée et trois Cessna Grand Caravan avec une capacité de 10 à 14 passagers. Il a également proposé un autre avion Airbus ACJ319 qui pourrait être loué à l’heure à des prix étudiés uniquement pour le transport des chefs d’Etat et des grandes personnalités. En outre, Global African Development veut construire une université aérospatiale au Burkina Faso. Cette installation qui sera située dans le nouvel aéroport de Donsin sera d’une grande opportunité pour les Burkinabè qui souhaiteraient entamer des études dans l’industrie aérospatiale. Cet établissement délivrera des accréditations de diplômes pour le service, la maintenance, la réparation de moteurs, le personnel au sol, celui de service, le contrôle de la circulation aérienne, etc. M. Smartt a confié par la suite qu’il entend construire un centre de maintenance pour assurer l’entretien complet de tous les aéronefs et un centre de réparation complet pour répondre à toutes les spécifications du fabricant, capable de desservir Air Burkina et au-delà.
Deux vols quotidiens vers l’Europe
D’ores et déjà, Phil Smartt a fait comprendre que dans le cadre du projet, il est prévu deux vols quotidiens vers l’Europe. Par ailleurs, dans sa vision future pour le pays des Hommes intègres, l’homme d’affaires américain acquerra 12 à 14 autres avions, élargira les routes principales de la compagnie Air Burkina afin d’inclure l’Afrique centrale, l’Afrique du Sud et le Moyen-Orient et offrira des vols directs vers l’Amérique du Nord au départ de Ouagadougou. Cependant, il a précisé qu’il ne s’agira pas de transformer la compagnie en une entreprise américaine. C’est pourquoi, l’entreprise a gardé le nom ‘’Air Burkina’’ afin de promouvoir l’identité burkinabè. Il n’en fallait pas plus pour convaincre le ministre des Transports, de la Mobilité urbaine et de la Sécurité routière, Vincent T. Dabilgou qui était entouré de quelques experts du secteur de l’aviation burkinabè. «Air Burkina est notre patrimoine. C’est notre porte-drapeau en Afrique et partout ailleurs et le gouvernement a une vision pour cette compagnie», a-t-il dit. De son avis, le mémorandum d’entente permettra de travailler avec le partenaire dans les règles de l’art. Toutefois, il a fait savoir qu’un plan d’actions sera présenté au Conseil d’administration d’Air Burkina qui, par la suite, sera présenté en Conseil des ministres. «Ce projet permettra à Air Burkina de se repositionner dans le futur. Il y aura de bonnes opportunités parce que lorsque vous regardez l’évolution du trafic dans la sous-région et particulièrement en Afrique, l’on doit prévoir le triplement de la demande de voyages aériens dans les 20 prochaines années. Si Air Burkina veut profiter de cette opportunité, il faut qu’elle se repositionne. Pour ce faire, elle a besoin d’avions et d’un nouveau business model», a soutenu le directeur général d’Air Burkina, Blaise Sanou. De ses dires, lorsque le marché unique entrera en vigueur en Afrique, la concurrence s’accentuera. «Il faut qu’Air Burkina puisse faire face à cette concurrence», a-t-il indiqué.
Gaspard BAYALA
Patrimoine culturel burkinabè et mondial: des journalistes outillés
Le ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme a organisé, le lundi 3 juin 2019 à Ouagadougou, une session de formation sur le patrimoine culturel burkinabè et mondial à l’intention d’une vingtaine d’hommes et femmes de médias.
Les Etats-parties, selon l’article 27 de la Convention de 1972 de l’UNESCO, doivent, par des programmes d’éducation et d’information, renforcer le respect et l’attachement de leurs peuples au patrimoine culturel et naturel. C’est dans cette optique que le Ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme (MCAT), à travers la Direction générale du patrimoine culturel (DGPC), a initié le lundi 3 juin 2019 à Ouagadougou un atelier de formation sur le patrimoine burkinabè et mondial au profit des journalistes culturels. «Les hommes et femmes de médias sont des relais incontournables dans la communication sur les biens culturels de notre patrimoine national. Cette rencontre vise donc à mettre à leur disposition des éléments d’informations sur ce sujet», a indiqué le secrétaire général du MCAT, Dr Lassina Simporé.
Notre objectif, grâce à la contribution des professionnels des médias, a-t-il poursuivi, est de sensibiliser les Burkinabè à l’importance et à la protection de notre patrimoine culturel. «Nous devons les amener à connaître et à aimer nos sites touristiques, à susciter en eux l’amour du tourisme», a soutenu Dr Simporé. Après les Ruines de Loropéni, le complexe W-Arly-Pendjari, le Burkina Faso est candidat, cette année, pour l’inscription sur la liste du patrimoine mondial d’un 3e bien culturel à savoir les sites de la métallurgie ancienne de réduction du fer (Ronguin, Tiwèga, Yamane, Kindbo et Douroula), construits 800 ans avant Jésus-Christ. Ce dossier, a annoncé le premier responsable de la DGPC, Vincent Sédégo, sera défendu à la 43e session du comité du patrimoine qui se tiendra du 30 juin au 10 juillet 2019 à Bakou, en Azerbaïdjan. «Généralités sur le patrimoine culturel» et «Connaissances sur le patrimoine mondial» ont été les deux panels présentés aux participants. La première communication a été donnée par M. Sédégo. «Le patrimoine culturel est l’ensemble des biens matériels et immatériels qui, pour les communautés, portent des messages et des valeurs, et qu’elles choisissent de protéger et de transmettre aux générations futures», a-t-il défini.
A l’entendre, les sites, monuments, biens ethnographiques, œuvres architecturales, œuvres d’art, traditions et expressions orales, et la langue entrent dans cette catégorie.
Le patrimoine culturel dit «matériel», a-t-il précisé, est constitué des paysages «construits», de l’architecture et de l’urbanisme, des sites archéologiques et géologiques, de certains aménagements forestiers, d’objets d’art et mobiliers et du patrimoine industriel (outils, instruments, machines, etc.).
Une valeur universelle extraordinaire
Quant au patrimoine culturel immatériel, il peut revêtir, a-t-il expliqué, différentes formes (traditions et expressions orales, arts du spectacle, pratiques sociales, rites et évènements festifs, connaissances pratiques concernant la nature et l’univers, artisanat traditionnel). Le second exposé a été livré par Dr Lassina Simporé, par ailleurs archéologue de formation. Le patrimoine mondial, a-t-il soutenu, est une appellation attribuée à des lieux ou à des biens, situés à travers le monde, possédant une valeur universelle extraordinaire ou exceptionnelle. «Ils sont à ce titre inscrits sur la liste du patrimoine mondial afin d’être protégés pour que les générations futures puissent encore les apprécier à leur tour», a déclaré le gestionnaire de patrimoine culturel immobilier. En outre, l’inscription d’un bien sur la «prestigieuse» liste du patrimoine mondial de l’UNESCO comporte, a-t-il fait savoir, de nombreux avantages pour le pays concerné. Il s’agit, entre autres, de l’opportunité de développement de la région, la poursuite des recherches scientifiques sur le site, la protection du site et l’assistance technique et financière du comité du patrimoine mondial afin de soutenir les activités de préservation. De plus, c’est un honneur, pour toute nation, a souligné Dr Simporé, de voir une partie de son héritage culturel reconnu par le monde entier. Cette distinction implique, toutefois, à ses dires, des devoirs. Le pays élu doit, en effet, s’engager, a-t-il dit, à entretenir et gérer le site, l’édifice ou le milieu, de manière à le conserver intact pour les générations futures. La session de formation a été suivie de discussion et un jeu de questions réponses. Comment inscrire un bien sur la liste du patrimoine mondial ? Cette démarche, a-t-il répondu, nécessite de passer d’abord par la liste indicative de l’UNESCO, puis par cinq étapes : l’Etat-partie (choisit le site prioritaire), le centre du patrimoine mondial (vérifie la conformité technique et administrative du dossier, les organisations consultatives (envoient un expert pour évaluer le site et remettre un rapport), le comité du patrimoine mondial (décide d’inscrire, ou de ne pas inscrire, de renvoyer ou de différer l’inscription) et l’Etat-partie (conservation et suivi).
W. Aubin NANA
Infrastructures routières: la route Ouahigouya-Tougan bientôt bitumée
L’Assemblée nationale a adopté, le vendredi 31 mai 2019, deux projets de loi portant autorisation de ratification d’accords de prêt. L’un porte sur le financement de la construction de la route Ouahigouya-Tougan et l’autre sur la réalisation d’infrastructures pour le drainage des eaux pluviales dans la ville de Ouagadougou.
Les désagréments causés aux usagers de la route nationale n°10, entre Tougan et Ouahigouya, seront bientôt de mauvais souvenirs, avec l’autorisation de ratification de l’accord de prêts conclu entre le Burkina Faso et la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) destiné au financement du dit tronçon. Soumis aux députés par le gouvernement, le projet de loi a été adopté à l’unanimité des 102 votants du jour à la plénière du vendredi 31 mai 2019. Selon le ministre
des Infrastructures, Wendenmanegha Eric Bougouma, le prêt avec la BADEA, qui s’élève à 10 milliards F CFA, représente 28% du coût total du projet estimé à plus de 35 milliards F CFA. Les 25 autres milliards ont été déjà acquis auprès de trois autres bailleurs et de l’Etat burkinabè. La construction de la route Ouahigouya-Tougan, a-t-il dit cadre avec le troisième axe stratégique du Plan national de développement économique et social (PNDES), à savoir dynamiser les secteurs porteurs pour l’économie et l’emploi. Cette voie, longue de 94 kilomètres, va contribuer, de l’avis du ministre, à désenclaver la région de la Boucle du Mouhoun, considérée comme le grenier du Burkina Faso. Concernant les inquiétudes des députés sur les retards accusés par les travaux de bitumage des routes au Burkina Faso, le ministre Bougouma a cité entre autres causes, l’instabilité financière des entreprises, les difficultés d’accès aux crédits bancaires, la défaillance organisationnelle et les problèmes d’ordre technique. «Nous allons prendre toutes les dispositions nécessaires pour le recrutement d’entreprises sérieuses», a-t-il promis. Le second accord de prêt autorisé par les députés a été conclu, le 31 mai 2018 à Lomé au Togo, entre l’Etat burkinabè et la Banque ouest africaine de développement (BOAD). D’un montant global de près de 13 milliards F CFA, l’enveloppe servira à financer des travaux d’aménagements complémentaires à l’intérieur du parc Bangr Wéogo, devant permettre de réduire les risques d’inondation aussi bien du parc que dans certains quartiers de la capitale. Le projet se décline en sept composantes, dont un volet appui à la gestion des déchets et mesures environnementale et sociale.
Des installations illégales
Pendant les débats généraux, les parlementaires ont soulevé des préoccupations en lien avec la gestion de Bangr Weogo, domaine d’intervention du projet. Ainsi, sur la question relative au plan de gestion environnementale et sociale, le ministre des Infrastructures, qui a représenté son collègue de l’Habitat et de l’Urbanisme, a indiqué que la réinstallation des populations qui mènent des activités sur le site n’est pas une obligation, mais plutôt leur indemnisation qui constitue une préoccupation pour le gouvernement. «Plus de 300 millions F CFA sont prévus pour dédommager ceux qui seront expropriés pour cause d’utilité publique», a-t-il précisé. A titre d’exemple, a expliqué M. Bougouma, pour réinstaller les maraîchers, il faudra trouver un site approprié à leur activité, ce qui sera difficile pour l’exécutif. Et d’ajouter que, du reste, ces usagers sont installés aux abords des canaux aménagés, une pratique proscrite par les textes. Les sacrifices et autres pratiques rituelles prévus avant le démarrage du projet ne sont-ils pas contraires à la laïcité de notre Etat ? Réagissant à cette inquiétude du député Bindi Ouoba du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), le représentant de l’exécutif s’est voulu convaincant : «Certes, dans un Etat laïc comme le Burkina Faso, le gouvernement n’a pas pour vocation de prendre en charge ces questions, mais il met en place les conditions qui doivent permettre le libre exercice des cultes. Notre démarche répond à cet impératif». En ce qui concerne la pollution du parc, notamment par des déchets plastiques, M. Bougouma estime qu’on ne peut pas indexer une autorité quelconque de manière exclusive, parce qu’il est question d’incivisme et tous les Burkinabè doivent avoir leur part de responsabilité. «Nous souffrons tous de ce qu’est devenu le parc Bangr Wéogo mais à qui la faute ?», s’est-il interrogé. Le troisième projet de loi adopté au cours de cette plénière est relatif à la Convention de l’Alliance mondiale des terres arides (GDA). Par son adoption, les députés ont marqué leur accord pour l’adhésion du Burkina Faso à cette organisation ayant pour vocation la récupération des sols dégradés.
Beyon Romain NEBIE
nbeyonromain@yahoo.fr
Fête nationale italienne
L’Ambassade d’Italie au Burkina Faso a célébré la fête nationale italienne, le lundi 3 juin 2019 à Ouagadougou.
Au lendemain de la seconde guerre mondiale, précisément le 2 juin 1946, le peuple italien adoptait la forme républicaine au lieu de la monarchie, lors d’un référendum. Dès lors, le 2 juin constitue une fête nationale pour l’Italie. Pour l’année 2019, l’ambassade d’Italie au Burkina Faso a célébré l’événement, le lundi 3 juin dernier à Ouagadougou. Au cours de cette cérémonie, l’ambassadeur d’Italie au Burkina Faso, Andrea Romussi, est revenu sur les grands points de coopération entre son pays et celui des Hommes intègres. Il dit placer cette célébration sous le signe du renforcement des relations bilatérales entre les deux pays amis depuis 50 ans. Ces relations sont déjà excellentes, a-t-il signifié, mais doivent être renforcées à tous les niveaux : politique, économique, commercial et culturel, à travers des programmes bien ficelés. «Le but de ma mission, c’est d’intensifier les rapports traditionnels d’amitié et de collaboration entre nos peuples, et les transformer en un partenariat structuré. Les bases pour faire cela sont excellentes : en Italie, réside la plus grande communauté burkinabè en termes d’importance en Europe, soit 50 000 Burkinabè, tout à fait intégrés, qui contribuent par leur engagement au développement économique, social et humain de l’Italie», a souligné le diplomate italien. Il a remercié le Burkina Faso. Par ailleurs, M. Romussi a rassuré du soutien de l’Italie au pays des Hommes intègres dans le domaine de la sécurité. Aujourd’hui au Burkina Faso, a-t-il relevé, c’est le défi sécuritaire qui préoccupe, et qui pourra être relevé, grâce à une action unitaire du gouvernement et du peuple burkinabè. Le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Harouna Kaboré, a représenté le gouvernement à cette cérémonie. «Vous savez que le plus grand nombre des Burkinabè vivant en Europe réside en Italie. Il était donc de bon ton que nous puissions participer à cette fête», a-t-il mentionné. Il a salué l’excellence des relations entre les deux pays. Cela se traduit, selon lui, par un certain nombre d’actions et d’activités de coopération sur le plan économique et commercial. A l’entendre, l’Italie est un pays fournisseur de nombreux services et équipements pour le Burkina Faso. «Nous envisageons renforcer notre coopération en industrialisation, puisse que l’Italie est un pays très avancé sur ces préoccupations», a fait savoir le ministre.
Kowoma Marc DOH
kowomadoh@gmail.com
Clôture des activités de l’OSEP de Tenkodogo n° 1
La clôture des activités sportives et culturelles de l’Organisation du sport à l’école primaire (OSEP) de la Circonscription d’éducation de base (CEB) de Tenkodogo n°1 est intervenue le samedi 1er juin 2019 sur le terrain des écoles «centre» de Tenkodogo avec le sacre de l’école de Zaka sur celle de Ouamné par 1-0.
La finale en football de l’Organisation du sport à l’école primaire (OSEP) de la Circonscription d’éducation de base (CEB) de Tenkodogo a opposé les écoles de Zaka à celle de Ouamné. Pendant les 2X25mn de jeu, la partie a été équilibrée avec des velléités de part et d’autre. L’équipe de Zaka s’est montrée intraitable avec une bonne dose technique. Elle a confirmé cette domination par l’ouverture du score d’Ali Saré. Ça sera d’ailleurs le seul but de la rencontre. Pour son sacre, l’équipe de Zaka, s’adjuge son 2e trophée, empoche la somme de 20 000 FCFA, un jeu de maillots et un ballon. L’équipe de Ouamné se contente de la somme de 15 000 FCFA, un ballon et un jeu de maillots. L’école «centre» classée 3e est gratifiée avec 10 000 FCFA. «Les compétitions de l’OSEP sont des occasions pour nos élèves de la CEB de se retrouver, d’échanger, de se frotter, de s’épanouir, de grandir», a précisé le président de l’OSEP de la CEB de Tenkodogo n° 1, Zounogo Léopold Bancé. La représentante des élèves, Aoulatou Kéré, a traduit sa reconnaissance au nom de ses camarades, à leurs maîtres et aux encadreurs qui, durant cette saison, n’ont ménagé leur temps et leurs efforts pour non seulement leur donner le savoir en classe, mais surtout le savoir-faire en sport et en culture. Le parrain de la clôture des activités sportives et culturelles de l’OSEP, Emmanuel Kéré, par ailleurs fondateur du lycée Saint-Emmanuel de Cella, dans la commune de Tenkodogo, a soutenu que la culture et le sport revêtent une importance capitale pour l’homme en général et pour les jeunes enfants en particulier. Il a, à ce titre, rappelé à ses filleuls que les compétitions sportives restent et demeurent un jeu. «Ces compétitions ne devraient aucunement engendrer des fractures sociales, mais plutôt cultiver en vous les valeurs de la société, facteurs de paix sociale», a-t-il ajouté. L’inspecteur, Chef de la circonscription d’éducation de base (CCEB) de Tenkodogo n°1, Nébayinga Roamba, s’est réjoui de la fin en apothéose des activités sportives et culturelles de l’OSEP 2019 dans sa CEB, qui a enregistré la participation de 53 écoles, nonobstant quelques difficultés rencontrées par le comité d’organisation. Il s’agit de l’insuffisance des moyens financiers et matériels et ainsi que la mise à disposition tardive des fonds aux CEB par l’Etat.
Bougnan NAON
Cricket : premier championnat des écoles primaires
Le 1er juin 2019 un championnat de cricket a regroupé trois écoles primaires de Ouagadougou, dans la cour du complexe scolaire du Réveil. En finale, Nioko1A a battu le Petit Monde, 55-24.
Tout doucement, le Comité national provisoire de gestion de cricket(CNPGC), est en train d’étendre la vulgarisation de la discipline. Et conscient que pour qu’une discipline puisse évoluer dans la durée, il faut passer par les tout-petits, c’est ainsi que le CNPGC a organisé le premier championnat des écoles primaires, le 1er juin dernier dans la cour de l’établissement du Réveil. Pour une première, 3 écoles (le Petit Monde, Nioko1A, Evangélique Emmanuel) ont participé, la 4e s’étant désistée, parce que beaucoup de ses joueurs sont en classe d’examen. Un mini championnat a opposé les 3 équipes, et les 2 premières (Nioko 1A et Petit Monde) ont disputé la finale. Nioko 1A, au terme de 6 overs (séances de 6 lancers de la balle), est venu à bout de son adversaire. Au fil des manches, les élèves de Nioko n’ont jamais été inquiétés. Les enfants étaient enthousiastes, ils encourageaient leurs camarades, et quand un joueur est éliminé, ils criaient «éliminé, éliminé !!!», quand une balle est interceptée, le lanceur est éliminé. Nioko 1A qui a réussi plus de bons lancers, de bonnes frappes et de bonnes interceptions des balles, a logiquement gagné à la fin, 55-24. Les 3 écoles ont reçu en guise de prix, des fournitures scolaires, des enveloppes, des gadgets, et le champion a reçu un trophée. Il y a eu aussi des prix spéciaux, pour le meilleur batteur (Léonard Nikiéma de Nioko), et le meilleur lanceur(Moubarak Ouédraogo du Petit Monde). Le président du CNPGC, Ibrahim Ndiaye, se réjouit, «Nous sommes satisfaits, c’est le premier pas, il y a eu des imperfections, c’est un début, on va continuer à travailler afin de les corriger ; l’année prochaine, on pourra avoir 7 à 10 équipes». Le championnat s’est déroulé en présence de représentants du consul de l’Inde au Burkina qui soutient beaucoup la discipline, du ministère des Sports et de la Direction régionale des sports du Centre. Après le championnat des écoles, le CNPGC a en vue, celui des clubs.
Barthélemy KABORE
Etablissements scolaires: Quand des journées culturelles riment avec débauche
Instaurées depuis de nombreuses années dans les établissements scolaires du Burkina Faso, les journées culturelles visent l’épanouissement et l' »éducation complète » des élèves. Malheureusement, elles glissent de plus en plus vers la dépravation des mœurs, alcool, sexe et drogue… au grand dam de la communauté éducative. Constat dans quelques lycées et collèges de Dédougou.
Les journées culturelles sont l’une des activités recréatives phares des différents établissements scolaires au Burkina Faso, et à Dédougou (Boucle du Mouhoun), en particulier. Le samedi 4 mai 2019, la cour du lycée municipal de la ville grouille de monde. La musique, sur fond de sonorités burkinabè et africaines, bat son plein sous la dizaine de tentes dressées pour l’occasion. Il est difficile de se frayer un passage ou de se trouver une place assise. Des bouteilles de bière, de vin et des brochettes de viande se disputent la place sur des tables éparses. A l’entrée de l’établissement, à proximité d’un parking spontané, des jeunes filles et garçons, au milieu des volutes de fumée, tirent, à tour de rôle, des bouffées de chicha. Au Sud des tentes, d’autres lycéens du même âge préfèrent s’agglutiner autour des jus, des gâteaux, des grillades, des crudités, et autres fritures… A quelques pas de là, des groupes de jeunes, vêtus pour la plupart de jeans déchirés et de robes sexy, frisant parfois l’indécence, (dessous exhibés, poitrines découvertes, etc.), déambulent, tandis que d’autres « engloutissent » des litres de bière… Au lycée provincial de la Cité de Bankuy, le samedi 27 avril 2019, aux environs de 11 heures, le spectacle est différent. Un « dispositif sécuritaire » est en effet mis en branle pour limiter les dérapages et éviter l’introduction de l’alcool au sein de l’établissement. «La qualité de l’organisation est à saluer cette année. Les éditions passées, l’enceinte de la cour était prise d’assaut par les tenanciers de débits de boisson», reconnaît un parent d’élève, sous le couvert de l’anonymat. Etablissement confessionnel pour jeunes filles, le collège Rosa Molas de Dédougou organise également, chaque année, des « journées culturelles », dans la « sobriété » qui tranchent d’avec les foires dans d’autres lycées et collèges de la place. De l’avis de l’un des responsables de l’établissement qui a requis l’anonymat, ces moments récréatifs ont pour objectif de permettre aux élèves de se ressourcer dans la culture. «Le but principal de ces journées à caractère culturel vise à sauvegarder et pérenniser nos cultures. Au-delà de leur caractère festif, elles interpellent les élèves sur l’importance de préserver nos valeurs ancestrales», confie-t-il. Selon le proviseur du lycée municipal de Dédougou, Ousmane Faho, ces journées sont marquées par plusieurs activités « essentiellement » culturelles.
Ces journées ont perdu leur sens
Il s’agit, entre autres, de la journée vestimentaire au cours de laquelle les élèves s’habillent en tenue traditionnelle ; la nuit culturelle (prestations musicales, théâtre, etc.) et la journée culturelle proprement dite ou journée des communautés dont le but principal est de permettre aux élèves de se ressourcer dans la culture en fonction des communautés présentes dans l’établissement. Cette journée, explique M. Faho, consiste à inciter les élèves à vivre leur culture à travers des pas de danse, l’art vestimentaire et culinaire. Sur ce dernier point, souligne-t-il, une rue marchande est organisée pour permettre aux enfants et au public invités de déguster les mets traditionnels ou locaux concoctés par les élèves des différentes communautés. Instaurée pour élargir le champ d’apprentissage à l’enfant, la journée culturelle tend, toutefois, à perdre, regrette-t-il, sa valeur d’antan au regard des dérives constatées. «Ces journées, il faut avoir le courage de le dire, ont dévié de leurs objectifs. Censées éduquer culturellement les élèves, elles sont devenues des journées de dépravation des mœurs. Lors de ces journées, les élèves restent dans les lycées jusqu’à tard dans la nuit et se livrent à des bêtises», dénonce M. Faho. Pour Harouna Sabo, un parent d’élève, ces journées ont perdu leur sens. A l’entendre, ce sont plutôt des occasions de rencontres amoureuses, de s’adonner à des actes illicites. « Aussi, le côté festif a pris le dessus sur l’éducation culturelle recherchée », déplore-t-il. Même son de cloche chez le secrétaire général de la Fédération des syndicats nationaux des travailleurs de l’éducation et de la recherche (F-SYNTHER), section Boucle du Mouhoun, Adibou Hassane Sangoti. «Les journées culturelles permettaient aux élèves d’avoir des loisirs et des connaissances sur la culture de notre pays. Mais depuis près de dix ans le constat est amer et choquant. L’espace scolaire est envahi par des personnes de très mauvaise moralité», martèle-t-il. Enseignant d’anglais au lycée municipal de Dédougou et chargé de la cellule culturelle de son établissement, Abdoulaye Ouédraogo soutient que dans la plupart des établissements, les journées culturelles riment avec alcool, sexe et consommation de stupéfiants. En outre, ces journées sont, à ses dires, une sorte de «deal» où les élèves font des affaires avec les tenanciers des débits de boisson sans rendre compte à l’administration et à la cellule culturelle. «Les bureaux d’élèves, pour des raisons lugubres, ne souhaitent ni l’implication de la cellule culturelle, ni l’implication des enseignants pour réorienter la journée. Les élèves se permettent de louer des espaces de l’établissement à des privés moyennant de l’argent qu’ils gèrent entre eux sans en rendre compte», fustige Abdoulaye Ouédraogo.
Des responsabilités partagées
Pour lui, les adultes ont une grande responsabilité dans cette dérive des journées culturelles dans les établissements scolaires. «Si cela ne tenait qu’aux élèves, nous n’assisterions pas à un tel niveau de déviance. Ce sont les adultes qui contribuent à aggraver la situation. Des fonctionnaires et des pères de famille n’hésitent pas, lors de ces journées, à se joindre aux élèves, pour se livrer à l’alcool et à des actes peu recommandables», regrette l’enseignant d’anglais. Quant au secrétaire général du F-SYNTHER, il estime que la responsabilité incombe à toute la chaîne éducative. Des élèves aux parents d’élèves, aux enseignants en passant par l’administration scolaire et les autorités, tout le monde, selon M. Sangoti, est responsable de ce «foutoir» constaté lors des journées culturelles. «Nous avons tous démissionné, à commencer par les parents et les autorités. Nul ne veut se mettre à dos les enfants. Sinon, nous interpellons chaque fois les autorités sur les différentes dérives constatées en tant que syndicat, mais personne ne réagit. C’est à croire qu’on a peur de prendre des décisions au risque d’être dans le collimateur des élèves», se convainc le syndicaliste. Un argument relativisé par le directeur régional des enseignements postprimaire et secondaire de la Boucle du Mouhoun, Denis Vimboué, qui soutient qu’un éducateur ne doit pas craindre un élève qui est sous sa houlette. «En tant qu’autorité, nous devons prendre nos responsabilités et empêcher certaines choses de se faire. C’est le rôle de l’enseignant de dire la vérité à l’élève. Avoir peur de nos enfants, c’est renoncer à leur éducation et à leur avenir», affirme-t-il. Pour stopper l’hémorragie et redorer le blason des journées culturelles, M. Vimboué préconise «un consensus social» qui impliquera les parents, les enfants eux-mêmes, les enseignants et les autorités. A l’intention des acteurs de l’éducation, il préconise une suspension de ces journées culturelles afin de mieux penser leur organisation. «L’idéal serait de marquer une trêve pour mieux réorienter l’organisation des journées culturelles dans les établissements secondaires. D’ailleurs, un établissement de la place l’a tenté. Mal lui en a pris, car les élèves ont fait savoir à l’administration que même s’ils doivent passer par le mur pour tenir leur journée culturelle, ils le feront. Il est clair que la suspension n’est pas chose évidente. C’est aux autorités de prendre leurs responsabilités si nous ne voulons pas que la dérive atteigne son comble à travers ces journées culturelles», prévient Abdoulaye Ouédraogo.
Kamélé FAYAMA
Irmine Fleury Ayihounton, jeune féministe : «J’ai cessé d’être une observatrice toujours choquée…»
Blogueuse à obin-rin.com, présidente de l’Association des jeunes volontaires pour la santé, et membre du réseau des jeunes féministes de l’Afrique de l’Ouest, Irmine Fleury Ayihounton est une béninoise. Pour elle, la femme « mérite mieux que des coups, des insultes et de l’humiliation ». Parcours d’une jeune défenseure des droits des femmes et des filles, rencontrée à Women Deliver 2019 à Vancouver au Canada.
Irmine Fleury Ayihounton ne cache pas son féminisme. A son entendement, un féministe est sensible à la souffrance des femmes et s’engage à défendre au quotidien, les droits de celles-ci. A l’âge de 17 ans, elle ressenti le besoin de devenir activiste pour les droits en santé de la reproduction. Car, arrivée à l’université, elle se sentait hors de son monde habituel et il faut s’intégrer dans les associations de jeunes. Et, c’est le début de son féminisme. Jeune, elle était pigiste au Programme Amour&Vie. Elle faisais des émissions radiophoniques, des communications grand public et interpersonnelles et écrivait des articles de magazine.
Chemin faisant, elle intègre le groupe youth panel du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) au Bénin. Dans ce groupe, elle travaille avec les leaders religieux et communautaires et les parents pour davantage améliorer la situation de la santé sexuelle et reproductive des adolescents et jeunes.
Présidente des jeunes volontaires pour la santé du Bénin, secrétaire générale du réseau ouest-africain des jeunes femmes leaders, membre du réseau des jeunes féministes de l’Afrique de l’Ouest, Irmine se consacre entièrement à la défense des droits des filles et des femmes. Son association des jeunes volontaires pour la santé a été créée en 2016 pour la promotion des droits sexuels et santé de reproduction avec un focus sur l’autonomisation des filles à travers des activités génératrices de revenus.
En plus de militer dans les associations, elle crée en 2018 son propre blog. Elle multiplie les chances de pouvoir parvenir à ses objectifs. « J’avais envie de changer les choses, de cesser d’être une observatrice toujours choquée pour devenir une actrice de changement. Je veux contribuer effectivement à l’amélioration des conditions de vie des femmes au Bénin et dans le monde. Quand je regarde autour de moi, je vois toutes ces femmes qui souffrent et au Bénin 6/10 subissent des violences conjugales et je veux que ça change », assène-t-elle.
Elle se sert des réseaux sociaux, des outils numériques pour relayer les informations, interpeller le gouvernement et suivre les engagements en matière des droits des femmes. Les réseaux sociaux lui permettent de porter haut et fort, la voix des sans voix afin d’interpeller les décideurs. Ainsi, elle raconte les histoires des victimes dans le but de montrer la souffrance des femmes à la face du monde et interpeller les consciences.
Présente à Vancouver dans le cadre du réseau des femmes féministes en Afrique de l’Ouest, une initiative de l’ONG Equilibres et Populations, elle travaille avec une trentaine de jeunes engagés membre dudit réseau. Elle participe activement à la conférence Women Deliver à travers sa présence dans des panels de discussions, des ateliers d’échanges, des activités de création et de partages d’expériences.
Les sujets phares qui fondent l’engagement des jeunes féministes soutenus de l’Afrique de l’Ouest par l’ONG Equilibre et Populations sont l’égalité entre les sexes, la santé, les droits et le bien-être des femmes et des filles. Irmine souhaite que cette conférence de Women Deliver déclenche la révolution féministe pour la concrétisation d’un monde ou l’égalité des sexes sera une réalité.
Boureima SANGA
bsanga2003@yahoo.fr


