Droits en santé sexuelle et reproductive : Des acteurs pour un changement de logiciel d’intervention

En pré-conférence de Women Deliver à vancouver, Equilibres et Populations, Médecins du monde France et le ministère français  des affaires étrangères   ont co-organisé, le 3 juin 2019 une session sur le thème : « investir sur les Droits en santé sexuelle et reproductive (DSSR) en Afrique francophone : peut-on mieux faire ».  La ministre burkinabè en charge de la promotion de la femme, Laurence Ilboudo et le Pr Charlemagne Ouédraogo, qui étaient parmi les panelistes ont montré les acquis du Burkina Faso et insister sur la nécessité de les maintenir. Les défenseurs des droits en santé sexuelle et reproductive sont conscients qu’il faut accélérer le changement en Afrique de l’Ouest francophone. Un panel co-organisé par Médecins du Monde France, Equilibres et Populations et le ministère des affaires étrangères françaises leur ont permis d’échanger sur ce qui est fait en matière de de Droit en santé sexuelle et reproductive (DSSR) et de faire des propositions. Il est ressorti que des progrès ont été accomplis, mais le fusil doit être changé d’épaule, car on est  toujours loin des Objectifs du développement durable (ODD), des engagements du Caire sur la population, et du respect du protocole de Maputo sur la mortalité maternelle. « Nous travaillons avec les organisations de la société civile, les gouvernants, et tous sont d’accord qu’il est nécessaire aujourd’hui de changer de logiciel d’intervention et d’avoir plus de moyens pour accéder aux changements plus significatifs en matière de DSSR », a indiqué la directrice exécutive de Equilibres et Populations, Aurèlie Gal-Régniez. Il y a donc à en croire les différents acteurs, une impatience à changer, une nécessité à questionner sur le modèle de partenariat de financement et des interventions pour envisager des résultats plus efficaces. Le Burkina Faso, un modèle La ministre en charge de la femme, Laurence Ilboudo et le gynécologue  Charlemagne Ouédraogo étaient parmi les panelistes. Mme la ministre  a présenté, les acquis du Burkina en matière des DSSR. En effet, le Burkina a depuis des années, une ligne budgétaire de 500 millions de F CFA pour les achats des produits contraceptifs. Il a adopté la gratuité des soins  de la mère et de l’enfant de moins de 5 ans et récemment depuis le 1er mai la gratuité des produits contraceptifs est mise en œuvre. Tout cela fait du Burkina un leader en Afrique de l’Ouest. « La gratuité coûte 28 milliards de  F CFA et nous disposons pour commencer 1,8 milliard de F CFA, il y a donc la nécessité de mobiliser les ressources auprès de nos partenaires », a plaider Mme la ministre. Le pays est leader dans la sous-région et partage ses expériences avec ses voisins.  Cependant, il doit maintenir ses acquis et pour cela « les défenseurs des droits des femmes doivent y veiller », a dit Mme Ilboudo. In fine, l’ensemble des acteurs sont conscients que rien n’est acquis de façon absolue en témoigne certains pays comme les Etats Unis qui connaissent un net recul en matière de DSSR. Aussi, il faut que les pays africains puissent développer des mécanisèrent de financement pérennes en mobilisant des ressources internes pour la protection des droits des femmes. Il y a également la nécessité d’appliquer effectivement les lois et les engagements nationaux, régionaux ou internationaux. Comme elle l’a dit dans son rapport de synthèse du panel, la directrice adjointe du Médecins du monde France,  Catherine Giboin, le droit sexuel et reproductif est un prérequis  des droits des femmes. Ainsi, les acteurs s’accordent que l’approche par le droit est une source d’efficacité et doit être au centre des principes d’intervention. Et celle-ci doivent se faire en alliance d’où la nécessité de trouver des nouveaux modes de financement de l’action collective.

Boureima SANGA

bsanga2003@yahoo.fr

Un jeune couple brûlé vif

Un jeune couple brûlé vif Dans la matinée du mercredi 29 mai 2019, Kantigui a été réveillé par un appel l’informant qu’un jeune couple a été brûlé vif, dans la nuit du 27 au 28 mai à Sankoé dans la commune rurale de Yé, province du Nayala. En effet, selon les témoignages, un jeune homme aurait aspergé d’essence le couple qui dormait à la belle étoile, avant de mettre le feu sur les victimes. Pendant que la population s’activait à sauver les infortunés, le présumé auteur a profité prendre ses jambes à son cou, a-t-on expliqué à Kantigui. Le bourreau serait l’ancien mari de la jeune dame. Refusant d’accepter sa rupture, son ancien conjoint a décidé de commettre cet acte ignoble. Les deux victimes ont été évacuées au Centre hospitalier régional (CHR) de Dédougou. Aux dernières nouvelles, Kantigui a appris que les soins du couple se passent bien et que leurs vies ne seraient plus en danger. Kantigui se rappelle que dans cette même commune de Yé, deux à trois semaines plus tôt, une fille a été aspergée d’eau bouillante par une femme, qui la soupçonnait de sortir avec son mari. Un enseignant échoue à violer son élève Le lundi 27 mai 2019 dans la commune de Koti, province du Tuy dans les Hauts-Bassins, Kantigui a appris qu’un enseignant aurait tenté de violer son élève de CP2, âgée de 8 ans. Pour accomplir son acte, il lui aurait demandé d’apporter les cahiers de devoir à son domicile dans l’enceinte de l’école. Une fois à l’intérieur, il aurait déshabillé la fillette et procédé à des attouchements. Malheureusement pour lui, la victime a pu s’échapper et se serait réfugié chez un pasteur. Voulant comprendre la situation, l’homme de Dieu se serait rendu chez l’enseignant en question qui aurait tenté d’acheter son silence avec de l’argent. Face à son refus, l’enseignant aurait menacé de se suicider si l’histoire venait à s’ébruiter. Il est revenu à Kantigui que par la suite, le présumé violeur aurait pris la clé des champs. De sources sûres, l’enseignant incriminé serait présentement en garde à vue au commissariat de Founzan. Kantigui a ouï dire que celui-ci ne serait pas à son premier forfait. Le cri du cœur d’un directeur de CEG Alors que les épreuves écrites du BEPC 2019 débutent demain 6 juin, Kantigui a été alerté par un directeur de collège de la région du Centre-Nord qui dénonce une gestion «opaque» dans le choix des examinateurs. A entendre l’intéressé, il n’a jamais été désigné comme correcteur déplacé ou local en cinq ans de service, en tant que président de centre secondaire. Pire, a regretté le directeur, aucun autre enseignant dudit CEG n’a jamais été désigné. Même s’il n’est pas le seul dans cette situation, il dit n’avoir pourtant aucun antécédent avec sa hiérarchie. «Je ne suis pas du genre à aller négocier ma sélection, parce que nous sommes dans une administration publique», a-t-il fait savoir à Kantigui. Au-delà des aspects financiers, a-t-il poursuivi, il regrette de ne pas pouvoir acquérir de l’expérience professionnelle dans l’organisation des examens. Et d’ajouter que sa non-sélection se ressent bien plus comme un manque de reconnaissance des efforts fournis. «Certains n’ont jamais été choisis alors que d’autres le sont chaque année. S’il s’agit du nombre élevé de personnes, on devait sélectionner de façon alternée pour permettre à chacun d’avoir la chance au moins une fois tous les deux ans», a-t-il suggéré. Kantigui appelle les responsables régionaux du Centre-Nord en charge de l’organisation des examens et concours à avoir en permanence à l’esprit le souci d’équité et de justice dans le choix des examinateurs. Quid de l’arrêté fixant les prix des parkings ? Kantigui se rappelle qu’en 2015, la Transition avait pris un arrêté fixant le prix du parking dans la commune de Ouagadougou et d’autres grandes villes. A titre d’exemple, les prix de parking dans les établissements scolaires, les formations sanitaires et les pharmacies étaient fixés à 25 F CFA pour les vélos et 50 F CFA pour les motos. Mais, c’est avec regret que Kantigui constate que les promoteurs de parking ont instauré le montant de 100 F CFA dans les établissements cités. Kantigui a même appris qu’une association œuvrant dans la lutte contre l’incivisme avait adressé une correspondance au maire de la commune de Ouagadougou pour l’interpeller. «A la suite de notre correspondance, la mairie nous a renvoyés vers les services techniques municipaux et ces derniers nous ont demandé de recenser les parkings qui pratiquent ces prix pour qu’ils puissent dire à la police municipale d’agir. Chose que nous avons faite et au final, ils disent qu’ils ne sont pas compétents pour le faire», a confié la source de Kantigui. C’est donc le lieu d’attirer l’attention des autorités communales afin qu’elles fassent respecter les textes, notamment l’arrêté fixant les prix des parkings au moins devant les établissements scolaires, les centres de santé et les pharmacies.

Kantigui kantigui2000@gmail.com (00226) 25 31 22 89

Cour de cassation française : l’extradition de François Compaoré validée

La Cour de cassation française a validé, mardi 4 juin 2019, l’extradition de François Compaoré vers le Burkina Faso, rejetant le pourvoi déposé par le frère de l’ex-président burkinabè déchu, mis en cause dans l’enquête sur l’assassinat en 1998 du journaliste Norbert Zongo. Le mercredi 5 décembre 2018, la Cour d’appel de Paris autorisait l’extradition vers le Burkina Faso de François Compaoré, mis en cause dans l’enquête sur l’assassinat du journaliste Norbert Zongo en 1998. Dès l’annonce de la décision, ses avocats s’étaient pourvus en cassation. Le mardi 4 juin 2019, la Cour de cassation française a validé l’extradition. Mais cette décision ne met pas fin aux tractations judiciaires. Pour être effective, cette extradition doit encore être autorisée par un décret du gouvernement français, lui-même susceptible d’un recours devant le Conseil d’Etat. De plus, le frère cadet de l’ancien président burkinabè a encore la possibilité de déposer un recours devant la Cour européenne de justice. C’est dire donc que la défense de François Compaoré usera de tous les moyens légaux pour empêcher l’extradition de son client ou à défaut, la retarder. En rappel, François Compaoré avait été arrêté à l’aéroport parisien Roissy-Charles-de-Gaulle en octobre 2017 sur la base d’un mandat d’arrêt émis le 5 mai 2017 par les autorités de Ouagadougou. Depuis le 13 décembre 2017 (21e anniversaire de l’assassinat), date de notification à François Compaoré de la demande d’extradition du Burkina Faso par la Chambre du contrôle de l’instruction de la Cour d’appel de Paris, les audiences s’étaient succédé le 7 mars 2018, le 13 juin 2018 et le 3 octobre 2018 avant que la justice française ne décide le 5 décembre de son extradition vers le Burkina Faso.

Jean-Marie TOE

Ramadan 2019 : le vivre-ensemble et la paix prêchés à Bobo-Dioulasso et à Gaoua

Les fidèles musulmans ont célébré la fête d’Aïd-el-fitr, le mardi 4 juin 2019. A Bobo-Dioulasso et à Gaoua, comme l’on pouvait s’y attendre, la paix, la cohésion sociale et le bon vivre-ensemble ont été au centre des vœux pendant la prière marquant la fin du jeûne. La place Wara wara de Bobo-Dioulasso était bondée de monde en cette matinée du mardi 4 juin 2019. La cause, la prière marquant la fin du mois de jeûne musulman, encore appelée Aïd-el-fitr. Hommes, femmes, et enfants, bien endimanchés, ont fait le déplacement pour la circonstance. Tous massés derrière le grand imam de la grande mosquée de Dioulassoba, Siaka Sanou. Il était 9 h quand le prédicateur débute son sermon. Sans surprise, la situation sécuritaire et sociale critique que traverse actuellement le pays des Hommes intègres, a été au centre de cette communion. Siaka Sanou, a donc prêché pour la paix, la cohésion sociale, le dialogue et le vivre-ensemble pour le Burkina Faso. «Que tout fils du pays, quelle qu’en soit sa religion, ait l’amour pour son prochain», a clamé l’imam Sanou. Avant de préciser que c’est ainsi que conseille la religion. Comme il est de coutume ces dernières années, des autorités régionales, avec à leur tête, le gouverneur, Antoine Atiou, ont honoré de leur présence à la place wara- wara. Ils ont, dans la même veine, prêché les mêmes valeurs que le grand imam. «Nous avons demandé qu’ils prient pour la paix, la sécurité et la tolérance dans notre pays», a laissé entendre le gouverneur Atiou. La communauté catholique a été représentée par M. Stanislas Sanon. «Nous sommes là pour témoigner notre solidarité», a-t-il fait savoir. Et de souhaiter à son tour que le Burkina Faso retrouve sa paix d’antan. Les fidèles musulmans n’ont pas tari de souhaits, à l’occasion. C’est l’exemple de Ousmane Sanou qui a fait une mention spéciale aux forces de défense et de sécurité. «J’ai une pensée à l’endroit des éléments des forces de défense et de sécurité qui sont morts pour la patrie», a confié celui- là qui est chargé de mission à la présidence de la Chambre régionale de commerce et d’industrie des Hauts-Bassins. Dans la cité de Bafuji, c’est la place de la Révolution qui a abrité la prière. Pour l’occasion, l’Imam Salam Sissoko a remercié Allah pour avoir permis à sa communauté de faire des lectures de Coran, de sacrifices et de bénédictions durant un mois. Même ambiance à Gaoua Il est aussi revenu sur le sens du jeûne dans l’islam. Ainsi, l’imam a appelé les fidèles au respect de la volonté d’ Allah dans la vie de tous les jours. Par ailleurs, Salam Sissoko a invité à la tolérance car elle est une vertu fondamentale pour le mieux vivre- ensemble des communautés. Le sens de ce temps de jeûne est bien compris des fidèles. C’est ainsi que pour le procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Gaoua, Yssouf Sanou, confie que le carême est un moment de recueillement. En outre, il laisse entendre qu’il est aussi un temps de retraite spirituelle, d’expiation des péchés et de grâces. Ensuite, M. Sanou déclare que pendant cette fête du Ramadan, il a une pensée à l’endroit de toutes les personnes qui sont dans la détresse, les forces de l’ordre en combat contre le terrorisme, les malades et les déshérités. A cette célébration, l’administration régionale a été représentée par le gouverneur de la région du Sud-Ouest Tagsséba Nitiéma. De son avis, le mois de ramadan s’est passé dans la paix dans la région. Pour ce faire M. le gouverneur appelle tous les acteurs de la contrée à travailler pour la paix, la cohésion sociale.

Evariste YODA Ibrahim NIAONE Moussa Traoré SON (Stagiaires)

Fête de l’Aïd El Fitr : communion fraternelle pour la paix

La communauté musulmane du Burkina Faso a célébré, le mardi 4 juin 2019, la fête de l’Aïd el Fitr. A Ouagadougou, des fidèles ont prié à la place de la Nation sous l’égide de l’imam, El Hadj Mohamadi Kiemtoré. La communauté musulmane du Burkina Faso est en fête. Après 29 jours de jeûne, des fidèles se sont donné rendez-vous à la place de Nation de Ouagadougou, pour la grande prière marquant la fin du mois de Ramadan. Vêtus de beaux habits, certains chantaient tandis que d’autres récitaient des versets du Coran pour «dire merci à Allah» pour cette grâce de célébrer l’Aïd el Fitr (la fête de la rupture). Pour cette prière spéciale marquant la fin d’un mois de privation, de prières, d’invocations, de partage…c’est l’imam, El Hadj Mohamadi Kiemtoré, qui a officié la prière. Après le cérémonial de la célébration (ndlr : deux rakats et des bénédictions), il a livré son sermon à la Oummah islamique de Ouagadougou. D’abord, l’imam a remercié Allah pour avoir permis aux musulmans de jeûner «dans sa paix et sa grâce». Il a souhaité que le jeûne de tous soit agréé par Allah et que sa miséricorde s’étende sur tous les Burkinabè. Ensuite, il a rappelé à ses coreligionnaires la nécessité du vivre-ensemble. C’est pourquoi, il a remercié toutes les confessions religieuses qui ont effectué le déplacement de la place de la Nation pour venir les soutenir en cette journée de réjouissance. Selon l’imam, leur acte témoigne de la fraternité entre les fils et filles du pays des Hommes intègres. Enfin, l’imam Kiemtoré a invité tous les Burkinabè à s’unir pour bâtir une nation de paix et de prospérité. «C’est main dans la main que nous allons surmonter les épreuves», a-t-il dit aux fidèles. Abondant dans le même sens, le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, a reconnu que la présence d’autres communautés à la prière de l’Aïd el Fitr prouve que les Burkinabè sont en communion. La fête de l’Aïd el Fitr est très importante pour les musulmans comme pour les catholiques, a affirmé le cardinal Philippe Ouédraogo. «Leur joie est notre joie», a-t-il dit. «Nous devons nous unir» Donc, en cette journée heureuse pour la communauté musulmane, a-t-il confié, le Pape François a envoyé un message spécial aux musulmans : «musulmans et chrétiens : ensemble pour promouvoir la fraternité humaine universelle». Le cardinal a souhaité que les chrétiens et les musulmans puissent abattre les murs de l’ignorance, de la haine, des incompréhensions afin de bâtir des ponts d’amitié, de fraternité, de compréhension mutuelle et de tolérance…sous fond de dialogue. Au Burkina Faso, les attaques terroristes visant des lieux de culte et des religieux ont «ébranlé» le vivre-ensemble. Pour le président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé, ceux qui attaquent le pays des Hommes intègres n’ont pas d’ethnie, ni de religion, ce sont des ennemis du pays. Il a insisté que les musulmans et les chrétiens sont des frères. «Que nous soyons Mossi, Dioula, Gourmantché, Peulh…il faut qu’on puisse savoir ce qui nous réunit tous. Nous devons nous unir, toutes confessions religieuses confondues, pour lutter contre le seul ennemi du Burkina Faso qu’est le terrorisme. Nous prions Allah pour qu’il bénisse notre pays», a déclaré le PAN. «Que notre pays retrouve le calme et la sérénité afin d’avancer vers le développement pour le bonheur des fils et filles du pays», a souhaité Christophe Joseph Marie Dabiré.

Abdel Aziz NABALOUM emirathe@yahoo.fr

Assemblée nationale : 42 lois adoptées

La première session ordinaire de l’Assemblée nationale au titre de l’année en cours a clos ses travaux, le lundi 3 juin 2019 à Ouagadougou. La cérémonie, marquée par le discours du président, Alassane Bala Sakandé, a connu la présence d’éminentes personnalités dont le Premier ministre et des ambassadeurs. Après trois mois de travaux, la première session ordinaire de l’Assemblée nationale au titre de l’année 2019 a refermé ses portes. La cérémonie de clôture est intervenue, le lundi 3 juin 2019 à l’Hémicycle en présence du Premier ministre, des membres du gouvernement ainsi que des chefs de missions diplomatiques en poste à Ouagadougou. Dans son discours, le Président de l’Assemblée nationale (PAN), faisant le bilan, a indiqué que la session qui vient de s’achever, mérite son appellation de «session de lois». «Au terme de trois mois d’activités intenses, notre auguste assemblée a procédé à l’adoption de 42 projets de loi», a-t-il précisé. Parmi ces textes, on note neuf projets de loi portant sur des autorisations de ratification de conventions et d’accords de prêts, 21 lois sur des ratifications d’ordonnances et 12 projets relatifs entre autres au code de procédure pénale, à la réglementation de l’Etat de siège et l’Etat d’urgence au Burkina Faso et aux modalités de promotion et d’officialisation de langues nationales. Concernant le contrôle de l’action gouvernementale, les députés ont interpellé l’exécutif à travers une quinzaine de questions orales et trois autres d’actualité. Sur le plan international, la diplomatie parlementaire a été «ï» au cours de la session écoulée avec plusieurs missions effectuées auprès de pays amis du Burkina Faso. Alassane Sakandé a notamment fait cas de visites officielles en République populaire de Chine, en Arabie Saoudite et en Turquie. «Ces visites ont permis au Burkina Faso de renforcer ses liens d’amitié et de coopération avec ses partenaires et d’œuvrer à leur approfondissement», a-t-il soutenu. La participation de l’Assemblée nationale du Burkina Faso à des rencontres interparlementaires fait partie des points de satisfaction égrenés par le chef du parlement burkinabè. Il s’agit de la 41e Conférence de l’Union parlementaire africaine (UPA) dont le Burkina Faso assure la présidence, la 140e Assemblée générale de l’Union interparlementaire, du 6 au 10 avril à Doha au Qatar et la Conférence des présidents d’Assemblées et de section de l’Assemblée parlementaire francophone (APF) tenue du 25 au 27 avril 2019 à Ouagadougou. La situation sécuritaire marquée par les attaques terroristes à répétition et les multiples grèves qui secouent les départements ministériels n’ont pas été passées sous silence par le président Bala Sakandé. Hommage aux FDS Sur le contexte sécuritaire, l’occupant du perchoir a condamné l’acharnement des forces du mal sur le Burkina Faso devenu leur cible ces dernières années. «Depuis plus de trois ans, nos ennemis ne cessent de s’attaquer à notre démocratie, de porter des coups à notre nation et de défier nos institutions», a-t-il déclaré. Face à cette situation, M. Sakandé a rendu hommage aux Forces de défense et de sécurité (FDS) déployées sur le terrain. «En ces moments d’épreuves, de drames, de larmes et de souffrances, les grands hommes révélés par la tragédie, ce sont nos militaires, nos gendarmes, nos policiers, nos douaniers, et nos Eaux et forêts qui sont engagés sur les théâtres d’opération avec professionnalisme et détermination, mais parfois au péril de leur vie, pour défendre la nation», a-t-il magnifié. De l’avis du patron de l’Assemblée nationale, même si cette guerre incombe, en priorité, aux FDS qui ont choisi le métier des armes, c’est le peuple tout entier qui doit se sentir engagé, solidaire de leurs efforts et de leur sacrifice. Au sujet de la fronde sociale, l’unique intervenant a laissé entendre que si elle témoigne, dans une certaine mesure de la vitalité de la démocratie burkinabè, force est de constater que «l’intransigeance» et le «corporatisme» à «outrance» qui sous-tendent certaines revendications menacent l’avenir du secteur public au Burkina Faso. Il a donc saisi l’occasion pour appeler l’ensemble des syndicats à accepter exceptionnellement la trêve sociale demandée par le gouvernement. Cela, a-t-il expliqué, au regard de la guerre qu’impose la nébuleuse terroriste au pays. «En échange, j’exhorte le gouvernement à engager et à élargir un dialogue social franc et fécond avec les principaux acteurs du monde du travail, avec pour seule boussole l’intérêt général», a-t-il lancé au Premier ministre qui assistait à la clôture de la session.

Beyon Romain NEBIE nbeyonromain@yahoo.fr

Compétition de Scrabble : rehausser l’intellect des élèves

L’Association éveil conscience et développement (AECD) a organisé une compétition de scrabble à l’intention des élèves des lycées de Ouagadougou. Elle a vu son épilogue le vendredi 31 mai 2019 avec le triomphe de Henry Aloua du Philippe Zinda Kaboré. Le lycée Philippe Zinda Kaboré regorge de talents en scrabble.  La preuve, les finalistes de la première édition de la compétition de scrabble organisée par l’Association éveil conscience et développement (AECD), au profit des élèves des lycées et collèges, sont tous issus de ce grand établissement de Ouagadougou. Congo Bachirou et Henry Aloua se sont en effet hissés en finale à l’issue des éliminatoires. Et c’est le dernier cité qui l’a remporté, le vendredi 31 mai 2019. Les deux finalistes étaient au coude-à-coude en début de jeu, mais au fil du temps, Henry Aloua s’affirmait en vainqueur potentiel. Profitant de l’inaptitude de son adversaire à fermer le jeu, le rusé va prendre une avance considérable sur Bachirou Congo. Et malgré qu’il ait épuisé son temps avant Congo, il va remporter la partie sur un score de 265 à 225. C’est cette année que le lycée Marien N’gouabi, le lycée Bogodogo, et le lycée Philippe Zinda Kaboré ont pris part à la compétition. En guise de récompense, le vainqueur a bénéficié d’un dictionnaire version 2019, un roman, un jeu de scrabble, un tee-shirt et une casquette. Le finaliste malheureux est lui reparti avec le même lot que le vainqueur à la différence de la casquette. La 3ème, Faousia Compaoré du Zinda, et le 4ème Romaric Kouraogo du Bogodogo sont repartis chacun, avec un dictionnaire 2019, un roman, plus d’un tee-shirt. Quant au 5ème, Fabrice Bonkoungou du Bogodogo, lui s’est contenté d’un roman, d’un tee-shirt et d’une casquette comme prix d’encouragement. A l’issue de la finale, la promotrice, Abzàta Lankoandé, par ailleurs professeure de français, s’est dit satisfaite du bon déroulement de la compétition. «A mes débuts, les moyens me faisaient défaut. Mais cette année, grâce au soutien du centre culturel français et du fonds national du sport, le tournoi a été effectif. Ma motivation à cette compétition est due au niveau très bas des élèves en français. De ce fait, nous invitons les établissements et les élèves à participer massivement lors des prochaines éditions, pour rehausser le niveau de nos élèves», a-t-elle confié. Pour le président de la Fédération burkinabé de scrabble, Issoufou Lougué, cette initiative de la promotrice est à encourager. «La particularité de cette compétition, est qu’elle a été organisée dans un contexte scolaire. Nous saluons cette initiative qui fait la promotion de notre discipline. Et qui permet aux élèves d’apprendre en jouant. Nous sommes disposés à accompagner cette noble mission», a-t-il affirmé. Rendez-vous a été donné aux élèves des lycées et collèges pour la prochaine édition.

Pengdwendé Achille OUEDRAOGO W. Jean SAWADOGO (Stagiaire)

Diaspora : ces Burkinabè qui se font une place en Chine

Contrairement à certains concitoyens qui ont choisi l’Europe, des Burkinabè ont préféré aller en Chine pour tenter l’aventure. Dans ce pays peuplé de plus d’un milliard d’habitants, ils essaient de se faire une place au soleil. Yiwu est une ville-district de la province du Zheijiang en Chine. Située à deux heures de vol, au Sud de Pékin, la capitale chinoise, elle abrite le plus grand marché au monde. D’ailleurs, elle porte le slogan évocateur, «Un océan de marchandises, un paradis pour les consommateurs». Chaque jour, ce sont près de 3 000 containers qui quittent le port sec de Yiwu pour plusieurs destinations. La ville est le centre d’attraction de commerçants venus des quatre coins du monde. Plus de 30 000 étrangers de nationalités diverses y sont installées et exercent pour la plupart dans le commerce et la restauration. Depuis quelques années, une vingtaine de Burkinabè y ont déposé aussi leurs valises et tentent de tirer leur épingle du jeu dans l’activité commerciale. Moussa Sawadogo fait partie de cette minorité visible dans cette ville cosmopolite. Il y est arrivé en 2005. Employé dans une succursale d’une entreprise d’un Malien basé dans la ville de Guangzhou au début, il est aujourd’hui à la tête de sa propre société de commerce et de logistique, créée en 2009. Lorsqu’il nous reçoit, ce jeudi 2 mai 2019, dans les locaux de son nouvel appartement acquis récemment à coût de plusieurs centaines de millions F CFA, ses deux portables sonnent incessamment. Les appels viennent de la Chine et d’un peu partout en Afrique. L’entretien est quelquefois interrompu sur notre insistance pour qu’il réponde à certains appels. A l’évocation de son itinéraire, l’on se rend compte que sa vie a été un parcours du combattant. L’homme, tant sollicité, est arrivé comme un simple aventurier. Il voit le jour en 1978, à Vato, dans la province du Bam. Dès sa tendre enfance, il rejoint son oncle maternel à Bobo-Dioulasso où il commence son cursus scolaire. Faute de moyens financiers, son parcours scolaire s’arrête en 1993 en classe de CM2. Un triste souvenir, qui entraîne un trémolo dans sa voix. En 1996, le cœur vaillant, il emprunte le chemin de la Côte d’Ivoire. Yamoussoukro, la capitale politique, est sa première destination. Sur place, il exerce comme mercier auprès d’un couturier qui l’admire pour son sérieux au travail. Trois ans après, il rejoint Abidjan, la capitale économique. Il y travaille comme conducteur de taxi compteur. Entre temps, il envisage d’émigrer aux Etats-Unis d’Amérique. Le rêve est de courte durée puisqu’il n’obtient pas le visa pour le pays de l’Oncle Sam. Le jeune ambitieux, Moussa Sawadogo, n’en démord pas. Il décide de tenter l’aventure au pays de Confucius. Le visa obtenu à Abidjan, il embarque pour Guangzhou, une ville industrielle chinoise prisée par les commerçants africains. D’Abidjan à Guangzhou Les poches vides, il passe ses premières nuits à la belle étoile à Guangzhou où vivent aujourd’hui une centaine de Burkinabè. Lorsque des amis maliens lui proposent de l’héberger, il pousse un ouf de soulagement. Mais cet épisode «doré» est de courte durée. «Parmi mes hôtes, certains fumaient de la drogue, je me suis senti en danger», raconte-t-il. Face à cette situation inconfortable, il préfère regagner la rue pour affronter les nuits froides de Guangzhou. C’est dans cette errance, qu’il frappe à la porte de celui qu’il considère comme son «bienfaiteur», Soungalo Traoré. Un homme d’affaires malien qui avait un commerce dans la ville. A l’évocation de son souvenir, il a une pensée pieuse pour lui puisque ce dernier est décédé. Lorsque M. Sawadogo le sollicite un travail, le Malien lui demande juste sa nationalité. «Je n’ai jamais été aussi fier de mon pays que ce jour-là. Quand je lui ai répondu que j’étais Burkinabè, M. Traoré m’a simplement dit de venir commencer le travail le lendemain. Le Burkina Faso a été le diplôme exigé pour mon embauche», confie M. Sawadogo. Un travail qui consistait à réceptionner les marchandises et à les répartir en fonction des commandes. Son dynamisme et son sérieux aidant, il apprend le chinois sur le tas et gagne la confiance de son patron en un laps de temps. Celui-ci décide de l’envoyer à Yiwu la même année (2005) pour prêter main forte à un autre employé qui s’occupe de ses affaires. Après quatre années de fructueuse collaboration et une solide expérience acquise dans le négoce, le jeune Burkinabè décide de fonder son entreprise dénommée Baïwa Trading International Company en 2009. «Baïwa» en chinois signifie «aies confiance en toi». Pour l’homme d’affaires, marié et père de trois enfants, l’on ne peut réussir sans un minimum de confiance en soi. Les activités principales de la société se résument à la logistique, à aider les commerçants burkinabè et d’ailleurs à trouver des marchandises de bonne qualité, à charger leurs containers et à vendre les produits de sa marque. «Nous accompagnons également les commerçants dans la facilitation de leurs affaires avec les Chinois», précise-t-il. Au fil du temps, la société gagne en réputation. Une clientèle variée En 2011, à la faveur de la venue massive de commerçants burkinabè dans la ville où a vu le jour le premier traducteur du manifeste du Parti communiste en Chinois, Chen Wangdao, le carnet d’adresses de M. Sawadogo s’étoffe. Par mois, il reçoit entre 100 et 150 commerçants de son pays. En plus de ses compatriotes, il a une clientèle dans d’autres pays comme le Mali, la Côte d’Ivoire, la Guinée, la France et le Pakistan. Grâce à son flair aiguisé pour les affaires, le jeune Sawadogo créé une marque dénommée Baïwa qui se décline en des produits variés tels que les plaques et accessoires solaires, les batteries, les ventilateurs et les postes téléviseurs écran LED. En 2018, ce sont plusieurs centaines de milliers de postes téléviseurs de sa marque qu’il écoule en Afrique. Ce qui lui rapporte des recettes de plusieurs centaines de millions F CFA. Même si l’aventure chinoise est une success-story pour lui, M. Sawadogo reste profondément attaché à son pays dans lequel il se rend chaque trimestre. Il investit également dans le domaine immobilier à Ouagadougou. «Ma réussite en Chine n’a de sens que si j’investis aussi dans mon pays natal. Je garde des liens solides là-bas», précise Moussa Sawadogo. En dix ans d’existence, Baïwa Trading International Company a embauché plusieurs nationalités (Burkinabè, Maliens et Sénégalais). Aujourd’hui, le point focal des Burkinabè de Yiwu emploie dix personnes dans sa société, toutes de nationalité chinoise. Il vient de libérer son dernier concitoyen qui travaillait avec lui. Ce dernier est aujourd’hui installé à son propre compte. Un exemple qui fait des émules L’exemple de Moussa Sawadogo fait quelques émules parmi ses concitoyens. Il vient en aide régulièrement à la plupart des compatriotes qui frappent à sa porte. «Je pense que c’est un devoir pour moi qui suis arrivé ici en 2005 de tendre la perche à mes frères qui tentent l’aventure en terre chinoise. C’est étant solidaire avec eux que nous pouvons véritablement être forts et conquérants», argue posément le patron de Baïwa Trading International Company. En plus de lui, 20 autres Burkinabè sont basés à Yiwu pour mener des activités commerciales. Seydou Ouédraogo est de ceux-là. Natif de Kalsaka dans la province du Yatenga au Nord du Burkina Faso, il a commencé à venir en Chine en 2016 pour ravitailler sa quincaillerie au grand marché de Ouagadougou. Après une année de va-et-vient, M. Ouédraogo, 40 ans, marié et père de cinq enfants, est séduit par les opportunités d’affaires de la ville de Yiwu. Il laisse la gestion de sa quincaillerie à son jeune frère et y dépose ses valises. Petit à petit, lui aussi se fraie un chemin dans le business. Il dispose d’un endroit appelé groupage où il fait le chargement des bagages en direction de son pays natal. «En plus, je vends des marchandises au marché et j’aide les commerçants qui viennent faire leurs achats. Je les accompagne aussi dans les usines pour lancer leurs commandes», détaille M. Ouédraogo qui applaudit le rétablissement de l’axe Ouaga-Pékin. Si son rêve de résider à Yiwu s’est réalisé, il le doit en partie à son compatriote Moussa Sawadogo. Ses précieux conseils, soutient-il, l’ont amplement aidé à concrétiser son projet de faire du business dans cette localité, une destination touristique. En attendant d’obtenir la carte de résidence, Seydou Ouédraogo est convaincu d’avoir fait un choix judicieux en émigrant en Chine. «Un pont entre la Chine et le Burkina Faso» Abdoul Wahab Bonkoungou, lui aussi est un commerçant arrivé récemment de Ouagadougou pour se ravitailler en marchandises. Basé au grand marché de la capitale burkinabè, il vend, entre autres, des ceintures, des casquettes, des vélos pour enfants et biens d’autres articles. Ce sont ces marchandises qu’il vient chercher régulièrement en Chine au moins quatre à cinq fois dans l’année. Il est admiratif de ses compatriotes qui ont fait aussi l’option de faire du business à Yiwu. Sa collaboration avec Moussa Sawadogo, le patron de Baïwa Trading International Company, est vieille de cinq ans. Grâce à celui qu’il considère comme l’hôte des Burkinabè dans la ville, l’obtention de marchandises se passe le plus aisément possible. «M. Sawadogo est pétri d’expériences en matière de commerce. Il est un pont entre la Chine et le Burkina Faso. Même en étant au pays, vous lancez vos commandes, il vous les fait parvenir sans difficultés», témoigne-t-il avec satisfaction. Bien qu’encore embryonnaire à Yiwu, la communauté burkinabè se distingue aux yeux des autorités locales. La mairie fait l’effort de l’associer à toutes les activités importantes de la ville. «Par exemple, quand la mairie a appris l’arrivée de la délégation de l’ambassade du Burkina Faso en Chine à Yiwu, elle a mis un véhicule à notre disposition pour l’accueil», indique le point focal de la communauté burkinabè. L’intégration entre les communautés africaines dans la ville se renforce aussi au quotidien. En 2018, une coupe d’Afrique des nations a été organisée entre elles. Le Burkina Faso qui n’avait pas une équipe complète a bénéficié des largesses de son voisin malien. «Notre équipe était soutenue par les Chinois. Finalement, c’est le Nigéria qui est sortie victorieuse de la compétition», relate M. Sawadogo.

Karim BADOLO (Depuis Pékin en Chine)