Lancée en juillet 2024, l’Initiative présidentielle pour la santé est en marche dans la région des Koulsé (Kaya), à travers la réalisation de centres médicaux communautaires et de postes de santé communautaire. Ces infrastructures sanitaires permettent d’améliorer l’offre de soins de qualité et de moderniser les structures de santé. Sidwaya est allé, en mars 2026, à la rencontre des bénéficiaires des districts sanitaires de Barsalogho, Boulsa et Kongoussi.
Barsalogho ! Depuis 2019, cette bourgade refuse de fléchir face à l’ennemi terroriste. Une résilience tributaire de la détermination des forces combattantes et de la mobilisation populaire. 9h46mn. Jeudi 5 mars 2026. Nous franchissons le portail du Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA). Depuis le 1er août 2025, un Centre médical communautaire (CMC) est en construction dans l’enceinte du CMA. L’entreprise Bâtiment travaux publics et aménagements agricoles (BTPH2A) est en charge des travaux. Selon son directeur, Bokoum Dabiré, le taux d’exécution physique des travaux est de 35%. « Nous sommes en train de préparer le niveau R+1, puisque la dalle est déjà prête. Nous attendons le ciment pour le bétonnage », rassure-t-il. M. Bokoum indique que l’infrastructure pourrait être livrée dans les cinq mois à venir. De type R+1, le bâtiment sera composé de plusieurs services sanitaires, de deux ascenseurs et d’une rame d’accès menant au 1er niveau. Sur le chantier, une bétonnière tourne sans arrêt. Pendant que des maçons s’attèlent au crépissage des murs du bâtiment, des ferrailleurs finalisent les nervures et la nappe de dalle. Les menuisiers, eux, s’occupent des derniers coffrages des poutres et de la rampe d’accès au R+1.
Le CMA de Barsalogho figure parmi les 55 centres de santé en transformation en CMC. Construit dans le cadre de l’Initiative présidentielle pour la santé, chaque CMC sera doté d’un laboratoire d’analyse sanguine, d’une unité de transfusion sanguine, d’une petite unité d’imagerie (échographie polyvalente et Rx standard), d’un système d’approvisionnement en oxygène murale dans la salle d’urgence et autres équipements minimum. L’infrastructure sera aussi constituée de salles de consultation spécialisées permettant une augmentation des capacités d’hospitalisation d’au moins 30 lits. Une unité de maternité et de consultation pédiatrique, une morgue, une aire de lavage, des toilettes externes, un forage et une source d’énergie solaire complémentaire sont également prévus.
Un ouf de soulagement

cancers de sein et du col au profit des femmes à ressources limitées.
Un ouf de soulagement pour le personnel soignant et la population. Pour le Médecin-chef du district (MCD) sanitaire de Barsalogho, Dr Hamed Sylla, le CMC contribuera à réduire les évacuations sanitaires des 222 000 âmes de son aire sanitaire. « Nos bâtiments sont vétustes et nous essayons chaque année de les réhabiliter selon nos moyens … », avoue-t-il. Selon Dr Sylla, le District sanitaire de Barsalogho (DSB) compte 15 formations sanitaires publiques et une privée dont quatre fonctionnent à minima et dix fermées pour raison d’insécurité. Cette fermeture réduit considérablement l’offre de soins de qualité. De même, poursuit le médecin, l’insécurité empêche des centres de santé de se ravitailler convenablement en produits et consommables médicaux et rend les évacuations sanitaires difficiles dans certaines zones comme Pensa sans l’aide des partenaires humanitaires ou l’armée. C’est pourquoi, il se convainc que l’érection du CMC, viendra, non seulement, pallier à l’insuffisance des formations sanitaires fonctionnelles, mais aussi résoudre les difficultés liées à l’offre de soins de qualité aux populations. Même son de cloche pour les bénéficiaires. Multipare de six enfants, Adelaïde Sawadogo, déclare que le CMC réduira considérablement le coût des soins et le taux de décès des enfants et femmes enceintes. « Souvent, le manque de moyens financiers contraint certains patients à renoncer aux évacuations. Ils finissent par succomber à leurs maladies », soutient-elle. La fermeture de l’axe Kaya-Barsalogho pour cause d’insécurité les années antérieures a fait plusieurs victimes, selon Apollinaire Ouédraogo, cet habitant de la localité. « Le manque d’une simple radiographie a coûté la vie à des patients ici. Si cette infrastructure était fonctionnelle à cette période, je pense qu’on aurait pu sauver beaucoup de vies », suffoque-t-il, les yeux presque embués de larmes.
Des drames qui hantent toujours les esprits. « En 2023, la femme d’un grand-frère, mère de cinq enfants, a piqué une crise de tension. On l’a emmenée au CMA. Le temps de l’évacuer par vol, elle a rendu l’âme. Si le CMC était opérationnel, elle aurait la vie sauve », estime le président de l’Association jeunes engagés pour la santé et le développement (AJESD), Oumarou Ouédraogo. Et Apollinaire Ouédraogo de renchérir : « Parfois, les décès des patients ne sont pas forcément liés à la gravité de leurs maladies, mais plutôt l’insuffisance du plateau technique et de spécialistes ». Cependant, nos interlocuteurs gardent espoir que tous ces drames seront bientôt un mauvais souvenir. C’est pourquoi, ils traduisent leur reconnaissance au chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré. Leur souhait le plus ardent est la dotation de l’infrastructure d’un plateau technique moderne accompagné de spécialistes. L’approvisionnement permanent des produits et consommables médicaux de spécialité et la réouverture des formations sanitaires fermées figurent parmi leurs doléances. Adelaïde Sawadogo s’appesantit sur la création des Activités génératrices de revenus (AGR) au profit des femmes, afin qu’elles puissent honorer quotidiennement leurs frais d’ordonnances médicales.
« Les ASBC sont nos fers de lance »
Deux Postes de santé communautaire (PSC) sont aussi construits à Sidogo et Gabou, commune de Barsalogho. En phase de finition, chaque poste de santé, selon le conducteur des travaux, Moïse Konkobo, est composé d’un bâtiment constitué d’un dispensaire, d’une maternité, d’un bureau de consultation et de trois halls d’attente. Des infrastructures connexes accompagnent le bâtiment, à savoir un incinérateur de 1,5 m2 sur de 2m de profondeur, une latrine (douche et WC) connectée à une fosse septique, une aire de lavage et un forage équipé de château alimenté par des plaques solaires. Selon lui, les travaux sont à un taux d’exécution physique de 52%. A écouter le technicien, il reste l’électrification, le carrelage, le plafonnage et la peinture du bâtiment, en plus du forage. De son avis, ces travaux peuvent être exécutés en un mois.

Dans la région des Koulsé et dans le cadre de l’IPS, dix PSC de même standing sont en construction et exécutés par l’entreprise Africaine des ouvrages et fournitures (AOF)/Burkina. Implantés dans ces villages récemment réinstallés, ces deux PSC permettront aux populations de bénéficier de soins avancés en attendant la réouverture de leurs centres de santé, selon le MCD de Barsalogho. Ils seront animés par des Agents de santé à base communautaire (ASBC). « Les ASBC sont nos fers de lance. Car, malgré l’insécurité, ils arrivent à atteindre certaines zones où nous n’avons pas accès », indique Hamed Sylla. ASBC depuis 2012 et en service au Poste de santé avancé (PSA) 1 du secteur 3 de Barsalogho, Moré Sawadogo manifeste sa joie. « A chaque rencontre avec le personnel soignant, notre préoccupation était la construction de PSC dans les localités très éloignées des CSPS, parce qu’avec l’insécurité, la mobilité des populations est très réduite », avoue-t-il, en consultant un bébé. Même motif de satisfaction pour Fatimata Sawadago, ASBC depuis 2016. Dédiée au dépistage de nourrissons sains au PSA 1, elle soutient que ces PSC faciliteront leurs activités de sensibilisation et de prévention des maladies courantes (paludisme, toux, rhume, diarrhée). Ces volontaires de la santé s’impatientent donc de leur ouverture au bonheur des populations.
Transformer le CSPS urbain de Boulsa en CMU
Dans la commune de Boulsa, deux PSC sont réalisés à Donsin relevant du CSPS de Bonam et à Gounga situé dans l’aire sanitaire du CSPS urbain de Boulsa. Le lundi 9 mars 2026, nous visitons celui de Gounga, situé à 17 km de Boulsa, sous la supervision du responsable du CSPS urbain de Boulsa, Michel Kabré. Sur place, un bâtiment, une latrine, une fosse septique, une aire de lavage et un incinérateur sont réalisés. En phase de finition (52%), les travaux restants sont le forage, l’électricité, le plafonnage, le carrelage et la peinture du bâtiment. « En 2024, lors du diagnostic pour la mise en place des clubs de santé communautaire, le manque de poste de santé à Gounga était le gros souci de la communauté. Parce qu’en saison pluvieuse, il n’y a plus de possibilité d’accès au CSPS urbain de Boulsa. Dieu merci, notre cri de cœur a été entendu par le chef de l’Etat », se réjouit M. Kabré.
Pour le MCD de Boulsa, Dr Emile Compaoré, ces PSC seront des lieux d’animation de LAFILATHON, une initiative communautaire pour traiter et gérer les questions de prévention et de promotion de la santé. « Certaines situations qui nécessitent que le malade rallie Boulsa ou une formation sanitaire la plus proche, peuvent être gérées séance tenante sur place et de façon optimale. Ce qui améliore l’accessibilité de soins de santé de qualité aux populations », rassure Dr Compaoré. Abondant dans le même sens, le chef de Gounga affirme que ce poste de santé mettra fin au retard dans la prise en charge des malades. « Je suis témoin des patients emportés par des courants d’eau pendant la saison pluvieuse ici, alors qu’ils tentaient de rallier Boulsa pour des soins », regrette-t-il. Le représentant des jeunes de Gounga, Adama Kiogo, renchérit que le PSC permettra de promouvoir la santé communautaire.
ASBC de Gounga depuis 2016, Augustin Kiogo, se ravit du fait que le PSC vient concrétiser une doléance de longue date. « Il est très difficile d’amener une femme en travail au CSPS de Boulsa pendant la saison pluvieuse. Ce poste résout cette préoccupation », se soulage-t-il. Michel Kabré plaide pour l’érection du CSPS urbain de Boulsa en Centre médical urbain (CMU) au bonheur des 22 000 âmes de son aire sanitaire, la dotation en ambulance, l’augmentation du nombre d’ASBC et le remboursement des frais de la gratuité des soins des enfants de moins de 5 ans et des femmes enceintes, dont le dernier paiement date du 3e trimestre 2023.
L’insécurité a aussi contraint le District sanitaire de Boulsa (DSB) à fermer certaines formations sanitaires. Selon Dr Compaoré, sur les 26 formations sanitaires publiques que compte son district, huit restent actuellement fermées, six, autrefois fermées sont rouvertes courant 2024. « Ces derniers temps, nous avons reçu des cas de rougeole liés au fait que ces enfants n’ont pas été régulièrement vaccinés. Du fait de l’inaccessibilité de certaines zones, certains enfants n’arrivent plus à suivre convenablement le calendrier vaccinal. Et, notre crainte, c’est la survenue d’épidémies. De la même manière, la question de la gestion des enfants malnutris, s’ils ne sont pas dépistés à temps et suivis normalement, cela peut engendrer des complications », insiste Dr Compaoré. Néanmoins, il a foi que les PSC viendront résoudre une bonne partie de ces préoccupations.

En dépit de l’insuffisance des formations sanitaires et du manque de plateaux techniques modernes, le personnel soignant arrive à faire preuve de professionnalisme. Toutefois, le mauvais état des voies et l’insécurité rendent difficile l’accès des centres de santé. C’est pourquoi, M. Compaoré plaide pour la normalisation du CMA de Boulsa en le dotant des services de santé mentale, de l’imagerie, d’ophtalmo et d’une morgue.
Rapprocher les soins de santé primaire des populations
Sakondé, le jeudi 12 mars 2026, à 8 km de Kongoussi. Tout comme Bokin (Guibaré), ce village est bénéficiaire d’un PSC. Ici, les travaux sont plus avancés avec un taux d’exécution physique de70%, selon le technicien, Réné Zougouri. Sur le site, un bâtiment, un incinérateur et une latrine ont été réalisés. Notre arrivée coïncide avec la réalisation d’une aire de lavage et d’un forage positif. Il ne reste que les travaux de finition du bâtiment et l’implantation du château d’eau, avec un délai de 30 jours d’exécution. Pour le MCD de Kongoussi, Dr Idrissa Ouédraogo, ces PSC viendront réduire significativement la morbidité et la mortalité surtout maternelle et infantile et rapprocher les soins de santé primaire des populations. Ce sont, poursuit-il, des solutions moins coûteuses avec des soins efficaces, car ils assurent une éducation et une prévention en santé à travers des activités de sensibilisation, de promotion et de prévention qui favoriseront la gestion de la santé par la communauté elle-même.
Le PSC de Sakondé relève de l’aire sanitaire du CSPS de Boalin situé à 5 km du village. Pour l’Infirmier chef de poste (ICP) du CSPS de Boalin, Robert Sawadogo, le PSC de Sakondé permettra de prévenir les prises en charge tardives des malades. En 2025, son CSPS a bénéficié d’un premier PSC (dispensaire) implanté à Sorgho-Yarcé. Depuis lors, selon lui, le village n’a plus enregistré de cas d’accouchement à domicile. « Pourtant les années antérieures, Sorgho-Yarcé enregistrait annuellement deux à trois accouchements à domicile », témoigne l’ICP Sawadogo. A l’entendre, en 2025, l’Agent de santé communautaire (ASC) du PSC de Sorgho-Yarcé a consulté plus 2 000 patients contribuant ainsi à désengorger le CSPS qui reçoit par jour 30 à 40 patients. L’arrivée du PSC de Sakondé est donc un grand apport à l’offre de santé aux populations. Disposant de 14 ASBC répartis sur son aire sanitaire, l’infirmier salue le professionnalisme de ces volontaires dans ce contexte de crise sécuritaire.
Renouveler de la logistique roulante
Selon lui, ses ASBC mobilisent, sensibilisent et orientent les populations en plus de leur paquet minimum d’activités qui est la prise en charge des enfants de 2 à 59 mois, la TPG communautaire en prévenant le paludisme chez les femmes enceintes et la participation aux différentes campagnes de vaccination. Avec l’accompagnement des mères leaders, ajoute-t-il, les ASBC font le protocole simplifié en dépistant les malnutris et les prennent en charge. Le contrôle citoyen de la population témoigne de l’intérêt porté à ce PSC. Mère de six enfants, 50 ans, Margueritte Tinbila observe avec joie le jaillissement de l’eau du forage du PSC. Elle apprécie positivement l’initiative qui facilitera les consultations prénatales et postnatales aux femmes à revenus limités. Le sage de Sakondé, Rassemba Ouédraogo, estime que le poste permettra d’assurer la sécurité sanitaire des communautés. Le Conseiller villageois de développement (CVD), Sylvestre Ouédraogo, confirme qu’en périodes de pluie, il est difficile d’emmener un patient au CSPS du fait des cours d’eau. « Notre CSPS est situé à plus de 5 km. Nous avons été témoin des femmes en travail qui ont accouché à la maison ou en route surtout pendant la période de pluie », renchérit l’ASBC de Sakondé, Marcel Ouédraogo.

seront ouverts au CHR de Kaya.
Le District sanitaire de Kongoussi (DSK) compte 51 formations sanitaires publiques. Selon le MCD Ouédraogo, l’insécurité rend difficile l’approvisionnement en produits et consommables médicaux des formations sanitaires situées dans certaines zones comme Bourzanga. Leur ravitaillement se fait essentiellement par vol humanitaire ou convoi militaire. Ce qui complique la prise en charge des urgences, de la malnutrition et de certaines épidémies, mais aussi les évacuations sanitaires. Qu’à cela ne tienne, les agents de santé trouvent toujours des solutions aux urgences. C’est le cas de Mariam Gansoré admise au centre médical de Bourzanga, le 7 août 2025, pour accouchement avec une rupture utérine. Grâce à la promptitude des agents de santé et du détachement militaire, la patiente a été héliportée au CHR de Kaya pour une intervention. Aujourd’hui, elle et son bébé se portent très bien, selon Dr Ouédraogo.
Dans la liste des doléances des acteurs de la santé, figurent le renforcement des ressources humaines à tous les niveaux, la normalisation des infrastructures sanitaires datant de 20 ans pour certaines, avec par conséquent des capacités dépassées, la réhabilitation de certains centres de santé, le renforcement du plateau technique des CMA, CSPS, CMC et PSC et le renouvellement de la logistique roulante pour les évacuations et supervisions. Pour leur part, les ASBC souhaitent l’amélioration de leur prime de motivation mensuelle, leur dotation en matériel roulant (moto) et leur formation et recyclage pour plus d’autonomie. Les populations exhortent les autorités à affecter rapidement des agents dans les PSC, la construction de leurs dortoirs pour faciliter la garde, la mise en place d’un dépôt pharmaceutique au sein des PSC et la réalisation d’un hangar dans les PSC pour faciliter les activités des ASBC.
Emil SEGDA
Segda9emil@gmail.com
Un personnel soignant engagé
Du récit du MCD de Boulsa, courant novembre 2025, le service des urgences du CMA de Boulsa recevait un patient venu de Dargo, victime d’attaque avec tous ses viscères dehors. « On se disait que c’est un cas désespéré. Mais avec la détermination de l’équipe, on a pu le stabiliser avant de l’évacuer à Ouagadougou. Il fut opéré trois fois. Je suis resté en contact avec lui. Aujourd’hui, il a recouvré sa santé », raconte-t-il. Un autre fait marquant est l’admission au CMA de Boulsa, en 2023, d’une femme en travail avec la tête du bébé sortie mais le corps reste coincé dans le vagin. Transportée durant 24 heures sur une moto après avoir parcouru plus de 50km, le bébé est arrivé au CMA de Boulsa mort. Mais la femme a pu être sauvée. « Leur village se situe à une vingtaine de km de Boulsa. L’insécurité les a contraints à faire le grand tour. Si le village disposait d’un PSC, on aurait pu sauver cet innocent », se souvient Dr Compaoré, avec un brin de regret.
E.S
Palamanga Ouoba, directeur régional de la Santé des Koulsé
« La mise en œuvre du Plan 1000*5 permettra d’étoffer la ressource humaine »
Sidwaya (S.) : Quelles sont les réalisations faites dans les Koulsé dans la mise en œuvre de l’Initiative présidentielle pour la santé ?
Palamanga Ouoba (P.O.) : Dans le cadre de la mise en œuvre de l’Initiative présidentielle pour la santé (IPS), la région des Koulsé est bénéficiaire de deux Centres médicaux communautaires dont un à Barsalogho et un autre au centre médical militaire de Kaya. A cela s’ajoutent la réalisation de dix Postes de santé communautaire (PSC) dans les communes de Boulsa (2), Barsalogho (2), Kongoussi (2), Kaya (2), Mané (1) et Boussouma (1). Une dizaine de maternités et centres de santé des localités reconquises ont été réhabilités pour effacer les séquelles des attaques terroristes. Deux postes hospitalo-universitaires ont été ouverts au Centre hospitalier régional (CHR) de Kaya. De même, la dotation d’une clinique mobile et la réduction sur deux années consécutives des prix des médicaments essentiels génériques et des consommables médicaux a permis de réduire la barrière financière en santé. La mise en œuvre du Plan 1000*5 permettra d’étoffer la ressource humaine. L’érection des Postes de santé avancés (PSA) dans les zones d’accueil des déplacés internes permet d’augmenter le nombre de postes de soins.
S. : Ces actions permettent-elles d’améliorer l’offre de soins ?
P.O. : Les CMC permettent d’améliorer l’accessibilité géographique et financière aux soins spécialisés et de qualité aux populations et surtout de rapprocher les soins aux populations tout en réduisant considérablement les évacuations sanitaires. Les PSC rapprochent les promotions de la santé des populations et les amènent à s’approprier leur propre santé dans le domaine de l’assainissement, de la lutte contre les maladies courantes, de la promotion de bonnes pratiques alimentaires pour lutter contre la malnutrition. La clinique mobile renforce également l’accessibilité géographique aux soins spécialisés et gratuits pour les populations des villages et campagnes.
S. : Que proposez-vous pour améliorer davantage l’offre de soins de qualité ?
P.O. : Nous suggérons l’augmentation des unités des soins au niveau du Centre hospitalier régional de Kaya ou carrément la construction d’un nouveau centre hospitalier plus moderne à Kaya. La sortie de promotion du Plan 1000*5 pourra étoffer la ressource humaine sur le terrain. De même, l’équipement des CMC et PSC permettra de rendre fonctionnels ces centres de santé communautaire.
Interview réalisée par E.S






