J’écris comme je crie

J’écris en pleurant des torrents de larmes, le cœur blessé et lourd de peine
Pour le soldat qui se bat à mort pendant que je me caresse la bedaine pleine
J’écris en pleurant, la tête en broussaille sur l’autel des ouailles de la pagaille
Pour toutes ces veuves et orphelins démunis qui soupirent pendant que je fais ripaille
J’écris en sanglotant pour ces villages sans héritage, affamés, exilés sur place
Leurs enfants feront le rang pour la bouillie pendant que les miens iront en classe
J’écris en versant des larmes, devant mon fils qui n’a jamais vu ou entendu un loup
Pour ces victimes de l’animosité humaine, de ma plume qui saigne, j’enfonce le clou

J’écris comme je crie ma rage face aux otages et au carnage perpétré par nos frères
Ces félonnes sangsues sucent nos tétons en jouant la taupe sous nos mamelles à traire
L’intégrité fait tourner le moteur de l’horreur avec les ingrédients du malheur des autres
Les responsables sont connus, les coupables courent entre les mailles du sérail des apôtres

On peut faire la guerre à la terre entière sans savoir faire un lopin de paix en soi-même
On peut détester les autres en prônant la tolérance qui tue les différences à problème
On peut aiguiser sa propre main et dire « je t’aime » avec la lame qui tranche
On peut aimer sa fratrie et jeter la pierre à sa patrie sans avoir le cœur contrit qui flanche

Mon pays était devenu un champ de fruits crus maraudés par d’impénitents parvenus nus
Il n’était plus le symbole qui fait école au panthéon des idoles qui s’immolent sans revenu
Mon pays était devenu un eldorado de pauvreté exploité par de solos desperados en promo
Être le plus riche des plus pauvres, le plus heureux de l’enfer, c’est être le pire des maux

Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr

 

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