Le pôle judiciaire en matière économique et financière du Tribunal de grande instance Ouaga I, après moults renvois, a enrôlé le dossier qui oppose le ministère public aux prévenus Yaké Camille Yé, l’ex-ministre chargée de l’Action humanitaire, Laure Zongo et 6 autres coaccusés, lundi 23 février 2026 à Ouagadougou
Renvoyé à plusieurs reprises, le procès opposant le ministère public aux prévenus Yaké Camille Yé, Laure Zongo, ancienne ministre chargée de l’Action humanitaire et 6 autres personnes dans l’affaire dite Procès Tiegnan Acte 2 a finalement débuté hier lundi 23 février 2026 au Tribunal de grande instance (TGI) Ouaga I. En effet, Yaké Camille Yé, Laure Zongo, Billa Ratekeda, Pelagie Koudougou, Bili Zongo, Issiaka Sangaré, Dimanche Yaméogo Kouka, Lydie Bonkoungou et Ouédraogo Ismael mis en examen, sont poursuivis par le parquet pour des faits portant sur des infractions de faux et usage de faux, de détournement de deniers publics, de complicité de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite, ainsi que de blanchiment de capitaux.
Le juge au siège a recueilli d’abord les observations préliminaires de toutes les parties sur la forme. La défense de Laure Zongo a évoqué l’exception de l’incompétence du tribunal pour juger son client au regard de son statut de ministre au moment des faits. Selon la loi, a indiqué l’avocat de la prévenue, c’est la Haute Cour de justice qui a la compétence de juger son client. Cette position de la défense a nécessité un débat juridique qui sera vite tranché. En effet, l’Agent judiciaire de l’Etat (AJE), les conseils du Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) et le Parquet ont relevé que l’infraction de détournement reprochée à Laure Zongo ne faisait pas partie de sa lettre de mission de ministre.
Le Parquet a rappelé la jurisprudence du procès Vincent Dabilgou, ancien ministre chargé des Transports, dans lequel l’exception a été soumise au Conseil constitutionnel, et d’où il ressort qu’il y a des actes qui sont détachables des fonctions de ministre. Toujours sur la forme, maitre Adama Kodombo, conseil de Lydie Bonkoungou a dénoncé l’authenticité de pièces versées dans le dossier. A cette préoccupation, il ressort que l’avocat a la possibilité de défendre son client au fond. C’est ainsi que le procès proprement dit a débuté dans l’après-midi après une pause. Et c’est le Directeur de la gestion financière (DGF) au moment des faits, Yaké Camille Yé qui a été appelé à la barre pour répondre des infractions à de faux et usage de faux, de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite ainsi que de blanchiment de capitaux qui lui sont reprochés.
Le prévenu ne reconnait aucune infraction citée. Par contre, il a dit être coupable d’erreurs de procédure de passation ou exécution des marchés, mais pas de malversation volontaire. « M. le président, je suis victime du mécontentement des collaborateurs en l’occurrence, Amidou Tiegnan, car leur procès découle de ma plainte formulée, le 8 octobre 2024, à l’encontre de Amidou Tiegnan, donnant lieu à des investigations approfondies », a-t-il soutenu. Pour mieux instruire le dossier, Yaké Camille Yé a répondu aux questions du procureur et de la partie civile. A 17 heures, le tribunal a suspendu l’audience pour la reprendre ce mardi 24 février à 9 heures.
Emmanuel BICABA






